La génération perdue
(1975-1982)
Chapitre dix-neuf
Crime et châtiment
Mercredi 4 Novembre 1981
« Je suis désolé… »
« Non, je suis désolée… »
« Non, moi… »
Ils parlaient entre les baisers, désespérés, affamés. Bill avait été d'abord alarmé de réaliser qu'elle l'avait suivi jusqu'à la plate-forme d'observation au sommet de la tour d'Astronomie, mais ensuite il avait réalisé qu'il n'y avait vraiment personne d'autre à qui il pouvait parler de ce qu'il ressentait. James et Lily n'étaient pas sensés mourir, pensa-t-il. Ils étaient sensés être ce à quoi nous aspirons tous… Ils n'étaient pas sensés mourir…
Elle lui avait touché le bras en hésitant, sa main, même à travers la cape de Bill, ayant l'air d'être en feu en contraste avec l'air frais. Elle parla doucement. « Je n'ai pas envie de faire la fête non plus. Je veux dire… Oui. C'est bien que Tu-sais-qui soit parti. Mais… Tout le monde semble avoir oublié… »
« Oui, » dit-il avec émotion, fixant une grosse étoile brillant qui ressemblait à une larme parce ses propres yeux étaient pleins de larmes. Est-ce l'étoile du Chien ? se demanda-t-il.
Elle soupira, appuyant sa tête contre son bras. « Ils ont toujours veillé sur nous. Nous tous. Quand j'étais en première année, il me semblait que je me perdais tout le temps. Lily me retrouvait encore et encore, et me prenait jusqu'à la pièce que je n'étais pas capable de trouver… »
Bill acquiesça, passant son bras sur son épaule. Il pouvait sentir la chaleur de sa peau à travers sa cape. Elle frissonnait dans l'air précédent l'aurore. Il se tourna et la regarda, et sans réfléchir, il l'embrassa. Après un moment d'hésitation et de surprise, elle répondit, ses lèvres s'écartant doucement, l'admettant, et il la tira contre lui, l'embrassant avec appétit, les mains de Bill s'enlaçant dans ses cheveux, tenant son visage orienté vers lui.
« Je suis désolé, Juliet, » dit-il, rompant le baiser. « Je suis désolé d'avoir été un tel crétin. Je suis désolé de t'avoir si mal traitée… »
Elle secoua la tête et tira à nouveau les lèvres de Bill vers les siennes. Après ce qui sembla être un très long moment, il les fit glisser le long de sa mâchoire, lui chuchotant « Je suis désolé… »
« Non, » souffla-t-elle, sa voix hachée. « Je suis désolée… »
« Non, moi. » dit-il, faisant glisser ses lèvres sur le cou de Juliet, la faisant haleter. Elle prit sa main et le reconduisit vers la trappe descendant dans la salle de classe, avec le bazar des astrolabes, des télescopes, des rouleaux de parchemin avec les diagrammes stellaires, et les autres détritus des cours d'astronomie. Les fenêtres donnaient dehors dans toutes les directions, les rebords montant vers le ciel avec de petites indentations qui avaient faite par usure de la pierre par des générations d'élèves posant leurs télescopes pour regarder les cieux.
« Je suis désolé. » dit encore Bill, repoussant la cape de sur les épaules de Juliet, quand ils se tinrent dans la salle de classe. Elle acquiesça, ses doigts défaisant les boutons de la chemise de Bill. Il n'avait pas enfilé son pyjama la veille, mais s'était allongé avec ses habits sur lui, fixant le dessous du baldaquin de son lit avec ses mains sous sa tête, se souvenant de James et Lily sans pouvoir dormir.
Près de l'aube, il avait quitté la tour Griffondor pour monter dans celle d'Astronomie, regardant les étoiles et le domaine de Poudlard, essayant comprendre à quoi tout cela servait. Pourquoi ont-ils tous essayé si dur de faire ce qui était bien quand réussir signifiait que non seulement, on allait probablement mourir, mais aussi être immédiatement oublié ? Personne ne semblait se soucier que la chute de Vous-savez-qui ai aussi été celle de Lily et James, d'une certaine façon. Ils étaient partis, et personne ne pourrait les ramener. Mais tout le monde parlait de leur fils, Harry Potter, qui avait survécu au sortilège mortel et qui avait mystérieusement disparu. Qui se souciait de James et Lily ?
Je m'en soucie, avait-il pensé en regardant le ciel.
Il ouvrit le chemisier de Juliet trop brusquement, faisant voler des boutons. Cela ne sembla pas la déranger. Elle l'enleva aussi vite qu'elle pouvait, enlevant sa jupe après cela. Tout semblait prendre trop de temps pour Bill, mais bientôt, ils roulaient sur le sol sur leurs habits, il faisait courir sa langue dans la vallée entre ses seins nus, elle enroulait ses jambes autour de sa taille, le hissant en elle, ils se balançaient ensemble, s'excusant à la fois avec les mots et avec les actes.
Bill avait l'impression que sa tête allait exploser. Il voyait des étoiles derrière ses paupières, et il se maudit « Zut, zut, zut, tellement désolé, tellement désolé… » répétait-il, pleurant encore, l'embrassant sur le front. Il avait essayé d'avoir un peu de self –contrôle (il n'avait jamais eu ce problème par le passé), mais il avait lamentablement échoué. Il roula à côté d'elle, les larmes coulant encore sur son visage, et elle posa sa tête sur son épaule, ses sentant émotionnellement épuisée, mais peu soucieuse de ne pas avoir été libérée comme Bill. Malgré tout, cela ne semblait pas le rendre très heureux.
« Shh, Shhh. Arrête de dire que tu es désolé. C'est bon. Ce n'est pas comme si c'était notre seule opportunité… »
« Mais justement ! » dit-il avec colère, commençant à s'asseoir. « On ne sait jamais quand… »
« … Quand on va mourir ? Et en quoi est-ce plus vrai maintenant qu'il y a une semaine ? N'est-ce pas en fait moins probable maintenant que Tu-sais-qui est parti ? Tu penses que Lily et James ont fait ce qu'ils ont fait pour la renommée et la gloire ? Ils l'ont fait parce qu'ils savaient que c'était bien. Oui, on peut mourir à n'importe quel moment, n'importe lequel d'entre nous. Un vaisseau sanguin peut exploser dans le cerveau et on peut tomber raide. Mais parfois… » Sa voix se brisa comme elle traçait le contour anguleux de la mâchoire de Bill de son doigt. « Parfois, on doit avoir de l'espoir dans le futur. L'espoir que les choses qui ne marchent pas maintenant vont changer. L'espoir qu'un ami qui s'est éloigné va revenir… »
Elle le regarda dans les yeux et y vit une nouvelle angoisse, une connaissance d'à quel point il l'avait blessée. Elle posa son doigt sur ses lèvres et le prévint. « Chut. Plus un 'je suis désolé'. Je sais que tu l'es. »
Il tint son visage entre ses mains, se demandant comment il avait jamais pu la laisser partir. « Tu savais que je reviendrais ? Que j'arrêterais de me comporter comme un salaud ? Comment le savais-tu alors que moi-même je ne savais pas ? » Il se demanda si elle savait pour Roxanne.
Elle rit et glissa par-dessus lui, le contact de son corps faisant à nouveau répondre son propre corps. Il tint ses hanches avec ses grandes mains, la regardant. « Qui a dit que tu avais arrêté de te comporter comme un salaud ? »
Cela le fit rire, aussi, et il tira le visage de Juliet vers le sien, la dévorant de baisers, passant ses mains entre eux pour caresser de ses pouces les pointes dures de ses seins, la faisant se tortiller au-dessus de lui d'une manière qui lui coupait le souffle. Elle rompit le baiser et puis se recula légèrement, tendant sa main derrière pour le prendre et le guider chez lui. Il haleta à la sensation, regardant l'expression de profonde concentration qu'elle avait. Elle ne commença pas à bouger, mais se recoucha pour l'embrasser encore, doucement, sa langue entrant lentement et profondément dans sa bouche.
Il rompit le baiser et la regarda dans les yeux. « Donc, si je n'ai pas cessé de me comporter comme un salaud, qu'est-ce que cela alors ? » Elle sourit espièglement et commença à bouger ses hanches. La sueur perla sur sa lèvre supérieure à cette sensation et il se força à se contrôler mieux cette fois…
« C'est un commencement. »
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C'était très tôt le matin, et la rue de Londres que Peter avait choisie avait de nombreuses personnes qui passaient, mais peu de voitures. Il y avait juste assez d'activité pour que Peter puisse réaliser son plan, en utilisant le sort qu'il avait appris il y a des mois de la part du Mangemort qui l'avait recruté (et dont il n'avait toujours pas vu le visage). C'était un sort puissant et dangereux, mais Peter devait faire exploser la rue, il avait besoin que les rats qui vivaient dans les égouts de Londres sortent, afin qu'il puisse se mêler à eux. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour minimiser les dégâts. Il espérait.
Il avait pensé utiliser la baguette du Seigneur des Ténèbres pour cela. Son poids contre sa jambe dans la longue poche latérale, était un rappel constant de sa part dans la chute du Seigneur des Ténèbres. Mais si cela ne marchait pas ? Les sorts étaient toujours fait avec plus de succès quand ils étaient exécutés avec la baguette du sorcier. A l'école, Peter avait eu assez de problème avec ses sortilèges. Il devait vraiment se concentrer sur celui-là. Il ne pouvait pas se permettre qu'il ne marche pas.
Il pensa encore à Lily, au sacrifice qu'elle avait fait, et il se souvint de la dernière ligne de Prophétie de la petite fille Weasley : Et l'amour mettra fin au règne du Seigneur des Ténèbres. Bien, l'amour de Sirius avait fait sa part aussi. Il voulait être la cible possible, pour laisser penser au monde qu'il était le gardien du secret, alors qu'il n'aurait même pas pu donner l'information s'il avait voulu.
Quel dommage que ce ne soit pas Sirius qui soit mort à la place de Lily, pensa-t-il, pas pour la première fois. Il baissa les yeux vers le moignon de son doigt, frissonnant. Grâce au sort qu'il avait choisi et à la potion qu'il avait prise, cela n'avait pas trop fait mal de le couper, et l'extrémité était maintenant proprement refermée. Il mit la main dans sa poche, expérimentant la très étrange sensation de toucher son propre doigt amputé avec la main où il avait précédemment été. Il avait déjà prévu sa sortie et sa fausse mort. Il avait aussi une vieille robe qu'il pourrait laisser dans la rue, une robe très largement éclaboussée avec son propre sang, enchantée pour que le sang semble encore frais quand elle serait trouvée par le ministère. (Il avait en fait pris avantage du fait d'avoir saigné plus que ce qu'il s'attendait quand il s'était coupé le doigt.) Il devait y aller… Les officiels du ministère allaient bientôt se montrer, et ils devraient tout trouver comme il l'avait prévu.
Et puis… il le vit. Il se tenait sous un porche obscur de l'autre côté de la rue, ses cheveux sombres et en désordre, comme s'il ne s'était pas lavé depuis des jours… Ce qui était probablement le cas, réalisa Peter. Le visage de Sirius était pâle et tiré, des cernes noires sous ses yeux fixement ouverts le faisaient apparaître légèrement fou. Peter déglutit, se demanda s'il pourrait vraiment faire cela, s'il pourrait s'enfuir en vie et piéger Sirius pour qu'il soit arrêté par le ministère de la magie. Sirius ne l'avait pas encore localisé, comme il se cachait dans une allée entre deux bâtiments en brique, tentant de rester hors de vue derrière une grosse containeur poubelle. Un canapé rouge sang dépassait du containeur. Il était déchiré en lanière, peut-être par un chat, et son rembourrage partait.
C'est maintenant ou jamais, se dit Peter, son cœur battant très vote. Allons-y…
Peter se redressa soudain et alla au milieu de la rue. Il n'y avait pas eu de circulation pendant quelques minutes, et Peter était relativement confiant dans le fait qu'il n'y en aurait pas plus bientôt (il avait choisi cette rue spécialement à cause de la rareté des voitures, et de la présence, habituellement nombreuse, des moldus). Il avait besoin de témoins, qui seraient aussi une raison qui réfrènerait l'usage de la magie pour Sirius. Il avait besoin d'un scène sur laquelle jouer son grand drame, un moyen d'être le centre d'attention sans risquer de mourir écrasé par un camion.
Peter lança un regard noir à Sirius quand il atteignit le milieu de la rue. Sirius, il pouvait voir, hésita un moment mais ensuite s'avança volontairement jusqu'au centre de la rue et fit face à Peter.
« Bonjour Sirius. »
« Bonjours Sirius ! » éructa-t-il, passant du blanc au rouge vis, sa furie prenant le dessus. « Pourquoi as-tu… Comment as-tu pu… » Sa main avait l'air de le démanger de sortir sa baguette de sa robe.
Peter secoua sa tête avec apitoiement, essayant de maintenir sa façade de confiance, alors qu'il tremblait à l'intérieur. « Tu n'as aucune idée de comment marche monde, pas vrai, Sirius ? » dit-il calmement. « Tu n'as jamais été capable de voir l'image en grand. Avec toi, c'était toujours la gratification sur l'instant, ou presque. J'étais celui qui avait une vision. J'étais celui qui a vu comment utiliser ces sorts pour créer la carte du maraudeur, et j'ai vu ce à quoi cette carte pouvait servir… Tu pensais que tu étais intelligent en faisant de moi le gardien du secret, et en disant à tout le monde que c'était toi. Tu ne pouvais pas vraiment voir… »
Sirius avait sa main dans la poche, mais il jeta un coup d'œil à la rue, voyant de nombreux moldus en train de passer. Ils ignoraient largement Peter et Sirius, bien qu'une ou deux personnes semblent s'attarder un peu plus longtemps sur eux avant de reprendre leurs occupations. « Alors donc, tu n'as pas été torturé pour donner Lily et James ? » siffla furieusement Sirius, se sentant pourtant impotent avec tellement de moldus à proximité. Peter veut des témoins réalisa-t-il. Si je tente quoique ce soit ici…
Peter grimaça. « Bien, oui et non. J'ai essayé encore et encore. Je comprends maintenant pourquoi la Prophétie dit ' Et s'ils fuient leur destin… ' J'ai essayé de fuir mon destin, vraiment… »
« La Prophétie ? » dit Sirius, intrigué. Peter ne sembla pas l'avoir entendu.
« … Je pensais que je protègerais Lily, mais je n'ai pas pu. J'avais même décidé que je n'objecterai pas d'être le gardien du secret, bien que j'ai essayé de te convaincre que tu étais un choix trop évident. Une fois que cela semblait décidé, j'étais en secret rassuré. Mais non… Je ne pouvais pas échapper à ma destinée. Personne ne peut. Je le vois maintenant… »
« Quelle foutue Prophétie ? » demanda Sirius, sa main bougeant maintenant dans sa poche.
« … Et puis, pour une fois dans ta vie, tu m'as vraiment écouté et tu as dit à James et Lily que je devrais être le gardien du secret. Mais ce que tu ne comprends pas est que même après que je sois gardien du secret, je pensais que je pourrais encore garder le secret pour moi. Alors je me suis caché. Mais mon maître m'a invoqué. Je n'ai pas eu le choix… »
« On a toujours le choix ! » lui rétorqua Sirius. Puis comme s'il venait juste de comprendre ce que Peter avait dit , il s'exclama « Ton maître ? Tu parles de qui je pense ? »
Peter le regarda dans les yeux, essayant de ne pas trembler. « Oui. Tu vois, j'ai passé une longue période à gagner la confiance de James et Lily. A l'origine, c'était pour être assez proche de Lily pour pouvoir la protéger. Mais à la fin… Cela avait ses avantages. »
Sirius se raidit et sortit sa baguette. Peter se demanda s'il était allé trop loin. « Leur confiance en toi était tellement mal placée ! » chuchota furieusement Sirius. « Tu t'es même occupé de Harry pour eux ! Comment as-tu pu faire cela et puis… »
Peter essaya de ne pas s'évanouir à la pensée de ce que Sirius pourrait lui faire. Respire, respire, se commanda-t-il. Sirius ne lancerait jamais un sort ici, essaya-t-il de se rassurer. Pourtant, Sirius était un sorcier formidable, et s'il perdait son calme, on ne pouvait pas dire ce qu'il pourrait faire. Peter essaya d'avoir l'air encore confiant, et d'empêcher sa voix de trembler.
« Tu ne sembles pas comprendre Sirius. J'étais le bras droit du Seigneur des Ténèbres. » mentit-il. « Il comptait sur moi pour de nombreuses choses. » Cela était vrai… Il était sensé tuer les filles Weasley. Il était sensé faire des recherches sur la Prophétie.
« Comment oses-tu te tenir là avec sang-froid et dire… Dire de telles choses ? Et tes amis ? Et ta loyauté ? » La voix de Sirius s'éleva, et Peter sut qu'il arrivait dangereusement près du point de rupture. Il était temps d'agir. Peter jeta un coup d'œil rapide à sa montre. Le ministère devrait arriver d'une minute à l'autre.
« Lily et James, Sirius ! » cria-t-il aussi fort qu'il pouvait, faisant se retourner plus d'une personne qui passait par là. « Comment as-tu pu ? » le visage de Sirius était très confus. Il vit Peter sortir sa baguette de sa poche et la pointer dans son dos.
« Obliteratus ! » cria Peter, se concentrant aussi fort qu'il le pouvait. Sirius écartilla les yeux en voyant l'éclair de lumière pourpre frapper le bâtiment derrière Peter, qui avait une façade en marbre sale. Le bâtiment se fendit par le milieu, la fente se prolongeant dans la rue qui s'ouvrit le long d'une ligne en zigzag, Peter d'un côté, Sirius de l'autre. De grands morceaux de pierre tombaient de la façade du bâtiment, écrasant deux femmes marchant en dessous. Sirius remarqua avec horreur qu'un homme qui marchait devant la construction avait aussi été coupé en deux par le milieu, comme la structure derrière lui, et puis, son cœur battant douloureusement dans sa poitrine, Sirius se retourna et vit que de l'autre côté de la rue, avaient été tuées de la même manière non pas une, mais deux personnes grossièrement découpées, tandis qu'encore plus de personnes avaient eu des débris du bâtiment derrière Sirius qui s'écroulaient sur eux, les tuant instantanément. Cet immeuble s'était aussi partagé en deux, et penchait dangereusement contre celui à côté, faisant perdre l'équilibre à une femme qui ouvrait la fenêtre de sa chambre et qui tomba de trois étages sur le trottoir, où elle sembla mourir sur le coup. Sirius avait l'impression de ne plus pouvoir respirer. Il n'avait jamais vu autant de dégâts faits par une seul sort, et son esprit pouvait à peine comprendre que c'était Peter qui avait répandu ce chaos.
La fissure au milieu de la rue s'était élargie en un cratère. Un geyser d'eau giclait en l'air depuis une canalisation rompue quelque part en-dessous de la rue, et une odeur d'égout remplissait l'air. A son horreur Sirius réalisa que Peter ne se tenait plus de l'autre côté du cratère. De nombreux rats avaient émergé des égouts et ils couraient dans les rues, faisant hurler d'horreur les personnes qui n'avaient pas été tuées. Sirius regarda avec désespoir les ruines fumantes de la rue, les personnes criant et saignant, allongée sur le sol, ou pleurant sur quelqu'un qui avait été tué par le sort de Peter.
Et puis il le vit : le doigt. Il était posé de l'autre côté du cratère, à l'endroit où s'était tenu Peter, avec une robe tâchée de sang. Que se passait-il ? pensa-t-il frénétiquement. Sa vision semblait troublée, et il ne pouvait plus contrôler sa respiration. Il pensa qu'il allait s'évanouir…
A la place, un rire hystérique s'éleva en lui. Tu as gagné, Queudver ! pensa-t-il, commençant à réaliser ce que Peter avait fait. Son rire devint hors de tout contrôle. Il savait que s'il arrêtait de rire, il commencerait à pleurer de façon hystérique à la place. Oui, Peter. Tu était le meilleur de nous. Espèce de foutu salopard.
Il ne pouvait pas s'arrêter, il ne pouvait simplement pas, même s'il réalisa que les moldus survivant le regardaient avec des expressions très bizarres. Il tenait encore sa baguette, sa baguette si inutile. Qu'est-ce que cela faisait vraiment ? Il pouvait tout aussi bien se tuer. Il leva la baguette. Si seulement il pouvait se concentrer et arrêter ce rire hystérique, ce rire qui l'emportait…
Un moment plus tard, plusieurs forts pop ! retentirent dans la rue. Il y a avait un nuage de poussière flottant au-dessus des débris qui étaient tombés et tombaient encore des bâtiments, qui avaient maintenant l'air d'avoir été ravagés par un séisme. Cela et le geyser d'eau aidait à cacher l'arrivée des aurors. Un homme très sévère avec une moustache très nette et ce qui semblait être une robe marine amidonnée s'avança vers Sirius et lui fit face, sa baguette sortie.
« Sirius Black ! Je vous arrête au nom du ministère de la magie ! »
Sirius le fixa, silencieux juste quelques secondes, mais il sentit les larmes piquer dans ses yeux et il dut les arrêter, alors il éclata à nouveau de rire, juste au visage de l'autre homme. Le sorcier se recula, l'air très alarmé. Puis il vit le doigt et la robe.
« Qui était-ce ? » demanda-t-il.
« Pe… Pete… Peter Pettigrew. » réussit à dire Sirius au milieu de son rire. L'homme raide eut l'air horrifié, à la fois par ce qui était arrivé à Peter, et par le rire de Sirius.
De toute évidence, il avait une tolérance faible pour les gens qui venaient d'être piégés pour un meurtre et qui riaient hystériquement. Il pointa sa baguette vers Sirius et cria « Stupefix ! »
Sirius arrêta de rire et tomba au sol, manquant de peu de tomber dans le cratère. Barty Croupton le regarda avec mépris comme Alastor Maugrey transplanait à son côté.
« Ramenez-le au ministère. Ne le ranimez pas jusqu'à ce que j'arrive. Je resterai ici un petit moment… On dirait qu'il va falloir faire beaucoup pour contrôler les dommages, et je vais avoir besoin des déclarations des moldus survivants avant que les obliviateurs n'effacent leur mémoire. Souvenez-vous. Ne le ranimez pas avant que je revienne. »
Maugrey acquiesça, regardant gravement le corps de Sirius, sa lèvre se courbant en un rictus.
« Il aura de la chance si je… »
« Maugrey ! Ramenez-le simplement au ministère ! C'est un ordre ! »
Maugrey regarda avec mécontentement Croupton mais il acquiesça.
« Oui sir. » grogna-t-il. Croupton se détourna de lui et évalua les dommages que la rue avait subis. On aurait dit qu'il se trouvait en pleine zone de guerre, pas à Londres en Angleterre. Peut-être que nous pourrons faire penser aux moldus que c'était une attaque terroriste, pensa-t-il brièvement, avant de rejeter cette idée. Cela interfèrerait avec les affaires moldues. A chaque fois que quelque chose comme cela arrivait vraiment, d'un côté ou de l'autre d'une division infranchissable (peu importait la division), l'autre côté avait tendance à répliquer. Il ne voulait pas être responsable pour cela. C'était trop dangereux.
Ah, bien, pensa-t-il. Nous pourrons dire que c'était un tuyau de gaz. Un accident. Personne à blâmer. Pas de réplique.
Il jeta un coup d'œil à Maugrey, faisant léviter le corps de Sirius Black, le déplaçant, un sourire s'affichant lentement sur son visage. Il lutta pour ne pas rire, mais se souvenir du rire de Black était un médicament très efficace. Tu vas propulser ma carrière, Sirius Black, pensa-t-il avec satisfaction. Quand on saura ce que tu as fait ici, et que je t'ai arrêté… Je serai le prochain foutu ministre de la magie.
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Peter jeta un coup d'œil à la maison depuis derrière l'un des arbres du verger. Il essayait de se cacher derrière un vieux pommier tordu, mais sa forme biscornue en faisait une cachette moins qu'idéale. Il aimait le verger. Quand il vivait avec les Weasley en tant que rat, il avait souvent pu trouver des fruits tombés que les oiseaux n'avaient pas encore pris. Les arbres ayant largement perdu leurs feuilles se balançaient dans la fraîche bise automnale, l'odeur de cidre des vieilles pommes pourries qui étaient probablement sous les feuilles tombées parfumait l'air avec un mélange sucré et de pourriture. C'était l'odeur de la mort.
Peter pouvait voir les lumières allumées dans le Terrier, du mouvement derrière la fenêtre de la cuisine. Il soupira, pensant à la maison chaude et confortable. Le fumée sortait de la cheminée de pierre, et les poulet picorant et gloussant dans la cour complétaient cette image accueillante. Finalement, il fit encore un au revoir silencieux à sa vie d'homme, et il prit sa forme de rat. Voilà qui je suis maintenant, pensa-t-il, grimpant par-dessus les racines noueuses de l'arbre et commençant à fouiller parmi les feuilles, à la recherche des vieilles pommes qu'il pouvait sentir. Quand il eut mangé un quartier de pomme qui était encore un peu croquant, il alla vers la maison. Il fut surpris quand la porte s'ouvrit soudain et que Molly Weasley sortit, allant dans la coin des citrouilles et en prenant une grosse pour la ramener dedans. Il s'était figé et elle ne le remarqua pas, couleur sable sur la terre nue qui caractérisait le reste du coin des légumes. Tout le reste avait été nettoyé et ramassé
Quand il atteignit la porte, il découvrit qu'elle n'était pas complètement fermée. Il la poussa vers l'intérieur et réussit finalement à complètement rentrer. Après le jardin glacé, la chaleur de la maison était un soulagement énorme. La pensée de passer l'hiver dans le jardin des Weasley était très déprimante. Il devait trouver un endroit où se cacher dans la maison, un endroit où Molly Weasley ne le remarquerait pas.
Il entendit un bruit de pas humais lourd et il fila sous la jupe d'un fauteuil couvert, tremblant violemment. Baissant sa tête jusqu'au sol afin de pouvoir voir ce qui se passait sous la jupe, il vit de lourds souliers marrons passer sur le tapis de l'entrée conduisant à la cuisine. « Molly ! Est-ce que tu nous fais ton délicieux pain de citrouille ? » Il y avait un sourire dans la voix d'Arthur Weasley.
« Oui, Arthur, et j'ai fais deux fournées, afin qu'il y en ait assez à la fois pour la famille et pour la fête. Lucy Lovegood a dit qu'elle amenait ses cookies chocolat citrouille. Je les adore, pas toi ? Elle a cependant le même problème que moi avec son mari : il ne peut pas s'empêcher de les manger avant que quelqu'un ait eu une chance d'en prendre. » Sa voix était taquine. Molly Weasley aussi avait l'air de bonne humeur. Peter osa sortir son museau sous la jupe du fauteuil et regarder par les portes de la salle à manger et de la cuisine la chaude cuisine, où il pouvait voir la petite Ginny Weasley dans une chaise haute, tapant joyeusement le plateau avec la paume de ses mains, faisant un rafut terrible. Elle riait avec joie. Son frère, Ron, était aussi dans une chaise haute, mais il semblait faire de son mieux pour essayer d'en sortir, s'affaissant et découvrant que le l'attache autour de sa taille empêchait que cela se produise. Il se renfrogna spectaculairement.
« Quand est-ce que les LoveGood arrivent ici ? »
« Ce ne devrait plus être long maintenant. Lucy a dit qu'elle m'aiderait à préparer. Je ne sais pas quand j'ai prévu une fête ave un délai aussi court. Merci mon Dieu, les jumeaux sont encore endormis. Je ne pourrais rien faire si je devais aussi m'occuper d'eux… »
« Et merci mon Dieu pour notre Percy. » ajouta Arthur, se servant une tasse de thé.
Percy ? pensa Peter. Où est Percy ?
Il tourna sa tête et vit immédiatement. Percy était allongé sur l'estomac sur le tapis, le nez dans un livre. Cela faisait un certain temps que Peter ne l'avait pas vu, et il avait maintenant des lunettes qui reflétaient maintenant la lueur du feu et rendaient difficile de voir ses yeux. Peter jeta encore un coup d'œil dans la cuisine où Mr et Mrs Weasley avaient une discussion animée sur la fête qu'ils allaient avoir sous peu. Cela semblait un peu étonnant pour eux qu'ils hébergent une fête, mais d'un coup, Peter réalisa le but probable de cela.
Ils fêtaient la chute du Seigneur des Ténèbres.
Les autres semblaient occupés de manière adéquate, alors il s'aventura hors de sous le fauteuil et traversa la pièce vers l'enfant se cinq ans qui lisait en silence, attendant patiemment. Quand Percy leva le nez de son livre et vit Peter, à son soulagement, il le reconnut et sourit largement. Cela révéla les trous dans son sourire, là où il avait récemment perdu ses dents. Combiné à ses nouvelles lunettes, les dents manquantes lui donnaient une apparence un peu maladroite.
« Twitchers ! Tu es de retour ! Je pensais que tu étais parti pour de bon ! » Il fit une pause puis toucha la patte de devant de Peter avec son doigt, très doucement, où il manquait aussi un doigt à Peter sous sa forme de rat. « Tu as été blessé ! Que s'est-il passé ? » Il avait l'air grave pour un enfant de cinq ans, et assez pensif. « Bien, on dirait que c'est déjà guéri. Tu as une croûte. Cela devrait être ton nom maintenant ! » dit-il, l'air excité comme il avait cette révélation. « Tu devrais être Croûtard ! C'est mieux que Twitchers, pas vrai ? Croûtard, » dit-il encore, essayant le nom. « C'est définitivement mieux. Je lis une histoire avec des rats dedans, Croûtard. Tu veux lire avec moi ? »
Il changea de position, s'asseyant avec ses jambes pliées sous lui maintenant, soulevant Peter sur sa cuisse. « C'est un poème en fait, et dedans, il y a des gens qui essayent de se débarrasser des rats, mais tu verras ce qui leur arrive. » lui dit Percy avec un léger sifflement, probablement dû aux dents manquantes, selon Peter. Autrement, Percy semblait être un enfant remarquablement avancé pour son âge. « Maman a dit que nous n'allons pas avoir de leçon aujourd'hui, à cause de la fête, mais je veux quand même continuer à lire. C'est une bonne histoire. Je pense que tu devrais l'aimer. » dit-il sur le ton de la conversation au rat qui se blottit confortablement sur le pantalon usé du garçon.
Le feu craquait et envoyait une chaleur délicieuse dans Peter comme il écoutait la cadence réconfortante de la voix du petit garçon, essayant d'oublier ce qu'il avait fait à Sirius, James et Lily. C'était tout pour le bien, se dit-il, regardant la pièce pauvre mais néanmoins accueillante. Les Weasley en sont contents, pensa-t-il. Ils font une fête. Et d'autres personnes en sont contentes aussi.
Il essaya de se concentrer sur comment étaient les gens maintenant, sur les fêtes qu'ils préparaient, les attaques de mangemorts qui allaient cesser comme il écoutait le petit garçon lui raconter l'histoire du joueur de flûte de Hamelin emmenant les enfant loin de la ville en rétribution comme ils ne l'avaient pas payé pour avoir enlevé les rats…
"Willy, let me and you be wipers
Of scores out with all men--especially pipers!
And, whether they pipe us free from rats or from mice,
If we've promised them aught, let us keep our promise!"
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La main de Vernon Dursley glissa et il se coupa avec son rasoir. Ce n'était pas quelque chose de rare pour lui de se couper en se rasant (il s'était déjà coupé trois fois rien que ce matin), mais celle-ci avait plus l'allure d'une entaille à cause du hurlement à glacer le sang qui provenait d'en-dessous.
Il ne pouvait pas imaginer ce qui s'était passé. Supposons qu'il soit arrivé quelque chose à Dudley, et qu'il doive filer chez le Docteur Forbes, au village ? Ou pire.. A l'hôpital de Guilford ! Vernon essuya hâtivement le restant de crème à raser de son visage et dégringola les escaliers en criant « J'arrive, ma chérie ! J'arrive ! »
La porte d'entée était ouverte, la dernière chose à laquelle il se serait attendue, et sa femme avait laissé tomber les bouteilles de lait qu'elle voulait mettre dehors, les faisant éclater sur la dure marche de brique. Vernon avait le cœur dans sa gorge. Il ne pouvait pas imaginer ce qui s'était passé. De ce qu'il pouvait voir, a moins que la rue ait explosé, ou bien l'une des maisons dedans, il n'y avait aucune raison pour elle de se tenir dans l'entrée ainsi.
Mais quand il arriva à côté d'elle, il vit la raison… un petit panier avec des couvertures était posé sur le palier, une touffe de cheveux noirs dépassant des couvertures. Une petite main tenait ce qui ressemblait à une grande enveloppe couleur crème avec une écriture cursive sur le devant.
Mrs. Petunia Dursley
4 Privet Drive
Little Whinging, Surrey
Sa femme frissonnait, il ne pensa pas que c'était juste parce qu'elle était encore en robe de chambre. Il se pencha et prit maladroitement l'enveloppe, se demandant pourquoi cela semblait terrifier sa femme encore plus que le fait que quelqu'un avait de toute évidence déposé un bébé devant leur porte d'entrée. Il retourna l'enveloppe et vit un blason au dos, qui avait été pressé dans une sceau de cire rouge. Il ne pouvait pas discerner l'image du sceau comme la main du bébé l'avait tenu et que sa chaleur corporelle avait fait fondre un peu la cire.
Vernon entendit un bruit de hoquet et baissa les yeux. Le bébé s'était réveillé, et il regardait autour de lui avec de grands yeux verts qui avaient l'air d'une familiarité dérangeante…
Presque immédiatement, un autre bruit arriva à ses oreilles : le bruit du laitier arrivant dans la rue, ses bouteilles de lait résonnant derrière lui. Petunia poussa un cri et se pencha pour prendre le bébé avant que le laitier s'arrête devant le numéro quatre. Les gens normaux n'ont pas de bébé sur leur palier ! Les bébés des gens normaux sont dans leurs maisons, endormis dans des berceaux.
Elle ferma rapidement la porte, s'appuyant contre elle, tenant le bébé à bout de bras comme si elle en avait peur. Le bébé n'aimait pas du tout cela, et il commença à crier à pleins poumons. Vernon remarqua qu'il y avait une cicatrice dentée sur le front du bébé. Il ne faisait probablement pas clair, pensa-t-il. Il avait probablement été cogné contre quelque chose. Et cela ne venait de toute évidence pas de parents responsables. Qui laisserait un bébé sur un pas de porte étranger quand il ne peut plus s'en occuper ? Des criminels voilà qui. Pour calmer le hurlement, Petunia Dursley tint le bébé plus près, bien qu'elle fasse la grimace en devant faire cela. Ses couches n'avaient de toute évidence pas été changées depuis quelques temps. Alors elle changea d'avis. A la place, elle mit le bébé dans les bras de son mari et lui prit l'enveloppe des mains.
« Ses couches ont besoin d'être changées. Prend une de celles de Dudley. » dit-elle sèchement, regardant l'enveloppe avec inquiétude. Elle connaissait ce sceau. Cela ne pouvait rien signifier de bon.
Vernon Dursley était horrifié à l'idée de changer les couches de cet étrange enfant. Maintenant, c'était lui qui le tenait à bout de bras. « Mais… Petunia ! Je ne change même pas celles de Dudley ! »
« Bien il est temps de commencer ! » répliqua-t-elle, rompant le sceau d'une main tremblante, et sortant le lourd parchemin de l'enveloppe, son cœur dans sa gorge.
Vernon se retira, sa femme se comportait très étrangement. « Ce n'est pas notre problème. » dit-il avec autorité, en pensant, qu'est-ce que nous avons bien pu faire pour mériter cela ? Quoi ? « Nous allons simplement appeler la police et leur dire de venir chercher ce gamin, et de le mettre dans un établissement de soins avec d'autres gamins abandonnés par leurs toxicomanes de parents… »
Sa femme haleta et s'assit soudain sur l'escalier. Il ne savait pas pourquoi cependant. Elle avait entendu beaucoup de choses aux informations sur la lie de la société, sur des personnes normales et décentes représentées par des toxicomanes et des criminels. Elle savait toutes ces choses et n'aurait pas dû être choquée qu'il parle ainsi. Mais après un moment, il réalisa qu'elle s'était exclamé à cause de la lettre, et non de ses commentaires. Elle regarda son mari avec de grands yeux effrayés et parla d'une petite voix tremblante.
« Nous devons le garder. »
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Jeudi 5 Novembre 1981
Severus Rogue faisait à nouveau les cent pas dans sa cellule, bouillant de colère. Il n'aurait pas dû aller à Poudlard en premier, réalisait-il maintenant. Cela n'avait pas été son premier instinct non plus. Le premier avait été d'essayer de trouver Sirius Black. Le problème était qu'il pensait que Dumbledore serait à Poudlard, que c'était pour cela qu'il avait envoyé Hagrid à Godric's Hollow. Ils auraient pu partir ensemble à la recherche de Black. Black aurait sûrement eu d'autres mangemorts avec lui, et Severus n'était pas un homme stupide. Il savait ce que ses collègues mangemorts pouvaient faire. Il ne voulait pas prendre de risques. Il n'avait pas pensé que MacGonagall ne lui ferait pas confiance, ni que Dumbledore serait parti. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle appelle l'auror le plus paranoïaque du ministère pour le garder.
Tout ce qu'il avait fait avait été d'ouvrir la fenêtre pour laisser rentrer un peu d'air dans le bureau étouffant de MacGonagall, et la seconde d'après, Maugrey déboulait dans la pièce, baguette sortie, assommant Severus avant qu'il ne puisse placer un mot. Quand il se réveilla, il était dans une cellule, probablement au ministère de la magie, et il n'avait pas vu âme qui vive depuis son arrivée. On avait fait apparaître un peu de nourriture dans sa cellule, mais c'était tout. Il tâta la poche de sa robe pour la millionième fois. Il n'avait pas sa baguette, et il se
Sentait malade sans elle. Je veux récupérer ma foutue baguette. Rendez-la moi ! pensa-t-il. Parfois il tremblait de sueur, pensant ne pas l'avoir.
Soudain, il entendit le verrou glisser et la porte s'ouvrir lentement. Il sentit le froid dans sa poitrine en premier, puis le froid dans son esprit et les voix de toutes les personnes que Barty Croupton avait tué hurlaient dans sa tête, avec celle de Barty, criant le sort fatal, et éclair après éclair, le bruit de la mort galopante…
Il pouvait à peine voir que Alastor Maugrey se tenait à l'entrée, flanqué de deux détraqueurs. Il se tourna vers eux, n'ayant pas l'air plus dérangé que s'ils étaient de petites vieilles dames, et il les chassa d'un geste de la main. Il s'éloignèrent, et petit à petit, Severus commença à nouveau à se sentir près de la normale. Normale pour lui. Il avait découvert qu'il ne lui restait que peu de pensées joyeuses, alors les détraqueurs ne passaient pas beaucoup de temps à traîner devant sa cellule, à essayer de se nourrir. Il ne pouvait pas leur donner ce qu'ils voulaient, alors ils le laissaient seul, la plupart du temps.
Il regarda Maugrey, qui rentra en boitant dans la pièce, une de ses jambes faisant un fort son creux. Il avait bougé à une vitesse surprenant quand il était entré dans le bureau de MacGonagall, toutes choses considérées. Severus connaissait la réputation de Maugrey. Il savait qu'il ne devait rien lui dire. Maugrey s'assit sur la paillasse, la jambe bruyante étirée droit devant lui se révélait maintenant être faite en bois avec un pied à la sculpture élaborée, comme si c'était une partie de meuble. (Peut-être que c'était le cas, pensa Severus)
« Salut donc, Rogue. » grogna soudain Maugrey. Severus remarqua qu'il n'avait pas sorti sa baguette. Était-ce pour le bercer dans un faux sentiment de sécurité ?
« Ce doit être un méchant choc, j'imagine, de se réveiller ici à la place du bureau de Minerva MacGonagall à Poudlard. » dit-il d'une voix graveleuse.
Severus ne savait pas ce qu'il comptait faire et il le scruta à travers la fente de ses yeux.
« Vous pensez correctement. » dit-il avec rigidité.
Maugrey émit un rire qui ressemblait un peu à un bruit de chien malade « Minerva m'a dit que tu es un mangemort. Tu as du cran, pas vrai ? Aller à Poudlard et dire cela… »
« Dumbledore sait tout cela ! » dit-il avec impatience. « J'étais à sa recherche ! J'ai espionné pour lui, je l'ai dit à MacGonagall… »
« Oui, oui. C'est ce qu'elle m'a dit. » répondit-il d'une voix basse, ne croyant clairement pas cela. « Ou plutôt, elle a dit que tu l'avais dit. »
Alors MacGonagall ne me croit pas non plus. Cela explique pourquoi elle a appelé Maugrey. « Écoutez, allez simplement parler à Dumbledore et vous découvrirez la vérité… J'essayais d'obtenir son aide pour traquer Sirius Black. C'est un mangemort et il a trahi Lily et James Potter. C'est sa faute s'ils sont morts… »
Maugrey grogna, comme s'il admettait à contrecœur que Rogue semblait savoir de quoi il parlait. « Tu n'as pas à t'inquiéter de trouver Black. Il est en garde à vue. Depuis hier matin. »
« Hier… Pourquoi est-ce que personne ne me l'a dit ? » demanda-t-il avec colère, s'approchant de Maugrey, mais s'arrêtant quant il vit sa main aller vers sa poche.
« Tu es un priorité relativement basse en ce moment, Rogue. Nous t'avons nourri. Tu attendras. Tout est un peu en effervescence en ce moment… »
« Comment l'ont-ils attrapé ? » demanda-t-il avec anxiété.
Maugrey secoua la tête. « Ce n'est pas clair. Apparemment, son ami, Petty, Pretti… »
« Pettigrew. » offrit Rogue, se souvenant.
« Exact, Pettigrew. De toute évidence, il suivait Black et il l'a confronté quant à la trahison de leurs amis. Terrible… C'était un petit gars de ce que j'ai entendu. »
Rogue acquiesça, clignant les yeux avec confusion. « Oui. Pas grand. » dit-il lentement, recommençant à faire les cent pas, ayant du mal à imaginer Peter Pettigrew faisant face à Sirius Black. « Pourquoi était-ce terrible ? » osa-t-il finalement demander.
Maugrey soupira. « Une rue ravagée. Environ une douzaine de moldus tués, quelques uns de manière que je ne te décrirai pas à moins que tu ne veuilles plus dormir pendant des années. Et tout cela avec un sort. Black a clairement appris sa magie noire d'un maître. Il a réduit Pettigrew en morceaux aussi. Tout ce que nous avons trouvé de lui était un doigt et une robe ensanglantée. Sa pauvre mère était dans un drôle d'état. »
Rogue le regarda avec incrédulité. Black a fait ça ! Ses lèvres faisaient une ligne droite de colère. « Rien de ce que vous pourrez me dire sur Sirius Black ne me surprendrait au final, » dit-il d'une voix basse. Maugrey le regarda avec surprise.
« Oh, je vois ce que c'est. Pas d'amour perdu entre vous, eh ? Quel est le problème… Il était dans les bonnes grâces de papa et pas toi ? C'est pour cela que tu es devenu un espion ? » Bien qu'il dise cela, il avait l'air sceptique quant à la partie espion.
Severus déglutit. Il ne pouvait pas trop en dire. Barty Croupton Jr pouvait aller n'importe où dans le ministère grâce à son père, et il pouvait être dans sa cellule en un rien de temps. S'il pensait que Severus risquait de le dénoncer, il le ferait aussi. Il savait déjà que Severus avait averti Lily. Il avait pu penser que c'était juste parce qu'il avait été son petit ami cependant. Severus commençait à regretter le moment où il avait dit à MacGonagall qu'il était espion pour le compte de Dumbledore. Si Barty découvrait qu'il était en prison, sa vie ne vaudrait pas une noise.
« S'il-vous-plaît… J'ai besoin de voir Dumbledore. Il se portera caution pour moi. Mais… Pourriez-vous ne dire à personne que je suis un espion ? S'il-vous-plaît ? » chuchota-t-il.
Maugrey le regarda à travers la fente de ses yeux. « Pourquoi ? » grogna-t-il, clairement suspicieux. Severus décida que lui dire la chose la plus proche de la vérité serait la meilleure idée.
« Je peux impliquer quelqu'un au ministère. » Ce n'était pas strictement vrai, mais Barty avait autant d'accès que quelqu'un travaillant pour le ministère. « Quelqu'un qui est un mangemort, qui m'a dit que le gardien du secret des Potter était aussi un mangemort. J'ai peur que s'il découvre que je suis ici, je sois un homme mort. Je ne veux rien dire de plus maintenant. »
Il leva sa main droite et se gratta la peau dans le coin intérieur de son avant-bras, un mouvement convulsif qu'il avait répété de nombreuses fois depuis qu'il avait été mis en prison. Maugrey le remarqua et regarda avec attention le bras.
« Tu avais la Marque, pas vrai ? » dit-il soudain. Severus fut surpris.
« Vous savez ? »
Maugrey acquiesça. « Je suis un des rares qui sait. Elle s'est effacée maintenant, pas vrai ? »
Severus acquiesça. Le vieil homme se leva et revint en boitant à la porte de sa cellule et tapa deux fois dessus avec son poing. « Je verrai si Dumbledore a encore un moment. Il est questionné sur Black. Sois patient. » ajouta-t-il malicieusement, avec un sourire tordu, comme s'il savait que cela avait de bonnes chances d'énerver Severus. Patient ! Il n'a rien été d'autre que patient ! Pourrissant dans une cellule du ministère, attendant que quelqu'un se souvienne qu'il n'était accusé de rien, il n'avait même pas été questionné…
Les détraqueurs vinrent rouvrir la porte. Severus put sentir le froid avant qu'ils n'ouvrent cette fois. Il scruta Maugrey, inaffecté.
« Comment… comment les empêchez-vous de vous affecter ? » s'étrangla-t-il, sa vision commençant à se brouiller.
Maugrey lui adressa un sourire tordu, auquel il manquait plus d'une dent. « La force d'esprit. L'entraînement. Et… Je ne suis pas ce qu'on peut appeler une personne exceptionnellement joyeuse. Je ne leur donne pas grand chose à manger. » grogna-t-il.
Severus acquiesça. Cette dernière partie était aussi vraie pour lui, dans une certaine mesure. Mais il sentait encore le froid glaçant dans sa poitrine, et son esprit et sa vision se troublaient quand ils approchaient trop, des voix venaient qui ne venaient pas de lui.
Maugrey partit avec les détraqueurs et Severus Rogue recommença à faire les cent pas, attendant Dumbledore.
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« Alors vous dites qu'à ce que vous savez, Sirius Black était le gardien du secret de James et Lily Potter. »
Albus Dumbledore acquiesça à contrecœur. « Oui. J'ai suggéré qu'ils l'utilisent en fait. Il est… était… Le meilleur ami de James Potter. Ils étaient comme des frères. » dit-il calmement.
Barty Croupton renifla, les poils de sa moustache coupée avec précision bougeant à peine. « Si nous parlons de Cain et Abel, oui. »
« Ce n'est pas le moment de plaisanter ! » dit sèchement Dumbledore. « Pensez-vous qu'un ami proche trahissant un autre ami est drôle ? » sa voix semblait soudain très forte, remplissant le bureau impeccable de Croupton. Croupton sembla ne pas avoir entendu. Dans le coin, un jeune homme avec des cheveux cours couleur paille, pas plus qu'un garçon en fait, écrivait ce qu'ils disaient sur un long rouleau du parchemin.
« Alors, vous avez suggéré que Black soit le gardien du secret. Pourquoi donc ? »
« Je vous l'ai déjà dit. Lui et James étaient très proches. En plus de cela, il était brillant. Sirius et James étaient les meilleurs de leur promotion en de nombreuses matières, sauf pour les domaines où Lily… » Il s'arrêta soudain, courbant la tête.
« Que pouvez-vous me dire de Pettigrew ? » demanda soudain Croupton. Le jeune homme avait un rictus comme il écrivait.
Dumbledore regarda placidement Croupton. « Pourquoi posez-vous la question ? »
Croupton haussa les épaules. « Bien, pour commences, il était aussi à Griffondor, avec les autres ? »
« Oui. Ils étaient tous à Griffondor. »
« Tous ? »
« James, Sirius, Peter et Remus Lupin. »
« Lupin, Lupin… Ce nom m'est familier. » fit-il d'une voix rêveuse, puis il se secoua. « Pourquoi pensez-vous que ce soit Pettigrew qui soit parti à la poursuite de Black ? Il a certainement montré son côté Griffondor, n'est-ce pas ? » dit Croupton avec entrain.
« Je ne sais pas pourquoi, spécifiquement. Peut-être qu'il était assez bouleversé que l'un de ses amis ait trahi deux autres de ses amis ! » la voix de Dumbledore s'éleva une fois de plus. Le garçon dans le coin avait à nouveau un rictus.
« Pourquoi n'a-t-il pas demandé à ce Lupin de l'aider alors ? Deux contre un. C'est plus sûr, ça. »
Dumbledore secoua la tête. « Je ne sais pas. Je n'ai aucune idée d'où est Remus. Peut-être que Peter n'a même pas… »
Les yeux de Croupton s'éclairèrent. « Attendez ! Je sais pourquoi ce nom est familier. C'est un loup-garou ! Arrêté il y a une paire d'année comme suspect pour un meurtre ! » Il avait l'air très content de lui de se souvenir. « Ah, bien, cela explique pourquoi Pettigrew ne lui a probablement pas demandé de l'aide. Il doit être dans l'entourage de Vous-savez-qui aussi. Peut-être que lui et Black y sont allé ensemble. Si Pettigrew avait pris Lupin, cela aurait probablement été un deux contre un, mais pas dans le bon sens… »
« Remus Lupin n'est pas… »
« … Un mangemort ? » Croupton ricana maintenant. « Et quand vous avez recommandé Black comme gardien du secret des Potter, étiez-vous conscient que c'était un mangemort ? Êtes-vous conscients que nombre d'anciens élèves de Poudlard qui ont fini l'école ces dernières années sont aussi des mangemorts, et que nous les avons en garde à vue ? » Il dit cela comme si c'était la faute de Dumbledore qu'ils soient des mangemorts.
« Bien sûr que je ne savais pas cela, Barty. Vous avez été remarquablement indisponible pour des informations de cette sorte jusqu'à ce que cela vous convienne de les divulguer ? » dit-il calmement. « Mais j'oserai dire que je ne serais pas surpris que quelques anciens élèves de Poudlard s'avèrent être des mangemorts, à moins que Lord Voldemort n'ait importé tous ses partisans. »
Croupton et le jeune homme retinrent tous les deux leur souffle quand il utilisa son nom. Dumbledore scruta le jeune homme, qui le regarda aussi d'un air de défi. Il le reconnut maintenant. Il n'avait pas réalisé qu'il travaillait ici, dans ce bureau. Cela semblait être une chose étrange que son père fasse cela. Il n'avait auparavant montré aucune tendance au népotisme (sa tendance naturelle était plutôt contraire). Le garçon avait été préfet quand il avait fini l'école il y a deux ans. Il n'avait pas été préfet en chef, cependant, et Dumbledore se souvint qu'il avait été plus qu'un peu amer à cause de cela.
« Un des mangemorts que nous avons appréhendé a été amené ici depuis Poudlard. Il était un ancien Serpentard et a fait la déclaration ridicule qu'il avait espionné pour vous ! Que pouvait-il dire pas là ? La dernière fois que j'ai vérifié, vous n'étiez pas le ministre. » Il scruta Dumbledore à travers la fente de ses yeux. « Lui et mon fils furent amis pour un temps, mais Barty m'a dit qu'il avait finalement commencé à suspecter ce que le Serpentard allait faire, et qu'il avait même essayé de recruter mon fils. Mon fils ! Un mangemort ! »
Dumbledore déglutit, mais répondit calmement. « Cela a pu peut-être faire partie de sa couverture, quelque chose qu'on lui avait demandé de faire, ou quelque chose qui s'est produit avant qu'il change d'avis sur ce qui devait avoir sa loyauté. Ou quelque chose d'autre encore. Quelque soit le cas, je peux vous dire que Severus Rogue, car ce ne peut être que de lui dont vous parlez, est loyal envers le ministère. Vous devez avoir mal interprété la partie comme quoi il 'espionnait' pour moi. J'ai de nombreux amis qui sont aurors, et je garde mon oreille tendue, leur donnant toutes les informations que je croise et qui pourraient leur être utiles. Parfois, elle croise ma route sous la forme d'une autre personne, comme Severus. Personne 'n'espionne' pour moi. » dit-il très calmement, regardant Barty Croupton dans les yeux, voyant que cet homme si rigide ne croyait pas cela, mais n'avait pas de preuves du contraire à part le témoignage d'un jeune homme dont la crédibilité était suspecte parce qu'il avait admis avoir été mangemort autrefois.
« Et comment savez-vous que ce Serpentard ne vous a pas fourni de fausses informations, sachant que vous alliez les passez aux aurors ? »
« Parce que tout ce qu'il m'a dit depuis qu'il a confessé son erreur de trajectoire a prouvé être d'une grande utilité pour… Les aurors. Et s'il ne m'avait pas parlé du danger pour les Potter, ils l'auraient complètement ignoré. »
« Hmm… Et cela s'est bien déroulé, n'est-ce pas ? Vous avez recommandé que Sirius Black soit le gardien du secret, et il s'est avéré que c'était un autre mangemort ! »
Dumbledore avait les yeux très durs comme il regarda Croupton par dessus ses demi-lunes. « Croyez-moi quand je dis que c'est quelque chose qui me hantera pour le restant de mes jours, Barty. »
Croupton ne sembla pas avoir entendu cela. « Bien sûr, en considérant que Vous-savez-qui est parti maintenant, et que c'est grâce à la trahison de Black, on pourrait voir cela comme une chose dans laquelle vous auriez trempé. Et j'ai entendu que vous êtes le seul que Vous-savez-qui a jamais craint… Était-ce parce que vous connaissiez son talon d'Achille ? La clé de sa défaite ? Après avoir défait Grindenwald, je n'en serais pas du tout surpris… » sa voix dégoûlinait de suspicion. La plume du jeune homme grattait le parchemin.
Dumbledore lui lança un long regard noir avant d'éclater de rire, enlevant ses lunettes et essuyant ses yeux avec le bout de sa barbe avant de les replacer sur son long nez tordu. Croupton eut l'ait de subir un affront avec ce rire.
« Oh, merci Barty. Si j'avais besoin de quelque chose aujourd'hui, c'était d'une bonne rigolade. Est-ce que vous suggérez que je me place pour être le prochain Seigneur des Ténèbres ? Parce que je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Je suis heureux d'être un humble directeur d'école. Je ne recherche pas la pouvoir dont vous parlez… »
« Un humble directeur, vraiment ? » dit Croupton, l'air encore très suspicieux. « Un humble directeur qui détient dans ses mains le futur de tous les enfants du monde de la sorcellerie ! Qui forme les esprits et les futurs de toutes les personnes magiques nées dans les îles britanniques ! C'est plus qu'un peu de pouvoir, selon moi ! »
Dumbledore le regarda calmement. « D'une certaine, manière, c'est exact. Et je me suis efforcé d'utiliser ce pouvoir le plus responsablement possible. S'il y a quiconque qui pense que ce n'est pas le cas, je serais enchanté d'entendre les citations des moments où j'ai dévié de mon devoir. »
Croupton bafouilla, puis soudain, Albus Dumbledore se trouva avec un index accusateur ponté à sa figure. « Vous avez dévié en n'informant pas le ministère qu'un mangemort s'était confessé à vous ! Il aurait dû être mis en garde à vue et… »
« Non. » dit rapidement Dumbledore. « Sa vie aurait été en grand danger. Je suis inquiet qu'il soit en danger à cet heure. Jr comprends que des mangemorts ont infiltré le ministère. » Soudain, le jeune homme laissa tomber sa plume et la fit rapidement revenir dans sa main, recommençant à écrire. « Maintenant que leur leader est mort, ils souhaiteront peut-être se faire petits et oublier qu'ils se sont égarés au point de suivre Voldemort. Mais cachés ou pas, ils seront encore là à moins que l'on ne fasse quelque chose pour les trouver… »
« Des mangemorts au ministère ! » S'écria Croupton, indigné. « C'est absurde ! »
Dumbledore se leva maintenant. « Pas plus qu'ils n'aient un autre métier ! » beugla-t-il. Croupton battit légèrement en retraite. « Lord Voldemort a des partisans à tous les niveaux de la société ! Penser que le ministère est indemne… Ca c'est absurde ! »
Croupton déglutit et recula un peu plus.
« Maintenant… Si vous avez fini, pourrais-je s'il-vous-plaît voir Sirius Black ? » demanda Dumbledore, soudain placide.
« Non. » répondit sèchement Croupton, sans hésitation. « Il ne recevra pas de visiteurs. » Croupton serrait les dents. Albus n'avait pas cru qu'on l'autoriserait à faire cela, mais cela valait tout de même le coup d'être tenté. Il acquiesça, reconnaissant sa défaite sur ce point.
« Que va-t-il advenir de lui ? » dit-il tristement.
« Il va aller à Azkaban pour le restant de ses jours. » répondit Croupton avec un détachement cruel qui détonnait avec la sévérité de la condamnation. Les yeux de Dumbledore s'écartillèrent.
« Sans procès ? »
« C'est tout comme ! Il n'arrête pas de dire que tout est de sa faute, avec des crises de rire à tomber raide… Que pensez-vous que ferait un procès ? Oui, il pourrait faire cela pour un public. Ou nous pourrions avoir le chaos au sein de la court quand quelqu'un essayerait de la faire exploser… »
« De le faire exploser ? » se renfrogna Dumbledore.
Croupton se pencha en avant et lui parla d'un murmure confidentiel. « Entre vous et moi, les Beuglantes sont tombées drues par ici. Pour Black. Il a de la chance de ne pas déjà avoir été explosé. Nous avons une procédure spéciale pour traiter le courrier pour lui. Bon sang, nous avons de la chance que quelques personnes de notre personnel n'aient pas été tuées. Il y en a qui ne sont pas contents que Black ait trahi ses amis, si vous voyez ce que je veux dire. Il sera bien plus en sécurité quand il sera à Azkaban… Pas qu'il le mérite. Quelqu'un comme lui me fait souhaiter que nous ayons encore la peine de mort. Mais en tous cas, les détraqueurs ne peuvent pas être atteints par des beuglantes explosives, peu importe ce qu'on leur a mis dedans… Ils sont très utiles pour cela. Pas que Black mérite d'être en sûreté, comme je disais, mais le reste d'entre nous le sera davantage aussi. C'est une foutue menace que de le garder ici. Des vies innocentes sont en jeu…. »
Dumbledore acquiesça tristement. « Je vois. Et il a dit… Il a dit que c'était sa faute ? »
« C'est ce que je vous ai dit, n'est-ce pas ? Oui, il n'arrête pas de répéter cela. Et vous ne croiriez pas le travail que nous avons eu à Londres hier pour nettoyer le désordre qu'avait mis Black ! Bien sûr, nous avons aussi dit à la presse que nous l'avions pris dimanche pour empêcher les beuglantes de nous arriver ? Hier aurait été considéré comme un délai impardonnable. Les beuglantes qui arrivent ici pour Black sont assez terribles… Nous n'en avons pas besoin de plus. Entre vous et moi, je pense cependant que nous l'avons mis en garde à vue au bon moment, et dire que nous l'avons pris quelques jours plus tôt n'est pas un mal. En fait, j'ai même dit à la Gazette que c'était une chance que nous ayons tut cela aussi longtemps que nous l'avons fait, ou il y aurait eu encore plus de beuglantes. Et je me suis assuré de dire au reporter qu'aucune des beuglantes n'arrivait à Black, an espérant qu'elles arrêteraient bientôt d'arriver. » Il sourit, satisfait de lui. Dumbledore ne fit aucun commentaire. « Oh, et Pettigrew va recevoir l'ordre de Merlin, première classe. A titre posthume, bien sûr. Pauvre petit gars. De toute évidence, il ne savait pas à qui il s'attaquait… »
« Oui, très triste. » dit sincèrement Dumbledore, se souvenant de Peter Pettigrew. Comme c'était surprenant qu'il ait décidé de s'attaquer à Sirius. Ses capacités magiques n'avaient jamais été au niveau de celles de James ou de Sirius, ni même de Remus… »
« Bien, si vous voulez simplement me montrer où je peux récupérer Severus maintenant, nous allons y aller… »
« Récupérer ? Rogue ? Qu'est-ce qui vous fait penser que cela va arriver ? Et allez vous le prendre ? »
« A Poudlard. »
« Pour quoi ? » demanda Croupton, à nouveau suspicieux.
« Pour être mon nouveau professeur de Potions. » en espérant que quand je proposerai le poste à Severus, il en verra la raison… et que mon professeur de potions actuel acceptera l'idée de prendre sa retraite…
« Maître des potions ! Qu'est-ce qui ne va pas avec celui que vous avez ? »
« Il souhaite prendre sa retraite. » dit Dumbledore, haussant les épaules et levant les mains « Comme je suis celui qui se porte garant pour Severus, il est approprié que le prenne sous ma responsabilité, et, comme il a une expérience complète sur les potions comme il travaille à l'apothicaire de son oncle, le prendre pour le poste de maître des potions est quelque chose qui me semble bien. »
« Il se trouve que votre professeur de potions actuel veut prendre sa retraite. » dit Croupton, clairement pas convaincu.
Dumbledore lui adressa un sourire brillant. « C'est exact. » et j'espère aussi que je pourrai le garder à l'abri des mangemorts… qu'ils soient au ministère ou en-dehors.
Croupton eut l'air de vouloir rejeter cette idée un instant, mais il acquiesça finalement et lui indiqua la porte, puis il s'adressa au jeune homme. « Conduis le professeur Dumbledore à la cellule de Rogue, et occupe-toi des détails pour le relâcher de sa garde à vue. » Il se tourna à nouveau vers Dumbledore. « Tout ce que je peux dire est… Que vous feriez mieux d'avoir raison pour Rogue. Si un seul parent vient se plaindre à moi que le professeur de potions de Poudlard est un Serp… Je veux dire un mangemort… »
« Être un Serpentard et être un mangemort ne sont pas synonymes, Barty. Vous devriez savoir cela. De toute évidence, au moins un Griffondor était un mangemort. » dit-il tristement. Croupton acquiesça.
« Je n'aurais jamais vu cela arriver. Un Griffondor servant Vous-savez-qui, et un Serpentard l'espionnant. C'est le monde à l'envers. »
Dumbledore haussa les épaules. « Comme je disais, Voldemort a recruté des partisans à tous les niveaux. Souvenez-vous de ce que je vous ai dit sur les mangemorts au ministère, Barty. Regardez dans votre propre maison. » dit-il, menaçant.
Le jeune homme aux cheveux couleur paille sembla s'étrangler avec quelque chose. Il fit encore tomber sa plume, et le parchemin sur lequel il écrivait roula sur le sol, traversant la pièce. Croupton fit un geste paresseux de sa baguette et le fit revenir depuis le sol jusque sur son grand bureau en mahogany.
« Ne traîne pas mon garçon. J'ai besoin que tu rédiges un mémo pour le département quand tu reviendras. » Il lança un regard significatif à Dumbledore. « Je retournerai ciel et terre. Tout le monde dans le département de force de l'ordre magiques va être questionné en détail. S'il y a un mangemort ici, nous le trouverons et le traiterons avec la plus grande sévérité. » Il semblait avoir changer d'avis quant à considérer qu'il était absurde qu'il y ait des mangemorts au ministère. « C'est une chose d'être un mangemort… C'en est un autre que de prétendre être un employé loyal de ce département. » Il déroula partiellement le parchemin sur son bureau et se renfrogna. « Et nous devrons te trouver une de ces nouvelles plumes à écriture automatique, mon garçon. Ta calligraphie est terrible. Je serai content quand mon secrétaire reviendra de vacances. » Il roula le parchemin et le mit dans un tiroir. Ensemble, Dumbledore et le jeune homme allèrent vers la porte.
Ils descendirent le couloir et arrivèrent rapidement au portail conduisant au croisement central. En le traversant, il passèrent en réalité d'une station de métro abandonnée dans la partie sud de la ville à une partie cachée de la station de Westminster, sous le parlement. Ils ne franchirent cependant aucun autre portail conduisant aux autres département du ministère dans d'autres stations abandonnées, mais ils descendirent un autre couloir, arrivant finalement jusqu'aux cellules, et à celles de Rogue en particulier.
« Je vais chercher un garde. » dit le jeune homme, commençant à s'éloigner. Dumbledore secoua la tête.
« Pas la peine. Je préfèrerais ne pas avoir affaire à eux. »
Dumbledore approcha sa main de la porte, la faisant s'ouvrir un instant plus tard, en frappant bruyamment le mur de pierre. Le visage du garçon devint livide. « Tu vois ? » dit Dumbledore. « J'aurais pu faire cela dès le début, mais je ne l'ai pas fait, n'est-ce pas ? Je suis allé voir ton père et lui ai demandé la permission de prendre Severus avec moi. S'il était ton ami, je suis surpris que tu n'aies pas parlé de son comportement à ton père. » Il lança un regard pénétrant au fils de Barty Croupton avant de se tourner et d'entrer calmement dans la cellule. Severus était endormi sur la paillasse, l'air pâle et épuisé. Il était tellement épuisé que la porte frappant contre le mur ne l'avait pas réveillé.
« Parler de son comportement ! » cria le jeune Croupton, incrédule. Il lança un regard noir à Rogue comme ses yeux sombres s'ouvraient lentement et qu'il commençait à s'asseoir, confus. « Comme si j'allais défendre un sale traître ! »
Quand il vit qui était dans la salle avec lui, Severus se redressa rapidement, tendu et prêt à bondir de la trajectoire de sorts malveillants. La chose étonnante était… Que Dumbledore était aussi présent. Dumbledore et Barty ? Cela n'avait aucun sens pour son cerveau endormi. Peut-être que je rêve encore, pensa-t-il, groggy.
Puis il réalisa ce qu'avait dit Barty : un traître. Il se souvint de Barty lui lançant le Cruciatus dessus, sur la colline dominant Godric's Hollow…
« Que se passe-t-il, sir ? » demanda-t-il à Dumbledore, se léchant ses lèvres sèches et essayant de prétendre qu'il ne faisait pas attention à Barty du coin de l'œil.
« Je te ramène à Poudlard avec moi, Severus. Et je te propose un travail. Nous pourrons discuter des détails une fois que je serai de retour au château. Nous avons simplement besoin de remplir quelques formulaires, et de reprendre ta baguette. Viens. Ton épreuve est finie. » dit-il gentiment, lui faisant un signe de la tête.
Severus déglutit, regardant tour à tour Dumbledore et Barty, mais il se leva et les suivit tous les deux dans le couloir, guettant les moindres gestes de son ancien compagnon d'arme. Dans le bureau de la prison, lui et Dumbledore signèrent tous deux un formulaire disant qu'il était relâcha grâce au témoignage de Dumbledore, et sous sa garde. On lui rendit sa baguette, qui était si bien et à sa place dans sa main. Quand ils allaient partir, cependant, le vieux Croupton apparut dans le portail.
« Je me demande, Dumbledore, pourrais-je vous parler brièvement ? C'est au sujet de l'OM de Pettigrew. »
« Bien sûr, Barty, » dit-il acquiesçant, suivant Croupton dans le couloir. Severus resta maladroitement debout à côté du fils, pour lequel il avait si longtemps prétendu être un ami. Il le regarda et vit à sa grande consternation, que l'autre jeune homme le regardait aussi.
« Ne pense pas que tu seras en sécurité là-bas. » lui siffla soudain Barty. « Ou que l'on te croira si tu racontes quoique ce soit sur moi. Je sais où ton oncle habite aussi. Tu ne vivras pas assez longtemps pour regretter d'avoir été un traître à notre maître. » Et avec un regard noir final à Severus, il sortit à grands pas de la pièce comme Dumbledore revenait.
Severus regarda par dessus son épaule l'employé du bureau de la prison, puis dit à Dumbledore en chuchotant. « Sir, Barty vient juste de me dire… »
« Je sais. » dit rapidement le vieil homme, regardant avec précaution autour de lui. Sa voix était très basse et calme. « J'ai tout entendu. »
« Mais… Mais comment avez-vous pu ? » dit Sirius, incrédule. « Vous étiez dans le couloir, et il ne parlait pas fort… »
« Le comment n'est pas important. J'ai entendu. Faisons un détour par Dunoon avant de rejoindre Poudlard. Tu penses que ton oncle pourra être convaincu de fermer la boutique quelques temps et de prendre quelques vacances ? »
Severus acquiesça. « Merci sir. »
« Ne me remercie… Remercie ton ancien ami d'être un tel âne. Maintenant je comprends pourquoi il t'a traité de traître. Et pourquoi tu n'osais pas révéler son nom. »
Severus fronça les sourcils. « Quoi ? »
Dumbledore sourit. « Je voulais simplement dire que celui que tu as vraiment trahi était Lord Voldemort. » Il regarda Severus un moment. « Sais-tu ce que j'ai dans mon bureau ? »
Severus ouvrit sa bouche pour parler, puis la referma. Il n'avait été dans le bureau de Dumbledore que quelques fois pendant qu'il était à Poudlard. La première fois avait été pour apprendre que ses parents avaient été tués par des aurors.
« Bien, beaucoup de choses, sir » dit-il en faisant une pause, se souvenant vaguement du bric-à-brac du bureau du directeur.
« Non, non… Je parle de mon phénix. Tu as vu mon phénix, n'est-ce pas ? »
Severus acquiesça. « Oui, oui, je me souviens du phénix. »
« Est-ce que j'ai eu l'occasion de te donner son nom ? Ma mémoire me fait défaut. » Severus secoua la tête. S'il lui avait dit le nom du phénix, il avait quitté sa tête. « Il s'appelle… Fumseck NDT : Fawkes en anglais. Un traître célèbre. On brûle son effigie tous les ans le… oh, ce jour-ci. Je viens de réaliser ! » ajouta-t-il brillamment. « Ce soir est la Bonfire Night pour les moldus. Ils vont fêter cela partout en Grande-Bretagne, ils vont célébrer la défaite d'un traître. Est-ce que tu ne t'es jamais demandé pourquoi les sorciers n'observent pas ce jour férié ? »
Severus secoua la tête à nouveau. « Je… Je pensais juste… C'est une fête moldus, sir… »
« Je dis simplement, Severus, que le traître pour les uns est un combattant de la liberté pour les autres. Guy Fawkes était en fait un sorcier, aidant un groupe d'amis moldus qui était poursuivi pour ses croyances religieuses. Il était sensé avoir tenté de faire exploser,… bien ce qui est juste au-dessus de nos têtes en ce moment : le Parlement. Il y a aussi ceux qui pensent qu'il n'y a jamais eu une intrigue avec la poudre à canon, que l'intrigue réelle consistait à piéger un des rebelles, peu importait qui. Pour faire exploser quelque chose, un sorcier n'a pas besoin de poudre à canon, et il est hautement improbable qu'il ait fait ce dont on l'accuse, mais cela ne pourra jamais être mis dans un livre d'histoire moldue maintenant, n'est-ce pas ? Sans mentionner qu'il y a très peu de gens qui veulent connaître la vérité. La légende est bien plus importante.
En ce temps, il y en avait pour qui Fawkes était un héros. » Il sourit à Severus. « Un traître pour les uns est un combattant de la liberté pour les autres. » dit-il encore, donnant à Severus un regard pénétrant. « Guy Fawkes n'est pas vraiment mort, tu sais, » dit-il d'un chuchotement de conspirateur. « Bien, il a fini par mourir, bien sûr, mais de vieillesse. Il a échappé à ses geôliers. La Couronne ne pouvait pas admettre ne pas avoir réussi à tuer proprement Fawkes, et qu'il se soit échappé. Alors ils ont pris une pauvre âme dans une prison, l'ont tuée, et déclaré que c'était Guy Fawkes. Et aujourd'hui, les moldus fêtent encore la défaite du plus célèbre traître de tous les temps… »
Secouant la tête et soupirant, il dit « Ah, bien. Nous devons y aller. Il y a beaucoup à faire. »
« Oui, sir. Et… Merci encore sir. »
les yeux de Dumbledore brillèrent comme il le regarda, et il fit un gentil sourire à Severus. « Avec plaisir, Severus. Avec plaisir. »
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Mercredi 23 Décembre 1981
Alex suivait Lowell Faulkner dans une allée crasseuse entre deux bâtiments qui semblaient près de s'effondrer d'une seconde à l'autre dans le Chemin des Embrumes. Cela se serait probablement déjà produit, pensa-t-il, si ce n'était la magie qui devait sans doute les faire tenir. Lui et Lowell allaient dans un pub où ils étaient allé avant. Le tenancier ne posait pas de questions quand ils voulaient seulement une chambre pour une paire d'heures. Juste au cas où quelqu'un les remarquerait, ils avançaient avant leurs capuches masquant leurs visages, et ils entraient habituellement dans le pub par une porte de service. Alex aurait été très choqué de voir quiconque de sa connaissance sur le Chemin des Embrumes (et il savait qu'on serait aussi choqué de le voir ici), mais ils prenaient les précautions pour cela. On ne sait jamais quand…
« Malédiction ! » explosa la voix de Lowell à côté de lui, faisant sursauter Alex. L'allée conduisait à la porte du pauvre jardinet à l'arrière du pub. Mais quelqu'un d'autre l'ouvrait déjà. Alex et Lowell se reculèrent dans l'allée, s'accroupissant à côté d'une grosse poubelle, et regardant.
La personne qui tenait la porte ouverte était un jeune homme avec les cheveux jaune paille. Alex resta bouche bée. « Lowell ! Tu vois qui c'est ? Ce gars de ta maison qui voyait Rogue ! »
Lowell acquiesça, et sous sa capuche, Alex put voir qu'il était encore plus pâle que d'habitude. « Je le vois. » chuchota Lowell.
« J'aimerais savoir comment Rogue a contraint Dumbledore à l'embaucher. Tu as de la chance d'avoir fini l'école ! Et voilà son petit ami. N'est-ce pas étrange ? Nous n'avions jamais vu personne de notre connaissance ici. Mais là… »
« Chut ! » lui siffla Lowell. « La ferme ! »
Alex referma la bouche, se retenant de ne pas se disputer, mais il était trop fasciné par regarder ce qui se passait. Du coin de l'œil, limitée par le bâtiment contre lequel ils se cachaient, trois sorciers apparurent. Non, deux sorciers et une sorcière. Tous les trois faisaient léviter des corps. (Est-ce que personne ne remarquait rien sur le Chemin des Embrumes ? se demanda-t-il ?) La femme faisait léviter un très petit garçon, qui devait à peine savoir marcher, tandis que les deux autres faisaient léviter un homme et une femme qui tenaient encore des sacs en papier marron, et des sacs avec des noms des boutiques du Chemin de Traverse dessus, comme s'ils étaient las de faire leurs achats de Noël d'une manière normale et qu'ils avaient maintenant décidé d'être innovants et de le faire à l'horizontale.
Alex déglutit, en regardant les trois corps être guidés par le portail. « Qu'est-ce que c'est ? » dit-il à voix haute. Lowell ne le fit pas taire cette fois. La porte se referma derrière cette étrange fête.
« Je pense que c'est quelque chose à quoi nous ne voulons pas nous mêler. » dit Lowell d'une voix tremblante. « Allons-y. Aujourd'hui… C'était simplement pas le bon jour... »
« Partir ! » Cria Alex, plus fort que ce qu'il voulait. « On dirait que ces personnes ont été kidnappées. Le Ministère chercher encore les mangemorts, tu sais… »
« Oui, bien, c'est bien pour eux, mais ce n'est pas notre travail. Éloignons-nous de là avant qu'ils ne sortent et ne réalisent que nous les avons vu. » Lowell sortit sa baguette.
« Mais nous devrions au moins aller chercher de l'aide… »
Avec un pop brusque ! Lowell avait disparu. Enfer, pensa Alex. Pourquoi ne peut-il jamais se souvenir que je ne sais pas transplaner ?
Il était majeur maintenant, alors légalement, il aurait pu. S'il avait pu passer son permis. Il avait essayé quatre fois, et avait décidé de ne pas essayer encore par embarras (il suspectait qu'il avait déjà procuré bien trop d'amusement aux employés du Département des Transports Magiques). Il avait décidé de s'en tenir aux balais. C'était un moyen pour voyager reconnu depuis longtemps par les sorciers et les sorcières, avait-il avancé à Lowell. Le problème était… Il n'avait pas pris de balai avec lui. Il avait transplané au Chaudron Baveur et rencontré Lowell devant le magasin Accessoires de Qualité pour le Quidditch. Bien sûr, il pouvait revenir au Chaudron Baveur et rentrer à la maison… Mais d'une manière ou d'une autre, il ne pouvait simplement pas. Il devait voir si l'homme, l'enfant et la femme qu'il avait vu léviter par le portail allaient bien.
Il descendit discrètement l'allée, son cœur dans la gorge, tenant sa capuche bien devant son visage avec sa main gauche tandis que sa main droite allait dans sa poche, se sentant mieux dès que ses doigts passèrent autour de sa baguette. Il la retira lentement, gardant sa main baissée de telle sorte que la baguette soit cachée dans les plis de sa cape. Quand il atteignit la palissade entourant la cour, il rechercha un nœud dans les planches, et quand il en trouva un, il pointa avec soin sa baguette dessus, chuchotant une incantation, espérant que cela marcherait.
Cela marcha. Le petit bout de bois tomba dans la cour et Alex se figea un instant, espérant que le bruit n'alerterait personne de sa présence de l'autre côté de la palissade. Si c'étaient des mangemorts, ils allaient probablement lancer des sorts d'abord, et poser des questions ensuite (s'ils en posaient).
Mais quand il s'avança avec nervosité vers la palissade et mit son œil contre le trou, il réalisa que personne n'avait probablement entendu quoique ce soit quand le petit bout de bois ovale était tombé. Aucune son d'aucune sorte ne pouvait être entendu en provenance de l'enclos fermé.
Alex resta bouche bée. Il pouvait voir les trois sorciers lancer un sort sur l'homme, tandis que la sorcière avait sa baguette pointée sur une femme aux cheveux auburn avec un visage rond et charmant, la gardant mais ne lui lançant pas de sort. L'homme et la femme étaient maintenant allongés sur le sol. Alex pouvait voir l'éclair de lumière ambrée connectant les baguettes à la victime. La sorcière avait des yeux noirs avec des paupières épaisses et des cheveux noirs de nuit. Un des sorciers qui lançait le sort sur l'homme était très jeune, et Alex le reconnut comme étant l'ancien camarade de maison de Lowell, Barty Croupton Jr. Les deux autres hommes, l'air tellement semblables l'un à l'autre que Alex pensa qu'ils étaient frères, riaient comme ils avaient leurs baguettes pointées sur le pauvre homme.
Ensuite, ils levèrent les sorts et semblèrent parler aux victimes, gesticulant vivement. L'homme secouait sa tête, et avait l'air de dire non ! de manière répétée. La femme regardait ses ravisseurs d'un air de défi, parlant avec une haine telle sur son visage que Alex n'en avait jamais vue. Mais elle fut interrompue en pleine phrase, à ce qu'il semblât, quand les sorts recommencèrent. Cette fois, ils le subirent tous de deux, deux sorts pour chaque victime.
Aucun son n'émanait d'eux. Alex pouvait voir leurs lèvres bouger quand ils disaient les sorts, et ils semblaient pouvoir s'entendre les uns les autres, mais Alex ne pouvait pas les entendre. L'homme et la femme qui étaient torturés avaient leur bouche ouverte en un cri silencieux, tandis que leurs corps se tordaient sous l'effet du sort qu'on leur lançait. Quel sort est-ce, se demanda Alex. Mais comme il y pensait, il réalisa qu'il n'y avait qu'une réponse possible.
Le Cruciatus.
Chaque victime subissait deux cruciatus en même temps, et plus tôt, l'homme en avait eu trois à la fois ! Alex vit avec horreur que l'enfant, qui était juste un bébé, vraiment, bien qu'il puisse marcher, était assis de côté, pleurant terriblement, son visage tordu et rouge, ses yeux fermés étanchement, mais laissant quand même passer les larmes. Une fois encore, aucun son ne parvenait aux oreilles d'Alex. En regardant ce tableau inquiétant devant lui, Alex commençait à penser qu'il était devenu sourd.
Peut-être, simplement peut-être… Pouvait-il faire quelque chose pour qu'ils arrêtent de lancer des sorts sur ce pauvre homme et cette pauvre femme ? Les sorts continuaient, les visages des victimes à peine reconnaissables comme humains, pas plus que leurs corps, qui se tordaient et rampaient dans des positions qu'Alex aurait juré qu'un corps humain ne pouvait pas prendre, et la femme se griffait son bras avec ses ongles, marquant la peau, se faisant saigner…
Je dois faire quelque chose, pensa Alex, ne se souciant plus de qui pouvait lui arriver. Il ne pouvait simplement pas rester là et regarder. Il pointa sa baguette par le trou du nœud et cria « Finite Incantatem ! »
Immédiatement, les hurlements de l'homme et de la femme, et les pleurs du bébé assaillirent les oreilles d'Alex, le bruit se répercutant sur les bâtiments autour d'eux et résonnant douloureusement. Il réalisa que c'était un sort de silence. Le sort avait confiné le bruit dans l'espace clos derrière le pub. C'était ce sort qu'il avait réussi à rompre. Malheureusement, l'homme et la femme étaient aussi torturés. L'homme s'arrachait maintenant ses cheveux, par touffes, comme son corps se tordait et ses hurlements continuaient, ininterrompus…
Il passa encore sa baguette par le trou du nœud. Les bourreaux continuaient leur œuvre comme si rien n'avait changé. Ils n'avaient aucun moyen de savoir que le sort de silence avait été rompu, comme ils entendaient autant de bruit qu'avant.
Alex avait maintenant des sueurs froide comme il était maintenant forcé d'entendre la douleur de l'homme et de la femme. Comment ces monstres pouvaient se tenir là, souriant et riant, en torturant des gens comme cela ?
« Stupefix ! » cria-t-il, ne sachant pas quoi faire d'autre. Son sort toucha sa cible, cependant, frappant l'un des deux hommes identiques, le faisant tomber et rompant la connections entre sa baguette et la femme. Il sortit sa baguette du trou et mit son œil contre le bois, alarmé de voir que l'autre homme aux cheveux noirs s'avançait vers lui, une sombre furie déformant son visage. Alex déglutit, s'éloignant du mur. Ils ne nous entraînent pas pour cela à l'école, pensa-t-il, désespéré. Ils ne nous disent pas que faire quand un fou furieux vient sur vous avec un regard meurtrier…
Alex commença à redescendre l'allée, souhaitant encore avoir pu passer son permis, souhaitant de tout son cœur savoir transplaner. Il entendit un cri derrière lui : « Avada Kadavra ! »
Il entendit l'explosion de la palissade de bois comme le sort la frappait. Regardant rapidement derrière son épaule, il vit le sorcier s'avancer à grands pas à travers l'ouverture qu'il avait crée, sa baguette à nouveau pointée sur Alex, qui se tourna pour faire face à son assaillant maintenant, tenant fermement sa baguette, réalisant que s'il était tué en étant frappé dans le dos, on dirait de lui que c'était un lâche…
Je ne suis pas un lâche, pensa-t-il gravement, souhaitant avoir le courage d'aller vers l'homme au lieu de simplement se tenir immobile. C'était un homme assez formidable, costaud et à l'air épais, et il pouvait probablement faire pas mal de dommages, même dans un combat purement physique. L'homme lança un sort sur Alex, qui bondit sur le côté, se cognant douloureusement contre la poubelle derrière laquelle lui et Lowell s'étaient cachés plus tôt. Le sorcier tira avantage de cette position, et lui lança un nouveau maléfice.
« Crucio! »
Le hurlement qui sortit d'Alex était un son qu'il n'avait jamais su qu'il pouvait faire. La douleur parcourait son corps comme si elle avait remplacé le sang, comme si elle faisait partie de lui, comme si c'était ce qui faisait battre son cœur. C'était maintenant le seul but de son cerveau, que de lui faire ressentir la douleur, une douleur éternelle…
Puis, tout d'un coup, ce fut fini. La douleur du sort le quittant était presque aussi mauvaise que son arrivée, comme si on lui avait amputé un membre. Alex était couché, en position fœtale, sur le sol sale, et au-dessus de lui se trouvait le père de son meilleur ami. Mr Weasley s'accroupit maintenant à côté de lui.
« Est-ce que tu vas bien, petit ? » dit Mr Weasley avec gravité, sa main sur le bras d'Alex. Un autre sorcier se tenait à côté de lui, bien plus âgé que le père de Bill, avec un visage abîmé et des cheveux gris. Il avait un air assez effrayant, et Alex réalisa à partir de ce qu'avaient dit Charlie et Bill qu'il devait s'agir du célèbre auror Alastor Maugrey.
« Hum, oui, je suppose que je vais bien. » réussit-il à dire. « La cour… derrière le pub… Ils sont encore… » Il montra la direction générale et Mr Weasley acquiesça. Maugrey descendit à grands pas l'allée avec un étrange bruit sourd, sa baguette parée, sa robe flottant derrière lui. Alex essayait encore de reprendre son souffle. Il ne savait pas combien de temps il avait reçu le sort, mais il pensait que le subir aussi longtemps que l'homme ou la femme l'avait subi était… impensable. J'aurais préféré mourir, pensa-t-il, se souvenant de la femme se mutilant, voulant peut-être causer une douleur supérieure, mais un douleur d'une source tangible, une douleur qu'elle contrôlait.
Alastor Maugrey vit une femme au cheveux roux sombres et un sorcier qui semblait être un simple garçon torturer un homme qu'il reconnut immédiatement, malgré la façon dont ses traits étaient déformés par la douleur.
« Stupefix ! Stupefix ! » cria-t-il, et la femme et le garçon se figèrent et tombèrent, rompant le sort sur Frank Londubat. Franck arrêta brusquement de crier, mais il ne récupéra pas comme le garçon qu'Arthur et lui avaient trouvé dans l'allée. Lui et sa femme restèrent allongés, regardant le ciel, leurs yeux vacants, aveugles, et ce fut seulement parce que Maugrey vit le très léger mouvement de leur poitrine comme ils respiraient qu'il sut qu'ils étaient tous les deux encore vivants.
« Arthur ! Viens ici ! » appela Maugrey dans l'allée.
Arthur Weasley regarda Alex. Il connaissait ce garçon depuis qu'il avait commencé à l'école de Pré-au-Lard avec Bill, et la pensée que quelqu'un puisse lui lancer le Cruciatus était horrible. Il avait eu Alex chez lui plus de fois qu'il ne pouvait le compter. Il lui tendit la main et lui demanda gentiment « Tu peux te lever ? »
Alex acquiesça, l'air un peu vert. Il prit la main de Mr Weasley et la serra étroitement, se levant difficilement. Mr Weasley fit passer le bras d'Alex par-dessus son épaule, et ensemble, ils descendirent l'allée vers la cour où Maugrey se tenait au milieu des corps. Le bébé pleurait encore bruyamment, son petit visage très rond tourné vers le haut et tout rouge. Mr Weasley alla vers le bébé, le prenant dans ses bras et le faisant sauter avec air habitué à cet exercice, calmant le garçon en lui disant « Là, là, maintenant, nous allons nous occuper de ton papa et de ta maman, ne t'inquiète pas… » Il regarda Maugrey. « Comme s'appelle-t-il ? Je connais Frank et Gemma de vue, mais je ne pense pas avoir entendu le nom de leur fils. »
« Nigel, Neil, quelque chose avec un N. » dit négligemment Maugrey.
Alex s'appuya lourdement sur la partie de la palissade qui tenait encore. Il pointa une main tremblante vers la silhouette assommée de Barty Croupton Jr. « C'est… C'est Barty Croupton » réussit-il à dire. Mr Weasley lui fit la tête, faisant encore sauter le bébé dans ses bras.
« Barty Croupton ? Tu es sûr que tu vas bien mon garçon ? Je connais Barty Croupton et il… »
« Non, pas celui du ministère. » l'interrompit Alex, parlant en faisant un grand effort. « Son fils. »
Une main sur son épaule lui fit tourner la tête. C'était Lowell. Alex souhaitait qu'il n'y ait pas autant de monde autour. Il voulait le prendre dans ses bras et l'embrasser, il était tellement content de le voir à nouveau. Lowell lui sourit timidement.
« Tu as dit une fois que le père de Bill travaillait pour le ministère. Je me suis souvenu comment aller au Département des Transports Magiques, où j'ai passé mon permis, et juste demandé au gars là-bas comment aller au bureau de Mr Weasley. Heureusement qu'il savait de qui je parlais, comme je ne connaissait même pas son nom, ou celui du département pour lequel il travaille. »
Alex voulait vraiment l'embrasser maintenant. « Alors tu es allé chercher de l'aide ? »
Lowell haussa les épaules. « Je ne savais pas quoi faire d'autre. Tu ne pouvais pas transplaner, alors… »
Alex poussa un soupir de soulagement. « Je pensais que tu t'étais juste enfui ! Je pensais… »
« Que je t'avais abandonné ? » Lowell lui pressa l'épaule. « Je n'aurais pas fait cela. Je ne vaux pas grand chose en duel, mais j'ai essayé de revenir ici aussi vite que possible après avoir dit à Mr Weasley qu'on avait besoin de son aide ici. Il a dit qu'il allait amener un auror. Je… J'ai attendu quelques minutes après leur départ pour revenir… » dit-il, baissant la tête. « Je suis désolé pour cela. Je suis juste… Juste… »
« C'est bon. » dit doucement Alex. « Ca va. »
« Ca va ! Pourquoi tu trembles comme ça si tu vas bien ? »
« Bien… Le sort de Cruciatus… »
« Le Cruciatus ! »
« Héo ? » Mr Weasley essayait d'avoir leur attention. Il tenait encore le bébé. « Est-ce que cela vous dérangerait de me le prendre un moment ? Je dois aider Alastor. »
Lowell hésita d'abord, puis pris le bébé se tortillant, le tenant maladroitement contre sa poitrine. Soudain, un pop ! retentit dans la petite cour, et un jeune sorcier blond apparut, portant une robe bleue royal qui semblait être de la même couleur que ces yeux brillants, et un chapeau de sorcier assorti, avec un galon doré. Il ressemblait un peu à un clown, et pourtant, au moment où il arriva, il commença à se tourner d'un côté, puis de l'autre spasmodiquement, pointant d'abord sa baguette sur Maugrey, puis Mr Weasley, puis Lowell et Alex, bien que si ce comportement était conçu pour le rendre menaçant, il était complètement opposé au reste de son apparence. Il était aussi, assez étrangement, en train de sourire largement pendant tout le temps qu'il agitait sa baguette partout, et il semblait avoir le double du nombre normal de dents brillantes. La combinaison absurde de sa tenue de sorcier, se son sourire et de son comportement fit que Alex eut un peu peur de lui. Est-ce qu'un fou s'était échappé de Ste Mangouste ? se demanda-t-il.
« D'accord, d'accord ! Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se passe ? Qui a besoin d'un sort de mémoire ? » demanda le sorcier fou.
« Vous êtes un obliviateur ? » lui demanda Mr Weasley. « Est-ce que quelqu'un vous a dit… »
« Oh, non, non, personne ne m'a dit de venir, » dit-il brillamment, arrêtant d'agiter sa baguette et se redressant. « Gilderoy Lockhart ! » annonça-t-il, et cela prit un instant à Alex pour réaliser que c'était le nom du sorcier. « Je me vante de garder une oreille au sol. Je vais régulièrement au Bureau du Détournement de l'Artisanat Moldu, comme on a souvent besoin de lancer des sorts de mémoire quand les moldus achètent des objets qui ont été enchantés ou ensorcelés, Et Perkins a dit que son partenaire avait été appelé à ce pub du Chemin des Embrumes, et je lui ai dit 'Je vois lequel tu veux dire, mon vieux Perkins, toujours plein de personnes de mauvaise réputation.' Et alors me voilà ! »
Alex, Lowell, Maugrey et Mr Weasley, échangèrent des regards hésitants. Il aimait certainement le mot « Je », pensa Alex.
Mr Weasley grimaça. « Ah, alors vous êtes Lockhart. » dit-il lentement. « Perkins a mentionné que, heu, vous veniez de temps en temps… »
« Oui, oui, très utile ce Perkins ! » gloussa Lockhart. « Il me garde assez occupé souvent. Un bon gars. » ajouta-t-il avec un sourire éclatant.
« Oui, Perkins fait de son mieux pour, heu, vous tenir occupé. » dit Mr Weasley, faisant un clin d'œil à Alex, qui fut surpris après son épreuve, de devoir contenir un rire. Le partenaire de Mr Weasley essayait clairement de tenir Lockhart à l'écart, a plupart du temps. « Mais… Il ne vous a pas dit de venir ici, n'est-ce pas ? » Il donnait l'impression qu'il serait très fâché avec Perkins si c'était le cas.
« Oh non, pas comme cela. Il m'a juste dit que vous étiez ici, et j'ai pris sur moi de… »
« Assez de bavardage ! » beugla soudain Maugrey. « Frank et Gemma ont besoin de soins médicaux. Et le garçon aussi, je pense. » dit-il en montrant Alex de la tête. « Arthur… Prends-le à Ste Mangouste et envoie deux ambulances ici. Je vais monter la garde ici avec celui-ci… » dit-il, montrant Lockhart de la tête. « et l'autre garçon. Le petit semble bien aller pour le moment… »
Mr Weasley secoua la tête, regardant le bébé. « Pauvre petit gars. Voir son papa et sa maman torturés comme cela… Tu as raison Alastor. Je vais prendre Alex avec moi et envoyer les ambulances. » Il fit à Alex un petit sourire. « Allez, viens. Ce pub doit probablement être sur le réseau de cheminette, et… »
« Heu non. C'est pas le cas. » dit rapidement Alex, puis il souhaita s'être mordu la langue. Il était clairement allé à ce pub avant. Mr Weasley haussa les sourcils.
« Oh, vraiment ? D'accord alors. Il y a une petite boutique en bas de cette allée. Ils vendent des bonbons, et je sais de source sûre que nous pourrons utiliser leur feu. » Il fit un signe de la tête à Maugrey.
« C'est bon Alastor ? »
« C'est bon Arthur. » dit-il d'une voix bourrue, adressant du coin de l'œil un regard dégoûté à Lockhart.
Maugrey les regarda partir pour la confiserie, le garçon s'appuyant lourdement sur le bras d'Arthur Weasley. Il soupira et se pencha sur le Londubat, secouant sa tête, puis se redressant. Il ne savait pas combien de temps ils avaient attendu, quand soudain, derrière lui, il entendit une vois crier. « Oubliette ! »
Il se tourna et se saisit rapidement du bras de Lockhart. Le sort passa du bébé que tenait Lowell à Lowell lui-même avant que Maugrey de réussisse à diriger le bras de Lockhart vers le ciel. Il enleva la baguette de la main du sorcier, ne se dérangeant pas avec un sort de désarmement, et eut une envie pressante de lui balancer un bon maléfice.
« Qu'est-ce que tu penses que tu fais, espèce d'abruti ? » beugla-t-il à Lockhart.
« Le… Le petit garçon. Weasley a dit… Il a vu son père et sa mère se faire torturer… J'essayais juste d'aider. Nous ne voulons pas qu'il reste traumatisé pour le restant de ses jours, n'est-ce pas ? »
« C'est un bébé ! » lui cria Maugrey. « Est-ce que tu essayes de transformer son cerveau en éponge ? On ne peut pas lancer un tel sort à pleine puissance sur un enfant de son âge. Tu es fou ? Je veillerais à te faire virer pour ça ! »
« Mais… Mais… »
« Casse-toi ! Je n'ai pas besoin d'incapable comme toi ici… » Une ambulance apparut soudain dans l'allée. Maugrey grogna. « Il était temps, aussi. » « D'accord, toi, mon garçon, » dit-il à Lowell. « Amène le petit. On aura encore besoin de le tenir sur le chemin de Ste Mangouste… »
Lowell regarda le vieil homme usé avec confusion. « Qui êtes-vous ? Où suis-je ? Pourquoi est-ce que je tiens ce bébé ? » bafouilla-t-il. Maugrey se tourna pour lancer un regard noir à Lockhart.
« Tu vois ce que tu as fait maintenant ! Ce garçon a été frappé par ton foutu sort de mémoire. » Il posa sa main sur le bras de Lowell en lui disant « Là, maintenant. Tu as subi un sort de mémoire, mais je ne pense pas que ça a duré bien longtemps. Un petit bout de ta vie récente s'est probablement effacé de ton cerveau, c'est tout. Je m'appelle, Alastor Maugrey, ce petit est Nigel Londubat, et tu es derrière un pub du Chemin des Embrumes. Je suis sûr que tu seras d'aplomb quand nous t'amènerons à Ste Mangouste… »
« Ste Mangouste. » répéta-t-il, louchant et réfléchissant clairement très fort. « L'hôpital. »
Maugrey lui sourit et acquiesça. « C'est cela. L'hôpital. Comment t'appelles-tu mon garçon ? »
« Lowell Faulkner. Serdaigle. » dit-il automatiquement. Maugrey rayonna.
« Excellent ! Tu sembles aller bien après tout. » il se tourna vers Lockhart. « Pas grâce à toi. » ajouta-t-il au sorcier blond, dont le sourire avait complètement disparu, ses bras balans sur le côté. « Maintenant, est-ce que tu peux juste rester là et ne plus causer de problèmes ? Simplement attendre l'autre ambulance. Tu peux faire cela, oui ? » Maugrey se tourna à nouveau vers Lowell. « Viens. Il t'aime bien. » dit-il au garçon, regardant le bébé jouer avec sa capuche. Le fils des Londubat ne semblait pas trop mal en point, mais il était peut-être trop tôt pour le dire, Maugrey le savait.
Comme ils allaient vers l'ambulance, Lowell lui dit « Qu'est-ce que je fais sur le Chemin des Embrumes ? Je n'y ai jamais été avant. Mon père et ma mère vont me tuer s'ils découvrent que j'étais ici. »
« Ah, bien, peut-être que nous n'avons pas besoin de leur dire, eh ? » Il soupira. De toute évidence, le jeune homme avait oublié suffisamment de choses pour ne pas être un témoin du crime utile. Cela ne les laissait qu'avec l'autre garçon, qui avait été secoué par la torture…
« Ne pas leur dire ? Ok. » Dit-il en acceptant, avec une voix plus jeune qu'avant. Maugrey pensa qu'il devait avoir dix-sept, dix-huit ans, mais pour quelques raisons, sa voix était plus haute qu'avant, comme s'il parlait d'une voix de fausset.
« Non, nous n'avons pas besoin de leur dire. » répéta-t-il, secouant la tête. Il fit léviter les corps assommés des mangemorts dans l'arrière de l'ambulance et grimpa devant avec le jeune homme et le bébé comme une autre ambulance arrivait sur le côté du pub. Il commença à regarder les employés de Ste Mangouste faire léviter les corps des Londubat et les mettre à l'arrière de l'autre ambulance, se sentant plus triste qu'il ne l'avait été depuis bien longtemps. Soudain, l'ambulance dans laquelle ils étaient montés disparut du Chemin des Embrumes, et il ne put plus voir l'endroit où Gemma et Frank Londubat avaient perdu la raison.
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Percy lisait à « Croûtard » la dernière strophe du « joueur de flûte de Hamelin » de Robert Browning.
