Attention : L'extrait que vous allez avoir dès le début de l'épisode appartient à Phèdre de Racine. Non mais vraiment, c'est pas à moi !
Lecturaddict : Dévoré tout mes chapitres ? *rougit* ça te plait beaucoup ? *complètement pivoine* Olala merci à toi ! Quant à la réplique de Sanji/Kuroashi dont tu parles, j'y ai aussi pensé au départ mais il n'y avait aucun sens caché, je te l'assure. J'ai douté puis finalement, ne voulant pas faire du mal à ce petit oiseau bien que fictif, j'ai préféré réfléchir à un autre stratagème [la vérité ? ça collait pas avec ce que j'avais prévu puisque Kuroashi ne veut rien devoir à personne].
Bien sur ce, je vous laisse avec l'épisode !
Épisode 31
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« Crois moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
Voilà mon cœur : c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au−devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête moi ton épée »
Elle laissa échapper la carte entre ses doigts et elle échoua sur le bureau. Ses yeux ne la quittaient pas. Son autre main posée sur le bouquet, elle avait tout de suite su qui était l'anonyme envoyeur.
Après son face à face avec Kuroashi, la jeune femme avait passé toute une journée dans l'hôtel où le Gouvernement la faisait loger. Elle n'avait pas eu la motivation de retourner dans le poste de police. Ce n'était que ce matin qu'elle avait eu le courage de revenir et, à l'accueil, ce bouquet accompagné de ce mot l'attendait. L'hôtesse d'accueil l'avait informé qu'elle ne l'avait reçu qu'il y avait de cela dix minutes. Aucun nom d'expéditeur à part celui d'un fleuriste dans une ville à trois heures de là.
Elle se repassait en boucle ce qu'il avait osé lui dire.
Il lui manquait quelque chose dans cette déclaration.
Elle ne pouvait pas y croire. C'était impossible. Il venait de lui retirer sa motivation, ses convictions.
A présent, les questions se bousculaient. Celles qui n'avaient pas lieu d'exister. Elle avait très peur de le revoir. Ce Kuroashi blanc et l'autre, noire, ne faisait qu'un au final et elle s'était toujours demandé sur quel point ces deux facettes se rejoignaient et au final, la réponse, c'était l'Amour ? Et alors quoi ?
Comment pouvait-il la mettre dans une situation pareille ? Il osait lui demander de se trouver l'homme de sa vie pour qu'il tire un trait mais elle lui avait déjà dit qu'à cause de lui, elle ne pouvait pas se consacrer à sa vie amoureuse.
Et maintenant, voilà que sa vie privée et sa vie professionnelle se rejoignait. Elle ne s'en était jamais rendu compte.
Quand elle repensait à ce qui s'était passé au restaurant… Déjà à cet instant, il avait eu conscience d'être épris d'elle ?
Et ce quiproquo affreux, sa gêne, sa soudaine distance, son insistance. Sa peur.
Est-ce que tout cela pouvait être vrai ?
Peut-être n'était-ce que manipulation de sa part…
Pourquoi est-ce que cette possibilité la rendait aussi malheureuse ?
― Inspecteur ?
Elle releva les yeux vers ses deux subordonnés et reprit la carte en main. Elle se souvint à temps qu'elle avait demandé à Koby de venir la voir. Hermep par contre… Bon, elle n'allait rien demandé de personnel.
― Je t'ai fait appeler pour savoir d'où provenait cette citation.
Elle n'avait pas l'envie de faire les recherches, ni même de savoir d'où cela venait mais, en tant qu'Inspectrice, elle devait en avoir le cœur net.
L'élève-lieutenant dut relire trois fois la carte pour être certain.
― C'est un très court extrait de Phèdre écrit par Racine. Une pièce de théâtre qui fut très prisée par les établissements scolaires. C'est un passage très important de la pièce où Phèdre déclare son amour interdit à Hippolyte qui est le fils de son mari Thésée. C'est une magnifique pièce qui finit malheureusement très mal.
― Oh…
Elle reprit la carte et la lue une énième fois avant de la ranger dans son carnet.
― Cela aurait un rapport avec Icare ? s'enquit-elle.
― Non bien que les deux histoires fassent parties de la mythologie grecque, expliqua Koby. La plupart des mythes grecs finissent de manière tragique.
Dorobo retourna la carte et écarta d'elle le bouquet. Pour avoir une sœur très fleur bleu qui aimait beaucoup radoter sur la signification des fleurs et de leurs couleurs, elle arrivait à comprendre le message. Des roses jaunes pour le pardon. Du rouge pour une passion enflammé. Du violet pour signifier la profondeur des sentiments et pour lui rappeler qu'il pensait à elle. Elle réussit à voir des œillets blancs, symbole de fidélité.
Elle en était certaine, il ne les avait pas choisi par hasard. Et elle avait encore plus mal.
Elle effleura un des œillets, ses secondes fleurs préférées. Elle avait remarqué l'unique tournesol du bouquet, bien caché.
Sa signification était, elle aussi, très claire : tu es mon soleil, je ne vois que toi.
Cette fleur était sa préférée. Elle en venait à se demander s'il le savait. Sans doute oui…
― Merci Koby. Hermep, tu avais quelque chose à me dire ?
Le jeune officier eut un sursaut.
― La perruche de Doflamingo a disparu et un tiroir d'un coffre-fort à été visité.
― Et alors ?
Le ton agressif de son supérieur lui fit redouter le pire néanmoins il poursuivit.
― Et bien… Compte tenu du fait que Kuroashi s'est déjà attaqué à Doflamingo par le passé. On peut penser que c'est un nouvel essai.
Nami leva les yeux au plafond, excédée.
― Peut-être. L'équipe sur place a-t-elle trouvé des preuves ?
― C'est vrai que nous n'avons pas trouvé son habituelle radio mais un homme de Doflamingo a interrompu un voleur alors cette piste ne peut être écartée.
Elle se souvint d'un détail non négligeable. La jeune femme ne les avait pas prévenus que le Prince avait tenté de la tuer en envoyant la bombe.
Depuis quelques temps, elle ne les mettait pas systématiquement au courant de ce qui se passait. Au vue de la tournure que prenait l'affaire, elle se disait qu'il valait mieux les laisser dans l'ignorance encore un peu.
― C'est une possibilité. Bravo à vous deux. Laissez-moi à présent.
Juste le temps de régler cette histoire entre Kuroashi et elle. Nami était certaine que si elle leur disait tout, elle allait au-devant de gros ennuis.
Elle ne savait plus trop où elle en était. Kuroashi avait beau lui dire de faire comme si rien ne s'était passé… Comment oublier ce regard, ces paroles et maintenant ce mot ?
La fonctionnaire se leva et se planta devant sa fenêtre, son regard se perdant dans le ciel d'un bleu uni. Ces souvenirs lui revenaient sans cesse et prenaient une autre tournure. Une autre signification. Par exemple, cette fois où il avait failli l'embrasser chez Doflamingo, provocation ou preuve de son affection pour elle ?
Son affection… Maintenant, elle comprenait pourquoi il avait mal compris. Son désarroi. Sa déception. Sa colère et son angoisse quand elle risquait sa vie.
Elle devait le voir. En savoir plus.
Nami posa son front et sa main sur la vitre froide. Elle ferma les yeux pour refouler ses larmes. Une part d'elle espérait que le numéro ne soit plus attribué.
Elle devait essayer.
Kuroashi… Je te déteste.
\~/
― Vous allez finir par vous torturez l'esprit et tout cela pour quoi au final ? Pour avoir le plaisir de décrypter un mystère qui ne valait peut-être pas, à vos yeux, toute cette peine ? Allez-vous être réellement satisfaite lorsque la vérité va éclater ? N'allez-vous pas vous sentir plutôt déçue ? Ou au contraire, vous nierez tout en bloc et préférez effacer de votre mémoire votre découverte ? Au fond, c'est surement mieux de le voir comme un simple objet de votre haine, il ne s'en soucie guère. C'est votre changement de comportement qui pourrait l'amener à tout modifier à votre égard.
[…]
― C'est irrémédiablement tragique, comme plus de la moitié des histoires de la mythologie grecque. C'est plus une mise en garde contre l'orgueil. Quand on la connait, il est facile de faire un amalgame.
― De quel genre ?
― Je me suis brûlé.
[…]
― Si seulement… Si seulement cela pouvait être ça, croyez-moi, je ne serais pas en train de me torturer comme je le fais depuis un mois.
[…]
― Et vous n'êtes pas fâchée ? C'est vraiment réciproque ?
\~/
Bye bye déjà
Partir c'est un problème
Le temps fait tant de mal
À ceux qui s'aiment
Je t'ai suivi et tu m'as suivi
Tu étais mon ombre et moi j'étais la tienne
On se sépare mais quelque part,
J'emporte un souvenir avec ma peine
Une larme roula sur sa joue. Elle la laissa retomber, son regard sur le dictaphone d'où provenait la chanson. Encore une autre signification qui s'ajoutait aux autres. Elle se remémora une énième fois des paroles du Paladin des Mers.
« Pour avoir le plaisir de décrypter un mystère qui ne valait peut-être pas, à vos yeux, toute cette peine ? Allez-vous être réellement satisfaite lorsque la vérité va éclater ? N'allez-vous pas vous sentir plutôt déçue ? Ou au contraire, vous nierez tout en bloc et préférez effacer de votre mémoire votre découverte ? »
Ces questions revenaient sans cesse dans ses pensées. Elle se sentait perdue. Plus elle y pensait, plus ce numéro de téléphone semblait la narguer.
Elle le revoyait encore à ce bal, si près d'elle. Dans la Banque au Groenland, il l'avait serré dans ses bras pour la rassurer, la protéger.
Profiter de cet instant pour simplement être auprès d'elle et avoir l'impression qu'elle pouvait s'intéresser à lui. Il s'était ensuite raisonné et l'avait écarté de lui.
Les larmes la gagnaient rien qu'en y songeant. Nami se souvenait de tous ces appels qu'elle avait passé pour des informations, des services. Il ne pouvait pas lui avoir mentit. A moins que tout ceci ne soit qu'un plan qui aurait pour but de l'attendrir et de jouer sur sa corde sensible. Le connaissant, il était tout à fait possible qu'il agisse ainsi. Si c'était le cas c'était cruel.
C'était décidé, elle lui enverrait un message. Ce qu'elle fit. Concis et ambigüe, il ne pourra pas le considérer comme une réponse. S'il n'y répondait pas, elle ira à sa rencontre elle-même.
S'assurant que le message était bien envoyé, elle jeta son mobile dans le tiroir et le referma après s'être assise. La tête enfouit dans ses bras croisés, front contre son bureau, elle ferma les yeux une bonne fois pour toute et espéra trouver le sommeil après la nuit blanche qu'elle traînait derrière elle.
La musique retentissait encore dans la pièce comme une douce berceuse quand elle s'endormit.
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Kuroashi ne savait plus quoi faire. Il avait décidé de ne pas se prendre la tête plus longtemps et était sorti en repérage. Normalement, c'était Chopper qui y allait, coiffé d'une casquette où Franky avait installé une caméra. Mais cette fois-ci, Sanji avait décidé d'y aller lui-même pour penser à autre chose.
Ce message lui avait coûté une nuit d'insomnie et il n'y avait pas répondu. Tant pis, il ne voulait pas y penser davantage au risque de se coltiner une deuxième nuit blanche.
Seconde et dernière raison pour laquelle il n'avait pas voulu que Chopper y aille : c'était un casino et la distance. Certes, le casino de Doflamingo était à quelques kilomètres de la ville où se trouvait l'une de celles de Jinbei mais il ne voulait pas que Chopper se fasse avoir par la police. Malin, le Prince s'était installé près du poste de police de la ville.
Habillé en livreur, Kuroashi rajusta son sac et passa la grille après avoir montré le bon de commande aux vigiles à l'entrée. Une fois arrivé à la partie réservée au personnel, il dut attendre quelques minutes avant de pouvoir entrer dans la demeure. Rabattant sa casquette de manière à ce que son visage soit le moins visible possible. Encadré par trois hommes en costard noir, oreillette vissé à l'oreille et armes à feu accrochées à leur ceinture. Il fallut passer par deux couloirs avant d'atterrir dans les cuisines où le chef signa le bon et, d'un simple mouvement de tête, congédia le livreur qui se retrouva très vite dehors.
Tant qu'il avait ce qu'il voulait, il ne comptait pas résister ou fouiner davantage. Ses soupçons s'étaient confirmés après quelques jours de surveillance.
Pestant contre le manque de délicatesse des colosses, le jeune homme s'éloigna rapidement du casino de Joker en passant par les petites ruelles pour retrouver le véritable livreur qu'il avait endormi. Il conserva l'habit mais lui rendit le bon en lui faisant promettre de ne rien dire à personne en échange de 2 500 governs. A ce prix-là, le Déclaré provisoire ne voyait pas le souci. Le prix du silence était bien suffisant pour qu'il puisse vivre quelques mois avec cet argent.
Kuroashi se changea dans un placard de libre-service et repartit. Il espérait que ce qu'il avait pu filmer allait servir. Usopp pouvait faire des miracles quand il s'en donnait la peine et, depuis plus d'une semaine, il cherchait à oublier ses soucis sentimentaux en travaillant encore plus dur. Kuroashi en était ravi néanmoins Sanji avait quelques scrupules et s'en voulait de ne pas pouvoir l'aider. Il avait eu beau lui proposer de lui payer un billet aller/retour pour aller voir sa belle, Usopp avait catégoriquement refusé en prétextant qu'il ne voyait pas l'intérêt d'abandonner sa famille, ne serait-ce qu'une semaine. Sanji n'avait pas insisté et lui avait garanti qu'il pourrait lui en parler à l'envie même en pleine nuit.
Usopp devra juste faire face à sa mauvaise humeur dans ce cas-ci.
Le jeune homme eut un léger sourire en y repensant. Maintenant, il allait retourner chez lui, la nuit tombait avec lenteur et ses souvenirs remontaient. Impérissables.
Il ne savait qu'en penser à présent. Kuroashi était très mitigé et comptait ne plus la croiser. Néanmoins, son cœur délirant voulait la voir, lui parler, l'approcher, la toucher. C'était presque une folie frénétique. Le sangler était de plus en plus difficile mais grâce à son aveu, le fardeau était moins lourd. Peut-être en avait-il passé à Dorobo en lui déclarant son amour.
Tant qu'il savait ce qu'il devait faire, tout irait pour le mieux.
Il fit volte-face en entendant un claquement de porte dans son dos. Il fut troublé en identifiant le nouvel arrivant.
― D-Dorobo mais comment…
Puis il comprit, son visage se ferma.
― Vous m'avez pisté grâce au numéro.
― Ce n'était pas facile, surtout que tu as la bougeotte. Qu'est-ce que tu faisais chez Joker ?
― Ça ne vous regarde pas.
― Ah. Alors…
Elle fit quelques pas vers lui, repérant le mouvement de recul du cambrioleur. Elle avait vu le trouble dans ses prunelles, le léger tremblotement dans sa voix.
― Si ça, cela ne me regarde pas, tu peux m'expliquer ce qui s'est passé l'autre soir. Une de tes machinations pour que je te laisse partir ?
― C'est tout ce qu'il y a de plus sérieux.
― Ah oui ? Et comment est-ce que cela a pu arriver ? Parce que je te signale que tu m'as balancé ça comme un cheveu sur la soupe, qu'est-ce que tu croyais ?
― R-rien… Je voulais simplement…
Il se mordit la lèvre inférieure, perdu. Pourquoi est-ce que tout semblait simple et en même temps très compliqué dès qu'il la voyait ?
― Qu'est-ce que vous voulez au juste ?
― Des explications. Tu t'es enfui sans demander ton reste, sans me laisser le temps de comprendre. Des questions, j'en ai à revendre. J'aimerais au moins que tu m'expliques comment ça a pu arriver ?
Kuroashi resta interdit une longue minute, contemplant la belle rousse qui lui faisait face, arme à feu braquée sur lui. Cette arme était un détail complètement futile à ses yeux. D'ailleurs, ce que signifiaient les mots sur la carte le prouvait bien.
Une nouvelle étape avait été franchie, pour elle, il était prêt à mourir. Il y mettait certaines conditions mais le résultat était identique.
Il se jeta à l'eau, puisqu'elle avait l'air plus décidée à comprendre qu'à appeler des renforts.
― J'ai toujours courut les jupons, avoua Kuroashi sans honte. Rares étaient les fois où une femme me résistait car elle désirait la même chose que moi. C'était ainsi et j'étais satisfait de ne pas à avoir à m'attacher. C'était avant vous n'arrivez dans ma vie.
Petite pause, le temps de trouver les mots pour s'exprimer au mieux.
― Vous m'avez fasciné et, pour vous l'avoir dit, je ne comprenais en rien cette fascination. J'ai donc continué à vouloir enchaîner les conquêtes et un terrible constat s'est fait en moi, je n'étais plus apaisé. Cette sensation de satiété n'existait plus en moi. Petit à petit, j'ai cessé. Même la seule et unique femme que j'aimais voir après mes exactions ne me satisfaisait plus et pourtant, j'avais toujours pu vous oublier entre ses bras. Je ne saisissais toujours pas pour quelles raisons ce phénomène se produisait et s'aggravait. J'ai commis l'irréparable pour comprendre. Je me suis approché de vous. Depuis ce bal chez Joker, j'avais conscience que quelque chose n'allait pas.
Il eut un mince sourire. Dénué d'arrogance.
― Icare. Je me suis brûlé en m'approchant de l'interdit. Être près de vous me rendait si heureux et si triste. Ce paradoxe m'obligeait à encore m'approcher. De plus en plus. Jusqu'à ce que je comprenne alors que vous et moi étions chez Jinbei mais il était trop tard.
Ses yeux brillaient à cause des larmes contenues. Il se trouvait si pitoyable, lui qui était si fier voyait sa dignité partir en lambeau pour les beaux yeux d'une femme. Pas n'importe laquelle, celle qui avait juré sa perte. Il aurait tellement voulu qu'elle continue à le haïr sans chercher à savoir.
Mais la nature de l'homme est capricieuse, poussant à être curieux. Dorobo avait besoin de comprendre, il se plierait à sa volonté et lui dirait tout. Même si ça devait leur faire du mal, lui obéir avec l'espoir de la contenter balayait tout le reste.
― Un second constat finit de m'achever à cet instant : Je vous aimais depuis le début. Vous appartenir était devenu essentiel à ma vie et je ne pouvais le supporter. J'ai donc fuis –je sais si bien le faire– mais mes tourments n'ont pas cessé pour autant. J'avais mal, penser à vous était un supplice. Vous savoir avec un autre homme que moi me rendait fou de jalousie et d'envie. Jalousie de cet autre près de vous, envie de vous voir et de me pliez à votre volonté. De vous offrir mon corps, mon âme et mon cœur. Que vous me haïssez me fait souffrir, certes, mais au moins je ne me faisais pas d'illusions. Du moins je croyais. Cet espoir d'être à vous est encore là, au fond de moi. Mon amour a pris des propensions aussi importante que ma vengeance et même plus car à présent, à ma grande horreur, elle devient secondaire dès que vous êtes près de moi. Je ne peux pas pour autant me laisser capturer car j'ai d'autres obligations. Aussi je vous propose quelque chose qui devrait satisfaire tout le monde.
Il s'approcha jusqu'à ce que le canon de l'arme de Nami soit à moins d'un mètre de lui.
― Tirez et débarrassez-vous de moi. Nous aurons tous les deux perdus mais vous en ressortirez plus victorieuse que moi. Je ne peux pas mettre fin à mes jours, même pour vous, mais je peux me laisser faire si c'est ce que vous désirez.
L'Inspectrice resta bouche bée devant ce long monologue. Elle le voyait trembler de tous ses membres. Trembler de peur à l'idée de mourir ? Ou était-ce d'envie d'être encore plus près d'elle, jusqu'à la toucher ? Pourquoi désirer l'inaccessible le rendait aussi vulnérable ?
― As-tu envie de mourir ? demanda la jeune femme.
Elle se sentait stupide en posant cette question ! La fonctionnaire se serait bien giflée pour la peine mais elle n'avait rien trouvé d'autre de plus pertinent à dire. Il eut un étrange sourire amusé malgré lui par ces paroles.
― Au point où en est ma santé mentale, C'est un désir fou mais je tiens à ma vie. Même si elle est loin d'être parfaite, j'ai un mince espoir que ce dont je rêve puisse être une possibilité. Mais soyons réaliste…
Sa main empoigna le canon de l'arme, il s'approcha encore d'elle. Envoutée par ce regard hypnotique à cause de la confiance et de la tendresse qui y régnait, Nami resta paralysée. Puis elle remarqua qu'il était trop près d'elle toutefois elle n'eut pas le réflexe d'appuyer sur la gâchette.
― L'avenir auquel je pense n'a aucune chance de se réaliser n'est-ce pas ?
Elle resta immobile alors que leurs lèvres se scellèrent, la main de Kuroashi glissa sur la sienne qui, elle, tenait l'arme contre la poitrine du voleur. Ils avaient fermé les yeux par réflexe, comme s'il eut été possible d'apprécier cet instant. Elle avait seulement eu la présence d'esprit de poser sa main libre sur l'épaule du jeune homme, pour le repousser. Mais elle n'avait pas pu aller jusqu'au bout.
Ce moment était si doux, si… bon. Le monde avait cessé d'exister et de faire pression sur eux durant la durée du baiser –qui avait été relativement court. Kuroashi n'avait rien tenté de plus, sa main sur l'arme n'était pas là pour l'en empêcher.
Elle avait l'impression que ce n'était que de la provocation pour qu'elle tire. Pensait-il réellement qu'elle ne pouvait éprouver que de la haine envers lui ? Il avait si mal que ça à cette pensée ?
Ce genre de questions n'aurait pas dû s'imposer dans son esprit…
Un bruit la fit sursauter, rompant le baiser par la même occasion. Instinctivement, le cambrioleur fit un bond en arrière, n'ayant certainement pas envie que la fonctionnaire soit dans le pétrin et voit sa vie détruite par sa faute. Il lui adressa un sourire contrit.
― Vous préférez ne pas vous salir les mains du sang d'un criminel tel que moi. Je comprends. Néanmoins, pardonnez-moi d'avoir simplement désiré emporter avec moi le goût de vos lèvres une ultime fois bien que cela ne fera qu'alourdir mon fardeau. Je ne regrette rien.
Il recula encore, ce sourire plein de tendresse ne quittant pas ses lèvres. Des bruits de pas se firent entendre alors que la jeune femme s'apprêtait à répondre. Elle fit demi-tour et tomba sur ses subordonnés.
― Koby, Hermep… Comment m'avez-vous trouvé ?
―On a eu de la chance, Joker a signalé sa présence dans les environs alors la Commissaire Divisionnaire Tomoshibi nous a conseillé de faire un tour d'inspection pour voir la sécurité externe. Nous nous inquiétions pour vous, pourquoi être venue ici ?
― Heu… Et bien je…
Elle se tourna vers le cambrioleur puis se rendit compte qu'il avait disparu. Comme s'il n'avait été qu'un mirage, une fantaisie sortie tout droit de son esprit. Comme si leur conversation n'avait jamais existé.
― Comme Joker est redevenue la cible de Kuroashi, je pensais qu'il serait dans les parages. Je… pensais que je pourrais le débusquer cette fois. Pour l'instant, je fais chou blanc.
― Oh… Que faisons-nous maintenant ?
Que faire ? C'était bien la question qu'elle se posait. Ses doigts effleurant ses lèvres, elle tentait de calmer son cœur qui battait la chamade. Ce moment avait été si chargé en émotion. Maintenant, elle se rendait compte que les sentiments de Kuroashi étaient loin d'être feint.
Il lui avait tout expliqué, même la raison de ce message.
Elle reprit péniblement une respiration régulière, tapotant son cœur d'une main encore tremblante. Nami avait encore besoin de le voir.
C'était une certitude ancrée en elle. Leur discussion avait été avortée à cause de l'intervention des deux élèves-lieutenants. Elle n'avait pas eu le temps de formuler la moindre réponse, une fois encore. Ce qu'il venait de dire n'était pas ce qu'elle avait eu envie d'entendre. Elle ne s'était pas attendue à une explication aussi complète. Il avait dû y réfléchir des jours durant.
Mais ce baiser, ce goût fruité, sucré et très doux… La jeune fonctionnaire voyait Kuroashi sous un angle nouveau, neuf. Et elle ne savait pas comment réagir face à ce Kuroashi-là. C'était bien ce qui la perturbait, à en oublier sa haine envers lui.
D'ailleurs, c'était avec effarement que Nami notait qu'elle trouvait de moins en moins de raisons pour le haïr.
― Inspecteur ?
Elle se tourna une seconde fois vers ses subalternes, l'air désemparée.
― On va installer un périmètre de surveillance. Cela ne servira à rien vu qu'on ne risque pas d'avoir l'accord de Doflamingo et donc d'entrer dans son casino mais on devrait pouvoir attraper Kuroashi dès qu'il sortira.
C'était la seule chose à faire. Pourtant, elle restait déchirée entre son envie de le revoir, son devoir et sa crainte qu'une fois face-à-face, rien ne se passe comme elle l'espérait.
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à suivre...
Ce face-à-face est vraiment très... Je ne sais pas. J'ai dû mal à le qualifier. J'espère avoir réussi à transmettre les sentiments que je me suis échinée à décrire sans être trop précise parce qu'après tout, Nami est encore perdue et elle a perdu tous ses repères en découvrant cette nouvelle facette de Kuroashi.
Voilà l'explication de cet épisode qui vous parait décousu. Cela reflète les sentiments de Nami. Après, vous avez chacun votre opinion [que je respect attention !].
Bien, sur ce, passez une bonne semaine, nous nous donnons rendez-vous Samedi prochain.
Par contre, sur ce dernier point : je serais en séjour d'intégration [joie de prépa...], donc l'épisode sortira plus tard dans la journée ou, au pire, dimanche. Mais je ferais tout pour qu'il soit publié Samedi.
A très vite et merci de votre fidélité !
