Ce chapitre a été écrit par Natacha


Stiles s'approche de moi et me retire le couteau des mains avant de le jeter au sol.

Le bruit sourd que fait la lame en métal me fait sursauter et Stiles me prend dans ses bras. Je le sers en pleurant tout ce que j'ai enfoui en moi depuis tant d'années.

A bout de forces et d'épuisement, je m'endors dans les bras de Stiles qui s'est efforcé de m'emmener sur le canapé.

Je dors, espérant que tout ça ne soit qu'un terrible cauchemar.

~ Point de vue de Peter ~

Je buvais tranquillement mon café lorsque j'ai reçu ce message. Je l'ai ouvert, lu et j'ai couru. Couru chercher Lou. Couru mettre un pantalon. Couru hors de ma maison. Couru chez eux. Pour sauver mon neveu.

Le trajet avait l'air très long, entre l'angoisse d'arriver trop tard et les hurlements que pousse ma fille pour me faire comprendre qu'elle n'a pas apprécié le réveil brutal.

J'arrive enfin chez Derek et j'entre sans m'annoncer. Ayant peur que ce soit trop tard.

— DEREK SALES HALE !

— Chut Peter !

Je me tourne au salon et vois Derek contre les genoux à Stiles qui passe une main dans les cheveux de son époux.

Je le rejoints rapidement et dépose Lou dans le parc de Matthéo qui lui sert d'espace de jeu. Elle s'est calmée et elle joue avec son doudou. Je me mets à ses côtés et je regarde Derek.

Merci mon Dieu, il respire.

Tellement de souvenirs avec lui montent en moi.

Comme la fois où il avait cassé la boîte à bonbons que gardait Talia pour qu'on en mange tous les deux, et qu'on avait accusés Laura.

Ou encore quand on avait collé la veste de mon père contre celle de Laura et qu'ils avaient hurlé pour nous retrouver alors qu'on s'était caché dans l'arbre du jardin.

J'ai besoin de tout ressortir. De tout lui dire.

— Stiles, réveille -le.

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

— Stiles réveille-le, c'est important.

Stiles s'exécute et commence à le réveiller, et moi de parler.

— Je suis désolé Derek. Je me suis déjà excusé des milliards de fois mais là, j'avais besoin de parler. Alors je le fais. Je suis peut-être un mauvais oncle mais je voulais être un bon ami. Pour toi, comme pour Stiles. Je suis papa, peut-être que tu t'en fous mais pour moi c'est quelque chose d'important. Derek, je suis père bordel. Je sais que c'est dur et je comprends que des fois, on craque. Mais on n'a pas le droit d'abandonner. Pas le droit de tout laisser parce qu'on bloque à un obstacle. Une famille, de l'amour, je n'ai jamais trop su le gérer ni le comprendre, et toi si. Tu as été parfait jusqu'au bout. Et maintenant que tu bloques, tu veux tout laisser ? Laisser Stiles qui t'aime et que tu aimes à un point non mesurable ? Un enfant que tu as permis de vivre dans Stiles et un autre qui a autant besoin de toi d'une manière ou d'une autre. Et moi ? Moi, tu me laisses ? Tu as été mon compagnon de jeu pendant toute notre enfance. Tu as été ma véritable famille jusqu'à ce que je fasse tout foirer à ton adolescence. Tu es ma véritable famille. Mon point d'ancrage. Tu es mon frère. Derek, j'ai besoin de toi. On a tous besoin de toi. Et tu as besoin de nous. Alors ne met pas fin à ta vie. Ne nous abandonne pas, parce que nous avons été lâches de t'avoir laissé couler. Nous sommes là, nous avons besoin de toi.

Je pleure comme un enfant qui a reçu une claque. Et sans que je m'en rende compte, Derek a pris ma main et s'est jeté dans mes bras.

Sous les sanglots de nos trois personnes, le silence déchirant d'une douleur, que nous nous efforçons de détruire, a pris le dessus.


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