Coucou!

Voici la suite d'Afterglow! Désolée pour l'attente, mais j'ai été très prise par le travail, les vacances et ma nouvelle fiction, Sugar.

Accrochez-vous car ce chapitre est une tartine. J'espère néanmoins que ça vous plaira.

N'hésitez pas à donner votre avis, c'est important ;)


- Nikki quitte Total Divas, annonça Stéphanie de son ton résolu coutumier, considérant Cena assis de l'autre côté du bureau, la pointe du stylo appuyé sur le script étalé devant elle. Vous tournez votre scène de rupture dans deux semaines. Le prétexte sera son désir d'enfant.

En tant que directrice de la gestion de la marque WWE et véritable figure patronale auprès des athlètes, Stéphanie se devait d'annoncer ce genre de nouvelles à ses employés, surtout lorsqu'il s'agissait de traiter avec les têtes d'affiche, bien qu'Hunter puisse tout autant s'acquitter de la tâche.
Son boulot ne se résumait pas à superviser l'équipe Créative, travailler sur les scripts, jouer les hystériques – plus vraies que nature – sur scène et remettre de l'ordre dans les rangs, même si elle aurait préféré. En effet, et en dépit des apparences, il déplaisait fortement à la fille du grand manitou d'être porteuse de telles informations, surtout quand le concerné lui avait joué maintes scènes, tantôt dramatiques tantôt alarmantes, ces derniers mois concernant ce sujet épineux. D'ailleurs, le regard noir qui la scrutait abondait en ce sens, mais elle ne se laissa pas démonter, les bras sévèrement croisés sur la poitrine haussant un sourcil comme pour le mettre au défi d'aller plus avant, le bruit du stylo qui tombe semblant produire un vacarme d'enfer.

Elle était Stéphanie McMahon après tout.

- Comment est-ce possible ? S'enquit Cena d'un ton neutre, mais où grondait le relent de la colère qu'il tentait de maîtriser, les traits si figés qu'ils semblaient de cire. Nicole est un des piliers du programme, je ne vois pas comment ils ont pu se séparer d'elle et sans en faire autant avec Brianna.

- La décision a été prise et est irrévocable, tu n'as pas à débattre là-dessus, trancha net la directrice en reprenant son stylo autour duquel ses doigts se crispaient. J'ai cru comprendre que tu avais une nouvelle petite amie de toute façon, cela devrait donc t'arranger de ne pas avoir à jouer la comédie.

- Peut-être, mais ce n'était pas ce que nous avions convenu, rappela John en avançant sur le bord de sa chaise, les mains sagement croisées sur bureau, mais le regard fulminant alors qu'elle le toisait, stoïque. Tu devais agir pour ce qu'il y a de mieux pour les affaires, en l'occurrence pour moi. Me séparer de Nikki à l'écran ne va pas dans ce sens. Il faut remédier à ça et vite.

Stéphanie recula le visage avec un petit rictus dédaigneux, assez stupéfaite par l'impudence dont il faisait preuve bien qu'ils aient, en effet, conclu ce marché. Bien sûr qu'elle voulait ce qui était le mieux pour la WWE, c'était son bébé, et aller dans le sens de Cena était une évidence, mais elle n'avait pas eu le temps de se prononcer sur cette question et, après mûre réflexion, ne voyait de toute façon pas d'impact important pour lui et il était hors question qu'il lui parle de la sorte.
Pour l'entreprise, par contre, c'était une toute autre chanson : le départ de la diva leur ferait indéniablement perdre de l'audience, mais elle était prête à miser sur les autres, notamment Paige qui raflait les faveurs du public masculin et apportait un peu de fraîcheur.

- Tu as beau être John Cena, le champion des enfants et des ménagères, je suis Stéphanie McMahon. C'est moi qui décide ici et je ne tolèrerai pas que tu me donnes des ordres. Est-ce bien clair où dois-je te suspendre en plus de ta disparition du show pour te rafraîchir la mémoire ?

- Très clair, rétorqua le Golden Boy toujours avec sa placidité à la limite de l'effrayant. Il avait beau batailler pour son image, il n'était pas fou au point de perdre le contrôle et s'aliéner Stéphanie.

- Je préfère ça. Navrée pour toi, mais la vie continue et un match t'attend, le congédia-t-elle sans cérémonie avec un sourire hypocrite, celui qu'elle réservait aux autres habituellement, puis elle se replongea derechef dans la correction du script.

- Je ne sais pas ce qui t'as subitement fait changer d'avis, mais sache que je n'approuve pas.

- Désolée, mais on ne peut pas contenter tous les employés.

- Je crois que si, ça ne va pas se passer comme ça, menaça Cena à demi-mots une fois à la porte du bureau, la main sur la poignée, faisant sourciller la patronne qui abandonna de nouveau son crayon.

Stéphanie n'avait pas réellement changé d'avis, mais ce dernier était en train de basculer subitement face à tant d'insolence et d'ingratitude. Certes, cette décision ne lui était pas bénéfique, et elle n'y pouvait rien, mais sa réaction outrepassait les limites du raisonnable.
Furibonde, la CBO partit à sa suite au pas de charge dans les couloirs bondés, son regard jetant des éclairs aux athlètes qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin, les faisant déguerpir illico. Pour qui se prenait-il, bon Dieu ?! Il venait de menacer sa patronne.

L'entrevue avait trop courte pour que cela soit si facile de toute manière.

Cena pour sa part, adoptait une démarche identique, mais affectait un regard encore plus effrayant, le poing crispé alors qu'il cherchait une personne bien particulière aux détours de l'arène de Greenville qui abritait le Raw de la semaine.

Dean était en train de discuter de la situation épineuse de Natalya et Colby avec Brie, un gobelet de café à la main, lorsque Cena, hors-de-lui, lui tomba dessus, l'attrapant par le bras afin de le forcer à lui faire face. Brie poussa un cri aigue quand le café du chien de garde se renversa sur son bras nu puis s'empressa de s'écarter en apercevant le maître-chanteur, jetant des regards de biche traquée alentour.

- C'est toi qui as fait ça ! C'est ta faute si elle m'abandonne ! Tonna John en l'empoignant par le col de son t-shirt, ses narines frémissantes à quelques mètres à peine, laissant surgir l'animal sauvage qui se terrait dans sa tanière depuis le début de cette mésaventure. Je vais te briser exactement comme tu me l'as fait.

- Me tente pas enfoiré, se contenta de rétorquer Dean en le repoussant avec rudesse qui contrastait avec son sourire mielleux. Réveille-toi, ça fait un moment qu'elle est partie.

- Et maintenant tu me l'enlèves devant les caméras ! Pour qui tu te prends ? T'es qu'un minable et tu vas me payer ça très cher, prévint-il en revenant à la charge, brandissant le poing dans sa direction, mais ce dernier l'intercepta avec aisance et le fit reculer d'une secousse. Il se tourna alors vers Brie adossée au mur. Et toi ? T'étais au courant qu'elle quittait le programme ? Qu'elle t'abandonnait toi aussi après ce que t'as fait pour elle?

- Elle s'appelle Nicole putain, rugit Jonathan en s'interposant entre lui et Brie pour la défendre au cas où, au comble de l'exaspération. Laisse-la tranquille, elle n'y est pour rien. Arrête s'te plaît, t'as Emma maintenant. Pourquoi ça te met dans tous tes états ?

Ça tenait du délire paranoïaque à présent et il ne devait surtout pas faire empirer la situation, bien que l'envie ne lui manque pas, car il avait vu Stéphanie s'arrêter à l'autre bout du couloir, sidérée par ce qu'elle entendait. Jonathan ne comptait de toute façon pas faire d'esclandre au travail, mais si le charmant ex petit-ami de Nikki s'obstinait à débiter des insanités, il finirait par lui régler son compte dehors.

- Parce qu'elle est à moi et que j'ai besoin d'elle pour mon image. Emma n'est rien, renchérit la star d'un ton presque plaintif qui fit écarquiller les yeux de la brune alors que Stéphanie approchait au pas de charge et que certains collègues s'amassaient à l'opposé, Paige en tête, intrigués par ce remue-ménage. Je vais te faire virer de là Ambrose, mais seulement quand je t'aurai rendu la pareille.

Brianna ne se donna pas la peine de répondre, pas même atteinte par la cruauté de ses paroles qui aurait pu rouvrir la plaie, et vola faire déguerpir les curieux, rassurée de ne pas compter la fameuse Emma parmi eux.

- Tu sais très bien qu't'a pas le pouvoir de faire une chose pareille, ça marchera pas.

- John, c'est in…, commença à brailler Stéphanie de son irritante voix haut perchée en posant la main sur son bras musclé, mais elle s'interrompit lorsque le grand favori se tourna vers elle en brandissant le poing avec le regard fébrile d'un animal fou.

Dean s'intercala prestement, les mains tendues pour les tenir le plus éloignés possible alors qu'un hoquet de stupeur échappait à la patronne qui reculait de quelques pas maladroits. Les deux hommes se toisèrent un long instant, les deux femmes dans leur dos complètement estomaquées par la scène à laquelle elles venaient d'assister.
John, semblant enfin revenir à lui-même et prendre conscience de l'énorme erreur qu'il venait de commettre en levant la main sur Stéphanie, esquissa un geste dans sa direction.

- Dehors, le somma-t-elle en redressant le menton, de nouveau impérieuse, et le naturel revenant rapidement au galop, elle se mit à crier en pointant un index rageur dans sa direction, mais toujours à demi-cachée derrière Dean. J'ai dit dehors ! Dehors ! Et tout de suite ou j'appelle la police !

Comprenant qu'il valait mieux abdiquer pour ne pas aggraver son cas, le favori du public déglutit avant de tourner les talons et disparaître dans un silence glacial sous le regard assassin de la CBO qui lui brûlait le dos.
Le silence perdura une poignée de secondes, le temps que chacun reprenne ses esprits, Dean se décoiffant nerveusement. Ce qu'il venait de se passer était très grave et remettait beaucoup de choses en question pour Stéphanie.

- Tout va bien? S'inquiéta enfin Jonathan à son adresse, la regardant à la dérobée et elle papillonna des cils comme si elle avait oublié qu'elle n'était pas seule, Brie les rejoignant, préoccupée.

- Oui... Il faut que j'y aille, s'empressa de répondre la vice-présidente des Créatifs dans un marmonnement dubitatif qui ne lui ressemblait guère. Faisant l'économie d'un sourire, elle tourna les talons dans un balancement de chevelure théâtrale. Je dois combler le trou que vient de laisser John dans le programme, en plus de l'absence de Seth. Fiche-le moi dehors s'il se repointe à l'arène.

- Bien madame, obtempéra Dean, sachant qu'il serait vain de se faire entendre auprès d'elle même s'il venait de lui éviter un coup. Il attendit qu'elle disparaisse à son tour avant de se tourner vers Brie, un sourire malicieux ourlant ses fines lèvres. Ça veut dire plus de temps à l'écran pour nous, ça.

- Certes, mais tu te rends compte de l'impact...? Chuchota Brianna en jetant des regards alentour pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls dans ce couloir, légèrement retournée. C'est allez vraiment loin là. Il a failli frapper Steph, même s'il savait pas qui c'était, et on sait pas ce qu'il s'est passé exactement entre eux juste avant. Elle a débarqué en trombe comme une sorcière, visiblement pour le chercher et lui était carrément furieux.

- Me prends pas pour un con, toi aussi, ronchonna le catcheur en hochant la tête de dépit alors que la petite brune répliquait que ce n'était pas le cas, fixant le bout de couloir par lequel était partit John puis celui qu'avait emprunté Stéphanie en se décoiffant une énième fois avec une moue avant de fourrer son poing dans sa poche. Au moins maintenant, elle comprend le calvaire qu'a traversé Nikki... Il peut essayer de me menacer autant qu'il veut, j'm'en fous. Il est très mal parti pour gagner.

- C'est clair... Je vais prévenir Nicole, histoire qu'elle se prépare mentalement à une nouvelle vague de harcèlement.

- Non, la fait pas paniquer alors qu'elle est tranquille à la maison.

- Avec Punk, pointa Brie avec une légèrement grimace incertaine, rangeant néanmoins le téléphone dans la poche de son ample robe. Ça ne te dérange pas?

- Il va se marier, se borna à répondre Dean avec un haussement d'épaules cavalier qui fit pouffer Brianna, mais qui réfléchissait au couple que formait autre fois Nikki et Phil, ce couple déchiré avec des secrets que sa sœur refusait de dévoiler et que son compagnon ne connaissait probablement. Allez viens, je vais nettoyer ton bras et j't'offre un café.

Le duo repartit en spéculant sur l'échange entre la patronne et Cena qui semblait avoir bel et bien disparu de la circulation.
De son côté, Stéphanie venait de regagner son bureau et, adossée à la porte, fixait le mur d'en face, les doigts repliés contre les lèvres, ressassant la scène absurde à laquelle elle venait d'assister. Nicole n'avait pas menti pour se rendre intéressante, elle en était à présent convaincue et l'avait persécutée sans fondement.
Elle-même était douée pour effrayer ses ouailles lorsque cela était nécessaire, mais ce qu'elle avait lu dans le regard de John relevait d'un tout autre niveau et lui avait glacé le sang. Et ce coup qui avait bien failli partir ! Elle savait qu'il n'avait pas agi en toute conscience, guidé par la colère, mais elle était sa chef!
Heureusement que Dean s'était interposé sans quoi cela aurait fort mal fini. Honnêtement, elle le considérait sous un autre jour depuis, mais maintenant il lui fallait prendre des dispositions nécessaires.

Avec un tel comportement, Cena pouvait dire adieu au marché et à son traitement de faveur.


- Magne-toi, Rollins ! S'égosilla Eva depuis le salon de l'appartement de Nikki, élégante dans sa jupe crayon noire, son sac à main sur le bras, Devin souriant dans son dos. La séance commence dans une demi-heure !

Nicole observait le duo féminin qui commençait à s'impatienter depuis son poste royal dans le canapé, noyée parmi les coussins à suivre distraitement Raw, partagée entre le divertissement de voir Colby jouer au pacha et se faire désirer par ces-dames et la perplexité de la conception de « rencard » de la petite Devin. Sans parler du fait que les gens défilaient dans son appartement tout au long de la journée, ce qui avait le don d'irriter Jonathan qui voyait leur intimité réduite à néant, bien qu'il soit parti à 3 heures du matin pour prendre son avion. Quant à Punk, énième hébergé du refuge que tenait Nicole un peu contre son gré, cela l'amusait plus qu'autre chose puisque vivant quasiment en reclus avec sa dulcinée.
La diva avait beau prétendre qu'elle n'aimait pas voir son appartement constamment pris d'assaut, tous savaient qu'elle adorait jouer à la parfaite hôtesse et vivre entourée de rires et discussions animées, surtout maintenant qu'elle était exclue des programmes.

Le catcheur à la crinière bicolore émergea enfin du couloir éclairé qui desservait les 5 chambres, les cheveux lâchés et vêtue d'un simple jean noir et d'un t-shirt gris seyant. Toute cette attente pour ça. Il profitait clairement de la situation pour jouer au petit prince, même s'il était mis à l'écart professionnellement en raison de son attitude, et il s'en délectait vu son sourire espiègle.

- Soyez sages et pas d'alcool pour toi sinon tu dors sur le palier ! Serina Nikki en se levant pour étreindre Colby alors que le trio approchait de la porte d'entrée, véritable mère poule.

L'athlète lui rendit son étreinte et ils quittèrent l'appartement une fois les filles lui ayant assuré qu'elles le gardaient à l'œil et leur ayant souhaité une bonne soirée, les doigts de Devin cachés dans la main de la star du soir. Un léger rire émana de Punk dès que la porte se fut fermée derrière eux et la brune le rejoignit dans le sofa, retrouvant le confort de son tas de coussins avec un sourire mi-figue mi-raisin.

- T'es une vraie mère Thérésa maintenant !

- « Sexy mère Thérésa », corrigea la pulpeuse diva avec un regard entendu avant d'étendre ses jambes sur la table basse, encombrée de verres et diverses bouteilles, pour plus de confort. Et t'en plains pas puisque je t'héberge à titre gratuit toi aussi, mon pauvre petit malheureux.

- C'est vrai. Ça doit te donner un avant-goût de famille toute cette agitation.

Nikki acquiesça vaguement, comme absente, car cette évocation et la proximité de son ancien compagnon et, pire encore, qui avait été en passe d'être le père de son premier enfant, l'incommodait aujourd'hui encore. D'autant plus que le secret était pesant et elle n'avait pas encore trouvé le courage de le partager avec Dean.
Phil posa la main sur son avant-bras en guise d'excuse avec un soupir maladroit. Il était toujours maladroit à ce sujet.

- Parlons justement de la raison de ta présence ici. On va pas tourner autour du pot jusqu'à ton départ, aiguillonna Nicole afin de dissiper son malaise, s'emparant de son verre de jus de fruit. Phillip ne buvant pas d'alcool, elle se calait sur ses habitudes. Sois honnête. Est-ce que tu as peur de te marier…Ou d'April ? Ou tu as agi sur un coup de tête et tu le regrettes ?

- Je l'aime. Je l'aime vraiment à la folie, mais j'ai la sensation que c'est précipité et que c'est histoire de faire comme tout le monde.

- On ne t'a pas mis le couteau sous la gorge pour lui faire ta demande… Si ? Le taquina gentiment la brune en reposant la tête sur le dossier du sofa, le couvant d'un regard bienveillant. Il fit ''non'' de la tête et elle reprit alors en posant sa main sur la sienne pour lui assurer son soutien et sa sympathie : T'as l'air de traversé la même crise que toutes les filles qui sont passées par là, mais tu l'aimes, alors où est le problème ? Sois honnête.

Phillip resta muet, plus afin de jauger l'impact de la vérité que pour chercher la réponse à cette question, sans relever le fait qu'elle le traite explicitement de fille.

- Je suis pas sûr que ce soit la bonne personne pour moi, admit enfin le catcheur retraité en aspirant l'anneau de sa lèvre par nervosité, conscient que c'était dangereux d'aborder cela avec son ancienne compagne qui avait toujours sa place dans son cœur et réciproquement.

- Tu plaisantes ?! J'connais pas une femme plus parfaite pour toi qu'April : une grande enfant au caractère bien trempé qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui hésite pas l'ouvrir. Trop même, mais profondément gentille. Pas que je le sois pas, mais j'ai pas la même vision des choses que toi… April voit le monde à ta façon et tu serais con de laisser partir la seule fille qui te comprennes vraiment et t'acceptes tel que tu es, à ses risques et périls.

Elle énonça sa dernière remarque avec un rire qui eut vite fait de le contaminer, convaincu et rassuré par ses paroles emplies de bon sens. En dépit des sentiments amoureux très forts qu'il avait éprouvé pour Nikki, et la profonde affection qu'il lui portait encore, un fossé immense les séparait tandis qu'April avançait sur la même rive que lui, avec son sourire espiègle et son pas sautillant qui le rendaient toujours heureux.

- T'as le droit de douter, comme tout le monde, c'est une grande étape de la vie, mais faut pas que ça te rende stupide et peureux. Et au lieu de faire une connerie, si t'as besoin de souffler, prend le temps avant qu'il soit trop tard.

Punk approuva ses paroles d'un profond signe de tête, la dévisageant avec un éblouissement qui lui soutira un sourire un tantinet gêné.

- Jonathan a vraiment un effet bénéfique sur toi. Il t'a domptée et t'as rendu raisonnable.

- Ca c'est ce que vous croyez tous, mais dans votre dos…, minauda Nicole avec une œillade friponne et haussant un sourcil suggestif. Mais te fais pas de soucis, c'est une merveilleuse étape qui va commencer pour toi.

- C'est vrai, mais c'est toi que j'aurais dû épouser… enfin la toi de maintenant !

- Arrête tes conneries et concentre-toi sur Raw le temps que mon bébé est à la caméra, ordonna la pulpeuse diva en claquant des doigts et désignant la télévision de l'index dans un geste impérieux, tentant de dissiper ce nouveau malaise par son exubérance naturelle. Détend-toi maintenant.

Nikki déposa une bise sur sa joue, tenant son visage en coupe puis lui adressa un dernier sourire bienveillant, dissimulant l'inquiétude qui commençait à naître à l'encontre de ce nouveau mariage, en dépit de la sincérité de ses mots et qui, elle l'espérait, ne serait pas un fiasco.
Sur la table basse, le nom de Stéphanie McMahon s'affichait sur son téléphone portable, écran tourné contre le verre.


- Ma chérie, je suis sérieuse, si ça ne s'arrange pas, ce que je ne souhaite bien sûr pas, tu peux venir t'installer à la maison quelques temps. Adam serait ravi.

Natalya sourit contre son téléphone portable, touchée par l'éternelle prévenance de son ancienne collègue et amie Beth Phoenix, attendant ses collègues sur un banc dans une rue piétonne relativement calme du centre-ville d'Orlando.
Même si la canadienne s'était isolée pour laisser s'exprimer son chagrin et sa déception face à la triste réalité lors de sa soirée chez le couple en Caroline du Nord, la glamazone avait deviné sa peine, ne la connaissant que trop bien pour avoir voyagé des mois en sa compagnie, et l'avait rejointe à l'étage une fois Lyric endormie. La blonde pétillante n'avait alors pas résisté longtemps et avait relaté ses déboires amoureux dans le menu détail. Même son attirance pour Seth et leur relation ambiguë avait été révélées, et cela lui avait fait un bien fou. Elle pouvait certes en discuter avec Nicole, mais cette dernière n'était pas tout à fait impartiale.

- C'est gentil, mais je vais persévérer. J'ai abandonné le main roster pour que ça fonctionne alors pas question que je baisse les bras si vite, déclina Nattie avec détermination, se levant en apercevant la silhouette de Becky apparaître au coin de la rue. Mais je note ton offre.

- Et n'hésite pas si tu n'as pas le moral, ok ? Fais ce qui est le mieux pour toi surtout.

Un peu rassurée d'avoir ses arrières couverts de la sorte, Nattie raccrocha après lui avoir souhaité une bonne soirée à l'instant où l'irlandaise à la crinière flamboyante lui offrait une étreinte.
Bayley, Sami et Finn ne tardèrent pas à les rejoindre puis ils se rendirent dans un pub discret du centre-ville afin de discuter tranquillement sans être tracasser par de la musique bien trop forte et de jeunes ivrognes.

Nattie avait en premier lieu refusé de participer à cette sortie proposée par une Bayley toute guillerette, jusqu'à comprendre que prendre l'air en compagnie de personnes différentes lui serait bénéfique. De plus, les deux autres invités étaient des amours et ne pourraient que la divertir.

Et en effet, ce soir-là, Natalya ne pensa ni à Tyson ni à Seth tant elle passa un agréable un moment. Son unique remède était la compagnie, mais elle ne pouvait malheureusement pas solliciter ses amis en continu et vivre ainsi, notamment sa vie maritale. D'autant plus que, lorsqu'elle était seule, elle se retrouvait forcer de réfléchir à la situation et s'y dédier entièrement.


- Stresse pas bébé, ça va bien se passer et tu vas adorer ma grand-mère, la rassura Dean alors qu'ils patientaient dans l'ascenseur que ce dernier atteigne le cinquième étage de la résidence chic où vivait cette dernière, Nicole bien silencieuse dans son coin. Elle est super dynamique, a plein d'humour… Et elle est vraiment tolérante.

- Tout le monde m'aime, pas besoin d'être tolérant ! Renchérit Nicole avec une arrogance feinte, faisant sourire son compagnon qui approchait. Elle abandonna rapidement son masque de dédain et avoua : J'ai toujours la pression quand je rencontre la famille de mon chéri. La tienne encore plus parce que je veux qu'ils m'adorent, pas qu'ils me prennent pour une pouff inutile qui n'a rien à faire avec toi à part tuer le temps et s'amuser. On est tellement différent.

- Sois naturelle, comporte-toi comme avec moi au quotidien et tout se passera très bien. Ils sont pas cons et savent très bien que l'image de la télé est fausse. Dans tous les cas, je t'aime et c'est le principal, non ?

La pulpeuse diva acquiesça d'un signe de tête en le couvant d'un regard empreint de gratitude, un peu soulagée, mais la crainte revint au galop lorsque la sonnerie de l'ascenseur carillonna, leur annonçant ainsi qu'ils arrivaient à destination.
Dean s'empara délicatement de se main afin de la guider dans le couloir lumineux sans jamais cesser de lui sourire pour tenter de l'apaiser et l'embrassa tendrement pour faire diversion et sonner à la porte d'entrée au bout du couloir.
La voir dans cet état de nervosité l'estomaquait tout en l'attendrissant. En effet, Nikki abordait la vie avec nonchalance et une confiance en elle qui pouvait paraître démesurée, mais qui contrastait de façon impressionnante avec son attitude du jour. Bien que déconcertant de prime abord, cela lui prouvait combien il comptait à ses yeux La brune avait même soigné son apparence pour l'occasion, évitant les décolletés pigeonnants et robes trop courtes qui ne laissaient rien à l'imagination et risquaient de tuer sa grand-mère d'une crise cardiaque. Les escarpins, accessoires indispensables, étaient bien évidemment de mise, mais la catcheuse avait opté pour un pantalon noir et une tunique blanche cache-cœur.

- Mon chéri ! Comme je suis ravie de te voir ! pépia Birdie, la grand-mère de Dean, qui venait d'ouvrir la porte et lui ouvrait grand les bras, ne laissant ainsi pas le temps à Nikki de se dérober ou paniquer.

Sa voix rocailleuse alliée à sa chevelure aile de corbeaux, probablement grâce à une mixture chimique, sa silhouette toute menue et ses yeux bleu pétillants dont Jonathan avait de toute évidence hérité, prenait au dépourvu pour une dame de son âge avant de la rendre sympathique à ses interlocuteurs. Birdie n'avait rien des grand-mères enrobées et coincées dans leurs robes difformes et chandails à fleurs.
Jonathan la prit dans ses bras et l'étreignit avec une telle force que ses pieds quittèrent le sol dans un gloussement enchanté. Face à cette vision ahurissante, Nicole ne put qu'écarquiller les yeux avant que son cœur ne s'emballe furieusement et que des étoiles s'allument dans ses prunelles chocolat.

- Vous devez être Nicole, enchantée, je suis Birdie, se présenta-t-elle en lui plaquant deux bises chaleureuses sur chaque joue, l'enveloppant d'un nuage d'Opium et une mèche de cheveux la chatouillant au passage. Je ne vous imaginai pas du tout comme ça lorsque Johnny m'a parlé de vous. En tout cas, la première nana que tu me remettes est magnifique, mon coco !

- Mamie tu me mets la honte, grommela l'athlète qui se décoiffait nerveusement et le regard fuyant tel un enfant embarrassé à la sortie de l'école tandis qu'ils pénétraient dans le petit, mais coquet hall de l'appartement. J't'ai déjà dit que je détestais que tu m'appelles ''Johnny''.

- C'est précisément pour cette raison que je continue à t'appeler comme ça ! rétorqua Birdie en le toisant d'un faux air de défiance hautaine qui vit s'élargir le sourire de la diva brune. Suivez-moi les enfants.

- Je suis la première fille que tu ramènes à ta famille ? s'enquit-elle dans un murmure que la fierté rendait aigue alors qu'ils suivaient la dynamique septuagénaire dans le salon convivial dans les teintes pourpres et blanches, traînant les valises dans leur sillage. Et en plus tu lui as parlé de moi ?

- Calme-toi, je t'ai pas décrite avec des poèmes et tout le bordel dégoulinant de romantisme non plus, riposta Dean en enroulant néanmoins un bras autour de ses épaules, particulièrement mal à l'aise lorsque la conversation touchait à son passif avec les femmes, mais elle s'en fichait. Elle était la première femme présentée à la famille Good. Fallait bien que je te donne le change. Tu m'as foutu le trac de ma vie en rencontrant ton père et ton frère, mon premier fan, donc à ton tour de souffrir.

- Trop aimable chéri… Mais ta grand-mère a l'air bien plus agréable qu'eux donc ta punition est ratée.

- La journée n'est pas finie, se contenta-t-il de chuchoter en adoptant une moue de conspirateur, haussant les sourcils de façon suggestive, ce qui la fit rire contre le dos de sa main, mais trop fort car Birdie se retourna à l'instant où elle ouvrait la porte de leur chambre.

- Voilà votre chambre, je vous ai réservé la plus jolie, confia la vieille dame en leur lançant un regard de connivence puis d'un geste théâtral du bras, elle les invita à entrer. Julian n'en a pas besoin, il vient sans Linda ce soir.

[James Vincent McMorrow - Higher Love]

Plus tôt durant le vol pour Cincinatti, Jonathan lui avait relaté les grandes lignes de sa vie familiale, lui décrivant donc son frère Julian – sa mère n'ayant que peu d'inspiration pour les prénoms - la misère de leur vie semblant être une vocation toute tracée pour le cadet qui était devenu un assistant social acharné, ayant pour but de se spécialiser dans les enfances en danger, et fiancé à Linda, une infirmière fraîchement diplômée qui comprenait l'ampleur de son désir de venir en aide aux gosses désabusés des bas-quartiers, adolescents traumatisés et adultes au bord de la rupture.
Quant à Birdie, elle les avait tirés d'une maison délabrée pour une autre dès que sa propre fille en qui elle avait perdu tout espoir depuis longtemps se retrouva embarquée par la police pour trafic de drogue – comme si consommer en permanence ne lui suffisait pas – sans la moindre considération pour ses deux fils en bas-âge. Jonathan et Julian avaient ainsi évité de peu les foyers d'accueil et leurs lots de tourments, l'amour et la tendresse de leur mamie et son compagnon leur permettant de surmonter les plus graves lésions psychologiques d'une enfance chaotique parsemée d'alcool, drogue, hurlements et pleurs. En dépit de la profonde affection que lui avait fourni Birdie, le plus âgé avait chaviré et retrouvé la vie dont elle avait désespérément essayé de le tirer, mais il lui fut impossible de lutter contre le chagrin dévastateur de la trahison de son premier amour et la mort d'une crise cardiaque de son compagnon Richard qui les avaient traité comme ses propres enfants et que les garçons étaient venu à appeler ''papy''.
Très ému d'évoquer ce pan de son passé et cet homme qui avait laissé son empreinte à vie dans son esprit, Dean avait relaté d'une voix sourde que c'était Richard qui lui avait enseigné les rudiments d'une enfance joyeuse tels que faire du vélo, pêcher, nager, ou lui avait inculqué des valeurs qu'il avait négligé après sa disparition, mais qui faisait maintenant de lui un homme. Quand il repensait à son adolescence d'alcoolique, limite drogué, il ressentait une profonde honte, persuadé qu'il avait bafoué les enseignements de son père de substitution.

Tous les deux ressassaient ces souvenirs, lui avec bien plus d'acuité, alors que Birdie leur souriait et caressait une dernière fois la joue de son petit-fils dans l'expression la plus pure d'affection avant de leur laisser un peu d'intimité.

Seuls dans l'élégante et sobre chambre aux murs sable apaisants, les pieds bien ancrés à la moquette blanche comme pour prouver qu'ils prenaient définitivement leur quartier, ils échangèrent un regard chargé d'émotions et leurs mains se trouvèrent pour se joindre étroitement.

Julian arriva avec un peu de retard pour le dîner car retenu pour un cas d'enfant maltraité dénoncé par une voisine de la victime, mais fit preuve d'une jovialité sidérante qui encouragea les trois autres à l'imiter, sans trop de peine pour Nikki toute enchantée qu'elle était de se trouver là et faire sa connaissance.
La diva aimait beaucoup son beau-frère, spontané et plein d'une joie vivre communicative qui détonnait avec son quotidien tissé de misère, et qu'il abordait rarement, bien que toujours à demi-mots pour ne pas choque les âmes sensibles, avec un brin d'humour teintée fierté qui faisait pétiller ses prunelles aussi brunes que celles de son frère étaient bleu, bien que partageant cette étincelle rieuse qui les rendaient sympathiques.
Ce dernier était gentil, drôle, intéressant de par ses diverses anecdotes sur Jonathan, Cincinatti ou ses clients et, mieux encore, intéressé par Nicole, ses avis, son quotidien dans le catch, ses envies etc. Physiquement, ils étaient assez similaires: même visage rond, presque poupin, et adorables fossettes, mais Julian avait les cheveux plus sombres, était plus petit et fluet, forcément.

Ils firent honneur au dîner préparé en majorité par Birdie, ayant mis la main à la patte une fois leurs affaires posées, se resservant maintes fois en poulet et pommes de terre sautées, l'alcool coulant peu et Nicole bridant tout naturellement ses mauvaises manies, par respect pour eux et leur passé, ayant même abandonné son téléphone au fond de sa valise et mettant les problèmes de ses proches entre parenthèses.

Ils pouvaient survivre sans elle une nuit. Et c'était le cas, parce que Seth baignait dans la lumière de Devin, ne lâchant jamais sa main durant leur promenade nocturne en ville en compagnie d'Eva, de peur qu'elle ne s'envole à son tour et lui jetant des regards admiratifs à la dérobée, que Natalya parvenait enfin à emprunter un autre chemin, riant aux éclats aux blagues de Finn avec qui elle était sortie après un entraînement intensif, et que Punk s'endormait paisiblement après une discussion avec sa dulcinée, enfin rasséréné.

Julian rentra peu après minuit et Birdie alla se coucher après de chaleureuses embrassades, dévisageant Nikki avec ravissement, aux anges, mais épuisée. A son âge, elle n'était plus habituée à veiller si tard!

- Alors, comment t'as vécu cette immersion chez la famille Good ? s'enquit Dean, enfoui sous la couette, un bras replié sous la tête et le regard rivé à la salle de bain illuminée d'où provenait le bruit d'eau en train de couler.

- Beaucoup mieux que la rencontre avec ma propre famille ! Ils sont tous les deux adorables, drôles et compréhensifs, énuméra la brune qui émergeait enfin de sa cachette, vêtue d'une nuisette rose, les cheveux ramenés en chignon désordonné et sans maquillage. Elle s'agenouilla sur le lit et rampa jusqu'à lui pour lui déposer un baiser sur les lèvres, tout en innocence. Je les adore, ils sont parfaits.

- A mon image, plaisanta son compagnon en mimant une moue hautaine qui la fit rire, puis il la contempla, admiratif de sa beauté naturelle. J'avais un peu peur, mais là je suis soulagé et vraiment content. Ça s'est super bien passé.

La jeune femme approuva d'un vif signe de tête en s'asseyant sur le lit, mais son sourire évasif indiquait que son esprit voguait déjà à mille lieux de là. Elle ressassait sa conversation avec Punk et les souvenirs de leur relation amoureuse houleuse qui lui avait apporté l'une des plus grandes souffrances de sa vie. Celle qu'elle devait lui avouer, se faisant violence depuis des semaines pour finalement se rétracter au dernier moment car elle-même incapable de la supporter aujourd'hui encore.

- Ça va bébé? s'inquiéta Jonathan en posant sa main sur la sienne dans l'espoir de la faire revenir sur Terre, priant pour que cette scène familiale n'est pas ravivé de mauvais souvenirs.

Nikki battit des cils et le dévisagea longuement, le cœur au bord des lèvres, rassemblant tout le courage dont elle était encore capable. C'était injuste de choisir cet instant pour faire cet aveu, son moment à lui, auprès de sa famille, mais elle estimait en même temps que c'était le plus judicieux, encouragée par ce cocon familial protecteur. Elle prit une grande inspiration en fermant les yeux, puis se lança:

- Je ne t'ai pas tout dit concernant ma relation avec Phil. Si j'ai longtemps eu des problèmes à cause de mon désir d'enfant avec Cena, c'est parce que j'ai fais une fausse couche en 2012 et ça m'a complètement chamboulée.

Jonathan écarquilla les yeux, la gorge nouée, et s'empara délicatement de sa main pour lui prouver son soutient. Tout faisait enfin sens.

- Je suis tombée enceinte de Punk et j'ai perdu le bébé au bout de quatre mois. Au départ, je n'en voulais pas, je ne pensais qu'à ma carrière, mais l'équipe avait de toute façon décidé de ne pas renouveler mon contrat à cause ça, mais lui, il était aux anges et il a fini par me convaincre que c'était le miracle de la vie, qu'on serait bien tous les trois, une véritable famille, et j'ai fini par y croire. Vraiment. J'avais décidé de garder le bébé, une petite fille qu'on avait décidé d'appeler Alice, et on vivait sur notre petite nuage, impatients de voir la famille Brooks s'agrandir, mais le ring me manquait et on était plus du tout sur la même longueur d'ondes, et c'est peut-être bien ça qui a provoqué cette foutue fausse couche. Et puis tu connais la suite...

Et la voix de Nikki se brisa alors qu'elle baissait la tête pour camoufler honteusement ses larmes, n'ayant pas flanché durant tout son discours car soutenue par le besoin de se justifier auprès de l'homme qu'elle aimait. Elle voulait tout lui donner sans concession, même ses pires secrets. Un poids venait néanmoins de quitter ses épaules, celui de sa peine qu'elle n'avait partagé qu'avec sa sœur, sa mère et Natalya. A présent, il fallait qu'elle parvienne à l'accepter, l'événement en lui-même, son virulent rejet au départ puis l'enchantement que lui avait procuré l'idée d'être mère.
Bouleversé, le cœur crevé comme s'il était dans sa peau et incapable de prononcer le traître mot pour la réconforter, Jonathan la blottit contre lui et la laisser pleurer tout son soûl contre sa nuque en flattant sa chevelure d'ébène tandis qu'elle s'agrippait désespérément à lui en répétant inlassablement des ''désolé'' qui ne lui étaient pas destinés, écho de leur première étreinte dans ce gymnase de Tampa.