Rating : K

Pairing : Shônen-aï

A/N : Le NaNo est fini, je vais pourvoir entamer ma phase de non-productivité absolue des mois de décembre et janvier o/ Autrement en ce qui concerne ce thème,c'est probablement l'un de ceux que j'ai pris le plus de plaisir à rédiger, j'espère qu'il vous plaira tout autant !

Abandonned

Bien le bonjour à tous et à toutes. Je me nomme Poudre, et j'aurai l'honneur et le plaisir de vous servir de narrateur durant les quelques pages que durera ce récit. Parce que oui, il m'est arrivé récemment des événements assez étranges pour que j'ai envie de les partager avec vous, en toute simplicité.

Il faut savoir pour commencer que je suis un jeune chat de type Chartreux présentement âgé d'un an et demi, plutôt bien fait de ma personne, et également abandonné depuis plus de deux semaines par un maître peu charitable dont je peine encore à me rappeler le nom.

Sachant que la saison des pluies venait de commencer au Jardin Radieux, vous comprendrez que ma situation, en plus d'être peu enviable, était particulièrement difficile, et c'est donc sans grande surprise que je me retrouvai un soir d'orage particulièrement violent à tenter de m'abriter sous un carton déjà complètement trempé, la faim me rendant incapable de chercher un refuge plus décent.

C'est lorsque je pensais ma dernière heure arrivée que je le vis.

J'aperçus tout d'abord ses lourdes bottes noires, puis son pantalon de la même couleur orné d'un ample morceau de tissu. Mon inspection me conduisit ensuite à tomber sur une solide veste noire, mais c'est surtout le visage se trouvant au-dessus qui me saisit instantanément.

Outre ses cheveux blonds qui devaient être bien moins disciplinés lorsqu'ils étaient secs, ce fut le regard froid et clinique m'inspectant méticuleusement qui capta aussitôt toute mon attention, jusqu'à me sentir légèrement menacé.

Qu'avait-il donc l'intention de me faire ?

À ma grande surprise, ses yeux bleus s'adoucirent peu à peu et il posa un genou à terre, avant de retirer sa veste et de m'attraper délicatement par la peu du cou. Une douce chaleur m'enveloppa peu après et je fermai les yeux de contentement, avant de commencer à ronronner doucement. Je vis ensuite un sourire fugace apparaître sur son visage mais n'y prêtai pas trop attention, trop occupé à observer avec stupéfaction l'épée aussi grande que lui accrochée dans son dos.

Impressionnant !

C'est d'ailleurs sur cette dernière que s'était focalisée toute mon attention alors qu'il marchait d'un pas vif dans les rues pavées, et ce jusqu'à ce que nous finissions par pénétrer dans une petite maison elle aussi agréablement chauffée.

De ce que je pus en voir sur le moment, la décoration de la pièce principale était somme toute assez sobre, mais l'endroit était impeccablement rangé et il ne m'en fallut pas plus pour lui donner mon entière approbation.

J'allai d'ailleurs tenter de me dégager et commencer à inspecter les lieux d'un peu plus près lorsque des pas se firent subitement entendre, bientôt suivis par une voix grave demandant :

« Alors, les sans-coeurs ne t'ont pas donné trop de fil à retor...»

Deux yeux gris clairs me lancèrent un regard complètement interdit, puis se mirent à lentement faire la navette entre moi et mon sauveur. Ses cheveux d'une couleur châtain foncé tombaient de manière bien plus conventionnelle autours de son visage, mais la vue de la cicatrice se trouvant juste entre ses yeux envoya un frisson le long de ma colonne vertébrale.

Je vis du coin de l'œil l'homme blond poser son arme contre un mur d'un air parfaitement neutre, puis déclarer d'un ton tout aussi posé :

« Il était seul et complètement trempé planqué entre deux poubelles. S'il n'était pas mort de faim, un sans-cœur aurait sans doute fini le travail à un moment ou à un autre. »

Charmante perspective, vraiment.

Je vois parfaitement à quoi ces créatures bizarres dont ils parlaient ressemblent, et bien qu'il y en ait beaucoup moins qu'avant, même les plus faibles restent extrêmement dangereuses pour quelqu'un de mon gabarit.

Je vis bientôt un rictus moqueur apparaître sur le visage de l'autre.

« Le grand et terrible mercenaire Cloud Strife qui prend pitié d'un pauvre petit chat abandonné ? Qui l'eut cru ?

— Oh la ferme, Squall. Rends-toi plutôt utile et va me chercher une serviette.

— C'est Léon, rétorqua-t-il sèchement avant de malgré tout se diriger vers ce que je supposai être la salle de bain. »

Je fus en attendant son retour délicatement posé sur la table de la cuisine et m'y assis tranquillement, observant avec curiosité la pagaille de la pièce contrastant grandement avec l'ordre régnant ailleurs. Cela ne me surprit en revanche pas plus que cela : j'avais en effet pu remarquer au cours de mes longues errances que les mâles humains vivant sans femelle avaient tendance à laisser le bazar s'accumuler dans cette pièce en général.

Cette courte inspection de mes connaissances du genre humain furent brusquement interrompues par quelque chose de doux et volumineux ainsi que des mains qui commencèrent aussitôt à frotter mon pelage avec énergie, tâchant de le débarrasser de tout son excédant d'eau.

Lorsque ce fut terminé, je pus lire ce qui ressemblait à de la satisfaction sur le visage de ''Cloud'', puis ''Squall-Léon'' vint se placer juste derrière lui et demanda :

« Et donc, tu comptes vraiment le garder ?

— Pourquoi pas ? Ma mère passait son temps à ramasser des chats errant à Nibelheim, ce ne sera pas bien compliqué de s'en occuper.

— Je te préviens, s'il abîme quoi que ce soit dans cette maison, c'est toi que je tiendrais pour responsable. »

Non mais oh, pour qui se prenait-il, celui-là ? J'avais beau n'être qu'un ''vulgaire chat de gouttière'', je n'en étais pas moins un être civilisé avec un minimum de savoir-vivre.

« Au lieu de proférer des menaces, pourquoi tu ne m'aiderais pas plutôt à lui trouver un nom ? »

Le regard de Squall-Léon se fit alors songeur et commença à dériver sur la portion du salon que l'on pouvait apercevoir depuis la cuisine, avant de s'arrêter sur une arme que je n'avais encore jamais vue auparavant.

Cela avait l'allure générale d'une épée et en possédait même la lame, mais la garde ainsi que le manche ressemblaient eux clairement à ce que les humains appellent ''revolver''. Étrange, très étrange.

« Poudre, finit enfin par déclarer Squall-Léon, et je pus apercevoir un bref sourire en coin apparaître sur le visage de Cloud.

— Très bien, ce sera ''Poudre'' alors. C'est toujours mieux que ''Le chat''. »

Et beaucoup moins impersonnel aussi, je suis entièrement d'accord avec toi !

Squall-Léon se contente pourtant de hausser les épaules puis étouffe un long bâillement.

« Je vais me coucher, tu devrais trouver un endroit où caser ta boule de poils et en faire autant. »

« Boule de quoi ?! Eh reviens ici tout de suite, on en a pas fini toi et moi ! »

Il disparut malheureusement en haut d'un petit escalier en bois sans que j'ai pu me lancer à sa poursuite, Cloud m'ayant à nouveau pris dans ses bras et s'évertuant à me préparer le panier le plus douillet possible à l'aide d'une caisse en bois et de tout un tas de couvertures empilées au fond d'un placard. Malgré la représentation franchement rudimentaire que vous devez être en train de vous en faire, je peux vous dire que c'est drôlement confortable !

Après m'avoir brièvement gratté derrière les oreilles, Cloud éteignit les dernières lumières encore allumées et monta à son tour, me laissant seul avec mes pensées.

Tout cela était plutôt inattendu mais qui sait, peut-être était-ce pour le meilleur après tout.

oooOOOooo

Cela faisait maintenant près d'un mois que je partageais la vie de Cloud et Squall-Léon, et le moins que l'on puisse dire, c'est que celle-ci est loin d'appartenir au domaine du banal.

Il y avait pour commencer tous ces humais étranges qu'ils appellent ''amis'', en particulier cette femelle qui à peine après avoir mis un pied dans la maison s'était précipitée vers moi en hurlant à quel point j'étais mignon, puis s'était ensuite mise à agiter une immense étoile métallique dans tous les sens tout en parlant à tort et à travers.

Squall-Léon s'était empressé de la jeter dehors, pour le plus grand plaisir de mon équilibre mental.

Était ensuite brièvement passé cet étrange mâle accompagné d'un canard et d'un chien géant. Du premier j'aurai bien aimé faire mon quatre heure, et du second je me méfiai comme de la peste.

Ils n'étaient cependant pas restés très longtemps et avaient laissé place à un très vieil humain à la longue barbe blanche occupé à se chamailler avec un autre humain jurant toutes les deux phrases et un morceau de bois constamment coincé entre les dents.

Eux avaient été réprimandés par une femelle à la voix douce et aux jolis yeux verts et étaient repartis aussi vite qu'ils étaient arrivés, permettant ainsi à Cloud et Squall-Léon de partir s'occuper des sans-coeurs.

Leur habileté à manier leurs armes respectives était impressionnante même pour l'œil novice que je suis, mais ce n'était encore une fois pas ce qui avait le plus retenu mon attention chez cet étrange duo.

C'était assez subtile et je crus même les premiers jours que mon imagination me jouait des tours, mais il avait fallu se rendre à l'évidence : il y avait définitivement quelque chose de bizarre dans leur comportement.

Un peu comme cette manie qu'avait Squall-Léon d'attraper Cloud par la taille et de poser la tête sur son épaule lorsque ce dernier essayait de préparer quelque chose de décent à manger, ou encore le fait qu'ils soient capables de rester des heures allongés dans les bras l'un de l'autre sur le vieux sofa dans le silence le plus complet avec un air parfaitement serein sur le visage, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

Mais la chose qui m'a définitivement le plus interpellé, c'est cette manie qu'a l'un ou l'autre au moins une fois tous les trois jours de subitement s'approcher du second et de littéralement lui sauter dessus, avant de la plupart du temps l'entraîner dans ce que j'avais appris être leur panier à eux.

S'ils prenaient la peine de le faire.

Lorsque ce n'était pas le cas et qu'ils préféraient stationner sur le canapé par exemple, je jugeais plus prudent de m'éclipser discrètement.

Aucun de leurs amis n'avait l'air d'être au courant, et j'en vins à me poser tout un tas de questions que je n'aurai jamais imaginé me traverser l'esprit un jour.

Puisqu'il est évident que Cloud et Squall-Léon sont compagnons, cela faisait-il de Cloud la femelle de Squall-Léon ou de Squall-Léon la femelle de Cloud ? Tous deux ont l'air d'être de solides mâles pourtant. C'est à n'y rien comprendre.

Les humains sont décidément de drôles d'animaux.

Mais ils ont l'air parfaitement heureux comme ça.

Plus que quand ils rentrent à la maison en ayant éliminé plus de sans-coeurs que prévu.

Plus que quand ils réussissent à mettre ''Yuffie'' dehors en moins de cinq minutes.

Et même plus que lorsque ''Aerith'' leur apporte quelque chose qui ne soit pas brûlé ou ait une apparence douteuse à manger.

Alors au fond malgré la bizarrerie de la situation, c'est sans doute la seule chose qui compte, non ?

Moi en tous cas j'en suis convaincu, et j'espère pouvoir continuer à vivre suffisamment longtemps chez eux pour qu'ils me prouvent que j'ai raison.