Bonjour à toutes !

Bienvenue à bord du tout nouveau chapitre qui m'aura donné du fil à retordre ! M'enfin l'important c'est qu'il soit là !

Comme à chaque fois, un grand merci à Maddy et Morgane qui sont des partenaires de choc ainsi qu'à vous, pour vos reviews qui me touchent toujours autant !

Voilà, assez de blabla, place à la lecture !

Fictionnement vôtre,

Vivinchlotte.

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Tender is the night, lying by your side.

Tendre est la nuit, allongé à tes côtés.

Tender is the touch of someone that you love too much.

Tendre est le contact de quelqu'un que tu aimes trop.

Tender is my heart you know, for screwing up my life.

Tendre est mon coeur tu sais, pour foutre ma vie en l'air.

Oh Lord, I need to find, someone who can heal my mind.

Oh Seigneur, j'ai besoin de trouver quelqu'un qui peut guerrir mon esprit.

Come on, come on, come on, get throught it,

Allez, allez, allez, ne tiens pas compte de tout ça,

Love's the greathest thing that we have.

L'amour est la meilleure chose que nous ayons.

Blur, Tender, (Traduction non-officielle).

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Chapitre 37 : Ride or die.

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5 Juin 1998, Manoir Malfoy.

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Drago était dans cet état de semi-conscience dans lequel on se trouve juste avant le réveil effectif. Il savait où il se trouvait, avec qui et n'en éprouvait qu'une sérénité bienfaisante. Son esprit n'exerçait aucun contrôle restrictif sur ses pensées qui allaient au gré de leurs envies tandis que son corps restait encore alourdi par les affres du sommeil.

Contre son flanc gauche, il y avait Hermione, roulée en boule et la tête enfouie dans l'oreiller. Il n'émanait d'elle qu'un maelström de sentiments mélangeant confiance, sécurité, amour et chaleur. Un cocktail de bien-être et de quiétude, dont lui l'ancien toxicomane était devenu accro. Il n'y avait que dans son sommeil qu'il la trouvait ainsi, aussi pure, fraîche et douce... Dans la réalité, quand la fille des Dieux était pleinement consciente, un pli soucieux barrait sans arrêt son front, ses sourcils se fronçaient souvent et le poids du devoir courbait son échine. Elle travaillait à leur réussite avec un acharnement qui ne le surprenait plus et pouvait s'infliger des heures de triturations mentales sans jamais fléchir devant la tâche.

Du plus loin qu'il se souvienne et alors que des images de leurs années à Poudlard s'imprimaient derrière ses paupières closes, Hermione avait toujours été ainsi. Studieuse, bûcheuse, sérieuse et incroyablement casse-pied, prenant toutes choses, études ou sentiments, à coeur et à corps. Il l'avait alors bien vite jugée mortellement ennuyeuse mais depuis, de nombreux sorts étaient sortis des baguettes.

Après avoir connu une froide et plus qu'imparfaite enfance dorée, il avait goûté au frisson de plaisir que procure la prise de stupéfiants couplée à la noirceur des cachots de Voldemort puis enfin il avait rencontré ses âmes et il n'y avait qu'avec eux qu'il était enfin devenu lui-même. Aujourd'hui, il n'était définitivement plus le même homme. Il était sur le point de toucher du doigt un bonheur inespéré vue sa mise de départ mais déjà il savait qu'il serait prêt à tout pour l'obtenir.

Alors ce qu'il avait détesté chez elle quand ils étaient enfants, son sang, son être, son excellence scolaire, sa répartie, son intelligence, sa loyauté... Tout ça, ça faisait dorénavant partie des choses pour lesquelles elle comptait à ses yeux. Hermione avait su faire tomber toutes ses barrières et s'était insinuée au plus profond de son coeur. Elle était incroyablement forte, endurante et bienveillante, il ne connaissait personne de plus intègre qu'elle, même Harry, qu'il sentait rayonner de chaleur de l'autre côté de son corps, avait un petit côté roublard, qu'il cachait bien, mais qui était tout de même bien là. Hermione, elle, était droite, rigide parfois mais c'était un trait de caractère dont il s'accommodait. Après tout, elle portait sur ses frêles épaules, une descendance divine, un savoir presque ancestral, un pouvoir immense et un sens du devoir inhumain. Lui, il était le feu et il aimait tout simplement le piquant qu'elle donnait à leur relation. Une femme, soumise et effacée, n'aurait jamais maintenu son intérêt tel qu'Hermione savait le faire.

Ce qu'elle avait accompli jusque-là, personne d'autre qu'elle n'aurait pu le faire. Elle était un roc... Son roc... Leur roc. Et Morgane qu'il l'aimait ce petit bout de femme que le Destin lui avait donné pour compagne et partenaire. Forte et sûre d'elle, passant presque pour arrogante et hautaine quand elle étalait tout le savoir que contenait sa tête mais elle était leur Miss-Je-Sais-Tout, courageuse et de temps en temps, proprement imbuvable... Mais les Dieux lui en étaient témoins, il adorait ça chez elle parce que ça lui rappelait ses propres traits de Malfoy. Sur bien des points, elle lui faisait penser à Narcissa, quand, pour protéger ce qui comptait pour elle, elle était capable de sortir ses griffes et de montrer les crocs.

Hermione était la fille des Dieux. Elle tenait de Merlin son amour pour l'Humanité mais Morgane avait, elle aussi, mis la main à la potion pour la créer, il ne fallait pas l'oublier. Drago pensait même que jusqu'à présent c'était surtout la bienveillance de Merlin qui dominait Hermione mais sur le champ de bataille, la combativité légendaire de Morgane se révèlerait. Les signes ne manquaient pas et ne mentaient jamais.

Tout comme Narcissa, il était certain qu'elle serait une mère protectrice pour leurs enfants, aimante, douce et avisée. Il avait souvent imaginé, parfois pressenti des têtes blondes aux yeux bleus qui seraient de vrais petits Malfoy dont il serait fier, quoi qu'ils puissent accomplir. Mais à bien y réfléchir, il ne serait pas contre des yeux chocolat... D'autant que dernièrement, il avait même rêvé d'une petite fille aux cheveux châtains et bouclés, dotée d'yeux émeraude qu'il reconnaîtrait entre mille. Dans son rêve, il l'avait faite rire aux éclats avec ses métamorphoses animales et, à son réveil, c'était un goût de bonheur qui lui était resté au coeur. Alors oui, aujourd'hui, il était différent d'avant et il était prêt à embrasser son Destin jusqu'au bout en acceptant qu'Hermione serait la mère de ses enfants mais aussi de ceux d'Harry.

Plusieurs fois, la petite fille s'était invitée dans ses rêves et Drago sentait que dans un futur plus ou moins proche elle pourrait bien être tout à fait réelle. Ils l'appelleraient Lily et elle serait répartie à Serpentard. Il le savait parce que dans une de ses prémonitions, il avait ouvert une lettre de Poudlard l'informant de la nouvelle qui l'avait fait rire aux éclats. La fille de Potter et de Granger intronisée chez Salazar... Un bel exemple de ce que l'on appelait l'ironie du sort mais qui prouvait mieux que quoi que ce soit d'autre que dans leurs veines coulait un sang pur et divin. Drago savait aussi qu'ils auraient une autre petite fille puisqu'Harry avait, lui, rêvé de cheveux blonds clairs et d'yeux chocolats. Il avait décrit une petite boule de nerf au tempérament de feu, à n'en pas douter leur petite Cissa serait impertinente et fougueuse :

-Aussi intelligente qu'Hermione et tout aussi fourbe que tu as pu l'être à une certaine époque, lui avait confessé Harry avant d'ajouter avec un sourire dans la voix. Serdaigle sera sa Maison et, dans mon rêve, je la consolais parce qu'elle avait eu un Effort Exceptionnel à ses Buses ce qui mettait à mal son plan de carrière... Elle sera aussi une attrapeuse intrépide et fera les quatre cents coups à Poudlard. Je nous ai vus tous les trois assister à un match de Quidditch à Poudlard où nous brandissions des écharpes de Serdaigle. Mon dernier rêve la concernant était plus flou... Mais je me souviens de Minerva qui menaçait de renvoyer Cissa au Manoir.

-Si on arrive à obtenir ce futur et la descendance féminine qui va avec, j'crois que deux pères ne seront pas de trop, avait-il simplement commenté.

Cet échange-là, survenu quelques jours plus tôt, avait scellé une nouvelle acceptation dans leur relation triangulaire. Tous les deux savaient que c'était écrit ainsi et qu'il était vain de vouloir y changer quoi que ce soit. Après y avoir mûrement réfléchi, Drago s'avouait que leurs rêves de paternité n'avaient rien de diabolique. Bien au contraire, ils étaient des instantanés de bonheur alléchants pour eux qui n'avaient jamais expérimenté ce genre de relation familiale.

Hier soir, confortablement installés dans le salon cosy de leurs appartements, ils avaient parlé à Hermione de leurs rêves et elle avait doucement souri. L'espoir et l'amour avaient rayonné dans leur lien, chaleureux et bienfaiteur, presque salvateur et elle avait annoncé tout doucement :

-Moi aussi j'ai eu des rêves... Des visions de Lily et Cissa bien sûr mais pas que... Elles ne seront pas seules, deux frères complèteront notre famille. Nos fils, s'ils venaient à naître dans le futur que nous entrevoyons, porteront les noms de Sirius et Severus, donnés, je suppose, en hommage aux hommes qui ont su être des guides pour vous...

La tristesse imprégna le lien alors qu'elle reprenait presque à regret :

-Mais des hommes qui seront sans doute morts dans le futur que nos rêves nous révèlent pour que nous donnions leurs prénoms à nos enfants, finit-elle presque imperceptiblement.

Un lourd silence les avait enveloppés et la chaleur déserta leur lien. Hermione ajouta alors, malgré la chappe de plomb :

-Je ne les ai pas vus mourir... Ce n'est qu'un pressentiment, je peux me tromper.

-Aucun de tes pressentiments ne s'est jamais révélé faux, Hermione, souffla Harry sonné.

-Tu nous caches le fond de ta pensée Hermione, pointa Drago ses yeux inquisiteurs rivés à sa femme. Qu'est-ce qui t'effraie à ce point ?

Hermione leva sur eux des yeux attristés pour avouer, la douleur teintant le lien.

-J'ai peur que leur mort soit inévitable car nécessaire à l'accomplissement de leur Destin... Sans sacrifice, aucune magie ne peut être, murmura-t-elle en pensant à Lily Potter.

Il y eut une seconde, lourde de silence, avant qu'elle ne se résigne à leur faire du mal en révélant l'entièreté de ce qu'elle savait, ne réitérant ainsi pas les erreurs du passé :

-Je me suis penchée sur le rituel que vous avez pratiqué pour rappeler leurs âmes, débuta-t-elle les yeux baissés. Les Chroniques sont riches d'un pouvoir immense mais malgré toute la force de la magie que vous avez mise en oeuvre, leur retour parmi nous ne sera que temporaire.

-Et pourquoi ça ? Interrogea Drago.

-D'autres âmes que les leurs, celles sacrifiées sur l'autel de pierre, sont actuellement dans les Limbes...

-Attends attends, la coupa Harry. Tu parles des animaux ? Du chien et de la chauve-souris ?

Hermione hocha la tête alors que Drago marmonnait :

-Ce ne sont que des animaux, des êtres inutiles et inférieurs...

-Et c'est là où tu te trompes Drago. Les animaux possèdent une âme semblable à n'importe quel humain, comme nous, ils ont un destin à accomplir. Avec ce rituel vous avez influé sur le court de quatre destins mais d'une manière ou d'une autre, tôt ou tard, Il finira par reprendre Ses droits parce que les âmes animales qui sont actuellement dans les Limbes ne sont pas à leur place. Ce n'est pas elles qui ont été condamnés mais vos parrains. Ce rituel ne peut donc pas être pérenne car...

-Il influe sur l'équilibre cosmique, fini Harry abattu.

Drago resta assis là où il était et encaissa du mieux qu'il put la douloureuse nouvelle alors qu'Hermione diffusait dans le lien tout le réconfort et l'amour qu'elle pouvait en leur murmurant :

-Il faut profiter du temps qu'il nous reste avec eux. J'ai bien peur qu'il n'y ait que ça à faire et pourtant, je voudrais tant pouvoir déjouer ce Destin qui joue sans scrupules avec nos vies.

-Toute magie a un prix et nécessite un sacrifice, annonça doucement Harry en dévoilant sans retenue ses pensées et ses sentiments à ses âmes. C'est une leçon que nous connaissons par coeur maintenant mais nous savons aussi que rien ne se crée et que tout se transforme. Cette loi est universelle, c'est pourquoi, même les moldus rendent leurs morts à la Terre... La mort n'est qu'une étape, ils auront une nouvelle chance d'obtenir un Salut qu'ils n'espèrent plus.

Le silence s'était longuement installé après ça, chacun d'eux était pris dans un tourbillon de pensées et de sentiments difficile à digérer, mais Harry fini par lever les yeux sur Hermione pour lui demander :

-Et Lucius ? Lui aussi il va...

Hermione, la gorge nouée, secoua la tête et laissa échapper une larme.

Perdu dans sa rêverie semi-consciente, Drago sentit Harry bouger sur sa droite et se caler contre lui. Le contact physique lui électrisa alors soudainement le corps et l'esprit alors qu'une bouffée de puissance masculine se répandait en lui éveillant ses sens. Il ouvrit brusquement les paupières avec le sentiment prégnant qu'il ne se réveillait pas par hasard... Une sensation étrange d'urgence l'étreignit puis un frisson, bien physique cette fois, acheva de le réveiller complètement. Dorénavant pleinement alerte, ses yeux balayèrent la chambre à la recherche de quoi que ce soit d'anormal mais ne rencontrèrent que les premiers rayons du soleil qui baignaient la pièce d'une lueur orangée.

Aussi doucement que possible, il quitta le lit pour ne pas réveiller ses compagnons paisiblement endormis après une nuit agitée où il avait fallu admettre qu'un Destin implacable marchait sur eux et qu'Il serait le plus fort. Oppressé, Drago enfila dans un silence presque religieuxson peignoir qui traînait sur le dossier d'un fauteuil et s'avança vers la fenêtre pour contempler le lever du soleil. Il tira sans bruit le rideau et se figea net. Ses yeux s'écarquillèrent devant le spectacle inattendu qu'il voyait en bas, dans les jardins de sa mère :

-Par les Dieux, mais qu'est-ce que... ? Dîtes-moi que je rêve, murmura-t-il en se collant à la vitre pour s'assurer que ce qu'il voyait là, en bas, dans le parc était bien réel.

Il plissa les yeux en tachant de refouler son impulsivité colérique pour faire l'inventaire des possibilités qui s'offraient à lui. Il inspira profondément, sentit l'énergie millénaire de la Terre frétiller sous ses pieds et s'en abreuva, la laissant calmer son feu tandis qu'il se concentrait... Ces gens n'auraient pas pu s'installer sans déclencher les alarmes anti-intrusion du domaine or aucune n'avait sonné cette nuit. Quelqu'un les avait donc aidés à entrer et seuls les Malfoy pouvaient "inviter" des étrangers à franchir les protections... Immédiatement, il exclut toute intervention de ses âmes, Harry n'était pas un Malfoy et même si Hermione l'était par alliance, ils avaient passé la nuit ensemble.

-Lucius, finit-il par souffler comme une évidence.

Etaient-ils revenus tous les trois ou son père était-il seul ? Le seul rescapé d'une mission suicide ? A cette pensée, son coeur loupa un battement et une sueur froide l'étreignit. Son père était-il encore présent au Manoir ? Avait-il fui ? Les tentes dans le jardin pouvaient-elles être celles... Un frisson l'ébranla une brève seconde avant qu'une main se pose doucement dans le bas de son dos alors que l'aura d'Hermione rayonnait de chaleur contre son flanc.

-Ils sont en vie tous les trois Drago, j'en suis persuadée... D'une manière ou d'une autre nous aurions senti leurs morts si tel avait été le cas, murmura-t-elle en posant sa tête contre son torse, embrassant enfin du regard le parc du Manoir.

De manière tout à fait similaire à Drago, elle écarquilla les yeux alors qu'une longue seconde de silence accompagnait la surprise qui inonda une nouvelle fois leur lien.

-Ils ont réussi Drago ! S'enthousiasma-t-elle en s'approchant à son tour de la fenêtre qu'elle ouvrit pour contempler la bonne cinquantaine de tentes qui s'étalait aux pieds sud de la bâtisse. Vu du dessus, depuis le balcon, elle contempla la ribambelle de chapiteaux en ayant une brève pensée pour le précédent couple Malfoy. Lucius avait sans aucun doute changé pour avoir ainsi autorisé des créatures hybrides à s'installer dans les précieux jardins à l'anglaise de feu Narcissa qui, de bosquets en friche, étaient devenus un bien utile terrain de camping.

Toujours figé face à la fenêtre ouverte et indécis, Drago la vit se pencher par-dessus le balcon puis se relever pour lui dire avec un enthousiasme qu'il partageait moyennement mais quand il s'agissait de Lucius, c'était plus fort que lui, la méfiance refaisait surface.

-Lucius leur a sûrement offert l'asile ce qui veux dire que les loups sont avec nous ! Ils auront sans doute des informations à nous transmettre concernant Voldemort. Il faut prévenir Kingsley, Minerva, Harris... Ils doivent venir ici au plus vite.

Elle s'interrompit soudainement et se détourna aussitôt du balcon avec l'intention de réveiller Harry mais ce dernier était déjà assis dans le lit et arborait une mine déstabilisée :

-Je dormais, ici, dans le lit mais en même temps, j'étais réveillé et conscient dans le corps de Drago... Je... On regardait par la fenêtre et je me suis retrouvé penché par-dessus le balcon... Ce sont vraiment des tentes qu'il y a dans le parc ? S'étonna-t-il finalement en reprenant pleinement pied dans son corps et dans son esprit.

-Je crois bien que nos Descendants ont réussi Harry, lui annonça joyeusement Hermione en s'approchant du lit alors que Drago arrêtait enfin son choix et attirait à lui des vêtements qu'il enfila rapidement en annonçant :

-Oui... Des tentes qui abritent des loups-garous, dans mon jardin. Je vais voir ce qu'il se passe. Restez ici jusqu'à ce que je revienne.

La porte de leurs appartements claqua et les Gryffondors échangèrent un regard, mi-alarmé, mi-inquiet avant qu'Hermione demande :

-Tu as senti la même chose que moi ?

-Oui, approuva Harry en quittant le lit. C'est sa colère qui le guide.

-Alors préparons-nous vite, dit-elle en lançant un accio sur leurs vêtements.

Hermione n'était pas présente la dernière fois qu'il y avait eu une altercation père-fils au petit-déjeuner, mais les souvenirs qu'elle partageait avec ses âmes lui avaient tout appris de la façon dont Drago avait matérialisé son totem. La vie de son père n'avait alors tenu qu'à un fil et aucun des deux Gryffondor ne comptait laisser Drago ajouter le poids d'un parricide à sa conscience.

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Dans le parc, du sommet du cèdre centenaire, l'Oeil de Morgane émit un coassement satisfait en embrassant du regard le parc dégradé par la présence des tentes lupines.

Enfin, les âmes qu'Ils avaient choisies cessaient leurs vaines querelles humaines et travaillaient ensemble, comme Ils le voulaient depuis le début. Réjoui d'avoir enfin mené une partie de sa tâche à son terme, l'Oeil espérait que l'Enchanteresse le rappellerait vite en Avalon, même s'il savait déjà que d'autres évènements seraient à venir aujourd'hui. Son retour ne serait évidemment pas imminent mais il l'espérait proche maintenant que tous ceux qui devaient être là, aujourd'hui, étaient bien présents.

Il prit donc son mal en patience en mettant de l'ordre dans ses plumes ébouriffées par les longues distances qu'il parcourait sans cesse ces derniers temps, prenant plaisir à exposer son plumage sombre aux premiers rayons de soleil qui réchauffaient son corps fatigué. Il n'eut cependant pas le temps de finir sa toilette car une brusque décharge magique lui électrisa le plumage. Le volatile riva ses yeux qui voyaient tout sur l'imposante bâtisse blanche, devenue le point de convergence des forces du Bien. Si l'Oeil avait eu une forme humaine, il aurait sans doute ri de la querelle bassement humaine dont il était témoin et de la violence inutile qui s'étalait ainsi. Ces humains n'avaient décidément aucune jugeote et se montraient parfois entêtés et bornés mais l'envoyé de Morgane n'était pas celui qui jugeait, ça, ça se faisait à l'étage au-dessus, chez les Mages. Lui, il tâchait de rester impassible quoi qu'il puisse voir. Depuis des siècles qu'il servait la Fée, il avait appris à exécuter les ordres, sans poser la moindre question.

C'est donc imperturbable qu'il observa, depuis son cèdre, un corps passer à travers une baie vitrée du rez-de-chaussée et finir sa course à plat dos dans le peu de pelouse encore intacte. Le bruit attira évidemment l'attention des loups installés à une cinquantaine de mètres de là. Une dizaine d'individus mâles s'approchèrent alors qu'un tigre enragé surgissait à son tour de la baie vitrée en grognant et dévoilant des canines menaçantes.

L'homme à terre se releva en se tenant la tête mais fit néanmoins face à l'animal en lui hurlant :

-Viens te battre si c'est ce que tu veux !

Puis il se transforma à son tour, prenant la forme de son jaguar au pelage nuit que l'Oeil de Morgane connaissait bien ; tous ceux qui étaient liés à Elle héritaient, d'une manière ou d'une autre, de la couleur sombre qu'Elle affectionnait tant. Le jaguar feula bassement et fit volte-face pour disparaître dans la forêt sous les yeux des loups attroupés. Aveuglé par sa colère, le tigre se lança à sa poursuite alors qu'émergeaient, de la baie vitrée la fille et le garçon. Indécis sur la situation qu'il lui fallait dorénavant suivre, l'Oeil se riva d'abord à la fille de l'Enchanteresse. Estimant qu'avec le Guerrier à ses côtés, elle était en sécurité, il décolla promptement et survola la forêt alentour. Pour sûr l'Enchanteresse voudrait connaître l'issue de ce duel opposant deux de ses protégés.

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Gregg transplana, en retard de quelques minutes sur l'horaire prévu, devant les grilles du Manoir Malfoy alors que le soleil disparaissait derrière la cime des arbres. A peine rematérialisé, il leva sa baguette et lança une gerbe d'étincelles bleues censée, comme le lui avait dit le patronus de la Gardienne, faire disparaître l'ouvrage métallique gardant l'entrée du domaine.

Et en effet, quelques secondes plus tard, la grille s'évapora devant lui. L'Auror remonta alors l'allée menant à la bâtisse principale. En chemin, malgré son pas pressé, il ralentit et scruta les ombres grandissantes en croyant apercevoir un animal se faufiler puis disparaître dans les bosquets. Déjà en retard, l'Auror ne s'attarda pas sur ce détail et rejoignit la porte d'entrée qui s'ouvrit devant lui. Comme à chaque fois qu'il se présentait ici, c'est un elfe, portant la livrée verte bouteille des Malfoy qui l'accueillit et le conduisit au salon, où le reste des convives patientaient.

Gregg avisa tout de suite l'homme inconnu appuyé d'une épaule contre le mur près de la baie vitrée. Malgré sa stature imposante, l'homme semblait quelque peu nerveux et ses yeux, balayant sans cesse la pièce, montrait toute l'étendue de son malaise.

Dans un fauteuil à proximité de la cheminée se trouvait Minerva qui, une tasse fumante entre les mains, lui adressa un léger sourire. Installé dans le canapé, juste à côté de la Directrice, le Premier Ministre était assis face à un verre de vin qu'il n'avait pas encore touché et qui trônait sur la table basse. Egalement assis dans le canapé, le patriarche Malfoy arborait lui, une mine fermée et des bandages entouraient chacune de ses mains, posées sur ses genoux. Gregg canalisa la surprise qui l'étreignit en constatant que les Descendants étaient revenus de leur expédition dans les Highlands et continua à balayer la pièce.

Assis dans deux autres fauteuils qui fermaient ainsi l'espace salon, l'ancien professeur Rogue et l'ancien détenu Black lui adressèrent un bref signe de tête. Si le parrain de Potter avait une tête plus avenante que sur les avis de recherches datant d'il y a quelques années, Rogue en revanche arborait toujours cet air sinistre qui lui allait si bien.

Gregg passa ensuite, de l'autre côté de la table basse où Harry et Hermione étaient installés dans un canapé faisant face au premier. Il balaya brièvement du regard le fond du salon mais nulle part dans la pièce, ses yeux ne trouvèrent le fils Malfoy. Cette absence l'étonna puisque rarement on voyait le trio amputé d'un de ses membres...

-Ah ! Auror Harris, nous n'attendions plus que vous ! L'accueillit chaleureusement Hermione en faisant venir un nouveau fauteuil qu'elle plaça entre le bord du canapé, à côté d'elle, et le fauteuil qu'occupait Sirius, ce qui obligea ce dernier à se décaler :

-Il y avait plus de place à côté de Minerva, marmonna Black dans sa barbe.

La Gardienne adressa au prisonnier évadé un sourire pour l'adoucir alors que Rogue, toujours aussi abrasif, commentait en déplaçant son propre fauteuil vers Lucius :

-Black a raison. Il y avait plus de place à côté de la cheminée.

-Allez-y, installez-vous, dit-elle à Gregg en montrant le fauteuil qui l'attendait avant de dire aux deux Descendants mécontents avec une sincérité frisant l'ironie.

-En vous installant tous, de ce côté du salon, j'essaye simplement de créer un espace plus large pour Sköll qui a l'air nerveux d'être ainsi cerné par des porteurs de baguettes, dit-elle dans le silence général avant d'ajouter, mais je suis contente de vous voir enfin tomber d'accord sur quelque chose.

Sa réplique douce hérissa visiblement le poil des deux sorciers et Gregg s'attendit à une escalade mais Potter ne resta pas inactif. Depuis le canapé, il lâcha une vague d'apaisement qui dissipa la tension ambiante et dont la Directrice profita pour poser les questions à mille galions chacune.

-Maintenant que nous sommes au complet et installés, dîtes-moi, jeunes gens, où est Drago ? Et que fait cet inconnu ici ?

Tous les regards convergèrent alors sur les Gardiens, tous sauf un. Celui du patriarche Malfoy resta méthodiquement rivé au sol, détail qui n'échappa pas à Gregg.

-Des évènements d'importance ont eu lieu au cours des douze dernières heures et c'est pour ça que vous êtes là, ce soir, débuta Hermione.

-Les Descendants sont revenus, souligna Kingsley en les désignant d'un geste avant de poursuivre, et c'est une heureuse nouvelle. Racontez-nous Messieurs, vous nous avez fait venir pour ça, je suppose ?

Sirius esquissa un demi-sourire avant de poser son verre vide sur la table basse en commentant, railleur et impertinent :

-Vous avez vu ça ? Annonça-t-il à la ronde. Les sorciers ont enfin élu un Premier Ministre perspicace. Il sait déjà pourquoi il est là !

-Sirius ! Tempérèrent d'un bel ensemble Harry et Hermione alors que Severus prenait la parole pour raconter leurs trois semaines d'aventures de manière tout à fait laconique mais néanmoins précise.

-Comme vous l'avez déjà tous constaté, nous sommes revenus. Nous avons trouvé l'emplacement du camp de Voldemort grâce à un corbeau que nous pensons être l'Oeil de Morgane. Deux jours après nous avoir conduits à Son repaire, Il a mené jusqu'à nous Sköll, loup-garou de son état, ici présent.

Le loup en question resta de marbre quand tous les regards se posèrent sur lui mais ses yeux durs et sombres en disaient long sur le caractère animal du bonhomme.

-Comme nous, reprit l'ancien maître des potions, Sköll a suivi l'Enchanteresse et c'est sous Ses yeux que nous sommes parvenus à un accord équitable.

-Quel est-il cet accord Severus ? Relança Minerva.

-Nous avons offert l'asile, ici au Manoir, aux loups qui voulaient faire sécession en échange de leur soutien lors de la bataille prévue le 21 Juin et de toutes informations qu'ils pourraient nous transmettre.

Gregg approuva d'un bref mouvement de tête l'entente scellée entre les deux parties alors que Lucius Malfoy prenait la parole, tempérant immédiatement ce semblant de bonne nouvelle.

-Mais Sköll nous a aussi rapporté des faits très inquiétants qui corroborent ce que nous avons nous-même vu de Son organisation et de Ses méthodes.

Le regard de Gregg voleta jusqu'au patriarche mais se reporta bien vite sur le loup qui s'avançait maintenant vers leur cercle en annonçant avec sa voix rocailleuse et gutturale :

-Cinquante loups se sont portés volontaires attaquer le Chemin de Traverse, aucun d'eux n'est revenu. C'est dans les journaux sorciers qui arrivent tous les matins sur le camp qu'on a su ce qu'il s'était passé. Il y a bien eu quelques conseils de meute mais il était déjà trop tard pour se défaire de l'influence du Mage Noir. Aucun de mes congénères n'a approuvé les évènements de la Traverse et ceux des nôtres qui étaient sur place cette nuit-là étaient sous influence.

-Sous influence ? Ne put s'empêcher d'ironiser Gregg alors que des images de ce qu'il avait vécu aux côtés de la Gardienne traversaient sont esprit. Ce sont des meurtriers assoiffés de sang qui ont déferlé sur la Traverse, ni plus, ni moins.

Un moment de silence flotta sur l'assemblée soudainement tendue mais si certains redoutaient la réaction du loup, ils furent surpris quand il concéda :

-Sous l'influence de la Lune, nous ne sommes plus des Hommes et avant leur départ, ces loups avaient bu une potion concoctée par... Lui !

Il cracha avec dégoût le dernier mot et tous les sorciers présents sentirent la véracité du sentiment.

-Hécate seule sait ce que Sa mixture a provoqué sur leurs corps et leurs esprits, Sköll, compatit Hermione en plaçant judicieusement le nom de la divinité vénérée par la communauté lupine. Harry et moi, on a été confronté à un loup-garou transformé en troisième année à Poudlard, ceux de la Traverse étaient bien plus agressifs, endurants et combatifs.

-Une simple potion Revigorante a des effets spectaculaires sur les loups, révéla Severus.

Les regards interrogateurs se posèrent successivement sur lui et il précisa :

-La première fois que j'ai soigné le Professeur Lupin, alors que nous étions au petit matin, une demi-dose de cette potion a suffi à provoquer une semi-transformation qui l'a immédiatement guéri grâce au pouvoir de régénération du loup. Mais à la lune suivante, il s'est révélé terriblement agité à tel point qu'Albus a dû intervenir.

Sköll écouta attentivement le récit et finit par hocher la tête, persuadé que les loups de la Traverse n'avait pas sciemment fait preuve de cruauté, avant de révéler à la communauté de sorciers lui faisant face :

-Dans la nuit qui a suivi l'attentat de la Traverse, Voldemort a liquidé la plupart des têtes trônant à sa Table. Il ne lui reste plus que deux Généraux. Zabini, le fils, qui gère les troupes sorcières et Greyback qui, lui, a la main mise sur les hordes car les Alphas se sont tous soumis à un serment magique dont ils ne peuvent plus se défaire.

Un bref silence s'installa et la Directrice de Poudlard demanda, perplexe, tandis que Gregg, fort des informations délivrées par Pansy mettait en place les pièces d'un puzzle bien plus complexe qu'il ne l'avait imaginé :

-Donc Parkinson et Zabini seniors, Rockwood, Flint... Ils sont tous morts ?

Sirius ne retint pas un rire sarcastique qui lui valut un regard noir de la Gardienne alors que Severus confirmait, énigmatique :

-Oui, Minerva. Ils sont bel et bien morts et pourtant ils sont plus dangereux qu'ils ne l'étaient de leur vivant.

Gregg se figea, le coeur battant, en entendant la réponse du Maître des Potions et constata que les deux Gardiens présents, les Descendants et même le loup, semblaient comprendre eux aussi la phrase sans queue ni tête de l'ancien professeur. Des Inféris, pensa-t-il soudainement, la gorge nouée.Parkinson avait finalement bien eu une vision et pas un cauchemar comme il l'avait d'abord cru la veille quand, au beau milieu de la nuit, le patronus de son agent l'avait réveillé.

-Ce que mes collègues essayent de vous dire, précisa Sirius cyniquement joyeux, c'est qu'Il a empoisonné Sa propre Table la nuit de la Traverse donc ils sont tous bien morts mais, et c'est le mais qui change tout... Il a fait de leurs corps des Inféris.

Si l'information jeta visiblement un froid, Sirius ne le releva pas et continua sur sa lancée :

-Nous les avons vus, dans leurs lambeaux de tenues noires, retenus par deux dans des cages bardées de sortilèges, affamés par Ses soins mais quand ces bestioles en viennent à se dévorer entre elles, Il fait balancer le corps d'un opposant, loup ou sorcier, dans la cage... Vous auriez dû voir ça, malgré leurs corps émaciés, ces choses se sont jetées sur la viande fraîche qu'on leur donnait. Y'a pas à dire, conclut-il pensif, Voldy ne serait pas Voldy, s'il n'avait pas ce don pour imaginer des façons de mourir toutes plus répugnantes les unes que les autres.

Minerva reposa bien trop brusquement son thé, horrifiée et la mine pincée tandis que Kingsley, sonné par la nouvelle, semblait prendre la mesure de ce qu'ils allaient très prochainement affronter. Gregg, lui, s'empara du verre de Whisky-pur-Feu que lui tendait un elfe en livrée et en avala une large gorgée. Voldemort n'avait certainement pas créé ces morts-vivants pour les garder en cage et il était évident que, le 21 Juin, ils seraient de la partie. Cette bataille mettrait en jeu des forces obscures et tout Auror qu'il était, Gregg n'était pas sûr que des hommes puissent les contenir... Une certitude glaçante lui serra les entrailles, des morts seraient à déplorer. Lui-même, ferait-il partie des pertes inévitables ? C'était foutrement possible d'autant qu'il comptait bien être en première ligne pour mener les troupes.

-Merci pour ce commentaire éclairant, Black, persifla Severus avant d'ajouter gravement. Voldemort peut compter sur une vingtaine d'Inféris, une grosse cinquantaine de sorciers, plus ou moins habiles au combat. Nous avons ramené avec nous une cinquantaine de loups. Dix Bêtas, une vingtaine de loups mâles ou femelles en état de se battre mais aussi une vingtaine de loups malades, blessés, trop vieux ou trop jeunes pour combattre. Deux Bêtas qui nous sont alliés sont restés sur le camp. Ils sont chargés d'être nos yeux et nos oreilles et d'organiser en toute sécurité la fuite des familles pour lesquelles nous nous sommes engagés à fournir des portoloins, termina-t-il en regardant directement le Premier Ministre.

-Nous fournirons ce qu'il faut pour évacuer vos compatriotes, assura Kingsley à l'attention de Sköll qui, bizarrement soucieux de la jouer réglo avec ces sorciers-là, avoua :

-Les Inféris valent dix de vos meilleurs hommes chacun et il faudra aussi compter sur la centaine de loups qui Lui reste attachée. Une horde de combattants composée d'Alphas, plus puissants que tout autre loup. Vous opposez à Lui sur un champ de bataille c'est suicidaire, il faut que vous le compreniez. Il a pour lui la force et la puissance du nombre.

Gregg apprécia la sincérité soudaine qui émana du loup alors que Kingsley, sentant l'abattement gagner du terrain, répondait en s'adressant à l'assemblée entière :

-L'Ordre du Phoenix et le Ministère sont alliés désormais. Nous mobiliserons des troupes d'élites moldues, des Langues-de-Plomb, des Aurors, ainsi que tous les sorciers majeurs qui voudront prendre part au combat. Le Ministère peut se connecter à toutes les cheminées du réseau, nous pourrions utiliser ce biais pour informer les sorciers et les inviter à nous rejoindre au tout dernier moment. Ceux qui le voudront pourront pénétrer dans la cheminée et se laisser emmener au Ministère. Dans le hall, les multiples foyers sécurisés les mèneront à Salisbury et Stonehenge n'est qu'à quelques miles... Le Chicaneur et Potterville sont des médias dissidents mais dont l'audience ne se dément pas, je suis convaincu que la population répondra à l'appel.

-C'est une bonne idée mais elle nous obligera à diviser nos troupes, commenta Harry. Il faudra laisser des sorciers au Ministère pour s'assurer du bon fonctionnement des Cheminettes et sécuriser, ce qui pourrait bien être le seul atout que nous ayons dans notre manche.

-Ses loups sont plus forts que les nôtres et Ses sorciers aussi, ajouta Hermione en jetant un regard à l'Auror Harris qui approuva ses paroles suivantes d'un hochement de tête.

-Ils sont protégés par une force venue d'un autre plan astral que le nôtre, dit-elle. Nous travaillons à un moyen de bannir, avant le 21 Juin, l'influence de cette entité. Si nous n'y parvenons pas, alors nous ne pourrons utiliser que des sorts physiques, ce qui limitera d'autant notre champ des possibles.

-Et vous oubliez encore les émissaires vampiriques qui, hier, au moment de notre départ, devaient Le rencontrer dans les tous prochains jours, renchérit froidement Lucius Malfoy achevant ainsi de glacer l'atmosphère.

-Peut-il vraiment rallier les vampires à Sa cause ? Interrogea Kingsley d'une voix blanche et l'ardeur douchée.

-Tous les vampires ? Sans doute pas... Mais quelques-uns, bien choisis et menés par la promesse de sang frais, peuvent faire de gros dégâts, lui répondit Severus après un temps de réflexion.

Gregg avala une nouvelle gorgée de Whisky en se promettant de mettre en place des cours de remise à niveau en défense contre les forces du Mal pour ses hommes. Il ferait en sorte que ses gars ne partent pas la pâquerette à la baguette.

-Sköll a également rapporté une nouvelle bien plus sombre encore, intervint alors Harry faisant encore un peu plus pencher la balance en leur défaveur. Nous nous sommes tous étonnés qu'Il ne cherche pas à récupérer Parkinson mais plutôt que de perdre du temps et de l'énergie dans de vaines investigations, Il a tout simplement préféré créer une nouvelle Porteuse... Une louve nommée Tysha est désormais celle qu'il entend sacrifier le 21 Juin.

-Si l'on en croit les dernières traductions des Chroniques, continua Hermione, l'âme innocente, sacrifiée à l'intérieur même du "cocon maternel" permettra à Voldemort d'ouvrir le portail sur les mondes. Alors Il pourra appeler un à un les huit fragments de son âme et gagner Son immortalité. La mort de la Porteuse doit à tout prix être empêchée.

Gregg bougea dans son fauteuil, mal à l'aise. Entendre parler de "Porteuse" le ramenait immédiatement à Pansy et à ses révélations de la nuit précédente :

-La nuit dernière a été riche en évènements, commença-t-il sans même s'en rendre compte avant de préciser en sentant le poids des regards sur sa personne. J'ai été appelé en Irlande. A mon arrivée, Parkinson était d'un calme presque inquiétant mais quand elle a commencé à me raconter ce qui lui était arrivé... Elle s'est agitée et tenait des propos incohérents, parlant de Greyback à terre, sans doute mort, de Zabini torturé. Elle a dit que son père était mort lui aussi et qu'Il avait fait de lui un inféri... Elle était presque hystérique, je, j'ai cru qu'elle avait fait un cauchemar et je lui ai donné une dose de Sommeil sans rêve...

-Elle a eu une vision, le coupa Minerva comme s'il s'agissait d'une évidence.

-Maintenant que j'ai plus d'éléments concordants, c'est ce que je crois aussi.

-C'est l'enfant, souffla Hermione la mine grave. C'est le seul lien qu'elle a avec Lui.

-Alors il va falloir redoubler de méfiance avec elle, statua Harry en regarda l'Auror Harris. Ce genre de lien est sans doute réversible. Si elle peut voir en Lui alors Il peut voir en elle.

Kingsley passa une main sur son visage aux traits tirés et demanda :

-Quelqu'un a encore une mauvaise nouvelle à annoncer ?

-Ouais y'a encore un truc, intervint Sirius les yeux rieurs. Le petit Malfoy est coincé sous sa forme d'animagus depuis l'aurore. La rencontre père-fils a encore mal tourné...

-Sirius, tais-toi, s'il te plaît, plaida Hermione réussissant enfin à le faire taire pour que Lucius révèle une version largement censurée des évènements :

-Drago et moi, nous nous sommes quelque peu accrochés ce matin. Sa méfiance à mon égard est telle qu'il n'a pas été capable de contenir son tigre qui s'est incarné pour la première fois. Je pense que sa profonde colère ainsi que la rancoeur qu'il me porte l'aveuglent. Il redeviendra lui-même quand il sera calmé.

Gregg observa de près le couple de Gardiens et se douta que la vérité était moins belle que ce que le patriarche voulait bien dévoiler. Ils semblaient tous deux fatigués et l'entrevue s'éternisait. Sentant que le moment était venu, Gregg se leva en disant :

-Si nous en avons fini, je vais partir. J'ai eu une longue journée et je travaille tôt demain.

-Bonne soirée, Auror Harris, répondirent les deux femmes alors que les hommes lui adressaient des signes de têtes.

Un elfe l'attendait à la sortie du salon et le raccompagna jusqu'à la porte. Sachant maintenant qu'un tigre se baladait en liberté dans le parc, c'est d'un pas vif qu'il descendit l'allée. Soulagé de franchir la grille qui s'évapora sur son passage, il se retourna pour la regarder se rematérialiser alors qu'un coassement soudain résonnait dans la nuit et attirait son attention. Il leva les yeux juste à temps pour voir un corbeau se poser au sommet de l'imposante bâtisse et l'observa en se demandant s'il s'agissait du fameux Oeil dont les Descendants avaient parlé. Après quelques secondes il se décida à transplaner mais alors qu'il allait laisser la magie opérer, ses yeux croisèrent, juste derrière la grille, deux yeux jaunes brillant dans la nuit.

Le coeur de Gregg loupa un battement et sa magie reflua l'obligeant changer ses plans. Il ne baissa pas les yeux alors que le tigre grognait, menaçant et dévoilait des canines luisantes. Connaissant un peu les pouvoirs du fils Malfoy, Gregg ne doutait pas que l'animal qui lui faisait face ne serait pas retenu longtemps par les grilles magiques mais malgré le danger, son courage de Gryffondor le poussa à tenter le sort :

-Je crois que vous avez établi un record Monsieur Malfoy. Aucun sorcier ne peut se targuer d'avoir pris sa forme d'animagus aussi spontanément mais si quelqu'un est capable de la quitter tout aussi facilement, c'est bien vous, fils de Morgane. Revenez-nous vite, votre présence nous sera indispensable.

Le tigre feula et Gregg disparut.

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A suivre...

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Voilà pour aujourd'hui, j'espère que vous avez aimé ce chapitre !

On se retrouve sans doute dans le mois de Juillet pour la suite !

D'ici là, bon vent et prenez soin de vous !

Vivin.

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RAR :

Math'L : Merci beaucoup pour ton message. Toi qui pensais que la balance penchait de nouveau du côté du bien, j'espère que tu n'es pas déçue ! Mais rassures-toi, la roue tournera bientôt pour nos héros. Ce chapitre a aussi du répondre à ta question concernant le pourquoi des visions de Pansy, maintenant reste à découvrir ce que l'Ordre décidera pour l'enfant. A bientôt et merci.

Brengre737 : Merci beaucoup pour cette longue review et je vais tâcher de répondre à toutes tes questions ^^. Hermione a changé depuis Oubli car elle y a acquis quelque chose de divin qui était latent jusqu'à maintenant. Je suis désolée de te décevoir mais le "trouple" est l'objet même de cette fiction car Hermione ne peux pas choisir entre Harry et Drago. La prophétie du chapitre 8 est claire à ce sujet, c'est eux trois ensemble ou rien du tout ^^. Il faut voir aussi que Sirius a une conscience éclairée de leur situation et se rend compte de la manipulation des Dieux d'où son comportement. Quan à Severus, il aura un rôle plus important à jouer sur la fin de cette fiction. A bientôt et merci encore !

Guest 14/04 : Merci pour ton message et à bientôt.

Sjrodgers23 : Thank you for your review. I do my best to update as soon as I can but life ain't always easy ^^

Swangranger : Merci beaucoup pour ta review. J'espre que ce chapitre aura été à la hauteur ! A bientôt !

Black Banshee : Merci d'avoir relevé le "dégoupillage" imminent de Sirius. J'aimais bien aussi l'image que cela donnait ^^. "A moins que sa rédemption ne lui ouvre les portes d'un nouveau paradis" Ha ha ! Et voilà tu as tout compris ^^ ! L'acceptation et l'accomplissement de leur destinée est la condition à leur accès au paradis. J'espère que ce chapitre t'as plu, a bientôt et merci pour ta review.