1ère update

Isabella

J'ai prétendu avoir une livraison par coursier avec un pli important pour Monsieur Edward Cullen auprès la standardiste pour m'assurer qu'il travaillait bien chez Brandon&Fils.

Je ne pensais pas ressentir tant de soulagement lorsqu'elle a confirmé que c'était bien la bonne adresse et que Monsieur Cullen restait généralement jusque tard au bureau. Je me suis empressé de raccrocher avant qu'elle ne me demande plus de précisions.

Brandon&Fils est une boite de courtage sur le marché de l'énergie, fondée dans les années 70, elle fait partie des entreprises leader du secteur et connais une croissance qui ne cesse de monter. Planqué dans le café d'en face, j'observe l'énorme bâtisse de verre qui étincelle au soleil. Elle recrache un flot continue de gens pressés tous tirés à quatre épingles, mais depuis 10h ce matin heure à laquelle j'ai commencé à faire le guet, nulle trace d'Edward Cullen.

Je n'ai pas envie d'entrer dans l'enceinte de l'immeuble pour demander à le voir. J'ai bien trop peur qu'il fasse appel à la sécurité pour se débarrasser de moi. Non, j'ai décidé de la jouer plus tactique que ça pour une fois et ne pas foncer tête baissée.

Je profite d'un moment de calme avant le rush de midi qui apportera surement son flot de nouvelles têtes, pour jeter un coup d'œil sur la sélection de sandwich chaud du café. J'arrête mon choix sur leur menu le moins cher, un club jambon cru avec supplément mozzarella accompagné d'une soupe de champignons sauvages, avant de revenir à ma surveillance.

La liste de points à aborder avec Edward attire mon attention et je décide de la relire encore une fois afin de bien m'en imprégner.

Première étape, l'annonce. Pour la faire, j'ai décidé de lui tomber dessus sans crier gare, de l'attirer en dehors de la sécurité de son bureau, dans un endroit qu'il ne connait pas. Ainsi privé de repères familiers, lui faire perdre pied sera plus facile. Je dois m'assurer de faire cela en douceur, aussi je ne peux pas laisser l'animosité ressentie à son égard parler pour moi. Adopter une attitude désemparée et vulnérable, c'est ma meilleure fenêtre d'approche. Lui laisser le temps de digérer l'information et si possible verser quelques larmes au moment importun.

Il aura surement des objections quant à la légitimité de cette grossesse étant donné que nous avons utilisé des préservatifs, mais je me suis préparé à cette éventualité. Vu notre état d'ébriété lors de ce fâcheux soir, il est tout à fait possible que quelque chose ai mal tournée, pas vrai ? Et pour le cas où il exigerait un test de paternité, là aussi je suis couverte puisque je n'ai couché avec personne d'autre que lui depuis cette soirée.

Deuxième étape, l'acceptation. Enfermé dans sa carapace psychorigide, mettre à mal ses défenses demandera tout mon talent d'actrice. Après avoir établi le fait que je ne me mettrais pas fin à cette grossesse, il faudra que je l'amène à reconnaître ses responsabilités et a ainsi prendre en charge les frais de…gestion. Je ne devrais pas avoir de mal à lui faire comprendre que je suis sans le sous depuis la perte inopiné de mon emploi. Sans le savoir le fait qu'il ait déjà vu où je vis va jouer en ma faveur.

Troisième étape, la négociation. Elle tient en une idée : je ne suis enceinte donc je ne peux logiquement pas travailler. Ce qui déclenche bien entendu une avalanche de conséquences désastreuses pour moi. Pas de boulot, pas d'argent, pas moyen de payer les factures, pas de bouffe pour moi donc pour le bébé. J'ai établi le montant de son « investissement » à 1500 par mois pour le bien-être de son enfant en comptant bien doubler voir tripler cette somme au fil du temps. Tout dépend de sa santé financière et de l'avocat que je pourrais me payer après avoir mis assez d'argent de côté.

C'est selon moi la partie la plus compliquée du plan car du peu que j'ai pu le côtoyer, Edward Cullen, s'est avéré être une vraie plaie, refusant de lâcher du terrain à chaque tentative de marchandage de ma part. Sans l'intervention d'Emmett, je ne serais probablement jamais parvenue à m'infiltrer dans leur groupe.

Je lève les yeux de ma feuille lorsque le serveur dépose ma commande sur la table, 12h passé et le trottoir d'en face s'est rempli durant ma petite session de révision. Les terrasses environnantes ont été prises d'assaut par tous les costumes cravates du coin. Je scanne la foule à la recherche d'une longue silhouette coiffée d'une chevelure auburn sans la trouver. Le café aussi s'est rempli, absorbé comme je l'étais je n'ai même pas remarqué les tables alentours se remplirent.

-Excusez-moi, m'interpelle une voix féminine

Je tourne la tête pour me trouver nez à nez avec une petite brune boudinée dans un ensemble pour lequel je serais capable de tuer. Je décide instantanément que je la déteste, elle et son sac à main griffée. Je remue délicatement ma soupe et prends même le temps de siroter une gorgée avant qu'elle n'ose de nouveau s'adresser à moi.

-Est-ce que vous avez vraiment besoin de prendre une table à vous toute seule ? Hésite-t-elle, perturbée par ma froideur. Parce que nous…sommes trois, continue-t-elle en se retournant vers ses amies que je ne prends même pas la peine de regarder.

Oh parce que Madame a des amis je devrais m'abaisser devant elle et aller me terrer dans un coin pour qu'elle puisse profiter de ma place ?

Sur mon cadavre encore chaud que t'auras pas cette banquette !

Je m'apprête à lui dire juste ça, lorsque je suis interrompu par une voix qui surpasse toutes les autres dans le café quasi bondé.

-Isabella ?

Oh non.

-xxxxx-

Salut à toutes,

J'espère que vous avez passé un bon week end.

A ce qui parait certaines s'impatientent de connaitre la réaction de notre cher Edward...

Spechell