Note : Bonsoir bonsoir ! Et voilà la suite tant attendu ! Attention, ça va pleurer dans les chaumières les enfants ! Bon je vais essayer de rattraper mon retard parce que là, ça ne va pas ! Bonne lecture, et pour me dire de continuer à martyriser mes chouchous, c'est toujours le même bouton !

Réponses aux reviews :

Nandra : Et ouais, je l'ai tout cassé ! Mais je me demande qui va transformer qui en charpie :p

Kahlane : Ca vient ça vient !

Hinaya-chan : Que veux-tu, qui aime bien chatie bien !

Torutoriyaki : I think that Fye heard you : )


Ses tempes battaient furieusement et la douleur vrillait ses tympans. L'inconscience salutaire l'appelait et Fye y plongeait à la recherche de la délivrance. Epuisé, à bout de souffle, il n'avait plus qu'un mince fil tenu de volonté qui lui maintenait encore la tête hors de l'eau. Son cœur était déchiré. La mort qu'il avait cherché pendant longtemps sans se l'avouer l'attirait. Pourtant, quelque chose le retenait encore, mais dans le brouillard qu'était devenu son esprit, il n'arrivait pas à s'en souvenir. Allongé dans les ténèbres, il attendait de poursuivre son chemin, dans un sens, ou dans un autre.

Puis soudain, il vit une paire de pieds nus. Il n'avait plus la force de bouger, plus la force de lever la tête pour découvrir l'identité de cette personne. Celle-ci s'accroupit, et glissa avec douceur sa main dans ses cheveux. Alors seulement Fye vit son visage, et son cœur rata un battement. Car ce n'était autre que son reflet en plus jeune, sa moitié, son double, son jumeau, son frère, l'être le plus cher à son cœur, qui le regardait, un sourire triste sur les lèvres, tandis que ses longs cheveux blond cascadaient sur ses épaules.

« Tu en as fait du chemin jusque-là mon frère. Tu es à bout de force et las, et pourtant, tu continues à t'accrocher à la vie, alors que tu es si près de la Mort… dit l'apparition avec tendresse.

- C'est parce que… je t'ai promis… d'accomplir ton souhait. Parce que… je veux te ramener… répondit Fye, le souffle haletant, la gorge nouée par l'émotion.

- C'est vrai. Je t'ai fait promettre de vivre pour nous deux. Je pensais que ce fardeau était trop lourd à porter pour toi, mais aujourd'hui tu es différent. Il y a autre chose qui te retient n'est-ce pas ? »

L'image de Kurogane s'imposa instantanément à l'esprit de Fye, et comme si son jumeau l'avait perçue, il sourit.

« Oui. Mais c'est plus profond que ça. C'est l'espoir qu'il fait naitre en toi, l'espoir d'être aimé par quelqu'un et de ne pas être un monstre à ses yeux. D'être juste toi.

- Ashura- ô ne le permettra pas.

- Au diable Ashura- ô. Si tu ne veux pas le tuer, ne le tue pas, mais affronte-le vraiment. Car tu ne veux pas qu'il lui fasse de mal n'est-ce pas ?

- Je n'en ai plus la force. Je ne peux pas l'atteindre.

- Il existe une solution. Une solution dangereuse, tu y as déjà pensé, alors je vais t'aider. Parce que je veux que tu vives mon frère. Parce que ton bonheur est tout ce qui m'importe »

Avant que Fye ne puisse répliquer, son frère se redressa et le tira vers lui pour le prendre dans ses bras. Une larme solitaire dévala le long de sa joue tandis qu'il sentait la chaleur de son âme le réchauffer. Il ferma les yeux, et sourit.

Le froid le ramena à la réalité. Sauf qu'il n'était pas en plein milieu de la campagne. Il était à Seles, dans la salle d'audience, assis sur son trône. Son corps lui parut plus petit, plus étriqué. Il jeta un bref regard sur ses mains. Alors qu'il comprit où il était, et ce que son frère avait fait. Il était dans son corps. Face à lui, Ashura se tenait au milieu de la pièce, des runes dorées l'entouraient, et il était si concentré à faire bouger son golem de glace qui tentait d'écraser Kurogane, qu'il ne vit pas le danger.

Fye esquissa un mince sourire. Oui, ici il pouvait le faire. Car à sa différence, le corps de son frère ne possédait aucune restriction et la magie de Seles environnante était une source de pouvoir supplémentaire. Fye se leva, et sa main dansa dans l'air à une vitesse folle, tandis qu'il sentait le pouvoir couler dans ses veines à lui donner le vertige. Il commença par briser le sort d'Ashura qui à ce moment seulement comprit ce qui se passait. Le visage défiguré par la surprise, il regarda l'apparition qui se tenait devant lui et qui le défiait de recommencer.

La colère brula dans ses yeux, quand il vit son golem, sa création s'arrêter de bouger en l'absence de son marionnettiste. Une à une, Fye descendit les marches. La magie qui se dégageait de lui était si forte, qu'elle était presque perceptible telle une bourrasque qui faisait voleter ses cheveux longs. Il n'y avait plus trace de gentillesse, juste du défi au fond de ses iris. Plus encore, il ressentait pleinement la colère de son frère. Car, si Fye avait toujours eu de la réticence à utiliser ses pouvoirs, même dans des cas extrêmes, cela n'avait jamais été le cas de son double qui n'avait jamais hésité. Et pour lui, le mal qu'avait fait Ashura à Fye était une trahison qu'il comptait bien lui faire payer.

« C'est impossible. Ce corps n'a plus d'âme, il ne peut pas bouger… murmura Ashura épuisé, avant de comprendre.

Mais Fye ne lui laissa pas le loisir de s'exprimer davantage. Sa main se leva à nouveau, et des runes bleutée enveloppèrent Ashura qui sentit son corps se torde, comme prisonnier dans les anneaux d'un serpent. Pour la première fois, le souverain était totalement à sa merci. S'il n'avait su dominer la soif de vengeance de son frère, Fye l'aurait sans doute tué. Mais quoiqu'il puisse arriver, il ne le voulait pas, car à ses yeux, répandre le sang n'était que confirmer ce qu'on avait toujours murmuré sur eux : Qu'ils étaient des montres, qu'ils attiraient le malheur, et que leur vie n'avait aucune importance. Aussi, comme il l'avait déjà fait par le passé, il préféra plonger le souverain dans un profond sommeil. Les yeux d'Ashura papillonnèrent. Il tenta de remuer, mais finalement, esquissa un mince sourire, vaincu. Ce n'était que partie remise. Tant que Fye ne le tuerait pas, il pourrait toujours revenir. Son corps se détendit finalement alors qu'il glissait dans une profonde léthargie. Le blond le transporta alors jusqu'au bassin, en soupirant.

« Puissiez-vous faire un rêve plus paisible cette fois, mon roi… » Murmura-t-il

Un immense soulagement l'envahit. Lui et Kurogane devraient avoir la paix pour un moment.

Il sourit, avant de sentir son corps se torde de douleur. Il tressauta et cracha du sang. Evidemment. Il n'était pas dans son corps à proprement parlé, mais dans celui de son frère qui le rejetait malgré tout. Il retourna s'asseoir sur le trône avec interrogation. Comment faire pour retourner dans le sien ?

« Penses juste à cet homme… » Murmura l'esprit de son frère.

Fye sourit alors, et ferma les yeux. Il essaya de visualiser Kurogane à ses côtés, debout, solide comme un roc, son regard rubis d'une franchise incommensurable. Quand il rouvrit les yeux, il sut, rien qu'à la douleur qu'il ressentait dans ses membres qu'il était bien retourné à son corps d'origine. Sa tête le lançait toujours, mais surtout, il était incroyablement fatigué. Il aurait dû avoir froid, Mais Kurogane, assis à même le sol, le serrait contre lui. Il sentit les battements furieux de leurs cœurs qui célébraient leur victoire sur la Mort. Aujourd'hui ils avaient survécu, une fois encore, ils étaient en vie.

« Kuro-chan… murmura-t-il.

- Ayé t'es revenu… T'étais gelé, répondit le brun.

- Vraiment ? Quelle mauvaise excuse !

- Pff… Crétin… Y a vraiment que toi pour prendre les choses comme ça… »

Le blond voulut le taquiner de plus belle, mais même parler lui semblait difficile. Il constata néanmoins que le brun n'était guère en meilleur état que lui. Ses vêtements étaient déchirés à plusieurs endroits et ses yeux reflétaient sa fatigue. Cependant, il trouva la force de se relever et d'aider le blond qui, incapable de tenir sur ses jambes, se laissa honteusement aller dans ses bras. Il entendit le brun grogner d'un air gêné, ce qui l'amusa davantage.

« Désolé… Mais je n'en peux plus.

- Je vois ça… J'vais te hisser sur mon dos, on peut pas rester ici »

Fye aurait voulu protester, mais le kendoka ne lui en laissa pas le temps. Aussitôt dit, aussitôt fait. Autour d'eux restait encore des blocs de glace, vestige de la créature redoutable qui les avait attaqués. D'un pas vigoureux, Kurogane commença à descendre la colline. Aucun d'eux ne se sentait le courage de parler, mais finalement, Fye murmura :

« Kuro-chan ?

- Hum ?

- Merci… »

Et quand Kurogane lui jeta un bref regard, il ne vit que la tête du blond appuyé sur son épaule, un mince sourire flottant sur ses lèvres. Partagé entre la gêne et le contentement, le brun détourna le regard, et se concentra sur la direction à suivre.