Allongée sur son futon, la princesse Uzumaki ne parvenait pas à trouver le sommeil. De nombreuses interrogations agitaient son esprit. Elle trouvait étrange que l'émissaire Wasabi ait accepté la décision de son père aussi facilement. Mito avait un très mauvais pressentiment pour la suite des événements. L'idée d'un piège de la part de leurs ennemis de toujours ne quittait pas son esprit. Ses pensées dérivèrent vers ses parents. À l'heure actuelle, Zenji, Tomoyo et quelques ninjas du clan devaient discuter de la stratégie à adopter face au conflit à venir.

Avec un soupir, la jeune fille se redressa et se dirigea vers l'unique fenêtre de sa chambre. Elle savait qu'ils l'écartaient de toute décision afin de la protéger, mais Mito sentait la frustration la gagner. Être toujours considérée comme une enfant faisait partie des choses qu'elle détestait le plus au monde. L'héritière s'accouda au rebord de la fenêtre et laissa son regard balayer le village en contrebas. Une légère brise agita ses longs cheveux rouges, et elle replaça une mèche derrière son oreille. Jamais auparavant, la possibilité de perdre son village, son clan, sa famille ne lui parut aussi réelle. Mais, Mito ne se laisserait pas abattre. Elle défendrait les Uzumaki à n'importe quel prix !

Les iris de Mito captèrent alors un mouvement inhabituel dans l'obscurité. La jeune fille détailla l'horizon. Cela semble provenir de la forêt… Serait-ce de la fumée ? Perplexe, elle se pencha légèrement en avant comme pour mieux voir. De brèves étincelles orangées lui apparurent alors au milieu de ce nuage sombre. Mito écarquilla les yeux sous la soudaine réalisation.

Un incendie ! C'est un incendie !

Elle devait prévenir ses parents ! Le cœur battant, la jeune fille se précipita au dehors. L'air froid mordit sa peau et le vent s'engouffra sous son fin peignoir, mais elle ne s'en souciait guère. Si le brasier prenait plus d'ampleur, le clan tout entier courrait à sa perte ! La forêt entourait en effet la quasi-totalité de leur petit village. Seul un passage donnait directement sur la plage. Longtemps, les feuillages leur avaient permis d'essuyer les attaques des Wasabi, mais aujourd'hui leur précieux atout les mettait tous en danger.

Le souffle court, Mito parvint finalement devant le bureau de son paternel. Sans même s'annoncer, la jeune fille ouvrit la porte d'un coup et s'avança d'un pas pressé vers Zenji. Les autres adultes présents dans la pièce l'observaient avec des yeux ronds. Il fallait dire que l'allure de la princesse Uzumaki laissait un peu à désirer. Les cheveux ébouriffés à cause de sa course effrénée et vêtue de façon plutôt légère, elle ressemblerait presque à une sauvageonne si sa prestance naturelle ne sauvait pas les apparences.

— Mito ! s'exclama sa mère, choquée.

— Pardonnez mon allure père, mère, s'excusa-t-elle rapidement. Mais, je devais me dépêcher. Un incendie s'est déclenché non loin dans la forêt. Si nous ne l'arrêtons pas, j'ai peur qu'il atteigne le clan !

Au même moment, des cris retentirent, suivis de divers bruits métalliques. Immédiatement, les ninjas et les chefs Uzumaki dégainèrent leurs armes et se dirigèrent vers l'extérieur. Mito leur emboîta le pas, anxieuse. La panique remplaça cependant son inquiétude quand elle arriva dehors. Non loin de l'entrée du clan, de nombreux affrontements faisaient rage entre les siens et les Wasabi. Le regard de la jeune fille ne rencontrait que mort et souffrance. Elle pouvait presque palper la rage vibrante des combattants.

Sous le choc, l'héritière restait plantée là, paralysée de peur et d'incompréhension. L'idée sournoise que cette attaque surprise des Wasabi soit sa faute ne quittait pas son esprit. Si elle avait accepté ce mariage, rien de tout ceci n'aurait lieu d'être. Peu à peu, l'étreinte de l'ennemi se resserrait sur leur clan, et à cause du brasier dans la forêt, toute retrait semblait impossible.

Soudain, la forme floue d'un projectile apparut dans son champ de vision. La pointe argentée d'une flèche brilla un instant dans l'obscurité. Mito écarquilla les yeux et son cœur rata un battement. Trop tard. Elle ne pourrait pas l'éviter ! Elle ferma les yeux, retint son souffle et se prépara à la douleur vive qui allait la traverser.

Pourtant, rien ne vint. Interloquée, l'héritière releva la tête, ses yeux reconnurent sans peine le dos de son paternel.

— Père ! cria-t-elle alors que des larmes perlaient aux coins de ses yeux.

Zenji lâcha un râle de souffrance avant de tomber à genoux. La flèche venait de lui transpercer l'épaule de part en part avec une violence inouïe.

— Par tous les Kamis, murmura la jeune fille, la voix tremblante.

Incertaine, elle déglutit et approcha ses mains de l'objet pour le retirer.

— N'y touche pas, l'arrêta le shinobi, haletant. Elle est empoisonnée…

L'homme essaya difficilement de se relever, luttant contre la paralysie qui se répandait peu à peu dans son corps. Sans hésiter, Mito lui vint en aide et passa son bras sous le sien pour le soutenir. Son cœur battait si vite que la jeune fille pensait qu'il allait lâcher à n'importe quel moment. Son esprit occulta les bruits des combats tout autour d'elle, et se centra uniquement sur son père. Elle ne le laisserait pas tomber. Jamais.

— Tenez bon, je vais essayer de vous trouver un abri.

— Laisse-moi, articula-t-il. Emmène autant d'Uzumaki que possible à la plage et prenez un bateau en direction du Pays du Feu. Les Wasabi sont trop nombreux, et Ayato n'arrêtera que lorsqu'il aura mis Uzushio à feu et à sang. Si nous restons ici, le clan tout entier court à sa perte.

— Ne dites pas n'importe quoi ! Il est hors de question que je vous laisse en arrière ! s'écria l'héritière. Une fois que vous serez hors de danger, je partirai à la recherche de mère, et ensemble, nous trouverons une solution !

Forte d'une détermination nouvelle, la jeune fille parcourait les alentours du regard. En l'espace de quelques minutes, les affrontements à l'entrée s'étaient répandus à travers tout le village. Les échos métalliques des katanas et des kunaïs résonnaient dans les rues tandis que des cris de rage et de désespoir retentissaient au milieu de tout ce chaos. Pour ne rien arranger, l'incendie de la forêt venait d'atteindre Uzushio, et le feu, ce dieu destructeur, ravageait tout sur son passage.

— Mito… commença Zenji.

— Ah ! Princesse ! Vous voilà enfin ! l'interrompit une voix suffisamment forte pour parvenir aux oreilles des deux Uzumaki.

Le père reconnut sans peine ce timbre mordant, et fusilla du regard son propriétaire tandis qu'il pestait contre le poison dans ses veines, ce qui l'empêchait de s'emparer d'un kunaï pour exécuter ce gamin insolent.

La jeune fille ne put que deviner l'identité de ce mystérieux garçon face à elle. Sans doute pas plus âgé de vingt ans, ce dernier arborait de courts cheveux violet sombre qui tranchaient sur sa peau pâle. Son regard d'acier transpirait l'arrogance, et l'arc dans son dos manifestait de son appartenance aux Wasabi.

Les muscles bandés et les sourcils froncés, l'héritière dégaina un kunaï, prête à défendre la vie de son père.

— Ayato-san, je suppose ?

— En chair et en os ! Je suis flatté que vous vous souveniez de mon nom !

— Comment oublier un homme capable d'annuler un accord de paix pour un vulgaire mariage ?

Le sourire du Wasabi se déforma en une grimace de colère tandis qu'il s'approchait du duo face à lui. Mito releva son arme, un air féroce sur le visage.

— Pas un pas de plus !

— Un « vulgaire mariage » ? releva Ayato sans prêter attention à sa mise en garde. Vous ne comprenez pas, princesse. Notre alliance ne peut être que bénéfique ! Avec nos puissances respectives, nous pourrions rivaliser avec les Grandes Nations ! Nous pourrions les dominer, les plier à notre volonté grâce aux sceaux des Uzumaki et aux flèches des Wasabi ! Ne trouvez-vous pas cela formidable ?

— Vous êtes complètement fou… souffla l'héritière.

Perdu dans ses rêves de grandeur, le chef Wasabi ramena sur elle un regard lourd de menaces. J'aurai dû me taire, songea Mito alors qu'elle reculait et tentait de s'éloigner de ce malade autant que possible. La jeune fille jeta un bref coup d'œil derrière elle. La plage ne se trouvait pas très loin… Si elle parvenait à fausser compagnie à ce malade, alors peut-être aurait-elle une chance de protéger son paternel.

— Je surveillerai mes paroles à votre place, répondit-il, venimeux. D'autres que vous pourraient en pâtir.

Ayato effectua un signe de la main puis se déplaça de deux pas sur le côté. Peu à peu, la silhouette d'une kunoichi Wasabi se dessina dans l'obscurité. Vêtue de noir, la jeune femme portait un masque qui cachait la quasi-totalité de son visage. Seuls ses yeux d'un bleu vibrant restaient visibles. La fille Uzumaki remarqua alors qu'elle agrippait quelque chose de sa main gauche… Mito blêmit en reconnaissant des mèches de cheveux d'un rouge flamboyant dans la paume du ninja.

— Mère ! cria-t-elle. Relâchez-la immédiatement !

Plus la kunoichi se dévoilait, plus la jeune fille constatait avec horreur les blessures de Tomoyo. Des ecchymoses s'étendaient sur ses bras et son visage, et un filet de sang s'échappait de ses lèvres. Une colère sourde s'empara de tout son être. Sa rage, semblable à de la lave en fusion, parcourait ses veines, et si l'héritière ne devait pas s'assurer de la sécurité de son père, elle aurait déjà sauté à la gorge du leader des Wasabi.

— Voilà le deal, princesse, reprit Ayato avec un sourire mauvais. Vous m'épousez et vos parents gardent la vie sauve. Qu'est-ce que vous en dites ?

L'intéressée grinça des dents pour toute réponse. Le souffle court et le coeur au bord des lèvres, elle sentait la panique prendre le pied sur sa colère. Que faire ? Cette question tournait en boucle dans son esprit. Devrait-elle se rendre ? Battre en retraite ? Elle ne pouvait pas abandonner sa mère ! De plus, Ayato possédait sans aucun doute l'antidote pour son père. Si Mito choisissait de sauver ses parents, elle condamnait tout le clan Uzumaki... A deux doigts de la crise de nerfs, la jeune fille ne remarqua pas le regard entendu que s'échangèrent Zenji et Tomoyo pendant quelques secondes.

— Si vous ne répondez pas, princesse, je vais prendre ça comme un refus.

— Non ! Attendez ! s'exclama-t-elle en voyant la kunoichi approcher son katana de sa prisonnière. Je...

Soudain, la mère Uzumaki, qui s'agitait depuis quelques temps sans pourtant éveiller les soupçons, sortit un kunaï de sa manche. Sous la surprise, la Wasabi derrière ne parvint pas éviter la lame qui se planta dans son avant-bras. Un cri de douleur lui échappa tandis que Tomoyo se relevait péniblement, l'arme à la main.

— Partez ! dit-elle à l'intention de Mito et Zenji. Je vais les retenir !

— En voilà un acte héroïque, commenta Ayato, sarcastique en bandant son arc. Dommage, ce sera le dernier de votre vie.

L'héritière regarda la scène se dérouler au ralenti. Les deux Wasabi encadraient Tomoyo, et même si la kunoichi était blessée, elle pouvait toujours attaquer. La peur au ventre, Mito ne réfléchit pas. Sans crier gare, elle lança son seul kunaï vers l'homme aux cheveux violets. La lame se logea dans son omoplate, l'obligeant à lâcher son arc et la flèche. Ayato grogna sous la douleur puis se retourna vers la jeune Uzumaki.

— Vous n'auriez pas dû faire ça, princesse, gronda-t-il, en avançant d'un pas. Et dire que je ne voulais pas abîmer un aussi joli visage que le vôtre...

Dorénavant sans moyen pour se défendre, Mito se plaça devant son paternel, prête à encaisser les coups à sa place. L'état de ce dernier semblait d'ailleurs s'aggraver puisque ses bras ne bougeaient plus. Pourtant, à sa grande surprise, Ayato ne s'approcha pas plus. Le jeune chef paraissait tout aussi perturbé, car il essaya en vain de se dégager.

Mito comprit ce qu'il se tramait quand elle aperçut des petits tatouages rouges s'étendre sur le corps du Wasabi. Un sceau paralysant ! Mais comment ? La réponse lui apparut bien vite lorsque Tomoyo s'effondra, vidée de son chakra.

— Mère ! hurla la jeune fille.

— F... Fuyez... murmura cette dernière, au bord de l'évanouissement.

— Hors de question !

La gorge sèche et les yeux irrités à cause du feu qui se propageait, la fille Uzumaki ne parvenait même pas à pleurer. Elle fit un pas en avant, mais Zenji l'empêcha d'aller plus loin avec sa jambe.

— Père ? Mais qu'est-ce que vous faites ? Il faut sauver mère !

Une poutre noircie par le brasier tomba alors juste devant eux et leur barra la route. Un hurlement franchit les lèvres de la jeune fille. La gorge serrée, elle s'avança d'un pas. La peur lui tiraillait le ventre tandis qu'elle essayait d'apercevoir la silhouette de sa mère à travers les langues enflammées. Son rythme s'accélérait de plus en plus pendant que son esprit s'occupait à imaginer le pire.

Une immense vague de soulagement la traversa lorsque la chevelure ardente de Tomoyo apparut dans son champ de vision. L'héritière voulut l'appeler, l'aider à braver l'incendie… Cependant, libérés du sceau les deux Wasabi s'emparèrent de l'Uzumaki inconsciente sous les yeux de Mito.

— Ne la touchez pas !

Un sourire arrogant sur le visage, Ayato lui répondit.

— Nous nous reverrons, princesse.

Sur ces mots, lui et la kunoichi disparurent dans un nuage de fumée, ne laissant que haine et souffrance derrière eux.

Mito serra les poings alors que le goût amer de la défaite emplissait sa bouche. Elle aida son père à se relever alors qu'elle se jurait de secourir sa mère à n'importe quel prix.

Les flammes dansèrent dans son regard, animé d'une émotion nouvelle qui lui restait inconnue jusqu'ici.

La haine.

— Après ces événements, les Uzumaki se réunirent sur la plage. Beaucoup d'entre nous arboraient des blessures graves ou même des brûlures. La traversée s'avéra très difficile pour eux, et certains n'y survécurent pas. Notre bateau s'échoua ensuite ici-même à cause d'une violente tempête… Cette nuit-là, nous avons tous perdu quelque chose. Un foyer. Des amis. De la famille. Mais, nous nous battrons et nous résisterons. C'est ainsi que le clan Uzumaki a toujours fonctionné, acheva Mito, le regard brillant.

Seul le silence accueillit la fin de son récit. Eirin ne pouvait que comprendre l'enfer que cette jeune fille et tous les siens avaient traversé. La Sayuki posa une main compatissante sur l'épaule de la rousse.

— Nous allons vous aider, annonça-t-elle avant de se tourner vers l'Uchiha et le Senju qui l'accompagnait. Tobirama-kun, Daiki-san, accompagnez les survivants jusqu'au village, je me charge du reste.

Comme elle s'y attendait, Tobirama marqua son désaccord.

— Et la rencontre avec le daimyō ? Tu oublies qu'il s'agit de notre mission, et la mission…

— …passe toujours avant le reste, je sais. Mais nous ne pouvons pas abandonner ces pauvres gens à leur sort si nous voulons prétendre créer un village de paix !

Elle s'approcha.

— Retournez auprès de Madara et Hashirama, expliquez-leur la situation. Ils comprendront, j'en suis sûre.

Elle planta son regard dans celui de l'albinos. Eirin savait que l'idée ne l'enchantait guère, mais elle ne pouvait pas laisser tant de blessés derrière elle. Pas après ce qu'ils avaient vécu.

Un éclat déterminé illumina alors ses iris dorés.

— Quant au daimyō, faites-moi confiance. Je m'occuperai de lui moi-même.


Hello ! Voilà donc la fin du flashback de Mito ! J'espère que ça vous aura plu en tout cas ! N'hésitez vraiment pas à laisser une review s'il vous plaît, écrire cette histoire me prend beaucoup de temps et quand je vois que je n'ai quasi pas de retour c'est un peu démoralisant ^^". N'oubliez jamais qu'une review = un auteur sauvé de la déprime !

Le prochain chapitre arrivera bientôt, vu que je suis en vacances maintenant ! Je vous dis donc à la prochaine :).

Lawkyrie pour vous servir