Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.

La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.

Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.

La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.

Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 35

La soirée pyjama, ou comment traîner avec les copains toute la nuit.

Nous nous rendîmes à Poudlard le samedi soir qui suivit, après que Bella eut terminé son souper, nos sac de voyage en main, tous les deux enthousiastes à l'idée d'explorer le château. Cela exigea beaucoup d'efforts de notre part pour dissuader Emmett et Jasper de s'inviter à nous suivre, ainsi que pour convaincre Alice qu'elle n'avait pas besoin d'organiser une soirée de bichonnage et de mise en beauté pour toutes les filles de Gryffondor. Elle boudait au moment où nous quittâmes Venlaw, nous laissant partir seulement après que Bella lui eut promis qu'elle pourrait la maquiller et la coiffer à son goût pour la danse.

« Assurez-vous de demander à Hermione si elle veut un relooking elle aussi, » nous cria-t-elle à tue-tête alors que nous commencions à courir vers les ruines. Je pouvais déjà voir Alice installée au milieu de la salle commune de Gryffondor, papillonnant d'une fille à l'autre pour les transformer en reines de beauté.

Hermione attendait Bella à l'entrée de Poudlard. « Salut Bella. Je suis super contente que tu viennes dormir ici ! Nous allons tellement nous amuser ! »

Bella me lança un regard entendu à la mention du mot 'dormir.'

« Je pense que je vais aller rejoindre Cedric et les copains, » dis-je, combattant très fort l'envie de donner un baiser d'au revoir à Bella. Je me dirigeai vers la porte qui donnait accès à la salle commune des Poufsouffle à côté du grand escalier.

« Salut Edward, entre et fais comme chez toi, » me dit Cedric alors que je pénétrais dans la pièce par le tableau de la nature morte. Il me conduisit le long du corridor que j'avais emprunté lors de ma première visite ici. Lorsque nous arrivâmes à la chambre qu'il partageait avec 5 autres sixièmes années, je vis que les lits avaient été réarrangés de manière à faire un peu plus de place. Un lit de camp avait été ajouté et placé dans l'espace le plus large entre les autres lits. Maintenant il y avait donc 7 lits alignés côte à côte.

« Dépose ton sac là, » dit-il en m'indiquant le petit lit de fortune. « Les autres vont arriver sous peu. Ils sont allés inviter les jumeaux Weasley de la Maison Gryffondor. Ça promet d'être super chouette ! »

Je ne pus m'empêcher de sourire en retour. Ça allait certainement être une nuit mémorable, en effet. Nous n'attendîmes pas longtemps le retour de Patrick, Ernie et James accompagnés des jumeaux Weasley.

« Hé, c'est cool que votre salle commune soit située juste à côté des cuisines. Vous devez passer votre temps à aller chiper de la nourriture, » commenta George.

« Hum, » répondit Cedric, « En fait non. »

« Quoi ? Tu plaisantes, n'est-ce pas ? » Demanda Fred.

EDWARD ! Entendis-je Alice s'affoler dans ma tête. EDWARD, où es-tu ? Bella n'est plus là. Je ne peux plus la voir ! Elle s'était précipitée à Poudlard pour voir ce qui n'allait pas.

Je cherchai Hermione et ses amis pour tenter de la repérer. Je les trouvai tous à l'entrée de Gryffondor. « Harry ! » Hermione était tout essoufflée comme si elle venait de courir. « Harry, il faut que vous veniez – allez ! La chose la plus incroyable s'est produite – s'il vous plaît- »

Je la vis saisir le bras de Harry et l'entraîner le long du couloir, Ron et Bella sur ses talons.

« Que se passe-t-il ? » Questionna Harry.

« Je vous le montrerai lorsque nous y serons – plus vite que ça ! »

Hermione et Bella guidèrent Harry et Ron en bas des six étages de l'escalier en marbre, arrêtant en cours de route lorsque celui-ci se mit en mouvement, avant de continuer jusqu'à la Grande Salle.

« Où est-ce qu'on s'en va, Hermione ? » S'enquit Harry.

« Vous verrez, vous verrez dans une minute ! » Dit-elle avec enthousiasme.

En bas des marches, ils tournèrent et empruntèrent une porte très familière. Ils s'en venaient…

« Hé, Fred, George – vous allez nous servir de guide, c'est bien ça ? Pourquoi ne pas y aller tout de suite ? » Suggérai-je, espérant attraper Hermione et les autres quand ils atteindraient le palier.

« Excellente idée ! » Approuva Ernie.

Nous nous levâmes et quittâmes la chambre. Je pris mon temps pour être sûr de fermer la marche. Lorsque les autres furent assez loin devant moi, j'énonçai clairement – à voix plus haute que je ne l'aurais fait si j'avais su avec exactitude la distance qui me séparait d'Alice, « Je l'ai trouvée, Alice, ne t'inquiète pas. Je pense qu'elle s'en va visiter les elfes de maison. »

J'entendis un soupir de soulagement de sa part et un Merci Edward, je rentre à la maison… juste avant que Cedric ne se retourne vers moi. « Allez, Edward, viens… »

En courant à une vitesse humaine pour rejoindre les autres, je les rattrapai alors qu'ils entraient dans la salle commune. Par l'intermédiaire d'Hermione, j'entendis Bella, Harry et Ron approcher dans le couloir.

« On est quoi maintenant, alors ? Le Front de Libération des Elfes de Maison ? » Demanda Ron. « Je ne vais pas faire irruption dans cette cuisine et essayer de les empêcher de travailler, il n'en est pas question ! »

« Ce n'est pas ce que je te demande de faire non plus ! » Répliqua Hermione en tentant de garder son calme. « Je suis descendue ici tout à l'heure pour leur parler, et j'ai croisé – oh, allez Harry, je veux te montrer ! »

Elle reprit le bras de Harry et le tira devant l'image de la coupe de fruit géante que j'avais vue plusieurs fois en me rendant à la salle commune de Poufsouffle. Elle tendit son index et chatouilla l'énorme poire verte. Le fruit se tortilla et se convulsa en riant, puis tout à coup il se transforma en gigantesque poignée de porte verte. Hermione la tourna pour ouvrir le passage, et tous les quatre disparurent à l'intérieur.

Fred et George avaient fait une pause dans la salle commune de Poufsouffle, attendant à l'entrée que tout le monde les rejoigne pour commencer notre exploration. « Alors, les gars, où voulez-vous aller en premier lieu ? »

« On pourrait aller aux cuisines, si vous voulez, » proposa Fred d'une voix hésitante, « mais en vérité, c'est mieux de garder cet arrêt pour la fin lorsque on reviendra, comme ça on aura un en-cas à rapporter avec nous à la salle commune. »

« Et il y a tellement plus à voir, » ajouta George. « Il y a l'armurerie… La zone au troisième étage dont l'accès a été limité il y a quelques années – où Harry s'est battu avec Vous-Savez-qui. »

« Ah, oui, et il y a cet immense miroir qui vous montrera ce que vous désirez le plus, » renchérit Fred.

Ce que je désirais le plus, en ce moment, c'était vérifier ce que Bella faisait dans les cuisines, mais les gens autour de moi optèrent tous pour une excursion du château. Je savais qu'elle était en sécurité pour l'instant, avec les elfes de maison, et que je pourrais continuer de l'observer via Hermione. Je m'enjoignis donc à être patient.

« Allons voir le miroir – un autre élève m'en a parlé et ça me semble intrigant, » lança Ernie avec excitation.

« Par ici, » indiqua George en sortant de la grande pièce, suivi de près par toute notre bande. Il tourna en direction opposée des cuisines – et de Bella – et s'engagea dans le long tunnel… Après plusieurs coudes et tournants, nous aboutîmes à une impasse.

« Quoi ? Êtes-vous sûrs, les gars, que vous connaissez le chemin ? » Se plaignit Ernie.

« Juste une minute, » siffla Fred en retour. « On a seulement fait ça une fois avant, quand il nous a fallu échapper à Rusard. Miss Teigne nous avait vus dérober de la bouffe… Voyons voir, c'est quelque part ici. » Il tâta le long du mur, jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. Son doigt sembla disparaître dans le mur de pierre et se déplacer vers le bas. Soudainement, le mur disparut et nous nous retrouvâmes devant l'entrée d'un long couloir.

« Allez, dépêchez-vous, » dit George. Il avait raison de nous inciter à se magner, car seulement 16 secondes après son apparition, l'entrée disparut derrière nous.

« Comment avez-vous découvert ce passage ? » Interrogea Patrick.

« Ah, il vaut mieux garder les secrets… » Fred sourit mystérieusement, mais j'eus le temps de le voir replier vivement un parchemin dans sa main. Ils devaient avoir une sorte de plan des lieux.

Pendant que nous longions l'interminable corridor, je vérifiai ce que Bella faisait.

Les quatre amis conversaient avec un elfe de maison bizarrement vêtu. Il portait un bonnet de laine sur lequel étaient épinglés plusieurs insignes brillants, une cravate avec des motifs de fers à cheval – mais pas de chemise – une paire de shorts que des gamins auraient portés pour jouer au football, des chaussettes dépareillées dont l'une semblait appartenir à un pied humain. Mais la chose la plus étrange n'était pas tant ce qu'il portait, que le fait qu'il porte des vêtements. Je fouillai mon esprit en quête de ce que je savais sur les elfes de maison à partir de mes brèves expériences avec eux. Aucun autre n'avait été habillé ; ils portaient tous des bouts de tissu qui les couvraient minimalement, mais jamais de véritables vêtements.

« Que fais-tu ici, Dobby ? » Demanda Harry avec étonnement. Je jetai un coup d'œil dans ses pensées et vis qu'il connaissait cet elfe de maison en particulier. Une image de lui remettant sa vieille chaussette à Lucius Malefoy avec un vieux journal intime passa dans son esprit… Puis Lucius remettant cette même chaussette à Dobby, le libérant de sa servitude.

« Dobby est venu travailler à Poudlard, monsieur ! » Couina Dobby avec enthousiasme. « Professeur Dumbledore a donné du travail à Dobby et Winky, monsieur ! »

« Winky ? » Fit Harry. « Elle est ici elle aussi ? »

« Oui, monsieur, oui ! » Répondit Dobby, et il s'empara de la main de Harry pour l'entraîner dans une autre pièce.

Le nom de Winky m'était familier. Je cherchai dans mes souvenirs, et trouvai pourquoi. C'était au match de Quidditch de la Coupe du Monde, après que les mages noirs se soient manifestés. L'elfe de maison de M. Croupton avait été découverte tenant une baguette. Son nom était Winky. Pouvait-il s'agir de la même créature ?

Mes réflexions furent interrompues à ce moment-là. « Nous y voilà, les garçons, » annonça Fred alors que nous arrivions à ce qui semblait être une autre impasse. Il faisait sombre et ils avaient créé des petites lumières à l'extrémité de leurs baguettes magiques pour montrer le chemin, bien que ce ne fût pas nécessaire en ce qui me concernait. « Nous allons devoir éteindre les lumières, juste au cas où. »

Chacun éteignit la lumière dispensée par sa baguette, à l'exception de George qui regardait fixement quelque chose que le reste d'entre nous ne pouvait pas voir. D'après le bruit de sa main parcourant sa surface, il s'agissait bel et bien d'un morceau de parchemin.

« Très bien, on y va. » Fred toucha quelque chose en haut du mur et vers la droite. La surface devant nous glissa vers la gauche, laissant un espace large d'une soixantaine de centimètres pour accéder à un autre corridor. Une fois que nous fûmes tous de l'autre côté, elle se referma et nous vîmes qu'il s'agissait d'une grande horloge.

« Je me rappelle avoir entendu quelqu'un mentionner un passage derrière cette horloge, mais je n'y avais jamais cru, » dit James, l'air émerveillé.

« Par ici, » murmura Fred en se précipitant dans le couloir. Il se tourna subitement vers ce qui paraissait être un placard à balais et entra à l'intérieur. Nous le suivîmes et nous retrouvâmes à la base d'un escalier en colimaçon. « Préparez-vous les gars, cet escalier grimpe très haut – j'espère qu'aucun de vous, chers habitants des entrailles du château, n'a la crainte des hauteurs, » ricana-t-il.

Il ne plaisantait pas. Il arrêta seulement lorsque nous eûmes monté 8 étages vers le sommet du château. James et Patrick sifflaient comme des asthmatiques, tandis que les autres respiraient avec difficulté. J'essayai de les imiter de mon mieux.

« Juste une minute. Quelqu'un s'en vient, » chuchota George. Nous demeurâmes tous silencieux alors qu'en effet quelqu'un marchait le long du couloir. D'après le bruit des pas, il s'agissait de Rusard, mais le son était si faible que je ne pouvais pas comprendre comment quiconque avec une ouïe humaine avait pu l'entendre. Nous attendîmes 2 minutes et 38 secondes avant que George nous fasse un signe de la main. « La voie est libre, » dit-il, puis il ouvrit une petite porte qui avait l'air, du côté opposé, d'un autre placard à balais.

Nous tournâmes à gauche et longeâmes un autre corridor, puis montâmes une autre volée de marches pour nous retrouver dans une grande pièce circulaire avec des fenêtres donnant sur les terres environnantes. Je supposai que nous devions être dans l'une des nombreuses tourelles du château. La pièce était vide, à l'exception d'un immense miroir magnifiquement ornementé et aussi haut que le plafond, debout sur des pieds en forme de pattes griffues. Dans la partie supérieure, il y avait une inscription : « Rehc sulp el riséd ertov siam egasiv ertov sap ertnom en ej. » Je ne connaissais absolument pas cette langue, même si j'avais eu l'occasion d'en apprendre plusieurs.

« Que veut dire cette inscription ? » M'enquis-je.

« Il faut la lire à l'envers, » expliqua Fred.

Je la lus à nouveau, et, après avoir fait travailler mes méninges une ou deux secondes, je vis que la phrase à l'envers se lisait ainsi : « Je ne montre pas votre visage mais votre désir le plus cher. »

« Alors, qui veut être le premier ? » Demanda George.

Serait-il sage de ma part de participer à ce petit rituel ? Je connaissais déjà mon désir le plus cher. C'était Bella… Mais je ne pouvais pas laisser les autres le voir. Toutefois, lorsque Ernie s'avança devant le miroir, je me rendis compte que ça n'allait pas être un problème. Je ne pouvais rien distinguer quand il se regarda dans la glace.

« Qu'est-ce que tu vois ? » Questionna Fred.

« Je suis plus vieux – je travaille au Ministère de la Magie avec ton père, » répondit-il, rempli d'admiration.

« Tu veux travailler dans les relations moldus ? » Persifla Fred.

« Eh bien, je pense que ça pourrait être intéressant, » répliqua l'autre.

James prit la place d'Ernie devant le miroir, et ensuite Patrick, tous les deux voyant le futur dont ils rêvaient, l'un en tant que préfet en chef, l'autre comme joueur de Quidditch de classe mondiale.

« Et qu'en est-il de toi, Edward ? » Demanda George. Il va sûrement se voir gagner le Tournoi… Dommage, mais Harry va le battre.

Je m'avançai, sachant déjà ce que j'allais voir – mais lorsque je regardai dans le miroir, j'eus tout un choc. J'étais debout et j'entourais Bella de mon bras, comme je m'y attendais – nos alliances de mariage bien en évidence à nos annulaires gauches. Mais au lieu de la Bella humaine que je connaissais, c'était une Bella immortelle aux traits pâles et affinés que me montrait le reflet du miroir. Cela ne pouvait être ! Je voulais de tout mon cœur qu'elle reste humaine. Qu'elle devienne un vampire n'était certainement pas mon désir le plus cher. Mais encore plus choquant était le fait que nous n'étions pas seuls dans l'image que me renvoyait la glace. Car en plus d'entourer Bella, je tenais dans mes bras, emmailloté dans une couverture, un bébé aux yeux bruns et aux cheveux couleur de bronze. L'heureux trio me sourit alors que je secouais la tête, incrédule. C'était tout simplement impossible…

Je fis un pas en arrière, confus.

« Qu'as-tu vu ? » Me demanda Patrick.

« Je me suis vu en train de tenir le Trophée après avoir remporté le Tournoi des Trois Sorciers, » mentis-je, utilisant commodément l'histoire que George avait imaginée.

« C'est peu probable, » railla Fred.

« Edward a bien plus de chance de gagner le Tournoi que votre cher Potter, » rétorqua James.

Personne n'avait vraiment envie de se lancer dans une polémique car les Poufsouffle avaient pardonné à Harry son entrée dans le tournoi. Bientôt ils furent tous en train de glousser, se rappelant les moments marquants de la semaine dernière lorsque nous avions affronté nos dragons respectifs.

Pendant qu'ils discutaient, Cedric s'avança tranquillement devant le miroir, fit une pause de quelque seconde, puis s'en éloigna, ne disant rien. Comme les autres étaient en train de se taquiner amicalement, ils ne remarquèrent pas la subtile rougeur sur son visage quand il recula. Bella…? Mon désir le plus cher est Bella…? Mais, je la connais à peine…

Je sentis mes poings se serrer et mes traits se durcir à ses pensées. J'étais content que personne n'ait fait attention à lui ou pensé à lui demander ce qu'il avait vu tandis que nous redescendions l'escalier. Il me fallut un moment pour me ressaisir. Heureusement il faisait sombre, de sorte que les autres ne remarquèrent pas ma mine renfrognée avant que je ne réarrange les traits de mon visage en une expression enjouée.

Je cogitai sur ce que j'avais vu dans le miroir. Était-il possible que mon plus grand désir soit que Bella devienne immortelle ? J'étais certain que c'était ce qu'elle voulait, sa décision était prise et elle n'allait pas changer d'avis – cela était flagrant, mais était-ce vraiment ce que moi je voulais ? En sondant les profondeurs de mon esprit, je réalisai que oui. Certes je voulais encore qu'elle reste humaine, mais si j'étais vraiment honnête envers moi-même, je devais admettre que ce que je désirais plus que tout, c'était d'être avec elle pour toujours. C'était consternant de réaliser l'étendue de mon égoïsme. J'avais espéré que la noblesse de ma nature soit plus forte que ça – que mon désir le plus cher soit que Bella vive une vie épanouie et heureuse avec moi en restant humaine, mais ce n'était tout simplement pas le cas.

Je n'y pensai pas davantage. Le deuxième élément reflété dans le miroir était une impossibilité, et par conséquent il ne valait pas la peine que je m'y attarde.

Alors que nous nous éloignions de la chambre circulaire, je vérifiai à nouveau ce que Bella faisait.

Les quatre amis étaient à présent dans une salle différente qui semblait être une vaste cuisine. Celle-ci était remplie d'elfes de maison qui regardaient tous en direction des quatre humains tandis que ces derniers parlaient avec Dobby et une Winky on ne peut plus désemparée. Elle était vêtue de manière plus conventionnelle que Dobby, néanmoins elle apparaissait beaucoup plus échevelée. Sa blouse et sa jupe, toutes coquettes qu'elles fussent, semblaient ne pas avoir été lavées récemment, et on aurait dit qu'elles avaient été endommagées par le feu. Winky continua à se lamenter durant toute la conversation.

« Depuis quand travailles-tu ici, Dobby ? » Interrogea Harry tandis que Dobby tendait à chacun une tasse de thé et faisait circuler un plateau de biscuits.

« Ça fait seulement une semaine, Harry Potter, monsieur ! » Répondit Dobby avec entrain. « Dobby est venu voir Professeur Dumbledore, monsieur. Voyez-vous, monsieur, c'est très difficile pour un elfe de maison qui a été renvoyé de se trouver un nouveau poste, monsieur, vraiment très difficile- »

Winky se mit à brailler encore plus fort en entendant les paroles de Dobby, son nez coulant sur sa blouse et maculant celle-ci encore plus. Elle avait besoin d'un mouchoir, mais ne fit rien pour se nettoyer. Il était clair qu'elle était atrocement affligée.

« Dobby a parcouru le pays pendant deux années entières pour essayer de trouver du travail, monsieur ! » Glapit-il. « Mais Dobby n'a pas trouvé de travail, monsieur, parce que dorénavant Dobby veut être payé ! »

À cette réplique, les elfes de maison qui flânaient à leur poste de travail, écoutant la conversation, détournèrent les yeux comme si Dobby venait de commettre un impair monumental.

« Et tu le mérites, Dobby ! » L'acclama Hermione tandis que Bella se contentait de lui sourire.

Bella repéra un chiffon sur une table voisine et s'empressa de le dérober, allant vers Winky pour tenter de nettoyer le gâchis qu'elle était en train de faire d'elle-même. Au début elle essaya de lui donner le chiffon, mais Winky refusa de le prendre, ou même de reconnaître la présence de Bella. Finalement Bella se pencha gentiment vers elle, lui essuya le nez, et nettoya le devant de son corsage comme elle l'aurait fait s'il s'était agi d'un enfant. Avec une pointe de tristesse, je me rappelai mon image dans le miroir.

« Je vous remercie, mademoiselle, » poursuivit Dobby, « mais la plupart des sorciers ne veulent pas d'un elfe de maison qui veut se faire payer, mademoiselle. 'Les elfes de maison n'existent pas pour se faire payer,' qu'ils disent, et ils claquent la porte au nez de Dobby ! Dobby aime travailler, mais il veut porter des vêtements et être payé. Harry Potter… Dobby aime être libre ! »

Le reste des elfes de maison travaillant dans la cuisine et qui avaient détourné le regard, atterrés, commencèrent à s'éloigner physiquement de Dobby comme s'il était porteur d'une quelconque maladie contagieuse. Tous, sauf Winky qui demeura sur son tabouret, sanglotant.

« Et là, Harry Potter, Dobby va visiter Winky et découvre que Winky a été libérée elle aussi, monsieur ! » S'exclama Dobby avec joie.

À cet instant, Winky se lança en bas du tabouret et atterrit par terre en manquant Bella de peu, celle-ci ayant reculé en la voyant brusquement se mouvoir. Bella se pencha sur Winky pour essayer de l'arrêter de taper ses petits poings sur le sol dans sa détresse. Hermione vint vite lui donner un coup de main, essayant de réconforter l'elfe de maison affolée, mais celle-ci ne voulait rien entendre.

Je fus ramené à mes propres aventures par Fred. « Et ici, c'est l'accès secondaire pour se rendre à la salle de bain des préfets, » dit-il en gesticulant avec éloquence tout en pressant sur une section du mur qui était plus lisse, ce qui eut pour effet de le faire s'ouvrir sur une immense salle qui était presque entièrement occupée par un bain aussi vaste qu'une piscine et possédant plusieurs robinets. De grandes serviettes moelleuses avaient été disposées sur un des côtés du bassin. En traversant la pièce, je constatai que l'entrée que nous avions utilisée était dissimulée derrière une tapisserie représentant une sirène très légèrement vêtue.

« Mais comment avez-vous découvert cet endroit, les gars ? Personne n'a le droit de venir ici sauf les préfets… » Commenta Cedric avec une touche d'étonnement mêlé d'agacement.

« Ne pas avoir l'autorisation d'aller quelque part n'a jamais été un obstacle, » sourit Fred. « Qui plus est, si vous voulez vous détendre dans un bon bain moussant, c'est vraiment la place de choix. »

« Okay, » annonça George, « le prochain arrêt sur notre parcours est – Gryffondor… »

« Oui, on a pensé que c'était la politesse de vous faire visiter notre Maison puisque vous nous avez invités dans la vôtre, » ajouta Fred.

Nous sortîmes de la salle d'eau de façon plus conventionnelle – par la porte, et ensuite nous longeâmes un corridor et dépassâmes une grande statue, empruntâmes un escalier pour descendre une volée de marches, et nous fîmes halte devant le grand portrait d'une femme dans une robe rose. « Fariboles, » énonça l'un des deux jumeaux, et le portrait s'ouvrit pour révéler l'entrée circulaire de la salle commune.

Leur salle commune était similaire à celle de Poufsouffle, avec des fauteuils confortables, un foyer d'un côté, et deux sorties. Toutefois, au lieu de passer par des tunnels pour accéder aux dortoirs, ils nous entraînèrent en haut d'un long escalier en torsade qui, à tous les 6 mètres, ouvrait sur une chambre circulaire. Après plusieurs étages, nous pénétrâmes dans l'une des chambres. Comme dans les autres, cinq lits à baldaquins étaient alignés contre le mur.

« Voici notre chambre, » murmurèrent Fred et George en indiquant la pièce dépourvue d'angles. Tous les lits sauf deux étaient occupés par des dormeurs qui ronflaient bruyamment.

« Ne devrions-nous pas partir ? » Demanda Ernie, lorgnant les corps endormis.

« Nah, ces gars-là dorment plus profondément qu'un Scroutt en hibernation, » gloussa Fred.

« Est-ce que les Scroutts hibernent vraiment ? Il semblait qu'Hagrid avait de la difficulté avec eux. »

« Nous ne savons pas, » pouffa George. « Aimeriez-vous avoir une crème anglaise ? »

Ernie tendit le bras pour prendre le dessert offert par George, mais la main de Patrick jaillit pour le stopper. « Qu'avez-vous fait à ces trucs ? » Il regarda les coupes de dessert d'un œil suspicieux.

« Pas grand-chose… Il faudra que tu demandes à Neville Londubat à ce propos quand tu le verras, » sourit Fred.

« Je pense que nous allons attendre d'être parvenus aux cuisines pour manger, » dit fermement Cedric. « Et en parlant de ça, y a-t-il autre chose à visiter dans le château, ou devrions-nous nous diriger là-bas maintenant ? »

« Oui, allons-y ! » S'exclama Ernie, se rendant compte, après avoir dû renoncer à la crème anglaise, qu'il avait vraiment faim.

Fred et George se relevèrent en bondissant et nous guidèrent à nouveau en bas de l'escalier qui n'en finissait plus, puis dans la salle commune. Ils firent une autre pause en approchant de l'entrée, baissant les yeux sur quelque chose entre eux. « Très bien, messieurs, ne perdons pas de temps. »

Fred aida à tenir le portrait ouvert tandis que George passait au travers et dévalait l'escalier à une vitesse alarmante. Nous le suivîmes à peu de distance jusqu'à ce qu'il tende le bras. « Attention à cette marche, » dit-il, prenant soin de planter son pied à un endroit bien particulier avant de continuer à descendre jusqu'à l'étage principal, puis d'emprunter une porte qui menait à la salle commune des Poufsouffle. Juste au moment où nous nous introduisions dans le passage, j'entendis des pas dans l'escalier, deux étages plus haut. Comment savaient-ils ?

Nous atteignîmes le tableau du bol de fruit géant en un temps record, et Fred se mit à chatouiller la poire verte comme Hermione l'avait fait plus tôt. La poignée de porte apparut et il l'ouvrit, nous conduisant dans une grande salle remplie de longues tables disposées exactement comme celles du réfectoire à l'étage supérieur.

« C'est comme ça qu'ils nous servent, » expliqua Fred. « Ils remplissent les tables ici, et ensuite la nourriture apparaît là-haut. » Il pointa vers le plafond.

Je pouvais entendre Bella, Hermione, Harry et Ron parler avec Dobby et Winky alors que nous longions les tables pour nous rendre à l'extrémité opposée de la pièce.

« Winky, » affirma fermement Hermione, « je suis à peu près certaine que M. Croupton se débrouille très bien sans toi. Nous l'avons vu, tu sais- »

« Vous avez vu mon maître ? » Piailla-t-elle. « Vous l'avez vu à Poudlard ? »

« Oui, » répondit Hermione, « lui et M. Verpey sont parmi les juges du Tournoi des Trois Sorciers. »

« M. Verpey est venu lui aussi ? » Cette fois-ci sa voix semblait irritée. « M. Verpey est un mauvais sorcier ! Un très mauvais sorcier ! Mon maître ne l'aime pas, oh non, pas du tout ! »

Cela capta mon attention. Ludo Verpey paraissait être un fanfaron qui cherchait l'attention des médias, mais la seule chose dont je l'aurais soupçonné était d'être égocentrique.

« Verpey – mauvais ? » Demanda Harry.

« Oh oui. Mon maître a dit des choses à Winky ! Mais Winky ne parlera pas… Winky – Winky garde les secrets de son maître… »

Elle éclata en sanglots alors que nous passions la porte pour aller à la cuisine. Elle était toute recourbée dans sa jupe, gémissant, « Pauvre maître, pauvre maître, plus de Winky pour l'aider ! »

« Hermione, tu importunes les elfes de maison ! » Commenta Fred avec mépris. « Je savais que nous n'aurions pas dû te dire le secret. Tu vas tout gâcher pour eux. »

Elle soupira bruyamment et se tourna de nouveau vers Winky, essayant de la réconforter. Les autres elfes de maison, qui se gardaient occupés un peu plus loin de la scène embarrassante au milieu de la cuisine, s'empressèrent de venir à notre rencontre avec du thé et des biscuits pour notre groupe de garçons. Il était clair que Fred et George étaient bien connus, bavardant avec un elfe en particulier qui entreprit de nous apporter des paniers remplis d'autres provisions.

Ernie, James et Patrick n'arrêtaient pas de jeter des coups d'œil à la ronde, impressionnés, commentant le fait que tout ça avait été à proximité pendant tout ce temps, et pourtant ils n'avaient jamais mis les pieds ici. Cedric avait l'air plutôt mal à l'aise, hésitant à regarder dans la direction de Bella. Finalement il décida de regarder ailleurs, tournant son attention sur les elfes de maison qui travaillaient sans relâche.

Winky continua de pleurer dans sa jupe pendant que Dobby poursuivait son joyeux bavardage à propos de sa liberté. Je lançai un regard furtif à Bella qui semblait elle aussi légèrement embarrassée. Je supposai qu'elle devait être consciente de l'inquiétude d'Alice quand elle avait disparu, et elle se demandait sans doute si ma présence ici résultait de cette panique. Je lui souris imperceptiblement, la laissant savoir que tout allait bien, et elle parut soulagée.

« Dobby va bientôt s'acheter un pull-over, Harry Potter ! » S'enthousiasma la créature magique.

« Voici ce qu'on va faire, Dobby, » intervint Ron. « Je vais te donner celui que m'man va me tricoter pour Noël. J'en reçois un chaque année de sa part. Tu aimes la couleur marron, n'est-ce pas ? »

« On va le dire à m'man, » le taquina Fred. Ron lui lança un regard noir.

« Nous devrons probablement le réduire un peu pour qu'il soit à ta taille, mais il s'harmonisera bien à ton bonnet, » conclut-il.

Bella et les autres se préparèrent à partir maintenant que nous avions fait irruption dans la cuisine et interrompu leur conversation. Les elfes de maison, qui s'étaient tenus loin de Dobby pendant qu'il parlait, se précipitèrent autour de nous, nous offrant différentes collations et gâteries à emporter. Je me demandais quelle quantité de nourriture ils s'attendaient à nous voir ingurgiter – considérant que pour ma part je n'allais rien manger…

« Merci beaucoup ! » Dit Harry alors que les elfes s'aggloméraient autour de son groupe pour lui dire au revoir. « On se reverra, Dobby ! »

« Harry Potter… Est-ce que Dobby peut venir vous visiter à l'occasion, monsieur ? » Demanda-t-il timidement.

« Bien sûr que tu peux, » répondit Harry. J'allais devoir avertir Alice pour qu'elle ne panique pas chaque fois qu'il allait disparaître de sa chambre de dortoir.

Nous les suivîmes hors de la cuisine, les bras chargés de victuailles. Fred et George transportaient chacun deux énormes paniers débordant de nourriture.

Nous tournâmes en direction de la salle commune de Poufsouffle avec les deux jumeaux. Juste avant de nous séparer des autres, ils tendirent secrètement un morceau de parchemin à Harry en murmurant, « Merci de nous l'avoir prêté, Harry… Tu ferais mieux de rester à l'affût de Rusard. Il patrouillait la cage d'escalier quand nous sommes arrivés ici. »

J'étais le dernier à passer le seuil de la salle commune de Poufsouffle. Juste avant d'entrer, j'entendis la voix de Ron dans l'escalier. « Vous savez quoi ? Toutes ces années, j'étais vraiment impressionné par Fred et George et leur habileté à subtiliser de la bouffe des cuisines – eh bien, ce n'est pas exactement l'exploit du siècle, hein ? Les elfes sont impatients de nous la donner ! »

Je n'écoutai pas la réplique d'Hermione, occupé à rire de bon cœur en me tournant pour aller rejoindre les copains qui m'attendaient dans la salle commune.

Bonjour Louise et Juju :0)

Et bonjour à tous mes lecteurs/lectrices

À bientôt

Milk