Bien sûr, les choses ne peuvent pas rester dans l'impasse indéfiniment, quand bien même on le voudrait de toutes ses forces. A force de se voir rebuffer par la reine au sujet de la nomination du nouveau Mimir, Jarnvidr-Utgard a fini par perdre patience et apparemment décidé de forcer la main de la court en expédiant trois de leurs meilleures candidates à Utgard la Mineure.
C'est un miracle qu'aucune d'entre elles ne finisse décapitée, écorchée ou démembrée avant de se présenter devant le trône, et encore Laufey sait-il que Nal-Reine va toucher deux mots ou plus au Skrymir par rapport à cette histoire.
Elles sont loin d'être laides, ces trois candidates : leurs cheveux ont été impitoyablement domptés en coiffures élaborées, les peaux qui les habillent sont d'une finesse rare, et d'innombrables bijoux de pierres et d'os runiques les couvrent de la cheville à la gorge, si bien qu'elles ne manquent pas de cliqueter en marchant.
Comparée à elles, la morveuse fait on ne peut plus gueuse et débraillée : une simple tresse retenue par un ruban de cuir, un ensemble brassière-jupe plus fait pour le gros travail que pour parader et deux bracelets à chaque poignet, c'est tout. Inutile de se voiler la face, on a du mal à se l'imaginer comme membre de la cour.
Aux yeux de Laufey, elle évoque les légendes de sorcières des neiges qui parlent aux vargar et chevauchent le vent. Elle rappelle cette minuscule souris des contes qui a fait s'écrouler une falaise rien qu'en dérobant un caillou placé en position stratégique.
Les candidates du Skrymir n'ont pas l'ombre d'une chance.
