Bijour les gens ! Me revoilà avec deux chapitres (pas tout frais, je l'avoue). Je suis navrée du retard, mais on approche de la fin de la fic, après ces deux là, restera plus que le chapitre 39, 40 et un epilogue sur lequel je planche depuis un sacré moment mais que je n'arrive pas avancer, snif...

Sinon voilà! Bonne lecture !


Chapitre 37 : Adieu Allemagne…

J'ouvre les yeux doucement avec un étrange sentiment. Je ne me souviens pas m'être endormie pourtant… Je déglutis. Ma gorge est sèche et me fait mal. Depuis combien de temps n'ais-je pas bu d'eau ? J'ai la bouche pâteuse.

La vive lumière du néon au-dessus de moi m'agresse les yeux. Je tourne difficilement la tête sur le côté. J'ai la nuque raide. Patiemment, j'attends que ma vue s'ajuste et je distingue alors une grande porte bleue, très large. Juste à côté, il y a une chaise vide mais un grand sac noir est posé dessus. C'est celui de Bill. Il y a un blouson sur le dossier de la chaise : celui de Tom. Mais où suis-je d'abord ? Je tourne la tête de l'autre côté et tombe nez à nez avec un autre lit, vide. La tablette qui se trouve entre mon lit et l'autre est munie d'un long bras articulé que je suis des yeux jusqu'au plafond où il se termine par un triangle en plastique à portée de bras. Mon esprit semble alors se connecter enfin : je suis à l'hôpital ?

Je regarde autour de moi et essaie de me redresser dans le lit. Lorsque que je plie mon buste, une vive douleur me fusille le ventre et me cloue sur l'oreiller, le souffle coupé.

Je tape du poing sur les couvertures pour faire passer la douleur. C'est inutile, je sais, mais ça soulage. J'entends alors des voix et la porte s'ouvre :

- Enfin ! j'entends à mi-voix. Marie, ma chérie !

Je vois alors Bill apparaître dans mon champ de vision mais, paralysée par la douleur, je ne bouge pas :

- Appuie sur le bouton, me dit-il. Sous ton pouce droit.

Je tâtonne doucement et sens un boîtier. J'écrase le relief que mon pouce me renvoi et aussitôt, la douleur se calme. Morphine…

- Bill… je fais alors d'une voix rauque. Qu'est-ce que je fais à l'hôpital ? Ramène-moi à la maison…

- Tu ne peux pas, chérie… me fait-il en me prenant la main. Pas encore…

- Pas encore ? je fais.

Je le regarde attentivement. Plus de maquillage, les yeux rouges, les cheveux encore plus hirsutes que d'habitude… Lorsqu'il tourne la tête derrière lui, je l'imite et vois Tom près de la porte. Je le regarde et il prend un air surprit. Il quitte soudain la pièce rapidement et je regarde Bill qui a baissé la tête :

- Chéri… je fais en levant mon autre main.

Je lui caresse la joue et demande :

- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai ? Bill…

- Je…

Il pince alors les lèvres puis son visage se tord de douleur et il dit :

- Mon amour, tu… tu as perdu notre bébé…

Je mets une seconde à comprendre. C'est alors que j'ai comme l'impression qu'on me balance un grand seau d'eau glaciale au visage :

- Qu… Quoi ? je bafouille. Bill, je t'en supplie, dis-moi que…

Je sens quelque chose tomber sur ma main. Je le regarde. Oh mon Dieu, non ! Il pleure ! Il appuie soudain son front contre ma main et lâche un sanglot bruyant. Je porte ma main libre à ma bouche :

- Non… Non, je dis. Non ! Bill, dis-moi que c'est pas vrai ! Non, c'est impossible ! Bill !

- Je suis désolé… Je suis désolé…

Il se lève soudain et lâche ma main :

- Bill !!

Il quitte la chambre au pas de course en emportant son sac.

- Bill ! Reviens !

Je me penche en tendant le bras mais la barrière du lit me blesse l'aisselle et une nouvelle décharge me fusille le ventre. J'appuie aussitôt sur le doseur de morphine et me rallonge, anéantie. Non, ce n'est pas possible ! Mon bébé… Ce bébé que j'ai mis des semaines à aimer ! Non… Non !

- BILL !!! je hurle. BILL !!!

Je donne un grand coup de poing sur la barrière et me fais mal. Je plaque ensuite mes mains sur mon visage et me mets à pleurer toutes les larmes de mon corps, ignorant la douleur dans mon ventre et celle de ma main…

Je me suis de nouveau endormie. C'est un pouce me caressant doucement la main qui me tire de mon sommeil agité. J'ouvre les yeux difficilement. La peau de mes joues tire, mes larmes ont séché.

- Tom…

Je regarde le guitariste. Il me fait un petit sourire triste puis il s'avance soudain sur moi et je l'enlace fortement. Il fourre son visage dans mon cou et je m'agrippe à son t-shirt :

- Ca va aller, me dit-il doucement. Ca va aller… Ne t'inquiète pas. On va t'aider…

Il recule alors :

- Vous ne pouvez rien faire, je dis en baissant les yeux.

- Si, on va annuler les rendez-vous prévus, on va rester avec toi… me dit-il, sa main agrippée à la mienne. Tu fais partie de notre vie, Marie, on ne va pas te laisser tomber, pas maintenant.

Je le regarde et sens sa détermination au fond de son regard brun :

- Bill est partit, je dis. Il est partit…

- Il reviendra, laisse-lui le temps d'encaisser…

- Il ne reviendra pas, je dis en secouant la tête.

- Ne dis pas de bêtises, il t'aime plus que tout.

- Je le sais Tom… Il m'a dit qu'il était désolé… juste avant de s'enfuir comme un lâche…

Je serre mon poing sur sa main. Il la porte alors à ses lèvres et y dépose un léger baiser avant de dire :

- Moi je vais rester avec toi Marie. Je te laisserais pas tomber. Tu peux compter sur moi, tu sais ce que tu représente pour moi, t'es plus que la petite-amie de mon frère.

- Je sais, je dis avec un petit sourire.

Je soupire alors puis on frappe à la porte. Tom autorise l'entrée et je vois Simone et Gordon apparaître, emmitouflés dans leur doudoune.

Simone se jette aussitôt sur moi et elle m'enlace si fort que je crois étouffer :

- Tu vois, fait-elle ensuite à Tom. Je vous avais prévenu !

- Madame, je dis. Ce n'est pas de leur faute. Ne le blâmez pas… Je n'ai pas été assez prudente, j'ai provoqué cette groupie, elle s'est jetée sur moi et m'a plaquée au sol. Je me suis fait mal au dos et je me suis énervée…

- Si tu voyais le monde en bas… dit alors Gordon.

- David a appelé, dit alors Tom. Il voulait des nouvelles… Il les a eues. Il vient nous chercher demain. J'ai dit non.

- Pourquoi ? fait Gordon.

- Marie ne peut pas bouger, dit Simone. Il est hors de question qu'elle quitte l'hôpital avant deux ou trois jours. Rappelle David, mon cœur et dis-lui que vous restez ici jusqu'à la date prévue.

- Oui, maman.

Tom se lève alors et sa mère l'embrasse sur le front :

- Et retrouve Bill, fait-elle. Il faut qu'il revienne vers elle.

Tom hoche la tête puis il quitte la chambre et je soupire. Simone s'assoit à la place de Tom et Gordon reste près de la fenêtre, regardant entre les persiennes :

- Il y a des centaines de filles devant les portes… La Police a du mal à les contenir.

- Ce ne sera pas pour longtemps, je fais alors.

- Pourquoi tu dis cela ? me fait l'homme en me regardant étonné.

- Je vais demander à ce qu'on me transporte dans un hôpital français, près de ma famille.

- Tu… fais Gordon.

- ... quitte Bill ? achève Simone.

- Non. Ce n'est pas moi qui le quitte. C'est lui qui vient de me quitter.

- Mais non… me fait Simone en me caressant le front. Il a eut peur, c'est tout… C'est normal, c'est le choc. Son père était comme ça.

- Vous avez déjà…

- Oui, deux ans avant les jumeaux… Jörg est partit habiter chez sa mère pendant deux semaines et moi je suis restée dans notre maison avec ma sœur et mon frère. Quand Jörg est revenu, il s'est excusé mais je l'ai quand même giflé.

Je souris légèrement mais dis :

- Madame, je connais Bill… Il ne va pas revenir.

- Et moi je suis sa mère, Marie, il va revenir, crois-moi. Tom ne va pas le laisser t'abandonner, quitte à ce qu'il le traîne dans l'avion lui-même pour le conduire près de toi.

- Vous pensez donc que rentrer dans ma famille me ferait du bien ?

- Évidemment. Nous allons te laisser te reposer maintenant, et je vais aller voir le médecin qui s'occupe de toi pour que l'on te transfère rapidement dans un hôpital près de ta famille. Et puis vous séparer un peu ne peu pas vous faire de mal. Si vous vous aimez vraiment, vous aurez vite envie de vous retrouver, crois-moi.

Je hoche la tête lentement puis ils quittent la chambre. Je tourne la tête sur le côté en soupirant. Le silence s'installe et je ferme les yeux. Je laisse échapper de nouvelles larmes et me remet à pleurer, mais pas parce que j'ai perdu mon bébé, plutôt par soulagement. Simone connaît son fils, c'est aussi une femme avertie, elle ne dira pas quelque chose si elle n'y croit pas. En me disant que Bill va revenir vers moi, elle sait de quoi elle parle. Le père des garçons a eut la même réaction dans le passé, apparemment. Je souris légèrement à travers mes larmes puis regarde le plafond et passe mes mains sur mes joues. Courage ! Reprends-toi ma fille ! Tu es forte ! Je soupire profondément puis attrape le calepin posé sur la table de chevet, probablement oublié par une infirmière puis qu'il est aux couleurs de l'hôpital. Je prends le stylo qui y est pendu et commence ce qui sera une très longue lettre pour Bill.

Au petit matin, on m'installe dans une ambulance qui me conduit à l'aéroport où un avion sanitaire me conduit, avec d'autre français à l'hôpital d'Annecy, en Haute-Savoie. Je suis à peine surprise de voir ma famille m'attendre à ma descente de l'ambulance sur le parking de l'hôpital. Ils ne sont cependant pas autorisés à m'approcher et on me monte dans les étages. Je suis fatiguée par le voyage. J'ai envie de me lever cependant, je suis resté couchée depuis mon départ de Loistche.

Ce n'est que bien après midi que mes parents sont autorisés à venir me voir, et ce pour quelques minutes seulement. Les larmes fusent cependant, surtout de ma mère quand elle apprend que jusqu'à hier j'étais enceinte de son petit-fils. Mon père la conduit hors de la chambre et je reste seule. Une infirmière vient me voir juste après leur départ :

- Mademoiselle, une personne souhaite vous voir…

- Qui est-ce ? je demande.

- Une journaliste.

- Non, je fais. Je ne veux voir personne hormis ma famille ou celle de mon compagnon. Au fait, je dis. Est-ce vous pouvez regarder dans mon sac à main et en sortir un carnet à fleurs ?

L'infirmière s'exécute et trouve mon agenda :

- Ceci ?

- Mhm. Regardez à la lettre A et appelez le numéro en face du prénom Anna, je dis. C'est ma meilleure amie, elle habite à Hamburg mais elle est française. Il faut lui demander d'envoyer mon garde du corps et mon chien.

- Les chiens sont interdis à l'hôpital… Mais pour le garde du corps cela devrait être possible. Je m'en occupe.

Elle écrit rapidement le numéro sur son calepin puis remet l'agenda dans mon sac et, avant qu'elle ne parte, je la remercie. Elle me fait un sourire puis s'en va en fermant la porte de la chambre.

Magelisa, mon garde du corps, ne met pas longtemps, à peine trois heures, à rallier la France depuis Hamburg. Elle baragouine quelques mots de français et cela est semble-t-il suffisant pour qu'on la conduise à ma chambre.

Elle et moi nous nous entendons très bien aussi je suis à peine surprise quand elle m'enlace solidement, au bord de larmes.

- Mir geht es gut, Magelisa, machen Sie sich keine Sorgen… je fais doucement. Je vais bien…

- Vous êtes certaine ? me demande-t-elle. Je sais ce que vous endurez, j'ai moi-même eut mon content de fausse-couche, mademoiselle…

- Merci de compatir mais je vous assure, je vais bien. Je vais me reposer puis remonter en selle rapidement… même si Bill ne veut plus de moi.

- Il ne faut pas dire cela ! me fait Magelisa, choquée.

Elle s'installe dans le fauteuil près du lit et ajoute :

- Il a eut peur, peur pour vous, Marie, dit-elle. Tant que vous ne lui aurez pas certifié noir sur blanc que vous allez bien, il ne vous approchera pas… Mon mari était pareil…

- Je crois qu'ils sont tous pareils, je dis avec un petit sourire.

- Quand sortez-vous ?

- Demain soir, je n'ai aucune envie de passer une semaine ici, la nourriture est vraiment dégoûtante. Je vais rentrer dans ma famille et vous allez venir vous installer avec moi. Nous avons une chambre d'amis. Je ferais rapatrier mon chien et des affaires et… à Dieu va !

Elle me regarde de travers. Je souris mais ne m'explique pas. C'est une expression que ma grand-mère dit souvent, cela veut dire que je n'ai aucune idée de ce qui se passera ensuite, que seul Lui sait ce qu'il va se passer, même si je ne crois pas en Lui.

- Mademoiselle, je dois prévenir Monsieur Jöst que vous allez bien… fais alors Magelisa.

- Bien sûr, je dis. Allez-y.

- Je resterais dans le couloir pour vous laisser vous reposer.

- Comme vous voudrez.

Elle se lève en hochant la tête puis quitte la chambre en prenant son téléphone portable. Par la vitre qui perce le mur séparant le couloir et ma chambre, je vois une infirmière lui signifier que les portables sont interdits dans l'enceinte de l'hôpital. Magelisa semble comprendre et s'en va. Je soupire et me mets à méditer.

J'ai perdu un bébé que je ne voulais pas au début, pour préserver Bill et sa jeunesse. À force de discussions, j'ai finit par aimer ce petit bout d'homme et maintenant, après une empoignade avec une groupie, je l'ai perdu. Ce n'est pas de ma faute, ni de celle de Bill, mais de la groupie et uniquement d'elle. En même temps, elle ne savait pas que j'attendais un enfant, mais indirectement, c'est de sa faute. Elle m'a fait tomber, je me suis fait mal au dos et j'ai vu des étoiles quand elle m'a étranglée.

Je soupire de nouveau. Finalement, ce n'était peut-être pas le bon moment pour un bébé… Aurais-je raison depuis le début ? Dois-je mettre mon horloge biologique en pause pour préserver Bill et attendre le bon moment… ou le bon père ?

Mais qu'est-ce que je dis moi ? Je déconne là ! Je l'ai le bon père ! C'est Bill ! Je n'ai aucune envie de me séparer de lui, de le perdre. Jamais je ne retrouverais un garçon aussi amoureux que lui. Il n'y a qu'un Bill Kaulitz sur Terre et je ne vais pas le laisser s'en aller, quitte à l'attacher à moi d'une manière ou d'une autre !

Je serre le poing sur les couvertures. Les deux aiguilles dans le dos de ma main me blessent légèrement et je fronce les sourcils. Je les regarde puis suis le tuyau des yeux jusqu'à la poche en plastique transparent suspendue au-dessus de moi. Ce sont sûrement des vitamines ou je ne sais quoi d'autre. Je soupire et regarde devant moi. Un vase avec des fleurs trône. C'est ma mère qui l'a apporté. Ce sont des marguerites, mes fleurs préférées, avec trois ou cinq roses piquées au milieu. Une carte est posée dessus et je soupire encore une fois. Je tourne la tête et mon regard se pose sur le téléphone sur la table de chevet. Oserais-je appeler ? Oui mais qui ? Bill ? Non, il ne répondra pas. Tom ? Pourquoi pas…

Saisissant le combiné au prix d'une douleur au ventre, je compose l'indicatif de l'Allemagne puis le numéro de la maison des Trumper. C'est Simone qui décroche :

- Madame Kaulitz ? C'est Marie…

- Oh Marie ! Comment vas-tu ma fille ? Tu es bien arrivée en France ?

- Oui, je fais en souriant. Est-ce…

- Bill est là ? Oui, mais il refuse de parler à qui que ce soit, me dit-elle. Attends, je te passe Tom…

Je hoche la tête puis la voix de Tom s'élève dans le combiné :

- Liebe…

- Tom, je fais dans un soupir.

- Marie, si tu voyais dans quel état est Bill… J'en ai mal au cœur…

- Il ne veut pas me parler ?

- Ni à toi, ni à moi, encore moins à nos parents. Mais il marmonne sans arrêt à l'oreille de Général…

- Général est avec vous ? Je pensais le faire venir ici…

- Tu devrais le laisser chez nous, me dit Tom. Cette nuit Bill a dormit sur le canapé avec lui… Je crois qu'il comble ton vide, Marie…

- Donc cela veut dire que je lui manque, je fais. Écoute Tom, la lettre que je t'ai donnée hier soir, avant de partir de l'hôpital…

- Oui ? Je l'ai dans ma poche…

- Pose-la sur son oreiller dès que tu peux, je dis. Il faut qu'il la lise. Je lui explique que ce n'est pas de sa faute si j'ai perdu le bébé… Tu peux la lire si tu veux mais cela risque de te faire du mal.

- Je l'ai déjà lue, m'avoue-t-il alors.

- Ha…

- Ne t'inquiète pas, je vais aussi bien que possible, me dit-il avec un sourire dans la voix.

Je souris à mon tour puis dit :

- Je vais devoir raccrocher, la communication coûte cher… Embrasse Bill pour moi, tu veux ? Et Général aussi, dis-lui que je ne suis pas loin, que je vais revenir.

- Quand ?

- Je ne sais pas. Ne m'attendez pas d'accord ? Passez la nouvelle année en famille puis reprenez le travail. Quand je reviendrais, toute cette histoire ne sera qu'un mauvais souvenir.

- Ca va être dur…

- Je sais. Mais je compte sur toi d'accord ? Tu prends soin de Bill à ma place et surtout, empêche-le de déprimer et de se croire coupable, ok ?

Un silence passe puis il dit à mi-voix :

- Ich liebe dich, Marie…

- Ich auch, je réponds. Je compte sur toi, Tom.

- Ne t'inquiète pas.

Je soupire alors puis raccroche. Au même moment, une infirmière entre avec une pile de magazines dans les bras. Je lui souris :

- Voilà de quoi vous changer les idées, me dit-elle. Voici aussi la télécommande pour la télévision. Votre garde du corps a payé, ne vous en faites pas.

- Je la rembourserais. Où est-elle ?

- Dans le couloir, elle a dit y être très bien.

- Donnez-lui un café de ma part, je fais avec un sourire. Elle est très gentille mais elle prend parfois son travail trop au sérieux.

L'infirmière me fait un sourire, dépose les magazines et la télécommande sur la table de chevet puis s'en va. Aussitôt, j'attrape un magazine et le feuillette. Du français ! Enfin du texte tout en français ! Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lut un magazine ou un journal uniquement en français. Ca me réconforte un peu dans mon malheur…

Finalement, je passe trois jours à l'hôpital. Trois jours de trop si vous voulez mon avis, mois qui pensait sortir le lendemain soir de mon arrivée… J'aurais même pu rentrer chez moi dès mon arrivée en France mais mon médecin n'a pas voulu. Je ne sais pas pourquoi et personnellement je m'en fiche. Je ne m'inquiète pas pour moi mais pour Bill. Je suis rentrée en France pour me reposer mais finalement je crois que j'ai fait une erreur. Je n'aurais pas du l'abandonner comme ça… Nous sommes un couple, nous avons faillit être une famille…

Je décide d'en parler à ma meilleure amie, Trina, avec qui j'allais – de temps en temps – en ville. Je la retrouve au coin d'un café. Quand elle me voit, elle me saute dans les bras et je calme ses ardeurs :

- Doucement, puce ! je fais en souriant. Je suis encore convalescente, je te rappelle.

- Oh oui, c'est vrai, pardon.

Elle s'assoit et je souris. Par rapport à elle, je suis une grande gigue. Elle doit mesurer un mètre soixante, contre mon mètre soixante-dix, ça fait une bonne marge. Elle est rondouillarde avec un visage aux joues rougies par le vent et toujours souriant. Ses cheveux blonds sont attachés en une queue de cheval sur sa tête et je souris en m'asseyant en face d'elle :

- Deux ans sans un coup de fil, t'es gonflée quand même, May ! me fait-elle sur un ton de reproche amusé.

- Je suis désolée, mais j'avais un travail très prenant en Allemagne…

- Oui, fait-elle. Je sais lire les magazines… T'es gonflée, répète-t-elle. T'aurais quand même pu me dire que tu vivais avec une star ! Imagine la tête que j'ai faite en te voyant au bras de Bill dans le Pop'n'Rock ! J'ai du m'asseoir et prendre une loupe pour regarder si c'était bien toi !

- Sérieux ? Pourtant mon nom s'étale partout, je fais en souriant.

- Oui mais des Marie j'en connais trois !

- Ha ouais ? je fais. Tu me fais des infidélités ?

- Mais ? Pff ! Bécasse ! me fait-elle. Bref ! Donc, qu'est-ce que tu fais ici et quand repars-tu ?

- Je suis ici pour me reposer et quand je repars et bien cela dépendra de Bill.

- Ha ouais ? Pourquoi ? Enfin je veux dire… Je le sais pourquoi mais…

- J'ai perdu son bébé Trina, je fais en baissant les yeux. Il était content d'être père, il le voulait… Moi je disais que c'était une mauvaise idée mais j'avais quand même finit par l'aimer…

- Tu veux que je te dise un truc, May ?

- Hmm…

- Quand j'ai vu que c'était toi au bras de Bill Kaulitz dans les magazines, j'ai acheté tous les magazines où vous apparaissiez et tu veux que je dise ? Ben ce mec, il est raide dingue de toi, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Tu pourrais très bien tuer ou braquer une banque qu'il t'aimerait encore ! Alors perdre un bébé… qui peut se refaire…

- Tu crois ? Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça…

- Dans tes mails tu m'expliquais les sentiments de Tom pour toi, c'est ça qui te dérange ? Aimer deux garçons ce n'est pas dramatique…

- Non, je sais bien, mais quand même, c'est terriblement chaotique. S'ils n'avaient pas été jumeaux, je ne dis pas, mais là, j'ai vraiment du mal à tout gérer.

- Écoute, occupe-toi de Bill pour le moment. Enfin non, pour le moment, tu te remets de ton incident, ensuite tu discuteras avec Bill.

- Il ne voudra pas me parler, je dis en secouant la tête, une moue triste sur les lèvres. Il est partit, Trina, il est partit de la chambre d'hôpital presque en courant…

- Il ne voulait pas que tu le vois pleurer, j'imagine…

Je pince les lèvres. Il est vrai qu'en deux ans, je ne l'ai jamais vu pleurer… Du reste a-t-il déjà pleuré une fois depuis que je le connais ? Je me demande…

- Tu crois ? je fais. Trina, je ne veux pas le perdre… je gémis alors.

- Je sais, fait mon amie en me prenant la main. Je sais… Je ne le connais pas mais de tout ce que tu m'as dit sur lui, j'en conclus qu'il est LE garçon dont toutes les filles rêvent, et non pas parce qu'il est beau comme un Dieu et célèbre…

- Non, juste parce qu'il est lui, je fais avec un sourire. Ce garçon, c'est un… un… Je ne sais pas comme le décrire, il est tout ce qu'une fille veut chez un mec. Il n'est pas chiant, il te fait des cadeaux, il est romantique… Bon il te protégera pas face à un gros tas de muscles parce qu'il n'est pas bien épais, mais à part ça, c'est LA perle rare. Je te jure.

- Il ne fait pas à manger, ni le ménage, j'imagine…

- Il range ses fringues… Enfin quand je le lui dis, mais c'est déjà bien, je fais en souriant. Tom c'est tout le contraire, il est bordélique tu ne peux pas savoir ! Genre, on arrive dans un hôtel, il s'installe dans une chambre, quatre heures plus tard y en a déjà partout.

- Ha ouais ? Tant que ça ? Je ne supporterais pas moi…

- Je ne dis rien, ce n'est pas lui mon homme… Bill est juste chiant quand il est malade. Il râle sans cesse et envoie promener tout le monde.

- Mais j'imagine que tu l'as dressé !

- Trina… je soupire en roulant des yeux.

Elle se met à rire et je me retiens. J'ai encore mal au ventre malgré les médicaments. Je souris tout de même et soudain, mon portable sonne. Je sursaute et le regarde :

- Hum, je fais.

- C'est Bill ? demande Trina.

- Non, sa mère, je fais. Excuses-moi.

Je décroche sur un hochement de tête de mon amie :

- Ja ?

- Marie, c'est Simone…

- Bonjour, madame, quel bon vent vous amène ?

- Un mauvais vent hélas, dit-elle sur un ton que je juge aussitôt de triste. Écoute mon enfant, il faut que tu reviennes, ce n'est plus possible.

- Je ne peux pas revenir, madame, je réponds en secouant la tête.

- Il va se laisser aller à déprimer, Marie… Il ne manque presque pas et passe tout son temps avec Général… Je t'en prie, fais quelque chose…

Je baisse les yeux sur la table en métal piquetée de rouille puis je pince les lèvres et demande :

- Est-ce que Tom est dans les environs ?

- Avec Bill, oui, pourquoi ?

- Est-ce que je peux le déranger ?

- Bien sûr… Je te le passe.

J'entends un petit bruit qui me signale qu'elle a posé le combiné sur le meuble, puis je l'entends monter les escaliers en bois et je dis à Trina :

- C'est la mère de Bill, elle me demande de faire quelque chose… Je ne veux pas repartir en Allemagne, Trina, pas maintenant…

- Dans ce cas…

- Marie ? C'est moi…

- Attends, je fais à Trina. Oui Tom… Alors, ça ne va pas ?

- Non, pas du tout, il ne parle plus, ne mange presque plus et passe ses journées à chuchoter à Général comme un autiste… Je t'en supplie Marie, fais quelque chose. Reviens vers nous…

- Non, je fais en secouant la tête.

- Marie… gémit le guitariste. Marie… Je ne supporte plus de le voir comme ça…

Sa voix tremble et je sens mon cœur se serrer. Je ferme les yeux et soudain, la main de Trina se pose sur la mienne. Je le regarde, silencieuse, et elle me glisse sous les yeux sa serviette en papier. Quelques mots sont griffonnés dessus et je les lis :

- Tu crois ? je lui demande simplement en bougeant mes lèvres.

Elle hoche vivement la tête, reprends la feuille et écrit de nouveau. Je lis la nouvelle phrase et puis serre les mâchoires :

- Très bien, je fais.

- Parle allemand, Marie, s'il te plait…

- Excuses-moi, je dis à Tom. Je parlais à mon amie. Écoute, elle vient de me donner une idée.

- Ha oui ? Tu va rentrer ?

- Non, je répète. Je ne vais pas rentrer en Allemagne maintenant, mais que dirais-tu si je vous faisais venir, Bill et toi, ici, en France ?

- En France ? Nous deux ? Mais pourquoi ? Tu aurais meilleur temps de rentrer, fait-il un peu abruptement. C'est chez toi Hamburg !

- Ruhe ! je siffle.

- Schludi…

- Écoute, j'ai besoin de rester en France, avec ma famille, quelques temps, peut-être un mois, ou deux.

- Bill ne tiendra pas tout ce temps.

- Je sais, c'est pourquoi vous allez me rejoindre. Je vais appeler David et lui demander d'annuler les studios que vous aviez, au moins jusqu'au six janvier. D'ici-là, je pense que Bill ira mieux.

- Ce n'est pas dit. Mais ta proposition va l'enchanter.

- Pas forcement, je dis. Je prends un risque en vous invitant. Il m'a abandonnée, Tom, ne l'oublie pas. Quand j'ai eut besoin de lui, après avoir perdu le bébé, il est partit.

- Il a compris depuis longtemps qu'il avait fait une erreur, Marie, dit Tom sur un ton doux. Et c'est pour cela qu'il se prend pour un autiste. Il passe la journée avec Général, il lui parle et marmonne tout seul quand le chien n'est pas là… Depuis que tu es partie, je dors avec lui mais il dort rarement une nuit entière.

- Ca passera, je dis. Écoute, je vais appeler David tout de suite et je te rappelle demain, d'accord ?

- Ce soir, dit-il. Rappelle-moi ce soir.

- Très bien. Küsses Tom…

- Küsses Marie. Schönen Tag.

- Du auch, je réponds.

Et je raccroche ensuite en soupirant :

- Je n'ai absolument rien compris de ce que tu disais, me fait Trina. Mais il m'a semblé que Tom ne t'écoutais pas…

- Si, il m'écoutait, je dis. Mais il s'inquiète pour son frère et ça le trouble.

Trina hoche la tête :

- Et pour ma proposition ? demande-t-elle.

- Je lui en ai parlé, il n'a pas dit non, ni oui d'ailleurs. Ils ne peuvent pas prendre de décision sans en parler à leur manager.

- C'est normal. Et tu va l'appeler, ce gars ?

- Oui, mais avant, on va commander quelque chose de chaud parce que j'ai froid ! je fais en souriant largement, frappant mes mains gantées l'une contre l'autre.

Trina hoche la tête, décidée, puis elle fait signe à un serveur qui s'approche. Nous commandons un grand chocolat chaud avec de la crème fouettée dessus et une paille chacune, puis, en attendant qu'on nous serve, je reprends :

- Je ne vais pas les faire venir à la maison.

- Ha bon ? Pourquoi ? Tu viens de dire que…

- Non, je voulais dire, ils ne vont pas s'installer à la maison. Nous allons aller là où tout a commencé…

- C'est à dire ?

- Le chalet des parents d'Anna Midlow…

Je regarde mon amie et elle fronce les sourcils. Je pince ensuite les lèvres et m'adosse à mon dossier en croisant les bras. Les prochains jours vont être durs, je le sens…