En rentrant de l'entrainement, épuisés et le visage violacé, Théo et James remontèrent dans leur dortoir afin de prendre une douche brulante.

Les idées plus claires après une séance de sport intensive et une douche qui avait fait autant de fumée qu'un hammam , la jeune fille se décida enfin à s'intéresser à son héritage. Etant seule dans le dortoir, les autres filles finissant leurs devoirs dans la salle commune, elle sorti la boite et la lettre de sous le lit et les posa à côté d'elle par terre. Elle s'empara de la boite, son cœur battant à tout rompre. Le loquet cliqueta doucement lorsqu'elle ouvrit le couvercle, comme s'il n'avait patiemment attendu qu'elle pour s'ouvrir. A l'intérieur, sur un coussin de velours noir, était posé un médaillon en or représentant un triskèle celte, incrusté de minuscules pierres précieuses rouge sang. Abasourdie, Théo fixa le collier d'un air ahuri, ne sachant si c'était une farce de sa famille ou si c'était bien réel. Afin d'avoir une explication, elle pose doucement la boite par terre et s'empara de l'enveloppe déjà ouverte. Elle extirpa la lettre, et l'écriture ronde et penchée apparut de nouveau devant ses yeux. Elle inspira profondément et se concentra sur les mots.

« Théodora,

Si tu lis cette lettre, c'est que tu dois maintenant être une jeune fille. J'espère que tout vas bien pour toi et que mon sacrifice t'auras permis d'avoir une belle vie. Tu ne pourras sans doute jamais réellement comprendre pourquoi je n'ai pas été à tes côtés durant toutes ces années, mais tu mérites d'avoir une explication.

Je n'ai jamais adhérée aux idées de ton grand père et de toute la famille, j'ai toujours été la bête noire à cause de ça. Je suis donc partie très jeune de la maison, et j'ai rejoint un groupe d'amis d'école qui se battaient eux aussi pour la tolérance. Nos actions consistaient surtout à se battre contre les gens de notre âge qui avaient des idées extrémistes et à accrocher des affiches un peu partout pour prôner l'égalité. C'est dans ce contexte que j'ai rencontré ton père. Il était charmant, attentionné, ses manières étaient impeccables. Je n'ai appris qu'après qu'il faisait partie des sangs purs radicaux. Et malgré cela, je n'ai pu m'empêcher de l'aimer et de lui faire confiance. Je te passe les détails de notre relation. Tout ce que tu dois savoir, c'est qu'il ne voulait qu'un héritier de sang pur. Je découvris plus tard qu'il n'était pas que partisan, mais qu'il faisait partie des forces violentes qui tentaient d'asseoir la domination des sangs purs. Ayant découvert leurs plans, je n'étais plus en sécurité auprès de lui.

Après ta naissance, je me suis donc enfuie en t'emmenant avec moi afin de te protéger. Je suis retournée chez ton grand père, mais je savais qu'il était trop tard. Il fallait que je te protège toi, mes jours étant compté. Avec l'aide de quelques amis, j'ai réussis à lancer un sortilège de Fidelitas qui t'a rendu intraçable pour te protéger. Ce sortilège empêche quiconque de dire où tu te trouves. Mais je n'ai pas réussi à l'étendre plus longtemps que 15 ans. Voila donc pourquoi je t'envoie aujourd'hui ce triskèle : c'est une amulette qui te protègera tant que tu l'auras autour du cou. Je l'ai caché de ton grand père, qui t'aurait empêché de l'avoir afin de pouvoir te dénoncer aux mangemorts. Il prolongera le sortilège aussi longtemps que tu le porteras sur toi.

Il est temps maintenant de terminer cette lettre. Tu as un an aujourd'hui. C'est ton anniversaire et tu joues avec ton nouveau balai jouet juste devant le bureau. Je te regarde et je vois la magnifique jeune fille que tu dois être devenue.

N'oublie jamais, Je suis tellement fière de toi, ma fille, et je t'aime de tout mon coeur.

Je te souhaite tout le bonheur du monde.

Maman. »

Des larmes roulaient sur les joues de Théo, manquant de tremper la lettre. Elle posa doucement le morceau de parchemin par terre et s'empara délicatement du collier. Elle le passa autour de son cou et le regarde plusieurs minutes. Jusqu'à ce qu'un cri aigu la tire de ses pensées. Connaissant chaque tonalité de la voix des garçons, elle reconnu James et décida d'aller voir ce qu'il se passait. Elle essuya rapidement ses yeux et descendit.

Dans la salle commune l'attendait un spectacle qui tranchait nettement avec la solennité de la lettre. Lily et Remus étaient assis dans le canapé, James et Sirius dansant autour d'eux comme deux ballerines attardées, lançant de petits cris suraigus.

-Heu… Qu'est ce qu'il se passe ?

- Remus et Lily viennent de leur dire que les préfets ont réussi à convaincre Dumbledore de les laisser organiser un bal de Noel, lui répondit Peter, adossé au mur près des escaliers.

- Trop cool ! Lança-t-elle, et même si le cœur n'y était pas, personne ne le remarqua et James vint la tirer pour qu'elle danse avec eux.

« Oui maman, j'ai une belle vie » se dit-elle en regardant ses amis.

Le lendemain, tout le monde se leva, les filles réveillées par Ely qui venait d'apprendre qu'il y aurait un bal de noël et qui avait sauté sur tous les lits en criant. En arrivant dans la Grande Salle, Théo vit que tout le monde était là, et qu'ils étaient tournés vers Dumbledore, qui annonça officiellement la préparation d'un bal de Noel prévu pour la veille des vacances. Tout le monde éclata de joie. Le vieux professeur se rassit en souriant, et commença à manger ses œufs au bacon. La jeune fille alla s'asseoir à côté de Peter.

- Hé ! C'est un nouveau collier ? Demanda James, assis en face d'elle.

- Tu me fais peur, Cornedrue, à connaitre les bijoux portés par Théo, répondit Sirius en se décalant légèrement de l'intéressé.

-Bah je lui pique souvent ses bijoux quand je m'habille en travesti, lui répondit-il en enfournant une énorme cuillère de porridge dans sa bouche.

- C'est ce qu'il y avait dans la boîte que ma mère m'a laissé.

Les garçons s'étouffèrent tous en même temps.

- Tu l'as ouvert et tu nous l'as pas dit ? S'écria Sirius.

- Je voulais être au calme pour le faire.

- C'est compréhensible… Et donc ? Qu'est ce qu'il y avait dans la lettre ?

- Je vous ferai lire, ce sera mieux !

- D'accord ! Répondirent-ils en chœur.

Après le petit déjeuner, l'heure des cours était arrivé. La journée se déroula dans une ambiance électrique, tous le monde étant surexcité par la nouvelle du bal. Les professeurs ne s'occupèrent même pas des Maraudeurs, qui étaient de vrais anges, comparé au reste de la classe.

-C'est le monde à l'envers, s'écria James lorsqu'un des élèves de Poufsouffle se leva et dansa le twist devant Slughorn.

A la fin de la journée, Théo reçu un mot de la part d'une première année de Serdaigle. Il provenait de Nathaniel, qui lui donnait rendez-vous dans la tour d'astronomie pour continuer leurs cours. « Hourra, enfin de quoi me changer les idées ! Ca va être le moment le plus embarrassant de toute ma vie ! »