-Raph ! Détache-moi maintenant !
L'éclat de panique de la voix de Léo prit plusieurs secondes pour être analysé et reconnu par le cerveau embrumé de Raph. Le trouble-fête avait brisé l'humeur gaillarde de son partenaire. Raph appuya un peu plus ses caresses pour rassurer son amant :
-Chutttt, tu peux te détendre. Il ne viendra plus nous importuner. Il est mort.
Il se repencha à nouveau pour goûter aux lèvres tentantes qui criaient des mots qu'il ne souhaitait pas entendre afin de les faire taire tout en promenant une main insistante entre les cuisses du jeune homme menotté.
La morsure fut si brutale que Raph eut presque le réflexe de gifler Léo.
-Sors de cet état Raph et détache-moi ! Je suis plus que certain que rien de tout cela n'a rien à voir avec le plan de Donatello, n'est-ce pas ? Tu ne l'as pas appelé par orgueil, afin d'avoir seul le mérite de mon sauvetage, c'est ça, hein ?
Le nom de « Donatello » fut assez pour faire émerger Raph de plus de la moitié de son état second. Il figea quelques instants. Donnie avait parlé de l'opium comme une drogue qui annihilait les pulsions sexuelles, alors qu'il n'avait que l'envie de plonger dans Léo encore et encore et de le caresser jusqu'à ce qu'il tombe en poussière. Il avait donc pris la bonne boulette, mais elle n'avait pas été mixée avec du tabac. Donnie avait trafiqué quelque chose pour lui faire perdre sa concentration et nuire à sa mission afin de le perdre aux yeux de Léo. Cela ne devait pas arriver. Il devait prouver à son frère qu'aucune drogue au monde ne pouvait être assez puissante pour lui faire risquer sa vie.
Il détacha Léo qui prit à peine le temps de frictionner ses poignets endoloris. Il remit les pantalons de cuir et rattacha la chemise noire de policier qui moulait si bien son corps.
Raphael ne disait rien, hypnotisé par le corps de son frère, salivant sûrement. Une partie de son cerveau criait à l'autre de bouger, de faire quelque chose, mais il était comme envouté.
-Réveille-toi, Raph ! Ou je te jure que je te laisse ici. Nous n'avons plus de temps à perdre, car...
-Me laisser ici comme tu en fait tout à l'heure sur les docks avec les latinos ?
-Raph, tu venais de démontrer ta valeur et de renforcir ta couverture. Tu aurais pu quitter assez librement quelques heures plus tard.
-Et ne jamais te revoir, c'est ça ?
-Raphael, c'est mieux ainsi.
Raph ouvrit la bouche, mais des bruits précipités de pas dans les escaliers hérissèrent ses cheveux sur sa tête. Il jeta désespérément les yeux autour de lui, cherchant un endroit pour dissimuler Léo et le protéger. Hun était mort, de par sa faute, et Léo était le suivant sur la liste Il avisa la petite fenêtre ronde derrière Léo. Elle était très étroite, mais Léo, plus fin que lui, pouvait y passer. Mais pas lui. Il se dirigea à grande enjambées vers elle et la fracassa du manche de son saï.
-Léo, vite, sauve-toi !
-Mais Raph, toi tu…
-Merde Léo, pas le temps. Ils viennent pour te tuer. Disparais.
-Non, cette fois-ci, tu es également en danger, je ne peux …
-Putain, Fearless, saute par la fenêtre où je t'assomme encore ! Il y a un temps pour jouer les héros et ce n'est pas le moment. Pas pour toi !
C'était une allusion à cet évènement qui les avait tous deux changé. Quand Raph avait choisi de sauver Léo à la place de Maitre Splinter.
Léo cligna des yeux.
-Tu m'aimes depuis combien de temps exactement ?
-Merde, Léo ce n'est pas le moment. Mais depuis toujours, ok ? Donc, dégage ton cul sexy hors d'ici ou je te le botte moi-même jusqu'en bas dans la rue.
Léo ouvrit la bouche pour protester encore, mais des claquements de coups de feu retentirent dans la pièce, couvrant sa voix, alors que Raphael s'élançait pour le couvrir de son corps.
