Crois moi Ayura, quand tu auras fini ce chapitre, tu regretteras de me l'avoir demander, et tu iras regarder si je poste toutes les deux minutes!
Comme je suis dans ma période sadique (en mode sadique plutôt) et que je vous ai trop gâtées, voici une suite qui va me faire arriver jusqu'au 80e commentaire en un rien de temps. Mouahahaahaha, vous trouvez que ce fut horrible de couper là? Attendez de lire ce chapitre je crois que vous allez en baver d'impatience quand à le suite.
Hihihihihhi bonne lecture.
PS: Il est strictement interdit de s'en prendre à l'auteur qu'importe les raisons, les causes ou les arguments. Prenez vous en à votre ordinateur, à Shippo si vous voulez, mais pas à l'auteur. Merci et bonne lecture.
Peut être Toi
Chapitre 34 : Le retour
Je partis en courant vers la forêt, connaissant ce chemin par cœur car l'ayant traversé de nombreuses fois auparavant.
Hikari courrait aussi derrière moi, la langue pendante, l'excitation se lisait dans ses yeux. Il m'était devenu très proche, plus proche que je ne l'aurais cru…c'était un ami, un confident, un grand frère cher à mon cœur.
Une ombre s'interposa sur mon chemin mais je ne la vis que trop tard. Et mon corps le percuta de plein fouet, nous envoyant tous les deux dans les buissons.
J'entendis un petit cri de surprise et je reconnus Kotetsu à son odeur de sapin. Il avait dû parcourir beaucoup de chemin dans la forêt pour en être autant imprégné.
« -Ouah ! Excuse moi Kumiko-chan, fit-il en se massant le cou, je voulais juste te parler un peu et je n'avais pas vu que tu courrais aussi vite…
-Ite…ce n'est rien, suffoquais-je, je…je n'avais pas à courir aussi vite…
-Tu faisais la course contre Hikari-kun ? »
Je notai avec joie qu'il avait lui aussi adopté Hikari. Ce dernier l'avait remarqué car il le lécha gentiment sur la joue, laissant un gros trait de bave dégoulinante.
Je me relevai et l'aidai à en faire de même. Nous retirâmes la poussière de nos vêtements et rîmes de l'incident. Mieux valait en rire qu'en pleurer…
« -Tu voulais me voir Kotetsu-kun ?
-Heu…oui. »
Il se mit légèrement à rougir et je l'invitai à marcher pour qu'il puisse reprendre de sa contenance. Il avait beau être un guerrier plus vieux que moi, il restait quand même un homme intimidé par le charme féminin. Et je savais que, d'après les regards qu'on me lançait, je n'étais pas laide loin de là.
A vrai dire en y repensant, peut être que tous ces derniers évènements m'avaient rendus plus belle, plus agréable au regard…
Mes cheveux arrivaient maintenant au niveau de mes mollets, et je devais les attacher pour ne pas marcher dessus. Il faudrait songer à les couper car ils devenaient trop longs. Et puis ils étaient fourchus avec le voyage et le temps et il n'existait pas dans ce monde des moyens pour les traiter…ou alors je ne les connaissais pas.
C'était alors normal que je fasse de l'effet à Kotetsu, du moins je pense.
Durant la marche, le silence se brisait parfois par des craquements de bois des maisons ou les bruissements du vent qui passait entre les plants de riz, ondulant sur les rizières comme une vague magnifique sur la mer.
Puis Kotetsu inspira profondément et je sus qu'il allait me dire des choses importantes :
« -J'ai été surpris de voir que tu avais rêvé de mes parents…
-Moi aussi j'ai été surprise de le découvrir, ajoutais-je.
-Je n'ai jamais connu ma mère, poursuivit-il en regardant au loin ses yeux marron miroitant par la lune. Comment était-elle.
-Belle, les cheveux noirs longs et lisses, une peau de satin, elle était noble je crois, expliquais-je en me remémorant de la femme allongée, elle avait un sourire agréable et son regard tendre embrassait d'amour ton père.
-Je vois…merci.
-Je sais ce que c'est…, fis-je à mon tour, que de perdre ses parents.
-Kumiko-sama a perdu ses parents elle aussi ?
-Oui, c'était durant une journée de festival je crois. Mes parents tenaient un temple familial qui se transmettait depuis de nombreuses générations. Il y avait aux abords du temple une grande falaise qui donnait sur des rochers pointus. Il était interdit d'y aller et mon père a voulu mettre une barrière de sécurité pour prévenir parents et enfants qui allaient venir. Je voulais lui montrer comme j'étais belle dans mon kimono et je me suis approchée de lui. Mais il ne m'avait pas entendu et quand je l'ai appelé, il a été surpris et il glissa.
-Je suis désolé, compatit Kotetsu.
-Il n'a pas souffert, il est mort sur le coup, soupirais-je, quand à ma mère, elle s'est effondrée de la perte de mon père et s'est mise à tout oublier, même moi. Quelques années plus tard, elle sauta de la falaise et rejoignit mon père dans la mort.
-Quelle tragédie, dire que je me plaignais de mon sort, je n'avais vraiment aucun droit…
-Tu n'as pas à te blâmer Kotetsu-kun, me retournais-je subitement, chacun a ses malheurs et ses souffrances. Chacun voit les souffrances d'autrui comme pire que les siennes et s'interdisent de souffrir. Mais il ne faut pas contenir sa douleur au contraire il faut la laisser sortir, par des cris, des larmes, des paroles, des gestes. La contenir c'est laisser la souffrance nous consumer…
-Vous parlez comme ci vous avez vécu ce genre de chose…
-Sur l'île des captifs nous n'avions pas trop le choix, affirmais-je tristement, survivre était l'essentiel…
-Vous ne connaissez pas la suite de l'histoire de mon père ? S'enquit-il en se posant sur une grosse pierre non loin de l'orée de la forêt.
-Non racontez moi s'il vous plait.
-Quand mon père arriva dans ce village, je n'étais guère plus grand qu'un enfant de cinq mois. Il m'avait nourri comme il avait put et son désespoir l'avait mené dans ce village. Les villageois le recueillirent et l'on me fit téter le sein d'une des femmes du village.
-Laquelle ?
-Vous seriez surprise de l'apprendre… »
Je fermai les yeux et cherchai dans ma tête qui pouvait bien n'avoir d'enfant et être une femme assez forte pour donner le sein. L'image d'une Reiko jeune et belle, fraîche dans sa tenue de Miko, et donnant le sein s'imposa à moi et je sus immédiatement que c'était elle qui lui avait permis de vivre.
« -Reiko-sama a toujours été une femme avant d'être une miko, expliquais-je, je suppose qu'en te donnant le sein, elle s'est fait pardonné d'avoir choisi la voix de la miko plutôt que celle de la mère…
-Comment avez-vous…, il s'arrêta et sourit, suis-je bête j'oublie que je suis en fasse d'une miko au potentiel bien plus puissant que Reiko-sama. Mais oui c'était bien elle. Puis mon père a été accepté au village. Il travaillait dur pour mériter sa place, bâtissant les remparts de sa propre maison tout seul, cultivant les rizières même durant les tempêtes, aidant ses voisins au maximum. Il chassait avec aisance et son cœur était noble et fier. C'était un chasseur puissant et respecté, et sa réputation de Taijiya n'était plus à refaire. Grâce à la présence de Reiko-sama et de mon père, le village fut épargné de nombreuses attaques de youkais et nous avons toujours pu vivre en paix. »
Son visage s'assombrit et en dépit de l'obscurité de la nuit, je pus discerner un semblant de tristesse dans on regard. Sa voix aussi changea, elle devint plus tendue, plus lourde, plus chargé de chagrin.
« -Puis un jour, alors que j'allais avoir dix-sept an, on entendit à nouveau parler du Clan du Dragon, qu'il serait revenu et qu'il aurait pour ambition de conquérir les terres de l'ouest.
Il n'avait pas oublié sa promesse et me fit faire le serment de le venger si quoi que se soit advienne de sa vie. Je ne comprenais pas grand-chose pour tout vous avouer mais je ne voulais pas décevoir mon père, je voulais qu'il soit fier de moi. J'avais commencé à m'entraîner au sabre et les fils de Takeru-sama m'exerçaient souvent au corps à corps. Alors je fis le serment des Kotetsu, le serment de ne jamais me reposer tant que le Clan du Dragon ne soit pas exterminé. Il me sourit et le lendemain il disparut avec quelques villageois. Je savais qu'il était parti pour combattre le chef du Clan du Dragon, et j'avais confiance en lui, j'étais persuadé qu'il gagnerait. Mais il ne revint jamais. Seul ceux qui l'avaient accompagnés revinrent et contèrent son exploit à travers toutes les terres. Il avait combattu vaillamment, tuant les membres du Clan avec force et courage. Il allait obtenir vengeance… »
Il s'arrêta et je vis quelques larmes s'écouler de ses joues. En fait il sanglotait déjà depuis un bon moment mais je voulais respecter son intimité et je n'osais pas me retourner pour l'enlacer et le consoler…
Il renifla plusieurs fois, tenta de reprendre le contrôle sur ses spasmes, puis éclata en sanglot en poursuivant :
« -Ils étaient plus d'une dizaine autour de lui, et aucun d'eux n'arrivaient à le toucher, pourtant, il reçut en traître une flèche ennemi dans le dos. Mais il continua de se battre, de tuer autour de lui, puis une deuxième vint se ficher dans son dos encore. Quand il se retourna face à son adversaire, il en reçut une dernière au cou. Les villageois prétendaient que l'archer en question n'était pas humain, qu'il était tout vêtu de drap et de blanc et que son regard n'était que la mort…Mon père rendit son dernier soupir et le grand chasseur qu'il était ne perdura plus que dans les souvenirs. »
Je me levai alors, tête baissée, et le pris dans mes bras, sa tête contre mon épaule. Le berçant doucement, je le remerciai :
« -Merci, d'avoir partager cela avec moi, murmurais-je. Sache que ton père n'est pas vraiment mort. Il est encore là, expliquais-je en pointant son cœur, et tant que tu te battras en son nom, tant que tu combattras pour les mêmes raisons qui l'animaient, alors il sera à tes côtés. Tu es le fruit de l'amour entre ton père et ta mère, le résultat de leur combat et l'essence même de leur bonheur. Tu n'as pas à regretter la perte de cette personne tout comme tu n'as pas à craindre de n'être à la hauteur de ses attentes. Quoi que tu fasses, qu'importe ce que tu décides, si tu es heureux, tes parents le seront aussi. »
Il referma son emprise sur moi et nous restâmes ainsi jusqu'à ce qu'il se calme. Puis il se leva et m'embrassa sur la joue.
Il semblait aller mieux, bien que ses yeux soient rougis par les larmes et gonflés par la récente tristesse, son sourire rassuré illuminait le reste de son inquiétude. Puis il fit demi-tour et s'arrêta avant de repartir :
« -Sessomaru-sama a la chance de t'avoir à ses côtés, si jamais il ne le remarque pas fais moi signe, je lui montrerai !
-Pas de souci, plaisantais-je sans grande conviction. »
Lui aussi avait compris mes sentiments, Reiko avait raison on lit en moi comme dans un livre ouvert…
Mais bon, ce n'était pas le moment de regretter d'être aussi stupide et inutile, je n'allais pas commencer parce que sinon je ne finirai jamais.
Je m'étirai comme un chat et repartis vers la forêt, en marchant plus tranquillement cette fois. Cette conversation m'avait montré à quel point Kotetsu était fragile, et généreux. C'était un bon garçon et il valait bien plus que n'importe quel crétin de lycéen…
Dans d'autres circonstances j'aurais pu l'aimer, d'une autre façon, cependant Sesshomaru était toujours là. Je comprenais à quel point il avait de l'emprise sur moi…et à quel point il l'ignorait.
Suivant le sentier à l'aveuglette, je retrouvais la petite clairière de mon arrivé avec facilité, parce que les arbres étaient toujours les mêmes, les arbustes n'avaient pas bougés et cela n'avait pas beaucoup changé avec les saisons.
Je m'étais préparé à ne jamais revenir, parce que je croyais avoir vu en rêve ce village détruit et un insecte géant ôter la vie de Reiko-sama. Et me revoilà empruntant la petite clairière de mon arrivé, comme retournant à la case départ…si j'avais su.
Bien sûr il se trouvait là, perché sur son arbre, regardant le ciel comme spectateur d'un échange cosmique qui échappait à tous. M'avait-il remarqué ? Je pense que oui, je n'étais guère silencieuse, et Hikari haletait comme un chien en chaleur à mes côtés.
Pourtant il ne daigna pas détourner le regard, comme ci ce qu'il regardait avait bien plus d'importance, à moins que cela ne soit une invitation à regarder aussi.
Préférant la deuxième option, je grimpais avec difficulté l'arbre (la dernière fois que je l'avais grimpé ainsi, j'en avais récolté une bonne chute et une douleur cuisante au fessier), et me maintenais en équilibre sur une grosse branche.
Puis je suivis son regard et tombait sur la Lune et son magnifique croissant, le même que celui qu'il arborait sur son front et qui se présentait juste au dessus de ma poitrine. Elle était étrangement orangée, avec des variances de jaune et de rouge, mais sa brillance éclairait tous les environs comme une nuit de pleine Lune. Elle était belle, magnifique dans sa solitude, étrangère à ce monde dans ses secrets et mystérieuse en éternelle gardienne de la nuit et de l'obscurité.
L'instant était assez poétique d'ailleurs. Sur nos branches, le regard vrillé dans les étoiles, nous étions les spectateurs d'un chant silencieux, le chant nocturne d'un croissant de Lune.
Sesshomaru ferma les yeux et soupira plus fort, signe que le spectacle était terminé, pour lui du moins.
Je ne savais pas vraiment comment entamer la conversation et plutôt que d'aller directement au but, je préférais l'y amener doucement :
« -C'est ici que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, commençais-je un peu nostalgique. »
Il ne répondit rien mais je sus que j'avais son attention.
« -J'étais venue cueillir quelques fleurs de l'arbre pour un infusion et vous étiez perché sur cette même branche, à regarder le ciel silencieux. Vous m'avez regardé et j'en ai fait de même. La première chose qui m'est arrivé par la suite ce fut la fascination. »
Il tourna légèrement le menton vers moi, mais son regard restait fixé sur l'horizon invisible. Puis il ferma les yeux et écouta la suite :
« -Vous étiez vraiment fascinant ainsi et j'hésitais entre partir en courant ou rester. Ne voyant pas encore pourquoi j'aurais dû partir, je suis restée et j'ai grimpé l'arbre pour récupérer les fleurs. Vous m'avez suivi du regard et la branche a cédé sous mon poids. Je n'ai jamais été très adroite de toute façon, rigolais-je de ma bêtise, et j'aurais pu atterrir de manière plus grotesque…N'importe qui aurait ri de moi dans mon monde, ils se seraient moqués en me montrant du doigt et n'auraient eu de cesse de se moquer qu'à ma mort…mais pas vous. Vous avez simplement continuer à me regarder, sans aucun changement d'expression dans votre visage et vous n'avez pas ri. »
Il expira rapidement, sans dédain mais avec une petite touche de moquerie…ou de sarcasme.
« -Je suis sincère, je voulais vous remercier pour ça. Après tout, vous avez été l'un des premiers youkais que j'ai rencontré et en fait j'ignorais totalement que vous en étiez un. Ne m'en voulez pas mais j'ignorais totalement à quoi pouvait ressembler un youkai à l'apparence humaine, surtout que le seul que je connaissais n'était qu'un bambin parasite d'être humain à l'apparence d'insecte, ce n'était peut être pas la même référence… »
J'attendais qu'il parle, qu'il proteste ou qu'il me demande de me taire mais il n'en fit rien. Ses yeux toujours clos, la tête calée contre le tronc et les cheveux dansant par la brise nocturne autour de son corps recroquevillé sur la branche. Son Boa entourait ce dernier et pendait dans le vide à l'extrémité.
Voyant que ce monologue ne menait nulle part je soupirai en décidant de poursuivre cette conversation plus tard. Visiblement il n'était pas d'humeur à discuter.
Alors que je comptais repartir, ses lèvres s'entrouvrirent et un ordre fusa, inattendu :
« -Ne t'arrête pas…de parler, fit-il d'une voix étrangement douce mais toutefois autoritaire et froide. »
Surprise, je restai figée quelques secondes avant de m'adosser de nouveau contre l'arbre et de demander :
« -Que voulez-vous savoir ?
-Comment était ta vie…là-bas, fit-il sans ouvrir les yeux. »
Dans un demi-sourire, je lui racontai comment je vivais, l'école, les études, la famille, le temple familial, les rivaux, les autres, la société, la technologie, le monde de mon présent, l'absence de youkai, l'insolence des hommes, mon dégoût pour certain. Complètement livrée à mon explication, j'en venais même à parler de Naomi et de mon écoeurement pour cette fille.
Quand j'eus terminé il poursuivit :
« -Et maintenant ? Fit-il en ouvrant les yeux et en me regardant. »
Je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine alors que les deux ors liquides attendaient une réponse en incendiant mon âme. Je me sentis rougir et je fis maints efforts pour contrôler mon rythme cardiaque et la température de mon corps qui avait augmentée.
« -Maintenant ? Est-ce que j'aimerais rentré ? » Mon regard dévia légèrement vers Sesshomaru et je savais d'or et déjà que je ne pourrais plus. Préférant toutefois la finesse je répondis :
« -De toute façon je ne peux pas alors ça ne sert à rien de se poser la question.
-Si tu pouvais rentrer, le ferais-tu ? »
C'est qu'il insistait en plus ! A croire qu'il n'attendait qu'une chose : que je déclare haut et fort que je ne pouvais pas rentrer parce que j'étais indubitablement folle de lui ! Folle à lié plutôt ouai !
« -Je ne sais pas, déclarais-je finalement.
-Et pourquoi ? Demanda-t-il en se redressant sur sa branche et en regardant ailleurs.
-Parce que…je me plais bien ici, et puis personne ne m'attend là-bas je suis toute seule, ici j'ai des amis, j'ai enfin la sensation de vivre et puis…, je rougis en songeant à la suite des paroles que j'étais sur le point de dire.
-Et puis ? S'interrogea-t-il en me regardant.
-Heu…et puis…de toute façon vous ne me laisseriez jamais repartir !
-Pourquoi ça ?
-Vous avez oublié la raison première à ma présence à vos côtés ou quoi ? M'exclamais-je surprise, vous vouliez me soumettre à votre autorité pour prouver votre grandeur !
-C'est ce que vous pensez tous, soupira-t-il moqueur, je n'ai jamais dis cela.
-Mais alors…, murmurais-je découragée, pourquoi ? »
Il me regarda et détourna vivement les yeux. Je pus toutefois croiser ce regard douloureux et en détresse qu'il m'avait jeté, une nuit similaire à celle-ci.
Mais durant cette dernière nuit, je n'avais pas réagis comme il fallait et je l'avais laissé partir sans en répondre. Je ne ferais pas la même erreur. Alors je me penchai vers lui pour attraper un pan de son Haori :
« -Pourquoi cette tristesse dans vos yeux… »
Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase car la branche céda (j'avais oublié que je me trouvais perché en haut d'un arbre) et je me sentis happer par le vide. Il réagit aussi vite que moi et se jeta à son tour dans le vide, encerclant de ses bras mon corps. Puis d'une pulsion, il nous fit retourner et quand nous atterrîmes, il se retrouvait en dessous.
Un peu secouée par l'impact, je tentai de me relever en vitesse pour le laisser reprendre son souffle mais ma tête me tourna et mes bras me lâchèrent. Je retombai sur lui une deuxième fois, mais avec un petit cri de surprise et une vulgaire excuse.
Il ne protesta pas. J'attendis que mon sang se remette à circuler normalement pour me redresser de nouveau et le laisser se relever.
Il ne le fit pas. Sa tête tourna légèrement et son regard croisa le mien, empli de curiosité. Puis ses lèvres s'étirèrent légèrement et je le vis sourire une seconde fois. Un sourire naturel, ce même sourire qui m'avait rendu amoureuse.
Je bredouillai quelques excuses en tentant de dissimuler ma gêne et il se redressa furtivement, faisant craquer son cou en hochant la tête.
Puis il fixa mon avant-bras et soupira tout en arrachant un pan de sa ceinture. Je remarquai alors que je saignais. Mon bras s'était éraflé contre le tronc durant la chute…
Rouge comme une pivoine je reculai mon avant-bras tout en maintenant la blessure de mon autre main :
« -Ce n'est pas très grave, ce n'est pas la peine de gâcher ce beau kimono pour moi, bredouillais-je extrêmement gênée.
-Ne bouge pas, ordonna-t-il avec autorité. »
A croire qu'il n'avait jamais souri auparavant et qu'il était toujours le même Sesshomaru, froid, meurtrier, insensible.
J'étais probablement la seule sur cette planète à l'avoir vu ainsi, sauf ses parents…et encore peut être pas ainsi. Il enroula le morceau de tissu autour de ma plaie et resserra ce dernier par un nœud bien fort qui m'arracha un petit cri de douleur au passage.
Voyant que cela me faisait mal, il se reprit et voulut desserrer un peu mais je ne voulais pas qu'il se force d'être quelqu'un d'autre. Ce qu'il faisait déjà allait à l'encontre de l'image qu'il s'était voué à donner de lui durant des siècles et je ne voulais pas que tous ces efforts se brisent simplement à cause de moi.
Mais de la voir faire des efforts pour moi me comblait de bonheur et je me dis que, finalement, même si mes sentiments pour lui n'étaient pas réciproques, je pourrais me contenter de ces intentions pour rester à ses côtés jusqu'à la fin de ma vie.
Alors je reculai mon bras et remerciai gentiment, lui assurant que c'était bon, que plus c'était serré, moins je perdrais de sang.
Il se releva, le visage sans émotion particulière et attendit que j'en fasse de même, chose que je fis avant de recevoir des agacements de sa part à cause de ma lenteur.
Quand enfin je fus debout, nous restâmes ainsi, l'un en fasse jusqu'à ce qu'il brise le silence :
« -Merci. »
Je relevai la tête furtivement et cherchai dans son regard un semblant d'ironie ou de moquerie. Je n'y trouvai que de la sincérité et un soupçon d'exaspération.
Le grand Sesshomaru me remerciait…alors que nous venions de tomber par ma faute et que par cette même bêtise je m'étais blessée. Décidément tout m'échappait dans cette affaire…
Alors que j'allais demander quelques explications, un bruissement survint et Sesshomaru se dressa entre moi et l'endroit d'où venait le bruit. Hikari nous rejoignit, plus sérieux et silencieux, près à se jeter dans le moindre combat pour me défendre.
Puis un gros soupir, que je connaissais, survint et une sorte de créature crapaud sortit des frondaisons en titubant de fatigue. Sesshomaru se redressa et rangea Tokijîn dans son fourreau tout en soupirant de désespoir :
« -Jaken, que fais-tu là !
-Are ! S'écria-t-il, Sesshomaru-sama !!!! Je vous ai retrouvé ! Sesshomaru-sama !!! »
Le crapaud se jeta sur la jambe de son maître en larme et s'agrippa à cette dernière en remerciant les cieux et les esprits de l'avoir guidés jusqu'ici.
Sur une appellation plus menaçante de Sesshomaru, le crapaud s'arrêta et en s'inclinant commença à raconter :
« -Le Clan du Dragon nous ont encerclés et nous avons tenu bon pendant deux bonnes semaines avant qu'ils ne passent à l'attaque et n'atteignent le château !
-Qu'en est-il des autres ? Les gardes et les serviteurs ?
-Tous épargnés seigneur, nous avons procédé aux anciennes règles.
-C'est-à-dire, demandais-je.
-Les deux chefs des clans opposés se disputent le pouvoir et les terres en un combat singulier, m'expliqua Jaken. Shishio-sama s'est fait passé pour vous et…et ce fut incroyable.
-Que s'est-il passé ? S'enquit Sesshomaru tremblant de colère.
-Ils se sont enfermés dans une salle et ont combattus pendant quelques secondes. On a entendu un hurlement terrible de Shishio-sama et quand nous sommes entrés pour vérifier le vainqueur…Shishio-sama gisait sur le sol. Il s'est fait passé pour vous, pour protéger tous les autres du château…
-Je vois…
-J'ai fais ce que j'ai pu pour vous retrouver Sesshomaru-sama mais je ne suis parti que depuis hier et je vous retrouve ici, je suis tellement content… »
Je voulais m'approcher de Jaken pour le consoler mais je me rendis compte que mes pieds étaient enterrés au sol.
Pourtant la terre était sèche et il n'y avait pas de bout, mais la terre m'avait englouti jusqu'au cheville. Ne comprenant pas j'essayais de m'en extirper mais sans résultat. Je voulus appeler de l'aide mais aucun son ne sortit de ma gorge. Je tendis le bras vers Sesshomaru, mais il me tournait le dos avec Jaken et Hikari reniflait curieusement ce dernier sans m'accorder davantage d'attention.
Je n'aurais pas dû m'inquiéter pour ce léger enfoncement…seulement quand je regardai à nouveau jusqu'où j'étais enfoncée, je remarquais que je sombrais davantage et que la terre me recouvrait maintenant les cuisses.
Angoissé à l'idée de mourir dans de telles situations, je tentais de lutter contre la pression et de me dégager de là, mais à chaque tentative, la terre gagnait du terrain sur mon corps. Et je ne sentais plus ce dernier au fur et à mesure que la terre le recouvrait. Et alors qu'il ne me restait plus que mes yeux pour le voir, il se retourna mais se fut trop tard…je sombrais dans l'inconscient.
Il y eu le noir, un noir total et effrayant puis un cri masculin et plusieurs voix. Mon corps était complètement compressé et j'avais du mal à respirer. Mes oreilles bourdonnaient et mon cœur tambourinait fortement dans ma poitrine.
Puis mes yeux s'ouvrirent et je croisais un regard noisette, ridé, curieux et épuisé. Puis j'entendis un « Ne vous inquiétez pas mademoiselle vous êtes sauvée » un peu déformé et je me sentis soulever par plusieurs étaux de fer froid.
Quand je pus recouvrir entièrement la vue, je compris ce qui s'était passé : j'étais rentré chez moi…
Je me retrouvais sur une baie un peu à l'écart de la falaise de ma maison et c'était comme ci j'avais rêvé de tout cela. Pendant un instant j'eu peur de n'avoir rêvé mais un seul regard en direction de mon avant-bras et je sentis mon cœur se calmer : le tissu de la ceinture de Sesshomaru était toujours entouré, cela ne pouvait donc pas être un rêve.
J'étais rentrée…malgré moi.
J'étais de retour.
