Je vous souhaite un bon dimanche, une bonne lecture en compagnie de ce chapitre 35. Mardi, vous aurez droit au chapitre 36.
A très vite.
En fin de journée, l'agent Ganaëlle est paré d'un micro. Quand elle rentre à son appartement en début de soirée, deux agents qui ont revêtu par supercherie, la panoplie d'installateur de câble, au cas où Russell Kerban espionnerait, se présentent à son domicile afin de disposer des dispositifs de surveillance. La manœuvre est enclenchée, le CBI aux aguets après avoir investi une chambre d'hôtel, incognito, deux jours plus tard, située à quelques mètres de l'immeuble où la profileuse réside, a truffé sous sa permission, quatre jours auparavant, un micro récepteur sous la table de chevet, un autre sous la suspension luminaire du salon ainsi qu'une micro caméra installée dans un vase factice, disposée au-dessus d'une cheminée inutilisable, servant plus de décoration. Une protection complémentaire par rapport au manque de confiance de Jane envers le FBI qui semblerait employer sans se méfier, un agent qui pourrait bien être de cheville avec John Le Rouge. Sachant que Russell Kerban a obtenu le privilège de communiquer avec celui-ci, le vendu fédéral serait capable selon le mentaliste de renseigner sur ce traquenard prévu et ainsi d'amener le maniaque tatoué à éliminer l'agent Ganaëlle. Rigsby est dubitatif.
-Tu penses qu'on pousse le vice jusque-là ?
-L'ignominie ne connait pas de répit !
Van Pelt étant sensible.
-Cela serait bien trop affreux.
La vigilance est de mise. Au fil des jours, en nocturne, le CBI et le FBI veillent chacun de leur côté à la sécurité de la profileuse, l'équipe de Teresa Lisbon se relayant. Un soir, Lana reçoit un coup de fil sur son portable.
-Bonsoir cher agent !
Pressentant à qui celle-ci a à faire, entendant cette voix perverse, se met à son diapason.
-Bonsoir, monsieur Kerban !
-Moi qui espérais vous faire la surprise. C'est raté !
-Mais votre appel reste néanmoins surprenant, surtout quand on ne s'y attend pas.
-Comment allez-vous ce soir ?
-Comme d'habitude !
-Dormez-vous correctement la nuit ?
-Assez bien, oui.
-Rêvez-vous, agent Ganaëlle ?
Cho écoute sur la table d'écoute.
-Il est bien renseigné le salaud !
Rigsby assit à côté, le casque sur les oreilles.
-Jane a toujours raison !
Le bureau fédéral d'investigation, écoute avec attention le dialogue également.
-Comme tout le monde ! Et vous ?
Le tueur s'extasie.
-Les rêves sont tellement beaux, délivrant tant de messages !
-De quels genres ?
-C'est très intime ce que vous me demandez.
-Allons ! Nous avons dépassé ce stade-là.
-Oh ! Vous devez être d'une nature passionnée.
-Vous aimez ?
-J'aime ce que cela engendre.
Rigsby entendant ça, fait une comparaison avec le téléphone rose vu le ton employé par Russell Kerban. Cho ayant tendance à intimider, demande toutefois pour quelle raison on appelle cela le téléphone rose. A ce moment, Lisbon et Van Pelt rentrent, les bras encombrés de deux boîtes de pizza, dans la chambre d'hôtel, arrivant juste à temps pour entendre la non prude analyse du mentaliste très à l'aise, regardant l'écran de contrôle derrière les deux agents, debout, buvant du thé qu'il a commandé.
-Parce- qu'on imagine des jeunes filles en fleur, habillées d'une jupette d'écolière rose bonbon, bas résilles, coiffées de deux nattes, l'expression innocente, sucette à la bouche, qui attendent impatiemment le coup de fil de vicelards dont les petits mots susurrés ne sont ni de sucre ni de miel.
Grace demande de quoi ils parlent, Cho répondant de but en blanc.
-Du téléphone rose.
Lisbon les rappellent à l'ordre.
-Vous croyez que c'est vraiment le moment ! puis se poste face à l'écran après avoir posé la boîte de pizza. Où en est-on ?
Kimball lui donne le casque afin d'écouter le dialogue en cours.
-Vous y mettez de la passion dans ce que vous accomplissez.
-Ce n'est rien comparé à ce que j'accomplirais.
-Quoi exactement ?
Jane demande à Wayne si il peut lui passer son casque. Celui-ci concède.
-Vous serez mon chef-d'œuvre ! J'en suis convaincu lorsque je vous vois ce soir.
Les agents du FBI se préparent si ils doivent intervenir. La profileuse le fait parler afin que les deux bureaux d'investigation puissent repérer l'endroit si le tueur se livre, sur l'indication du lieu où il se trouve en tant que voyeur.
-Est-ce que je peux vous voir aussi ?
Elle marche en direction de la fenêtre pour écarter les rideaux.
-Le soir, tous les chats sont noirs !
Le mentaliste enlève le casque, se lève brusquement, le repasse à Rigsby et presse le pas en marchant vers la porte. Lisbon surprise par sa réactivité, l'interpelle.
-Jane ! Où allez-vous ?
Il ne répond pas, la porte claque derrière lui. Celle-ci court ensuite dans le couloir du cinquième étage de l'hôtel, dévalant les escaliers, n'ayant pas le temps nécessaire pour attendre l'ascenseur. La supérieure et Cho emboîtent le pas, armés sous les ordres de Teresa tandis que Wayne continue à écouter la conversation téléphonique en compagnie de Van Pelt.
-Il vous faudrait avoir accédé à une sacrée hauteur afin de pouvoir atteindre une vue panoramique.
-Ne me sous-estimez pas ! D'où je me tiens, je peux vous dire que vous êtes vêtu d'un tee-shirt noir à manches courtes qui moule votre appétissante poitrine ainsi qu'un pantalon fluide de couleur gris. Vous êtes si belle ! Vos cheveux platine font partis de mes fantasmes.
Le consultant traverse la rue, obligé de stopper quelques voitures qui le klaxonne, rejoint le trottoir d'en face, court sur quelques mètres et rentre dans un immeuble. Lisbon, Kimball le suivent, le FBI se tient à l'écoute, les agents se tenant prêt à l'action.
-Alors, vous n'avez pas le vertige ?
Grace la trouve épatante.
-Elle sait parfaitement sur quel bouton appuyer et avec un tel calme !
-Je ressens une telle excitation à vous détailler que d'être perché sur le toit de cet immeuble ne me fait ni chaud ni froid.
La profileuse le piège en bluffant.
-Je vois au loin une silhouette qui se confond avec la nuit, tenant sans doute des jumelles, face à mon immeuble.
-Votre vue est perçante, alors !
Les agents du bureau fédéral d'investigation mettent un pied dehors, traitant Russell Keban de fumier puis fonce à toute vitesse. Jane ayant deviné bien avant que le psychopathe a accédé au toit d'en face de celui de l'agent Ganaëlle, appelle l'ascenseur qui tarde à descendre. Pendant ce temps, le dialogue arrive à son terme.
-Vous m'observez encore ?
-Vous ne m'aurez pas. Rêvez bien !
Après la fin de cette communication, Lana parle dans le micro, s'adressant à ses collègues.
-Je pense que vous pouvez l'attraper.
Le mentaliste dans l'ascenseur, s'élève vers les étages du dessus, arrivant enfin au dernier. Lisbon, Cho, également, quelques secondes plus tard. Il franchit la grande porte métallisée qui conduit sur le toit, essoufflé, ne distinguant personne excepté les lumières scintillantes de la ville. Teresa suivi de Kimball, arme à la main, rejoignent celui-ci qui reprend son souffle, déçu.
-Et merde !
Jane se retourne en entendant le grincement de la porte qui se referme, signalant à ses compères que Russell Kerban a déguerpi. Cho fait remarquer que la terrasse est vaste.
-Il peut s'être caché dans un recoin.
-Il ne prendrait pas un tel risque.
La supérieure pense qu'il est fort possible qu'au moment où ils sont montés, le tueur a très bien pu en profiter pour descendre les marches qui mènent ici. Le mentaliste ne contredit pas cette hypothèse. Le FBI arrive à son tour, ayant posté deux agents dans le hall de l'entrée.
-Mais qu'est-ce vous faites là ?
Teresa n'a pas d'autre choix que d'expliquer leur présence. Au rez-de-chaussée, les deux hommes aperçoivent quelqu'un vers la porte, l'interpellant.
-Eh ! Vous là-bas !
La personne court, les deux agents le pourchasse, alertant les autres qui se trouvent sur le toit, à l'aide du talkie-walkie.
-Nous poursuivons le suspect qui s'enfuit.
Ceux-là le répètent au CBI, les deux équipes descendent avec l'ascenseur puis quittent l'immeuble. L'un des hommes en chasse commente.
-Russell Kerban se dirige en direction d'un hôtel qui est proche du domicile de l'agent Ganaëlle.
Lisbon demande où il est, Mancini faisant partie de l'opération, rapporte que celui-ci semble aller vers un hôtel. Elle prévient alors Rigsby et Van Pelt avec son téléphone cellulaire, que le tueur en série est finalement rentré dans l'hôtel où ils se trouvent, leur disant d'essayer de l'intercepter. Wayne, Grace armés, sortent de la chambre pour se lancer à sa recherche, bousculant en s'excusant, deux ou trois clients au passage. A l'accueil, Rigsby demande si un homme, le décrivant, serait passé par ici.
-Il a couru comme un V1 tout droit. Je lui ai crié que ça aboutissait dans la cour.
-Merci. puis partent en cette direction.
L'agent demande à sa coéquipière de rester là afin de prévenir les autres et enjambe la basse clôture que Russell Kerban a aussi enjambé vu son aspect bancale, instable. Le restant de l'équipe du FBI ainsi que celui du CBI, arrivent, Grace les informant. Malheureusement, le tueur n'est pas rattrapé, Rigsby a perdu sa trace.
