Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Avertissement : Je tiens à préciser que le véritable shérif de Grand Isle est un homme qui n'a rien à voir avec celui de mon texte. Après le décès de son épouse, qui tenait le poste de shérif, il a pris la suite ainsi qu'elle le souhaitait.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 38)Lorsque le FBI s'en mêle, troisième partie
- Très bien, j'accepte. Dit Peter en croisant les bras. Votre adjoint pourra rester avec nous tout le temps que dureront encore nos vacances dans la région.
Même s'il lui en coûtait d'accepter les conditions du shérif il ne tenait pas à lui donner de raisons de les retenir plus longtemps. Il était fatigué, inquiet pour Neal et n'aspirait plus qu'à retrouver le confortet la paix de l'île.
Le visage du shérif Emerson exprima immédiatement une intense satisfaction.
- Dans ce cas, j'accepte de libérer votre consultant. Dit il d'un ton onctueux en se levant de son bureau.
Du coin de l'œil Peter vit l'expression outrée d'Elizabeth et ne chercha pas à la faire taire lorsqu'elle se dressa avec fureur face au shérif qui ne s'y attendait pas. L'homme avait bien mérité de recevoir une leçon. De plus il n'avait aucune envie de s'opposer à son épouse lorsqu'elle était de mauvaise humeur comme c'était le cas pour le moment.
- Vous acceptez de libérer Neal ? Lança t'elle d'un ton qui exprimait sa colère et sa réprobation. Vous nous avez emprisonnés, traités comme des criminels, vos hommes ont arrêté notre ami, l'ont menotté, entraîné jusqu'ici sans même lui laisser le temps de nous prévenir, de se couvrir suffisamment et vous avez le culot de dire que vous acceptez de le libérer ? Vous osez faire comme si vous nous faisiez une faveur ? Mais de quel droit ? Vous avez beau être le shérif de ce comté, cela ne vous donne pas le droit de traiter les gens à votre guise, de les mettre en prison et d'ensuite faire comme s'il ne s'était rien passé. De plus nous étions censés passer nos vacances à Panton à l'origine, nous ne devions pas venir dans votre comté, c'est le hasard et les intempéries qui nous ont fait arriver sur une île dépendant de votre juridiction.
Malgré sa colère elle gardait un ton mesuré, plus impressionnant que si elle s'était mis à hurler.
Sous les yeux fascinés du trio d'agents du FBI et de l'agent Salmon le shérif recula devant la diatribe dont le qualifiait Elizabeth.
- Mais enfin madame, osa t'il cependant dire, lorsqu'Elizabeth cessa de parler, je ne fais que mon devoir... je me dois d'assurer la sécurité de mes concitoyens...
Cette affirmation relança l'ire de la jeune femme.
- Et vous imaginez le faire en enfermant des touristes au moindre soupçon infondé qui vous vienne à l'esprit ? Je dois avouer que je doute fort que ce soit là la meilleure manière d'assurer la sécurité de qui que ce soit. Il me semble en tout cas que vous n'avez guère assuré la notre ! Où étaient vos hommes lorsque ces criminels nous ont enfermés, mon mari, notre ami et moi même ? Où étaient ils lorsque notre ami a pris des risques pour identifier ces criminels ? Je l'ignore, mais je sais où ils n'étaient pas ! Ils n'étaient pas présents pour assurer notre sécurité ! Une sécurité que nous étions en droit d'attendre, que nous soyons simples touristes ou non. Ils ne sont venus qu'au matin et ont procédé à l'arrestation totalement injustifiée de la seule personne qui soit en mesure de fournir une description détaillée des criminels en question. J'ai comme dans l'idée que pas un de vos hommes ne sait à quoi ressemblent les malfaiteurs qu'ils sont censés arrêter.
- Ce n'est pas tout à fait exact, nous avons les témoignages de plusieurs personnes... objecta le shérif d'un ton mal assuré.
L'attitude et le maintien d'Elizabeth l'impressionnaient vraiment et il ne savait trop de quelle manière réagir.
Il ne pouvait nier qu'elle n'avait pas tort sur certains points, il avait un devoir envers les touristes également.
Elizabeth balaya sans pitié l'argument qu'il essayait de lui opposer.
- Des témoignages qui me semblent fort vagues. Répliqua t'elle. Si vous aviez vraiment des descriptions précises des personnes ayant participé à ce braquage, vos hommes n'auraient pas arrêté notre ami comme ils l'ont fait. Il se trouve qu'il a fait son devoir de citoyen, qu'il a pris des risques pour voir les individus nous ayant enfermés. Il aurait pu vous aider dans vos recherches en vous fournissant de précieuses indications, mais vous avez préféré le traiter en suspect et l'enfermer. Je ne suis pas certaine que nous soyons encore désireux de vous aider de quelque manière que ce soit après pareil traitement et surtout après avoir constaté que malgré le fait que vous ne puissiez nier qu'une erreur regrettable a été commise dont nous avons souffert vous continuez à agir comme si vous n'aviez rien à vous reprocher.
Le shérif Emerson nota immédiatement l'information, le jeune homme encore en cellule était un témoin potentiel, il pourrait devenir un élément clef au cours d'un procès futur, restait cependant à s'attirer ses bonnes grâces.
Il grimaça en songeant qu'un séjour injustifié en cellule après une arrestation des plus rudes n'était certainement pas la meilleure façon de pousser quelqu'un à témoigner.
Satisfaite Elizabeth se rapprocha de son époux et regarda l'agent Salmon.
- Je crois que vous pouvez libérer notre ami. Lui dit elle.
Tyler Salmon n'hésita qu'une seconde, le shérif avait affirmé que le jeune homme encore emprisonné devait être relâché, il pouvait donc effectivement procéder à sa libération.
Tout d'abord un peu mal à l'aise face à la mission pour le moins inhabituelle dont l'avait chargé le shérif, il était désormais bien plus satisfait d'en être le destinataire.
Non seulement elle allait lui permettre de s'éloigner pour un temps de l'ambiance pour le moins tendue du bureau du shérif, qui ne lui convenait guère, il devait bien se l'avouer, mais en plus il serait peut être même celui qui recueillerait des éléments de grande importance pour l'enquête en cours.
Si vraiment le jeune homme enfermé avait vu les criminels en fuite, s'il pouvait en faire une description fiable, alors l'enquête pourrait effectivement faire un grand bond en avant.
L'agent Salmon ne se faisait guère d'illusions, personne au bureau du shérif ne lui laisserait s'attribuer le moindre mérite, mais il saurait ce qu'il avait fait de bien et cela serait amplement suffisant à ses yeux.
Il se dirigea donc d'un pas rapide vers la zone des cellules, pressé d'en sortir le témoin et si possible, de s'attirer ses bonnes grâces.
Lorsqu'il parvint devant la cellule où était enfermé Neal il l'entendit tousser et ses rêves de gloire s'évaporèrent immédiatement devant la honte et le remords.
Il pensait à se servir du prisonnier pour satisfaire ses ambitions sans penser que ce dernier avait souffert de cette arrestation injuste et mal menée.
Il ouvrit vivement la porte de la cellule et y entra sans hésiter.
Il ne pensa pas une seule seconde qu'il puisse y courir le moindre danger, l'homme qui était là était malade et pour autant qu'il ait pu en juger de son comportement depuis l'arrestation, ce n'était certainement pas un criminel violent.
Il se pencha vers la couchette sans que Neal qui était plus recroquevillé que jamais ne fasse un seul mouvement pour se redresser.
En posant la main sur le front du détenu l'agent Salmon ne tarda pas à déterminer que ce dernier était un peu trop frais, suffisamment pour lui causer une vive inquiétude.
Se redressant il se demanda ce qu'il convenait de faire.
Le shérif Emerson allait être furieux de ce rebondissement imprévu, et il y avait fort à redouter que les agents du FBI le seraient également, sans parler de la femme qui avait si bien tenu tête au redouté shérif du comté de Grand Isle.
- Est-ce que vous m'entendez ? Demanda t'il à mi voix, sans grand espoir d'une réponse.
Neal entrouvrit les yeux, la voix de l'agent l'avait sorti du demi sommeil dans lequel il était tombé peu après le départ du petit groupe.
- Oui. Répondit il avec peine en faisant enfin mine de se redresser.
Parler était difficile, bouger l'était plus encore, il se sentait maladroit comme jamais.
Tyler Salmon l'aida de son mieux. Les poignets entravés de Neal ne leur facilitait pas la tâche, mais ils finirent par le faire s'asseoir et s'adosser au mur.
Neal resta un moment immobile, il avait un peu la tête qui tournait et l'esprit embrumé, mais il se souvenait du principal. Il y avait eu des intrus, Peter était contrarié à cause de lui, on l'avait mis en cellule, on avait également mis Peter et Elizabeth en cellule, mais on les en avait sortis, mais pas lui.
Il lorgna vers la porte de la cellule restée ouverte.
Il tenait là une belle occasion de se faire la malle...
Enfin, il la tiendrait s'il était en état de filer à toutes jambes, ce qui n'était probablement pas le cas pour l'heure actuelle.
Il pensait pouvoir tenir debout et se déplacer, mais pas courir, certainement pas courir.
Il laissa échapper un profond soupir.
Tant pis pour la bonne occasion de s'évader, il en attendrait une autre, il y en avait toujours d'autres... et s'il n'y en avait pas, et bien il s'en fabriquerait une, voilà tout.
Ce n'était pas si compliqué.
Il fronça les sourcils, essayant de se souvenir pourquoi il était en cellule cette fois, il n'était pas certain de le savoir à vrai dire.
Il n'avait pas le souvenir d'avoir fait quoi que ce soit de répréhensible cette fois... que lui reprochait on au juste ?
Cela lui revint d'un seul coup.
On lui reprochait d'être l'un des criminels ayant effectué un braquage. Sans doute ceux les ayant enfermés Peter, Elizabeth et lui.
Il se mit à sourire avec amusement.
C'était ironique, il avait échappé à plusieurs années de détention en servant le FBI, il avait aussi réussi à leur cacher plusieurs de ses crimes, ce qui lui avait valu une peine assez courte à l'origine, et il se retrouvait en cellule pour quelque chose qu'il n'avait pas commis.
Mozzie serait là il parlerait sans doute du karma avant d'enchaîner sur les meilleures manières d'y échapper.
Heureusement, Mozzie n'était pas là, et Peter n'était plus là.
Peter et Elizabeth étaient libres.
Pourquoi était il resté en cellule au juste ?
Il ne parvenait pas à trouver de réponse satisfaisante et cela le frustrait.
Le jeune homme qui avait ouvert la cellule le regardait avec inquiétude, avec l'expression d'une personne qui ne sait trop ce qu'il doit faire.
Neal aurait bien plusieurs suggestions à lui faire, mais elles n'étaient sans doute pas acceptables et il valait mieux éviter de les faire.
Et puis, il avait sommeil... terriblement sommeil. Il avait froid également. Malgré la couverture il ne parvenait pas à se réchauffer. La pièce où ils étaient lui semblait très froide, trop froide, il rêvait de chaleur et d'un bon bain.
Il se sentait trembler, il sentait son cœur qui battait d'une façon étrange, irrégulière, un peu trop fort également.
Tyler Salmon n'avait jamais vu personne dans cet état là, en dehors d'un touriste un peu trop alcoolisé qui était resté dehors sous un blizzard l'hiver dernier et qui présentait des symptômes similaires.
Le médecin urgentiste avait parlé d'hypothermie, se pouvait il que le détenu en souffre également ?
Cela semblait peu probable et pourtant, tout poussait à le croire.
Dans le doute l'agent Salmon obligea le jeune homme frissonnant à se recoucher malgré ses protestations incertaines, le recouvrit d'autres couvertures et le laissa afin d'aller chercher de l'aide.
Il prit soin de refermer la porte de la cellule, par simple précaution. Il doutait que le prisonnier soit en état de prendre la fuite, mais il se devait de respecter la procédure.
A suivre
