Non, c'est non ?
Chapitre 37.
Hermione venait de ranger ses affaires dans une petite sacoche qui passerait inaperçue chez les moldues. Elle s'assit à son bureau, et saisit une plume.
« Narcissa,
Tout d'abord, je souhaite m'excuser. De ce départ très rapide, trop rapide. De ne pas avoir pu te prévenir.
Je souhaite aussi te remercier. Donc merci. Merci pour tes conseils, tes histoires, ta confiance. L'écoute dont tu as fait preuve m'emplit d'une gratitute que je n'oublierai jamais, peut importe l'endroit où je serai. Merci d'avoir été ma seule amie, la seule avec qui je sentais que je valais un minimum, la seule en qui j'étais sûre de pouvoir avoir vraiment confiance. Je ne te dis pas où je me rends, Narcissa. Pardonne-moi pour cela aussi. Mais c'est trop risqué. Si on me retrouve, on m'exécutera pour avoir fui une demeure comme la tienne, pour avoir entendu trop de choses.
J'espère que l'on se reverra. Si tu envoies un hibou, j'imagine que je le recevrai, peut importe l'endroit où je suis. Mais on se reverra, j'en suis persuadée. Là, tu m'aurais regardée de tes beaux yeux bleus gris, et tu m'aurais chuchoté « encore tes intuitions ? ». J'aurai acquiéscé, et tu m'aurai écouté expliquer ce que je ressent lors de telle ou telle intuition.
Merci encore,
Affectueusement,
Hermione. »
La jeune femme cacheta la lettre, essuya une larme. Elle noua les lacets de ses bottines, qu'elle n'avait utilisées que sur l'herbe tendre du jardin des Malefoy depuis des mois. Elle enveloppa ses épaules dans un châle, et partit par la porte de derrière. Personne ne pensait plus à la surveiller, maintenant. Narcissa s'inquièterait dans une dizaine de minutes, irait dans la cuisine. Elle monterait dans la chambre d'Hermione, verrait la lettre. Attendrai peut-être une dizaine de minutes afin de me laisser de l'avance, et donnerait l'alerte, car sinon, Voldemort pourrait la tuer. Drago avait été catégorique, fait comme si de rien n'était, sors pas derrière et prends le portail principal. Tu arriveras dans un village. Vole un balai, et pars vers l'endroit que tu souhaites. Hermione soupira. Il lui avait aussi interdit de lui dire où elle comptait se rendre, car Drago, sous la torture, ne pourrait plus résister. Il l'avait embrassée, était partit. Hermione marchait maintenant seule. Elle était dans le village depuis une dizaine de minutes, elle s'aventura dans une rue sombre, celle que lui avait indiquée Drago. Elle découvrit bientôt un magasin, le seul magasin de magie du village. Il ressemblait à n'importe quel magasin de bibelots magiques que les enfants achètent pour Halloween, mais c'est fait exprès, l'avait rassuré Drago. Hermione entra, une femme au visage sombre la dévisagea.
-Il est 23:00, on est fermés.
-Je veux un balai.
-Je vous dit qu'on est fermés. Halloween, c'est pas tout de suite.
-Arrêtez de me prendre pour une vulgaire moldue. Je veux un balai. Le plus rapide qui soit. Mettez tout cela sur la note de Drago Malefoy. Il vous a annoncé il y a deux jours qu'il repasserai Samedi pour payer le tout. Il paiera aussi mon balai.
-Je... Vous en êtes sûre ?
-Evidemment.
-Très bien.
Elle se leva lentement, sans cesser de fixer Hermione. Elle se dirigea vers un petit placard à balais, et quand elle ouvrit, un grand couloir fut visible aux yeux d'Hermione.
-Approchez Mam'zelle.
Hermione s'éxecuta, et entra dans la pièce, devant la femme qui referma son placard. Elle descendirent les marches, et Hermione se retrouva dans un univers très familier, qui lui fit plaisir. Son coeur se mit à battre, elle se sentit heureuse. Pourtant, une nostalgie la prit à la gorge. Elle se dirigea vers l'endroit que lui présentait la dame, et observa les balais. Comme elle ne touchait à rien, la sorcière s'impatienta et présenta un balai flambant neuf à la brunette.
-Le plus rapide que j'aie. C'est le plus récent que vous puissier trouver dans tous les magasins anglais. Evidemment, il ne vaut pas grand chose à côté de celui que les français nous ont envoyé, mais ceux-là, ils ne sont pas encore à vendre.
-Drago vous paiera le double si vous m'en donnez un maintenant.
-Je... Ne crois pas que se soit une bonne idée.
-Un balai, le plus rapide qui soit, doit coûter... Combien ?
-Le français coûte 1200 gallions d'or.
-Le double, vous ne l'aurez pas de si tôt, je me trompe ?
-Non, marmonna la sorcière.
-Très bien, Drago vous paiera le double, maintenant donnez moi ce balai, ordonna Hermione.
La sorcière baissa la tête devant la sûreté et la dureté d'Hermione, et s'executa. Elle ouvrit un placard scellé de nombreux sortilèges, avant de tendre un balai magnifique et orné de tiges transparentes dans le manche en bois vénitien. Quand elle le toucha, les tiges devinrent dorées.
-Ah. Poudlard, n'est-ce pas ?
-J'y étais. L'année dernière, pourquoi ?
-Griffondor ?
-Oui. Pourquoi ces questions ?
-Rendez-moi le balai.
-Pourquoi donc ?
-Parce que les Malefoy haïssent les griffondors. Donc vous ne pouvez pas connaître Drago Malefoy.
-Je suis sa petite amie, en fait.
La femme se recula, et observa Hermione. Elle murmura une incantation de Magie Noire que la jeune femme ne connaissait que trop bien, et la vieille femme haussa les sourcils.
-Très bien. Partez.
Hermione ne se fit pas prier, sortit et monta sur le balai. Elle avait le vertige. Elle avait toujours eu le vertige. C'était le mauvais côté du plan sans feintes de Drago. Elle grimpa, les deux jambes d'un côté, comme quand elle montait à cheval, quand elle était jeune. Puis elle s'envola. Le balai ne s'ébroua pas. Il accéléra facilement. Hermione se rendait compte qu'elle volait seulement parce que ses cheveux virvoltaient dans le vent. Sinon, cela aurait été comme rester statique sur un balai pour enfant, de ceux que l'on offre aux petits sorciers, pour Noël. Des goutelettes de froid se coinçaient dans ses cheveux. Elle sentait le froid sur ses joues qui devaient avoir une couleur rosée.
Quand elle atterit sur une herbe gorgée d'eau du centre de Londres, Hermione se rendit compte qu'elle avait volé toute la nuit, faisant moult détours, souhaitant ne pas se faire suivre. Il était à peine 5:00, et le centre était vide. Presque. Un sans domicile fixe était allongé sur un banc, il dormait. Cuvait ? Hermione ne s'interrogea pas plus longtemps sur cet homme insignifiant. Londres était désert. Personne. Personne dans la capitale. La jeune femme n'en revenait pas. Elle descendit vers le métro qui la conduirait dans la banlieue, là où elle retrouverait la maison de ses parents. Durant le chemin, elle continua de s'interroger longuement, et sombra dans le sommeil.
