Chapitre 37 : Eaux contaminées

Finalement, ils étaient enfin partis de l'île des hommes poissons. Emiliae avait tenté de prévenir son empereur, mais ce dernier comprenait-il vraiment les enjeux de tout cela ? Ca l'inquiétait. Et Rebena… Cela devait faire au moins deux ans qu'elle n'y était pas retournée… Cette ile figée par le temps et la pluie, bourrée de ces pirates au bout du rouleau souhaitant en finir. Elle refusait d'être comme ces fantômes, prisonniers de leurs tourmentes et convaincus de leur fins. Ce mouroir ne lui était pas destiné !

- Emiliae ? Tout va bien ? Demanda alors Franz qui la voyait ronger du noir.

- Pourquoi ça n'irait pas ?

- Tu as une mine terrible. Est-ce que quelque chose de mal serrait arrivé avec Carl Snow ?

Elle soupira.

- Ce que tout le monde pense est vrai. Je l'ai trouvé vieux et au bout du chemin. Franz, sois franc avec moi s'il te plait, des fois, tu ne te dis pas qu'il serait mieux d'aller voir ailleurs ?

- Tu veux quitter l'équipage de Carl Snow ? Mais voyons…

- Oui je sais, nous lui sommes si reconnaissants de nous avoir accueillis sans poser de questions et de nous avoir fait confiance… Mais nous sommes sur le déclin. Un empereur qui n'a plus d'ambition ne sert plus à rien. Il n'a plus la carrure nécessaire pour intimider le monde, même pour la marine, il n'est plus une menace, sa prime a énormément baissé depuis ces quelques années. Elle n'est qu'à 500 millions ! Alors que celle de Big Mum est cinq fois plus élevée. Parfois, je me dis que les choses seraient plus trépidantes si on avait un empereur plus déterminé.

- Mais d'un autre coté, qui nous procurerait autant de liberté et de sécurité ? Voyager dans son ombre est un avantage considérable.

- Mais il faut se rendre à l'évidence. De tous les commandants de Carl Snow, c'est nous qui avons le plus de territoire et le plus de renommée. La plupart nous suivent les yeux fermés. Lorsqu'il y a un problème de taille, ce n'est plus vers Carl Snow qu'ils se tournent, mais vers nous. Et puis, des fois, je me demande si cette protection est encore nécessaire, nous sommes suffisamment puissant pour affronter le monde, sans pour autant dépendre entièrement d'un empereur.

- Mais si nous les quittons…

- Il pourrait y avoir une guerre. Et nos territoires pourraient en pâtir. Et puis ce n'est vraiment pas le moment avec ce qui se passe à Marineford.

- Emiliae, si tu es vraiment certaine de toi, je t'aiderai. Tu n'as qu'un mot à dire.

- Cela pourrait être un coup de fatigue… Rebena a le don de ramollir n'importe qui… Attendons avant de donner un jugement définitif…

C'est alors que les alarmes retentirent. Brighella ouvrit la porte avec dans les bras des masques à gaz.

- Mais que se passe-t-il ?! s'exclama-t-elle. Pourquoi avoir déclenché l'alarme ?!

- On passe à côté d'une zone contaminée. Tous les poissons sont morts !

- Mais que me chantes-tu là ?!

- C'est Cassandre qui a donné cet ordre. Apparemment, sur une ile proche qui n'est pas pointé par notre éternalpose, quelque chose de très toxique aurait explosé. Il va nous falloir trois jours pour atteindre la première étape de ravitaillement, à Ryujin. Mais pour le moment, on doit porter ces masques jusqu'à ce qu'on ait quitté la zone. Cassandre demande à ce que les cadres viennent immédiatement dans la salle de réunion, c'est une urgence.

Toutes les personnes importantes avaient été convoquées, y compris Dofflamingo. Sur la table de réunion, il y avait un plateau dans lequel reposait un poisson mort au teint violâtre. Cassandre expliqua qu'en analysant le cadavre du dit poisson avec BetA ils avaient pu isoler plusieurs composants chimiques dévastateurs pouvant être corrosifs pour l'homme et l'environnement, de plus, l'ajout de la substance J-23 qui était un draineur de force maximisait les chances d'une extermination totale.

- Mais du coup, vu que nous sommes à une demi-journée de cette ile et que même les poissons de cette zone ont été décimés, peut-on supposer que l'épicentre de la propagation soit encore très dense ? Et donc invivable pour l'homme ? Demanda alors Il Doctore.

- C'est très probable. Répondit BetA.

- Mais… Fit Matamore. Et ma nourriture ?!

- A moins que l'estomac félin regorge de quelques substances purificatrices, je déconseillerai fortement la consommation de tels aliments.

- Noooooon ! fit alors Matamore. Ne me dites pas qu'on va devoir rationner ?!

- J'en ai bien peur. Fit alors Cassandre.

- Arrrrgh !

Emiliae l'écoutait, amusée. Une bombe ou je ne sais quoi avait explosé sur une ile que ne pointait pas leurs instruments, tuant probablement tout le monde et lui, il ne pensait qu'à tous ces poissons morts qui ne finiraient pas dans son assiette…

- Joker…

- Oui ?

- Tu as forcément du passer par ici pour rejoindre l'île des hommes poissons. Et tu n'es pas du genre à t'encombrer de masque à gaz. Est-ce que tu as fait un détour pour éviter cette ile ?

- Fufufu… Pas que je sache. L'île était encore verdoyante il y a une semaine quand je suis passé.

Donc c'était récent.

- Deux hypothèses s'offrent à nous : soit cette île a été balayée par ce gaz pour un test ou pour éradiquer de potentiels ennemis, soit c'est une base scientifique qui a mal tourné. Tu dois bien connaitre la réponse, n'est-ce pas ? Fit-elle toujours en regardant le flamand Rose.

- Parce que je suis shishibukai ?

- Parce que tu es queue et chemise avec le gouvernement mondial.

Voilà, c'était dit. Suite à ça, il partit dans un grand éclat de rire qui fit tressaillir les autres personnes tant il paraissait maléfique sur l'instant, pour ne pas dire que c'était une habitude. Et il se calma. Emiliae ne fit aucun geste alors que des fils invisibles semblait lui tourner autour, la frôler, la jauger. Au bout d'un moment, elle eut marre et en saisit un à pleine main et commença à faire des nœuds avec. Ca donnait une grosse boule translucide inutile et coupante comme du verre. Bref, elle la posa sur la table avec nonchalance sous le regard d'un groupe religieusement silencieux, accrochés à ses gestes comme à une bouée de sauvetage.

- Alors ?

- Fufufu, tu as raison. Cet endroit était un laboratoire scientifique. Mais pas seulement. C'était un des laboratoires de Végapunk, un endroit où ils fabriquaient des armes chimiques pour le compte du gouvernement mondial. L'endroit à du exploser suite à une erreur de manipulation, mais fufufu, il aurait été amusant si cette erreur avait été préméditée. Fufufu.

Il ne croyait pas si bien dire…

- Comment s'appelle cette ile ?

- Tu veux vraiment le savoir ? Cet endroit est interdit d'accès tu sais ? Même aux corsaires.

- Hmm… Mais y a-t-il vraiment encore des gens capable de surveiller nos allées et venues ? Si cet endroit est vraiment un des laboratoires de Végapunk, alors il pourrait être une mine d'or pour nous. Il doit bien rester quelque part des dossiers confidentiels qu'ils n'auraient pas eu le temps d'emporter dans la panique, ou mieux, des scientifiques laissés pour mort…

- Je vois que tu as de la suite dans les idées. Très bien, je vais te le dire, fufufu… Ce lieu se nomme…Punk Hasard. Termina t'il fier de son petit effet.

- Ah…Oui, c'est logique.

L'effet tombait à l'eau…

- Bon, je propose qu'on inspecte les lieux avant de repartir. Combien a-t-on de combinaisons ?

- Pas beaucoup. Répondit BetA. Je n'ai apporté que mes trois combinaisons de rechange. A trois on ne serait pas nombreux pour fouiller les débris, mais avec P-1 on serait plus efficace et il tolère bien la corrosion.

- Je n'ai pas besoin de cette combi, fit alors Cassandre. Mon corps résiste assez bien aux poissons et s'adapte vite.

- Je viens également ! fit-il Doctore. Si jamais il y a des survivants à aider…

Emiliae soupira, ils étaient des pirates, pas de bons samaritains. Elle se tourna alors vers Franz et lui demanda :

- Tu veux te dégourdir les jambes ?

L'île était dans un très mauvais état… Pas un brin d'herbe mais des cadavres d'humains mélangés à ceux des animaux trainaient çà et là sous des couches morbides de poussière et autres moisissures. Cassandre semblait aux anges. Elle ramassait toutes les choses bizarres qui trainaient devant la lassitude et le dégout général.

Quelques minutes plus tôt, ils avaient franchis un portail macabre strié de marques jaunes et noir avec le signe danger et le sigle du gouvernement mondial. Au-dessus de leurs têtes s'était élevé un triomphant « punk hasard ». Après avoir franchi ce portail à la peinture métallique qui tranchait avec l'ambiance générale, ils se retrouvèrent au sein d'une ville morte, emportée par le poison : une terre stérile.

- Vu l'architecture des bâtiments, fit Franz, je dirais que ce fut des structures gouvernementales. Peut-être aurait-on un début de réponse en fouillant ici ?

Mais ce fut peine perdue. Le gaz avait détruit tout dossier ou document compromettant qu'ils auraient été tentés de découvrir…Et c'était faute d'avoir essayé. Mais en cherchant partout autour d'eux, ils comprirent cependant une chose : ces installations n'étaient pas le laboratoire à proprement parler. Il devait être ailleurs.

- Eh…Vous sentez pas une drôle de présence ? Fit alors Cassandre.

Ca faisait bien une heure qu'ils tournaient en rond dans cette ville…Mais ce ne fut qu'au moment où un rideau de flammes s'abattit sur eux qu'ils ne s'en rendirent compte.

- Attention !

- P-1, le rayon ! s'écria alors BetA

- Ennemi localisé, cible verrouillé…décompte…

- Plus vite voyons !

- Décompte achevé. Feu.

P-1 lança un rayon qui trancha les flammes et dévoila…Un dragon.

- Non mais dites-moi que je rêve ? Souffla Emiliae alors que l'immense reptile les toisait.

- Apparemment pas. Lui répondit Franz. Fuyons !

Pendant ce temps, Sergio et sa bande de mousquetaire rouges arrivèrent enfin à Dressrosa après un long voyage… Ils se rendirent immédiatement à Primula faire leur rapport, tout en omettant l'épisode « Emiliae ». Une fois sortis et soulagés, chacun décida de se séparer pour rentrer voir leur famille. Lui, il voulait bien, mais il n'avait plus personne…Sa seule et unique sœur ayant quitté Dressrosa pour toujours et refusant de s'expliquer…Et en plus maintenant, elle se faisait appeler Cassandre…

Il retourna au manoir Cornelli, cette vieille et imposante bâtisse de pierre dans laquelle on l'avait forcé à élire domicile. L'un des majordomes l'invitait, ou plutôt le forçait à se joindre au repas du maitre des lieux, comme s'il en avait envie… Ces derniers temps, même le doyen ne sortait plus de sa chambre, son état devait s'être dégradé.

Du coup, il n'avait pour seul compagnie que Lorenzo et manger avec lui relevait plus du calvaire que du plaisir. Au moindre bruit de fourchette ou mastication un peu trop prononcée, il était certain de se prendre un couteau en pleine tête. Heureusement pour lui, rien de funeste ne se passa et il quitta la pièce sans encombre… Mais c'est alors qu'on l'attrapa par le bras et qu'on le plaqua contre un mur. Il tentait en vain de se dégager, trop faible mais menaça tout de même de crier au secours. Sans comprendre comment, il se fit trainer jusque dans une pièce et asseoir sur une chaise de force. Ce n'est qu'au moment où son mystérieux agresseur s'assit en face de lui qu'il déglutit.

- T-Toi ?!

Et oui, Orso Cornelli était de retour, motivé et voulant à tout prix connaitre la vérité.

- Oui, moi.

- Que…Qu'est-ce que tu me veux ?!

- Eh bien, j'ai pensé à de nombreuses manières de t'aborder, j'ai réfléchi pendant longtemps tu sais… Et puis je me suis dit que comme tu étais le Cornelli le plus peureux de cette île, si je voulais connaitre la totalité de l'histoire, il me faudrait te secouer comme un prunier.

Sergio écarquillait les yeux. Que-Quoi ? Il avait du mal à imaginer l'Orso Cornelli, le légendaire flemmard qui donnerait tout pour dormir quelques heures de plus par journée, le kidnapper et lui faire des menaces et encore moins, avec ces yeux-là !

- Vas-y, parles. Racontes moi tout ! Comment tu es arrivé à connaitre Emiliae et sa vie à Dressrosa. Tout, jusqu'à ce fameux jour.

Il blêmit considérablement. Il..il n'avait pas le droit !

- Mais…On va me tuer si je parle !

Sergio sentit le déclic d'un révolver assez puissant.

- Je n'ai pas vraiment le temps de prendre des gants avec toi. Si tu ne te mets pas à parler dans trois secondes, je vais te faire un trou quelque part dans ton crane. Alors… 1…

- On …peut toujours discuter !

- 2…

- Tout sauf ça !

- 3.

- D'ACCORD ! JE VAIS PARLER ! MAIS PAR PITIE POSES CE FLINGUE !

Satisfait, il posa l'arme non chargé à côté de lui et écouta. Tout ça risquait de prendre du temps. Comment allait-il rattraper ses heures de sommeil ?

A suivre…