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HP/ DM


Chapitre trente-sept

« La tâche à laquelle nous devons nous atteler,

Ce n'est pas de parvenir à la sécurité,

C'est d'arriver à tolérer l'insécurité. »

Erich Fromm.

« Maman. »

Harry avait l'impression que le mot raisonnait dans tout le hall d'entrée, percutant ses tympans toujours plus fort. Il ne pouvait pas imaginer une seule seconde Ginny se rendre dans les bureaux de la Gazette du sorcier pour jeter en pâture, à ces pseudos journalistes, un enfant de l'âge de son fils. Il ne pouvait pas y croire.

Pourtant, les grands yeux verts d'Albus, tournés vers lui, attendant une réaction, ne pouvaient mentir. Le jeune Serpentard ne l'avait pas encore réalisé mais bientôt, il haïrait sa mère plus que n'importe qui. Et ce n'était pas le Survivant qui allait l'en blâmer. Mais avant d'en arriver là, il devait commencer par calmer Drago, avant qu'il ne décide de faire exploser tout le quartier de son ex-femme.

« Merci de nous l'avoir dit, Al. Tu peux retourner avec les autres au salon », dit Harry d'une manière qu'il espérait la plus neutre possible.

La dernière chose qu'il voulait, c'était faire culpabiliser son fils pour la confiance qu'il avait placée en sa mère. S'il croyait pouvoir le berner aussi facilement il se trompait, les enfants, particulièrement Albus, semblaient posséder un sixième sens pour détecter le malaise chez les adultes.

« Je suis désolé, papa, je ne l'ais pas fait exprès », chuchota l'adolescent.

Tout, de sa voix chevrotante à sa position recroquevillée, montrait l'état d'anxiété du plus jeune.

« Je sais que tu ne voulais pas faire de mal mon grand, ne t'inquiète pas. Retourne jouer avec les autres, je vais régler ça avec Monsieur Malefoy. »

Harry eut la désagréable sensation qu'en quittant la pièce, son fils avait emmené avec lui toute la chaleur qu'elle contenait. La colère silencieuse de Drago était plus assourdissante qu'un million de supporters de Quidditch réunis. Aucune émotion n'était visible sur son visage, il ressemblait aux mannequins qu'on pouvait voir dans les vitrines. A l'exception près que sa mâchoire semblait vouloir céder sous la pression.

Le brun fit un pas dans sa direction. Il ne savait pas quel moyen utiliser pour désamorcer la bombe à retardement qu'était devenu l'ex-Serpentard au moment où la confession d'Albus avait franchi ses lèvres. Il tenta de saisir sa main dans un geste qu'il voulait apaisant, mais le blond se dégagea, comme mordu par une couleuvre. Ce mouvement le réveilla.

« Je vais la tuer », siffla-t-il d'une voix plus froide que la banquise.

« Drago… », commença le survivant.

« Non Potter, pas de Drago, pas de calme-toi, ni rien de cet acabit. Je vais l'exterminer. Mais avant ça, je vais tellement la faire souffrir qu'elle en oubliera son propre nom. Ces satanés journalistes parlent de la noirceur des Malefoy, je vais leur en donner suffisamment pour alimenter leur journal de merde pendant une décennie. »

Drago ne se souvenait pas avoir ressenti un jour une haine aussi profonde envers une personne.

Il avait haï Voldemort pour ce qu'il avait fait de lui et de sa famille. Mais ce n'était rien comparé à ce qu'il éprouvait à cette seconde.

Sa haine était le parfait reflet de l'amour qu'il portait à son fils : inconditionnelle. Et il ne laisserait pas son amant tenter de le tempérer.

« Je sais que tu dois être en colère mais… »

« Je ne suis pas en colère Potter, c'est bien au dessus de ça », lui répondit-il.

Harry inspira un grand coup. Il était incapable de raisonner Drago pour la simple et bonne raison que lui aussi voulait étrangler Ginny pour ce qu'elle avait osé faire. Mais il ne pouvait pas accepter de le laisser partir Merlin savait où dans cet état. Le blond risquait de commettre un crime et Harry se devait d'être là pour tenter de le retenir, ou de cacher le cadavre. Il s'en voulut immédiatement d'avoir pensé cela. Il était Auror, il devait faire respecter l'ordre.

« Je ne te demande pas de te calmer. Juste de patienter quelques minutes. Je transplane jusque chez Ron et Hermione pour que quelqu'un veille sur les enfants et je t'accompagne chez Ginny », expliqua Harry.

« J'ai une autre idée. Tu restes ici et je vais chez ton ex-femme, pas besoin de baby-sitter comme ça », répondit hargneusement Drago, de plus en plus en colère d'être retenu.

« Ok, va chez Ginny tout seul, je m'occuperai de trouver un foyer d'accueil pour Scorpius quand tu seras enfermé à Azkaban, parce que tu n'auras pas été capable de te retenir. »

Le nom de son fils sembla l'aider à retrouver un semblant de raison. Il ne voulait pas tuer la rouquine, il n'était pas un meurtrier et ne comptait pas le devenir. Mais il n'était pas sûr d'être capable de se contenir face à elle. Potter avait raison, même si ça lui faisait mal de l'admettre.

« Je te laisse cinq minutes pour faire l'aller-retour. Ce délai dépassé, ne t'attends pas à me trouver chez toi. »

Harry n'attendit pas une seconde de plus pour quitter son domicile, et transplaner chez ses meilleurs amis.

Il ne prit pas le temps de frapper à la porte et pénétra chez eux sans s'annoncer. Il avança jusque dans la cuisine avant de trouver Ron et Rose en train de disputer une partie d'échecs.

« Harry ? » s'étonna le rouquin. « Un problème ? »

« Hermione n'est pas là ? » interrogea le survivant, ne voulant pas perdre de précieuses secondes à répéter ses explications.

Le rouquin semblait être capable de percevoir l'angoisse qui suintait par tous les pores de sa peau.

« Non, elle a été appelée en urgence. Un accident de Magicobus, elle ne rentrera pas avant demain matin. Pourquoi ? » demanda Ron en quittant son siège.

Harry soupira de dépit. C'était bien sa veine.

« J'ai besoin que tu viennes garder les enfants, immédiatement. C'est très important. Je t'expliquerai tout en revenant. »

Ron acquiesça en aidant Rose à se lever. Harry n'était pas du genre à venir crier au loup sans raison. Il n'avait apparemment pas le temps de lui fournir une explication mais les années qu'ils avaient passées ensemble étaient suffisantes pour qu'ils aient une confiance aveugle l'un envers l'autre. Il n'hésita donc pas une seconde à le suivre, sa fille lui tenant la main.

Si n'avait pas hésité à venir en aide à Harry sur simple demande, Ron fut incapable de cacher sa surprise en apercevant Malefoy.

Lorsque son meilleur ami s'était mis à fréquenter leur ancien rival d'école il s'était abstenu d'intervenir. Hermione s'était arraché les cheveux en voulant savoir le pourquoi du comment, lui, avait juste laissé couler.

Pour Harry il était capable de fermer les yeux sur énormément de choses. C'était la raison pour laquelle il avait toujours refusé de prendre parti depuis son divorce. Ginny était sa sœur mais il avait traversé tellement de choses avec lui que des liens aussi forts que des liens fraternels les unissaient.

Pourtant il fut incapable de contenir sa curiosité plus longtemps. Il se tourna vers le brun en quête de réponse.

« As-tu lu la gazette ce matin ? » lui demanda Harry pour toute explication.

« Non, tu sais bien que je ne la lis jamais. Je laisse ça à Hermione qui se fait un plaisir de me résumer les fais qu'elle considère comme marquants. Mais elle a été appelée avant qu'elle ne soit livrée. Pourquoi ? Que raconte encore ce stupide journal ? »

Le Survivant fut rassuré. Il pouvait laisser son meilleur ami avec les enfants sans crainte. Il préférait ne pas y penser mais il ne savait pas du tout quels étaient ses opinions concernant le handicap. Et quand il voyait de quoi Ginny était capable, il préférait se méfier.

« James, Albus, Lily et Scorpius sont dans le salon. Le livreur de pizza ne devrait plus traîner, il y a de l'argent moldu sur la table basse. »

Le rouquin hocha la tête en signe de compréhension mais se promit de demander une explication une fois son meilleur ami revenu.

Drago, de son côté, n'avait pas perdu une seconde, il se trouvait déjà sur le trottoir, face à la maison des Potter. La vue des cheveux roux n'avait fait qu'accentuer sa colère. Malgré tout, il était reconnaissant envers Harry d'avoir interrogé Weasley concernant la gazette. Il aurait été incapable de laisser Scorpius avec une personne ayant des préjugés contre lui.

Lorsque Harry arriva enfin, il lui saisit le bras en l'invitant d'un regard à les faire transplaner.

Le quartier où ils avaient atterri était carré et ordonné, tout le contraire du lieu où vivait le Survivant. Drago se surprit à détester immédiatement cet endroit.

La maison devant laquelle ils s'arrêtèrent étaient identique à toutes les autres. Sans aucune personnalité, pensa le blond en heurtant violement la porte de son poing.

La soirée commençait à tomber et la chaleur du printemps laissait place à la fraîcheur de la nuit, mais ils ne furent toutefois pas éblouis par la lumière lorsque la porte s'ouvrit.

Ginny fit un pas en arrière en voyant les personnes devant elle. Elle n'attendait pas de visite, mais Harry et Malefoy étaient les dernières personnes qu'elle aurait pu imaginer voir arriver. Son silence montra d'ailleurs sa surprise.

« Nous avons à te parler », l'informa Harry.

« Nous ? » répéta-t-elle clairement étonnée par l'emploi du pronom.

Elle ne voyait pas quel sujet pourrait la concerner, elle, Harry et Malefoy.

« Weasley, pouvons-nous entrer ? J'aimerais éviter d'avoir cette conversation sur le perron. »

Pour toute réponse, la rouquine le dévisagea. Recevoir le blond chez elle ne faisait clairement pas partie de ses envies immédiates.

« Ginny, s'il te plait. », insista Harry, peu désireux de se donner en spectacle en pleine rue.

Par dépit, l'ancienne Gryffondor s'effaça pour les laisser entrer.

Une fois la porte fermée, Drago attaqua sans préambule.

« Tu as prit ton pied, avoue-le, espèce de garce. »

Il fallut un temps de silence pour que la rouquine digère et comprenne les paroles haineuses en son encontre.

« Pour qui te prends-tu Malefoy ? Venir chez moi, exiger d'entrer et pourquoi ? M'insulter ? Et toi tu ne dis rien ? » questionna-t-elle en direction de son ex-mari.

« Tu n'as pas eu besoin de mon aide pour aller cracher ton venin à la gazette », répliqua Harry, il ne voulait pas envenimer la situation mais les airs de sainte nitouche de celle qui avait était sa femme durant treize ans l'exaspéraient.

« Par Merlin, mais de quoi parlez-vous ?! » interrogea Ginny en haussant la voix pour faire comprendre qu'elle ne comptait pas se laisser faire.

Drago sentait sa haine enfler de plus en plus. Sa magie engourdissait le bout de ses doigts, il n'avait qu'une envie, se saisir de sa baguette et la faire souffrir, beaucoup et longtemps.

« De l'article paru ce matin. Celui où tu vends les confidences que ton fils t'a faites, au sujet de son meilleur ami. Confidences qu'il a faites parce qu'il avait confiance en toi », expliqua Harry.

« Je ne reçois plus la gazette depuis presque deux ans », se justifia Ginny, avant de prendre conscience du reste de la tirade du brun.

« Merlin un article est paru sur son fils ? » questionna-t-elle en pointant Drago du menton. « Sur le fait que son gamin est handicapé ? »

Le mot handicapé sortit de sa bouche ressemblait à une insulte des plus vulgaires, mais elle semblait sincèrement ne pas savoir de quoi il en retournait.

« Albus doit être anéanti », chuchota-t-elle pour elle-même.

Cette simple phrase à peine murmurée fut suffisante pour faire sortir Drago de ses gonds. Il avança jusqu'à être à peine à quelques centimètres de celle qu'il haïssait le plus au monde.

« Albus doit être anéanti ? Tu aurais dû y réfléchir avant d'aller baver sur mon fils. Tu n'as pas l'air de bien comprendre la situation, stupide femme ! Je vais te faire payer, au centuple, chaque remarque que subira Scorpius, je peux te l'assurer. »

Ginny se força à ne pas reculer, elle ne voulait pas se laisser faire, mais la colère de Malefoy était effrayante. Et il fallait clairement être stupide pour ne pas prendre ses menaces au sérieux.

« Je n'ai rien fait », commença-t-elle en direction du blond, avant de se rendre compte qu'elle n'avait aucun crédit auprès de lui.

Elle se tourna donc vers Harry.

« Tu dois me croire. Je ne suis effectivement pas heureuse qu'Albus soit ami avec ce genre de personne mais je n'aurais rien fait qui puisse nuire à la bonne entente que nous venons de retrouver. Je l'aime, tu le sais, je ne prendrais pas le risque de le perdre. Et tu sais, tout comme moi, qu'il ne me pardonnerait jamais si je faisais ça », plaida-t-elle.

Le Survivant semblait prendre en compte la possibilité qu'elle puisse dire la vérité, ce qui ne sembla pas plaire à Drago.

« Tu ne vas quand même pas la croire ? Tu n'es pas aussi naïf Potter, après tout ce qu'elle a fait depuis le début de cette année. Elle n'a pas hésité à manipuler Albus… »

« Je t'interdit de parler de moi, Malefoy ! Tout ce que j'ai fait, c'était dans le but de protéger mon fils », hurla-t-elle, hors d'elle. « Si j'étais capable de garder Albus tout en le séparant de ton fils, je ne me priverais pas, je ne le cache pas. Mais j'ai compris que ce n'était pas possible. Du coup, même si je suis malade que mon bébé fréquente un handicapé, je prends sur moi. »

Haine n'était plus un mot suffisant pour caractériser ce que ressentait Drago. Sans se rendre compte de ses actes, il sortit sa baguette, qu'il brandit face à la rouquine qui blanchit instantanément, bien consciente de ce qu'elle risquait.

Le blond sentait le sang battre à ses oreilles. Le ton de pur dégoût qu'avait employé l'ex-Gryffondor pour parler de son fils lui donnait envie de l'abattre. Pour la première fois de sa vie, il se sentait capable de tuer.

Harry réussit à se glisser entre la baguette tendue de son amant et son ex-femme, les mains levées en signe de paix.

« Drago », dit-t-il d'une voix qu'il espérait calme. « Ne fais pas ça. Baisse ta baguette. Pense à Scorpius, il va avoir besoin de toi. Tu ne l'as jamais abandonné, tu ne vas pas commencer maintenant ? »

Le Survivant prit le risque de poser la main sur le poignet du blond, le forçant à amener son bras le long de son corps. Sans relâcher l'articulation, il posa son autre main sur sa poitrine pour l'inviter à reculer, ne le quittant pas une seule seconde des yeux.

Ce fut dans ce regard que l'ex-Serpentard trouva la force de se calmer. Il se laissa sombrer dans les iris d'Harry, mimant sans s'en rendre compte la respiration beaucoup plus calme du brun. Son rythme cardiaque s'apaisa et la tension dans ses épaules se relâcha doucement.

Ginny n'avait pas perdu une miette de l'échange entre les deux hommes. Elle se sentait mal à l'aise d'avoir été témoin de cette scène, qu'elle trouvait, sans savoir pourquoi, très intime, trop intime pour deux simples connaissances.

Elle toussota pour se rappeler à eux. Deux paires d'yeux se tournèrent simultanément vers elle. Jamais elle ne s'était sentie aussi transparente qu'à ce moment.

« Vous semblez convaincus du fait que je sois la seule possibilité de fuite, j'en déduis donc que vous avez étudié toutes les autres éventualités. Étant donné que je ne suis pas coupable, je ne vois qu'une autre personne… »


To be contined ...


Merci pour vos très nombreux commentaires sur le dernier chapitre, pour celles ou ceux qui en laissent régulièrement vous aurez remarqué que je ne prends pas systématiquement le temps de répondre ( c'est même rare) j'en suis vraiment désolé. Le manque de temps est la première (et seule) excuse valable. Chaque semaine j'écris un chapitre, il part en correction (minimum deux fois), je le retravaille, et je lis vos commentaires. A côté de ça je viens de récupérer ma maison après 9 mois de travaux et ça demande du temps et de l'énergie, et le plus beau c'est notre bébé en fabrication, bien que j'ai la chance d'avoir une grossesse magnifique il me pompe pas mal d'énergie. Voilà j'espère que vous me pardonnerez l'absence de réponse mais si je dois choisir entre la qualité d'un chapitre et les RAR le choix est vite fait.

Bonne journée à tout.e.s et bonne fête de pâques.

Line