Harry Potter, Prince des Neiges
Chapitre 35 : Cœur froid, cœur sombre
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« Cher Erik
Finalement, j'aurais dû rentrer. Le professeur Dumbledore a annoncé hier soir qu'il n'y aurait pas de banquet de Noël. Trop dangereux à ce qu'il paraît. Je ne vais pas lui donner totalement tord mais je dois avouer être déçue. Il a dit qu'il y aurait quelque chose qui serait organisé dans chacune des salles communes mais ce n'est pas pareil. D'autant plus que je vais me retrouver pratiquement seule, enfin, de notre groupe. Draco dit que… »
« Ça lui donnera l'occasion d'interagir avec d'autres Serdaigles, tu sais comment elle est. Bon c'est bien qu'elle soit avec nous mais que ça ne l'empêche pas de discuter avec d'autres personnes, d'étendre son cercle d'influence, c'est important dans la vie. »
« Je sais que Draco va te dire qu'il a poussé Hermione à parler avec d'autres Serdaigles pour « étendre son cercle d'influence ». Pff, il est juste inquiet pour elle parce qu'elle est seule dans sa maison vu que Hotun et Padma sont parties. Bien sûr, Blaise le lui a fait remarqué mais tu connais Draco, il a fait honneur à son nom et a tout nié en bloc avec une grande mauvaise foi. »
« …et bien sûr, j'ai essayé de l'asticoter la dessus et il s'est attaqué à moi… »
« Blaise avait l'air ridicule allongé sur le sol sous Draco qui le chatouillait. Il a essayé de nous demander de l'aide à Vincent et à moi… »
« Gregory a dit qu'il valait mieux pas s'en mêler et j'étais d'accords avec lui. »
« Même ce traître de Théo à refusé de m'aider. C'était affreux. J'ai été traumatisé. »
« Mais assez parlé des péripéties de Blaise, Fred et moi on a décidé de faire un pause dans les recherches. Oh, une petite pause, juste le temps de faire une blague. Vu qu'il n'y aura pas de banquet, ce serait dommage que nos vacances de Noël soient gâchées. On te racontera !
PS : ce que mon frère oublié d'écrire, c'est que notre petit Ronnichou à un comportement suspect. Je pense qu'il prépare quelque chose. Je pense qu'on sait très fier si c'était une bonne blague mais venant de lui…enfin, on te racontera ça aussi. »
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Un léger coup sûr son poignet fit lâcher à Erik son épée. Il frotta la zone légèrement douloureuse et alla récupérer sa lame.
« Avec une ouverture pareille, c'était presque une invitation de vous attaquer, Votre Altesse » dit Brant en revenant en garde.
Invitation, invitation, tu verras cet été, grogna intérieurement le jeune Prince.
Comme il n'y avait de repos pour les braves, les cinq jeunes Arendils avaient repris leurs leçons avec leurs maîtres respectifs. Bien sûr, cette fois ils n'étaient pas en extérieur, il faisait bien trop froid. A la place, ils avaient investis l'une des salles d'armes des gardes qui se trouvaient dans les sous-sols du château. La température y était cette supérieure à celle de l'extérieur mais il y faisait quand même assez froid. Selon les Maîtres, c'était pour encourager leurs élèves à bouger pour se réchauffer que les grandes cheminées n'avaient pas été allumées.
Dans un coin, Remus, Agnès et Emma étaient installés sur un canapé transfiguré par le sorcier qui avait également jeté un sort autour d'eux pour qu'ils n'aient pas froid.
Remus était arrivé le matin même par la cheminée du château. Il était seul avec Agnès puisque Sirius devait réviser pour ses examens de janvier. Comme il passait ses journées et même ses soirées à la bibliothèque, Remus avait estimé qu'il serait préférable qu'il parte en avance pour Arendelle et que Sirius les rejoindrait le jeudi, jour du réveillon.
Erik prit quelques instants pour regarder sa famille et sourit. Emma jouait avec Agnès en faisant léviter une plume. Depuis que ses pouvoirs s'étaient révélés à Noël dernier, celle-ci avait bien progressé dans leur maîtrise et parvenait plus facilement que son cousin ou n'importe lequel de ses amis à la contrôler sans baguette. Certes pour le moment cela se limitait à la lévitation de cette plume, mais c'était plus que ce que n'étaient arrivés à faire les autres en autant de temps. Bien qu'elle n'ait pas encore énormément de pouvoir, elle faisait montre d'une précisions assez hors du commun ce qui permettait à la plume de réaliser des figures complexes, chose que les plus grands pouvaient eux même à peine faire.
Remus, lui, lisait un lot de feuilles de parchemin d'un œil tandis que de l'autre il veillait sur sa fille. Erik l'avait vu plongé dans ces parchemins depuis son arrivée mais n'avait pu savoir ce que c'était. Remus ne faisait que sourire en les cachant sans que son filleul ne puisse même lire un mot ou deux. Il avait finalement accepté de lui dire que c'était une surprise pour l'année prochaine. Erik avait gémit que c'était top long et avait supplié Remus de le lui dire mais celui-ci avait été très ferme : Erik ne saurait rien. Tant pis, Erik n'aurait qu'à demander à Sirius, lui devait savoir et il arriverait bien à le faire parler.
Un raclement de gorge près de lui le ramena à son entraînement. Il revint devant Brant et se mit en garde afin que tout deux reprennent l'entraînement.
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Ingrid soupira. L'ennui la gagnait fortement. Ils avaient fini l'entraînement pour la journée et Erik les avaient entraînés dans la bibliothèque où le coffre de Gringotts était rangé pour une session de recherches. Mais Ingrid en avait assez de travailler, elle voulait jouer. Ils avaient passé les deux jours précédant à faire leurs devoirs pendant les pauses et avaient réussis à les finir. C'était une bonne chose de faite mais Erik refusait de se laisser aller.
Ingrid soupira et se jeta en arrière sur sa chaise en soupirant. Elle tourna la tête et vit Emma qui lisait plus loin. Une idée lui ayant traversé l'esprit, elle appela discrètement la petite fille et lui murmura quelque chose à l'oreille. La petite princesse sourit et hocha la tête avant de se diriger vers son cousin.
« Erik ? » chuchota la petite fille.
« Mmm » répondit son cousin sans lever les yeux de son livre.
« Tu viens ? On va jouer. »
Erik leva la tête pour lui répondre mais vit Ingrid baisser rapidement les yeux vers le livre qu'elle lisait.
« C'est toi qui lui a dit de dire ça ? » lui demanda-t-il.
« Moi ? Quelle idée ? Qu'est-ce qu'elle à dit ? »
« Elle m'a demandé si je voulais aller dehors et que si je voulais il fallait te demander. »
« Traitresse » grogna Ingrid.
« Tu sais ma chérie » dit alors Erik en regardant sa cousine. « On a des recherches très importantes à faire. Donc on ne peut pas aller jouer tout de suite. »
« S'il te plaît Erik » dit Emma sur un ton suppliant.
« Non, non, je t'en prie, ne me regarde pas comme ça. »
Emma battit des cils et Erik abdiqua. Il referma son livre en soupirant et se leva avant de prendre la main de sa cousine.
« Je te revaudrais ça » marmonna-t-il en passant près d'Ingrid. « En attendant, tout le monde dehors. »
« Dieu soit loué ! » s'exclama Hans en refermant son propre livre.
Les enfant descendirent dans la cour en prenant leur manteau au passage et se jetèrent dans la neige du jardin en riant. Finalement, Erik était assez content d'avoir abandonné ses livres.
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Malheureusement pour Erik, Sirius était plus coriace que ce qu'il avait pu penser. Son filleul avait réussit à le coincer peu après son arrivée mais le bavard impénitent qu'était son parrain avait pour une fois tenu sa langue. Non, il ne dirait pas à Erik la surprise de Remus, oui il était au courent et non il ne lui prouverait pas qu'il le savait en le lui disant, merci de ne pas le prendre pour un idiot.
Erik était déçu mais il se laissa rapidement grisé par l'ambiance festive qui régnait dans le château. Chacune des salles et couloirs étaient décorés et un grand sapin trônait dans un coin de la grande salle qui accueillerait les invités dans la soirée. Ce sapin était très beau mais il ne valait pas celui qui se trouvait au milieu de la cours du château et qui était plus haut que certains toits. Des cuisines en sous-sol montaient de délicieuses odeurs salés et sucrés qui mettaient l'eau à la bouche de chacune des personnes présentes.
Erik et les autres buvaient un dernier chocolat chaud en attendant l'heure de la messe. Chacun lisait un livre mais ils ne pouvaient pas s'empêcher de temps en temps de jeter un coup d'œil aux paquets colorés qui garnissaient le pied du petit sapin qui trônait dans un coin du salon privé de la famille royale. Ils avaient, plus tôt dans la journée, déposés les cadeaux qu'ils faisaient aux autres et se retenaient depuis d'aller vérifier ceux dont ils ne connaissaient pas le contenu. Cependant, Anna, en gardienne farouche, empêchait quiconque, même sa fille de s'approcher de l'arbre et des paquets qui ne seraient ouvert que le lendemain.
Enfin, la cloche sonna pour appeler les gens à l'église. Chacun referma son livre et sortit de la pièce à l'intérieur duquel le feu ronronnait encore.
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Cette année, Erik avait envi de danser. Comme à chaque fois, dès que le repas avait était fini, les tables avaient été poussés sur les côtés et transformés en buffets pour les gourmands alors que le centre de la salle était réservé à la danse.
Erik tendis la main à Wolf qui la prit après un temps d'hésitation. Il ne savait pas très bien danser. Mais Erik s'en fichait, ce qu'il voulait c'était être avec lui. En riant il tira son amoureux jusque sur la piste puis mit ses mains autour de sa taille.
Il est vrai que Wolf était un peu maladroit mais il ne s'en sortait pas trop mal. Il fut cependant soulagé quand le morceau se finit.
Les deux garçons applaudirent et quand la clameur se fut calmée ils purent entendre le clocher sonner minuit. Retournant près de leurs amis, ils s'embrassent en se souhaitant joyeux Noël avant que chacun n'aille voir les membres de sa famille pour faire de même.
Ayant souhaité un joyeux Noël à autant de monde que possible même ses parents et grands parents, il se mit à la recherche de Wolf. Celui-ci était avec ses parents, Henrick et Gerda près de la porte du couloir qui menait directement aux écuries. Erik se rapprocha mais se garda d'intervenir. La mère de Wolf se rendit compte de sa présence et inclina la tête. Voyant son geste, Henrick se tourna vers le prince et fit de même.
« Vous partez déjà ? » demanda Erik en se rapprochant.
« Il nous faut nous lever tôt pour nourrir les bêtes » dit Gerda. « Mais nous reviendrons pour le banquet de midi. »
Gerda était une femme grande et élancé qui faisait moins que ses quarante ans. Elle avait des cheveux et des yeux noirs ainsi qu'une peau de lait dont avaient hérité son fils et une douceur toute maternelle qui transparaissait en toute occasion.
Henrick au contraire, était assez bourru. C'était un homme mûr de cinquante ans assez bien charpenté bien que de taille moyenne, ce qui, à côté de son épouse, le faisait presque passer pour un nain. Il avait un visage anguleux recouvert d'une barbe rase poivre et sel. Les grognements qu'il poussait parfois aux questions qu'on lui posait et sa mine assez sombre avaient souvent effrayé les enfants mais Henrick n'était pas méchant, juste un peu silencieux, tout comme son fils. Il aimait sa terre et s'y consacrait corps et âmes.
« Vous ne voudriez pas plutôt rester pour la nuit ? Le temps est incertain » dit Wolf.
Erik perçu dans sa voix un soupçon d'inquiétude. Gerda dut l'entendre aussi car elle prit son fils dans ses bras et l'embrassa sur les deux joues.
« Je devrais peut-être rentrer avec vous. »
« Ne t'inquiète pas, nous connaissons la route. On se reverra demain » dit-elle avant d'ouvrir la porte.
Henrick posa sa main sur l'épaule de son fils et la serra avant de hoche la tête en direction d'Erik et de partir.
« Qu'est ce qu'il y a ? » demanda Erik en voyant le regard soucieux de son petit-ami.
« Je ne sais pas. Je suis inquiet. »
« Tout ira bien, tu verras » le réconforta Erik en se collant contre son dos. « Viens, allons encore danser avant que Mère décide de nous envoyer au lit. »
Wolf grogna mais se laissa entraîner par Erik. Ils ne purent cependant pas aller très loin car ils se heurtèrent à Remus qui leur rappela qu'ils devaient aller se coucher à Minuit, après les embrassades et qu'ils aient déjà eut un peu de temps supplémentaire. Erik boudait bien un peu mais Wolf le tira jusqu'à la porte où les attendaient leurs amis, trop heureux d'échapper à une seconde danse.
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Wolf se réveilla en sursaut, sortant Erik de son sommeil du même coup. Il se leva et se mit à se rhabiller en vitesse, passant ses vêtements sur son pyjama.
« Mmm…Wolf, qu'est ce que tu fais ? » demanda le jeune prince d'une voix ensommeillée.
« Il faut que…je dois…mes…je…il faut… »
Entendre son ami balbutier de la sorte réveilla Erik tout à fait. Il rejeta les draps et se leva du lit.
« Calme-toi, pourquoi tu t'agites comme ça ? » demanda-t-il en posant les mains sur ses épaules.
« Il faut que…je dois…faut que j'y aille. »
Et sans attendre, il se détacha d'Erik et sortit de la chambre. Le jeune garçon jura et mit rapidement ses chaussures avant de prendre son manteau non sans en avoir prit un aussi pour son ami. Se laissant guider par son instinct et sa magie, il le rejoignit aux écuries et lui saisit le bras alors qu'il sellait un cheval.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? Calme-toi ! Tu ne vas pas sortir dehors à cette heure quand même ? »
« Il faut que j'y aille ! »
« Non ! Parle-moi d'abord ! »
« Laisse-moi ! » s'exclama Wolf en repoussant Erik.
Le coup était si fort que le garçon tomba sur le sol. Il releva les yeux vers son ami, choqué. Jamais encore il n'avait été violent avec lui. Wolf, de son côté, comprenant ce qu'il avait fait, écarquilla les yeux et se figea quelques instants avant de se précipiter pour aider Erik.
« Je…je suis désolé ! Désolé ! Désolé ! Je t'en prie, pardonne-moi ! »
« Mais bien sûr que je te pardonne » dit Erik en se mettant à genoux et en prenant le visage de Wolf dans ses mains, « mais il faut que tu me parle. Il faut que tu me dises ce qui t'arrive pour que je puisse t'aider. »
« C'est… » Wolf déglutition alors que des larmes permanent dans ses yeux. « C'est mes parents. Je…je sais que quelque chose ne vas pas avec eux. Je sais pas pourquoi mais je sais qu'il y a un problème et je veux…il faut que j'aille voir ! »
« Est-ce que ce sentiment que tu ressens, c'est le même que quand tu devine les choses ? »
Wolf, les yeux rouges, hocha la tête.
« OK, très bien, alors on va faire comme tu dis, on va aller voir. Mais maintenant, il faut te calmer sinon tu vas faire une bêtise en sellant ton cheval et tu vas avoir un accident. »
Wolf hocha à nouveau la tête et aida Erik à se relever. Celui-ci se mit à harnacher Snøvhit qui n'apprécia que moyennement être réveiller en pleine nuit alors que Wolf faisait de même avec un lourd destrier de la garde.
Ils sortirent de l'écurie en tenant la bride de leurs chevaux et empruntèrent le tunnel du corps de garde qui menait à l'extérieur. Comme Erik l'avait prévu, celui-ci était désert à cause de la fête qui battait encore son plein et ils purent sortir sans le moindre encombre.
Dès qu'ils furent en dehors du palais, les deux garçons enfourchèrent leurs chevaux et se mirent à galoper. La neige avait recommencé à tomber mais Erik utilisait son pouvoir pour écarter les flocons de neiges sur leur chemin. Ils prirent la grande route à l'ouest de la ville puis la route de la côte quand elle bifurqua vers le nord. La route de la côte elle-même se divisa en deux et les garçons prirent l'embranchement de droite qui rentrait dans les terres.
« Là ! Ce ne serait pas… » cria Erik en montrant du doigt quelque chose qui ressemblait à une carriole renversée.
C'était bien une carriole renversé. Il n'y avait aucun signe d'êtres vivants, pas même le cheval qui avait du fuir. Arrivé à proximité, Wolf sauta de cheval et se dirigea vers elle et surtout vers les deux corps qui gisaient dans la neige. L'essieu avant semblait avoir glissé dans la rigole du bas côté et se casser net, éjectant ses passagers.
« Non ! Non ! Non ! « s'écria Wolf en s'agenouillant dans la neige. « Papa ! Maman ! »
Aucun des deux ne bougeait. Wolf se précipita sur sa mère et se mit à la secouer en l'appelant. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui en lui demandant de ne pas le quitter. Erik, qui avait aussi mit pied à terre se précipita vers Henrick. Sa jambe était coincée sous le chariot et sa tête faisait un angle étrange. Il devait être mort sur le coup. Erik tendit la main vers son visage et lui ferma les yeux. Il tourna la tête et vit, plus loin, la lourde masse du cheval. Il avait dû se briser le coup en tombant. Son flan était arraché et ses entrailles encore chaudes se déversaient dans la neige. Les loups avaient du commencer à le dévorer et avaient du fuir à leur approche. Il était certains qu'ils allaient bientôt revenir.
Wolf, lui, s'était mit à pleurer en continuant à serrer Gerda contre lui et à l'appeler.
« Uvlunge » entendit-il alors.
Il baissa les yeux et vit que Gerda avait ouvert les yeux.
« Maman ! »
« Pourquoi pleures-tu, Uvlunge, mon petit loup ? J'aime…te voir…sourire. »
Ses paupières se mirent à papillonner et elle commença à refermer les yeux.
« Non ! Non, je t'en prie ! Ne ferme pas les yeux ! Il faut que tu les garde ouvert ! Il faut que tu reste éveillée ! »
« J'aime…ton…sourire. Il…ressemble à…à celui de…ton père… »
Elle ferma complètement les yeux et poussa un soupir. Wolf sentit alors son corps peser plus lourd entre ses bras.
« Maman ? Maman ! Je t'en prie ! Réveille-toi ! Ne meurt pas ! Je ne veux pas te perdre ! »
Mais ses suppliques restèrent veines. Gerda ne se réveilla pas. Elle ne se réveillerait plus. Le cri de désespoir que Wolf poussa déchira le cœur d'Erik. Les larmes aux yeux, il s'agenouilla derrière lui et le serra aussi fort qu'il le pouvait dans ses bras. Au bout d'un moment, Wolf se calma un peu et arrêta de crier. Il pencha la tête sur le corps de sa mère et se mit à sangloter.
Un bruit fit se relever la tête d'Erik. De la lisière du bois, un loup se mit à avancer vers eux. Il avait du sang sur les babines. C'était surement lui qui avait commencé à dévorer le cheval. Peut-être que c'était lui aussi qui avait causé l'accident, Erik ne savait pas. Ce qu'il savait c'était que les loups chassaient rarement seul et que d'autres devaient être dans les parages. Le corps baissé, les oreilles dressées et les crocs apparents, il se mit à approcher des garçons. Un grognement sourd sortit de sa gorge alors qu'il les contournait, sans doute pour laisser la place aux autres. Respirant un grand coup, Erik se prépara à utiliser son pouvoir pour le chasser. Il n'en eut pas le temps. Du corps de Wolf surgit un fouet noir qui trancha la bête en deux.
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L'enterrement de Gerda et Henrick se déroula le lendemain de Noël. Il faisait tellement froid que la terre avait gelé et il aurait été impossible de creuser leur tombe si le fossoyeur n'avait reçu l'aide d'Hotun et de ses pouvoirs. Heureusement, il avait cessé de neiger et le soleil brillait pour la première fois depuis des semaines. L'évêque avait dit que le ciel s'était ouvert pour que les anges puissent venir chercher les deux défunts.
Malgré son jeune âge, Wolf participa au transport des cercueils jusqu'au cimetière à proximité de la ville aidé par d'autres fermiers et amis de ses parents. Erik était présent bien sûr, ainsi que les autres amis du jeune orphelin.
La Reine elle-même avait tenu à assister à la cérémonie et la mise en terre. En tant que parents de sorciers, il était arrivé de nombreuses fois qu'elle rencontre les parents de Wolf, ne serait-ce que lors de cet été, 6 ans auparavant ou Gerda s'était rendue tous les jours au palais pour demander si elle avait des nouvelles de son fils.
Il y avait de nombreuses personnes autour de la tombe. Henrick pouvait sembler assez asocial mais il était considéré par beaucoup d'autres fermiers de la capitale comme un homme sage et beaucoup prenaient conseil auprès de lui.
Debout devant le tombeau, vêtue d'une tunique noire, Wolf écoutait à peine les derniers mots au défunts de l'évêque et regardait les deux cercueils contenants les dépouilles de ses parents s'enfoncer dans le trou.
Quand l'ecclésiastique finit sa dernière prière aux défunts, il referma sa bible et joignit les mains en baissant la tête et il eut alors un long moment de recueillement. Erik se tenait à côté de son ami, tenant fort son bras. Il aurait voulut prendre sa main dans la siennes mais celles-ci étaient serrés l'une contre l'autre.
Quelqu'un rompit le silence et s'avança vers la tombe. Il prit un peu de terre sur le sol et la jeta dans la tombe. Comme si c'était un signal, toutes les personnes présentes se mirent à bouger et à se mettre en ligne pour aller saluer une dernière fois les défunts et mettre une poignée de terre sur leurs cercueils.
Peu à peu, les gens se dispersèrent et partirent du cimetière non sans présenter leurs condoléances au jeune orphelin. Il n'y aurait pas de rassemblement après les funérailles, Wolf n'y tenait pas. Quand la Reine commença à partir après avoir rendu son hommages aux époux décédés, elle regarda quelques instants son fils et décida de le laisser avec son compagnons. Hotun, Hans et Ingrid restèrent un peu plus longtemps mais partirent à leur tour.
Il ne restait plus dans le cimetière qu'Erik et Wolf. Ils se tenaient tout les deux debout, devant les tombes encore ouvertes. Le visage de Wolf était figé et ne montrait pas la moindre expression. Au bout d'un moment, il se dégagea de l'étreinte d'Erik et s'avança jusqu'au bord des trous. Fouillant dans l'une de ses poches, il en tira un petit couteau qu'il déplia. Il passa ensuite ses mains derrière sa tête et coupa ses cheveux au raz du lien de cuir noir qui les attachait.
Il regarda la longue mèche de cheveux puis en défis le fil de cuir et la dispersa dans la tombe. Quand il remit le couteau dans sa poche, il sentit quelque chose de dur. C'était le croc du loup qu'il avait tué et qu'il avait récupéré sur la dépouille. Il ne savait pas bien pourquoi il l'avait pris. Peut-être qu'il se sentait coupable. Il aurait parfaitement pu chasser le loup cette nuit là mais il avait décidé de le tuer et il s'en voulait pour lui avoir prit la vie. Il le regarda longtemps, avança la main comme pour la mettre aussi dans la tombe et se ravisa. Il serra le poing autour quelques instants puis repris le lien de cuir. Il attacha la dent dessus puis noua le lien autour de son cou pour se rappeler cette nuit de Noël où il était devenu orphelin.
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« Je suis inquiet » dit Erik alors qu'il donnait le biberon à Agnès.
« Wolf ? » demanda Remus.
Erik hocha la tête.
« Il me paraît normal à moi » dit Sirius qui, assit à côté de son filleul, regardait sa fille manger en lui faisant des grimaces.
« Justement » dit Erik, « c'est ça qui est étrange, non ? Il vient de perdre ses parents. On aurait pu penser qu'il serait…plus affecté. »
« Chacun gère le deuil à sa manière tu sais » lui dit Remus. « Certains personnes pleurent et d'autres pas. Certains ont des visages tristes pendant des semaines et d'autres ne le montre pas du tout, c'est comme ça. »
Erik soupira et acquiesça. Oui, bien, sûr, c'était logiques mais Erik ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour son ami. Et il ne pouvait pas non plus s'empêcher de se trouver impuissant. A chaque fois que lui ou quelqu'un d'autre lui demander si ça allait, soit il répondait par un simple hochement de tête soit par un « bien sûr que ça va ». Mais Erik savait que ça n'allait pas, tout le monde savait que ça n'allait pas et pourtant Wolf agissait toujours comme si de rien n'était.
Erik décida alors de laisser à son ami la seule chose qu'il pouvait lui donner pour l'aider : du temps. Malheureusement, l'état de Wolf se dégrada rapidement. Alors qu'il continuait à clamer qu'il allait bien, il devait de plus en plus apathique.
C'est à cette période que ses amis lui écrivirent à nouveau pour lui raconter les événements les plus récents survenus à Poudlard.
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« Salut Erik. C'est dommage qu'on n'ait pas eu la carte du maraudeur pour les vacances, on aurait dû te la demander, ça nous aurait permis de découvrir que ce que fait notre frère et ses amis plus tôt. Mais franchement, ça a été un moment de pure rigolade… »
« Bien sûr, les professeurs n'ont rien voulu nous dire mais les tableaux sont bavards, d'après ce que Draco et moi on a entendu… »
« Cet imbécile de Weasley à fait du Polynectar ! Tu te rends compte ? Du Polynectar ! J'ai vu la recette une fois dans un des livres de Severus et ce n'est pas à la portée de n'importe qui et sûrement pas à celle de Weasley ! »
« D'après ce que Blaise et Draco nous ont rapportés, Thomas aurait brassé la potion dans les toilettes de Mimi Geignarde puisque personne n'y va jamais. Je ne connais pas vraiment les compétences de Thomas en potion (difficile de savoir le vrai niveau d'un Gryffondor puisque le professeur passe leur temps à les rabaisser) mais je doute qu'il soit mieux que les autres… »
« D'après ce que je sais, la recette de cette potion se trouve dans un livre appelé « Potion de grands pouvoirs », un livre de la réserve. Je ne sais pas comment ils l'ont obtenus mais aucun professeur ne serait assez inconscient pour permettre à des élèves de consulter ce livre. »
« J'ai eu beau dire à Hermione que le seul capable d'une telle idiotie était Lockhart, elle semble réfractaire à l'idée qu'il n'ait un quelconque talent en tant que professeur…qu'il n'ait un quelconque talent tout court d'ailleurs. Blaise et elle se sont disputés pendant presque trois quart d'heures à ce sujet et ce n'était pas beau à voir. »
« Tu m'étonne qu'ils aient fini à l'infirmerie ! Et ils ont eu de la chance, une potion raté avec de tels ingrédients auraient ou les conduire directement à Sainte Mangouste ou même pire, au cimetière ! Tu aurais vu le visage de McGo ! Elle était aussi rouge que ses robes écossaises et criait comme un putois sur Weasley, Finnegan et Thomas. J'ai réussis à assister à la scène de loin mais je n'entendais rien. Tout ce que je sais, c'est qu'elle à laisser leur punition à l'appréciation de Severus. Mais c'est normal après tout. Par contre, les trois Gryffies ont une sale gueule. Je n'arrive même pas à la décrire tu verras en rentrant. »
« Draco m'avait raconté cette histoire de pétard et de vol dans l'une vos cours de potion. Et bien figure-toi que c'était eux les voleurs. Si, si ! Certains des ingrédients de cette potion sont très rares et seul le professeur Rogue en possède. C'est pour ça que le professeur McGonagall lui a confié leur punition. Mais quand même, j'aimerais bien pouvoir examiner cette recette… »
« Ils ont dit que c'était Lockhart qui leur avait signé un papier pour qu'ils puissent emprunter le livre. Quel idiot ! Je suis sûr qu'ils lui ont dit que c'était pour mieux comprendre l'un de ses bouquins et qu'il a signé tout de suite sans regarder le titre du livre. Hermione n'était pas d'accord avec moi et on a encore eu un petit accrochage, rien de grave. »
« En tout cas, Severus m'a dit que quand ils sortiront de l'hôpital, ils n'étaient pas prêt d'avoir une soirée de libre de sitôt. »
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« Un deuil est une épreuve que chacun mène de manière différente » dit Grand Pabbie.
« Je le sais » répondit Erik. « Mais je n'en peux plus de le voir de cette façon. Il est tellement…tellement…froid. Tout le monde pense qu'il est froid mais je ne l'ai jamais vu comme ça…jusqu'à maintenant. »
« Malheureusement, je serais bien en peine de t'aider. La psyché des humains est au-delà de mes compétences » lui dit le vieux Troll.
Erik le remercia et rejoignit Ingrid qui avait acceptée de l'accompagner.
« Mes vœux sont avec toi, jeune Erik » dit le vénérable ancien alors que lui et Ingrid traversaient le portail pour rentrer.
Le soir, Erik se coucha pas plus avancé pour autant. Sans Wolf dans son lit, il avait froid. Il serait bien allé le retrouver mais il n'arrivait pas à le voir comme broyer du noir de cette façon. Il se tourna et se retourna pendant ce qui lui sembla être des heures. Finalement, quand il en eu assez il se leva, mis ses pantoufles et sa robe de chambre et sortit de sa chambre pour atteindre celle d'à côté qui était à présent la chambre officielle de Wolf au château puisqu'il était devenu pupille de l'état sous la tutelle de la Reine.
Debout devant la porte, de la vapeur sortant de sa bouche, Erik hésita quelques instants et frappa à la porte. Il attendit quelques instants mais personne ne répondit. Il frappa à nouveau, plus fort, mais à nouveau il n'y eu aucune réponse. Il avança sa main vers la poignée mais il hésita quelques instants avant d'abandonner et de retourner dans sa chambre.
Il se sentait tellement mal qu'il faillit ne pas voir la lueur provenant de son bureau. Il ouvrit le tiroir de sa table de nuit et en sortit des allumettes dont il se servit pour allumer la bougie qui se trouvait à côté de son lit. Il prit le bougeoir dans sa main et se rapprocha de la lueur.
Celle-ci venait de l'intérieur du livre des Fondateurs. Il ne se souvenait même plus l'avoir amené dans sa chambre. Intrigué, il l'ouvrit et remarqua alors, à sa plus grande stupéfaction, que de nouvelles pages étaient apparues. Il était sûr de cela puisqu'il avait lu celles présentes tellement de fois qu'il aurait pu les réciter de mémoire. Non, celles-là étaient définitivement nouvelles.
Il posa alors le bougeoir sur son bureau et s'y assit. Il revint au début du livre puis le feuilletage pour trouver l'une des nouvelles pages. Il s'agissait d'une de celles écrites par la Serdaigle.
« Qu'est ce que le deuil ? Comment définir le processus de pensée d'une personne qui a perdu un être cher ? C'est une question difficile et que je me suis souvent posée. J'ai vu de nombreux braves perdre quelqu'un de cher et moi-même il m'est arrivé que mon nom ne soit pas si bien adapté à mon humeur. Beaucoup me trouvent cynique de penser à analyser une personne qui souffre mais je suis sûr que cela peut mener à mieux comprendre ces personnes et à mieux les aider.
Tout d'abord qu'est ce qui nous fait vraiment souffrir ? La mort de la personne ? Oui, sans doute. En partie. Il est difficile d'être triste pour quelqu'un qui n'est plus là. En vérité, on est plutôt triste pour soi puisqu'on ne pourra plus revoir cette personne. Quel que soit la croyance qui accompagne le décès, quel que soit l'endroit où se rend le défunt, ceux qui restes ne sont pas plus rassurés ou moins triste la plupart du temps. La raison en est que l'on pleure plus la fin de la relation avec la personne plutôt que la personne elle-même. Ce n'est pas quelque chose de mal, c'est naturel d'être triste de la fin de quelque chose. C'est un sentiment égoïste mais ça ne fais pas de nous des égoïstes.
Il est vrai que chaque personne réagit de façon différente à un deuil. Cependant on peut remarquer des schémas, des répétitions dans les différentes phases du deuil.
Ces répétitions et analyses m'ont permis de repérer cinq phases importantes par lesquels passe une personne en deuil. Ces phases sont plus ou moins longues selon la personne et s'exprime avec plus ou moins de forces mais elles sont immuables.
La négation : phase le plus souvent la plus courte. La personne en deuil n'arrive pas à réaliser que la personne est morte. Cela peut se traduire par un fort déni de la mort jusqu'à ce qu'elle soit confirmé ou alors des lapsus de langages, une personne parle du mort comme s'il était vivant avant de se rendre compte qu'il ne l'est plus.
La rébellion : cette phase de négation mène généralement à une phase de colère. C'est souvent une colère rentrée, non exprimée qui ronge la personne de l'intérieur. Elle peut alors se montrer extrêmement et irrationnellement joyeuse ou bien apathique ou même encore une transition de l'un à l'autre. Cette colère non exprimée est généralement tourné vers soi, vers sa propre impuissance. Cependant ce n'est qu'une illusion car en vérité la colère est souvent contre la personne décédée car on lui en veut d'être partie. Cette phase arrive généralement à terme quand la colère est exprimée au grand jour.
L'expression : suite à la manifestation de sa colère, la personne en deuil peut alors se trouver dans un état intermédiaire qui peut se traduire par une colère constante, un état dépressif, du cynisme, etc. C'est à ce moment qu'elle exprime ses doutes et ses regrets mais aussi ses reproches. Ce sont ce qu'on pourrait appeler des marchandages : « Si j'avais fait… », « Si j'avais pu… », « S'il avait fait… »,…
La dépression : phase pouvant être longue, elle est caractérisée par une grande tristesse, une tristesse si importante que la personne pense qu'elle ne pourra plus jamais être heureuse, une sorte de détresse émotionnelle intense. Cette dépression est accompagnée d'une remise en question importante aboutissant souvent à un changement radicale de la personnalité.
Acceptation : dernière phase du deuil, la personne va mieux. Elle arrive de nouveau à être heureuse, à se rappeler les bons souvenirs,… Mais attention, ce n'est pas une guérison. Un deuil n'est pas une maladie et les personnes en deuil peuvent à tout moment régresser à l'une des étapes inférieures.
Le plus important, c'est de ne pas être seul. »
Erik était pensif. Si ce que disait la Serdaigle était vrai alors Wolf se trouvait dans une phase de rébellion dont il ne pourrait sortir qu'en exprimant sa colère. Erik avait mal au cœur rien que de penser à la souffrance que ça pourrait lui occasionner.
Il y repensait encore le lendemain quand Hagen vint lui dire qu'un notaire était présent pour Wolf. Erik lui répondit de l'amener à son bureau où il le recevrait avec Wolf.
Celui-ci le suivit sans rien dire mais ne lâcha la main d'Erik à aucun moment. Y voyant un signe pour rester, Erik assista donc à la lecture des dernières volontés de ses parents. A mesure que le notaire parlait, Erik sentait la main de Wolf se resserrer et écraser la sienne un peu plus. Il réussit à se retenir pendant quelques temps mais bientôt la douleur fut si forte qu'il gémit, interrompant le notaire.
Surpris, Wolf le regarda puis ses yeux baissèrent vers la main d'Erik qu'il lâcha précipitamment.
« Il faut qu'on parle » dit Erik après le départ du notaire.
Wolf, qui s'apprêtait à partir, se figea.
« Je suis désolé…pour ta main » dit-il sans se retourner.
« Ce n'est pas de ça dont je veux te parler. Aide-moi » dit Erik en activant son pouvoir.
Comprenant qu'il voulait faire un portail, Wolf lui prit la main et ajouta son énergie à la sienne. Il n'était pas nécessaire que toutes les personnes créant un portail sachent la destination, juste que ceux qui l'ignorent ne pensent pas à des destinations différentes au risque de déstabiliser le portail.
Quand le disque noir et bleu apparut, Erik le traversa sans hésiter, suivit par Wolf qui écarquilla les yeux en voyant où ils étaient.
« Qu…qu'est-ce qu'on fait la ? » demanda-t-il.
Erik déglutit. Il savait qu'il avait agit sur un coup de tête en amenant Wolf ici mais il espérait que cela le ferait réagir suffisamment pour faire sortir sa colère non exprimée.
Il s'avança vers la porte en bois de la ferme d'Henrick et Gerda et la poussa.
« Viens » dit-il.
Comme Wolf ne bougeait pas, Erik entra à l'intérieur et attendit en regardant autour de lui. Le corps du logis était propre et bien rangé. Cela faisait moins d'une semaine que ses occupants n'étaient plus venus si bien que la poussière n'avait pas eu le temps de se déposer.
Un léger bruit fit se retourner Erik. Dans un coin sombre, un gros chien gris s'était relevé et le regardait sans les yeux. C'était un chien de taille moyenne, gris sur la tête et le dos et blanc sur les pattes et le ventre avec une queue enroulée sur le dos. C'était Steinn, l'elghund d'Henrick. Cette race était plus souvent utilisée pour la chasse à l'élan mais Henrick s'en servait plutôt comme chien de garde. Du moins c'était avant. Steinn était un vieux chien et maintenant que son maître était mort il devait se laisser mourir. Il n'avait même pas touché à sa gamelle pourtant pourvue d'un généreux cuisseau de dinde. Les personnes qui étaient venus occuper du bétail d'Henrick avaient du aussi le nourrir.
Steinn renifla l'air et reconnu l'odeur d'Erik. Il n'y voyait plus grand-chose mais son odorat était encore très bon. Il se releva en chancelant et alla s'assoir à côté d'Erik. Il pencha légèrement la tête vers lui en quête de caresses et Erik accéda à sa demande.
Un grincement l'interrompit. Il releva la tête et vit Wolf pousser prudemment la porte. Steinn, qui avait aussi dressé l'oreille, sentit le nouvel arrivant et quand il reconnu l'odeur de Wolf, se précipita pour lui faire la fête en se frottant contre ses jambes. Le garçon mit un genou à terre et caressa le chien pour le calmer.
« Pourquoi tu m'as amené ici ? » demanda Wolf sans regarder l'autre garçon.
Sa voix était à peine maîtrisée. Erik savait qu'il avait trouvé la bonne solution mais il espérait qu'il saurait le gérer.
« C'est chez toi, non ? »
« Ce n'est plus chez moi » dit Wolf en se relevant et en se tournant vers la porte.
« Tu vas arrêter de fuir, oui ? » lui cria Erik.
Wolf se figea.
« Je ne vois pas de quoi tu parles »
« Cette maison est à toi, elle est à toi parce que tu en as hérité, parce que tes parents son morts. »
« Tais-toi ! » cria Wolf. « Tais-toi… »
La deuxième fois avait été dite dans un râle impuissant.
« Ils sont mort » continua Erik, « mais tu n'as pas besoin de les haïr. Tu n'a pas besoin de te haïr. »
« Pourquoi ? » s'exclama Wolf en donnant un coup de poing sur la porte. « Pourquoi ils ne m'ont pas écouté ? Pourquoi ils sont partis ? Pourquoi ? »
Wolf s'effondra sur le sol en pleurant.
« Pourquoi je n'ai pas pu l'en empêcher. »
Erik se rapprocha et tendit la main pour prendre son épaule mais se retint au dernier moment. Il fallait que Wolf évacue sa colère et sa peine.
« Je le savais ! Je savais qu'il allait se passer quelque chose, et pourtant…pourtant je n'ai pas pu. »
« Ce n'étais qu'un pressentiment, tu ne pouvais pas être sûr »
« Si ! Je le pouvais ! Je l'ai toujours pu ! Rappelle-toi ! Rappelle-toi toutes ces fois où je savais les choses avants quelles ne se produisent. Ça a toujours été comme ça. Je sens les choses ! J'ai senti qu'ils allaient mourir et je n'ai rien fait ! »
« Wolf… »
« Je les ai tués ! »
« Wolf » s'exclama Erik. « Tu ne les a pas tué ! Ils ont eu un accident ! Ils sont morts parce que la route était glissante et que l'essieu de leur charrette s'est cassée. Ce n'est pas de ta faute. »
Wolf se releva d'un bon et se précipita sur Erik pour lui prendre le col.
« Arrête, nom de Dieu ! Arrête de dire ça ! On ne sait pas si c'est vrai ! Peut-être que c'est moi qui l'ai fait, s'en m'en rendre compte ! Ça m'est déjà arrivé que mon…mon truc me fasse perdre le contrôle de mon corps, alors pourquoi pas de mes pouvoirs ? Hein ? »
Erik déglutit. Il avait peur mais il savait qu'il pouvait faire face.
« S'il d'avant y avoir un responsable se serait moi, non ? » dit-il d'une voix qu'il espérait assurée. « Après tout, c'est moi qui maîtrise les tempêtes de neige… »
Wolf le lâcha et recula comme s'il avait été frappé.
« Donc tu pense aussi que c'est moi ? »
« Non… » murmura Wolf.
« Tu pense que j'ai tué Henrick et Gerda ? »
« Non… » dit Wolf un peu plus fort.
« Tu pense que j'ai tué tes parents ? »
« Je sais plus ! » cria Wolf en se prenant la tête. « Je…je ne sais plus rien. Je veux…je veux juste… »
« Tous casser ? »
Wolf ne bougeait plus. Il ne disait plus rien. Il restait planté au milieu de la pièce, les mains sur le crâne.
« Arrête de tout retenir. Si tu as des choses à dire, dis-le ! »
Wolf resta immobile encore quelques instants avant de se mettre à crier. Il se précipita vers l'objet le plus proche, une assiette en terre, et le balança au sol. Il recommença à nouveau et se mit à saccager le corps de logis. Vaisselle, outils, chaises, tout y passait.
Erik s'était mit contre le mur pour échapper à la folie destructrice du garçon qu'il aimait alors que Steinn était couché tout contre lui en jappant, les pattes sur les yeux.
Quand il eut tout cassé autour de lui, Wolf tomba à genou et se mit à crier. Autour de lui, les débris des objets qu'il avait détruits se mirent à voler en tout sens alors que des tentacules d'ombres qui sortaient du corps de Wolf achevaient de tout détruire autour d'eux.
Erik et Steinn étaient tout deux épargnés par le chaos grâce à un bouclier que le jeune garçon avait formé autour d'eux avec sa baguette. Vu la force de la colère de Wolf, il n'était pas sur qu'un bouclier fait sans, avec son niveau plus que moyen, aurait été suffisamment stable.
Finalement, Wolf arrêta de crier et prit son visage entre ses mains pour pleurer. Les débris autour de lui retombèrent et les fouets d'ombre se dissipèrent lentement. Erik défit le bouclier et s'avança vers son amoureux. Il s'agenouilla à côté de lui et le prit dans ses bras.
Steinn, lui, s'avança prudemment vers son jeune maître avant de se coucha près de lui, la tête sur sa cuisse.
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Par la suite, Wolf sembla aller mieux. Enfin, c'était une façon de parler car il était souvent assez dépressif mais si Erik s'en référait aux travaux de la Serdaigle, c'était une avancée significative dans son deuil. A présent, seul Wolf pourrait faire le travail nécessaire à ce qu'il s'en sorte. Erik serait là pour le soutenir, de même que leurs amis mais il devrait s'en sortir seul.
Après la crise de Wolf dans sa maison, Erik et lui avaient utilisé la magie pour tout remettre en place. Alors qu'ils allaient partir pour rentrer au palais, Wolf avait vu Steinn qui se tenait sur le pas de la porte et avait décidé de le prendre avec eux. Cette décision était peut-être un peu hasardeuse vu qu'ils allaient bientôt repartir pour Poudlard mais Erik s'était dit qu'il serait mieux au château où il serait logé et nourri. Il pourrait toujours demander à Hagen de le surveiller.
Le premier septembre, à la gare, ils retrouvèrent Neville qui serra Wolf dans ses bras. Alors que le grand garçon avait refusé pendant quelques temps mes embrassades des ses amis, il accepta celle de Neville à la grande satisfaction d'Erik qui voyait le chemin que son petit ami avait parcouru.
Il arriva la même chose le soir quand ils arrivèrent au château. Hermione, les Jumeaux et tous les Serpentards lui présentèrent leurs condoléances et il les accepta. Il accepta même un baiser sur la joue de la part d'Hermione.
Quand Erik retourna dans le dortoir le soir, alors qu'il s'apprêtait à défaire ses affaires, il vit le livre des Fondateurs posé sur son bureau. Il fronça les sourcils et ouvrit son coffre. Non, toutes ses affaires étaient encore emballées et pourtant il était sûr de l'avoir rangé avec les autres.
Voyant qu'il brillait, Erik l'ouvrit et trouva un nouveau passage. Celui-là avait été écrit par le Serpentard.
« Par les dieux que cette analyse nous a été utile. Il faudra que le Serpentard s'excuse auprès de leur Aigle adorée de l'avoir traité d'insensible avec son étude comportementale. Enfin, pas vraiment s'excuser, plutôt lui faire comprendre que…en tout les cas il est heureux de constater que le Lion se porte mieux. La perte d'êtres chers est une épreuve si affreuse que le Serpentard n'ose imaginer ce qu'il pourrait ressentir mais il a été là. Il a été la avec la Serdaigle et la Poufsouffle pour soutenir leur ami Gryffondor dans cette épreuve. Avoir ceux qui comptent le plus autour de lui est ce qu'il faut a une personne en deuil…du moins je l'espère. Il est si dur de se tenir fort auprès d'une personne endeuillée. »
Il y avait une dernière page qui avait été écrite par le Gryffondor. Ce n'était qu'une seule phrase mais elle avait soulagé.
« Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps j'ai été heureux. »
À suivre…
Et voilà ! Bon je vous l'avez dit qu'il ne serait pas long mais 13 pages c'est quand même pas un petit chapitre.
En plus vous savez, ça aurait put être pire. La dernière fois que j'ai écrit un chapitre autant tourné vers les sentiments, c'était le chapitre 6 et j'ai arrêté d'écrire pendant 3 ans en plein milieu. Donc estimez-vous heureux.
Quoiqu'il en soit, qu'est ce que vous en avez pensé ? C'était bien ? Des trucs à changer ?...je vous ai fait pleurer ? Si j'y suis arrivé je dois avouer que je serais un chtit peu content.
Quoi qu'il en soit, les deux prochains chapitres seront assez longs car ils finiront la deuxième année. Donc ils vont être assez blindés.
Au fait, comme vous l'avez sans doute comprit, Uvlunge veut dire petit loup, louveteau en norvégien.
J'espère que je n'ai choqué personne avec mon passage sur le deuil, en particulier avant les cinq phases, quand je dis qu'on pleure plus la perte du lien qu'on a avec une personne plutôt que la personne elle-même. Mais ça se tient, après tout d'une personne qui meurt on dit « elle va ME manquer ». C'est donc un sentiment de perte pour soit avant tout qui nous rend triste. Il est vrai que la mort est triste, je ne le contredit pas. Ce que je dis c'est qu'une grande partie du deuil vient du fait de la perte d'une personne et pas de sa mort…
Quoiqu'il en soit je vous fais de gros bisous et à dans deux semaines !
