Voila un nouveau chapitre ! J'avais dit dans quinze jours ? Bon, étant donné que ces vacances, à défaut d'avoir été efficaces pour le repos et le travail, ont été très productives en fanfiction, j'ai le plaisir de vous annoncer que je vais probablement reprendre un rythme de parution d'un chapitre par semaine. Contents ? Quand vous verrez les chapitres, vous ne le serez plus ! XD. Plus sérieusement, nous arrivons dans une période d'évolution, avec des chapitres qui n'avancent pas, d'autres qui vont trop vite, et la plupart à reculons...Il faut dire qu'en ce moment nos chers alchimistes en tiennent une couche.

Enfin, je m'arrêterais là dans la description de la suite avant que vous vous sentiez spoilés et lisez déjà celui-ci...


Chapitre 36 : Pourquoi ? (Edward)

Je tirais le rideau de douche et sortis en m'ébrouant. Je m'étais simplement rincé pour que cheveux aient figure humaine et que mes automails ne soient pas infestés de sable et de sel marin ; mais la dernière expérience que j'avais eue de la plage me donnait des tendances hydrophobes.

Tandis que je me séchais les cheveux, le souvenir de ma noyade me revint en mémoire, me faisant grimacer. Le goût salé de l'eau, la sensation de flottement, ma douleur à la poitrine alors que j'essayais désespérément de remonter à la surface, la peur qui m'avait noué le ventre tandis que je perdais conscience… avant de me retrouver sur le ponton à respirer de nouveau, ou plutôt à cracher l'eau qui remplissait mes poumons.

En repensant à la façon dont Roy Mustang avait tempêté sur le dos des militaires, mon ventre se noua. Je m'assis, songeur. Pourquoi s'était-il énervé comme ça ? Pourquoi avait-il parlé à ma place ? Pourquoi ?

Non, il faut que je me ressaisisse ! Pensais-je en secouant la tête comme pour en chasser ces questions, avant de me relever et de m'habiller vivement ; mais la brutalité de mes gestes ne parvint pas à m'empêcher de penser. Cela eu le don de m'irriter au plus haut point. Je poussais brusquement la porte, sans savoir que cela impliquait de percuter quelqu'un qui était juste derrière.

– Ah, désolé ! M'exclamais-je en voyant la manière dont Roy tenait son nez d'une main tremblante. Mais vous saignez !

Je tirais instinctivement un mouchoir de ma poche et le posais contre son nez ensanglanté, le maintenant d'une main. La scène se figea dans un malaise presque tangible. L'homme aux cheveux noirs planta son regard dans le mien avec une expression qui m'était indéchiffrable. Je le regardais avec une lueur d'incompréhension qui semblait l'attrister. Je ne comprenais pas ce qui se passait dans sa tête pour qu'il penche celle-ci en avant d'un air abattu.

– C'est la troisième fois… murmura-t-il.

Je n'étais même pas sûr d'avoir entendu, mais je ressentais le besoin de dire quelque chose. Je rajustais doucement ma main tenant le mouchoir, effleurant sa joue au passage.

– Désolé… fis-je d'une voix tout aussi basse.

Il releva légèrement la tête pour me regarder dans les yeux avec une expression ou je reconnus cette fois-ci de la tristesse.

– On dirait que je vais avoir un nez de boxer avant que…

Il laissa sa phrase en suspend, soupira d'un air profondément abattu.

– Avant que… ? demandais-je prudemment, espérant que la fin de la phrase m'aide à comprendre.

Au lieu de répondre à ma question, il posa sa main sur la mienne. Mon cœur bondit dans ma poitrine, mais il de redressa ensuite, libérant ma main et ma gorge se serra. Sur le coup, je ne compris aucune des sensations qui m'assaillirent, trop concentré sur cette phrase inachevée.

– Avant que quoi ? Insistais-je.

– …Rien…répondit-il en me tournant le dos.

Ca veut rien dire… pourquoi il ne dit pas la vérité ? Qu'est-ce qu'il cache ? Qu'est-ce qu'il ne veut pas me dire ? Pensais-je désemparé tandis que l'homme s'accoudait à la fenêtre ouverte. Le soleil était déjà bas ; mais ce n'était pas important. Je voulais savoir. Comprendre, pour une fois, ce qui arrivait.

– Avant que quoi ? Demandais-je sans grand espoir.

– Taisez-vous.

Le ton à la fois las et agressif avec lequel il avait dit ces mots, sans se retourner, son vouvoiement distant dont je n'avais pas l'habitude, tout cela m'étonna et me mortifia. Comprenant que je ne pourrais plus rien en tirer, je baissais les yeux et quittais la pièce à contrecoeur.

oOoOoOo

En arrivant dans la salle à manger, je fus accueilli par une partie des militaires qui arrêtèrent de parler pour tourner la tête vers moi avec des regards entendus.

– Comment vas-tu, Edward ? demanda Breda en me scrutant d'un air inquiet.

– Oeâh, bah… ça va… répondis-je sans grand enthousiasme.

Ma noyade était passée au second plan depuis que Mustang avait tenu ces propos énigmatiques. Aussi ces questions me paraissaient secondaires

– On est désolé… fit Hugues avec un air profondément contrit.

En voyant son air de chien battu, je ne pus m'empêcher de sourire.

– Allons, c'est pas si grave, c'est pas comme si j'étais mort ! Fis-je en riant.

Hugues, comme prit par une soudaine impulsion, me serra dans les bras avec des torrents de larmes.

– Mais justement, tu as failli mourir par notre faute ! Je m'en veux tellement !

Je réalisais alors que les autres s'étaient vraiment inquiétés pour moi, et je me sentis terriblement touché. Faute de savoir comment réagir exactement à ses sanglots, je me contentais de lui tapoter l'épaule avec sollicitude en murmurant quelques « allons, allons » rassurants. Je jetais un regard aux autres, qui firent un signe d'impuissance, incapables de m'aider. Hugues me lâcha finalement, renifla, ce qui me fit sortir un mouchoir que je lui tendis. Il se confondit en remerciements tandis que je m'éloignais avec un signe de main.

Il y avait dans le coin le plus reculé de la pièce une large banquette qui avait déjà accueilli plusieurs fois des militaires un peu trop alcoolisés, et sur laquelle je décidais de faire une petite sieste, fatigué par la journée que j'avais passée. Mais j'avais beau glisser dans la somnolence, je n'arrivais jamais à m'endormir complètement, tantôt réveillé par un spasme à cause de ma sensation de manquer d'air, tantôt par mon nom qui apparaissait au milieu des phrases des autres militaires discutant non loin.

Ils parlent de moi, constatais-je dans une mollesse cotonneuse. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent dire ? Qu'est-ce que j'ai fait ? J'en ai marre d'avoir l'impression de ne jamais rien comprendre de ce que l'on dit sur moi !

Je me redressais brusquement et m'assis pour les écouter. Ils cessèrent immédiatement de parler, me jetant des coups d'oeil furtifs.

– Vous parliez de moi…fis-je d'un air grave.

Ils ne répondirent rien, baissant les yeux d'un air coupable. Ce qui ne les empêcha pas de recommencer leurs discussions une fois mes yeux refermés, moins fort cependant. Renonçant à comprendre ce qu'ils disaient, terrassés par la fatigue, je sombrais dans l'obscurité d'un sommeil sans rêves.

oOoOoOo

– Edward… Edward ? Chuchota-t-on en secouant doucement mon épaule.

Je levais un regard humide vers celui qui m'avait réveillé, c'est-à-dire Havoc, qui me regardait avec une expression de sollicitude qui eu le don de m'irriter.

– Tu viens manger ? demanda-t-il avec une hésitation soucieuse.

Depuis ma noyade, tout le monde semblait se comporter par rapport à moi avec une extrême douceur. C'était touchant, certes, mais quelque part, c'était plus énervant encore. Trop enclin à m'interroger sur des questions étranges auxquelles je n'avais aucune réponse, j'aurais préféré que les autres me changent les idées. Je soupirai, m'étirai, avant de me figer, réalisant que toute la tablée me fixait, et même les quelques clients qui logeaient ici depuis peu avaient tourné la tête vers moi. Je baissai les bras, traversai la pièce avec autant de discrétion possible dans ce genre de situation, avant de me laisser tomber sur une chaise. Comme personne ne semblait décidé à parler, je relevais fièrement la tête et demandais d'une voix claire :

– Lulu dort déjà ?

– Oui, elle était fatiguée par…

– Par la baignade, oui, achevais-je en me servant de feuilles de vigne.

Je semblais être la seule personne de la tablée qui n'était pas tétanisée. Havoc, Hugues et Mustang baissaient les yeux vers leurs assiettes respectives, tendis que Breda mâchait avec application la même bouchée depuis une minute au bas mot. Falman, lui, tenait son Guerre et Paix d'une main, lisant dans un silence parfait, mangeant de temps à autre une bouchée sans quitter des yeux sa page en cours. Amstrong, quand à lui, négligeait son assiette pour fixer un point dans le vide, visiblement plongé dans ses pensées.

Je me sentis terriblement seul. Je mâchais tristement, essayant de ne pas faire attention à l'aspect quasi-insupportable qu'avait le bruit des couverts dans un silence tendu comme celui-là. Je fis de mon mieux pour me comporter comme si de rien n'était, me resservant, buvant un peu d'alcool au passage, mais personne d'autre ne semblait apte à faire de même.

– Est-ce que je peux avoir l'eau s'il vous plait ? Demandais-je en voyant arriver le pichet presque instantanément.

Bon sang, ils sont rapides ce soir, m'étonnais-je en me servant. Quand je pense que d'habitude je dois m'égosiller un quart d'heure avant d'avoir ce que je veux… Le problème, justement, c'est qu'ils n'opposaient aucune résistance, aucune réaction. J'avais l'impression de m'enfoncer perpétuellement dans du coton, leur comportement les rendaient presque fantomatiques…

Rendez-moi ma bande de militaires rigolards… pensais-je avec une nuance de désespoir. Ou alors si j'ai fait quelque chose, dites-moi au moins quoi, que je puisse réparer ! En pensant cela, je finis mon verre d'un trait, et me levais de la table sans grande douceur.

– Bonsoir, fis-je simplement en quittant la pièce.

Je sortis dans l'entrée comme pour monter dans les chambres, mais une fois arrivé là, je réalisais que je n'avais pas envie de dormir, et poussais la porte d'entrée pour faire le tour du jardin que je traversais avec un soupir de soulagement. Ici au moins je n'avais pas besoin de maintenir une apparence, quelle qu'elle soit, pas besoin de comprendre l'odeur et l'ordre de la nature pour s'y sentir à l'aise.

Vraiment, je me sens bizarre depuis quelque temps... Surtout depuis que j'ai failli me noyer ! Peut-être que c'est à cause de toute l'eau que j'ai avalé que j'ai mal à ce point dans la poitrine, pensais-je en posant la main sur mon cœur qui battait douloureusement mes côtes.C'est vrai, je me sens bizarre ces temps-ci… Mais il faut dire que les autres ne sont pas mieux. Le Colonel, Havoc, Hugues, surtout ! Ils passent leur temps à me lancer des regards pleins de sous entendus… Pas étonnant que je me pose des questions ! J'ai pourtant pas du noir sur le nez ?

Je poussais un soupir et poursuivis mon chemin. Je ressentais le besoin d'un lieu ou s'asseoir et méditer tranquillement, un lieu qui ne soit pas trop près de l'Atlantide, mais trop loin non plus pour ne pas me perdre. Une fois le portillon poussé, la vue de la digue s'offrit à moi. Je traversais la ruelle encore animée de promeneurs tardifs ou de jeunes allant voir je ne sais quel concert pour m'asseoir sur le parapet, face à l'entassement d'énormes rochers qui maintenaient l'énorme mur, au sable et à la mer. Elle était basse à cette heure-ci, les vagues roulaient dans le lointain, tandis que les ruisselets d'eau, peut-être douce, ondulaient sur le sable humide, scintillant au clair de la lune. Je me perdis dans la contemplation du lieu, un peu rasséréné, et repris ma réflexion.

Si je me comporte bizarrement, c'est vraiment à cause du Colonel…Il est bizarre en ce moment. Trop gentil, trop attentionné… Il a pratiquement arrêté de se moquer de ma taille. Il est plutôt mélancolique en ce moment, comme si quelque chose le rendait triste…

Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et les entourais de mes bras, une expression songeuse sur le visage.

Mélancolique, oui… C'est aussi qu'on ne le voit plus traîner avec des filles en ce moment… Est-ce qu'il n'a plus de succès ou…

Est-ce qu'il est amoureux ? Il ne sort plus avec n'importe quelle fille parce qu'il s'intéresse à quelqu'un en particulier ?

Ouiiiiiiiiiiiii, ça doit être ça ! Il est A-MOU-REUX !

Ravi d'avoir enfin mis le doigt sur quelque chose, je penchais ma tête de chaque côté pour faire craquer ma nuque, avant de me perdre dans la contemplation des étoiles en méditant sur les conclusions que je pouvais en tirer.

Bah, il doit être amoureux d'Ambre, comme tout le monde.

Cette idée expliquait peut-être pourquoi Havoc était aussi mécontent ? Est-ce que les autres sont jaloux de lui ? Pourtant Mustang ne sort pas avec, si ? A moins que ce soit juste parce qu'il est populaire et qu'il aie plus de chances avec elle ?

Je m'aperçus alors que quelque chose clochait dans mon raisonnement : Havoc ne semblait pas spécialement en vouloir à Mustang… En fait c'est plutôt contre moi qu'il avait une dent en ce moment. Mais alors c'est pas ça… Alors qu'est-ce que j'ai fait ?

– Bon sang, je comprends rien, soufflais-je rageusement après m'être creusé la tête en vain.

Pourquoi Havoc a-t-il cet air sombre ? Je n'ai vraiment rien fait qui puisse lui nuire… Enfin, je crois ?

Cherche, cherche, m'exhortais-je intérieurement. La foule de questions qui m'assaillaient ne faisait que m'embrouiller encore plus. J'enfouissais ma tête dans le creux de mes bras en soupirant, tentant de me calmer. Mon sentiment d'impuissance me submergea, pendant un moment qui me sembla être une éternité. Même les quelques choses que j'avais eu la prétention de considérer comme des certitudes me paraissaient floues et bancales…

Peut-être parce que j'avais un peu bu… Sans bouger, j'esquissais un sourire triste, me sentant particulièrement stupide.

Il ne doit pas être amoureux d'Ambre, en fait… quelqu'un d'autre ? Lulu était trop jeune, Hawkeye, un frigo… qui d'autre ? Je ne voyais pas d'autres femmes qu'il puisse fréquenter. Il doit pas être amoureux en fait… Alors qu'est-ce qu'il a ?

– Pfff… je tourne en rond… soupirais-je.

Je n'avais plus envie de relever la tête, je préférais rester recroquevillé, assis sur la digue, savourant l'atmosphère maintenant silencieuse ; je me demandais vaguement depuis quand j'étais là pour que même les jeunes traînant dans les rues aient disparu, et que je puisse entendre la lointaine et calme rumeur des vagues. Apaisante. Et pourtant, j'avais failli y mourir. Cette pensée me paraissait être absurde ; mais le souvenir de ma noyade me revint de plein fouet. Je me resserrais un petit peu plus, crispé par la peur. Je me sentis glacé jusqu'aux os, tremblants, et, à ma grande honte, au bord des larmes.

C'est pourquoi je sursautais en sentant quelque chose de chaud et lourd envelopper mes épaules. Ma main agrippa le col du manteau noir. Celui de Mustang.

Pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité, je relevais la tête. Il était debout à côté de moi, tourné vers la mer comme s'il ne voulait pas me regarder ; mais il était là. Je rajustais le manteau sur mes épaules, rasséréné par sa présence, même silencieuse. Mon regard allait de lui à la mer qu'il regardait, de la mer à mes pieds, de mes pieds aux siens, avant de remonter vers son dos. Pendant un moment encore, nous restâmes silencieux.

– Ca fait longtemps ? Demandais-je ?

– Longtemps que... quoi ? demanda-t-il en se retournant de l'air de quelqu'un qui se force à rester calme.

– Que vous êtes là, complétais-je.

Il cligna des yeux et soupira, comme à mi-chemin entre le soulagement et la déception.

– Non, pas très longtemps…

Le silence retomba, mal couvert par le bruit de ressac lointain.

– Tu n'as pas sommeil ? Tenta-t-il avec cet air doux qui était de plus en plus souvent le sien.

– Non, j'ai déjà dormi…

– Les autres s'inquiètent pour toi. Fit-il après une pause.

– Je sais, répondis-je, impassible.

Le silence retomba, comme si on avait effacé une partie des répliques de notre discussion, ne laissant que ce qui était creux et vide de sens. Il flottait dans l'air quelque choses comme des paroles pas encore formulées, des idées pas encore nées et un parfum général de non-dit.

Tiens, j'ai dû dessoûler, pensais-je en constatant que j'arrivais en penser une phrase entière en étant sûr qu'elle aie un sens. Cette conscience me permit de sentir qu'aucune parole ne servirait à rien. Aussi restâmes-nous dans le silence, jusqu'à ce que la tension accumulée me pousse de nouveau à parler.

– Courage, murmurais-je, sans trop savoir si je parlais à Mustang ou à moi-même.

Il tourna la tête vers moi avec un air étonné auquel se succéda un sourire triste.

– Tu ne sais pas ce que tu dis, soupira-t-il.

Il me fit descendre du parapet en me guidant doucement d'une main sur l'épaule dans un geste d'une grande douceur. Je me laissais faire, bercé, confiant, tandis qu'il me ramenait à moitié endormi à l'Atlantide.


Tout ça pour rien ?! Vous indignez-vous, et vous avez bien raison.Bon, je vous l'avais dit qu'il en tenait une couche... Mais ne vilipendez pas trop Ed, il est jeune et naïf... et puis... vous avez déja réfléchi bourré, vous ? 0o

Je m'excuse platement pour ce chapitre ou il ne se passe rien, mais je vous promet un peu d'action dans le suivant pour me faire pardonner !

Sur ce, bonne semaine !