Beta : DrayMione Potter-Malfoy

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Le directeur n'est pas le seul à recevoir une lettre ce matin. C'est fébrile que Sirius ouvre la lettre de son grand-père.

- Un problème ? Demande James.

- Non, Grand-père me propose un déjeuner le week-end prochain. Durant la sortie à Pré-au-lard.

- Pour toi ce n'est pas un problème ? Qu'est-ce que c'est alors ? demande Remus.

James et Sirius se jettent un regard, aucun des d'eux n'a parlé de Lord Black qui les a surpris lors du mariage. Hermione et Remus se doutent que quelque chose n'est pas normal. Hermione sait que les secrets ne sont pas une bonne chose au sein du groupe, surtout de CE groupe. Hermione jette un regard au loup-garou pour qu'il les questionne.

- Et si vous nous expliquiez, dit Remus.

- Hermione, viens avec moi, supplie Sirius, ignorant le loup-garou.

- Je ne suis pas invitée, dit-elle d'un ton sec.

- On s'en moque, dit-il comme un enfant capricieux.

- Je viens que si ton grand-père est d'accord.

Sirius déchire un morceau de parchemin et demande si Hermione peut venir. Le hibou, après avoir piqué un morceau de nourriture et bu dans le verre de Sirius, s'envole avec sa réponse.

Durant la journée, et comme la veille, Sirius et Hermione sont distants, le conseil de Regulus tourne dans la tête de son frère, mais il ne sait pas comment l'aborder, vu qu'à chaque fois qu'il essaye de parler de choses banales, la jeune femme arrive habilement à se détourner de lui.

C'est en fin de journée de James et Remus vont essayer d'aider sans le savoir.

- Nous avons un plan, commence James.

Hermione le regarde, étonnée.

- Tu sais, pour ce que nous cherchons.

- Allons dans un endroit plus discret, rajoute Remus qui regarde les élèves autour d'eux.

Remus les emmène dans un couloir peu utilisé, vers une salle de cours tout aussi peu fréquentée.

- Dis donc, Moony, comment connais-tu cet endroit, demande espiègle Sirius.

- Je t'ai demandé ce que tu faisais dans le placard avec Eleanor ? Réplique Remus.

Hermione tourne la tête vers Sirius, étonnée qu'il soit allé faire le joli cœur auprès d'autres filles. Elle ne doute pas que dans son autre jeunesse, il ait visité tous les placards du château, mais avec tout ce qu'ils ont vécu, elle aurait pensé qu'il était plus sage et plus mature.

- Sûrement la même chose que toi, quelques mois plus tard, répond au tac au tac Sirius.

- Franchement, je ne comprends pas comment vous avez fait pour sortir avec cette…

- Serpentard ? Propose Remus.

- Croqueuse d'homme ? Rajoute Sirius.

L'ancien prisonnier voit qu'Hermione n'est pas bien, encore moins que d'habitude.

- Mais c'était l'année dernière, nous sommes des hommes différents maintenant, complète Sirius l'air de rien.

Même si Hermione essaye de ne pas le montrer, elle est rassurée.

- Nous y sommes.

Remus et James laissent entrer leurs amis et ferment la porte rapidement, les enfermant à l'intérieur l'aide de sortilèges.

Hermione regarde Sirius pour la première fois depuis leur baiser. Elle peut voir qu'il veut lui parler, mais reste silencieux. Et pour une fois, elle ne veut pas savoir ce qui se passe. Une grande première pour la jeune femme avide de connaissances et de réponses.

- Y es-tu pour quelque chose ?

- Non.

Sirius a rapidement pensé qu'il pourrait lui parler, mais Hermione a d'autres plans. Depuis toujours, elle déteste être acculée et encore plus depuis la guerre à chaque fois cela s'est mal fini pour elle.

-Oh par Merlin, Sirius, nous sommes enfermés, dit théâtralement la jeune femme oubliant ses sombres pensées.

Deux options s'offrent à lui, soit la confronter, soit entrer dans son jeu. Et il n'est pas sûr de gagner, Hermione est devenue beaucoup trop maraudeur pour la confronter.

- Oh, mais qu'allons-nous pouvoir faire, répond Sirius sur le même ton, entrant de ce fait dans son jeu, ne pensant pas que ça ira bien loin.

Sirius n'abandonne pas, il trouvera le moment pour lui parler mais ce n'est pas celui-là. Finalement, il n'est peut-être pas si Gryffondor que cela.

Remus et James, qui sont derrière la porte à écouter, se disent que finalement leur plan n'est peut-être pas aussi bien qu'ils le pensaient.

- Et si on faisait exploser la porte, propose Sirius toujours sur le même ton.

James et Remus se reculent précipitamment sachant que Sirius en est tout à fait capable mais ne renoncent pas pour autant à les relâcher, ce dont Hermione est consciente, il faut frapper fort.

- Ou alors, fais-moi un bébé là, tout de suite, répond Hermione dramatique et énamourée, le rouges aux joues, mais amusée. Elle est déjà dans les ennuis avec leur baiser, autant continuer dans cette lancée. De toute façon, rien ne se passe comme elle se l'était imaginé.

Les trois maraudeurs sont étonnés que leur amie ait osé dire une phrase si intime. Ils ne savent pas que pour son époque, ce n'est pas quelque chose de bizarre, ni déplacé.

Une seconde plus tard, Remus et James ouvrent la porte ne voulant qu'ils se passent ce genre de chose. Se bécoter oui, mais aller plus loin, non. En voyant Sirius et Hermione chacun dans un coin de la salle, ils se rendent compte qu'ils se sont fait avoir.

Hermione sort de la pièce toute contente, mais sans le montrer, très gênée des propos qu'elle a tenu. Après tout, elle n'est pas comme le reste des élèves de son époque.

- Redoutable, commente Moony.

- Ouais… Allons manger.

- Je vous rejoins, dit Sirius, toujours assis sur une table poussiéreuse.

Ses deux amis sont étonnés, mais Moony comprend vite avec son odorat développé. Patmol a sa propre odeur, mais elle varie en fonction de ses émotions et là…

Remus ne peut que rigoler fortement.

- La ferme Moony, sinon je te découpe.

Son ami redouble ses rires, Patmol gronde sans aucun effet sur lui, mais cela permet de régler son petit problème. Quelle idée a eu Hermione de dire ce genre de phrase aussi…

- Foutu corps d'adolescent.

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- Tu sais Patmol qu'on t'adore, commence James.

- Mais si tu éloignes Hermione, on te rase sous ton autre forme, dit Remus d'un ton sérieux et froid.

Même s'il a connu Azkaban, Remus fait presque aussi froid dans le dos que les détraqueurs.

- Dis Moony, as-tu pensé à devenir gardien à Azkaban ?

Remus lui envoie son oreiller dans le visage.

- Au lieu de dire des bêtises, va donc réparer tes bêtises (les tiennes).

- Mais qu'est-ce que vous avez tous, ce n'est pas de ma faute.

- Si, dirent les deux en cœur.

Même s'il n'est pas pressé d'aller la voir - de peur que les choses se passent mal et de tout gâcher entre eux – discuter leur fera du bien à tous les deux. Il descend dans la salle commune mais ne la voit pas. Lily lui dit qu'elle dans leur chambre. Voilà un problème. Il sait qu'aucun garçon ne peut entrer, mais peut-être que…

Il trouve un coin discret et se transforme en chien, espérant que son plan va marcher (marche). Et c'est très étonné qu'il se retrouve dans le couloir du dortoir des filles. Il ne reste qu'à trouver la bonne chambre. En suivant son flair, il se retrouve devant la bonne chambre et la chance doit être avec lui, car la porte n'est pas loquetée (fermée à clé). De son museau, il pousse la porte et entre prudemment dans la pièce. Hermione est concentrée sur son devoir, assise à son bureau, dos à la porte.

Sirius voudrait faire le tour de la pièce mais se retient et va s'asseoir à côté du lit de son amie. Il se demande combien de temps elle allait mettre pour se rendre compte qu'il était là, en espérant qu'elle ne tarde pas trop, parce que si Lily arrive, il ne donnerait pas cher de sa peau.

Hermione sent un courant d'air dans son dos, et tourne la tête vers la porte. D'un coup de baguette, la porte est fermée. Quelques minutes plus tard, elle boucle son devoir. Lorsqu'elle se retourne, elle sursaute en voyant un chien couché sur le sol, somnolent.

Prenant son courage à deux mains, elle se lève et le rejoint sur le sol. Ils restent dans un silence calme, jusqu'à ce que Sirius redevienne humain.

- Tu n'es pas étonnée de me voir là.

Hermione tourne la tête et le fixe avant de se mettre à sourire.

- Toi si, sourit-elle. Franchement, je pensais que tu le savais mais que tu étais également un gentleman.

- C'est une sacrée faille dans les défenses.

- Pas tant que ça, très peu d'élèves sont capables de faire ce que vous avez réussi. D'ailleurs, je suis sûre que vous avez loupé la page où il est écrit qu'il faut être un sorcier accompli avant de se lancer dans cette magie.

- Preuve que ça n'a pas été une page importante.

- Ou alors que Merlin est avec vous et que vous êtes nés sous une bonne étoile.

- Tout le monde sait que l'étoile Sirius est la meilleure.

- Vraiment ? Demande Hermione en le fixant sceptique.

- Vraiment. Ce qu'on fait de nos vies ne dépend que de nous.

Hermione médite ses paroles qui, au final, sonnent bien en elle.

- Pourquoi m'évites-tu ?

La jeune femme ferme les yeux et essaye de ne pas rougir en vain. Sirius, cette fois, ne va pas se démonter, prend sa main.

- Je ne pense pas embrasser si mal, plaisante-t-il.

- Idiot, dit-elle les yeux toujours fermés. Tu sais que ce n'est pas la raison, dit-elle cette fois en le fixant.

- Alors c'est quoi ?

- Tu ne peux pas imaginer que j'ai peur ?

Sirius ouvre la bouche et la referme. Il se dit que non, qu'Hermione ne peut (pouvait) pas avoir peur. Pas de ça, en tout cas.

- De quoi as-tu peur ?

- De tout gâcher… De l'avenir… Depuis des années, avec la guerre, je ne me voyais pas de futur, pas d'avenir et encore moins un où je serai heureuse et amoureuse… Depuis que je suis là, les choses ont changé et même si je suis bien avec ça, et bien... dit-elle avec un geste de la main avant de hausser les épaules.

Sirius, qui n'avait pas lâché sa main, caresse le dos de sa main pour essayer de la réconforter, tout en comprenant son point de vue. Elle est à l'aise à cette époque, il lui arrive d'oublier qu'elle n'en faisait pas partie et toutes les tragédies qu'elle a vécu à un si jeune âge.

- J'oublie parfois que tu as été au cœur de la guerre.

- Dans ce monde, cela m'arrive aussi… dit-elle en le fixant. Mais…

- Mais tu as peur que tout cela te soit enlevé, dit-il sombre. Il m'arrive aussi d'y penser, mais je ne ferai pas deux fois la même erreur, j'ai encore plus à perdre cette fois.

Hermione rougit et concurrence la couleur des Gryffondors.

- Je ne peux pas te promettre que tout ira bien, mais, il caresse le bracelet qu'il lui a offert, je te promets qu'on fera tout pour être heureux.

Cette fois, Hermione a les larmes aux yeux, sachant que Sirius ne dit rien qu'il ne pense pas.

- Merci, dit-elle émue.

Alors que leurs visages se rapprochent, la porte s'ouvre pour laisser entrer Lily et Mary, la seconde suivante, Sirius est de nouveau un chien et caché de l'autre côté du lit, caché.

- Hermione, que fais-tu au sol ? demande Lily.

- Je regarde le monde sous un autre angle.

- Lily aussi en aurait besoin, dit Mary d'un ton sec.

- Que s'est-il passé ?

- Rien. Je vais prendre ma douche.

Lily prend ses affaires et s'en va en claquant la porte. Hermione se tourne vers Mary, essayant de s'investir dans la vie de la rousse.

- Rogue a essayé de lui parler mais elle n'a rien voulu entendre. Parfois elle peut-être…

- Butée, têtue ?

- Oui, soupire son amie.

- Mais au final, elle se rend compte qu'écouter les autres peut être une bonne chose ?

- C'est ça… Moi aussi, je vais prendre ma douche, je suis épuisée. Enfin, Lily m'épuise.

Une fois Mary partie, Hermione en profite pour faire sortir Sirius de sa chambre qui rejoint la sienne sans encombre.

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A suivre…