Bonjour tout le monde ! Comme je vous l'ai dit, je vais vous faire un cadeau ! Et mon cadeau est un double chapitre pour chacune de mes fics !

Chapitre 37

Pendant quelques secondes, aucune parole ne se décida à sortir de la bouche d'Harry. Comment était-il supposé parler d'un truc pareil ? Devait-il aller droit au but et tout dire de manière concise ? Ou devait-il faire des métaphores et tourner autour du pot ? Il n'avait jamais eu à faire quelque chose dans ce genre. Et pourtant… Malfoy restait debout devant lui, si proche qu'il pouvait sentir son odeur… ces yeux gris le fixant avec une clarté qu'il n'était pas prêt à affronter… surtout lorsque ces yeux se voileraient de dégoût… Mais, il n'avait pas le choix pas vrai ?

-J'ai tué 15 personnes. Déclara-t-il froidement.

Il s'attendait à ce que Malfoy s'en aille en courant ou lui jette un regard apeuré… Pourtant, le blond se contenta de lui prendre brusquement la main, ces yeux gris s'écarquillant sous le choc. Harry pouvait comprendre ce choc. Il ne voulait pas en parler… Merlin, qu'il n'avait aucune envie d'en parler. Pourquoi devait-il en parler? Pourquoi Malfoy voulait-il donc savoir ces choses? Cela ne le regardait en rien! Il s'obligea à prendre une profonde respiration, le corps tendu comme un arc. Il n'était pas lâche bon sang! Il ne voulait pas être le genre de personne qui se mentait sans arrêt à soi-même ! Il voulait être honnête envers lui-même. Et la vérité était qu'il préférait voir Malfoy partir maintenant que de le voir partir plus tard. Il ignorait pourquoi mais, c'était ce qu'il ressentait. Mais, Malfoy voulait savoir. Et il lui devait bien ça…

-Quand je suis arrivé en prison… je ne parlais pas beaucoup dirons-nous…

Pourquoi aurait-il parlé? La plupart des détenus étaient d'anciens mangemorts qui auraient tout donné pour avoir sa peau. Et, contrairement à maintenant, il n'était alors qu'un gringalet qui ne savait pas du tout se battre et qui avait réussi à survivre grâce à une chance insolente… Mais, mieux valait ne pas prendre de chance avec ces prisonniers aux yeux froids et aux muscles d'aciers qui n'attendaient qu'une opportunité pour lui faire payer leurs souffrances.

-Je faisais toujours bien attention à être dans le champ de vision des gardiens. Après tout, même si j'étais en prison, la plupart des gardiens me respectait. Je restais dans ma cellule… pour que les prisonniers ne puissent pas me faire de mal. Puis j'ai rencontré ce type… enfin, c'est plutôt lui qui m'a rencontré.

Il pouvait encore se souvenir de Jonathan rentrant en collision avec lui, ces grands yeux bleus le fixant avec perplexité alors qu'un sourire hésitant jouait sur ces lèvres.

-Il n'avait pas l'air très dangereux. Et il a commencé à me parler. Je détestais ma vie en prison. Ron et Hermione me manquaient terriblement. Et puis, il m'avait dit qu'il avait été arrêté parce qu'il vendait des substances illicites… il n'était pas un mangemort et il ne semblait pas vouloir ma peau alors…

Harry pouvait encore se souvenir de ce garçon de 18 ans qui n'avait qu'une envie, sortir de prison. Il voulait sortir, trouver « un bon petit ami », avoir une maison… il se fichait éperdument du conflit qui bouleversait le monde sorcier. Après tout, comme il le disait si bien, il était un Français, les conflits des Anglais ne le concernaient en rien… Un sourire amer apparut alors sur le visage d'Harry.

-Nous avons fait un mois à être d'excellents amis. Mais, même à ce moment là, je ne sortais pas souvent de ma cellule. Juste pour prendre mon bain et manger. Dans ma cellule j'étais en sécurité… Puis, Jonathan m'a convaincu que je devais explorer un peu plus Azkaban… Il était tard ce jour là… Il m'avait dit que personne ne pourrait nous voir.

Le Griffondor ne remarqua que trop tard que sa main, celle qui se trouvait dans celles de Malfoy, tremblait imperceptiblement. Il essaya faiblement de se dégager mais, les mains du blond refusaient de le lâcher. Harry ignorait complètement s'il s'agissait d'une bonne chose ou d'une mauvaise chose. Il ferma alors les yeux et maudit aussitôt. Il pouvait clairement revoir le visage de Jonathan. Ses cheveux blonds mi-longs, ses grands yeux bleus, son sourire qui semblait dire que tout irait bien dans ce monde.

-Alors je suis parti avec lui. J'en avais marre de ma cellule… marre de la vie en prison… marre de n'avoir rien à faire… marre de voir les massacres de Voldemort dans ma tête… on est parti… et il m'a entraîné vers une salle vide. Dans cette salle, il y avait un groupe de prisonniers… et je savais que ces prisonniers là étaient tous des anciens mangemorts… J'ai compris assez vite ce qui était entrain de se passer.

Oh oui, il avait compris assez vite. Il pouvait encore se souvenir de la terreur qui lui avait paralysé le corps… de la sueur qui dégoulinait sur lui… des yeux bleus de Jonathan remplis d'eau. Il avait très bien compris qu'est-ce qui était entrain de se passer et il n'avait même pas eu la force d'hurler.

-Il y en a un qui est venu derrière Jonathan et qui l'a obligé à l'embrasser.

Embrasser était un mot trop poétique pour ce que cet homme avait fait des lèvres de Jonathan. Et le blond qui était resté silencieux, semblant complètement déconnecté du monde… comme si cela lui arrivait tout le temps… Et il avait enfin réellement comprit ce qui était entrain de se passer. Ces types n'avaient pas l'intention de seulement le battre. Oh non ce n'était pas leurs intentions… et, visiblement, ils avaient déjà fait subir tout ce qu'il voulait lui faire subir à Jonathan.

-Puis, l'un d'eux a mis sa main sur mon épaule.

Il n'avait pas besoin de dire à Malfoy les paroles qui avaient accompagnées cette main sur son épaule.

-J'ai perdu le contrôle.

-De quoi? Souffla le Serpentard.

-De ma magie.

Il pouvait juste se souvenir de cette impression de brûler de l'intérieur… de brûler de l'extérieur… tout brûlait et lui hurlait… il n'avait rien vu, rien entendu… Il avait juste incroyablement chaud… et les larmes coulaient sur ses joues… les sanglots l'étouffaient… ces types ne l'avaient même pas vraiment touchés… et il avait déjà eu l'impression de mourir…

-Quand je me suis réveillé, j'étais à l'infirmerie… et le docteur m'a annoncé que tous ces hommes étaient morts… brûlés vifs… et que Jonathan aussi était mort.

Il n'avait pas voulu y croire. Merlin! Il ne pouvait pas y croire! Il ne se souvenait de rien! Jonathan était mort… il ne lui avait rien fait. D'accord, il l'avait entraîné dans ce piège. Mais, c'était contre sa volonté. Il croyait en ses larmes. Il croyait en ses sourires. Jonathan n'aurait jamais son « bon petit ami », il n'aurait pas sa maison dans la prairie, il ne sortirait jamais de prison, parce qu'il l'avait tué… il l'avait tué et la seule mémoire que les gens auraient de ce blond âgé de 18 ans serait celle d'un junkie. Il n'y avait pas eu de funérailles. Il n'y avait rien eu… parce qu'il n'était qu'un prisonnier d'Azkaban. Jonathan était mort. Et il l'avait tué. Il l'avait détruit… ce type lui avait redonné le sourire dans cet enfer… et lui n'avait même pas été fichu de voir qu'il se faisait agressé. Il ne l'avait pas aidé. Il ne l'avait pas soutenu. Et il l'avait tué.

-Et puis J est venu. Continua-t-il d'une voix monotone. Et il m'a demandé qu'elle était la chose que je désirais le plus.

-Qu'est-ce que tu as répondu?

-Je lui ai dit que j'avais déjà le pouvoir, l'argent et la gloire… qu'il ne pouvait rien m'offrir du tout. Et là il m'a dit que même si j'avais tout ça, je ne pouvais sauver personne.

Il se revoyait encore sur son lit blanc, le corps vidé de toute énergie alors que J le fixait en souriant d'amusement. Il pouvait apercevoir Heero du coin de l'œil, le fixant avec une indifférence presque insoutenable.

-Et maintenant tu sais. Est-ce que tu te sens mieux? Est-ce que tu es heureux, maintenant?

Il n'avait même pas la force d'hurler. Les yeux de Jonathan le hantaient. Ces grands yeux bleus qui le fixaient avec tellement de regret. Même si certaines personnes oseraient dire que Jonathan était une mauvaise personne… qu'il l'avait donné à ces mangemorts… qu'il l'avait trahi… Il n'avait qu'une chose à dire. Il avait choisi de faire confiance à Jonathan. Il était celui qui n'avait pas vérifié sa situation. Il n'avait pas fait attention et, normalement, il en aurait payé le prix. Mais, c'était Jonathan qui en avait payé le prix. C'était Jonathan qui n'aurait plus le droit à ces rêves et à ces espoirs. Jonathan était mort… brûlé vif. Avait-il souffert? Il espérait que non… il espérait que la fumée l'avait asphyxié avant que le feu ne vienne manger sa chair… Il avait envie de vomir. La main douce de Malfoy sur sa joue le fit revenir au présent.

-Je suis content que tu m'aies confié ça…

-Au moins l'un de nous est heureux.

Il se dégagea brusquement de la main du blond et partit en courant vers l'extérieur. Il avait besoin d'air. Il avait besoin de respirer. Lorsqu'il arriva à l'extérieur, la tempête l'accueillit. La pluie s'abattait sur son visage, le tonnerre résonnait à ses oreilles. Et lui ne pouvait que courir… courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Jonathan souriait tout le temps. Harry n'avait même pas cherché à savoir ce qui se cachait derrière son sourire. Il n'avait qu'absorber sa chaleur pour essayer d'échapper à la froideur des murs d'Azkaban. Et il l'avait brûlé. Il l'avait brûlé. Ses pieds continuaient à le faire courir. Vers qui? Vers quoi? Il l'ignorait. Il ne pouvait que courir vers la tempête. Le sourire narquois de J alors qu'il lui disait qu'il n'avait jamais sauvé personne. Il le savait déjà bon sang! Il le savait qu'il n'avait jamais sauvé personne! La sœur de Chang Wu Fei… son corps jeté dans ce lac sombre… elle était plus jeune que lui. Et elle était morte… Il se fichait de son entraînement. Il était d'accord pour qu'on lui fasse pire si cela voulait dire que le gens autour de lui cesserait de mourir. Le hurlement de sa mère à ses oreilles… elle hurlait dans sa tête. Jonathan pleurait. Et tout ça parce qu'il n'arrivait pas à sauver qui que ce soit. Pathétique. Pathétique. Et maintenant, Malfoy aussi était en danger. Et il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait jamais rien faire. À part se protéger. Parce qu'il devait continuer à vivre non? Il ne pouvait pas sauver tout le monde. Il devait penser à ceux qu'il avait réussi à sauver et non ceux qui étaient morts pas sa faute. Il s'arrêta alors en plein cœur de la forêt et leva la tête vers le ciel en furie. Sa mère, son père, Jonathan, Meilan et maintenant Malfoy aussi… tout le monde… tout le monde… Même Heero, Ron et Hermione… tout le monde… Le hurlement féroce qui sortit alors de sa bouche le surprit lui-même. Mais, bordel que cela faisait du bien! Ce nœud dans sa poitrine qui l'empêchait de respirer. Il brûlait! Il avait chaud! Il était mort de chaud! Un second hurlement s'échappa de ses lèvres avant que le noir ne l'étreigne.

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Drago aurait voulu le retenir. Il aurait voulu courir après lui… Mais, pour lui dire quoi? « Je suis désolé ». C'était parfaitement ridicule de dire une telle phrase dans des circonstances pareilles. En fait… il n'avait absolument rien à dire. Il ne pouvait pas comprendre le tumulte intérieur de Potter. Il ne pouvait pas lui dire qu'il avait bien fait ou qu'il avait mal fait. Il était juste… totalement impuissant face à la détresse de l'homme qu'il aimait… et cela lui donnait envie de pleurer à n'en plus finir. Et Blaise qui était parti avec son petit ami et qui ne reviendrait pas de la soirée… et Duo qui était parti faire… il ignorait ce qu'il faisait… mais, pour le moment, il n'avait personne pour le conseiller et l'aider à comprendre Potter… Cette situation le rendait… si mal à l'aise… qu'était-il sensé dire? Qu'était-il sensé faire? Il n'avait jamais été confronté à une telle situation de toute sa vie…

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Deux heures plus tard… et il n'était toujours pas plus avancé… Il n'avait pas peur de Potter. Même s'il avait tué… ce n'était pas de sa faute. Rien n'était de sa faute. Mais, s'il le disait à Potter… est-ce que le brun le croirait? Est-ce qu'il comprendrait son point de vue? Où partirait-il comme il venait de partir? Avait-il mal agi en poussant Potter à lui raconter sa vie personnelle? N'aurait-il pas du attendre que le Griffondor vienne à lui de son plein gré? Il eut un soupir en pensant que s'il avait attendu après Potter, probablement que celui-ci ne lui aurait rien dit pendant des années. Et il ne voulait pas attendre des années. Il voulait comprendre Potter… il voulait que Potter le comprenne… Il voulait avoir une part importante dans la vie du brun. Peut-être était-ce mal. Peut-être n'était ce pas ce dont Potter avait besoin. Il l'ignorait complètement… Mais, Merlin qu'il voulait comprendre Potter… il voulait être proche de lui à un tel point que cela lui faisait mal au cœur.

Il entendit alors la porte de son dortoir s'ouvrir et se tourna rapidement. Ses yeux devinrent alors ronds comme des soucoupes en voyant Potter dans son cadre de porte, trempé jusqu'à la moelle. Il pouvait voir les traces de boues qui maculaient ses vêtements. Et ses yeux verts qui semblaient tellement lointains… tellement perdus… Drago se releva silencieusement et se dirigea vers le brun qui restait totalement silencieux. Le blond avait presque l'intention qu'il ne pouvait pas le voir. Est-ce que son âme était partie vers le passé? Et cette eau qui dégoulinait sur son visage. De l'eau? Des larmes? Il ne pouvait pas le savoir… sa gorge se serra douloureusement et il passa délicatement sa main sous l'œil de Potter. Celui-ci ne réagit même pas, le fixant avec une indifférence si profonde que Drago fut tenté de le secouer pour le ramener dans le monde des vivants. Mais, ce n'était pas cela que Potter avait besoin pas vrai? Il commença alors à défaire sa cravate et lorsque celle-ci se retrouva sur le sol de son dortoir, il commença à déboutonner sa chemise puis lorsqu'il eut finit, il guida un Potter torse nu sur son lit, l'obligeant à s'allonger. Tandis que le Griffondor restait complètement inerte, fixant avec passivité le plafond, Drago lui retira ses chaussures. Quand, enfin, le brun fut seulement vêtu de son pantalon, il prit la tête du brun et la posa contre le creux de son épaule. Il sentit le corps du Griffondor se crisper contre lui et il ne put que lui caresser doucement les cheveux… le dos…

-Ce n'était pas de ta faute.

-Je sais. Répliqua aussitôt Potter.

-Ce n'était pas de ta faute.

-Je sais.

Drago pouvait sentir les muscles du brun se tendre de plus en plus. Jusqu'à ce qu'ils se brisent complètement… et la seule pensée de Drago était qu'il fallait que Potter se brise… il le fallait… pour qu'il puisse recommencer à vivre… parce que, même si Potter disait qu'il savait, le blond pouvait clairement sentir qu'il ne le croyait. Non… il ne le croyait pas du tout…

-Ce n'était pas de ta faute. Tout le monde le sait.

-Je sais.

-Ce type… il le sait aussi.

Cette fois-ci, le brun ne répondit rien du tout et ses épaules devinrent aussi rigides que de l'acier. Juste un tout petit peu plus… juste un tout petit peu plus…

-Ce n'était pas de ta faute… ce n'était pas de ta faute.

-J'ai perdu le contrôle… encore… il ne reste que des cendres où je passe. Tu vas mourir aussi.

-Même si je meurs… je ne regretterais jamais de t'avoir connu, Potter. Si je meurs… cela ne sera pas de ta faute aussi…

Il ne voulait pas mentir au Griffondor en lui disant qu'il ne mourrait pas. Il pouvait mourir demain en s'emmêlant les pieds dans l'escalier et en se tordant le cou. Il pouvait mourir des mains de Voldemort. Il pouvait mourir si Potter perdait le contrôle de sa magie. Mais, cela n'avait aucune importance. Parce que rien au monde ne l'aurait rendu plus heureux que de connaître. Potter se dégagea alors brusquement de son étreinte, le prenant par les épaules pour l'obliger à le regarder.

-Ne dis pas des choses pareilles! Vociféra-t-il.

Normalement, il aurait hurlé à Potter ne pas lui ordonner de faire quoi que ce soit. Mais pas cette nuit. Cette nuit, il comprenait Potter comme il ne l'avait jamais compris. Il voyait au-delà du survivant. Au-delà du type surpuissant… Il lui fit alors un petit sourire. Soudainement, les bras du brun se retrouvèrent autour de sa taille alors que le souffle chaud du Griffondor balayait son oreille. Sa respiration était haletante… son souffle était erratique… ses bras le serraient trop forts… il aurait des bleus. Et il s'en fichait royalement. Ses bras s'enroulèrent autour du cou de Potter et il lui caressa tendrement les cheveux.

-Tu ne peux pas mourir! Répliqua le brun. Ne dis pas des choses pareilles! Jamais! Je ne peux pas te perdre toi aussi!

Est-ce que Potter réalisait que son corps tremblait contre le sien? Est-ce qu'il réalisait que sa peau était moite de sueur? Est-ce qu'il réalisait que le ton de sa voix montrait clairement son désespoir?

-Ma mère est morte à cause de moi!

-Potter…

-Cédric est mort à cause de moi!

-Potter…

-Jonathan est mort à cause de moi! Alors, n'ose même pas dire une chose pareille! Je te ne le permets pas tu m'entends! Oh Merlin… Oh Merlin…

Les sanglots de Potter n'auraient pas du le prendre autant par surprise. Pourtant, en sentant ses gouttes d'eaux tombés sur son chandail, il ne put qu'enrouler ses bras plus fermement autour du cou du brun, l'obligeant à s'appuyer plus fermement sur lui alors que l'étreinte du Griffondor lui coupait presque le souffle tellement il le serrait fort. Et le visage de Potter qui était enfoui dans son cou… et ses larmes qui le brûlaient à chaque fois qu'elles effleuraient sa peau nue… Il avait voulu que Potter craque… Mais, il n'aurait jamais pu imaginer que ces larmes seraient comme des coups de poignards dans son cœur. Et il ne pouvait rien faire à part serrer Potter aussi fort qu'il le pouvait… tenir ce corps en apparence si fort… ce corps plein de cicatrices… Il ignorait encore tant de chose sur Potter… des choses horribles… des choses si tristes… et juste ce qu'il connaissait menaçait de lui briser le cœur… Mais, il voulait être là pour le Griffondor… Oh Merlin comme il le voulait… Lorsqu'il sentit les sanglots de Potter se calmer contre lui et que ses bras commencèrent à se détacher de sa taille, Drago se dégagea de l'étreinte du brun et l'obligea doucement à se recoucher. Potter ne lui offrit aucune résistance. Avec ses doigts, il se mit à essuyer calmement les larmes qui séchaient sur les joues du brun.

-Tu vois cette douleur Potter… Murmura-t-il. C'est cette douleur que toutes les personnes qui t'aiment doivent supporter sans arrêt lorsque tu t'en vas en mission… lorsque tu pars sans rien dire… ou lorsque tu veux faire des choses stupides pour nous protéger tous. Il y a des gens que tu aimes Potter…

Il se coucha alors face à face avec le brun, se perdant dans l'océan émeraude qui était les yeux de Potter.

-Et il y a des gens qui t'aiment Potter… et qui feraient… n'importe quoi pour enlever, ne serait-ce qu'un minimum, de poids sur tes épaules.

-Je peux supporter le poids sur mes épaules.

Non, il ne le pouvait pas. Pas quand chaque mort, chaque blessé, chaque peine semblait être une douleur dans sa propre chair.

-Laisse-nous t'aider à porter ce poids, Potter. Laisse-nous être là…

-Vous êtes faibles, vous serez seulement dans mes jambes.

Drago ne s'offensa même pas de cette réplique. Oui, comparé à Potter, il était faible. Il n'avait pas une réserve de magie illimitée, il n'avait pas ses muscles ni son entraînement…

-Alors, laisse-moi t'aider à porter le poids qui pèse sur ton cœur… Je ne suis pas faible… je peux t'écouter… je peux t'aider… je veux…

Sa gorge se serra alors douloureusement et il baissa les yeux. Comment pouvait-il exprimer tous ce qu'il ressentait? Il n'y arrivait pas… Potter ne voulait pas de son aide et lui s'imposait à lui… Merlin… Potter avait pleuré devant lui… et qu'avait-il fait? Rien. Il ne savait pas quoi dire. Il ne savait pas comment réagir… il était absolument ridicule… pitoyable même… Merde… Brusquement, sans aucun avertissement, les lèvres de Potter se posèrent délicatement sur les siennes, le faisant écarquiller les yeux de stupeur. Puis, les lèvres du Griffondor se dégagèrent des siennes, le laissant tout aussi hébété.

-Potter? Murmura-t-il, prit au dépourvu.

N'était-il pas sensé être amis? Pourquoi est-ce que Potter l'embrassait lorsqu'il ne voulait, en aucun cas, être en relation avec lui. Et ce n'était pas un baiser causé par une passion incontrôlable… non, c'était un baiser presque… tendre? Un rougissement voila alors les joues de Drago. Il… n'était pas sur de comprendre.

-Tu n'es pas dégoûté par moi.

Le blond fronça alors les sourcils alors qu'il lançait un regard qui voulait clairement dire « Est-ce que tu es stupide? » au Griffondor.

-Malfoy… je veux te protéger.

-J'avais compris. Répliqua le blond.

-Je veux aussi te faire l'amour pendant des heures.

Cette phrase eut le mérite de surprendre Drago à un tel point que son corps tressaillit involontairement. Pourquoi est-ce que Potter parlait de… faire l'amour? Il n'arrivait pas du tout à suivre le raisonnement mental du Griffondor.

-Je ne comprends pas. Bégaya le Serpentard.

Un sourire carnassier apparut alors sur les lèvres de Potter, le surprenant de nouveau. Il n'y comprenait rien. Pourquoi est-ce que le brun souriait alors qu'il venait de pleurer? Est-ce qu'il cachait sa peine derrière un masque de rire?

-Faire l'amour veut dire moi mettant mon érection dans ton…

-La ferme!

Non, il n'avait pas de masque. Ses joues étaient encore humides de ses larmes… mais, sa bouche souriait. Il n'y comprenait vraiment plus rien. Et pourquoi est-ce qu'il lui parlait de son… de son… son rougissement s'approfondit alors tandis que la main de Potter s'enroulait autour de sa nuque, l'obligeant à se rapprocher du visage du Griffondor.

-Tu me dis que tu es fort, pas vrai?

Drago hocha stupidement la tête, les yeux aussi ronds que des soucoupes.

-Je n'ai pas d'autre choix que de croire alors. Parce que je ne pense pas pouvoir me retenir davantage.

Était-ce lui qui était devenu complètement stupide ou bien Potter ne faisait vraiment pas le moindre sens. Potter dut remarquer son air hébété parce qu'il poussa un soupir exaspéré.

-D'accord, je vais le dire clairement.

Sa main, qui se trouvait alors sur sa nuque, dériva sur sa joue et un de ses doigts se posa sur ses lèvres, le faisant involontairement frissonné. Cette discussion… ne faisait plus moindre sens… Il en était absolument convaincu. Parce que Potter souriait de manière si éblouissante… il ne l'avait jamais vu sourire de cette manière et… il détestait vraiment être amoureux. Il avait l'impression d'être devenu un Poufsouffle en manque de sucre.

-Drago Angelus Malfoy, me feriez-vous l'honneur de devenir mon petit ami?

Et la seule phrase qui peut sortir de la bouche de Drago fut.

-Quoi!?

A suivre…