Hélène écarta donc sa petite soeur et signa sa question. Ce fut dans des gestes rapides et un peu décousu dû à l'enthousiasme qu'Astrid lui apprit qu'elle avait trouvé un professeur particulier. Elle allait pouvoir rattraper son retard sans devoir la déranger tout le temps pour l'aider à comprendre une leçon. Son aînée en fut très étonnée. Il n'était pas facile d'embaucher une personne à sa jeune soeur du fait de son handicap. Puis, ses parents n'avaient pas forcément les moyens pour cela, malgré les aides qu'ils pouvaient espérer des aides sociaux. Levant les yeux vers eux dans l'espoir d'avoir une confirmation, Hélène vit sa mère sourire et son beau-père serrer chaleureusement la main d'Hinata en affichant un visage soulagé et heureux. Ce pourrait-il que la Hyuga s'était proposée ? Impossible. Et pourtant, quand elle s'avança enfin, elle eut rapidement une réponse à son interrogation.

"- Hélène, ma chérie, la salua sa mère. Mademoiselle Hyuga s'est portée volontaire pour aider Astrid en lui donnant des cours particuliers et cela gratuitement. N'est-ce pas merveilleux ?

- Euh, ne sut pas quoi dire la jeune femme tellement cette information la sciait dans ses convictions. En effet, c'est gentil de sa part, mais je pourrais le faire aussi, tu sais ?

- Ah oui et quand, intervint son beau-père d'un ton sec avant de s'adoucir, conscient que les études de sa belle-fille était difficile à gérer. Ta formation est importante, surtout la première année. Ta mère et moi voyons bien que cela te requière beaucoup de temps et énormément d'efforts. Il ne faudrait pas que nous compromettions ton avenir. C'est aussi important."

Bien que la voix masculine fût au début dur, Hélène ressentit de la reconnaissance pour l'homme qui partageait leur vie. Il avait mis en avant l'importance de ses études, mais surtout tout ce que cela représentait en énergie. Il était vrai que cela grignotait sur le temps qu'elle pouvait accordait à Astrid. Toutefois, une certaine honte fit surface en elle à la pensée que ce n'était pas la seule raison. Ce sentiment fut cependant vite supplanté par le doute. Pourquoi l'héritière des Hyuga s'abaisserait-elle à aider une famille plus que modeste comme la sienne ? En tant que fille d'un homme d'affaires, cela lui paraissait étrange qu'elle n'exigeait pas de rémunération. Que cherchait-elle en faisant cela ? Se construire une réputation de sainte, alors qu'on lui avait affirmé le contraire. Il fallait avouer qu'Hélène n'avait pas du tout confiance en ces enfants de riches, imbus d'eux-mêmes. Ils étaient si différents d'elle, elle qui avait été obligée de quémander une bourse pour payer ses études médicales. Ne voulant pas tout de même compromettre la joie de sa petite soeur et le soulagement de ses parents, elle garda ses pensées pour elle. En tout cas, elle allait faire en sorte de surveiller cette aide providentielle.

Pour l'instant, le quatuor prit congé après avoir convenu d'un créneau pour le premier cours particulier d'Astrid. Hinata alla jusqu'à proposer d'accueillir celle-ci au sein du complexe Hyuga où elle pourra disposer d'un coin tranquille, loin de l'agitation domestique qu'un appartement ne permettait pas. Ce qui fut chaleureusement accepté. Satisfait, son petit-ami et elle suivirent leur petit groupe s'éloigner. En fait, l'aînée de Hiashi était la seule à les regarder partir. Naruto ne cessait de la fixer. Comme elle était belle autant à l'extérieur qu'à l'intérieur, ne put-il s'empêcher de penser. Comment une jeune femme aussi gentille était-elle tombée amoureuse d'un type comme ? Parfois, il avait l'impression de ne pas être digne de la merveilleuse petite-amie qu'il avait. N'y tenant plus, il se jeta sur elle et la soulevant par la taille, la fit virevolter en tournant sur lui-même. Surprise au début, mais finissant par en rire, Hinata se laissa emporter par la spontanéité de son aimé. Le joyeux luron blond la descendit au bout de quelques secondes en la collant contre lui pour enfin l'embrasser tendrement. Qu'est-ce qu'il était heureux en cet instant.

"- Que me vaut tout cela ? Lui demanda sa belle.

- Ton coeur généreux et ma joie d'être à toi, lui répondit l'Uzumaki qui sourit quand il vit les rougeurs envahir les joues de sa dulcinée.

- Oh, ce n'était pas grand chose.

- Peut-être pas pour toi, mais pour cette petite fille, j'ai l'impression que c'était beaucoup."

Hinata resta silencieuse, ne sachant pas quoi rajouter à cela. Son coeur battait la chamade, qu'elle enfouit son visage contre le thorax de son blond pour cacher sa gêne. Quand à lui, il serait resté ainsi l'éternité quand il réalisa quelque chose qu'il en fit une moue tel un bambin à qui on aurait refusé une friandise.

"- Mais j'y pense. Si tu donnes des cours particuliers certains weekends, cela veut dire que je te verrai moins."

La Hyuga releva le visage et en voyant son visage exprimant le dépit, se mit presque à rire.

"- Oh Naruto, quel gamin tu fais.

- Mais quoi... C'est vrai... Déjà que je ne te vois pas tous les jours, je vais devoir te partager avec cette petite fille... C'est injuste. Je suis jaloux," continua l'Uzumaki en s'écartant de sa petite-amie, lui tournant le dos, les épaules abaissées, comme abattu.

Cette attitude rendit un peu mal à l'aise Hinata qui ne sut pas quoi dire. Elle était fière d'avoir pris une telle initiative. Cependant, l'abattement de son aimé la toucha plus que de raison. Elle s'approcha de lui et allait lui toucher l'épaule pour le réconforter qu'il se redressa à la dernière seconde la faisant sursauter.

"- Je sais comment tu vas pouvoir te faire pardonner !

- Pardon...," ne comprenait pas sa douce.

La jeune femme se demandait de quoi elle devait se faire pardonner, car, mine de rien, c'était sur à lui à quémander son pardon. C'était lui qui la faisait souvent poireauter dès que Sakura ou d'autres filles l'accaparaient dans la rue ou même lorsqu'elles les interrompaient lors d'un repas au restaurant. A chaque fois, elle ne lui reprochait rien, gardant pour elle ses frustrations. Hinata ne voulait surtout pas paraître possessive, mais parfois cela la démangeait. De plus, à chaque fois qu'il s'excusait, elle lui faisait l'honneur de le lui accorder sans aucunes conditions. Alors qu'elle se remettait de son étonnement, Naruto lui fit de nouveau de face, la fixant d'un regard sournois alors que son visage fut traversé d'un sourire quelque peu... comment dire... pervers. La Hyuga se tendit d'un coup. Il n'allait tout de même pas lui réclamer de coucher avec lui. Elle allait lui affirmer avec force sa façon de penser, et peut-être pour la première fois de sa vie qu'elle n'en ait pas eu le temps. Son copain lui prit la main et la tira vers les jeux d'enfants. Là, il s'installa sur la balançoire en l'invitant de s'installer sur la deuxième à côté de lui. Hinata en eut le souffle coupé, tellement elle n'en revenait pas de ce qu'il voulait.

"- Tu n'es pas sérieux ? S'estomaqua-t-elle. Un tour de balançoire ?!

- Si. Pourquoi ? Sourit Naruto, innocemment.

- Et bien, c'est assez surprenant.

-... Tu sais, je n'ai jamais eu vraiment la chance d'en faire avec une personne qui m'aimait, plaida le blond, en baissant la tête vers le sol, nostalgique. Je voyais souvent des mères poussées leur enfant entrain de rire alors que je devais me débrouiller seul pour me balancer. Les autres me fuyaient dès que je leur demandais si je pouvais les rejoindre dans leurs jeux... Alors je désire partager ce genre de moment avec toi... Je sais, c'est très gamin, mais j'en ais vraiment envi."

Hinata avait écouté ce discours rempli de détresse et de regrets. Elle se souvenait, en effet, l'avoir souvent espionné seul, fixant, envieux les autres gamins de partager les jeux ainsi. Il jouait la plus part du temps seul. Comme elle regrettait de ne pas avoir eu le courage de l'inviter de la rejoindre dans les siens. Quoi qu'elle avait tenté une fois. Cependant, cela ne s'était pas très bien passé. Touchée et comprenant son souhait, la jeune femme lui caressa la joue pour lui remonter le visage vers elle et pour lui faire comprendre que non, ce n'était pas gamin, avant de s'installer sur l'autre nacelle de la balançoire. D'un mouvement de pied, elle commença alors à se balancer, invitant Naruto d'un sourire d'en faire autant. Celui-ci ne se fit pas prier et tenta d'atteindre les nuages, sous le rire cristallin de sa dulcinée. Au bout d'un petit moment, la Hyuga stoppa ses mouvements, tout en restant assisse et regardant le ciel, comme plonger dans ses souvenirs. Cela intrigua le blond qui s'interrompit aussi.

"- Hinata, quelque chose ne va pas ?

- Je vais te raconter une histoire, Naruto, resta énigmatique la jeune femme. Il était une fois une petite fille, si timide que les autres lui faisaient peur, qu'elle n'osait ne rien dire, ne rien répliquer, même si on s'en prenait à elle. Un jour, un garçon la protégea de brutes au point qu'il reçut des coups. Intriguée et reconnaissante, la petite voulut le remercier, mais sa timidité trop forte le lui empêcha. Pendant des jours, elle l'espionna et vit sa solitude, son désir d'avoir des amis. Touchée et muée d'une nouvelle force, nourrie par le souhait de soulager ce coeur solitaire, elle trouva le courage de s'avancer vers lui pour lui proposer son amitié. Malheureusement, le petit garçon lui cria dessus et ne la laissa même pas parler, l'accusant de vouloir s'en prendre à lui, de se moquer de lui avant de s'enfuir. Depuis, ce jour, la petite fille préféra prendre ses distances, tout en continuant son espionnage, le soutenant en silence et l'admirant avant d'en tomber amoureuse."

A ce récit, Naruto en écarquilla les yeux. Il avait l'impression de voir les scènes énumérées devant ses yeux, comme s'il les avait vécues. Tout cela lui faisait remonter des souvenirs.

"- Sais-tu qui était cette petite fille ? Te souviens-tu d'avoir vécu ce genre d'histoire ?

-... Ne me dis pas que... que le petit garçon, c'était moi et toi la petite fille ?"

Hinata n'eut pas besoin de répondre car d'un sourire et d'un éclat dans ses yeux, il sut... Il sut que c'était un conte vrai et que les deux protagonistes n'étaient autres que sa princesse et lui-même. Elle lui avait raconté, l'année précédente, qu'elle avait toujours désiré l'aborder pour devenir sa première amie et qu'elle avait tenté une fois sa chance, mais sans rentrer dans les détails et jamais il n'avait envisagé qu'il avait pu la rejeter ainsi. D'ailleurs...

"- Mais j'avais cru comprendre que la seule fois où tu es venue me voir, je m'étais fait tabasser par des ados de ta famille ?

- En effet, confirma Hinata. Ils avaient assisté à la scène et jugeant ton attitude comme un manque de respect, ou plutôt s'en servant comme prétexte, ils ont voulu t'apprendre la politesse... Je suis désolée pour cela."

Naruto resta sans voix pendant un moment. Ces événements passés étaient sortis de sa mémoire. En tout cas, maintenant, il comprenait un peu mieux sa réserve quand ils étaient tous deux enfants pour rentrer dans une relation amicale plus poussée. Elle avait eu peur d'être rejetée à nouveau et de le voir de nouveau cogner. Comme il s'en voulait de l'avoir accueillie ainsi dans le passé. Il se creusa la tête pour en connaître les raisons, car sociable et désireux de nouer des liens, cela l'étonna de l'avoir repoussé ainsi.

"- C'est moi qui suis désolé. En fait, je m'en souviens un peu. Avant ton arrivée, des garçons s'en étaient pris à mon goûter, se moquant de moi, de mes pauvres vêtements et calomniant mes parents. Quand tu es arrivé, ils étaient partis et j'ai crains que tu fasses de même. J'ai déchargé ma peine et ma fureur sur toi.

- Je vois. Qu'est-ce qu'on pouvait se montrer maladroit à l'époque ?

- C'est vrai... mais pourquoi tu me racontes ça ?

- Et bien,..., je ne sais pas trop... J'avais envi que tu saches que tu n'avais pas été seul. Et puis, je venais de me souvenir que c'était dans ce parc, près de cette balançoire que cela était arrivé," confessa Hinata, continuant à regarder les nuages, nostalgique.

L'Uzumaki balaya le paysage et réalisa qu'en effet, c'était vrai. Ses souvenirs refirent surface qu'il fut, à son tour, touché par la nostalgie, avant de reposer ses yeux sur la beauté qu'était sa petite amie. Attendri et désireux de la savoir contre lui, il se leva et d'un mouvement, l'obligea à se lever avant de se rasseoir à sa place, elle sur ses genoux. De peur de tomber, la Hyuga s'accrocha à son cou alors qu'il commença à se balancer et cela de plus en plus haut. Elle se mit à éclater de rire sous le sourire de son aimé, tout en priant pour que la balançoire supporte leur poids. En cet instant, plus rien ne comptait que leur bonheur. Ils venaient de changer un souvenir quelque peu désagréable, en reconstruisant un autre bien plus enchanteur. Puis, d'un mouvement souple, le blond sauta de la nacelle, toujours sa princesse dans les bras, avant d'atterrir sur ses pieds. La reposant à terre, les deux se chamaillèrent comme des gamins dans l'herbe, accompagnés par leur rire.

Un peu plus loin, ce spectacle fut surpris par une personne aux cheveux roses qui passait par là avec une attention bien évidente, mais qui fut contrariée par ce qu'elle avait devant les yeux. Voir la joie des deux amoureux lui fit monter les larmes aux yeux, lui rappelant sa propre solitude, mais étrangement, une certaine chaleur se réveilla en son coeur. L'amour de ces deux êtres était beau à voir au final et n'avait de cesse de l'interroger sur ses propres actes. Elle aurait pu partager leur bonheur, mais au lieu de ça, elle avait choisi le chemin de la destruction et pourquoi ? Pas grand chose finalement. La spectatrice fut bientôt accostée par une autre personne à la longue mèche blonde qui suivit son regard. La vision des deux tourtereaux qui commençaient pourtant à s'éloigner dans un éclat de rire lui tira un sourire bien sincère, avant d'être interpellée par le son de sanglots difficilement contenus. Se tournant vers l'éplorée, elle en écarta les yeux, stupéfaite. Devant elle, son amie avait laissé cour à sa détresse, les larmes inondant ses joues alors que ses mains s'étaient placées devant sa bouche comme pour étouffer ses tristes gémissements.

"- Sakura, que se passe-t-il ?

- Je... Je... je ne sais... pas. J'ai... envi de... pleurer," tenta cette dernière, mais sans arriver d'en dire plus.

Ino dut alors attendre que sa meilleure amie se calma pour connaître les raisons d'une telle affliction. Sa peine fut si difficile à supporter qu'elle l'a prise entre ses bras, lui caressant le dos pour l'apaiser, sentant aussi ses yeux l'a piquée à son tour.

"- Je suis si désolée, Ino, si tu savais, finit par avouer la rose après un bon moment d'avoir déchargée ses pleurs. Comme je regrette ce que j'ai fait à Naruto et à Hinata..., mais surtout à toi.

- Sakura...

- Comment ais-je pu m'en prendre à toi, t'accusant de vouloir me prendre l'amitié de Naruto ?... Alors que... que tu ne m'as jamais abandonnée... C'est en réalité moi qui t'ais abandonnée... Comment ais-je pu ne pas voir leur bonheur ?... A cause de mon aveuglement, j'ai trop perdu,..., votre confiance, votre soutien... J'ai bien vu que vous tous, vous n'êtes plus comme avant avec moi... A cause de moi, j'ai failli briser deux âmes soeurs... En plus, je ne sais même plus si... si je suis vraiment amoureuse de Naruto... Mais j'ai une telle pression sur les épaules... Je me sens parfois si seule.

- Oh Sakura, compatit la Yamanaka, persuadée qu'elle parlait de sa mère. L'amour tapera à ta porte quand tu t'y attendras le moins, j'en suis sûre. Et ce jour-là, tu seras prête à lui ouvrir ton coeur. Puis, tu n'es pas seule. Nos amis sont prêts à t'accueillir de nouveau, tu l'a bien vu... Tu as aussi tes amies de l'Université.

- Pas vraiment," avoua l'Haruno.

Devant les yeux interrogateurs et intrigués d'Ino, la rose lui fit la confidence qu'elle avait le pressentiment que les fameuses amies de son cursus ne l'incluaient plus vraiment à leur discussion, à leur activité, comme si elles désiraient lui faire passer un message ou la prévenir que bientôt elles lui tourneraient le dos. Si ce n'était pas encore le cas, elle présentait que cela n'était plus qu'une question de temps. Et même si c'était un sentiment erroné, même au milieu d'elles, elle se sentait seule, car ce n'était pas du tout la même ambiance qu'avec ceux de son enfance. Ses "amies" respiraient trop l'hypocrisie. Même si au début, être au centre de leur attention était flatteur et plaisant, elle ne se reconnait plus avec elles, surtout que certaines avaient une dent contre Hinata. Cet aveu fit sursauter Ino.

"- Comment ça ?

- Et bien, certaines sont jalouses d'Hinata du fait de son statut d'héritière, de la richesse de sa famille. La voir au bras de Naruto qui avait tapé dans l'oeil de beaucoup d'entre elles a entretenu cette jalousie et leur aversion... J'avoue que c'était un point qui nous a rapproché, mais maintenant que... que je me remets en question, défendant de plus en plus Hinata, leur demandant d'arrêter de la dénigrer... elles commencent à me tourner le dos, finit en pleurs la rose.

- Si elles t'abandonnent pour ce genre de chose, c'est que ce ne sont que des idiotes et qu'elles ne méritent pas ton amitié, essaya de réconforter la blonde. Il vaut mieux que tu n'y penses plus.

- Si tu savais comme vous me manquez. J'ai eu l'impression de revivre quand j'ai accepté ta main tendue.

- Alors reviens vers nous,..., et définitivement, l'encouragea Ino en la regardant dans les yeux, déterminée et prête à tout pour la convaincre de redevenir la Sakura qu'elle avait toujours connu. Redeviens comme avant... Redevenons comme avant."

Oui, la Yamanaka était prête à tout, même à oublier son mensonge et l'emporter dans sa tombe. Les conséquences auraient pu être terribles, heureusement, aucune tragédie n'avait eu lieu. Elle était certaine que cela arrangerait tout, ainsi que la situation tendue dans leur groupe. Si Sakura abandonnait son amour pour Naruto, alors la méfiance abandonnerait les coeurs, elle était certaine. Ino lui sourit tendrement pour appuyer son encouragement. L'Haruno ressentit une nouvelle fois les larmes montées, mais c'était de soulagement et de joie d'avoir à ses côtés une si merveilleuse amie, en plus de Temari, Matsuri, Tenten et bien sûr, Hinata. Les deux soeurs de coeur se serrèrent dans leur bras, partageant la même émotion et tellement d'espoir pour le futur. Elles restèrent ainsi pendant un moment avant de repartir vers un avenir qu'elles espéraient plus sereins, après avoir jeté un dernier coup d'oeil au couple qui disparaissait de plus en plus à leur vue.

De leur côté, Naruto et Hinata, fatigués mais heureux, étaient sur le chemin du retour chez le jeune homme. Quand soudain, l'amoureux transi s'arrêta à cause d'une drôle d'impression. Une sensation d'être observé lui collait à la peau et une goutte de sueur coula sur son dos. D'un mouvement lent, il fit un quart de tour et scruta les bosquets devant lui. Soudainement, il se mit en position d'arrêt, ayant repéré quelque chose. C'était assez flou, mais il perçut un visage caché derrière un foulard et surplombé par un couvre-chef sombre. D'un mouvement rapide et furtif, se sachant repérer, la silhouette tenta alors de se cacher derrière un tronc avant de s'enfuir en courant. La seule chose qu'eut le temps d'entrevoir le blond était deux yeux de couleur des plus clairs, comme ceux des Hyuga, mais il n'en était pas sûr. Cela l'intrigua. La famille de sa princesse aurait-elle osé le mettre sous surveillance pour voir comment il se comportait et s'il était digne d'eux ? Une colère s'insinua en lui avant que le touché d'Hinata le ramène à la réalité.

"- Est-ce que ça va Naruto ? Qu'est-ce que tu regardes ?

- Rien, rien, j'ai cru voir un gros animal derrière les arbres, mais je me suis trompé," lui répondit-il avant de reprendre leur course, la tirant délicatement derrière lui.

L'Uzumaki ne voulait pas l'inquiéter avec cette histoire, surtout qu'il pouvait se tromper. C'était peut-être son imagination qui le travaillait, attisé par son désir de faire ses preuves. Hiashi n'aurait jamais permis un tel espionnage de sa fille aînée. Il fallait vraiment qu'il reprenne son calme, sinon il risquait de se transformer à paranoïaque. Enfin rentrés chez le jeune homme, le couple se retrouva seul. Naruto se souvint alors de ce que les autres occupants lui avaient annoncé le matin même. Sasuke profitaient de Juugo lors d'une sortie, alors qu'Iruka était parti à son tour voir ses amis, dont Kakashi faisait parti. D'ailleurs, ce dernier venait assez souvent chez eux les weekends pour parler avec l'Uzumaki et l'Uchiwa. Il les aidait à préparer à la fois le concours et la suite de leur formation qui devrait se dérouler au sein de l'école militaire de Konoha. Après les vacances, la dernière ligne droite allait se présenter en face d'eux et ils se devaient d'être prêts. Pour l'heure, le blond était seul avec sa dulcinée au sein de son salon et discourait avec elle, en la tenant dans ses bras, aussi proche de lui que possible. Elle avait son oreille très près de son coeur et tous deux parlaient de tout et de rien. Puis, le sujet de la conversation glissa vers celui que voulait aborder le blond depuis un moment déjà.

"- Au fait, Hinata, ça te dirait de passer quelques jours avec moi,..., en fait chez moi et... d'y laisser quelques affaires ?

- Comment ça ?

- Et bien, tu pourrais venir dormir chez moi dès que tu en ressentirais l'envie et sans te préoccuper d'aller chercher des vêtements chez toi puisque tu en aurais ici... Cela nous permettrait de nous voir un peu plus longtemps. Qu'est-ce que tu en penses ?"

Hinata ne savait pas quoi répondre. Son coeur lui criait d'accepter, mais s'il en profitait pour la pousser à passer le cap, serait-elle capable de le repousser sans le blesser. A chaque fois qu'elle refusait, elle voyait sa déception grandir de plus en plus. Elle avait peur de craquer, oui de craquer face aux avances érotiques de son aimé. De plus, qu'allait dire les anciens et son père ? Ajouté à cela, Neji allait péter un câble s'il l'apprenait. Cela allait surement ajouter du bois sur le feu. Elle ne voulait pas que toute sa famille lui saute dessus en le dénigrant et en insistant pour qu'elle rompit avec lui. Plus elle prenait de temps à réfléchir, plus Naruto stressait. Il espérait tellement que sa douce accepta sa proposition. Malheureusement, cela n'en prenait pas le chemin. La perspective d'un refus le blessa. Peut-être qu'elle ne l'aimait pas autant qu'il pensait, ou alors il s'est montré trop empresser. Cependant, il en avait un peu marre d'être le seul à ne pas bénéficier de la présence de sa douce du matin jusqu'au soir, en plus de la nuit. Combien de fois il avait entendu ses amis les quitter pour rejoindre leur petite-amie afin de profiter d'elle sur plusieurs jours et cela sans honte ? Un nombre incalculable de fois. Il aimerait tant être celui qui leur annonce cela à présent.

"- Tu ne veux pas, tenta-t-il déçu.

- Ce... Ce n'est pas ça. Je serai heureuse de passer plus de temps avec toi, mais...

- Mais...

- Je ne voudrais pas que tu ais des problèmes avec ma famille à cause de moi. Elle est très conservatrice et j'ai peur qu'elle s'en prenne à toi, surtout certains anciens. Et puis, il y a Neji. Il risque de te tomber dessus et de te faire vivre un enfer. Que vont-ils en dire ?

- Ils peuvent dire ou penser ce qu'ils veulent, je n'en ais rien à faire, seulement toi et moi comptons. Ils ne me font pas peur, tu sais. Quand à Neji, ne t'inquiète pas. Il s'y fera à la longue. Sinon, tant pis pour lui, s'il veut se battre, je suis son homme, affirma Naruto avant d'avoir un doute naître au fond de ses entrailles qu'il se dégagea de sa dulcinée pour se lever en serrant les poings. A moins que tu ais honte de moi.

- Non, non, bien sûr que non. Comment peux-tu y songer ? Se redressa Hinata, en panique au vu du ton dur qu'il venait d'employer.

- Et bien, tu sembles donner la priorité à ce que pense ta famille et non à notre amour ou à notre couple, alors je me pose parfois la question.

- Cela n'a rien à voir. Je me fais juste du souci pour toi. Il ne faudrait pas que cela compromette ton avenir en accaparant toute ton énergie, alors que tu as le concours qui approche. Certains anciens peuvent aller très loin.

- Ok, certains de ces vieux croûtons vont râler mais qu'est-ce qu'ils peuvent faire... rien... Mais toi, qu'est-ce que te crie ton coeur ?

- Ce que veut mon coeur ?

- Oui, que veux-tu, au plus profond de toi ? Voilà, ce qui compte et pas les décisions de plusieurs tierce personne, insista l'Uzumaki au bord de la crise de nerf.

- ... Je..., hésita Hinata en baissant la tête vers ses genoux où ses doigts s'entrelaçaient fortement en tremblant, anxieuse qu'elle était.

- Laisse tomber, souffla le blond, l'interrompant et lui tournant le dos. J'ai compris... Je me suis encore monté la tête en voulant aller trop vite... Bon, il est presque temps pour toi de rentrer. Profitons de ce qu'il nous reste au lieu de nous disputer."

Le ton respirait tellement la tristesse et la déception que le coeur d'Hinata s'arrêta pendant une microseconde, sautant dans sa poitrine. Elle avait l'impression d'avoir reçu une flèche en son centre qu'elle en croisa les mains. Ses yeux la piquèrent. La désolation de son aimé était ce qu'il avait plus dure à vivre en cet instant, mais que pouvait-elle faire. Malgré un petit sourire sur le visage, son petit-ami ne pouvait pas lui cacher sa tristesse. Elle n'était pas dupe et les larmes montèrent, affligée d'être la raison de sa déception. En effet, son refus affirmé à demi-mots était un poignard pour Naruto. Il se sentait vide. La sensation de la solitude venait de refaire surface, lui glaçant le sang, mais il ne pouvait la forcer. D'un côté, il la comprenait. Il ne voulait pas être celui qui la coupa de sa famille qui comptait aux yeux de sa belle. Il avait souffert de ne pas en avoir et il ne désirait pas que sa princesse connaisse cette douleur. Il expira un bon coup avant de refaire face à Hinata qu'il sentit deux bras lui entourer la taille alors qu'un poids se logeait entre ses omoplates.

"- Je t'en prie, Naruto, ne m'en veux pas, sanglota la voix de sa belle, lui sciant le coeur en deux. Je ne voulais pas te blesser ou que tu doutes de moi et de mon amour pour toi... Crois-moi. Je t'aime... Je t'aime depuis tellement longtemps, mais c'est ma famille. Je ne peux pas tourner le dos comme ça à...

- Ce n'est pas grave, Hinata, l'interrompit-il. Ne pleure pas. Ce n'est pas ce que je veux.

- ... Naruto,..., je suis prête à accepter ta proposition.

- C'est vrai, s'enthousiasma le blond qui quitta son visage triste pour un faciès de joie indéchiffrable en se tournant vers sa belle.

- Oui, mais j'aimerai qu'on garde cela pour nous... Certains de nos amis à qui on a confiance comme Tenten, Sasuke ou Juugo, ça va, mais on n'en parle pas à Neji, ni à ma famille.

- Tout ce que tu veux, ma princesse," éclata de bonheur l'Uzumaki, ne prenant pas vraiment attention à ce qu'elle avait dit.

En effet, il était tellement heureux de savoir qu'à partir de ce soir, il pourrait espérer avoir sa petite-amie sur plusieurs jours qu'il ne se rendit pas compte de ce que la condition d'Hinata impliquait. Leur couple allait vivre un peu dans la clandestinité. Cependant, c'était la seule solution qu'elle avait trouvé pour préserver son amour de l'intransigeance de certains anciens, mais surtout de Neji. Elle était aussi consciente qu'elle fuyait, d'un certain point de vue, la confrontation avec les réfractaires. Toutefois, la force lui manquait d'y faire face et le conflit n'était pas dans ses projets tellement elle en avait horreur. Elle se sentait à chaque fois si désarmer dès qu'elle en était le centre, incapable de se défendre. Concernant sa crainte, la Hyuga s'était souvenue que son blond lui avait aménagé une chambre à son intention, donc le risque d'aller à l'encontre de ses convictions et de craquer était bien diminué. S'ils ne dormaient pas ensemble, elle espérait se préserver en quelque sorte. Pour l'heure, Naruto, heureux comme un pape, la prit dans ses bras et captura ses lèvres, empressé de lui transmettre sa joie, la sortant de ses pensées.

Ce baiser fougueux eut le don de la prendre au dépourvu et par surprise. Hinata en écarta les yeux, mais bientôt, elle se laissa envahir par ce toucher sensuel. Fermant les paupières et se collant contre lui, ses bras autour de sa taille, elle y répondit. De plus en plus passionné, son aimé joua avec ses chaires charnues, les mordillant doucement et les chatouillant des siennes. Du bout de la langue, il quémanda l'entrée et partit à la recherche de celle de sa bien-aimée qui tentait tant bien que mal de suivre le rythme des envies de l'homme qu'elle aimait depuis si longtemps. Malheureusement, il était si fiévreux, si empressé qu'il rendit, sans en prendre conscience, son baisé beaucoup moins plaisant. Il donnait l'impression que de n'écouter que ses désirs et non ceux de celle à qui il aurait pourtant voulu les transmettre à l'identique. Malgré que sa respiration devint un peu plus saccadée, témoignant de l'effet qu'avait sur elle le touché de son blond, Hinata se sentait de plus en plus oppresser par l'impatience de Naruto. Celui-ci, poussé par ses pulsions et une chaleur de plus en plus incontrôlable, les fit basculer sur le canapé, elle sous lui alors qu'il poursuivait son assaut buccal.

Sous la sensation du tissu sur son dos, Hinata en lâcha les lèvres de Naruto, lui permettant alors de reprendre un peu son souffle. Quand à lui, il eut le loisir de se consoler de cette perte de contact charnel en s'attaquant à son cou blanc, lui déposant des baisers enflammés, mais manquant d'une certaine douceur. Cette brusquerie, au lieu de réveiller l'appétit sensuel de sa douce, la tendit encore plus. En réalité, elle était entre deux eaux. Une partie d'elle réagissait érotiquement à ses caresses, mais la seconde avait envi de fuir la douleur. En effet, et malheureusement, son blond n'était pas des plus délicats quand il passait sa bouche sur sa peau albâtre, la mordillant un peu trop fort à son goût. Ses mains, qui s'insinuaient sur ses jambes à peine recouverte d'un collant, appuyaient trop forts sur sa peau et ses doigts s'enfonçaient trop profondément dans sa chair, alors qu'il se trouvait à califourchon au-dessus d'elle. Hinata ne savait pas quoi faire, comment lui faire comprendre qu'il était trop brutal avec elle, que ses sensations au lieu d'être agréable, n'étaient que désobligeance. Elle ne voulait pas lui faire de nouveau de la peine en mettant en cause son empressement amoureux, bien que violent.

Alors qu'elle cherchait un moyen de le repousser gentiment sans mettre à mal sa fierté masculine, Naruto commença à glisser une de ses mains sous son pull, toujours sans délicatesse, tout en continuant à s'attaquer à son cou et à ses clavicules. Il désirait tant sentir la douceur de la peau de sa belle encore plus, et toujours plus qu'il était comme déconnecté, inconscient de son mal être. Pourtant, elle se trémoussait sous lui dans l'espoir de se dégager, mais le cerveau de son aimé ne semblait pas vouloir le voir ainsi, interprétant ses gestes nullement comme une fuite. Les doigts de l'Uzumaki, toujours sur son ventre blanc, se décidèrent de descendre à sa taille puis sous ses genoux l'incitant à écarter ses jambes. D'un mouvement brusque, le bassin de l'amant se retrouva contre l'entrejambe de sa belle. Ce geste se fit si promptement, sans aucun contrôle, qu'Hinata en sursauta, mais pas de plaisir, bien au contraire, en plus de la surprise.

Par contre, Naruto, au vu de sa nouvelle position, en grogna de satisfaction, interprétant le sursaut comme un appel. Allait-il enfin connaître la félicité que tous hommes connaissaient auprès de la femme qu'il aimait ? Dans cette perspective, il bougea son bassin, frottant son propre entrejambe, qui continuait à se réveiller, contre celui de sa princesse. Cependant, encore une fois, il en oublia la douceur, mais surtout qu'il était en jean. Les coutures du pantalon, au lieu de représenter une source de plaisir, étaient rêches, même au travers de la culotte d'Hinata. Celle-ci gémit cette sensation qui ressemblait plus à une brûlure qu'à une caresse, alors que celui qui en était l'auteur grognait de bonheur les décharges qu'il ressentait le traverser à ce contact. Il en cessa même ses baisers pour s'y perdre, alors que ses mains s'empressèrent de s'immiscer de nouveau sous le pull de sa copine dans l'espoir de l'enlever. Cette dernière, en plus de ne pas être à l'aise, toujours coupée entre douleur et chaleur naissante, paniqua complètement. La peur grandit. Si des caresses pouvaient être à la limite de l'insupportable, alors qu'est-ce que serait la pénétration, ne put-elle s'empêcher d'angoisser. Et puis, elle ne voulait pas, pas maintenant, pas sans être sûre de l'engagement de Naruto à son égard.

Rester inactive depuis le début, prisonnière de son aimé, Hinata posa ses mains sur les épaules de ce dernier et serrant le tissu entre ses doigts, tenta de le repousser. Le blond sentit ce mouvement. Au début, il n'en fit pas grand cas, mais la pression se fit plus présente et les sursauts de sa princesse ayant augmenté, mais pas pour aller à l'encontre de son frôlement,..., non, pour le fuir, l'intriguèrent finalement. Prenant enfin conscience que quelque chose clochait, il leva enfin les yeux sur sa copine. Son coeur en sauta d'inquiétude. Elle affichait un visage angoissé avec des larmes sur le point de couler. Ce n'était pas ce spectacle qu'il aurait voulu assister. Il aurait voulu lire dans ses pupilles de nacre désir et volupté et non peur et souffrance. Qu'avait-il fait de travers ?

"- Hinata,

- Naruto, pardonne-moi,..., mais je ne...

- Qu'est-ce qui se passe ? Ca ne va pas ?

- ... Je...," hésita la jeune femme qui hésitait à lui dire la réalité de ses sensations et baissa les yeux, ne prononçant plus de mots.

Face à ce silence, Naruto se redressa, la libérant de son poids pour s'asseoir à ses côtés. Puis, n'y tenant plus, il souffla et se leva, la colère se mélangeant à sa frustration. Il fit les cent pas pour se calmer, mais surtout son excitation. Son sexe s'était bien réveillé et maintenant, il se devait de l'endormir sans assouvir ses désirs. Cela devenait de plus en plus difficile. Son esprit élaborait toutes les suppositions possibles et inimaginables. Elles allaient de la plus crédible à la plus absurde. Il mit même en doute les sentiments d'Hinata dans la balance. Quand il réalisa cette pensée, il secoua la tête, culpabilisant d'avoir osé penser à cette hypothèse. Elle l'avait toujours aimé et elle venait d'accepter de laisser des affaires chez lui. Pourtant, elle se refusait encore à lui. Pourquoi ? Voulait-elle se préserver jusqu'au mariage ou... pour un autre ? Il maudit instantanément son cerveau de lui souffler encore cette idée d'un amour qui se serait effrité. Cependant, il n'arrivait pas à éloigner cette idée de lui, ne pouvant pas s'empêcher de voir l'image de Kiba séducteur apparaître devant lui. Son visage torturé fit mal à Hinata et lui montrait qu'elle était l'origine du tourment de son aimé. Il était maintenant si crispé. N'arrivant plus à le voir ainsi, tourmenté, elle se leva à son tour et se colla une nouvelle fois à lui, lui prenant le visage entre ses mains pour l'embrasser tendrement.

"- Naruto, je t'aime.

- Alors pourquoi ? Demanda le blond. A moins que tu n'en ais pas envi. Moi, je te désire tellement à chaque minute. Tu es si enivrante... Quand on aime, c'est normal de désirer l'être aimé, non ?

- Oui,..., je suppose.

- Tu supposes ?!

- Naruto, je... n'ai aucune expérience... que ce soit dans une relation amoureuse ou sexuelle... Je suis encore... vierge," avoua Hinata toute rouge.

Face à cet aveu qui n'en était pas vraiment un pour le jeune homme, son humeur s'en vit descendre vers une nouvelle sérénité. Une fierté remplaça sa colère, même si la frustration resta assez haute en son coeur. En fait, elle avait même accru. Etre le premier, celui qui reste dans la mémoire aussi longtemps que la personne vivait, était tout ce qu'il désirait en réalité. Cependant, encore une fois, il ne pouvait pas concrétiser ce souhait.

"- Je sais que c'est pathétique à notre époque, surtout à mon âge, mais..., continua sa princesse, Je souhaite tant le faire dans un amour fort et partagé que je n'ai jamais compris ces jeunes qui se donnent juste pour se donner une image d'adulte ou juste parce qu'ils sont en couples, alors qu'au fond d'eux, ils ne sont pas prêts et parfois même pas si amoureux que cela.

- Tu n'es pas pathétique, bien au contraire. N'écoute pas les jaloux... En fait, j'avoue que j'en suis heureux.

- C'est vrai ?!

- Bien sûr. Je suis fier d'avoir été le premier à t'embrasser, d'être celui qui te fera connaître ta première fois et... l'unique, je l'espère. Personne d'autre que moi a le droit de te toucher... Cependant, pourquoi tu me...

- J'ai peur, Naruto. Peur de ne pas savoir m'y prendre, peur de ne pas te satisfaire, mais surtout... peur de la douleur... Je ne me sens pas prête. C'est pourquoi je me sens si nulle de te repousser ainsi. Ne pas être prête à mon âge, c'est...

- Je t'ai dit de retirer cette idée de ta petite tête," insista Naruto en lui prenant le visage entre les mains pour la fixer dans les yeux.

Face à la chaleur et à la détermination de la convaincre qui émanaient des pupilles azurs de son aimé, Hinata lui sourit amoureusement avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres pour ensuite se blottir contre son torse. Alors qu'il l'enlaçait à son tour de ses bras, et même si elle était heureuse qu'il ne moqua pas de sa virginité, elle était tout de même un peu mal à l'aise. Oui, d'un côté, elle ne se sentait pas prête et elle avait peur, surtout au vu des gestes quelques peu brutaux de son petit-ami. Cependant, elle n'arrivait pas à soulager son coeur en lui en parlant et en abordant la première raison à son refus, c'est-à-dire son désir d'attendre le mariage pour offrir son innocence. Une autre crainte lui bloquait les mots au fond de la gorge. Elle espérait du fond de son âme que ce soit Naruto qui lui passerait la bague au doigt, mais elle ne voulait pas faire des plans sur la commette en se donnant à lui, en espérant passer devant l'autel après. Elle refusait également de lui forcer la main en le mettant devant des responsabilités qu'il n'avait pas souhaitées, comme un enfant. En effet, bien qu'à son époque, on ne passait plus devant le curé pour laver une faute, elle était certaine que Naruto l'aurait fait pour elle, pour le bébé, pour qu'il grandisse au milieu d'une famille.

Etranger à toutes les pensées de sa belle, le blond s'enivra de son parfum en humant ses cheveux. Comme il aimerait passer le cap avec elle, mais la peur était visiblement la plus forte. Il allait devoir encore attendre. Cependant, un doute substituait en lui. Et si le problème venait de lui ? Il n'avait pas non plus d'expérience dans la matière et ne comptait pas coucher avec n'importe qui pour en avoir. Peut-être qu'il n'arrivait pas à susciter en elle le désir, à moins qu'elle ne le trouve pas désirable. Un peu angoissé d'avoir une réponse qui le fustigerait, il prit son courage à deux mains.

"- Euh, dis-moi Hinata...

- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?

- Euh, comment dire... Est-ce qui je m'y prends mal ?... Enfin, est-ce que j'arrive à t'enivrer de désir ?

La question étonna grandement Hinata. Elle ne s'y attendait pas. Cette interrogation lui soufflait qu'il était aussi puceau. Cette idée lui réchauffa le coeur et elle comprenait un peu ce que pouvait ressentir un homme à la perspective d'être le premier. Certes, cela ne touchait pas vraiment sa fierté comme cela pourrait être le cas pour son compagnon, non c'était plus une affection plus profonde, un sentiment encore plus amoureux. Néanmoins, ce n'était qu'une supposition, car il ne lui avais jamais déclaré sa situation clairement et elle n'était pas femme à lui poser directement la question. Cela touchait à sa vie privée et tout le monde avait le droit à son jardin secret. Il était libre de lui en faire la confidence. Surtout dans la seconde, elle était assez préoccupée. Comment allait-elle lui répondre ? Lui dire la vérité ou un petit mensonge ? Déjà qu'elle l'avait blessé et qu'elle était consciente que son énième refus de se donner à lui, avait sûrement augmenté cette blessure à son orgueil. Alors que déclarer ?

"- Hinata, commença à s'inquiéter Naruto.

- Et bien,..., tu te montres un peu brusque, je l'avoue. Néanmoins, je ne désire pas un autre que toi."

Cette réponse sembla satisfaire le blond. En effet, bien que d'avoir été qualifié de brusque, sa déclaration comme quoi sa douce ne voulait que lui, qu'elle ne souhaitait que ce ne soit que ses mains qui puissent la toucher, augmenta son amour pour elle. D'un geste doux et avec quelques rougeurs que ses paroles avaient engendrées, il captura de nouveau les lèvres d'Hinata qui y répondit. Ce baiser n'était pas aussi passionné que les précédents, mais étrangement, cette douceur, ce frôlement engendra une chaleur qui se propageait dans tout son corps et une sensation de désir dans son bas-ventre qui se gonflait au fil des secondes, prête à la faire flancher. Une part d'elle fut déçue quand leur échange fut terminé, mais une autre fut consternée par les pensées érotiques qui venaient de la traverser. Ses convictions étaient-elles donc si faibles pour que ce simple toucher plus sensuel que les autres ait eu un tel effet sur elle ? Cependant, bientôt d'autres pensées la détournèrent de tout cela, elle se sentait un peu coupable. Elle ne lui avait pas avoué toute la vérité. Ce n'était pas non plus un mensonge, mais juste une demi-omission. La Hyuga lui avait fait la confidence de sa brusquerie et non de la douleur qu'elle avait ressenti quand son aimé lui caressait avec un peu trop de vigueur sa peau. Elle ne voulait surtout pas lui faire de la peine.

"- Pardon pour ma brusquerie, ma princesse, reprit la parole Naruto. Ma seule excuse est mon envie de toi. Elle déborde tellement que j'ai du mal à me contrôler.

- Ce... n'est pas grave, rougit Hinata, un peu déstabilisée.

- En tout cas, rassure-toi. Je suis prêt à patienter, affirma le blond en la regardant dans les yeux. Fait-moi juste signe et je serai à tes pieds dans la seconde."

Cette déclaration fit sourire, presque rire, sa petite-amie tellement le ton était plaisant à entendre et ses pupilles azur remplies d'espièglerie. Bien que ce fût son désir de détendre la nymphe dans ses bras, il fallait que l'Uzumaki reconnaisse que c'était aussi pour cacher son impatience et sa déception, mais il comprenait. Sa brusquerie et son empressement avaient dû la mettre dans une situation qui n'était pas empli de désir, bien au contraire. Cependant, il avait toujours pensé qu'une caresse aussi érotique éveillait les sens chez l'autre. Visiblement, ce n'était pas toujours la vérité. Hinata venait de le lui prouver, à moins qu'elle soit plus sensible. Le blond se demandait s'il ne devait pas en parler à quelqu'un qui avait un peu d'expérience.

Neji et Kiba s'étaient morts, surtout pour le cousin de sa belle. Jamais il ne se confierait à l'Inuzuka, au vu de son comportement. Il ne faudrait pas qu'il en profite. Gaara et Shikamaru avaient plutôt tendance à ne pas se préoccuper des affaires des autres, mais surtout, refuseraient de parler de leur vie privée. Shino ? C'était un peu pareil, et puis, considérant Hinata comme sa soeur, il n'allait certainement pas être facile pour lui de la songer dans des circonstances des plus intimes. Choji ? Possible mais là, l'obstacle s'était Karui qui, malgré son fort caractère, gardait leur intimité très secrète. Ne voulant pas subir ses foudres, il n'allait pas interroger l'Akimichi. Il ne restait plus que Sasuke, Iruka et Jiraya.

Pour les deux derniers, Naruto ne se voyait pas, à son tour, vider son sac sur sa plus stricte intimité avec eux, surtout pour leur avouer d'être encore puceau. Il s'imaginait déjà les moqueries de son parrain. Quand à son tuteur, étant lui-même célibataire, il ne voulait pas lui faire de la peine en lui envoyant à la figure le rappel du constat qu'il était seul. Pour son frère de coeur, il pourrait se confier à lui, mais étant homosexuel, saura-t-il se plonger dans sa peau. Sûrement. Savoir qu'il avait eu des sentiments vraiment amoureux pour sa personne ne l'aidait pas vraiment. Il avait peur de le blesser également en lui rappelant qu'il avait été dans l'incapacité de répondre à son amour. Bien sûr, le ténébreux avait maintenant Juugo et il était certain qu'il l'aimait sincèrement. Ainsi, qu'est-ce qu'il l'empêchait de le prendre comme confident et conseiller ? L'Uzumaki l'ignorait complètement en réalité, à moins qu'il ait tout simplement trop de fierté pour se livrer ainsi.

Enfin, pour le moment, il profita d'avoir contre lui sa belle princesse quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Sasuke et son amant firent bientôt leur apparition. S'ensuivit une discussion entre les deux couples jusqu'à ce qu'il soit l'heure pour Hinata de renter chez elle, escortée toujours par son petit-ami. Sur le perron de sa demeure, la Hyuga offrit un dernier baiser à le blond qui n'en loupa pas une seconde de bien-être. Cependant, avant de franchir la porte de sa maison, elle eut une dernière parole pour son aimé.

"- Naruto, pour mes cours particuliers, durant les weekends où tu viendras sur Konoha, je les décalerais à un autre jour.

- Tu serais prête à faire ça pour moi, s'étonna le jeune homme, touché par cet énième geste pour le combler.

- Oui. Par contre, si cela s'avère parfois impossible, j'espère que tu le comprendras.

- Bien sûr et merci, ma princesse... Je t'aime.

- Je t'aime aussi... et à jamais," renchérit la Hyuga.

Naruto la serra une dernière fois avant de la laisser s'engouffrer chez elle. Comme il était heureux d'avoir une telle petite-amie, pensa-t-il en souriant sur le chemin du retour. Il fallait vraiment qu'il se donne à fond pour mériter un tel amour, un amour si puissant, si exclusif. En tout cas, s'il avait eu devant lui Kiba, il aurait pu le narguer d'un beau dans tes dents, mon vieux. Hinata n'était pas prête à lui glisser entre les doigts. Quand il ait atteint son domicile, le blond reçut un sms qui contenait une invitation d'Ino. Celle-ci invitait tout le groupe au restaurant. Apparemment, elle avait quelque chose d'important à leur dire. Curieux et des plus intrigués, l'Uzumaki lui répondit qu'il sera présent. Dans la foulée, il contacta sa douce pour savoir si elle venait également. Suite à son affirmation, il s'organisa avec elle pour venir la chercher. Après s'être décidés, les deux tourtereaux se souhaitèrent une bonne nuit avant de se retrouver le lendemain.

Ainsi, ils se dirigèrent tous deux à l'heure dite devant la vitrine du lieu qui recevrait leurs amis et eux-même pour une bonne gastronomie. Y entrant, ils saluèrent tout le monde et ce fut main dans la main qu'ils participèrent à la discussion en attendant la fameuse révélation de la Yamanaka. Cependant, cette dernière traînait et une certaine tension nerveuse émanait de Sakura qui se trouvait auprès de sa meilleure amie. Son stress fut espionné par Sasuke qui ne réussit pas à résister à poser la question que tout le monde avait dans la tête.

"- Bon, Ino, pourquoi tu as tenu à nous faire venir ?... A moins qu'en réalité, ce soit Sakura la véritable responsable de cette réunion et que ce soit elle qui doit nous parler.

- Toujours aussi perspicace, Sasuke, souffla Ino. Je vous ai fait réuni parce que...

- Laisse, Ino, intervint la rose en se levant, dont l'intervention du ténébreux eut le don de la mettre au pied du mur. Sasuke a raison, c'est en réalité moi qui doit vous annoncer quelque chose,..., ou plutôt, qui a besoin de faire acte de repentance."

A cette confidence, le silence se fit autour de la table. Tous étaient toute ouïe dans l'attente de la suite. Naruto ne quittait pas des yeux sa meilleure amie, un peu tendu par ce qui allait être prononcé. Cette nervosité fut ressentie par Hinata qui lui caressa la main de ses doigts pour le soutenir. A ce touché, il se tourna vers elle et lui offrit un sourire rassurant, la remerciant de son regard azur pour son soutien. En tout cas, les deux espéraient que ce soit enfin l'enterrement de la hache de guerre définitivement. Le blond s'en sentirait si soulager qu'un poids le quitterait de ses épaules. Il en était persuadé. Il était également certain qu'il ne sera pas le seul à partager son état d'esprit. Sasuke en faisait parti. Naruto le connaissait et il savait que la situation avec Sakura le pesait, même s'il ne le montrait pas. Ino retrouverait aussi sa meilleure amie et ne souffrirait plus comme il y a encore quelques semaines. Bon, la première personne à qui il pensa, était bien sûr Hinata. L'absence de tension entre les deux femmes de son coeur rendrait surement leur relation plus apaisée et, pourquoi pas, permettrait une nouvelle amitié aussi forte que durant leur adolescence.

"- Je... je veux vous demander pardon du plus profond de mon âme, continua Sakura après un temps de silence pour rassembler ses idées, les larmes aux yeux et la tête baissée, n'osant regarder les convives dans les yeux. A tous, vraiment, je ne sais pas comment vous montrer ma sincérité, mais je vous assure, je suis désolée..., si désolée de ce que je vous ais fait vivre ces derniers mois. J'ai été méchante, hautaine, vous snobant et j'en passe... Je m'en suis prise à vous,..., surtout à vous deux,..., Naruto et Hinata.

-...

- Pardon,..., pardon, pleura Sakura en tombant sur les genoux. Je vous en prie, pardonnez-moi."

Cette attitude eut le don de clouer le bec à tous et à leur couper le souffle. C'était la première fois que la rose se mettait dans un tel état, présentant des excuses qui semblaient venir de ses tripes. Les filles avaient envi de pleurer, l'accompagnant dans son affliction, même Tenten et Karui, les plus méfiantes, eurent une petite larme au bord de la paupière. Les garçons étaient émus, bien qu'ils le cachaient, sauf peut-être Neji. Ce dernier était toujours aussi méfiant vis-à-vis d'elle. Pour lui, il était presque impossible qu'elle soit réellement sincère. Quand à Sasuke, il resta stoïque mais eut un léger micro-sourire de soulagement et de satisfaction. Il était presque heureux qu'enfin sa meilleure amie se rende enfin compte de ses actes et ait le courage de se livrer ainsi à leur jugement.

Ino allait l'enlacer qu'elle fut devancée par Lee. C'était le plus touché par l'attitude de la rose, son amour pour elle rentrant en résonance avec sa peine. Le disciple de Gaï tentait par son étreinte de la rassurer et de la réconforter. Ce spectacle prit au dépourvu les autres. En effet, Sakura ne le repoussa pas comme à ses habitudes, bien au contraire. Bien qu'elle ne le serrait pas dans ses bras, elle accepta son étreinte, pleurant sur son épaule. Ce manque de réaction véhémente à l'égard de son prétendant de toujours eut le don de convaincre, même les plus septiques, même Neji s'interrogeait sur ses aprioris, tout en restant des plus prudents. Il n'allait tout de même pas laisser l'Haruno sans surveillance et lui donner l'absolution sans preuves tangibles de sa repentance. Il se devait de protéger Hinata. D'ailleurs, tournant le regard sur cette dernière, il la vit accompagner Sakura dans son affliction, laissant les larmes coulées. Tenten le regardait faire et eut une pointe dans son coeur.

En effet, la rose s'en était prise à elle aussi, mais la première personne à qui son petit-ami pensait n'était pas elle. C'était à Hinata. Bon, elle devait reconnaître que sa meilleure amie fut la cible privilégiée de la rose, souffrant le plus, mais tout de même, il pourrait aussi avoir une petite pensée pour elle. Sentant sa dulcinée tremblée quelque peu à son côté, le Hyuga daigna enfin la gratifier de sa sollicitude, se souvenant enfin que sa douce fut également victime des sarcasmes de l'Haruno. Il la colla à lui et lui fit la bise sur la tempe, en espérant que cela suffirait à lui transmettre son soutien. Bien qu'un peu peiner par le manque de réactivité immédiate de son aimé, Tenten lui montra un doux sourire, un peu soulagée de le voir s'occuper d'elle. Malheureusement, elle avait un petit vide au fond d'elle. Bon, pour le moment, tous devaient décider s'ils étaient prêts à pardonner à Sakura. Son état était à la frontière du misérable et appelait la compassion.

Face au manque de réaction du groupe, Ino plaida pour sa soeur de coeur et le demanda comme une faveur. Quand cela fut fait, Shikamaru, qui ne voulait pas laisser la Yamanaka devenir le garant de la rose, un peu douteux quand même sur la sincérité de celle-ci, décida de soutenir, pas l'Haruno, mais son amie d'enfance pour la protéger. Temari, ayant confiance au jugement de son aimé suivi, et puis, malgré les défauts de Sakura, leur joute verbale lui manquait. Son exemple fut suivi par le reste de leurs compagnons, même si certains restèrent un peu prudent, comme à l'exemple de Neji, mais qui céda face aux yeux de chien battu de Lee. Décidément, tous désiraient enterrer cette histoire pour enfin retrouver l'ambiance qu'ils avaient tous connus pendant des années. Suite à toutes ses émotions, les jeunes adultes fêtèrent leur réconciliation comme il se devait autour de la table et d'un verre. Naruto était heureux car enfin, il espérait vivre son amour pour Hinata et son amitié pour Sakura de façon plus sereine et sans se poser de questions sur les intentions de la seconde.

La rose en fut tellement émue qu'elle sourie, reconnaissante envers ses amis d'enfance. Elle se demandait encore une fois comment elle avait pu leur tourner le dos. Le reste du repas se passa donc merveilleusement bien jusqu'à que tous finirent par marcher au centre commercial où les filles entraînèrent leurs petits-amis respectifs dans les rayons soit de vêtements, soit de bijoux. Naruto souffla discrètement quand il réalisa qu'il était le seul à ne pas servir de porteur, Hinata n'ayant besoin de rien. Elle conseillait, donnait son avis, mais n'acheta rien. Cependant, il aurait voulu l'avoir pour lui tout seul. Bon, il se consolait car il voyait bien sa meilleure amie tenter de se rapprocher de sa dulcinée prudemment mais résolument, et de lui-même. En tout cas, les événements avaient l'air de prendre le bon chemin. D'ailleurs, l'Haruno profita d'un moment où le trio se retrouva seul pendant que les autres s'étaient éloignés d'eux. Toute penaude, elle les interpella, les yeux baissés, n'osant pas les regarder.

"- Hinata, Naruto, même si je l'ai déjà fait au restaurant, je voudrais vous présenter plus particulièrement à tous deux mes plus plates excuses... Je n'ai pas vraiment de raisons valables, en réalité à mon comportement. Je ne suis même pas sûre que la jalousie en soit une... Je vous ais blessés tous les deux, principalement toi Hinata... Tu ne m'as jamais fait du mal, et pourtant, cela ne m'a pas empêchée de m'en prendre à toi, t'insultant. Pourquoi ? Car je pensais être amoureuse de Naruto...

- Pensais...?" La coupa Sasuke, un peu suspicieux.

Ce dernier qui s'était montré discret, s'éloignant du groupe, accompagné par Juugo pour visiter les magasins orientés plus informatique et multimédia, venait d'espionner les paroles prononcées par Sakura. Celle-ci leva les yeux vers lui avant de retrouver son attitude de repentante, le rouge un peu aux joues. Cette teinte fut vue par le ténébreux qui priait pour que ce ne soit pas le retour des faveurs de la jeune femme aux yeux émeraudes, à moins que ce soit de gêne d'avoir été écouté ainsi à la sauvette. Laissant cela de côté pour le moment, il continua.

"- Alors, tu te serais méprise concernant tes sentiments pour Naruto ?

- Et bien,..., j'avoue encore être un peu perdue et que j'ai encore quelques élans,..., mais ils sont flous et moins identifiables ou plus proche d'une forte amitié que d'un amour qui lie tous nos chers couples.

- Je vois. Tu es entrain de faire le point, comprit l'Uchiwa. Ne serait-il pas mieux pour toi de t'isoler pour cela ?

- Peut-être, avoua l'Haruno en réussissant à le défier du regard, lui montrant que celle qu'il avait connu était entrain de revenir devant lui. Cependant, je n'en peux plus de la solitude. Je pense en être capable et reprendre mes esprits au milieu de vous.

- Très bien, affirma Sasuke. Tu as tout mon soutien, mais je te préviens, pas de coups bas, sinon...

- Sas'ke, arrête, l'interrompit Naruto. Pour une fois que tout semble s'arranger, ne gâche pas tout avec ton éternel pessimisme de tout voir en noir.

- Et toi, méfie-toi de ne pas trop te laisser aller à ton optimisme à toute épreuve qui risque de te cacher la réalité, se défendit son frère de coeur.

- Ne vous disputez pas, intervint Sakura. Surtout à cause de moi, je ne le mérite pas. Naruto, c'est normal que Sasuke se méfie. Il a toujours été méfiant concernant les relations humaines. C'est comme ça qu'on l'aime, non ? Et puis, ce côté là de sa personnalité a toujours réussi à t'empêcher à te précipiter tête baissée contre un mur. Tu t'en souviens ?

- C'est vrai, ria un peu le blond à quelques souvenirs de son enfance. C'est vrai que son pragmatisme m'a évité des ennuis avec quelques gros bras."

A l'évocation de ce souvenir, Hinata, qui était restée silencieuse, le regarda, attirée par son rire. Il avait les yeux pétillants. Surtout, il partageait visiblement quelques choses de fort avec ses deux meilleurs amis, qu'elle se sentait un peu étrangère à leur échange. Son aimé donnait l'impression de s'être détendu d'un coup alors qu'elle l'avait espionné plus d'une fois regarder derrière son épaule, tendu, comme s'il avait ressenti une présence derrière eux. En effet, depuis avoir surpris cette silhouette aux yeux clairs au parc la veille, l'Uzumaki se surprit à être un peu sur le qui-vive quand il était avec sa princesse, ressentant comme une présence. Pour dire la vérité, il n'était pas le seul à la percevoir. Hinata, elle-même, se sentait parfois observer, mais elle mettait cela sur les épaules de Neji. Elle présentait que son cousin n'arrêterait pas du jour au lendemain de surveiller son couple.

Pour l'heure, elle ne savait pas comment réagir. Elle était heureuse que Sakura veuille enfin faire la paix, mais la prudence sonnait à sa porte, attendant qu'elle lui ouvre l'accès à son coeur et à son esprit. Un peu apeurée par cet échange qui montrait la complicité du trio qu'elle ne partageait pas malgré son statut de petite-amie, l'aînée de Hiashi se serra un peu plus contre son petit-ami. Ce dernier mit un peu de temps pour réaliser son attitude et quand il le fit, d'un doux mouvement, entoura les épaules de sa douce, comme pour la protéger. Cette nouvelle chaleur fit du bien à la Hyuga et la réconforta.

"- Et toi Sasuke, reconnait que sans ce caractère rayonnant de Naruto, tu serais resté dans tes ténèbres et tes sombres pensées. Tu t'es ouvert qu'au contact de notre baka national, poursuivit Sakura. Mais je reconnais que je te comprends. Je dois faire mes preuves et j'y arriverai.

- Voilà, la Sakura qu'on connait, s'enthousiasma Naruto. Toujours pour temporiser nos deux caractères de chacal.

- Soit, souffla l'Uchiwa, abdiquant et leur tournant le dos dans l'intention de s'éloigner à nouveau, mais formulant une dernière fois quelques mots. Bon retour parmi nous Sakura, mais je t'observe, ne l'oublie pas."

La rose en sourit, tout à fait consciente de cela. Sasuke restera à jamais un Uchiwa quoi qu'il arrivait. En tout cas, elle était déterminée à retrouver sa place dans le groupe constitué de ses amis d'enfance, de ceux qui ne l'avaient jamais abandonnée au final. Ce fut donc ainsi qu'elle suivit du regard son ancien béguin partir avec Juugo, toujours sur ses talons.