Note de la traductrice : Joyeux Noël à toutes et à tous ! J'espère que vous avez passé de très bonnes fêtes. Le Père Noël est passé (un peu en retard) pour déposer ce chapitre plein de smut et même de fluff… J'espère qu'il vous plaira !
Comme toujours, ma reconnaissance infinie va à Gargouilles pour la correction de ce chapitre, et merci à toutes pour vos messages ! Si vous en avez le temps je vous conseille vivement de lire la note d'auteur qui suit, personnellement je trouve très intéressant d'avoir le point de vue de l'auteur sur sa fic et sur la série en générale.
Bonne lecture !
Note de l'auteur : C'est presque terminé, tout le monde ! Merci de m'avoir lue. Ce n'est pas un travail très propre, je sais. Pas ma manière habituelle d'aborder l'écriture. Je n'avais pas de fin de prévu, parce que quand j'ai commencé cette fic c'était une thérapie Mary Morstan, une manière pour moi de gérer mes sentiments post His Last Vow. J'aime Sherlock, j'aime John, j'aime Mary, leur face obscure, leur face lumineuse, leurs échecs et leurs triomphes.
Cependant, je ne pense pas qu'ils soient destinés à être un trio. Je m'identifie complètement à John Watson. Je crois qu'il les aime tous les deux profondément, différemment, et également. Je crois aussi que ce n'est pas Mary qui s'est mise entre Sherlock et John, mais Reichenbach. S'il n'y avait pas eu La Chute, il n'y aurait jamais eu Mary. John avait Sherlock, Sherlock était le centre de son univers – de manière romantique ou asexuée, ça n'a pas vraiment d'importance. Reichenbach a changé tout ça, et même le retour de Sherlock n'a pas suffi à réparer les dommages qui ont été faits.
CEPENDANT, en tant que personne doté d'une énorme capacité à aimer, et aussi d'une énorme capacité à la loyauté, ET de gigantesques difficultés à faire confiance (Ai-je dit que je m'identifie à John ? J'ai dit ça ?), je ne pouvais imaginer aucune manière pour John de quitter Mary et de revenir auprès de Sherlock. Il a trop d'honneur. Et il s'est convaincu lui-même que Mary est le choix de la « normalité ». Il a UNE DETTE envers Mary qui l'a sauvé après la « mort » de Sherlock. Et il s'est engagé auprès d'elle.
Une promesse a une importance ÉNORME pour quelqu'un comme John Watson.
Mais je divague. La seule possibilité pour moi de remettre John et Sherlock ensemble était d'effacer Reichenbach ainsi que le mariage. C'est donc ce que j'ai fait. Et aussi, je me suis bien amusée avec les lemons (ce qui est aussi inhabituel pour moi).
Comment Moffat et Gatiss le feront-ils ? Je ne sais pas. Je sais qu'ils le feront. Honnêtement, j'ai un peu peur de voir comment ce sera fait. Des gens vont SOUFFRIR. Mais, vous savez : « That's what people DO ».
Enfin, je vous prie d'excuser mon orthographe toujours atroce. J'ai toujours été mauvaise en orthographe. C'est pour ça que dans la vie professionnelle je paie un éditeur pour me relire.
Bisous, et rendez-vous à la fin de l'histoire !
Résumé du chapitre : Un peu de sexe sous la douche. Une alliance. J'ESTOIS LE VOSTRE POUR TOUSJOURS.
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Chapitre 38
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Une éternité s'écoula avant que nous ne parvînmes à démêler nos membres et nos vêtements. Je pris appui sur la hanche de Holmes pour me relever, et ensemble nous titubâmes jusque sous la douche. Mon colocataire était inhabituellement silencieux, effacé. Je me concentrai sur l'eau chaude qui s'écoulait du pommeau de douche. Dans le désert, nous avions souvent dû nous contenter d'une eau tiède ou froide, ce qui n'était pas forcément une mauvaise chose – pas au milieu d'une de ces foutues après-midi où nous crevions de chaud – mais je serai toujours, toujours reconnaissant de pouvoir profiter d'une vraie plomberie.
L'eau coulait sur mon crâne entaillé, autour de mes cicatrices, dans mes yeux et le long de mon nez. Je penchai la tête pour que le flux passe aussi sur mon menton et ma bouche, et je recherchai le savon à l'aveuglette.
Sherlock plaça le pain dans ma main tâtonnante, toujours sans dire un mot. Je savonnai mon crâne et mon visage, soupirai, puis ouvris un œil. Sherlock se tenait debout contre le mur, me regardant avec un visage inexpressif. Il avait clairement l'air gelé.
« Idiot, fis-je en reniflant. Mets-toi sous le jet d'eau. »
Il m'obéit sans protester. Je fis mousser le pain et savonnai ses épaules avec de petits murmures appréciateurs. C'était indéniablement un homme magnifique, probablement trop pour son propre bien. Parfois la simple force de son esprit, de son génie et de sa folie, de sa sagesse et de son immaturité, ce mélange tumultueux dont je commençais à réaliser qu'il était ce que j'aimais le plus chez lui – parfois j'oubliais sa beauté physique devant ce raz-de-marée qu'était tout simplement Sherlock.
« Tu es magnifique. » murmurai-je en lavant son dos sur toute sa longueur, enfonçant mes doigts dans les muscles fins de part et d'autre de sa colonne vertébrale jusqu'à le faire soupirer et s'enrouler comme un chat. « Tu te sens mieux ?
- Hmm. »
Au lieu de lever son visage vers le jet d'eau, il avait baissé la tête. L'eau coulait dans ses boucles, les aplatissant au passage, et ruisselait le long de son nez. Je souris et attaquai l'arrière de ses cuisses. Il oscilla un petit peu et s'appuya contre le mur, les paumes contre le carrelage, le jet d'eau s'écoulant à présent non plus sur son visage mais sur ses omoplates.
« Je suis désolé si je t'ai fait peur. » Je choisis mes mots avec précaution, ne voulant pas le vexer, mais c'est bien de la peur que j'avais devinée derrière sa colère. « Mais tu savais où nous étions.
- Hmm. »
Délicatement, je levai son pied gauche et massai avec le savon sa voûte plantaire et les interstices entre ses orteils avant de refaire la même chose sur le pied droit. Je le sentais se détendre, lentement, un tendon à la fois. Je suspectais qu'il commençait à s'endormir. J'espérais que ce fut le cas. Sherlock Holmes, je l'avais découvert très vite, ne s'endormait pas facilement. Parfois, il fallait l'y forcer.
Sa tête pendait entre ses bras tendus, une bonne partie de son poids soutenu par ses mains pâles appuyées contre le mur de la douche. Je me penchai pour passer sous son bras et m'attaquai à son torse, étalant la mousse de sa clavicule à ses hanches, appuyant et massant ce faisant.
« John. » grogna-t-il confusément. Ses yeux aux arcs-en-ciel sous-marins s'entrouvrirent puis se refermèrent.
« Idiot. » répétai-je, et je dus cligner des yeux plusieurs fois. Ce n'était pas le jet d'eau qui faisait picoter mes paupières. « Je t'aime. Je pense que je t'ai toujours aimé. Avant même de te connaître, Sherlock Holmes. La première fois que j'ai ouvert les yeux, et toutes les fois qui ont suivi, ce que je cherchais, ce que j'attendais, c'était toi. »
Ses mains bougèrent contre le mur de la douche et sa bouche se releva en un demi-sourire hébété. Je m'accroupis, lavai le devant de ses cuisses puis ses longs fémurs osseux et ses chevilles. Il avait des poils fins partout sur le corps. Ils se dressaient quand mes mains passaient dessus, se tenant tout droit comme s'ils étaient attirés par un courant électrique.
Sa bouche s'ouvrit quand mes lèvres frôlèrent son sexe, mais il ne bougea pas. J'utilisai ma langue et mes dents, précautionneusement, pour faire grandir son érection. Il devint dur rapidement. L'une de ses mains se détacha du mur pour se poser sur ma tête. Je souris et laissai échapper un petit grognement, et ses hanches tressaillirent. Mais il resta parfaitement silencieux.
Je le suçai lentement, le prenant profondément en moi avant de me retirer pour taquiner ses boules du bout de mon nez. Je faisais tournoyer ma langue, parcourais la longueur de son membre et l'engouffrais tout entier, jusqu'à ce qu'il grogne et ne puisse plus garder ses hanches immobiles. L'eau coulait dans mes yeux et le long de mon dos, froide à présent. Il s'enfouit encore une fois en moi avec force, et je m'étouffai un peu, mais je le suivis quand il se retira, le consumant, prenant tout ce qu'il m'offrait, une promesse, une promesse…
Ses deux mains étaient sur ma tête, tirant et poussant. Ça faisait mal, mais je m'en foutais. J'inspirai un mélange d'air et d'eau, souriant alors même que je devais lutter pour respirer, et je l'amenai jusqu'à la jouissance, gémissant longuement et doucement comme son orgasme l'emportait.
Il ne dit pas le moindre mot alors qu'il pulsait dans ma bouche, mais ses jambes tremblaient. Il se retira et tomba à genoux, le visage enfoui dans la courbe de mon cou, sans force.
« Bon Dieu. » Je ris doucement, car nous devenions tous les deux bleus sous cette eau gelée. « Tu ressembles à un cadavre. Allez, viens. Allons te coucher. »
Sa fatigue me rendait frénétique, à l'inverse de ce qu'étaient nos rôles habituels, notai-je. Je le tirai hors de la douche, le soutenant quand il tituba, et le séchai, frottant vigoureusement sa peau jusqu'à la faire rougir. Il marmonna quelque chose quand je frottai sa tête et que ses boucles tirèrent, et je gloussai en le regardant se battre contre le pantalon de pyjama que je lui avais sorti du tiroir.
« Allez, viens, dis-je, toujours nu et frissonnant. Au lit. Mrs Hudson va monter avec Maddie d'un instant à l'autre. Je ne veux pas infliger à cette pauvre femme la vue de ma personne nue comme au premier jour. »
Je le fis rouler dans le lit et remontai les draps doux jusqu'à ses épaules. Je crois qu'il ne s'en rendait même plus compte. J'utilisai la même serviette pour me sécher, puis, à défaut de pouvoir mettre quoi que ce soit d'autre, enfilai sa robe de chambre abandonnée, juste au cas où notre logeuse monterait les escaliers au moment où je traverserais la cuisine à la recherche un nouveau sous-vêtement.
La robe de chambre était trop longue pour moi, mais elle portait l'odeur de Holmes, ce qui était magnifique. Je nouai la ceinture, appréciant la sensation de la soie contre ma peau, mais m'arrêtai quand un objet dans la poche gauche tapa contre ma cuisse. Curieux, je le sortis.
Une petite boîte brune – en noyer peut-être ? Un écrin, le genre de truc pour ranger un bijou de femme, ou peut-être une paire de boutons de manchette. Il y avait une petite attache dorée sur le devant. Je la détachai, ouvris la boîte d'un coup de pouce, et eus le souffle coupé.
« John. »
Il ne dormait pas finalement, ou alors si légèrement que mon petit bruit de surprise avait suffi à le réveiller. J'agrippai la boîte à pleine main, fermai précautionneusement la porte de la chambre à coucher, et revint vers le lit sur lequel Sherlock Holmes avait réussi à se relever sur un coude, son front parsemé de boucles humides. Ses yeux étaient complètement éveillés et circonspects, mais la ligne de sa bouche semblait ferme.
« Tu savais que je l'avais, dit-il d'un ton presque accusateur. Je te l'avais dit.
- Oui. » Je m'assis sur le matelas et rouvris la boîte. La bague étincelait. C'était un anneau large, doré – comme le veut la tradition – mais noirci et brûlé par endroits. Des gravures couraient sur tout le pourtour, usées là, belles et claires ici. Il me semblait qu'elles étaient de style celtique.
« Bague gravée, dit Holmes. D'époque. Aux environs de 1450.
- Oui. » Je sortis la bague de son écrin. Elle se réchauffa rapidement au creux de ma main.
« Très ancienne. » continua-t-il, comme s'il pensait que je n'avais pas pigé. « Déjà bien utilisée, visiblement éprouvée, mais toujours en excellent état. Elle a traversé des siècles sans faillir, John. Des siècles.
- Oui, approuvai-je en cachant un sourire. Il y a une inscription à l'intérieur. » A peine visible, mais toujours lisible.
« Oui. » C'était son tour de murmurer son approbation. Il s'éclaircit la gorge. « Elle dit : J'ESTOIS LE VOSTRE POUR TOUSJOURS. Parce que je le suis, John. Je le suis.
- Oui. » Je l'embrassai avec force. Une litanie de « oui », culminant sur le plus important d'entre eux. « Oui, Sherlock Holmes, oui, je veux t'épouser. Oui, je suis à toi. Pour toujours. » Je l'embrassai encore. « Maintenant, mets-moi ce foutu truc au doigt avant de le perdre. Elle date de 1450 et tu la trimbales partout dans ta poche ? »
Il était tendre et avait les joues rouges et semblait plus surpris qu'il n'avait vraiment le droit de l'être.
« Ce n'est pas officiel tant que… » Mais je le fis taire, posant ma paume contre la sienne, la bague pressée entre nos chairs.
« Ça n'a pas d'importance, dis-je. Mets-la-moi maintenant. S'il te plait. »
