C'était le bon temps, quand on voulait dominer le monde par la peur, hein, Rufus?
Rufus et Dark Nation parlaient doucement, dans la lumière du matin, toujours dans le lit, lorsque le blond sentit Dolly s'éveiller à ses côtés. La panthère dut le voir aussi, car elle cessa aussitôt de parler. Elle ne parlait que pour lui après tout. Elle vivait selon des règles différentes des siennes, et il y était habitué, depuis le temps qu'il la connaissait.
Il embrassa donc Dolly en la saluant, et ils déjeunèrent, jusqu'à ce que Dolly soupire en regardant l'heure.
-Il va falloir se préparer, déjà huit heures, on doit être sur le plateau à neuf heures trente… Ça va aller pour ton planning ?
-J'ai une bonne secrétaire, répondit Rufus en repoussant son plateau-repas vide, elle fait des miracles à ce niveau…
-Elle est mignonne et gentille en plus, dit Dolly, je lui ai laissé mon numéro de PHS…
-Ça promet, ça…
-Je ne suis pas contre les amitiés nouvelles…
-Oui, mais je crois qu'elle se cherche une nouvelle copine, tu feras attention si elle se montre trop entreprenante…
-Pourquoi, tu es jaloux ? Tu as peur qu'elle me drague ?
-Bon, je me la ferme…
Rufus alla s'asseoir au bord du lit, mais Dolly lui fit un câlin par derrière, se collant dans son dos.
-Avoue que tu es jaloux !
-Je n'ai même pas le droit de l'être après tout ce que je t'ai fait subir à ce niveau-là…
-Alors tu ne l'es pas, répondit Dolly, boudeuse. Et si on vient me draguer sous ton nez, tu t'en ficheras…
-Non, mais je ne peux quand même pas taper une femme !
-Et si c'est un homme qui me drague ?
-Là je me retiens pas.
-Je t'aime !
-Moi aussi…
Dolly le serra à nouveau dans ses bras, et Rufus lui embrassa doucement les lèvres.
-Et moi, dit-elle au bout d'un moment, j'ai le droit de taper ?
-Hm… d'accord, répondit Rufus, mais arrange-toi pour que ça passe pour un accident.
-Promis ! J'aurais dû accidentellement arracher la tête de la brunasse d'hier soir…
-Pas trop de sang, quand même… les taches de sang, ça part difficilement, surtout sur mes vêtements blancs, dit Rufus en soupirant avant de continuer. Le problème, c'est que je dois toujours rester diplomate, mais il y a des hystériques et des imbéciles qui ne comprennent vraiment rien…
-Et bah tu sors ton flingue et BANG ! répliqua Dolly. Vite expédié, à la bonne vieille méthode !
-C'était le bon temps, mais je ne peux plus faire ça maintenant, soupira Rufus.
-C'est vrai… quoique moi je faisais surtout ça au corps à corps…
-Moi je laissais parfois Darken faire le travail… ça te manque, hein, Darken ?
Rufus gratouilla la tête de Dark Nation, pensif. Avant, il n'hésitait pas à tirer sur les gens qui se mettaient trop sur son chemin à son goût. Ou à envoyer la panthère leur arracher un membre ou deux. Il évitait généralement de les tuer à moins qu'ils insistent, mais c'était la seule méthode qu'il connaissait à l'époque : pour dominer les autres, il faut user de la violence et de la peur. Mais il avait échoué, et il en avait durement payé le prix. Et maintenant qu'il était à la tête d'un monde qu'il fallait reconstruire, il ne pouvait plus utiliser cette méthode. En tout cas il ne pouvait plus tuer les gens impunément pour un oui ou un non – pas comme avant. C'était peut-être un signe de maturité… ou de faiblesse… ou un peu des deux…
Dolly finit par se lever, et se dirigea vers la penderie, lui demandant ce qu'il pensait qu'elle devrait porter.
-Si je dis chic et sexy, tu peux trouver quelque chose ? Et il faut aussi que ça aille avec mes vêtements blancs.
-Pas du noir, alors… prune, tiens… Et pour mes pieds, des bottes ou des sandales ?
-Il fait chaud en studio, tu peux mettre des sandales.
Dolly alla donc s'enfermer dans la salle de bains pendant quelques instants, et en sortit habillée d'une jolie robe prune juste assez sexy sans tomber dans le vulgaire, et de jolies sandales à talons hauts assorties. Elle s'était aussi peignée, simplement – le studio se chargerait de la coiffure et du maquillage. Elle aida ensuite Rufus à se vêtir (non sans l'agacer et le torturer, oh, juste un peu), et il s'installa lui-même dans son fauteuil roulant. Il se sentait assez en forme dernièrement… Il espérait que le traitement de Maboroshi fonctionnerait, pour se débarrasser un jour de ce fauteuil roulant… apparemment, il avait commencé à tester sur des lapins, si ça se trouvait les prochains repas du scientifique, ça serait du civet…
Dolly poussa son fauteuil jusqu'à l'extérieur du manoir, où la limousine les attendait. Elle jeta un regard nerveux alentour.
-Pas de Turks pour nous accompagner ?
-Je crois que Reno est déjà là-bas, avec quelques gardes pour sécuriser la zone et empêcher les journalistes et autres de nous harceler…
-Ok…
Elle l'aida à s'installer dans la limousine, avant de s'asseoir à ses côtés. Elle jetait toujours des regards de tous les côtés. Rufus, sentant sa nervosité, lui prit la main.
-Ça me stresse un peu, plus que chanter, dit Dolly en s'appuyant sur lui.
-C'est vrai que tu n'as pas l'habitude… T'en fais pas, ça va aller, ce n'est pas grand-chose.
-Oui…
Ils restèrent silencieux tout le reste du trajet, se préparant mentalement tous les deux, Rufus arrangeant quelques réponses toutes faites aux questions qu'on risquait le plus de lui poser, et Dolly respirant le plus calmement possible. Mais elle sembla de nouveau tout aussi nerveuse lorsqu'ils arrivèrent devant le studio, où une foule semblait les attendre devant la porte arrière.
-Ru… on dirait que tes fans se sont donné rendez-vous… et il y a plein de journalistes, dit-elle d'une petite voix
-Heureusement que les gardes ont mis des barrières pour nous faire un chemin, sinon…
Rufus sentait que Dolly retenait sa panique, et il serra sa main à nouveau dans la sienne. La limousine s'arrêta devant le « chemin » où les gardes s'efforçaient de retenir les barrières et de contenir la foule hurlante. Ils virent s'approcher Reno, qui botta gentiment quelques fans qui se penchaient un peu trop à son goût, avant d'aller préparer le fauteuil de Rufus et de lui ouvrir la portière.
-C'est légèrement un peu fou, ici, commenta le Turk aux cheveux rouges en soulevant son patron.
-C'est pour ça que je ne fais pas ces émissions, normalement…
Il laissa Reno l'aider à s'installer dans son fauteuil, sans jamais lâcher la main de Dolly. Ils se dirigèrent ensuite rapidement vers le studio, le plus rapidement possible avant que les barrières ne cèdent et qu'ils soient submergés par la foule. Heureusement, la foule semblait hystérique de la « bonne » manière en le voyant avec Dolly… c'était déjà rassurant.
OoOoO
Dès qu'ils eurent franchi les portes du studio, ils furent entraînés chacun dans une direction différente. Dolly se fit donc coiffer et maquiller, et avant même de comprendre ce qui se passait, elle était assise sur un divan, où Rufus ne tarda pas à la rejoindre, lui aussi entraîné par le personnel du studio, dans le décor de l'émission. Les caméras ne fonctionnaient pas encore, par contre le public était bien là, applaudissant et discutant. Finalement les animateurs firent leur entrée, ça y est, c'était commencé. Ils auraient pu prévenir, au moins…
L'animateur, une belle gueule mais sans plus, fit l'introduction après s'être assis et divers saluts, alors que l'animatrice exhibait son décolleté en souriant de toutes ses dents et même plus.
-Aujourd'hui nous avons le plaisir de recevoir parmi nous celui qui fait rêver toutes les femmes de Midgar et d'ailleurs, le Président Rufus Shin-Ra en personne, accompagné de mademoiselle Whitestone.
Il leur sourit, alors que lui et sa collègue potiche s'asseyaient en face. Dolly s'était complètement crispée, mais elle s'efforçait de sourire aussi, de son mieux. À côté d'elle, Rufus avait son air aimable habituel. Pas paniquer, pas paniquer…
-Tout d'abord, reprit l'animateur, je vous remercie de votre présence ici, Rufus. Votre notoriété n'est plus à faire, mais pourriez-vous nous présenter la jeune femme qui vous accompagne ?
-Hé bien, répondit Rufus, disons qu'elle a volé mon cœur ?
-Ooooooooooooh, comme c'est romantiiiiiiiiique ! s'exclama l'animatrice sous les acclamations émues du public.
Dolly trouvait que c'était à pleurer, mais il fallait bien jouer le jeu…
-Oh, et comment vous êtes vous rencontrés ? demanda l'animateur. Racontez-nous tout ! Et n'hésitez pas sur les détails !
Et elle se demanda s'il allait faire comme avec ses parents et mentionner l'interrogatoire, mais Rufus eut la sagesse de sauter cet épisode.
-Nous nous sommes rencontrés dans une soirée, elle y chantait, et je suis tombé sous le charme…
-Et vous, Victoria, vous en dites quoi ?
Ah merde, il faudrait qu'elle ouvre la bouche… elle réussit à parler sans se mettre à vomir de nervosité, et à sa grande surprise elle put avoir un ton assez naturel.
-Je dis… qu'heureusement il était là, c'est vrai que j'avais plutôt envie de lui coller une gifle au début, mais finalement comme la soirée était vraiment emmerdante on a trouvé un terrain d'entente pour s'enfuir…
-Et c'est comme ça qu'a commencé la romance ? questionna l'animateur en faisant un sourire crispé.
-Hé bien je l'ai emmenée à la Tour… et c'est là que tout a vraiment commencé…
-Dites-nous en plus ! s'exclama l'animatrice qui se dandinait sur son siège. On est tous curieux !
Bah oui, des détails, et puis quoi encore, leur faire un exemple de leurs moments intimes ? Dolly échangea un regard avec Rufus. Et il fit un petit signe de la main et secoua la tête.
-Je n'ajouterai pas de détails à cette heure d'écoute, ni à aucune autre d'ailleurs, dit-il.
-D'accord, d'accord, dit l'animateur après un rire travaillé. Alors dites-nous, quels sont vos projets à tous les deux ? Je sens que les jeunes filles ici vont sortir leurs mouchoirs…
Dolly préféra laisser Rufus répondre. C'était assez ridicule en fait, pourquoi avait-elle tant voulu venir, finalement ?
-Je crois que prendre un peu de temps pour nous deux serait bien… malheureusement, avec le géostigma, je ne peux pas me permettre de voir trop loin.
-Mais le mariage alors ? Et les enfants ? dit l'animatrice qui faisait une moue déçue.
Fixant un point au sol, Dolly répondit mécaniquement :
-On peut s'en passer, ce n'est pas dans nos projets.
-Pas de projet de famille en vue alors ? Comme c'est dommage…
-Pour l'instant, nous allons nous contenter de former une famille à deux, dit Rufus.
-Et est-ce que vous avez d'autres projets ?
Rufus fit un léger regard à Dolly, et celle-ci répondit, soudain beaucoup plus intéressée à répondre :
-Au niveau professionnel plutôt, je prépare un album, et dans quelques jours j'ouvre un night-club avec ma sœur, le « Kuroneko ».
-C'est fantastique tout ça ! dit l'animateur. Vous pourriez peut-être nous interpréter une chanson ?
On lui tendit un micro, et Dolly se leva nerveusement, alors qu'on passait la musique d'une chanson connue. Elle s'exécuta aussitôt, beaucoup plus à l'aise à chanter qu'à répondre à un questionnaire débile. Lorsqu'elle eut fini le refrain, la musique s'arrêta, et le public l'applaudit.
-Vous avez une voix superbe, commenta l'animateur lorsqu'elle se rassit.
-Merci…
-Mais oui, elle est superbe et magnifique, ajouta Rufus qui l'embrassa tendrement sur les lèvres.
Dolly se sentit rougir, alors que l'animatrice connasse et le public poussaient des cris d'excitation. Heureusement, il ne fit pas durer le baiser, et l'émission achevait.
-Nous sommes vraiment ravis d'avoir pu vous recevoir sur notre plateau, dit l'animateur, nous espérons que vous reviendrez prochainement, vous êtes les bienvenus ! Je crois que des dizaines de jeunes filles vous envient actuellement, Victoria, et doivent pleurer devant leur écran !
Il rit bêtement sous les applaudissements du public, jusqu'à ce que le réalisateur indique que tout était dans la boîte. L'animateur perdit alors tout son faux sourire, prenant un air plus bête que ses pieds, et retourna se faire maquiller. L'animatrice, elle continuait de sourire, mais c'était peut-être à cause du botox… Dolly soupira intérieurement et se tourna vers Rufus, qui avait aussi cessé de sourire, sans tourner trop bête non plus.
-Tu crois que ça s'est bien passé ?
-Tu n'as qu'à juger, répliqua Rufus en pointant le public.
Elle n'osa pas regarder dans cette direction, et fit plutôt signe à Reno s'approcher. Celui-ci vint avec le fauteuil roulant du Président.
-Bien placée, la pub pour le bar, dit-il en rigolant.
-Si ça peut attirer du monde…
Dolly se leva pendant que Reno aidait Rufus à s'installer, et elle dit à voix basse, pour être sûr qu'on ne l'entende pas :
-On est mercredi, et le Kuroneko ouvre samedi… ça va aller vite et j'ai plein de choses à régler et de rendez-vous entretemps… La maison de disques m'a appelée, aussi… Ru, je ne sais pas si on va beaucoup se voir pendant les prochains jours.
-Hm. Je peux te réserver deux petites heures, demain ?
-Oui, pourquoi ? demanda Dolly, intriguée.
-Oh, ça sent le ménage à trois, commenta Reno.
Dolly se retint de lui donner une baffe, et se tourna vers Rufus alors qu'ils quittaient le plateau, s'avançant lentement dans le studio encombré.
-Tu veux que je vienne à la Tour demain, alors ?
-Ça serait plutôt le matin, dit Rufus.
-Ok, pas de problème, j'ai rendez-vous seulement le midi, ça devrait aller…
-Alors tu vas rester avec moi cette nuit ?
-Cette nuit oui, répondit Dolly en lui prenant la main, par contre quand le club sera ouvert je devrai rentrer tard la nuit, on ne pourra pas dormir tous les jours ensemble…
-Au moins je suis prévenu, là.
-Sinon j'irai travailler là-bas un peu, dit Rufus.
-Ah oui ? s'excita Dolly. Tu pourrais reprendre la guitare, et on fera des duos d'enfer, et-
-Je parlais d'aller travailler sur mes dossiers là-bas pendant que tu chantes, l'interrompit Rufus.
Et soudain elle se sentit très bête, mais les hurlements venant de l'extérieur lui permirent de détourner la conversation, et elle se tourna vers le Turk roux.
-Reno, tu peux nous sortir de là vivants ? Ça a l'air encore pire que tout à l'heure !
-Pas par là, on passe par le toit, répondit-il. Les gardes n'ont pas tenu.
-Ils sont toujours vivants au moins ? s'inquiéta Rufus.
-Oui, mais il y en a un de salement amoché, il s'est fait piétiner…
La vie de garde, ce n'est pas facile quand on travaille pour la Shin-Ra, se dit Dolly. Même en temps de paix ils servent de chair à canon…
-Donc on passe par le toit, dit Dolly, et rendus là on se fait pousser des ailes, ou bien on vient nous chercher en hélico ?
-Bah, y'a l'hélico…
Et ainsi ils prirent l'ascenseur et arrivèrent au toit, où Rude les attendait dans l'hélico prêt à décoller. Mais Dolly, regardant sa montre, vit qu'elle allait bientôt être en retard pour un rendez-vous avec la maison de disque.
-J'ai une rencontre importante très bientôt…
-On peut aller te porter pas trop loin, si tu veux, proposa Rufus.
-Laisse, répondit-elle, je vais sauter d'immeuble en immeuble.
Il fallait bien que ses cellules de JENOVA servent de temps en temps, non ? Mais Rufus la retint par le bras.
-On est sur l'immeuble de la télé, il y a des centaines de gens qui nous regardent en bas et tu me dis que tu veux sauter comme ça ???
-Bon, ok, je saute pas alors…
Boudeuse, elle alla s'installer dans l'hélico, alors que Reno se démerdait avec Rufus. Mais une fois qu'ils eurent décollé, lorsqu'elle vit l'immeuble de sa maison de disques en bas, elle décida impulsivement d'ouvrir la porte de l'appareil, l'air s'y engouffrant soudainement avec violence, et dit simplement « À ce soir » avant de se laisser tomber sur différents toits d'immeubles, jusqu'à celui où elle avait son rendez-vous. Victoria Whitestone était une femme qui n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire, et quoi ne pas faire.
OoOoO
Rayela, la secrétaire principale du Président Rufus Shin-Ra, était occupée à son boulot, comme d'habitude. Le Président lui-même était arrivé depuis peu de temps, lorsque le chef des Turks, Tseng, vint lui demander à elle s'il était libre. Elle lui fit signe qu'il pouvait entrer, ce qu'il fit, laissant la porte entrebâillée derrière lui. Ainsi, malgré elle (comme d'habitude), elle entendit de la bonne matière à potins. Déjà, le mariage des deux Turks faisait jaser à la Shin-Ra
-Monsieur, excusez-moi de vous déranger, dit le Wutaien, mais j'aurais une faveur personnelle à vous demander…
-Oui ?
Le cliquetis des doigts du Président sur son clavier d'ordinateur s'arrêta.
-Voilà, dit le Turk d'un ton gêné et hésitant qui lui était peu habituel, Elena et moi avons prévu la date de notre mariage pour le mois prochain, et… je me demandais… si vous accepteriez d'être mon témoin.
-Oh, mais ça me ferait plaisir… normalement c'est quelqu'un de la famille qui s'en occupe, mais je suppose que dans ton cas…
-Oui, je ne suis pas vraiment… proche d'eux…
C'est sûr qu'un traître à sa patrie qui retourne vers sa famille pour leur demander de bénir son mariage, ça peut difficilement finir de manière heureuse, se dit Rayela.
-Ne t'en fais pas pour ça, dit Rufus, en tout cas moi j'en suis absolument ravi.
-Je vous remercie d'accepter, je vais apprendre la nouvelle à Elena.
-Je crois qu'elle n'a pas décidé encore, elle est indécise sur beaucoup de choses en fait, et elle n'en finit pas d'essayer des robes…
-On la reconnaît bien, là ! s'exclama Rufus en riant.
-Oui, j'espère qu'on va arriver à finir tous les préparatifs avant la date prévue. En tout cas je vous remercie d'avoir accepté, je ne vais pas vous déranger plus longtemps…
-Si tu as besoin d'aide pour autre chose, tu n'as qu'à me demander…
-Bien, monsieur.
Et le Turk, toujours aussi formel, quitta le bureau en s'inclinant, passant devant la secrétaire en prenant son PHS, probablement pour avertir Elena. Ils étaient mignons, ces deux-là, depuis qu'ils s'étaient avoué des choses… ils faisaient beaucoup d'envieuses parmi les secrétaires, en tout cas. Un amour jamais avoué qui finit par éclore, c'est toujours romantique…
Une bonne heure plus tard, après une quarantaine d'appels et un casse-tête de rendez-vous, ce fut un livreur (autorisé par la Shin-Ra, pour avoir pu monter jusque-là) qui fit son apparition, avec un grand bouquet de fleurs, des roses blanches.
-J'ai une livraison pour monsieur Shin-Ra…
-De la part de qui, je vous prie ?
Le livreur consulta son calepin. Si c'était un nom inconnu, ça voulait dire que c'était une fan, en tout cas elle devrait se débarrasser des fleurs, comme si elle n'avait que ça à faire… mais il lui dit finalement que le bouquet venait de Victoria Whitestone. Aussitôt, la secrétaire retrouva le sourire, et le laissa entrer dans le bureau du Président. Un autre couple mignon, tiens…
-Monsieur Shin-Ra, une livraison pour vous…
-Ah, c'est joli… vous pouvez le laisser sur le bureau, s'il vous plaît.
Le livreur fit signer le Président, avant de le laisser. Et quelques instants plus tard, le Président appela Rayela pour qu'elle vienne dans son bureau.
-Tu peux venir t'occuper des fleurs, s'il te plaît ?
Elle vint donc récupérer l'énorme bouquet, trouva un vase qu'elle remplit d'eau, coupa les tiges avant de les y mettre. C'était quand même du boulot plus sympa que de répondre à des putains d'appels… Elle vit une petite note avec les fleurs, et put lire : « Désolée d'être partie comme ça, les fleurs c'est pour me faire pardonner, j'espère que tu les aimeras, c'est mes préférées. À ce soir. Dolly. » Définitivement, ils étaient mignons, ces deux-là, se dit Rayela en voyant le sourire du Président alors qu'il lisait la note. Elle prit le temps de bien placer les fleurs sur le bureau, avant de retourner à son poste. Si elle pouvait aussi se trouver une fille gentille comme ça, tiens, ça lui dérangerait moins de bosser autant…
