Pour le chapitre 35 : merci pour vos noooooombreux coms sur ce chapitre qui m'a donné beaucoup de travail:). Certains ont eu du mal (les antislasheurs convaincus) mais j'assume mes prises de position, il fallait vraiment qu'ils en arrivent là...j'avais déjà ça en tête avant d'écrire Camlann, alors... voilà quoi !

Hardlequine : merci ! ce fut un plaisir, mademoiselle;)

Tonksinette : heureux que ça t'ait plu !

Lena : roooo... je l'ai posté dans la nuit du samedi;) fallait d'abord que je le termine, quoi ! Abandonné, moi ? Jamais... le ski, j'en fais pas, j'aime pas le froid ! Et pour l'éléphant rose à pois bleus, j'avais pas gobé assez de champignons XD. J'avoue, 34 chapitres pour un orgasme, ça fait une bien longue attente, mais toujours moins longue que celle de Merlin (you did it, Merlin;)). J'espère que le choc n'est pas négatif et que tu t'en remettras. Et je doute fort que Gwen fasse dormir Thuthur sur le canapé quand elle l'aura enfin sous la main;). Sinon : je remarque toujours quand une revieweuse qui reviewe tous les jours manque un jour ;). Rétablis-toi bien, et ne te laisse pas enquiquiner par les gens qui voudraient gouverner ta vie à ta place... en mode Gauvain : sac en bandoulière et liberté en perspective !

Koul : alors là tu me fais un vrai compliment si tu es anti-slash et que tu as aimé mon slash XD. Non Gwen ne va pas les séparer, quelle idée, ils fonctionneront très bien à trois, et non, Merlin et Arthur ne vont pas finir en couple, même si leur tendance vieux couple ne risque pas de s'arranger. Quant à un futur re-slash entre eux, disons que comme, contrairement à celui-ci, ce sera sans impact direct sur le reste de l'histoire, si l'idée me prend d'en réécrire un, je ferai sans doute un chapitre optionnel en-dehors du récit principal pour que les anti-slash convaincus ne soient pas obligés de le lire (j'avoue, j'ai une scène en particulier qui me vient à l'esprit et que j'aimerais beaucoup écrire, qui risque d'être très drôle d'ailleurs). Pour résumer le fond de ma pensée, après cette première fois spectaculaire, il est probable qu'ils remettent ça à l'occasion quand ils ne seront pas occupés par les 50 000 autres choses qu'ils auront à faire, sans que ça change quoi que ce soit à leur relation par ailleurs ;).

Theod : une Morgane plus égoïste, c'est un peu le programme à partir de maintenant, la grande prêtresse va enfin pouvoir prendre des vacances de temps en temps;). Merlin et Arthur qui jouent les amoureux dans les quartiers chauds, c'est... euh... oui... voilà, quoi (pas très malin). Il fallait bien que la carabine serve;). Et oui, c'était fait exprès pour vous faire croire que Merlin allait utiliser sa magie à ce moment-là... mais non. La scène de l'hôtel : ahlala, j'ai travaillé dessus pendant... ! longtemps ! j'étais très, très partagé. Je voulais que ce soit irrépressible (le côté : tu es mort, tu es vivant, on se retrouve après deux mille ans). Mais en même temps je voulais qu'on puisse retrouver toute la Merthur attitude qui sait si bien nous faire rire (et les deux branquignoles de dix-sept ans qui s'y prennent comme des manches à balai quand il s'agit de passer le cap). Je voulais un Arthur intuitif et sensible, mais je voulais aussi ce cher crétin royal dans toute sa splendeur ! Je voulais un Merlin complètement chatonné, mais je voulais aussi qu'il retrouve son côté « je fais de la résistance ». Je voulais que ce soit passionné et libérateur, mais surtout pas à l'eau de rose. Le dosage a été très très délicat à réaliser, j'espère vraiment que le résultat était à la hauteur;). L'inversion était préméditée depuis longtemps, mais j'ai bien galéré à la finaliser aussi... et Morgane dans la chambre d'à côté XD XD XD. Le problème du slash Merthur c'est qu'il n'a vraiment pas été discret, lol. J'avoue, j'me suis lâché.

Egwene Al'Vere : merci ! Les retrouvailles entre les magiciens sont à suivre:).

Einodia : merci à toi:) je t'en prie, fais-toi plaisir pour l'inspiration:) et heureux que ça t'ait plu...

Sabrinabella : c'est sûr que ça peut surprendre quand on ne s'y attend pas;). Mais franchement, Gwen ne va tuer personne (je crois qu'il y en a qui vont être étonnés par sa réaction en réalité). Est-ce que ce sera le seul slash Merthur ? Pas forcément non plus, mais je mettrai les autres en option facultative s'il devait y en avoir.

Chaimette : merci ! J'espère que tu feras un bon usage de ta magie retrouvée:)

Lyli-Anna : c'est clair qu'on peut applaudir Arthur sur ce coup-là;). Merci d'avoir apprécié ce Merthur qui a nécessité un sacré travail. Les crises d'angoisse sont terminées pour Merlin (comme quoi, hein, des fois, il suffit de se lâcher un bon coup et tout va mieux:))

Seyane : si, si, Arthur va retourner avec Gwen... c'est sa femme, il est amoureux d'elle, quoi...

Violette : merci d'avoir apprécié. Mdr. Morgane. C'est sûr...

Loup du 77 : cool, tu as aimé:). Content que ça ait déchiré;)

Valir : j'aurais pu l'écrire différemment, mais pour moi, la grande scène se devait d'avoir son lot de plantages, de maladresses et de comédie, sinon ça n'aurait pas vraiment été du Merthur (ta citation...XD). Cf mon contrecom à Theod : mon but était d'arriver à un cocktail-synthèse de leur relation (avec ou sans slash), et si elle est très touchante, et très profonde, elle est aussi très souvent à mourir de rire, et c'est comme ça qu'on l'aime... L'orgasme en trois dimensions témoignait je crois de la grande fête du retour de la magie;) Sinon, Arthur et Merlin ne vont pas longtemps rester de « simples lycéens » disons que la famille, au sens large, va se focaliser sur une nouvelle mission qui va beaucoup les occuper, quand... (tu verras).

Ma : aaaah, tu as aimé;). Ouiiii, il était long, hein... j'en pouvais plus moi après avoir écrit ça.

Julie : non, tu n'oublies rien:).Sinon, je pense que ça passe en T. Je n'ai pas utilisé un seul mot connoté dans tout le texte (sauf : « orgasme », c'est pas bien méchant) ! Tout est dans la métaphore et le sous-entendu (et le cerveau du lecteur). Même dans les dialogues, les termes ciblés sont coupés aux points de suspension et entièrement implicites... je ne pense pas que ça nécessite un M (moins de 16 ans ?). Ils slashent, mais c'est soft... je pense. (sauf du côté des ressentis, mais ça...). Je pense que tu apprécieras plus les retrouvailles avec Gwen;) J'suis pas mauvais en anglais, mais j'ai trop pas une minute à moi ! et j'ai jamais traduit. Enfin je pourrais essayer à l'occasion pourquoi pas ?

Avalon : cool:), et oui, la fin était faite pour rire;)

Antharosa : de rien:)

Legend : ooooo, je suis sûr que c'était pas si terrible ;). Par rapport à tous les morts que j'ai déjà faits ! Est-ce qu'il ne vaut pas mieux faire l'amour que la guerre ?

Shmi : merci pour ce com en trois parties :) comment ça, je les ai gratinés ? Bah, ils n'ont que ce qu'ils méritent ;).Non, je ne serai pas moins méchant... sinon ce ne serait plus drôle XD et c'est mieux quand ça l'est... non ? Le coup du "quand est-ce que j'aurais pu t'avoir" vient d'une réflexion personnelle après avoir lu plein de slash Merthur situés à différents moments du canon... j'ai toujours pensé que pour avoir du sens dans le canon, entre eux, soit c'était le slash depuis le début (tellement intégré dans leur mode relationnel que voilà), soit pas du tout... (mais pas en plein milieu, de la saison 2, ou 3, ou 4, comme une subite révélation).

Bon, allez, maintenant la suite... je pense qu'un certain passage va vous faire marrer... j'ai pas pu résister... mais un peu d'intensité dramatique et d'action, aussi, quand même. Hein. On va pas les faire traîner au lit pendant des heures, faut pas déconner.

Pour ceux qui se posent la question : ce sera le seul slash obligatoire mais si vous croyez qu'ils vont passer toute leur vie sans remettre ça... mdr.Vous les connaissez pas, quoi. Mais bon, après, ça va pas non plus être obsessionnel, faut remettre les choses à leur place. Et en plus, le problème, avec les orgasmes magiques, c'est qu'ils sont vraiment pas discrets.

CHAPITRE 35

De retour dans son corps, à Bristol, Merlin, encore un peu sonné, leva les yeux vers le plafond de la chambre, et vit les branches de l'arbre.

-Oh, fit-il, vaguement amusé. C'est un chêne.

-Tu as remarqué ?observa Arthur, au-dessus de lui, en regardant l'arbre à son tour. On dirait même qu'il y a des oiseaux perchés dessus. C'est fou, c'est comme si tout avait été transplanté en l'état... de la forêt, à la chambre...

-Est-ce que les oiseaux sont des merles ? demanda Merlin avec curiosité, en essayant de les apercevoir.

-Je dirais plutôt des mésanges. Et celui-là m'a tout l'air d'un rossignol ! Même les nids sont vraiment réussis... Tu sais quoi ? Je suis sûr qu'il y a des œufs à l'intérieur. Ca ferait une superbe omelette, et j'aurais très envie d'une omelette !

-Ne me dites pas que vous pensez déjà à votre petit déjeuner, dit Merlin incrédule. Il doit être trois heures du matin ?

-C'est que tout cet exercice m'a donné faim, à moi, répondit Arthur, avec bonne humeur.

Et Merlin pouffa de rire, avant de retourner à la contemplation de l'arbre, un peu dépassé.

-Je ne me suis pas du tout rendu compte que j'avais fait tout ça, murmura-t-il, légèrement préoccupé. C'est quand même un peu inquiétant, j'ai utilisé ma magie sans même m'en rendre compte ! Je veux dire j'aurais pu créer un tremblement de terre, ou un tsunami, ou...

Il sentit une chatouille sur sa joue et s'exclama :

-... oh, qu'est-ce que c'est ?

Arthur regarda le papillon bleu posé sur la pommette de Merlin et répondit en riant :

-Oublie les tremblements de terre et les tsunamis, Merlin. Je crois que ce n'est vraiment pas ton truc !

-C'est .. oh, c'est un papillon ! Et il est drôlement joli ! fit Merlin, enchanté, en louchant sur l'insecte avant de le récupérer sur le bout de ses doigts. Regardez le dessin sur les ailes... quel rendu... dire que je l'ai créé sans même y penser !

-Eh oui... tu es plutôt doué, comme magicien,... reconnut Arthur, avec un sourire en coin. Mais maintenant, je crains qu'il ne faille remettre de l'ordre dans cette chambre... et comme tu es beaucoup moins doué en ménage, qu'en magie...

-Hé ! protesta Merlin en riant. Ce n'est pas gentil de dire ça !

-Allez, zou, au travail ! s'exclama Arthur avec un grand sourire. Sinon le propriétaire de l'hôtel risque d'appeler le gouvernement qui voudra te disséquer pour savoir comment tu t'y es pris pour faire pousser cet arbre... et on sera bien avancés !

Il voulut se dégager en douceur de sa place, mais, Merlin le retint contre lui d'un geste de la main en murmurant d'une voix tendre :

-Arthur...

Merlin avait l'impression de flotter comme dans un rêve, il n'était vraiment pas pressé de commencer à faire le ménage, mais surtout, il n'avait pas envie qu'Arthur s'en aille si vite... comme s'il s'enfuyait, alors qu'il se sentait si bien de le sentir si près.

-Vous ne voulez pas rester encore un peu... le temps... le temps...que je redescende en douceur ?

Arthur sentit toute sa motivation à bouger fondre devant l'expression implorante qui transparaissait dans les grands yeux bleus de Merlin. Il comprenait ce que son ami ressentait. Après cette stupéfiante chevauchée, il avait lui-même l'impression d'être encore à moitié dans une autre dimension, dont il n'avait pas tout à fait envie de s'arracher, et, avec un sourire, il céda sur un « d'accord » qui lui valut un regard tendre et reconnaissant en retombant là où il était un instant plus tôt. Il se sentait détendu et apaisé, et après tout, Merlin avait raison, ils n'étaient pas si pressés...le ménage pouvait bien attendre.D'autant qu'il y avait des tas de choses intéressantes à faire, au lit, comme, par exemple...

-Merlin,... tu ferais un petit tour de magie pour moi ? demanda Arthur, en se mordant la lèvre.

Merlin eut un petit rire, et murmura d'un ton attendri :

-J'en connais un qui aime vraiment la magie...

-S'il te plaît, dit Arthur, avec des yeux immenses d'enfant affamé.

Merlin sourit, étendit une main indolente, et fit apparaître un petit dragon de feu sur l'épaule d'Arthur. L'animal ouvrit les yeux, bailla, fouetta l'air de sa queue, puis, apercevant le papillon bleu qui volait non loin de là, s'élança dans les airs pour le rattraper. Les deux créatures commencèrent à tournoyer allègrement l'une autour de l'autre, dans un ballet de couleurs éclatantes.

-C'est fantastique, dit Arthur, subjugué. Tu es fantastique. Encore un, Merlin, fais-en un autre s'il te plaît !

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooo)

Dans l'appartement des disciples, Cité des Lilas, Wildor se sentait encore un peu étourdi par la puissance avec laquelle le pouvoir de la Source avait subitement recommencé à chanter dans ses veines. La connexion qu'il ressentait avec la magie était peut-être encore plus intense qu'elle l'avait été jadis, dans le jaillissement joyeux du flux qui le parcourait, ce qui lui procurait un sentiment d'euphorie indescriptible. Enfin, la liberté ! Enfin, la plénitude ! Et la délicieuse sensation de porter la lumière en soi, au lieu de n'éprouver que vide et ténèbres... Quand il se souvenait de l'effet des injections d'héroïne, il avait envie de rire. Quel horrible substitut à ce qu'il ressentait maintenant ! La drogue, c'était la mort, l'anéantissement, l'oubli... la magie, charriait l'accomplissement, la mémoire et la vie! La vie mystique et triomphante, la vie éclatante, bondissante, la vie sublimée, magnifiée.

Les pensées de Wildor mirent quelques minutes avant de se focaliser sur un objet précis.

Mais lorsqu'elles le firent, ce fut immédiatement que sa première priorité lui revint à l'esprit : retrouver les œufs d'Aithusa.

Plus rien n'empêchait les disciples du Sanctuaire de les localiser, maintenant.

Il leur suffisait d'inverser le sortilège qu'ils avaient lancé, deux mille ans plus tôt, pour masquer leur empreinte, au moment où ils les avaient cachés pour les mettre en sécurité...

Wildor éleva les mains pour réclamer l'attention de ses compagnons, et leur ordonna de se mettre en cercle. Ils avaient incanté ensemble autrefois pour dissimuler les enfants de la Reine, ils feraient la même chose, aujourd'hui, pour lever le sort. Leurs mains s'unirent avec émotion, tandis que leurs lèvres retrouvaient instinctivement la formule d'autrefois. Il y avait quelque chose de bouleversant, de sacré, à être ainsi rassemblés pour incanter ensemble, pour la première fois depuis deux mille ans... Thomas était à gauche de Wildor, et Elma, à sa droite. Les visages des autres étaient à la fois concentrés et souriants. Le sortilège parcourut leur cercle, et soudain, alors que le masque tombait, ils purent ressentir les cinq nœuds de puissance sous la forme desquels les œufs se révélaient dans la trame de la magie...

-Pourquoi ne sont-ils pas tous au même endroit ? s'exclama Elma, les sourcils froncés. Ne les avais-tu pas cachés tous ensemble, Wildor ?

-Il y en a un... dont l'empreinte clignote, nota Thomas, les sourcils froncés. C'est mauvais signe... non ?

Wildor concentra ses perceptions et il passa en revue : une empreinte scintillante, qui produisait un puits de lumière particulièrement intense (l'oeuf du dragon blanc), trois empreintes ordinaires, qui signalaient des œufs en pleine santé... et une quatrième, qui, comme l'avait dit Thomas, clignotait, comme si elle s'affaiblissait d'instant en instant... qu'était-il en train d'arriver à la malheureuse créature ?

-Il est tout près d'ici, s'exclama Wildor, effrayé. Tous avec moi, il faut à tout prix secourir cet oeuf !

Et comme un seul homme, les disciples se précipitèrent vers la porte de l'appartement pour sortir dans la rue, guidés par le fil invisible qui leur permettait de remonter la trace du petit dragon.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooooo)

Depuis des jours, Morded essayait d'ouvrir la belle chose blanche et brillante...

Il l'avait jetée contre le mur, il l'avait lancée contre le sol, il l'avait bourrée de coups de pied, il avait essayé de la percer avec un couteau, il avait tenté de l'écraser entre deux pierres... mais maintenant... maintenant, il avait trouvé ce qu'il lui fallait pour arriver à ses fins...

Il regarda le marteau de chantier qu'il avait ramassé. Il était tellement lourd qu'il avait du mal à le soulever d'une seule main.

L'oeuf était posé devant lui, calé entre deux morceaux de bois.

Ca y est, petit trésor, pensa Mordred, avec adoration, en regardant la jolie forme bleue, enroulée à l'intérieur. Tu vas enfin pouvoir sortir de ta jolie boîte...

Et il éleva son marteau pour frapper.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooo)

Morgane sentit une perturbation puissante dans la magie un instant avant que la vision ne traverse son esprit. Elle n'avait plus eu de visions depuis si longtemps qu'elle fut complètement déstabilisée par la brutalité avec laquelle celle-ci se manifesta, si bien qu'il lui fallut quelques instants pour accommoder ses sens et distinguer par les yeux de la magie la rue enténébrée qui venait de se matérialiser dans sa tête. Elle reconnut presque aussitôt l'entrée du Squatt. Une silhouette ramassée se tenait recroquevillée dans l'ombre, gémissant plaintivement, et Morgane mit un instant de plus à reconnaître Mordred, qui pleurait à chaudes larmes en se balançant sur lui-même, comme s'il avait mal... Puis, la scène s'éclaira d'une lumière surnaturelle, et Morgane distingua le cercle de personnes qui l'entouraient. C'étaient les disciples ! Et la lumière, la lumière magique, émanait de Wildor...

Un Wildor furieux, méconnaissable, dont les yeux brûlaient comme l'or pur, un Wildor qui criait d'une voix enragée : « Je vais te détruire ! ».

Morgane, sous le choc, entendit Mordred hurler de souffrance, et vit la peau de son visage commencer à se détacher en longs lambeaux sanglants, pelée par le pouvoir de la magie qui semblait déterminée à le réduire en charpie...

-Wildor, qu'est-ce que tu fais ? Arrête ! Arrête ! cria-t-elle, horrifiée, alors que le visage de Mordred impuissant se dissolvait sous ses yeux dans un geyser de sang, les yeux éclatés, les os broyés, la bouche ouverte sur un cri de douleur et d'effroi.

La vision disparut aussi rapidement qu'elle était arrivée, la laissant pantelante, à genoux sur le sol de la chambre d'hôtel. Son premier disciple n'avait pas pu faire ça ! Son premier acte de sorcier après le retour de la magie... ne pouvait pas avoir été de commettre un meurtre ! Surtout pas celui de Mordred, qui était incapable de se défendre... c'était trop affreux !

Puis, à retardement... elle comprit...

C'est une prémonition... ce n'est pas encore arrivé.

Mais pour qu'une prémonition soit aussi nette, et aussi violente, c'était qu'elle était appelée à se réaliser sous peu...

Sans hésiter, Morgane se redressa et fonça vers la chambre des garçons, ouvrant la porte à toute volée en s'écriant :

-Arthur ! Merlin ! Nous avons un problème avec... OH MON DIEU !

L'image d'Arthur à demi redressé sur les coudes entre les cuisses alanguies de Merlin, tous les deux complètement nus, et l'air aussi sonnés qu'après une séance de sexe torride, au milieu de la couverture de fleurs magiques étincelantes qui avait envahi leur lit ET en-dessous de l'arbre dont les racines avaient fait éclater toutes les dalles du carrelage, entourés d'une nuée de petits dragons volants et de papillons aux ailes en forme de cœur, bondit à travers les yeux de Morgane pour s'imprimer dans son cerveau au fer rouge.

L'espace d'un instant, le choc fut tel qu'elle en oublia sa précédente vision.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooo)

Wildor bondissait à travers les rues enténébrées du quartier, guidé par l'oeil de la Source.

L'empreinte de l'oeuf en péril clignotait de façon de plus en plus alarmante...

Utilisant ses pouvoirs pour accélérer sa course, Wildor fonça, Thomas et les autres Disciples sur ses talons, remontant la piste scintillante qui menait au nœud de pouvoir caractéristique d'un dragon en devenir...

Pour quiconque utilisait la magie pour les regarder, chacun des oeufs d'Aithusa se dessinait sous la forme d'un puits de lumière dont de grandes éclaboussures étincelantes jaillissaient en spirale. Leur empreinte ressemblait au dessin magnifique d'une galaxie enroulée sur elle-même en plein cœur de l'espace, et pour l'oeuf du dragon blanc, l'image était encore plus spectaculaire, comme celle de plusieurs voies lactées entrecroisées... Mais la clarté qui émanait de l'oeuf en péril semblait se ternir d'instant en instant, et les étoiles de la galaxie qu'il formait ressemblaient à des étoiles filantes qui mouraient une à une en crachotant dans les ténèbres. C'était une vision effrayante, et le cœur de Wildor battait à toute allure dans sa course effrénée...

Lorsqu'il arriva à hauteur de la source de lumière, malgré son épuisement progressif, la puissance du nœud était encore si éblouissante que le jeune homme ne put rien distinguer d'autre que l'oeuf irradié pendant près d'une minute, le temps de passer de sa vision magique à sa vision ordinaire, et de laisser ses yeux s'accommoder à l'obscurité.

Ce fut alors, qu'il vit le garçon au marteau, penché au-dessus de l'oeuf,, qui était en train de le marteler à grands coups pour le casser en deux...

Dans un cri de rage, Wildor le bouscula violemment l'impie sur le côté, l'envoyant rouler sur le sol en criant :

-Arrête, tu es complètement fou !

Puis il se précipita, à genoux, près de l'oeuf, qu'il entoura de ses bras avec effroi en murmurant :

-N'aie pas peur, mon bébé... n'aie pas peur...

Il sentit presque le soupir du petit dragon traumatisé à l'intérieur de sa coquille quand il le souleva délicatement, hérissé de fureur à la pensée qu'un imbécile d'humain ait failli tuer une créature si précieuse à coups de marteau.

En l'effleurant avec sa magie, il la reconnut tout de suite: c'était la deuxième des petites femelles qu'il avait retirées de ses propres mains de l'abdomen sanglant d'Aithusa, quand elle lui avait ordonné de l'accoucher par césarienne parce qu'elle était trop épuisée pour terminer le travail toute seule... il avait tenu cet oeuf dans ses bras avant de le placer dans la gueule de sa mère, pour qu'elle l'irradie, et il se sentait... comme un père, maintenant qu'il tenait à nouveau la petite dragonne dans ses bras...L'émotion monta en lui avec une puissance insoupçonnée et il souffla:

-Bonjour, ma merveille...

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooo)

Dans la chambre des garçons, Morgane eut le temps de penser :

Voilà qui explique sans doute pas mal de choses sur les bruits que j'ai entendus à travers la cloison ET sur le retour de la magie.

Puis la réaction en chaîne provoquée par son irruption inopinée s'enclencha dans un tourbillon.

-Oh mon Dieu ! dit Merlin en virant au rouge vif, et en voulant plonger en-dessous du drap, il réussit à tomber de l'autre côté du lit où il se mit à chercher frénétiquement ses vêtements.

-Morgane tu ne pourrais pas frapper avant d'entrer ! hurla Arthur en se retranchant derrière son oreiller avec l'air aussi crispé qu'un morceau de bois.

Morgane mit précipitamment ses mains devant ses yeux, bien que ce soit trop tard pour faire disparaître l'image sur laquelle elle était tombée en entrant, et elle se mit à s'écrier : "désolée, désolée, désolée" en se retournant vers la porte, le visage rouge pivoine. Elle se demandait comment elle réussirait à raccorder un jour : Merlin, Grand Maître de la Magie et demi-dieu d'Avalon, avec Merlin, au lit avec mon frère au milieu des fleurs et des papillons. Elle avait déjà eu du mal à y arriver avec le tablier rose... Elle se mit à bafouiller :

-Je ne savais pas... je ne croyais pas... je ne pensais pas interrompre...

-Tu n'as rien interrompu, tu n'as rien vu, il ne s'est rien passé ! s'écria Merlin.

Alors qu'Arthur menaçait :

-Morgane si tu parles de ça à qui que ce soit... je te jure que...

Il fut interrompu par le bruit de quelqu'un qui se cognait suivi d'un « aïe ! » perçant et demanda d'un ton alarmé :

-Merlin, est-ce que ça va ?

-Oui, ça va, Arthur... je... aaaaaaaah,, saleté de lit, je viens de me ruiner le petit orteil contre le pied, ça fait mal !

-Attention, Merlin, la table... !

Un « boum » suivi d'un « crac » et d'un « aaaaargh » se fit entendre.

Morgane sentit un rire irrépressible monter en elle et dut couvrir sa bouche avec sa main libre alors qu'elle réalisait pleinement de quelle manière la Source avait finalement éclaté.

-Vous l'avez fait, dit-elle en secouant la tête. C'est vraiment incroyable.

-Non, nous n'avons rien fait du tout, répondirent-ils en choeur.

Et cette fois, malgré ses efforts pour rester sérieuse, elle en fut incapable.

-Je ne parlais pas de ça, espèce d'idiots..., dit-elle en riant. Je veux dire, manifestement, vous l'avez fait aussi, mais ce que je voulais dire, c'est que vous avez ramené la magie !Si vous saviez à quel point je me fiche des moyens que vous ayez employés pour y arriver ! Et puis, franchement, je ne vois pas pourquoi vous auriez honte, on est au 21ème siècle et il n'y a rien de mal à s'offrir un petit or...

-Morgane, la ferme ! s'écria Arthur, d'une manière tout sauf royale.

-Je veux mourir, lâcha la voix désespérée de Merlin.

-Ca peut attendre ? demanda Morgane. Parce qu'il faut que nous nous rendions à Londres immédiatement. C'est pour ça que je suis venue vous chercher. Wildor va faire une chose terrible si nous ne l'en empêchons pas, et je crains qu'il n'y ait que toi qui puisse le calmer, Merlin... alors si vous pouviez être prêts à partir dans disons... une minute, Arthur et toi, ce serait vraiment fantastique.

-Une minute ? s'étrangla Arthur. Dans quel monde merveilleux suis-je censé prendre une douche en une minute ?

-C'est une urgence, mon soleil !s'insurgea Morgane. Ne fais pas l'enfant, tu te doucheras plus tard !

-Qu'est-ce qui se passe avec Wildor ? demanda la voix inquiète de Merlin à côté d'elle, subitement calme et ferme. Morgane... tu peux ouvrir les yeux... je suis visible.

Morgane obéit prudemment constata avec un soupir de soulagement qu'il s'était rhabillé.

Il la dévisageait avec un air alarmé.

-Il est très en colère, et il risque d'utiliser ses pouvoirs pour faire du mal à quelqu'un, lui répondit-elle.

-J'étais certain que le retour de la magie serait le retour des embêtements ! s'exclama Merlin, d'un ton agacé. Pourquoi faut-il toujours que les sorciers croient pouvoir se servir de la Source pour faire n'importe quoi ? La magie n'est pas censée servir à faire du mal aux gens ! Bon sang ! Je commence à en avoir vraiment assez de toutes ces histoires !

-Merlin, tu es de nouveau... souffla Morgane, les yeux écarquillés.

-Moi-même ? dit-il, en haussant un sourcil amusé. A ce qu'il semble...

Il lui adressa un regard joueur et il lui glissa du ton de la confidence :

-Mais entre nous, pas la peine de me donner du Maître pour autant. Je trouve ça vraiment très embarrassant d'être appelé comme ça par mes amis...

-Oh mon Dieu, dit Morgane, en cachant son visage dans ses mains. Tu te souviens de ça !

Avant de réaliser qu'il se souvenait de tout, et qu'il l'avait quand même appelée son « amie ». Bon sang, ils auraient eu tant de choses à se dire! Mais ils n'en avaient pas le temps, et...

-Disons que je t'ai vue complètement droguée, et que tu m'as vu complètement...

Merlin fronça les sourcils et dit précipitamment :

-Oublie comment tu m'as vu, et disons que nous sommes quittes, d'accord ? Ca vaudra mieux pour tout le monde.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooo)

-Qu'est-ce que tu avais donc dans la tête ? dit Wildor au garçon qu'il avait envoyé bouler à terre.

Il se balançait sur lui-même en gémissant doucement, les épaules voûtées,le visage incliné vers le sol, à quelques pas de là.

-Ne fais pas attention, lui dit Elma. Il ne pouvait pas savoir qu'il y avait un dragon à l'intérieur... ni qu'il était vivant... et puis, ce n'est certainement qu'un drogué... regarde-le, il ne doit même pas savoir ce qu'il fabriquait avec ce fichu marteau. Souviens-toi comment tu étais juste après ton fix, et allons plutôt chercher les autres œufs, au lieu de nous énerver avec lui... ça vaudra beaucoup mieux... Il est temps de réunir tous les bébés d'Aithusa. Il est temps de les retrouver tous.

Wildor soupira et reconnut :

-Oui, tu as raison.

Il se détourna du garçon, il passa l'oeuf à Thomas, avec précaution, puis, se prépara à reprendre la tête du groupe sur la piste des autres dragoneaux.

Il était sur le point de réenclencher sa vision magique, quand le garçon recroquevillé à terre cria d'un ton bouleversé et furieux :

-Ce n'est pas juste ! Ce n'est pas juste ! C'est moi qui l'avais trouvé en premier !

Wildor se figea.

Le choc remonta le long de sa colonne vertébrale, déclenchant en lui une vague de frissons...

Cette voix...

-Wildor ? dit Thomas, d'un ton inquiet. Wildor, qu'est-ce que tu as ?

Wildor ne répondit pas. Il fit demi-tour et se dirigea tout droit vers le garçon au marteau.

Il l'empoigna par le col pour lui faire redresser la tête, la main tremblante...

Quand les yeux bleus croisèrent les siens, il éprouva comme une décharge électrique. Dans un flash sanglant, il revit les corps massacrés des enfants du Sanctuaire et les édifices de marbre de l'Ile des Bénis qui s'effondraient en ruines balayés par un pouvoir d'une violence destructrice.

Aithusa avait pris son essor pour combattre bravement, malgré son ventre déchiré, malgré sa douleur...

Elle venait d'enfanter, elle s'était montrée si brave, et l'épreuve avait été si dure.

Elle ne pouvait pas triompher.

Et le monstre qui l'avait tuée était en face de lui, aujourd'hui.

-Mordred, dit Wildor, dans une flambée de haine.

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-Dans combien de temps penses-tu que ta vision va se réaliser ? demanda Merlin, d'une voix tendue.

-Rapidement, répondit Morgane. Mais tu sais comment fonctionnent mes visions... impossible de savoir l'heure précise où elles deviendront réalité. Mais quand elles sont nettes, c'est aussi qu'elles sont proches... Nous devons trouver une voiture. Je suis sûre qu'avec une petite poussée d'accélération magique bien placée nous pouvons réussir un Bristol-Londres en moins de trente minutes...

-Ouvrir un couloir de déplacement instantané ira beaucoup plus vite, Morgane, objecta Merlin, alors maintenant que c'est de nouveau possible... pourquoi s'en priver ?

-Parce que, rien ne nous assure que la Source soit aussi stable qu'elle l'était autrefois ! La magie est encore en pleine expansion après... après...ton... or...

Merlin lui adressa un regard assassin et elle retint le mot : ORGASME de justesse.

-Je ne suis pas certaine que lancer un sort aussi compliqué maintenant soit forcément très prudent, conclut-elle, empourprée. Ca pourrait nous expédier au mauvais endroit, et ce n'est pas le moment de s'égarer.

-Nous ne saurons pas si nous n'essayons pas, lui répondit-il, en haussant un sourcil.

-Tu crois vraiment que tu peux ? demanda-t-elle, avec inquiétude.

-Allons, Morgane, dit Merlin, amusé. La magie, c'est comme le vélo...

Morgane lui renvoya un regard perplexe.

-Je suis le maître, oui ou non ? dit-il, en riant. Il faudrait savoir ce que tu veux...

-Non, j'ai confiance, mais...

-Ecoute : j'ai fait pousser un arbre dans cette chambre sans même m'en rendre compte, je ne vois pas pourquoi je n'arriverais pas à ouvrir un couloir vers le bon emplacement...

Merlin jeta un petit coup d'oeil impatient derrière lui.

-Arthur, il faut qu'on décolle... tu es prêt, ou tu as besoin d'aide pour t'habiller ?

-Très drôle, Merlin ! Vraiment ! Est-ce que tu as vu...

-Tes chaussures sont sur la table de chevet.

-Ah,... merci. J'y suis... mais il faudra vraiment faire quelque chose pour l'arbre d'ici demain matin, à moins que ta magie ne puisse aussi servir à multiplier l'argent sur notre compte en banque, parce que sinon, je ne te raconte pas la note que va nous laisser la réception...

-Arthur devrait peut-être nous attendre ici, dit soudain Morgane, hésitante.

-Tu crois qu'il pourrait être en danger ? demanda Merlin.

Morgane hésita.

-Je...

-Je ne vais certainement pas rester ici à attendre ! s'indigna Arthur. Si vous prenez un couloir, je veux en être ! Si seulement j'avais mon épée...

-Non ! s'exclamèrent en même temps Merlin, et Morgane, d'une même voix.

-Quoi, vous n'allez quand même pas recommencer à avoir peur que je me blesse avec ? fit Arthur, incrédule. Je vous signale que je ne suis pas un bébé. Je suis le Roi de Camelot, et j'ai le droit de porter mon épée !

-Plus tard, mon soleil, dit Morgane, d'un ton indulgent, avant de reporter son regard sur Merlin. Alors, comment procède-t-on ?

-J'ouvre le couloir, et tu orientes le point d'accès où nous déboucherons en fonction de ta vision... à deux, nous devrions arriver à une meilleure stabilisation. Comme... quand nous sommes retournés dans le passé, tu te souviens ?

-Bien sûr que je me souviens, répondit Morgane, avec un petit sourire. Je me souviens de tout... C'était notre marché, après tout. Celui que nous avons conclu à Avalon.

Merlin lui adressa un regard un peu confus.

-Je ne me souviens pas très précisément de ce qui s'est passé à Avalon, reconnut-il. Mais je me souviens de tout le reste, et je tenais à te dire... merci de t'être donnée tant de mal avec Arthur.

-Oh. De rien, répondit-elle, avec un petit sourire. J'espère que tu en as bien pro...

Merlin lui envoya un léger coup de coude dans les côtes pour la faire taire, et elle se remit à rire.

-Ca suffit avec ça ! dit-il en roulant des yeux.

-Je croyais qu'on était pressés, vous attendez quoi ? dit Arthur, impatient en arrivant à leur hauteur. Ouvrez ce couloir, et qu'on en finisse ! On n'a pas toute la nuit, que je sache !

Les deux magiciens levèrent les yeux au ciel en même temps.

-D'accord, reconnut Morgane. Il y a encore du travail à faire avec lui, mais maintenant, c'est ton tour...

-Déserteuse..., fit Merlin.

-Déserteuse ? s'indigna Morgane. Ca fait dix-sept ans que je m'occupe de lui ! J'ai amplement mérité des vacances !

-Je propose une garde alternée, reprit Merlin.

-Je ne suis PAS un bébé ! s'écria Arthur.

-Tu es prête ? demanda Merlin à Morgane.

-Je te suis, acquiesça-t-elle.

Ils saisirent chacun Arthur par un bras. Puis Merlin étendit la main, et ses yeux passèrent du bleu, à l'or. Devant lui, la fenêtre commença à apparaître, alors qu'un vent magique balayait la pièce... Morgane sentit son pouvoir bondir joyeusement pour rejoindre celui de Merlin... Lorsque leurs magies fusionnèrent, elle se servit des images de sa vision pour orienter le point d'accès. Il y avait quelque chose de merveilleux à unir leurs efforts à nouveau dans la lumière dorée, mais au milieu du frisson de plaisir que lui procurait l'exercice, Morgane éprouvait une réelle inquiétude... parce qu'elle n'avait pas osé dire à Merlin que c'était Mordred qui était en danger, et qu'elle avait peur, de la manière dont il réagirait quand il le découvrirait.

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Vengeance, criait le cœur de Wildor, alors qu'il revoyait ses frères et ses sœurs et sa Reine massacrée...

-Tu l'as tuée, rugit-il, dans une flambée de pouvoir. Tu as tué Aithusa, espèce de monstre... et deux mille ans plus tard, tu oses t'en prendre à sa fille ?! Je vais te détruire. JE VAIS TE DETRUIRE. Mais avant je fais te faire souffrir, comme tu l'as faite souffrir, elle, quand tu lui as arraché le cœur avec ta lame maudite !

La magie s'éleva dans un vent de tempête, tout autour de lui, et il se tendit vers la Source en pensant : déchiquète-le, déchire-lui la peau et les os, réduis-le en charpie, en bouillie c'est de sa faute c'est de sa faute si tout est tombé en poussière, si tout a été perdu, ruiné, anéanti, si nous avons tous autant souffert !

La rage qu'il ressentait était sans limites, et quand il vit la première coupure s'ouvrir sur le visage de Mordred, il sourit, sombrement et quand une plainte de douleur étranglée jaillit par ses lèvres, il eut envie de rire...

Ce fut à cet instant-là qu'une fenêtre s'ouvrit, au centre de la scène, et que trois silhouettes apparurent.

-Wildor, non ! cria la voix de Morgane.

Et elle se précipita devant Mordred pour le protéger sous son bouclier.