Bonsoir !
Un nouveau chapitre, ça tombe bien, je commençais à être en retard de plusieurs mois... Navrée, de nouveau, comme je vous l'ai dit, je suis très prise par mes études, même s'il est possible - et je dis bien possible - que ça s'améliore à présent.
Sinon, donc. Nouveau chapitre. Bah vous allez bien voir de quoi il s'agit. J'ai aussi le projet de sortir une autre fic' dont j'ai quelques chapitres dans mes fonds de placards et qui me tient à coeur, avec un concept assez original. Dites moi ce que vous en pensez (je me lance, ou je me concentre sur nobless...).
Voilà. Une fois encore, désolée.
Bonne lecture !
Chapitre 37 : La maladresse
– Voilà, tu es complètement cicatrisé ! Annonça fièrement Remus en se relevant, les mains chargées de l'ancien bandage de son ami.
– Une chance que tu saches soigner, marmonna Sirius en rabattant prestement son tee-shirt pour cacher son dos meurtri. L'ancien détenu renifla et changea de position pour s'appuyer contre le mur.
– Il a bien fallu que j'apprenne, murmura Remus avec un triste sourire. Le lycanthrope avait bien remarqué la gêne de son ami vis-à-vis de son corps et se sentait impuissant face à la morosité de l'animagus, bien différente de sa bonne-humeur d'antan.
Lorsqu'il était sous sa forme canine, l'ex-auror semblait n'être qu'un chien joueur, particulièrement avec Liana, la bambine d'Ezio Agazzi. Il lui arrivait de quitter l'hôtel quand commençait le service de Remus et de vagabonder dans la capitale romaine, avec une apparente joie. D'autres soirs, il pouvait se poser dans un coin du restaurant, guettant les restes des clients. Les habitués lui laissaient à présent de gros morceaux de viandes et s'arrêtaient plusieurs minutes pour le caresser, car maintenant qu'il était propre, le pelage de Patmol brillait doucement et apparaissait à l'œil humain très soyeux. Même Mario Agazzi se laissait prendre à passer une main sur la tête du chien, ce que Remus appréciait moyennement, étant toujours très méfiant envers son employeur.
En revanche, sous sa forme humaine, Sirius était pris par l'apathie la plus totale et passait la majeure partie de son temps à pleurer. Remus avait été obligé de cacher la photo qu'il avait des Maraudeurs, fatigué de devoir consoler son ami à chaque fois que ce dernier posait les yeux dessus. Et lorsqu'il ne pleurait pas, Sirius avait un regard si perdu qu'il parvenait à effrayer Remus. Arriverait-il un jour à retrouver son tempérament joyeux ou bien les douze années à Azkaban l'avaient-elles définitivement changé ? Parfois il se demandait même si les détraqueurs n'avaient pas réussi à l'embrasser, tant son regard était vitreux.
Le seul moyen de le réveiller était de parler de Peter. Alors, le brun entrait dans une rage incontrôlable, hurlant contre son ancien ami qui l'avait trahi, au risque de se faire entendre de leurs voisins de chambre – heureusement souvent absents, étant des employés de Mario pour son réseau de marchandises illicites, et qui, lorsqu'ils étaient à Rome, prenaient de la poudre de fée et planaient jusqu'à leur prochaine mission, ce qui arrangeait Remus, qui cependant ne pouvait que ressentir un pincement au coeur lorsqu'il croisait leur cernes bleuâtres et leur teint blafard, caractéristique d'une consommation répétée de la si populaire drogue sorcière.
Un autre moyen de le réveiller était de parler de Harry, mais c'était pire ensuite. L'ancien détenu entrait dans une sorte de transe, faisait les cent pas dans la chambre, parlant de retourner en Angleterre pour faire cracher le morceau à Dumbledore. Il perdait toute retenue lorsque son filleul était évoqué, et ne se souciait même plus de se faire attraper par les autorités anglaises.
Si c'était la nouvelle de la disparition de Harry qui l'avait mis en mouvement vers sa liberté, pensait sombrement Remus, elle pouvait très bien devenir par la suite la cause de sa mort.
Rouvrant les yeux – quand les avaient-ils fermés ? – le lycanthrope se leva, jeta l'ancien bandage de Sirius et s'approcha de la porte. Se retournant pour observer son ami, il le trouva dans la même position qu'une dizaine de minutes plus tôt.
– Je vais travailler, annonça le blond, n'attendant pas vraiment de réponse. Le brun n'esquissa pas le moindre mouvement, et rien n'indiqua qu'il l'avait entendu.
Remus déglutit et sortit de la chambre, qu'il trouvait maintenant étouffante. Laissant un profond soupir s'échapper de ses lèvres, le lycanthrope se blâma pour sa lâcheté. Lorsqu'il avait accueilli son ami chez lui, il lui avait promis de s'occuper de lui, mais en réalité, il ne savait pas comment s'occuper de lui. Sirius ne parlait jamais de sa situation – lorsqu'il parlait – et, bien évidemment, il était hors de question de l'emmener voir un psychomage.
Il lâcha un second soupir avant de descendre les escaliers. Il ne savait pas vers qui se tourner pour aider son ami. Il n'avait été proche de personnes ses dix dernières années, préférant la solitude pour seule compagnie. Et quand bien même, aurait-il pu trahir le secret de son ami, au risque de le renvoyer à Azkaban ?
– Bonsoir Remus !
Le blond se détourna de ses pensées lugubres et tournant la tête, avisa Christina, qui comme à son habitude, se tenait dans le hall pour accueillir les clients.
– Bonsoir Christina… Pas trop de monde ce soir ? Demanda Remus en esquissant un sourire fatigué.
– Moins qu'hier pour l'instant, l'encouragea l'employée avec un sourire chaleureux, qui aurait fait bondir son cœur si sa lycanthropie ne l'immunisait pas contre ses charmes vélanes. Le sourire de Remus s'élargit alors qu'il passait la porte du bar. Ces derniers soirs avaient été exténuants, tant par le nombre de clients que par les horaires qui avaient explosé.
Heureusement, le fils de Ezio avait été là pour l'aider, ainsi que son ami…
– Hey Rem' ! S'exclama Leonardo depuis le comptoir d'où il préparait une dizaine de Cerbères, sans doute pour la tablée de gobelins qui trépignaient d'impatience devant une des fenêtres de la salle.
– Leonardo, le salua plus sobrement Remus en passant derrière le comptoir. Il embrassa la salle du regard qu'il trouva peu occupée, ce qui le rassura. Il fut rapidement sollicité par un client accoudé au comptoir, et Sirius disparut de son esprit.
Il donnait un verre de bière-à-beurre à un elfe de maison lorsque son regard glissa sur une tête blonde cendré qui voyageait de table en table. L'ami de Leonardo surprit son regard et lui adressa un sourire avant de prendre la commande d'un couple de vampire. Il revint une minute après vers le comptoir, où il s'assit en face de Remus.
– Deux calices de sang humain, annonça-t-il, en parcourant de ses saisissants yeux violets l'étagère derrière le bar. Et une coupe de champagne elfique de 1987, poursuivit-il en montrant du doigt la bouteille qu'il désirait.
Remus s'exécuta rapidement alors que Leonardo s'approchait d'eux.
– Alors t'as trouvé ? Demanda l'italien, un sourire goguenard accroché aux lèvres.
Son ami grimaça et lui adressa un regard sombre, ses iris prenant des éclats électriques, qui empêchèrent Remus de se concentrer sur ce qu'il faisait. Les yeux de l'adolescent lui apparaissaient surnaturels, tant par leurs couleurs que par leur capacité à refléter l'humeur du jeune homme et il lui était déjà arrivé de se perdre dans son regard. Il renversa du sang sur le comptoir qu'il essuya d'un geste machinal, l'oreille dressée pour entendre la conversation des deux étudiants. Il ne s'était jamais trouvé particulièrement curieux - moins que James et Sirius en tout cas - mais les conversations de deux amis le dégrisaient et surtout, lui faisaient momentanément oublier la condition de son meilleur ami.
– Tentacula vénéneuse ? Tenta le blond cendré en se mordant la lèvre tandis que son ami éclatait de rire.
– Tu n'es pas sérieux, lança l'italien en roulant des yeux.
– Je ne sais pas, répliqua l'autre en esquissant une moue boudeuse.
Un client, que Remus avait déjà remarqué puisqu'il discutait beaucoup avec Ladislas depuis son arrivée à Rome, s'immisça dans la conversation :
– Ladislas, tu comprends, que, ayant déjà donné cette réponse pour les six dernières questions, il commence à y avoir problème ? Demanda-t-il, tout en claquant des doigts pour faire signe à Leonardo de lui servir un autre calice.
– J'aime pas la botanique, marmonna Ladislas en croisant puérilement les bras, provoquant l'hilarité de son ami. Remus haussa un sourcil, car, bien qu'habitué à la bonne humeur du fils Agazzi, ce dernier lui semblait étrangement gai ce soir. Son regard glissa jusqu'aux assiettes que les elfes de maison avaient laissé pour les serveurs, et s'arrêta sur les bières-aux-beurres vides. L'ancien professeur retint un sourire amusé, et reporta son attention à la conversation que tenaient les deux amis.
– C'est beau de passer pour un étudiant sérieux aux yeux de mon père, mais si c'est pour étudier – ou plutôt ne pas étudier – comme ça…
Son ami émit un simple grognement en réponse, enfonçant sa tête dans ses bras qu'il avait posé sur le comptoir. Le vampire se rapprocha de lui, en profitant pour récupérer son calice, et lui tapota l'épaule.
– Changeons de matière, proposa-t-il d'un ton conciliant.
– Alchimie ! S'exclama Leonardo en sautant par-dessus du comptoir pour donner leurs commandes au couple de vampires.
Remus eut un sursaut, surpris et par le mouvement que par la réponse du jeune italien, alors que Ladislas relevait la tête :
– Je ne fais pas cette option ! Protesta-t-il en lançant un regard pitoyable à son voisin qui se contenta de boire sa boisson de sang.
– Alchimie ? Répéta Remus en fronçant les sourcils, la tête penchée, comme à chaque fois qu'il s'interrogeait.
L'ami de Leonardo se tourna vers lui et lui expliqua avec un sourire :
– Koldovstoretz propose de nombreuses options, dont oclumencie ou alchimie...
–Et Nécromancie ? Le coupa sarcastiquement son voisin, amusant l'étudiant qui échangea avec lui un regard de connivence avant de reporter son attention vers Remus.
– On comprends pourquoi c'est la meilleure école en termes d'apprentissage…, réfléchit à haute voix ce dernier, en hochant la tête.
– Wouah, si même Remus le dit ! S'exclama Leonardo qui revint vers eux et s'assit à côté de
Ladislas. Ce dernier le regarda d'un air surpris, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire.
– J'ai été professeur, l'éclaira Remus en esquissant un sourire en rappel à l'année passée dans son ancienne école. A Poudlard, précisa-t-il, non sans une certaine fierté. Même si du point de vue du niveau scolaire, Koldovstortez était bien plus avancée que Poudlard, l'école anglaise n'était pas en reste dans le monde et jouissait d'une notoriété, plus importante peut-être que l'établissement secret qui préférait rester discret.
Il vit alors les yeux de Ladislas s'éclairer et virer à un turquoise hésitant entre le bleu et le violet tout à fait extraordinaire avant qu'il ne s'exclame joyeusement :
– Alors vous devez connaître mon grand-père !
Remus papillonna des yeux, un instant perdu. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il faisait la liste des enseignants à Poudlard. Il était certain que Filius et Ladislas n'étaient pas affiliés, et il était hors de question qu'il ose même penser que Severus pu être grand-père. Déjà mari serait un succès, remarqua-t-il mentalement avant d'interroger du regard Ladislas.
Etait-il possible que son grand-père soit l'un des fantômes habitant le château ? Il ne les connaissait guère, hormis Nick-Quasi-Sans-Tête, comme tous les gryffondors. Cela l'étonnait qu'un contemporain ait choisi de rester à Poudlard, car même s'il s'agissait du grand-père de Ladislas, il devait être du XXème siècle, ce qui représentait une énorme différence, par rapport aux autres. Quoique, Mimi Geignarde…, se rappela-t-il, était restée à Poudlard.
– Excuse-moi, je ne connais pas bien les fantômes, fit-il alors que son regard suivait le vampire à côté du jeune garçon qui s'était levé. Ses sourcils se haussèrent lorsque Ladislas le salua d'une poignée de main avant que le buveur de sang ne s'attable avec le couple de ses congénères que Remus avait servi un peu plus tôt.
– Les fantômes ? Répéta Ladislas, une expression interrogatrice peinte sur son visage. A côté de lui, Leonardo explosa de rire, manquant de peu de tomber de son tabouret, ce qui finit d'exposer son état d'ébriété.
– Ton grand-père, hoqueta l'italien, un… un fantôme ! Un autre éclat de rire le prit, l'empêchant de poursuivre alors que Ladislas esquissait un sourire amusé.
– Mon grand-père n'est pas un fantôme, assura-t-il en tenant Leonardo par la taille pour l'empêcher de tomber.
Remus fronça de nouveau les sourcils, repassant en revue les différents membres du personnel. Il sursauta lorsqu'il en trouva un correspondant plus ou moins et s'exclama, un peu fort :
– RUSARD !?
Cette fois-ci, ce fut Ladislas qui éclata de rire, et entraîné par le poids de son ami, il s'écroula, ainsi que son tabouret.
– Merlin non ! Protesta-t-il avec violence, le visage déformé par une grimace de dégoût. Il remit en place son tabouret, sur lequel il remonta avant de déclarer de la voix la plus normale du monde :
– Dumbledore… Merlin, si c'était Rusard, marmonna-t-il en roulant des yeux.
– Ah, souffla Remus avant de s'arrêter net. Quoi !? Dumbledore ? S'écria-t-il en tentant sans succès de rester discret pour ne pas déranger les clients.
– Ça fait un choc, approuva Leonardo dont le sourire était tordu mystérieusement, comme si sa phrase avait un sens que ne saisit pas Remus. D'ailleurs son voisin échangea un regard morne avec lui avant qu'ils ne rient de concert.
– Dumbledore, répéta pour la troisième fois Remus, en cherchant mentalement qui pouvait bien être la femme qui...
Ses yeux s'ancrèrent dans ceux du petit-fils de son ancien directeur, et il reconnut, derrière l'éclat violet, le regard pétillant du grand mage blanc. Même la couleur de ses cheveux devait correspondre à ceux de Dumbledore, avant qu'ils ne perdent leur coloration.
Un sourire s'esquissa timidement sur ses lèvres.
La nouvelle que Dumbledore avait un petit-fils devrait amuser Sirius pour quelques minutes…
– C'était génial ! Répéta pour la dixième fois Blaise, agaçant son amie qui leva les yeux au ciel.
– On y était, Blaise, remarqua Daphnée d'un ton mordant, en tapotant impatiemment de l'ongle la table des serpentards, attendant que les plats du dîner arrivent de la cuisine.
– J'ai un doute, vu ton humeur ! Répliqua le basané, refroidi par sa camarade. Tu ne vas tout de même pas me dire que tu n'as pas aimé ?
– J'ai aimé ! C'est seulement dommage que Durmstrang ait un directeur partial qui favorise largement son champion.
Selena réprima un sourire avant de demander sournoisement :
– Je croyais que tu n'étais pas pour Diggory ?
– A raison. Je ne serai jamais pour un poufsouffle, asséna la serpentarde.
– Il faut également souligner qu'à une autre échelle, ton directeur de maison pratique le favoritisme à outrance, renchérit l'étudiante de Beauxbâtons.
– C'est une question de point de vue, nuança Draco qui à cet instant ressemblait à s'y méprendre à son père, les sourcils froncés par le dérangement dû au brouhaha des différents élèves arrivant dans la Grande Salle. Alors que leur petit groupe d'ami avait rapidement quitté l'arène de la première épreuve, la plupart des élèves étaient restés pour discuter, certains ayant ensuite tenté de s'approcher des enclos des trois dragons. A présent qu'ils rentraient, la Grande Salle devenait à chaque instant plus bruyante.
– Une question de point de vue ? Répéta Selena avec flegme, ignorant pour sa part les étudiants.
Pansy retint un gloussement en roulant des yeux, mais ne fit aucun commentaire, sachant déjà ce que son ami allait répondre.
– Le professeur Snape est brillant dans son jugement, lorsqu'il s'agit de donner - ou retirer - les points. Les autres étudiants peuvent être jaloux d'un tel directeur de maison, et c'est pour cette raison - la jalousie - qu'ils calomnient notre directeur.
Selena acquiesça, bien que son attention se soit portée ailleurs. Son regard était ancré dans celui de son grand-père, qui venait de s'asseoir à la table des professeurs. Elle aperçut son sourire, qu'elle lui retourna sans trop se soucier si quelqu'un pourrait la voir, car personne, dans l'excitation ambiante ne prendrai la peine de chercher à qui elle souriait aussi chaleureusement.
– Et toi, Selena, pas trop déçue ?
La jeune Grindelwald sursauta légèrement et se tourna vers Théodore, les sourcils haussés avec incompréhension.
– Déçue par quoi ? C'était très impressionnant… Surtout les dragons !
– Delacour est dernière, l'éclaira le serpentard.
– Dernière sur trois, nota Daphnée en reniflant, elle a tout le temps de se rattraper. Surtout que Maxime n'est pas non plus très nette en matière d'impartialité… Sans te vexer, Selena.
– Tu ne me vexes pas, la rassura Selena avec un sourire. D'autant plus que je ne suis pas spécialement pour Beauxbâtons.
– C'est beau, applaudit Blaise avant de lui taper sur l'épaule. Il y a donc bien une étudiante qui n'est pas touchée par le sentiment d'appartenance à une école.
– Pour ça, il faudrait appartenir à ladite école, murmura Selena dont le sourire s'était légèrement fané. Heureusement pour elle, personne ne le remarquera, et elle se changea rapidement les idées en écoutant Blaise s'extasier devant le spectacle qui s'était déroulé devant leurs yeux quelques heures auparavant.
Se laissant bercer par le brouhaha ambiant, Selena mangea silencieusement, tentant à plusieurs reprises de contacter Sheshir, mais ce dernier semblait endormi.
– Et dire que les Poufsouffles vont faire la fête toute la nuit…, soupira Daphnée en lançant un regard morne à la table des blaireaux.
– On se rattrapera avec l'alcool de Flint, la rassura Pansy en esquissant un sourire malicieux, rapidement suivie par Blaise.
– Tu veux venir, Selena ? Proposa Draco qui semblait toujours autant agacé par le raffut de ses camarades.
– Mhh non, je vais plutôt rester à la bibliothèque, pour profiter du calme, déclina gentiment Selena en se levant du banc.
– Toujours aussi studieuse, remarqua Daphnée en inclinant la tête avec respect .
Selena lui sourit avant de saluer le groupe d'amis et quitter la Grande Salle. Se dirigeant vers les escaliers, elle chercha mentalement Sheshir, une nouvelle fois sans succès. Un soupir franchit ses lèvres, alors qu'un frisson remontait le long de son dos.
Ce n'était pas le premier de la journée.
Bien qu'elle ait été positivement surprise par la qualité des prestations des champions, elle avait été également horrifiée par la teneure de la tâche demandée. Être jeté dans une arène avec un dragon - d'une espèce loin d'être pacifique. Sa mâchoire s'était décrochée devant le magyar à pointes qu'avait dû affronter Krum. C'était une véritable machine à tuer.
Et dire que son frère aurait pu participer, que quelqu'un voulait le voir participer à un tel tournoi.
De nouveau elle frissonna avant de se reprendre. Ladislas n'était pas un gamin sans défense, loin de là. Néanmoins, elle ne pouvait penser à la première fois qu'elle l'avait vu. Son regard à mi-perdu, mi-émerveillé, lui donnait alors un air innocent tout à fait adorable, qui avait immédiatement attendri Selena. Plus tard, avant qu'il ne prenne les potions pour reprendre sa taille véritable, Selena s'était octroyé le droit d'aînesse, et ainsi le devoir de protéger son jumeau.
Ou plutôt s'inquiéter inutilement pour lui… rectifia-t-elle en entrant dans la bibliothèque, vide de tout occupant, ce qui lui laissa la possibilité de s'installer à une table proche des rayons de botanique. Elle profitait depuis son arrivée à Poudlard de la richesse de la bibliothèque pour améliorer son niveau dans cette matière, en vue d'une spécialisation en sixième année.
Se mordant la lèvre, la jeune Grindelwald tenta d'oublier le tournoi, et se plongea dans un ouvrage particulièrement complet, et d'après son aspect, régulièrement emprunté par d'autres élèves.
Heureusement que les cours lui faisaient oublier tous les problèmes qui menaçaient son jumeau. D'une part, il y avait ce tournoi et la mystérieuse personne qui l'avait inscrit, d'autre part, elle avait entendu au Conseil son grand-père parler du retour de Voldemort. Or ce dernier ne devait pas avoir de bons sentiments envers Harry Potter, même si plus rien - du moins elle l'espérait - ne le reliait à Ladislas Grindelwald à présent.
Et c'était sans compter le service militaire russe, réputé pour être difficile.
Soupirant, la jeune fille s'extirpa de ses noires pensées qui avaient fini par la distraire de son travail. Lançant un tempus, elle s'aperçut qu'il était bientôt l'heure du couvre-feu, repoussé exceptionnellement pour la première tâche.
Rangeant les livres empruntés, l'étudiante se reprocha son inquiétude excessive.
Quittant la bibliothèque, elle entreprit de se rendre dans le hall, empruntant des couloirs déserts. Les élèves avaient dû regagner leurs salles communes pour faire la fête, conclut-elle en réprimant un bâillement.
Elle s'apprêtait à tourner à un angle de mur lorsqu'une main lui saisit doucement le poignet, la faisant brusquement sursauter. Se retournant le cœur battant, elle laissa rapidement échapper un soupir de soulagement en reconnaissant celui qui l'avait effrayée.
– Fred, la prochaine fois signale ta présence avant que je ne te jette un sort…
– Et quel sort me lancerais-tu ? Susurra ledit Fred en lui adressant un clin d'œil, qui n'eut pour effet qu'un roulement des yeux de Selena - Merlin, Daphnée commençait à déteindre sur elle.
– Sérieusement, comment faites vous pour toujours surgir de nulle part ? Demanda la jeune Grindelwald en fixant son regard sur la caissette que tenait George.
– C'est un secret, chantonna Fred à son oreille avant qu'elle ne se dégage pour pointer la caissette avec curiosité :
– Ça aussi, c'est un secret ?
– C'est les recettes de nos paris ! S'exclama George, les yeux brillant d'excitation. D'ailleurs, poursuivit-il en sortant de sa poche une poignée de pièces, chose promise, chose due !
Selena fixa un instant les pièces qu'il lui avait fourré avec autorité dans la main avant de l'interroger du regard.
– Tu te souviens du pari sur les champions ? L'éclaira George, voilà ta part.
– Ce n'était pas la peine, murmura Selena en leur souriant chaleureusement. Ce n'était que des indications.
– Ces indications, comme tu dis, nous ont rapporté une fortune, alors le moins qu'on puisse faire, c'est te rembourser comme il se doit, répliqua sérieusement George.
– Et qu'allez vous faire de cette fortune ? Demanda avec intérêt l'étudiante qui les suivait à présent sans plus réfléchir au chemin qu'ils empruntaient.
– Acheter de nouveaux ingrédients pour de nouvelles expériences, bien sûr !
– Bien sûr, répéta Selena en leur adressant un sourire encourageant. Mais que feriez vous du résultat de ces expériences ?
Il y eut un silence, qui déstabilisa la jeune fille. Elle se pencha en avant pour observer tout à tour les visages des jumeaux :
– C'est aussi un secret ? Se risqua-t-elle avec douceur.
– Non, c'est plutôt…, débuta Fred en cherchant ses mots.
– Un rêve qui ne se réalisera pas, poursuivit George le regard perdu dans le vide.
Selena haussa un sourcil, surprise par le sérieux dans sa voix.
– On voudrait monter un magasin, comme Zonko, finit par avouer Fred.
– Et pourquoi serais-ce irréalisable ? Interrogea Selena en fronçant les sourcils. D'autant plus que vous avez du talent ! Vos idées sont complètement folles et originales et elles… elles plaisent !
Les jumeaux lui sourirent, touchés par son compliment, avant que George lui réponde :
– Pour ouvrir un magasin, il faut des fonds assez importants, et… Et notre famille ne dispose pas d'une fortune comme les Malfoy…
– Vous avez le temps pour réfléchir à comment réunir une telle somme ! Le coupa Selena. Vous êtes jeunes, vous aurez de nombreuses occasions pour vous trouver des investisseurs !
George lui sourit longuement, avant de lui tapoter la tête.
– Merci Selena, c'est réconfortant de t'entendre.
Ils arrivaient au tableau de la Grosse Dame, lequel s'ouvrit lorsqu'ils lui donnèrent le mot de passe. Avant que George n'entre, il se retourna et, retrouvant son air espiègle, il lança :
– Tu es la première à le savoir. A présent, tu es notre complice !
Selena hocha la tête en riant et répondit à son salut avant de se tourner vers Fred, attendant qu'il entre à son tour dans la salle commune de sa maison. Toutefois ce dernier resta, pensif, un long moment, jusqu'à ce que la Grosse Dame s'impatiente et referme le passage.
– Tu n'entres pas ? S'enquit Selena en penchant la tête.
– Je vais te raccompagner, l'informa-t-il en sortant de ses pensées.
Selena haussa un sourcil mais ne commenta pas.
– Tu penses vraiment qu'on pourrait le faire ? Finit par demander le jumeau Weasley en plongeant ses yeux dans les siens si longtemps que Selena fut troublée un instant par la profondeur de son regard.
– Bien sûr, répondit-elle une fois reprise. Peut-être qu'il vous faudra travailler pour un autre magasin avant, le temps de mettre de côté assez d'argent, mais vous y arriverez. Le travail ne vous fait pas peur, n'est-ce pas ? Après tout, les Gryffondors ne sont-ils pas courageux ? Lui lança-t-elle en lui donnant un coup de coude joueur dans les côtes.
De nouveau il la regarda précieusement quelques instants avant de souffler :
– Ça dépend des situations…
Selena fut surprise mais resta silencieuse.
– Si j'ai bien compris, je suis la seule dans la confidence… ?
– Avec Lee, précisa Fred.
– Alors, est-ce que je peux espérer que vous me disiez un jour comment vous faîtes pour
surprendre les gens ? Le taquina-t-elle.
Fred éclata de rire. C'était un sujet qui revenait régulièrement entre eux. Selena, était systématiquement surprise par les jumeaux qui surgissaient de nulle part, et ne pouvait s'empêcher d'être curieuse.
– Je vais y réfléchir, promit Fred en passant un bras autour de ses épaules pour la guider vers le bon couloir. Mais tu sais… c'est donnant-donnant.
– Donnant-donnant ? Répéta Selena en penchant la tête avec curiosité.
– Disons que si nous te révélons ce secret… tu devras être en mesure de nous révéler l'un des tiens, murmura Fred avec malice.
Cette fois, ce fut Selena qui éclata de rire.
– Comment sais-tu que j'ai des secrets ? Questionna-t-elle en levant un sourcil. Je suis totalement transparente ! Poursuivit-elle en se dégageant du bras de Fred pour tourner sur elle-même. Fred, resté à un mètre derrière elle pour mieux observer son mouvement, sourit pour lui-même, avant de la rattraper.
– Tu ne me crois pas ? S'indigna la jeune étudiante.
– Tout le monde a des secrets, répondit Fred en repassant son bras autour de ses épaules.
– Ça dépend, réfléchit Selena. Tu peux choisir de les partager avec tes proches. Par exemple, je n'en ai aucun pour Ladi.
Elle sentit Fred se raidir et lui lança un regard curieux.
– Ladi ? Répéta le gryffondor, en esquissant un sourire malicieux. Serait-ce un autre de tes secrets ?
– Je ne t'ai jamais parlé de Ladislas ? S'étonna Selena en cherchant dans leurs conversations précédentes une allusion à son frère. C'est mon jumeau.
Elle vit les yeux de Fred s'élargir sous le choc.
– Tu as un jumeau ? S'exclama-t-il. Et tu ne me l'as jamais dit ?
– Il me semblait en avoir parlé, se défendit Selena. En tout cas, je ne te l'ai pas caché intentionnellement.
– Où est-ce qu'il se trouve ? Demanda le gryffondor avec curiosité.
– A Koldovstoretz, répondit Selena, dont le sourire s'élargit en voyant la surprise sur le visage de son ami.
– Koldovstoretz ? Mais c'est un génie !
– C'est de famille, rit Selena en ressentant de la fierté, comme à chaque fois qu'elle évoquait Ladislas.
Un miaulement à sa gauche la détourna un instant de Fred, dont le visage à cet instant avait un air étrange.
– Sheshir ! S'exclama Selena en prenant dans ses bras son chat, qui semblait encore tout somnolent.
– Te voilà entre de bonnes mains, sourit Fred en ouvrant pour elle la porte du hall. Il esquissa une courbette avant de refermer la porte. Selena lui fit signe puis s'engagea sur le chemin vers le carrosse de Beauxbâtons.
– Tu as vu la première tâche ? Qu'en as-tu pensé ?
– C'était moins sanglant que je ne l'espérais…, répondit le félin dans un bâillement, amusant sa maîtresse.
Leonardo remua dans son sommeil, enfonçant son pied dans l'estomac de Ladislas qui grogna en reculant vers le bord du lit. Sa main glissa à taton sur le sol, à la recherche de sa baguette, qu'il trouva sous un tee-shirt, entre un parchemin et une chaussure. Un tempus lui apprit l'heure tardive, qui le persuada de se lever.
Glissant un pied hors du lit, le jeune Grindelwald se laissa tomber sur le sol, dans l'espoir de se réveiller. Dans les ténèbres de la chambre de son meilleur ami, il chercha parmi les nombreuses affaires qui jonchaient le sol des vêtements à peu près propres.
Retenant un bâillement, le blond cendré sortit sur le palier pour se rendre dans la salle de bain, qu'il quitta une dizaine des minutes plus tard. Retournant auprès de son meilleur ami, il s'assit sur le bord du lit en se repassant la soirée de la veille en tête.
Il se souvenait parfaitement avoir bu des bierraubeurre avec Leonardo, pour fêter son séjour à Rome, qui s'achevait aujourd'hui. Et même si Ezio leur avait demandait d'être raisonnable, ils avaient forcé leur consommation. Heureusement que Remus avait été là pour assurer un service de qualité.
Soudain, la pensée de Remus éveilla un sentiment de panique en Ladislas qui secoua énergiquement l'épaule de Leonardo pour s'assurer de l'authenticité de son souvenir.
– Leo ? Appela le russe d'une voix inquiète, qui dissuada l'autre de le frapper pour l'avoir réveillé.
– Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda le dernier d'une voix encore ensommeillée.
– Est-ce j'ai dit à Remus que mon grand-père était Albus Dumbledore ?
Le silence qui précéda la réponse de Leonardo sembla durer une éternité à Ladislas.
– Il me semble, oui, finit par répondre l'italien en s'extirpant de ses draps pour ouvrir les volets de la pièce. Il grogna en rencontrant la lumière trop vive du soleil déjà haut dans le ciel et se retourna rapidement, une main sur les yeux. Il se baissa lorsque son pied rencontra un tee-shirt, mais cessa sa recherche d'un pantalon en croisant le regard paniqué de son meilleur ami.
– C'est grave ?
– Je ne suis pas certain que grand-père soit ravi qu'une des ses connaissances sache qu'il a un petit-fils, fit sombrement Ladislas en se mordant nerveusement la lèvre.
– C'est pas comme si c'était un secret protégé, raisonna Leonardo. Regarde, tous les membres du conseil sont au courant.
– Justement, ce sont les membres du conseil, répliqua Ladislas. J'espère que Grand-père ne…
– C'est ton grand-père, le coupa Leonardo en posant une main sur son épaule. Il trouvera une solution. Et puis, poursuivit-il en se penchant à l'oreille de Ladislas : on peut toujours lancer un oubliette à Remus…
Ladislas laissa échapper un rire, déjà soulagé par les quelques mots de son ami.
– Je croyais qu'il avait été professeur de défense contre les forces du mal. Je doute que nous soyons de taille.
– A deux contre un, on a une chance ! Répliqua Leonardo en fouillant dans son armoire qui débordait d'habits, dont certains devaient appartenir à Ladislas, ramassés à la va-vite pour donner un semblant d'illusion de rangement.
Cela exaspérait Bianca lorsqu'elle avait le malheur de passer dans la chambre de son fils, seulement ce dernier s'accommodait du désordre ambiant, tout comme son meilleur ami, puisque ce système de rangement était strictement le même à Koldovstoretz. Ayant la même morphologie, il n'était pas rare qu'ils échangent de vêtements. De même pour les affaires de classe qui s'empilaient sur leurs bureaux attendant les vacances pour un tri sommaire.
– Les garçons ! Appela une voix depuis le couloir. Ladislas se leva du lit et ouvrit la porte. Se penchant par dessus la rampe, il avisa Ezio Agazzi deux étages plus bas.
– Vous avez fait vos valises ? Demanda le père de son meilleur ami.
– Pas encore, avoua Ladislas avec un sourire contrit.
L'adulte secoua la tête avec amusement.
– J'aurai dû m'y attendre. Je vous rappelle simplement que votre portoloin s'active en fin d'après-midi.
– On a tout le temps ! S'exclama Leonardo qui cherchait toujours un pantalon convenable depuis la chambre.
– Si tu le dis, fils, sourit Ezio qui se dirigea vers la cour intérieur. N'hésitez pas à descendre au bar pour prendre un repas, lança-t-il avant de sortir du bâtiment.
Ladislas hocha la tête et se retourna vers Leonardo :
– Tu préfères qu'on range ta chambre avant de faire nos valises ? Proposa-t-il tout en montrant du doigt un short sous le lit.
– Ranger ma chambre ? Répéta Leonardo en époussetant le short avant de le passer. Pourquoi faire ? Rit-il en embrassant du regard sa chambre d'un air satisfait.
Ladislas le rejoignit rapidement en secouant la tête. Il ouvrit sa valise et commença à la remplir de vêtements, tandis que Leonardo s'occupait des affaires d'école, sans qu'ils fassent de distinction entre ce qui appartenait à l'un ou à l'autre.
Ils descendirent au bout d'une heure, bien qu'ils n'aient pas encore tout à fait fini. En passant dans le hall, ils croisèrent Patmol qui finissait le reste d'un client. Leonardo se précipita vers lui pour lui caresser la tête :
– Mon Patmol, tu vas être malheureux sans moi, hein ? Fit-il en prenant une voix d'enfant, qui amusa grandement Christina, Ladislas et Remus, témoins de la scène.
Le chien le regarda en couinant, délaissant momentanément son repas.
– Je repars, mon grand, lui avoua l'italien. Koldovstoretz m'appelle… Et comme cette école est archaïque, elle n'accepte pas les animaux de compagnie… Quel monde décevant !
Ladislas leva les yeux au ciel et se dirigea vers le bar où il s'installa.
– Qu'est-ce que je te sers ? Demanda Remus qui l'avait suivi.
– Le plat du jour, répondit distraitement le russe en scrutant attentivement le visage du serveur. Il joua nerveusement avec les couverts que lui tenditRemus avant d'oser se lancer : Hier soir… j'ai un peu trop bu.
– Je m'en étais aperçu, rit Remus en essuyant le comptoir, plus pour s'occuper que pour le nettoyer.
– J'ai…, débuta lentement Ladislas en se frottant la nuque avec gêne, dit pas mal de bêtises, non ?
Remus arrêta sa tâche pour le regarder, sans rien dire pendant quelques instants, instants qui parurent être une éternité à Ladislas. L'ancien professeur finit par sourire, une drôle de lueur brillant dans son regard doré:
– L'avantage avec moi est que ma fatigue me fait oublier beaucoup de choses. Quoique tu ais dit, ça ne sera pas trahi - par moi en tout cas.
Ladislas laissa échapper un long soupir de soulagement. Il se doutait bien que Remus n'ait pas pu oublier une telle chose, mais au moins avait-il l'intention de garder secret son affiliation avec son grand-père. ll ne lui restait plus qu'à avouer sa bourde à ce dernier, en espérant que cela ne le dérange pas.
Il accepta l'assiette avec une grand sourire, déjà plus tranquille et commença à manger. Leonardo les rejoignit quelques minutes plus tard, suivi de Patmol qui sauta sur le tabouret à côté de Ladislas, lorgnant sans vergogne sur son assiette.
– Tu m'as pas attendu ? S'indigna l'italien en commandant rapidement la même chose.
– Je ne savais pas combien de temps allait durer tes adieux larmoyants, ironisa Ladislas.
– On en reparle quand tu croises Liana, répliqua son ami.
– Comment oses-tu comparer ta petite soeur à un chien - sans te vexer Patmol ? Se révolta Ladislas en passant à Patmol une partie de sa viande comme pour se faire pardonner. Le chien aboya joyeusement et dévora la moitié de son assiette sous le regard attendri de Remus.
– Ce sont plutôt nos réactions que je compare, nuança Leonardo d'un air absent. Il resta silencieux un instant avant de soupirer, les yeux dans le vide : l'hiver arrive bientôt… Je crains les cours avec Primakov…
– Depuis le temps, tu n'as pas l'habitude ? S'étonna Ladislas dans un bâillement, sans retenir un frisson en se souvenant de l'horreur des séances de vol de novembre l'an passé.
– Comment peut-on s'habituer à ça ? Souffla l'italien en s'étirant paresseusement. Enfin… il ne s'en prend pas trop à nous cette année, c'est déjà ça.
– Oui, j'ai remarqué. Tu penses qu'on s'est amélioré ?
– Disons que par rapport aux bleus de troisième ou quatrième année, nous devons nous en sortir. Il ne peut pas hurler sur tout le monde - même s'il aimerait bien - sa voix doit casser à un moment ou un autre.
– Pas faux, approuva Ladislas qui acheva son assiette au grand dam de Patmol. Ce fut au tour du jeune russe de soupirer.
– Je vais devoir bosser comme un malade….
– C'est ça d'avoir séché pendant plusieurs semaines…, glissa Leonardo avec une pointe d'amusement dans la voix qui n'échappa pas à son ami.
– Je n'ai jamais séché, grogna Ladislas.
– En tant que tel, non, admit Leonardo. Toutefois, étant donné que ton esprit était ailleurs, on peut tout de même dire que tu étais ailleurs.
Ladislas lui adressa un regard sombre sans commenter. Sa main trouva dans sa poche le portoloin qui devait le ramener à Koldovstoretz et qu'il caressa machinalement. Au moins, pensa-t-il distraitement, le froid de l'hiver le disuarderait de passer trop de temps dehors. Quoique sa forme de phénix ne devait pas souffrir du froid, pensa-t-il l'instant d'après, les sourcils froncés.
– Les garçons ! Je vous cherchais ! S'exclama une voix derrière eux. Se retournant, les deux amis virent s'approcher Ezio et Bianca.
– Vous êtes prêt à partir ? Demanda cette dernière en caressant tendrement les cheveux de son fils qui lui sourit tandis que Ladislas hochait la tête.
– Merci beaucoup pour l'accueil, les remercia-t-il.
– Je t'en prie, c'est moi qui doit te remercier pour ton aide au bar, sourit Ezio.
– Et puis, tu es toujours le bienvenu, renchérit chaleureusement Bianca.
Ladislas les remercia de nouveau, touché par leur gentillesse. Heureusement qu'il s'était fait en Leonardo un meilleur ami de qualité, sinon il aurait dû passer ses vacances en domaine seul. Et puis, les Agazzi - du moins ceux-là - étaient vraiment bienveillant envers lui. C'était toujours agréable de passer une semaine chez eux.
Peut-être que pour les prochaines vacances inviterait-il Leonardo au domaine Dumbledore, ce qui lui permettrait de lui faire découvrir. Et puis, Skeeny lui manquait…
Voili voulou... J'espère que ça vous a plu.
J'en profite pour m'excuser des titres de chapitres pourris, je n'y peux rien, je dois en trouver lorsque je poste, ce qui donne des choses assez peu esthétiques. Mais bon. L'important est le contenu du chapitre, non ?
N'hésitez pas à commenter si ça vous a plu ! Je lis toutes les reviews, et généralement, j'ai plus de courage après les avoir lu. En revanche je n'y réponds pas, même si j'ai parfois très envie ! Merci beaucoup, bon dimanche et à une prochaine fois !
