Bonjour ! J'espère que vous allez bien ! Voici le nouveau chapitre et j'espère que vous allez l'aimer :) Bonne lecture :)
Taraimperatrice : Merci beaucoup pour ta review ! C'est sûr qu'il lui reste quelques pas à faire vers Amelia.. Concernant le détraqué je ne peux pas te dire quand il reviendra :p Bisous :)
Le sourire qui s'allume
- Ok, on se retrouve vers l'entrée du marché...
- Tu penses que vous arriverez bientôt ? Me demande Rosie dans le combiné.
- J'attends Amelia, et on part dans la foulée, donc dans une vingtaine de minutes maxi. Je dois te laisser, désolé, à tout à l'heure.
Je raccroche rapidement le combiné de la maison, après mes derniers mots.
Je préférais éviter au maximum les conversations depuis la ligne directe du chalet : même si je savais que la probabilité que le détraqué nous localise soit quasiment nulle, je préférais ne prendre aucun risque...et appeler d'une cabine téléphonique était une option bien plus sûre. Mais je ne pouvais pas vraiment l'expliquer à Rosie, ce serait l'exposer à une des raisons de notre présence et la mettre indirectement en danger.
J'enfile ma veste en cuir, tout en balayant la maison rapidement du regard.
Notre arrivée un peu précipitée avait presque mis de côté le lieu si spécial que je retrouvais.
Des souvenirs, des images étaient indissociables de ce petit recoin de Canada, ancré dans la montagne.
Mon regard se pose alors sur l'unique cadre photo de la pièce, présent dans une étagère installée dans le salon. Une photographie qui cristallise mon passé et l'homme que je suis...je profite de l'absence d'Amelia et je m'empare rapidement de ce cadre photo.
J'hésite quelques secondes puis je rejoins la cuisine et le range dans le tiroir qui n'était pas utilisé, laissé vide jusqu'alors dans le buffet.
Je retourne aussitôt dans le salon alors que je perçois des pas résonner dans l'escalier.
Et c'est une apparition blanche qui dévale les marches.
J'ai besoin de cligner les yeux plusieurs fois pour me convaincre qu'il ne s'agit pas d'un mirage ou d'une hallucination suscitée par la fatigue des derniers jours.
Mais au bout du troisième clignement d'yeux successifs, l'image se précise et se confirme sous mon regard...une robe de dentelle blanche si particulière, que je n'avais pas revue depuis de longues années.
Qui habille parfaitement...Amelia, les cheveux détachés et légèrement bouclés, tombant le long de ses épaules. Une silhouette, une robe qui m'a troublé au premier abord : les paroles de Rosie me reviennent instantanément en tête, la ressemblance encore plus frappante et troublante en la découvrant parée d'une des robes préférées de ma mère...
Je la parcours du regard et je découvre qu'elle a également enfilé des sandales compensées blanches : un look impeccablement assorti et qui me fait réaliser que la mode n'est qu'un éternel recommencement...les années 70 pouvant se mêler sans fausses notes au 21ème siècle.
- Excuse-moi...j'ai pris un peu plus de temps que prévu...
Je l'observe toujours sans un mot, captivé par son image : elle était tout simplement magnifique.
Elle perçoit mon regard insistant, et se parcourt elle-même des yeux, plaçant son attention sur cette robe.
- Euh...je...je n'aurais peut être pas dû...mais je n'ai pas grand-chose à me mettre...presque rien du tout d'ailleurs et j'ai jeté un œil dans l'armoire présente dans la chambre et j'ai découvert une série de vêtements...j'ai repéré d'ailleurs de très jolies robes d'été, j'ai essayé celle-ci...et comme elle est à ma taille...mais je peux me changer, c'est probablement une mauvaise idée, je ne sais même pas à qui elle appartient...
Elle se retourne alors que je reconnais son manque d'assurance se renforcer au fil de ses mots.
Je la retiens en faisant glisser ma main contre son bras.
- Ne te change pas...elle te va super bien...et si ces vêtements peuvent s'avérer utiles...
- Mais la propriétaire ne serait peut être pas d'accord ?
- Elle approuverait, je te rassure...
Je la sens indécise, pas vraiment satisfaite de ma réponse mais je ne développe pas plus.
Je m'empare de sa veste en cuir et de mon écharpe posée sur une chaise à proximité et lui tends.
- On peut y aller ?
Elle acquiesce de la tête tout en enfilant la veste et l'écharpe, encore un peu troublée par ma réponse mystérieuse mais ne pose pas d'autres questions.
- Ta main va mieux ? Demandé-je tout en récupérant mon portefeuille que je glisse dans une poche de ma veste.
- Oui, j'ai changé de pansement, mais c'est déjà presque cicatrisé, d'ici demain il n'y aura plus rien.
Je lui souris faiblement puis m'empare des clés de la moto tout en me dirigeant vers les casques placés sur la table du salon.
- Est-ce que les casques sont vraiment nécessaires ? Me demande subitement Amelia.
- C'est plus prudent...et c'est obligatoire...
- Mais si tu ne vas pas vite...si tu roules prudemment...c'est juste qu'il fait tellement beau dehors...j'aimerais pouvoir sentir le souffle du vent librement sur moi et la chaleur du soleil sur mon visage...
J'hésite devant sa demande.
Nous n'avions pas à nous cacher ici, nous étions à plusieurs centaines de kilomètres de Seattle, dans un endroit isolé de la montagne. Et concernant le code de la route, on pouvait s'en affranchir, le sentiment de liberté est plus important que le respect de la règle. Surtout vu notre contexte.
- OK, on peut s'en passer, mais promets moi que tu seras prudente sur la moto, pas de maladresse car sans casque, un choc ou une chute peuvent être grave...
Elle hoche de la tête, en me souriant faiblement.
- Ok, alors let's go !
Je lui fais signe vers l'entrée et ferme à clé derrière elle.
Le soleil est étincelant et renforce la beauté du cadre : la lisière de la forêt à quelques pas du chalet, le doré du bois de cette demeure qui ressort en captant les rayons du soleil et un regard en arrière me révèle les reflets de ce petit lac émeraude qui jaillit face au chalet.
Amelia m'attend à côté de la moto, tout en observant intensément le cadre qui nous entoure.
Contrairement à notre arrivée la veille, je suis rassuré en remarquant quelques lueurs danser au sein de ses pupilles, mais elle ne fait pour autant aucun commentaire.
J'enfourche la moto et glisse les clés dans le contact.
Je sens une main se poser sur mon épaule gauche alors qu'un léger souffle me fait percevoir le mouvement d'Amelia dans mon dos pour s'installer derrière moi.
Par réflexe, je pose ma main sur sa cuisse calée derrière moi, mais j'avais oublié qu'elle était en robe...la position imposée par la moto l'a relevée sensiblement et c'est sa peau que je ressens sous mes doigts.
- Tiens-toi bien...
Je détache mes doigts rapidement, ce contact était imprévu et je ne voulais pas la gêner...ou augmenter mon trouble.
Je sens ses bras m'encercler et ses mains se poser fermement sur moi.
- Je ne te serre pas trop fort ?
- Non, c'est nickel...tu es prête ?
- Oui, c'est parti...
Je perçois un soupçon d'enthousiasme dans sa voix qui me fait plaisir : une petite incursion de cette joie de vivre qui semble revenir peu à peu.
Il ne restait plus qu'à moi de la rallumer progressivement.
Je mets la moto en marche et nous partons à une allure modérée.
Nous parcourons sur plusieurs mètres le chemin qui sillonne la forêt et qui nous amène à perdre rapidement plusieurs mètres d'altitude. Nous retrouvons ainsi la clairière et la quiétude d'une route de campagne. Je reste attentif au contact d'Amelia contre moi : la pression de ses mains, la sensation de son corps juste derrière moi, concentré sur mon maniement de la moto pour éviter tout risque d'accident ou de chute.
Je bifurque au bout de quelques minutes en suivant la direction d'une pancarte vers le village que nous allions rejoindre. Nous finissons ainsi par distinguer des contours de demeures puis rapidement un panneau d'entrée de village. Je réduis encore un peu plus l'allure alors qu'en quelques secondes, nous parvenons au centre même du village où je gare la moto sur un petit parking.
Je laisse Amelia descendre la première pendant qu'elle s'appuie sur mon épaule.
Je quitte à mon tour la moto puis jette un œil vers la place à quelques pas de nous, où je repère les étals des commerçants, si spécifiques au jour de marché.
Je scrute un peu plus la scène et reconnais Rosie, en train de régler un marchand de primeurs.
- Rosie est là, on la rejoint ?
Amelia acquiesce et je glisse ma main dans son dos pour la guider.
Nous nous approchons de l'activité du marché et je croise le regard de Rosie qui me sourit instantanément et vient à notre rencontre.
- Bonjour Owen, me dit-elle en me faisant deux bises.
Elle se tourne ensuite vers Amelia et je remarque qu'elle s'arrête quelques secondes en la découvrant.
- Cette robe vous va à merveille Amelia lui souffle-t-elle en l'embrassant à son tour. Owen, tu as eu raison de lui proposer les robes de ta mère, elles ont la même silhouette...
Amelia trouve mon regard et je décèle la surprise dans ses yeux, Rosie ayant dévoilé l'identité de la propriétaire de ces vêtements.
- Bon, les enfants, j'ai commencé à faire quelques courses alimentaires. Amelia, il y a un très joli étal de vêtements avec des petites robes qui devraient vous plaire, on devrait y faire un tour ! Owen, il y a aussi des chemises pour toi, mais je pense que tu as ce qu'il te faut dans le chalet.
- Oui, ça devrait aller...
- OK, alors allons-y c'est par là !
Amelia me scrute encore quelques instants, intriguée par l'information que vient de lui donner Rosie, puis elle suit ma complice de longue date. Je marche aux côtés d'Amelia et nous longeons ainsi plusieurs étals, jusqu'à ce qu'elle s'arrête devant celui d'un fleuriste.
Rosie se retourne en percevant notre arrêt et observe Amelia penchée vers un bouquet de fleurs.
- Henry a les plus belles fleurs de la région, précise Rosie en faisant un sourire au commerçant installé sur le côté, en train de couper des tiges de roses.
- Ces pivoines sont magnifiques, j'en ai jamais vus avec un rose aussi vif...déclare-t-elle devant un bouquet de pivoines roses et blanches.
- Il a ses secrets, notre Henry.
- Un bouquet qui vous ferait plaisir, Mademoiselle ? demande tout à coup le marchand à Amelia.
Je la scrute pendant qu'elle observe les fleurs avec une étincelle dans les yeux et notamment un bouquet sur lequel son regard vient de s'attarder : un bouquet de pivoines blanches et violettes avec des roses blanches, roses associés à une touche originale que donnent quelques fleurs de tournesols.
Elle reste silencieuse quelques secondes en regardant ce bouquet puis relève la tête vers le fleuriste.
- Non, merci Monsieur, répond-elle finalement. Mais vous avez de très belles fleurs.
- Merci Mademoiselle, bonne journée.
Amelia lui sourit avant de s'avancer pour poursuivre notre progression dans le petit marché.
Rosie passe devant nous à nouveau et nous nous arrêtons seulement deux étals plus loin, à la boutique extérieure d'une marchande de vêtements.
- Jenny, voici la jeune femme dont je t'ai parlé.
Une femme d'une quarantaine d'années apparaît sur le côté et vient à notre rencontre.
- Bonjour Mademoiselle. J'ai cru comprendre que vous aviez besoin de vêtements.
- Euh...oui, en effet, répond timidement Amelia.
- Rosie m'a mis dans la confidence, reprend Jenny en souriant. Et je vous ai mis de côté plusieurs tenues à essayer, si vous le souhaitez, je peux vous montrer.
Amelia se retourne vers moi furtivement et je l'encourage d'un sourire.
- J'aime beaucoup votre robe d'ailleurs, style années 70s qui fait fureur en ce moment. Je pense que j'ai visé juste dans mes choix. Alors vous avez tout d'abord ces deux robes d'été.
Jenny présente ainsi à Amelia une robe longue qui ressemble étrangement à celle qu'elle avait à Campeche et une robe plus courte, bleu clair à bretelles.
- J'ai également des jeans si vous le souhaitez, des pantacourts ou corsaires et toute une série de tee-shirts et pulls légers pour cette période de l'année. Qu'est-ce que vous en dites ?
- C'est...très joli...répond Amelia en fixant les tenues successivement tenues par Justine.
- Le mieux est peut être de les essayer, non ? Vous avez un petit espace derrière le rideau pour vous changer.
Amelia me regarde à nouveau, hésitante.
- Vas-y, essaie. Prends ton temps.
Je lui souris et elle finit par s'éloigner de quelques pas avec Jenny pour regarder de plus près les tenues et choisir visiblement celles qu'elle essaierait.
Rosie se repositionne à mes côtés en l'observant.
- Elle est vraiment très belle...
- Quoi ?
- Arrête Owen, je vois tes yeux de merlan frit quand tu la regardes. Tu es aussi transparent que ton père l'était avec ta mère. Je suis contente pour toi d'ailleurs...
- Rosie, c'est juste une amie, ne commence pas à imaginer des choses qui n'existent pas.
Je remarque alors le regard d'Amelia se diriger dans ma direction quelques instants, avant qu'elle ne s'adresse à nouveau à Jenny puis disparaisse derrière la cabine.
- Des choses que j'imagine, hein ? Demande Rosie avec un sourire au coin des lèvres.
Je ne réplique pas à son sous-entendu, ça pouvait durer des heures avec Rosie si j'alimentais ses doutes.
- Merci pour avoir préparé la maison avant notre arrivée...c'était parfait.
- Je t'en prie. Je vois en tous cas qu'Amelia a l'air d'aller déjà mieux qu'hier, moins fermée, plus détendue.
- Oui, ça prend du temps, mais elle reprend le dessus petit à petit.
- Tant mieux. Il n'y a rien de plus dur à supporter que de voir une aussi belle jeune femme triste et renfermée.
Le bruit sec d'un rideau qu'on découvre se fait entendre et Amelia nous apparaît à nouveau parée de la robe longue que Justine lui avait montrée précédemment.
Une robe longue d'un rose qui fait ressortir le bleu de ses yeux.
- Alors à votre avis ? Nous demande-t-elle timidement en nous regardant.
- Mon avis ne compte pas je pense. L'avis d'un homme est toujours le plus important, réplique Rosie.
Je croise son regard et j'y découvre une pointe de malice qui ne me surprend pas le moins du monde.
Je redirige mon attention vers Amelia tout en avalant ma salive et préparant ma réponse.
- Elle te va bien...
- Juste bien ? Tu ne vas pas la convaincre avec ça, Owen ! Lance Rosie à mes côtés en souriant.
Elle voulait me mener la vie dure et elle prenait un malin plaisir dans la situation.
Je garde les yeux fixés sur Amelia qui baisse les yeux, un peu décontenancée visiblement par ma réponse. Il fallait que j'exprime clairement mon avis...pas vraiment le domaine que je maîtrise le mieux, ou que je fais le plus facilement, mais il allait falloir que je me force pour les jours à venir.
- Non, je veux dire...elle te va parfaitement...tu es...tu es magnifique...
Ses yeux m'apparaissent soudainement alors que sa tête s'est relevée.
Et un détail supplémentaire captive mon attention : un sourire se dessine sur ses lèvres, un sourire spontané et franc, le premier depuis longtemps, et je réagis de la même manière en retour.
- Et bien, je crois que cette tenue est validée...plus que validée d'ailleurs conclut Rosie.
Je baisse rapidement les yeux tout en sentant une chaleur me monter aux joues lorsque je perçois le regard insistant de Rosie sur moi.
J'entends le rideau se refermer et Jenny glisser une nouvelle tenue à Amelia.
- Tu dois être sincère avec elle comme tu viens de le faire...tu as vu son sourire ? A cet instant, elle a oublié le drame qu'elle vient de vivre et tout ça grâce à toi, n'oublie pas ça...
J'acquiesce de la tête alors qu'elle reprend son panier des mains.
- Bon, je ne suis plus d'une grande utilité ici. Je vais finir de faire des courses et je vous les apporterai à la maison. Avec les vêtements, vous n'aurez pas vraiment de place pour tout rapporter.
- Merci, Rosie, effectivement, ça va être compliqué avec la moto.
- Pas de problèmes. Est-ce qu'il y a des choses particulières que je dois acheter peut être ?
Je fouille dans ma poche de jean et lui tends quelques courses que j'avais pris soin de griffonner sur un papier.
- Si tu peux m'acheter ce qu'il y a sur cette liste...
Rosie parcourt les mots des yeux, tout en souriant légèrement après avoir fini.
- Ok, je devrais pouvoir trouver tout ça. A plus tard.
- Merci, encore.
Elle s'éclipse après un dernier sourire et je me retrouve seul à attendre patiemment la fin de la séance d'essayage. Amelia essaiera ainsi cinq tenues supplémentaires, certaines pour lesquelles je ne la verrai pas sortir et d'autres pour lesquelles elle me demandera à nouveau mon avis.
Un avis qui se résumait systématiquement à une validation de ma part, car tout lui allait...tout lui allait à merveille.
Au bout d'à peu près une heure, elle réapparaît dans la robe blanche à dentelle qu'elle avait enfilée pour la journée.
Jenny lui tend alors deux paquets des mains et je m'avance aussitôt pour m'en emparer.
Je remarque cependant qu'Amelia est concentrée sur une pile de vêtements que je ne distingue pas précisément sur le côté.
- C'est vous qui réglez, Monsieur ?
- Oui, c'est moi.
- Owen...souffle Amelia en protestant.
- Pas de discussions...
Jenny sourit légèrement devant notre échange alors que je lui présente ma carte de crédit.
Amelia se repositionne à mes côtés et attend patiemment que j'aie fini de régler avant de tendre quelque chose à Jenny...une chemise bleu nuit.
- Vous voulez rajouter ça ? Car on vient de régler vos achats Mademoiselle ?
- Non, ça c'est à part...c'est du XL, ça devrait aller, ou tu veux l'essayer ? Me demande-t-elle en me regardant.
- Amelia...ça me fait plaisir, ne te sens pas obligée de...
- Tu as perdu beaucoup de choses aussi...et je suis sûre que tu n'as plus ta fameuse chemise de cette couleur. Tu m'avais dit que tu n'en avais qu'une.
- Oui, mais...
- Alors je te l'offre, c'était celle que je préférais et celle-ci est quasiment identique...donc XL ça ira ?
- Oui, ça devrait aller...
Elle donne sa carte de crédit à son tour à Jenny puis glisse la chemise dans un des paquets.
- Merci beaucoup, très bonne journée ! Nous lance Jenny alors que nous sortons de sa boutique extérieure.
Je guette Amelia du regard pendant que nous marchons dans les allées du petit marché, encore surpris par son attention.
- Tu veux voir autre chose ? Finis-je par demander au bout de quelques pas.
- Non, je pense qu'on a fait le tour.
Je remarque alors une cabine téléphonique, installée dans un coin de la place.
- Je vais passer un coup de fil. La moto est à quelques pas, je te laisse la rejoindre, d'accord ? Et surtout reste à côté que je ne te perde pas des yeux.
- D'accord. Donne-moi un paquet, tu seras moins chargé.
Je lui tends effectivement un paquet et la fixe alors qu'elle s'éloigne de quelques mètres pour se placer près de la moto pendant que je rentre dans la cabine.
Je compose un numéro que je connais par cœur, avant d'entendre une voix familière tout en gardant mon attention sur Amelia.
- Jackson ?
- Salut Owen...ça fait du bien de t'entendre !
- Oui, toi aussi, ta ligne est toujours sûre ?
- Ne t'inquiète pas, j'ai les mêmes dispositifs qu'à notre ancien QG sur ma ligne donc personne ne peut nous écouter ou filtrer les appels. Bon, dis-moi, tout va bien ?
- Ça va. Nous sommes bien arrivés hier...et Amelia reprend le dessus petit à petit...
- Elle va avoir besoin de temps, April est très inquiète tu sais.
- Rassure-la, je veille sur elle...
- Je lui dirai, elle n'est pas au mieux non plus. Je passe la voir régulièrement...
Ce détail me surprend, mais je ne le questionne pas plus.
- Je vais devoir te laisser, je ne préfère pas parler trop longtemps et Amelia est seule à m'attendre. Fais part à April et Nathan que tout va bien. Je donnerai des nouvelles si je peux rapidement.
- Très bien, à très vite !
- See you, Jackson.
Je raccroche et remarque qu'Amelia est de dos, la tête baissée vers le paquet qu'elle a posé sur la moto, réétudiant visiblement ses achats.
Je sors de la cabine et passe de nouveau devant l'étal d'Henry avec ce bouquet qui capte automatiquement mon attention. Je ne peux m'empêcher alors de penser au sourire que j'ai pu déclencher quelques minutes plus tôt...et j'avais sous les yeux une opportunité d'en susciter un autre.
Je concrétise mon idée en quelques secondes, tout en prenant soin de la cacher derrière mon dos.
En me rapprochant d'Amelia, mes pas l'informent de ma présence et elle se retourne aussitôt.
- Tout va bien ? On peut rentrer ?
- Je ne sais pas...tu es sûre que tu n'as rien oublié ?
Elle touche sa veste pour sentir son portefeuille dans sa poche et relève les yeux vers moi, avec une pointe d'incompréhension inscrite sur son visage.
- Non, j'ai tout...
- Pourtant, je crois que tu as oublié...ceci...finis-je par annoncer, en dévoilant le bouquet que je cachais derrière moi. Le bouquet qu'elle avait tant scruté à notre arrivée au marché.
Je la regarde avec attention et sa réaction me réjouit directement : ses yeux s'illuminent et un superbe sourire se dessine sur ses lèvres. Un sourire qui ravive tous les traits de son visage et lui donne une aura presque éblouissante.
- Comment...enfin quand...bafouille-t-elle en trouvant mon regard.
- Il semblait te plaire, j'ai vu comment tu le regardais tout à l'heure.
Elle reste silencieuse quelques secondes, en alternant son regard entre les fleurs et mon visage.
- Pourtant j'ai fait les commentaires sur un autre bouquet.
- Tu préférais l'autre ?
- Non...non...je préfère celui là. Je suis juste surprise que tu l'aies remarqué.
- Je suis attentif quand tu es concernée. Tu devrais le savoir maintenant.
Elle s'empare du bouquet et respire longuement le parfum des fleurs.
Elle relève ensuite le regard et me fixe, avec ce même sourire aux lèvres.
- Merci beaucoup...
- De rien...ça me fait plaisir de te voir sourire...lui réponds-je en faisant glisser brièvement deux doigts contre sa joue.
Et un espoir me gagne à cet instant.
Comme un vœu que je voulais faire et voir exaucer très rapidement.
Car j'espérais que ce sourire était le début d'une longue série...et que bientôt ce ne serait plus que des éclats de rire qui résonneraient...anéantissant les pleurs et les crises d'angoisse qui la hantaient encore.
