BrockBuck mon Stony – Brock'n'Buck

Auteur : Angelscythe

Genre : Romance, mystère, action, noir (mais aussi du l'humour quand je peux hein), des sujets durs et sensibles, shonen-ai et hétéro (parce que c'est bien l'hétéro !)

Couple : BrockBuck, Stony, FuryPepper, WandaVision, MariaRhodey et TaserGod(pas très présent, mais là !) sans oublier le SinSam ! Mais la vraie question étant : est-ce que j'ai encore des persos de libre pour encore plus de couple ?

Disclaimers : Maggie, Natalia, Hal, Stasya et Oswald (Et Veronica mais elle squatte) mais tout le reste revient de droit à … des gens de la liste trop longue et non-exclusive qui suit : Joe Simon, Jack Kirby, Larry Lieber, Don Heck, Allan Heinberg, Jim Cheung et Stan Lee. (J'espère ne pas avoir oublié les importants)

Note : Cette fic est la suite de « BrockBuck mon Stony » et de sa suite « Allô, Funny problemo », pour tout comprendre (les relations entre les personnages et toute leur histoire) je vous conseille plus que vivement d'aller les lires. Si vous êtes intrépides, je vous souhaite bon courage. Quoiqu'il en soit, bonne lecture ! (Oh et ma Sailor Sweety que j'aime et que j'adore m'aide avec les idées ou les informations Marvel (j'ai du mal à toutes les gérer malgré tous mes sites))

Chapitre 38 : Premier regard (partie 1)

Manhattan, New York Quarante-six ans plus tôt

Le sang ruisselait encore sur son corps et il ne savait plus exactement si c'était le sien ou celui de la fille qui remuait à peine sous lui. Ses cheveux bruns n'arrivaient pas à dissimuler ses yeux verts vitreux. Lorsqu'il se redressa enfin, il prit une vue d'ensemble sur ce spectacle. Il était… grisant.

C'était la première fois. Sa première fois. Ses premières fois et des frissons d'extases parcouraient son échine. C'était vraiment…

Comment est-ce qu'on pouvait qualifier le paradis ? Le paradis sur Terre.

Il remonta son pantalon en jeans délavé et ferma la ceinture d'un mouvement sec. Il porta sa main à ses lèvres et lécha sa paume imprégnée de sang. Le goût était plus fort et plus enivrant que ce qu'on n'avait jamais décrit.

Il se pencha sur la fille qui ne remuait toujours pas. Et s'il ajoutait une première fois à toutes les autres ?

Il pouvait la cogner tellement fort que ses organes exploseraient. Il pouvait la faire râler et crier. Il pouvait voir le sang sortir encore plus et profiter de chacun des coups comme de la viande qu'on attendrissait.

Il ferma sa main sur les cheveux de la fille qui gémit.

- Eyh ! Bing !

Entendant la voix de Danny, il tourna la tête et relâcha la gamine qui retomba en couinant.

Juste après, l'importun arriva en compagnie de son frère. Lequel écarquilla les yeux.

- Rachel ?! Rachel !

Il se précipita sur elle et la prit dans ses bras.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? Couaqua Danny.

Bing carra les mâchoires.

- Elle voulait faire partie de la bande, elle m'a supplié.

- Elle n'a pas l'air d'avoir été consentante. Elle a treize ans ! Siffla Ricky.

- Oui, elle n'a plus voulu lorsqu'on s'est retrouvé devant le fait accompli. Mais elle peut faire partie de la bande mainten…

Un violent coup cogna la mâchoire de Bing. Il sourit en sentant le sang couler dans sa gorge comme il s'était mordu la lèvre.

- Qu'est-ce qu'il y a Ricky ?

Il regarda Danny qui tenait maintenant Rachel et la rhabillait.

- Je vais te saigner, connard !

Ricky se jeta sur Bing, un couteau extirpé de sa poche. Le misérable l'évita d'un mouvement vif et se plia en deux avant de remonter, dressant le poing. Il cogna violemment son ventre, sentant un crachat sur son épaule. Sa main s'abaissa puis remonta à plusieurs reprises. Son souffle devenait erratique alors qu'il entendait son ami, son sous-fifre pousser des geignements de douleur.

Il jura l'entendre supplier et il le jeta sur le sol, juste à côté de sa sœur amorphe. Il s'accroupit près de lui et ramassa le couteau qui était tombé.

- Tu as de l'audace, Ricky. J'approuve. Vraiment.

Il se redressa et se tourna vers Danny.

- Tu veux te battre ?

- Non. Bing… On… On voulait pas te dire d'arrêter, d'accord ? Juste… c'notre sœur, mec.

- Je comprends. C'est bien, Danny.

Bing s'accroupit à nouveau auprès d'eux. Il fit glisser son couteau et l'avança vers Danny. Celui-ci voulut l'attraper mais la lame vola, lui ouvrit la paume et, sous ses yeux terrifiés, continua sa course dans la gorge de son frère qui fut ouverte et libéra un flot alarmant de sang.

Rachel hurla.

- Oh, elle se réveille. Elle pourra attester que… Oui, elle n'était pas tout à fait consentante. J'appellerai même ça un viol. Et je dois dire… je vous adore les gars. Cette journée restera à jamais mémorable grâce à vous trois.

Danny serra sa sœur contre lui en regardant Bing partir. Ce ne fut que lorsqu'il fut parti qu'il osa souffler :

- Tu me le paieras, Bing. Tu me le paieras.

Des larmes striaient sa voix.

µµµ

- C'est vraiment lui qu'on appelle Bing ? Demanda le policier Meyers.

- C'est comme ça que ses amis l'appellent. Répondit son collègue.

Il regarda le gamin de seize ans qui portait une chemise blanche. Il avait les cheveux en arrière et une attitude gênée.

Le collègue, McCarthy, se dirigea vers la salle d'attente. Il ouvrit la porte vitrée et se dirigea vers le garçon.

- Brock Rumlow ?

- Oui, M'sieur. Qu'est-ce que je peux pour vous ?

- Vous vous faites appeler « Bing » ?

- Des amis m'appellent comme ça, j'crois. P't-être bien. Pourquoi M'sieur l'Agent ?

- Suivez-moi.

L'homme le guida vers une autre pièce. Brock ne protesta pas et lorsqu'il déboucha dans une salle avec une table en métal et des chaises, il retint un rire.

- Ma daronne regardait un feuilleton avec ce genre de truc. Est-ce que je dois appeler mon avocat ou un truc du genre ? Parce qu'on a pas beaucoup le moyen avec ma daronne. Si mes amis ont dit des merdes sur moi.

- Vous auriez violé Rachel Leighton et tué Ricky Leighton. Vous niez ?

- Ben…

- Vous niez. Se moqua l'Agent. Nous avons des témoins.

- Rachel et Danny ? Mouais.

La porte s'ouvrit. McCarthy se tourna pour voir un homme entrer dans la pièce.

- Me…

Il se figea en voyant quelqu'un qu'il ne connaissait pas.

- Vous êtes ?

L'homme fit un point de pression sur son cou et le vit tomber immédiatement sur le sol. Il se préoccupa à peine de lui et s'approcha du garçon.

- Brock Rumlow ? J'ai entendu parler de toi. Tu t'occupes d'un gang. Savage Crims. J'ai souvent entendu parler de ce que vous faites. Vol, passage à tabac. Mais c'était la première fois, n'est-ce pas ?

Brock ne répondit pas. L'homme se pencha vers lui en souriant.

- Ne me tourne pas le dos, petit. Je peux t'offrir plus que tu ne l'espères. Est-ce que tu connais HYDRA ?

Il vit les yeux du garçon pétiller et se pencha alors vers lui et murmura à son oreille :

- Hail HYDRA.

- Hail HYDRA. Chuchota-t-il avec fébrilité. J'ai entendu parler de vous. J'ai lu des machins. Le grand Red Skull, est-ce qu'il…

- Calme-toi, petit. On répondra à toutes tes questions bientôt. En attendant, je te propose une place dans mon école.

- L'école ? Tss…

- Une école pour criminel. On t'apprendra à cacher les cadavres lorsque tu les auras tués ; à éliminer les témoins. C'est au nom d'HYDRA.

- Ok… Ouais. Si les frais sont payés, ouais. Ma daronne paiera pas pour que je sois un criminel, savez.

- Ne t'inquiète pas. Je viendrais te chercher dans trois jours.

Trois jours plus tard

Brock devait avouer que c'était un peu bizarre de marcher à côté de ce grand homme qui l'emmenait dans ce qui avait tout à fait l'air d'une école. Lorsqu'ils traversèrent le portail et survirent dans une cour avec de la pelouse, des arbres et même une fontaine, il se demanda un moment si on ne lui avait pas menti.

Pourtant, chaque personne qu'il croissait ici avait cette attitude mauvaise. Chaque personne ici lui donnait envie de se battre avec eux. Même les filles qui avaient l'air innocentes, même les garçons effroyablement beaux.

- Je vais te faire visiter les lieux.

- Cool. Dit Brock.

L'homme le mena dans la partie habitable pour commencer. Le dortoir, la cantine et les salles de bains communes s'y trouvaient.

Il poussa les grandes portes et emmena le garçon vers les escaliers. C'est alors que des individus avancèrent de l'autre côté du couloir, encadrant un individu à qui ils parlaient en allemand. Il tourna la tête pour guetter les mots qui l'avaient toujours fasciné. C'est alors qu'il vit le visage volontaire avec une barbe légère, pas plus d'un jour, peut-être deux mais aussi le nez joliment dessiné. Et il possédait des yeux bleus si particuliers qui restaient fixés droit devant. Que dire des cheveux bruns foncés, presque noir, qui épousait les formes de ses joues. Une vision de rêve qui lui fut dérobée parce qu'on lui mettait un masque et des lunettes protectrices. Il se retrouva alors à observer des jambes bien dessinées, des bras musclés, un torse longiligne et des hanches qui les suivaient parfaitement.

- Brock. Appela le mentor.

- Qui est-ce ?

- Personne.

- Il travaille pour HYDRA ?

- Personne. Répondit le professeur.

Brock observa la vision disparaître.

Il saurait qui c'était. Il désirait ce corps plus qu'il n'avait souhaité celui de Rachel. Avec elle, c'était une envie primaire. Avoir son premier rapport sexuel, arrêté d'être puceau alors que tous les gars du gang ne l'étaient plus depuis longtemps. Mais cet homme. Cet adulte… Tout en lui l'appelait.

Il sentit une vague d'horreur le saisir. Est-ce qu'il était gay ? Est-ce que HYDRA voudrait encore de lui ?

Trois ans plus tard

Le poing de Brock cogna la mâchoire de la fillette de quatorze ans qui tomba en crachant du sang. Il tendit l'oreille au moment de l'impact. Pas pour entendre le cri qui ne sortit pas mais pour savoir si ses os avaient craqués.

Oui.

Et c'était un son enivrant.

- Bonne résistance. Relève-toi et mets-toi dans les rangs. Siffla-t-il.

- Oui, professeur. Dit-elle.

Elle se recula et il se tourna vers le garçon qui le fixait d'un œil noir.

- Tu veux te battre ? Tu veux vraiment m'affronter ?

Le garçon, à peine âgé de quatorze ans, regarda les bras extrêmement musclé de son ancien, son air mauvais, les centimètres qu'il faisait de plus que lui. Presque quarante centimètres.

- Non, Monsieur.

- Alors dégagez. Et que je ne vous prenne plus jamais à contredire mes ordres. Siffla-t-il.

Ils voulurent protester mais entendant les articulations craquer, ils préférèrent partir en courant.

- Eh bien, Bingo Brock.

L'homme en question se tourna vers le Taskmaster. Il le salua d'un signe de main puis saisit un paquet de cigarette dans sa poche arrière. Il alluma sa deuxième cigarette de la journée. Il aimait fumer après avoir enseigné.

- Pas mal pour ton premier jour. Mais tu ne dois pas seulement te faire détester. Certains d'entre eux seront peut-être tes collègues un jour.

- J'en ferai mon affaire.

- Je suis plus expérimenté que toi.

- Je note ce que vous me dites, Taskmaster. Mais je pense que je suis une bonne recrue. Vous m'avez souvent utilisé et je servirais HYDRA jusqu'à la mort.

- Que veux-tu ?

L'homme en blanc souriait avec amusement. Oui, Brock était une excellente recrue, tuant sans laisser de trace et prenant un tel plaisir à cela qu'il se proposait toujours et sans même demander la moindre récompense. Certes, il lui arrivait souvent de coucher avec des étudiantes mais ce n'était pas ce qui gênait l'école.

- L'homme que j'ai rencontré quand je suis arrivé ici. Qui c'est ?

- Tu ne l'as pas oublié ? Rit le Taskmaster. Hm… Viens.

Brock aspira de la fumée à sa cigarette et le suivit.

Ils marchèrent un moment avant d'arriver dans l'école puis de se diriger vers la porte menant à la cave. Ils descendirent des escaliers et traversèrent la salle avant de franchir une autre entrée. Brock découvrit alors une salle remplie d'appareils en tout genre. Et au fond ? Un frigo où on pouvait voir quelqu'un dedans.

Lui.

Il reconnaitrait ce visage sans problème. Pourquoi ? Il ne l'avait vu qu'une seule fois. Mais il était au centre de tous ses rêves les plus fous. Pourquoi, lorsqu'il était seul, avait-il besoin d'imaginer ce corps remuant devant lui ? Pour lui ?

Et encore. Le visage était plus somptueux que dans ses souvenirs.

Et dire qu'il était gelé…

- Qui est-ce ?

- Winter Soldier. Le bras armé d'HYDRA. Tu es un bon élément, tu en viendras peut-être à faire équipe avec lui.

- Si ça arrivait, je ne vous ferais pas défaut, Taskmaster.

- Je sais, Bingo Brock.

Washington, District Columbia Dix-sept ans plus tard

- C'est vrai ce qu'ils disent ?

Brock n'était pas tout à fait surpris qu'on se tourne sur son passage. Pas parce qu'à trente-six ans, il était encore bien portant et tout à fait séduisant, ni parce qu'il avait une dégaine qui attirait le regard, pas plus parce qu'il fumait des cigarettes avec cette attitude que certaines auraient considérées de Bad Boy.

C'était plutôt parce qu'il se baladait avec une fille qui avait vingt-quatre ans de moins que lui. Une fille qui s'était jeté au cou d'un vieillard en gémissant que « ce sale type lui avait pris sa virginité dans la ruelle là-bas » alors qu'elle lui volait son portefeuille. Brock était plutôt amusé par son attitude.

Il ne lui avait pas pris sa virginité dans la ruelle là-bas. Par contre, il ne nierait pas qu'elle lui avait sauté dessus et qu'il n'avait pas retenu la moindre de ses pulsions. La gamine lui tournait toujours autour. Peut-être parce que c'était le seul homme qui l'avait vue à sa juste valeur.

- Tu ne peux pas faire ça ! Protesta-t-elle.

- La ferme, fillette. Répliqua-t-il en tirant une bouffée sur sa cigarette.

- Je la ferme si je veux. Je peux te faire foutre en prison quand je veux.

- Pourquoi ? Pour combler tes besoins dérangés d'avoir un père ? Tu devrais aussi combler tes problèmes d'incestes. Railla-t-elle.

L'adolescente leva les yeux vers le bâtiment où il se dirigeait.

- Tu ne peux pas aller là-dedans. Tu n'as pas le droit !

La main de l'homme s'abattit sur son crâne, dérangeant les mèches rousses.

- Je reviens après. Jura-t-il. Tiens, va faire le tapin. Ajouta-t-il en lui donnant sa cigarette.

La jeune fille lui dressa son majeur et partit vers l'endroit qu'il lui désignait. Brock s'éloigna mais s'arrêta à mi-chemin, se tournant vers la demoiselle. Il lui décocha un immense sourire auquel elle répondit d'instinct. Elle poussa un cri de rage en réalisant qu'elle se laissait encore amadouer.

Rumlow, lui, se dirigea vers l'immense bâtiment dans lequel il rentra. Il avait à peine fait quelques pas, à peine franchit le terminal qui détectait les métaux, qu'une femme se précipita vers lui pour le fouiller.

- C'est à vous que je dis que je dois voir Monsieur Pierce ?

- Non.

Elle termina de le fouiller puis lui indiqua un guichet. Brock le rejoignit et s'éclaircit la gorge.

- Bonjour, je viens voir Pierce. On a rendez-vous.

- Vous êtes ?

- Brock Rumlow.

- Ah oui. Il vous attend au trentième.

- Merci.

Il attendit qu'elle ne lui désigne la cabine d'ascenseur avant de s'y rendre. Il s'y infiltra et se retrouva bien vite coincé entre des dizaines, ou des vingtaines, de personnes qui devaient aller ci et là. Elles avaient beau sortir au fil des étages, il y en avait toujours d'autres qui rentraient. Tant et si bien que lorsqu'il arriva à son niveau, il dut jouer des coudes et des « excusez-moi » afin de pouvoir sortir. Il pesta en se dirigeant vers le bureau ouvert où il voyait un bout de Pierce.

- Ah ! Justement, voilà de qui je vous parlais. Lança Alexander qui l'avait entraperçu.

Brock accéléra le pas et, sitôt fut-il arrivé, qu'il sentit la main de l'homme sur son épaule.

- Je vous présente le Lieutenant Rumlow. Je l'ai fait entrer à notre service.

Un homme à la peau extrêmement foncée le regarda de son œil unique, le jugeant de haut en bas.

- Rumlow, voici les Agents Hills, Coulson et Barton.

- Bonjour. Salua Brock. J'espère que je pourrais travailler avec vous.

- Qu'as-tu fait comme études ? Demanda le borgne.

Il était toujours assis alors que la femme, les cheveux noirs court, se tenait à son côté. Un des hommes, portant un costume, était dressé de l'autre côté en serrant un dossier contre son torse. Le dernier était nonchalamment assis sur un bureau.

- L'école militaire, Monsieur.

- Et vous en êtes sortis…

- Avec les honneurs, Monsieur. On m'a proposé une place de Sergent et j'ai servi un moment dans l'armée.

- Première mission sur le terrain ?

- Guerre du Golfe, Monsieur.

En fait, il s'y était rendu pour tuer une tête pensante. Une véritable joie. Les carnages qu'il avait pu perpétré étaient divins.

- Dernière mission ?

- Le onze Septembre, Monsieur.

Nick ferma l'œil et acquiesça.

Pour dire vrai, ce jour-là, Brock était à Los Angeles à commettre un braquage qui avait rapporté des millions à HYDRA et qui permettait l'organisation de prospérer mais ça donnait bien après les heures sombres de l'Amérique.

- Je pense que vous pouvez prendre le S.T.R.I.K.E. en main. J'ai entendu vos qualifications de la bouche de mon ami, ici présent. Vous avez l'air vraiment fiable, Lieutenant Rumlow.

Le dénommé Agent Barton eut un sourire.

- Merci beaucoup, Monsieur, je ne vous ferai pas défaut.

- Je l'espère bien.

µµµ

Brock trottina vers la fillette qui était assisse sur le trottoir là où il l'avait laissée. Il l'attrapa par son débardeur rose, la souleva et la jeta sur son épaule. Elle lui donna un violent coup de pied dans le torse et il grogna pour la forme.

- Allez ramène-toi, on va manger des hot dogs.

Elle se laissa transporter sans un mot. Rumlow ne releva pas son mutisme et il trouva un marchand ambulant pour lui acheter deux repas avant de la mener au parc où il la posa enfin sur un banc. Il lui donna son hot dog et s'assit à côté d'elle.

- Ils t'ont pris ?

- Oui.

- Tu ne pourras plus nous parler que par Pierce…

- S'il y a un problème, tu pourras toujours me joindre.

- Et nanny ? Et son frère ? Et Danny ? Steve ? Starr ? Jason ? Joseph ?

- Danny il peut aller se faire foutre. Les autres… mouais j'y réfléchis.

- Tu devrais lécher les pieds de Danny. S'il avait pas voulu te mettre en taule, tu n'aurais jamais rencontré le Taskmaster.

- Pas faux. Dit Brock en mordant dans son plat. Je sais pas comment ce con a pu nous rejoindre. Continua-t-il, la bouche pleine.

La fillette haussa les épaules.

- Dis…

- Quoi ? Tu vas pas me faire du mélo' ?

- Tu m'aimes ?

- Tu connais la réponse.

- C'est un glaçon ! S'écria-t-elle.

- Je t'adore, Sin. Pas comme tu le veux mais tu ne sais même pas comment tu veux que je t'aime. T'es qu'une fillette.

- Pff. Répondit-elle.

Quelques jours plus tard

Des coups à la porte réveillèrent Brock. Il grommela et se leva péniblement. D'instinct, il tenta d'éviter un corps dans son lit avant de se souvenir que Sin ne dormait plus avec lui depuis qu'il était rentré au S.H.I.E.L.D. Il fallait minimiser les cadavres dans les placards et dormir avec une gamine qui entrait à peine dans l'adolescence, ce n'était pas le mieux.

Il enfila un boxer, attrapa son revolver et se dirigea vers la porte qu'il ouvrit, fronçant les sourcils.

- Hail HYDRA. Chuchota-t-on.

Il chercha à reconnaître la personne avant de répondre pareillement.

- Une mission de grande envergure est en train d'être mise en place. Nous avons besoin de vous.

- Ouais, j'arrive. Grogna Brock.

Il rentra dans la pièce et s'habilla rapidement avec des vêtements sales. Il attrapa un paquet de cigarette et regarda l'heure. Déjà deux heures du matin. HYDRA le lui paierait !

Il revint enfin à la porte et consentit à suivre l'homme, après avoir verrouillé. On le mena dans une limousine puis le laissa dans le silence pendant tout le trajet. Pour un peu, il se serait endormi sur le siège.

Quand ils arrivèrent, il sortit et se réveilla un peu à l'air glacial de la Capitale. Il grommela néanmoins parce qu'il voulait vraiment rêver du Soldat de l'Hiver. Il fallait dire qu'on l'avait tiré des songes au moment le plus palpitant. Heureusement, il était maintenant présentable.

On le guida dans un bâtiment qu'il n'avait jamais visité mais qu'il connaissait de vue. Puis on le fit descendre des volées de marches et traverser des barrages diverses et variés. Le niveau de sécurité était presque risible.

- Le voilà. Entendit-il alors qu'il entrait dans une pièce empestant le métal et des produits de soins.

Il observa rapidement la pièce qui était lugubre à souhait.

- Vous êtes Brock Rumlow ?

Une voix qu'il n'aurait absolument pas pu décrire mais qui déclenchait des tressautements dans les moindres de ses muscles. Il tourna la tête vers le seul coin qu'il n'avait encore pu observer et se figea en voyant le Soldat de l'Hiver se tenir devant lui. Le regarder.

Ses fantasmes auraient maintenant une voix et n'en deviendraient que meilleur.

- Ouais. Dit-il d'une voix rauque qui se termina en couaquement.

Génial. Il faisait bonne impression.

- Vous devez vous occuper de Winter Soldier. Il doit être au fait de la technologie actuelle. Dit un scientifique. La mission aura lieu demain à dix-huit heures, il est déjà au courant et il vous en fera part.

On lui tendit tout de même des papiers pour qu'il aille ce qu'il fallait si le mercenaire n'arrivait pas à tout retransmettre.

- Lorsque la mission sera effectuée, vous le ramènerez ici.

- Ah ? Demanda Brock en regardant le dossier.

Pourquoi il faisait ça ? Il voulait dévorer des yeux cet éphèbe !

- Pour que nous le cryogénisions à nouveau.

- Il a toujours été cryogéniser ? Questionna Rumlow.

- Oui. Ne soyez pas surpris s'il vous semble stupide. Ce n'est qu'une arme. Il n'a pas besoin d'avoir un cerveau.

- Je comprends.

Brock tendit la main vers le Soldat de l'Hiver qui ne remua pas.

- Vous voyez, Lieutenant ? Bouge, Winter Soldier. Tu vas avec lui.

Le mercenaire bougea et s'approcha de l'homme qui le saisit par l'épaule.

- Oui. Souffla-t-il.

- Il est très lent à réagir, aussi. Mais vous n'aurez pas à vous plaindre de lui.

Le Lieutenant ne pouvait plus l'entendre. Il sentit le cœur de l'homme palpiter contre sa main à travers les vêtements, à travers son épaule. Il pouvait capter son odeur sauvage. Il n'était vraiment plus de ce monde.

Vingt ans.

Ça faisait vingt ans qu'il avait vu cette vision de rêve et il pouvait enfin l'approcher. C'était trop beau. Est-ce qu'il rêvait ?