Ici Ted Lupin qui écrit les dernières lignes de ce foutu journal. C'est fini, tout est fini. Victoire, ma Victoire, est morte. Comme elle l'aurait voulu et fait, je vais vous raconter.
L'accouchement se passait bien. Puis Victoire a voulu me dire quelque chose :
– Ted, je …
Elle n'a jamais terminé sa phrase. Elle s'est évanouie alors que les machines se sont mises à biper. Ils ont dû l'emmener d'urgence au bloc et m'ont fait sortir de la chambre.
Je me suis retrouvé dans un couloir, où j'ai attendu durant des heures dans l'angoisse. Puis, un médecin est venu me voir pour m'informer :
– Monsieur Lupin ?
– Oui ?
– Nous sommes vraiment navrés, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, mais il y a eu de graves complications. Nous n'avons malheureusement pas pu sauver votre femme, c'était déjà trop tard quand nous sommes arrivés au bloc. Toutes nos condoléances Monsieur.
– Non ! C'est impossible ! Non ! Vous vous trompez !
Mon cri a transpercé le silence matinal de la maternité. Vic, mon amour ne pouvait pas être morte. Bien sûr que sa grossesse avait été dure, mais ça ne pouvait pas être vrai, c'était impossible, pas après tout ce qui nous été arrivé et toutes les épreuves traversées et surmontées.
J'étais à genoux par terre, recroquevillé de douleur comme si on m'avait donné un coup de poignard en plein cœur, les larmes coulant librement le long de mes joues, quand j'ai senti une main sur mon épaule :
– Monsieur, vous avez une magnifique petite fille en parfaite santé qui vous attend. Vous ne voulez pas la voir ?
Mes sanglots ont alors cessé et je me suis redressé. J'ai suivi en silence le médecin.
Pendant un instant, j'ai détesté cet enfant. S'il n'existait pas, Victoire serait encore en vie. Mais ça n'a duré qu'une seconde, le temps que je la voie.
Et puis on me l'a mise dans les bras. Il m'a fallu moins d'une demi-seconde pour aimer cet enfant.
Quand j'ai senti son petit visage et son petit corps contre moi, j'ai ressenti tellement d'émotions, de bonheur, d'amour et tant d'autres choses, que je me suis promis d'aimer et protéger ce petit être quoi qu'il m'en coûte.
Après tout, c'est mon sang et ma chair, et c'est aussi une partie de Victoire qui survit en elle.
On l'attendait depuis si longtemps, et Victoire aimait tellement le bébé qu'elle portait, que je ne pouvais pas la renier comme ça. Et puis, on ne lutte pas contre les sentiments.
C'est devenu ma raison de vivre, et celle de me battre dans l'instant même.
Aujourd'hui, cela fait huit mois que Victoire est partie. Je sais à présent que je l'aimerai toujours et que je ne l'oublierai jamais, tout comme tous ces moments passés avec elle.
J'ai appelé notre fille Violette, comme elle le voulait. Elle est vraiment magnifique notre fille, et c'est ma seule joie de vivre.
J'ai envoyé une photo de la petite à Bill, grâce à de multiples moyens de communication pour ne pas qu'il arrive à remonter la trace jusqu'à nous. Je lui ai annoncé qu'il était grand-père, et que la petite se prénommait Violette. Mais je n'ai pas eu la force ni le courage de lui dire pour Victoire.
Après tout, c'est sa fille, et je n'aimerai pas qu'il le sache comme ça. Après tout, maintenant je sais ce que ça fait d'être père et d'avoir une fille.
Je vis toujours dans notre petite maison de Bristol, je pense que c'est là que Victoire aurait voulu que la petite grandisse. Je suis aussi professeur de piano. J'ai également rencontré une femme, Laura O'Hara.
Nous vivons ensemble, même si nous nous connaissons depuis très peu de temps. J'aime Laura, pas comme Victoire, jamais je ne pourrai aimer quelqu'un autant qu'elle, mais Laura m'aide et apaise mon chagrin.
Je pense même l'épouser dans quelque temps, et elle a déjà officiellement adopté ma fille. Après tout, j'ai besoin d'une femme auprès de moi, et Violette a besoin d'une mère.
Je compte l'élever comme une moldue, même si elle connaîtra tout de ses origines sorcières. Et elle prendra des cours par correspondance, pas question qu'elle aille à Poudlard. Laura est au courant aussi pour notre monde et comment je souhaite élever la petite. De toute façon, pas facile de cacher sa métamorphagie, et ça risque de devenir de plus en plus dur dans les prochaines années, mais on se débrouillera, ma grand-mère a bien réussi.
Pour plus de sécurité, nous portons tous les deux un autre nom, et Laura ne connaît pas nos vrais noms, et elle croit que je n'ai pas de famille, ce qui est vrai, mais elle ne sait pas pour la famille de Victoire.
Je m'appelle Ted Connor, et Violette porte le nom de Thara O'Hara Connor.
Thara, ça veut dire étoile en sanscrit, c'est pour ça que je les appelé comme ça. Maintenant que ça mère est une étoile ...
Je sais que Bill est intelligent et essayera encore de nous retrouver, surtout maintenant que Thara est née.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire de ce carnet, si je vais le garder ou le détruire. Mais je sais qu'il est important, puisqu'il est le témoin des quatre dernières années de la vie de Victoire, et aussi de la mienne.
Une chose est sûre, c'est que Violette ne doit jamais rien savoir, et personne ne doit lire ce qui est écrit. Je vais lancer une série de sorts sur ce carnet avant de décider de son sort final.
Fin de ce carnet.
Comme vous vous en doutez, c'est bien et bel la fin de cette histoire, malheureusement ...
Je posterai néanmoins une petite note explicative ce week-end pour vous expliquer pourquoi cette fin, et vous dire ce qu'il advient de Ted et Violette ...
En attendant, c'est l'occasion de me laisser des reviews pour me dire tout ce que vous avez pensé de l'histoire :)
