Bonjour à tous !
Voici le dernier chapitre et l'épilogue de cette histoire. J'espère que la fin vous plaira.
A partir de la semaine prochaine, je publierai une histoire "bonus", centrée sur Drago, 19 ans plus tard (fic-cadeau pour Layi, qui m'a donné son feu vert !
Je vous retrouve à la fin de l'épilogue ! ;)
Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews et bonne lecture !
Réponse à la review anonyme :
Lunalove : Merci pour ta review ! Les Noëls sans internet sont sans doute les meilleurs, de toute manière le chapitre t'attendait sagement ;) Merci pour ta jolie review !
Chapitre 37 : On The Shoulders of Giants, Stephen Hawking
Harry était hors d'haleine, mais il n'avait pas le loisir de ralentir le rythme. Quand le combat dans le hall cessa, il s'efforça de ne pas penser aux deux Aurors qui avaient failli, en retournant leur veste, faire capoter toute l'opération. Ce n'était pas le moment d'y songer, de se dire que ces traîtres qu'ils pensaient avoir éliminés étaient toujours là...
Il devait se battre, il réfléchirait plus tard.
Il faisait partie d'un des groupes chargés d'explorer les étages, et suivit en courant l'Auror qui les guidait. Il remarquait désormais à quel point son entraînement était encore imparfait : entre le stress, l'épuisement dû à la magie, et le rythme du combat qu'il venait de mener, il devait puiser dans ses dernières forces pour parvenir à monter les marches de l'escalier à ce rythme. Il commençait à ne voir plus qu'en noir et blanc, et de dangereux papillons brillaient sur les côtés de son champ de vision.
Arrivé en haut, ses compagnons ralentirent. Il en profita pour rejeter les épaules en arrière et inspirer à fond : il ne devait surtout pas s'effondrer, pas là, pas maintenant. Malefoy, sous son apparence d'emprunt, s'approcha de lui.
- Ça va Potter ?
Il n'avait même pas employé un ton narquois, rien... Il semblait sincère.
Voilà que Malefoy s'inquiétait pour lui... La nouvelle permit à Harry de retrouver ses forces. Il n'allait tout de même pas se montrer faible alors que son adversaire de toujours tenait le choc. Il cligna des yeux plusieurs fois, et son cœur finit par retrouver un rythme normal. Il était temps.
Deux Avant-Coureurs, animés par l'énergie du désespoir, dévalaient les escaliers pour une attaque suicide aussi intrépide que dangereuse. Les Aurors, surentraînés, ripostèrent dans la seconde, tout en s'abritant derrière une commode renversée. Mais les sorts de mort qui traversaient la pièce au hasard étaient impitoyables...
L'un d'entre eux, qui tentait une riposte audacieuse en sortant de sa cachette, se vit frappé en pleine poitrine par ces affreux éclairs verts qui réveillaient en Harry des souvenirs insoutenables.
Le Survivant, tapis derrière un pan de mur, juste à côté d'un Malefoy qui n'en menait pas large non plus, ne savait que faire. Son instinct de héros lui criait de foncer dans le tas, quitte à mourir, pour sauver ces hommes qui se battaient bien plus vaillamment que lui... Mais il se rendait bien compte que c'était idiot : à quoi cela pourrait-il bien servir s'il mourrait comme l'homme qu'il venait de voir s'effondrer, avant d'avoir pu porter le moindre coup ?
Détachant une seconde son attention du combat, il remarqua que Malefoy était en train de marmonner quelque chose, de sortir sa baguette.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry, passablement inquiet.
Et voilà que, lui aussi, se mettait à s'inquiéter pour Malefoy. Il avait beau ne pas l'aimer, ils lui devaient tous une fière chandelle depuis le début de cette histoire, et pour rien au monde il ne l'aurait laissé aller se sacrifier sans rien dire.
Mais il se rendit rapidement compte que sa question était idiote.
Malefoy, se sacrifier ? Et puis quoi encore ?
- J'envoie un patronus au moldu qui fabrique des bombes. On n'a pas le choix, tant pis pour l'humanisme est compagnie, si on ne leur explose pas leurs sales gueules, on ne s'en sortira jamais.
De sa baguette s'échappa soudain une forme argentée qui s'enfuit trop vite pour qu'Harry pût la distinguer. Alors comme ça, Malefoy avait un patronus...
- En plus, ajouta son ancien ennemi, on n'a pas vu Parkinson. Je suis prêt à parier qu'il se terre là-haut, comme le lâche qui l'est. Rien ne me ferait plus plaisir que de le réduire en bouillie.
Harry nota qu'il était ravi que Malefoy fût de leur côté... Il s'était trouvé un courage, on ne savait où, mais armé de cette nouvelle qualité, il devenait carrément effrayant... Le Survivant l'avait vu se battre, et il n'était pas sûr de n'avoir aperçu que des sorts de magie blanche... Son absence totale de sens moral faisait de lui un combattant redoutable.
Hugh finit pas arriver, sur la pointe des pieds. Malefoy lui dit signe, et les Avant-Coureurs étaient si bien occupés avec les Aurors qu'ils ne remarquèrent rien.
- Eh, tu pourrais faire une bombe pour leur régler leur compte, mais sans faire s'effondrer l'escalier, demanda-t-il de but en blanc.
- Je peux la faire, mais je n'ai aucun moyen de l'expédier à l'endroit voulu. Sans parler de détonateur.
- On pourrait la faire exploser avec une simple flamme ?
- Sans souci, reste le problème du lieu.
- Je m'en charge, occupe-toi de fabriquer la bombe.
Hugh ne répondit rien, mais obtempéra, à une vitesse sidérante. Quelques minutes plus tard, ils étaient armés.
Malefoy fit léviter la chose jusqu'à l'escalier, en espérant qu'aucun sort ne la touchât avant qu'elle arrivât à destination. Puis, il lança un incendio particulièrement précis et puissant... Et Harry, qui avait observé la scène assez bêtement, regretta de ne pas s'être protégé les oreilles. La déflagration fut si puissante qu'elle manqua de le projeter au sol.
Cependant, quand le sifflement qui vrillait ses oreilles se calma et qu'il rouvrit les yeux, il aperçut à travers la poussière soulevée par l'explosion que les murs étaient toujours bien en place. Harry ne savait pas réellement quel était le domaine de recherche de Hugh, mais visiblement, il était aussi bon artificier.
Les Aurors avaient réagi plus vite que lui – nouvelle preuve qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à exercer le métier. Ils s'étaient rués vers l'escalier, et Malefoy avait déjà commencé à les suivre. Harry jeta un regard reconnaissant à Hugh avant de se diriger lui-aussi vers les étages.
Quand il arriva en haut, les Aurors étaient en train de neutraliser les derniers Avant-Coureurs qui n'étaient pas blessés.
- Mais où est Parkinson ? siffla Malefoy entre ses dents.
- Il ne peut pas s'être enfui, il y a des protections anti-transplanage, les cheminées sont bloquées et un groupe patrouille dans le parc, répondit Harry.
- Il doit se terrer quelque part...
Sauf que s'il s'était terré, il ne se terrait plus, bien au contraire. Il venait de s'approcher vers eux, les mains bien en évidence et l'air suppliant.
- Messieurs, je n'y suis pour rien, j'ai été contraint, je me rends et je demande votre mansuétude.
- J'ai envie de vomir, souffla Malefoy à Harry qui se mit à rire dans sa barbe.
/
La bataille était finie. Ils avaient passé le manoir au peigne fin, plus aucun Avant-Coureur n'était visible. La victoire était presque absolue, les terroristes ne se relèveraient pas de cette attaque-là. Et pourtant, elle laissait dans le cœur des membres de l'Ordre une étrange amertume... La joie ne parvenait pas à couvrir cette tristesse qu'ils ressentaient au souvenir de Percy. L'adrénaline de la bataille, gommant un temps le chagrin de la perte du fils, du frère, de l'ami, était une illusion qui, en se dissipant, rendait la peine encore plus cruelle.
Au milieu de tout cela, Hermione avait le cœur lourd. Elle avait presque hâte de retourner à Poudlard, de se plonger dans ses révisions... Parce que la réalité était bien trop sombre. Parce que même quand la lutte semblait finie, la vie n'en devenait ni plus belle ni plus simple. Parce que, comme toujours, elle espérait que le savoir réglerait tout. Après tant d'années, elle aurait dû avoir conscience que ce n'était pas le cas...
Elle était assise sur le pas de la porte du Terrier, les yeux perdus dans le vague. Elle entendit à peine Harry qui s'asseyait à côté d'elle.
- Alors tout est fini, dit-il après un long silence.
- Pas vraiment, ne put s'empêcher de rétorquer Hermione. On n'est pas sûrs de les avoir tous eus, et le conflit à l'échelle internationale est loin d'être réglé. En plus, l'instabilité politique...
Sa voix s'était brisée. Elle ne pouvait pas songer à la mort de Percy en termes purement politiques, c'était tellement cruel... Et pourtant.
- ... l'instabilité politique, reprit-elle péniblement, que nous connaissons actuellement n'arrange pas les choses et nous rend plus vulnérables. La lutte n'est pas finie.
- Evidemment que la lutte n'est pas finie, mais nous pouvons mener le combat de front avec les moldus. Un ministre va être élu, c'est sûr, et il pourra se joindre au Premier Ministre moldu et régler leur compte aux Avant-Coureurs à l'étranger, tout en veillant à ce qu'ils ne s'organisent plus ici. En plus, les dirigeants des autres pays se sont réveillés, avec cette histoire de secret, et c'est tout le monde sorcier qui prend les choses en main.
- Quand on t'écoute, tout parait si simple.
- Ce n'est pas simple, fit une voix traînante derrière eux, mais ce n'est pas faux non plus. Désolé, je passais par là et je t'ai entendue raconter des idioties, je n'ai pas pu m'empêcher d'intervenir.
Hermione lui adressa un sourire triste. Voilà que Drago se mettait à être plus optimiste qu'elle, on aurait tout vu...
- Pardonne-moi mon optimisme, ajouta-t-il comme s'il avait lu dans ses pensées, mais l'idée de ne plus risquer ma vie chaque jour en jouant l'agent double me ravit. Ce qui me ravit moins, c'est de rester ici. Je comprends le chagrin des Weasley, je le partage dans une certaine mesure vu que c'est pour sauver ma peau que Percy a accepté de présenter sa candidature, mais je préfèrerais retourner en des lieux moins morbides...
Hermione hocha la tête, compréhensive. Drago faisait preuve de toute l'empathie dont il était capable, il ne fallait pas lui en demander plus. Et comment en vouloir à celui qui avait sans doute complètement changé le rapport de forces en entrant dans la lutte ?
Il les dépassa et s'éloigna du Terrier pour transplaner.
- J'en viendrait presque à le supporter, remarqua Harry, passablement étonné.
Hermione sourit tristement une nouvelle fois.
- Tu sais quoi ? lui demanda-t-elle en passant du coq à l'âne. Je crois que je me suis décidée, pour mes études. J'ai envie d'étudier le droit.
- Mais je croyais que la politique te donnait envie de vomir ?
- Tu sais, j'ai vu à quel point on avait besoin d'un nouveau souffle. Il faut que quelqu'un œuvre pour la réconciliation. Entre les sorciers et les créatures magiques, entre les sorciers et les moldus. Je me suis dit que ça pourrait peut-être être moi... Que je ne devais pas toujours attendre des autres les idées que j'avais déjà eues et puis...
Elle s'interrompit, méfiante tout d'un coup.
- Oui ? l'encouragea Harry.
- Et puis maintenant, la lutte va prendre une dimension internationale. Je n'ai pas envie de l'abandonner. Je pense que je serai mieux placée, plus justifiée à y participer en tous cas, si lutter fait partie de mes études.
- Donc tu veux pouvoir combattre les Avant-Coureurs sans culpabiliser parce que tu ne révises pas ?
- Un peu, ça pourrait être une sorte de... Stage professionnalisant.
Harry secoua la tête.
Harriet fit son apparition derrière eux.
- Pardon les jeunes, j'espère que je ne vous dérange pas dans un moment gênant...
Hermione et Harry éclatèrent de rire. Et dans cette hilarité, la tension et le chagrin qui les écrasaient depuis la fin de la bataille, s'ils ne les quittèrent pas totalement, se firent moins présents.
- Non, pas du tout, finit par répondre Hermione.
- Bien, je voulais vous dire au revoir. Kingsley a dit que nous pouvions rentrer chez nous, si nous gardions les gallions donneurs d'alerte. Apparemment, vu les résultats de l'enquête, nous ne risquons plus grand-chose... J'ai été ravie de vous rencontrer, et je suis encore plus ravie que les Aurors aient accepté de me laisser partir sans effacer mes souvenirs. Ça aurait été horrible d'être devenue une tireuse d'élite, sans même m'en souvenir.
Hermione sourit et serra la main d'Harriet.
- Au fait, tes parents et leur amie Mariah sont là. Je crois que Mariah dit au revoir, et qu'ils sont passés ici pour te voir. Apparemment, ils vont rester sous protection pour un temps, jusqu'à ce qu'ils trouvent une nouvelle maison, et ils voulaient ton avis, je crois.
Hermione la remercia, mais ne retourna pas immédiatement à l'intérieur de la demeure Weasley. Elle observa cette femme étrange qui, peu à peu, lui était devenue chère, quitter la propriété. Quand elle ne fut plus qu'un petit point au loin, sur le chemin menant à Loutry-Sainte-Chaspoule, elle reprit la parole.
- Tu sais, je vais bien finir par croire que tout est vraiment fini. Si mes parents achètent une maison, et que je retourne vivre avec eux, au moins quelques temps... Alors la boucle sera bouclée.
- Tu ne veux pas t'installer, trouver quelqu'un ?
Hermione dévisagea Harry. Ils étaient très proches, mais ils n'avaient jamais ce genre de conversation. Comme si cet étrange tabou était resté, depuis l'adolescence.
- J'aimerais juste avoir, ne serait-ce qu'un peu, la vie d'une adolescente normale.
- Et dire que tout à l'heure, tu m'expliquais que tu voulais faire du droit pour sauver le monde.
Hermione lui donna une tape à l'arrière du crâne.
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
C'était Ron. Il avait les yeux rougis, mais semblait cohérent, bien dans ses bottes...
- Hermione m'explique qu'elle veut avoir une vie normale pour détruire les Avant-Coureurs qui restent dans le monde toute seule.
- Comme d'habitude, quoi. Le pire, c'est encore qu'elle en soit capable.
Et, aussi étonnant que cela pût paraitre, il éclata de rire. Hermione et Harry, au début, ne parvinrent pas à se joindre à lui, trop étonnés sans doute. Et quand ils y arrivèrent, cela sonnait un peu faux.
Harry se remémora ce que Ron lui avait dit à propos de la mort de Fred. N'était-il pas, à nouveau, en train d'essayer d'oublier trop vite ? Il lui en toucherait un mot...
Plus tard... Il devait avouer qu'ils étaient bien, là, à rire comme s'ils étaient insouciants. Comme si l'horreur qu'ils avaient vécues, les horreurs qu'ils avaient vécues, n'avaient été qu'une parenthèse.
Comme s'ils pouvaient désormais vivre la fin du combat de l'extérieur, sans se sentir constamment envahis par une montagne d'ennuis tous plus dangereux les uns que les autres.
Scientifiques libérés, terroristes arrêtés, Hermione avait raison. D'une certaine manière, la boucle était bouclée.
Harry se leva, et aperçut Ginny qui donnait à manger aux poules, dans un coin du jardin. La rouquine lui fit signe, tristement mais tendrement. Le Survivant se dirigea vers elle.
Peut-être allaient-ils enfin avoir le temps d'être heureux ?
