Réponse aux reviews :

Popi : Encore une partisane du couple Nate/Allie ? Il faut que je revoie mes statistiques !Je ne crois pas avoir déjà reçu une de tes reviews (difficile de savoir avec les anonymes) alors je te remercie et te dis à bientôt !

Izzy : Ah ben non apparemment tu n'es pas la seule à penser que Nate et Allie vont bien ensemble, mais ça fait du bien de voir que je suis soutenue ^^ Bisous

alicetwilightF.F : Contente de relire tes reviews, je te souhaite de retrouver très vite un ordi ! Comme tu vas le constater, la famille d'Allie sera trop heureuse de la revoir pour lui en vouloir d'avoir laissé Elliot mais tu as raison d'avoir peur pour lui !

Kischigo : On dirait que pour le plaisir de me contredire, tous les lecteurs ont décidés qu'ils étaient pour Nate ^^ Mais je ne vais pas m'en plaindre ! Evidemment que le chagrin d'Allie pour Matthew est un problème, mais elle n'est pas suffisamment empathique pour sacrifier son bonheur à celui de Matthew. Ce n'est pas son genre de se mettre trop de barrières.

Guest : Hé bien le paaauuvre Elliot va rester prisonnier des Enfants de la Lune qui vont le menacer de tuer sa sœur (il ne peut pas savoir qu'ils ont déjà essayé) si jamais il se téléporte pour rentrer chez lui ! On le revoit au chapitre 35 !

Lyylla : Allie est quelqu'un de très (trop) honnête et elle ne pouvait pas cacher ses sentiments à Nate, alors que lui est plus réaliste et a le sens des priorités : il sait très bien que tant qu'il voudra détruire sa famille, ils n'auront aucun avenir ensemble. J'aurais peut-être dû cocher « drama » ^^

Katiedu946 : je proteste, j'adore mes fins de chapitre, surtout la fin de ce chapitre-ci qui est encore une chuuute ! Mais si je m'habitue très bien à me faire détester, le jour où tu me diras que tu m'adores il y aura un problème ^^

Chattoncharmant:merci encore pour tes reviews, et tu ne savais pas que sadique est mon deuxième prénom?


Chapitre 34

11h 29, 06 janvier

-Je vous dis que je suis la fille de Jacob et de Renesmée, m'énervai-je.

Les deux femmes vampires en face de moi échangèrent un regard incrédule, peut-être dû au fait qu'après trois jours passés à voyager en pleine nature, j'avais l'air d'une vraie sauvageonne. Cela dit, elles n'avaient rien à m'envier, compte tenu du fait que les vêtements (peaux de bête) qu'elles portaient étaient digne de ceux de la préhistoire.

J'étais tombée sur elles en m'approchant de Forks. Elles se trouvaient sur l'un des chemins de ronde de notre territoire, et par déduction devaient donc patrouiller pour le compte de ma famille, hypothèse qui fut confirmée lorsque l'une des femmes repoussa ses longs cheveux noirs derrière ses épaules et déclara avec méfiance :

-Tu sens l'Enfant de la Lune.

-Normal, je viens de m'échapper de chez eux, rétorquai-je. Bon, ce n'est pas tout mais j'aimerais bien voir ma famille, maintenant.

Je partis en direction de la villa des Cullen sans attendre de réponse. Si ma famille avait contacté ses alliés, il y avait de fortes chances pour que je trouve mes parents là-bas. Les deux vampires m'emboitèrent le pas tandis que la première disait :

-Nous sommes Senna et Zafrina, des amies de Nessie. Tu dois être Rosalice. Nous avons beaucoup entendu parler de toi.

-Allie, corrigeai-je sans aménité.

J'avais beau savoir que ma mère avait beaucoup de relations au sein de leur espèce, je n'aimais pas trop les vampires aux yeux rouges. Ils n'avaient rien à voir avec les Cullen.

Lorsque des effluves familières (parfum de loup-garou, odeur de sang mêlé) parvinrent à mes narines, je commençai à courir en veillant toutefois à ne pas aller trop vite –un reste de politesse.

-Quand est-ce que ma famille vous a demandé de venir ? demandai-je tout en avançant.

-Il y a trois jours, avec la disparition de ton frère, répondit Zafrina. Nous sommes soixante-dix toutes races confondues.

Trente loups-garous, quarante vampires. Manifestement, la côte de popularité de ceux qui dirigeaient le monde vampirique n'avait pas diminué.

Nous fîmes le reste du trajet en silence. Zafrina et Senna m'escortèrent jusqu'à ce que la villa des Cullen apparaisse. Je sortis de la forêt et me dirigeai droit vers la grande maison aux baies vitrées.

Il y avait un nombre incalculable de vampires aux alentours : j'en voyais une dizaine, éparpillés ça et là autour de la villa et j'en sentais deux fois plus.

Un attroupement était formé devant le perron et je tendis le cou pour apercevoir Jasper qui tentait manifestement d'apprendre quelques rudiments d'autodéfense à un nouveau-né dont les cheveux auburn me semblaient vaguement familiers. La jeune vampire tenta de frapper Jasper et, quand elle manqua son coup, son visage s'orna d'une grimace puérile reconnaissable entre toutes.

Madison.

A côté d'eux se tenait un jeune loup au pelage roux clair. Lorsque les yeux couleur ambre de Will croisèrent les miens, il bondit sur ses pattes en jappant. Son hululement était sans doute destiné à prévenir la meute, mais il eut également pour effet d'attirer l'attention de toutes les personnes présentes.

Mon frère sautilla autour de moi tout en me donnant des coups de tête. J'éclatai de rire et nouai mes bras autour de son cou poilu.

-Ne répète à personne que je t'ai dit ça, mais tu m'as manqué, grommelai-je en enfouissant mon visage dans son pelage.

Je ne savais pas s'il était toujours en colère contre moi, mais j'avais récemment découvert qu'il était tout à fait possible d'être horripilé par quelqu'un et d'avoir des sentiments forts à son égard.

Carlisle, Esmée, Alice, Emmett, Rosalie, Edward, Bella et Lily sortirent en trombe de la villa mais je n'eus pas le temps de les saluer parce que Papa arriva comme une fusée par l'autre côté. Sous forme humaine, il se servit sans remord de ses bras musclés pour éjecter les vampires de son chemin et se ruer vers moi.

Will eut juste le temps de s'écarter avant qu'il ne me serre dans ses bras à m'en étouffer. Du coin de l'œil, je vis une Porsche bleue arriver en trombe vers nous et freiner au dernier moment dans un crissement de freins. Papa ne me lâcha que lorsque Maman, après être sortie de sa voiture, se faufila entre lui et moi pour m'étreindre de toutes ses forces.

-Rosalice Leah Aiyana Black, j'ai cru que je ne te reverrais jamais ! gémit-elle.

J'étais incapable de répondre et laissai donc passer l'utilisation du prénom le plus atroce du monde. Bon sang, mes côtes allaient rendre l'âme.

-A moi, à moi ! piétina quelqu'un à côté de nous.

Je baissai les yeux pour voir Sarah et Liza, leurs prunelles brunes agrandies par la joie. Je me baissai pour les serrer contre moi. Leurs deux paires de bras s'enroulèrent autour de moi et je me sentis définitivement en sécurité.

Lily et les Cullen m'entourèrent pour m'enlacer à tour de rôle ou me presser l'épaule. Lily posa ses mains sur mes avant-bras et me demanda d'une voix angoissée :

-Où est Elliot ?

-Les Enfants de la Lune ont essayé de me tuer parce qu'ils n'avaient plus besoin de moi. Ils me croient morte maintenant, alors je me suis enfuie. Et j'ai laissé Elliot là-bas.

Les doigts de ma cousine se crispèrent autour de ma manche. J'attendis que ma famille laisse exploser la même colère que celle que je ressentais à mon égard, mais rien ne vint.

-Je savais qu'il n'aurait jamais dû partir, grommela Papa en passant nerveusement sa main dans ses courts cheveux noirs.

Un fugitif sentiment de culpabilité traversa le visage de Lily et Will se trémoussa.

-Ils ne vous ont pas fait de mal ? s'enquit anxieusement Maman avant de froncer les sourcils comme si elle réalisait sa propre bêtise. Je veux dire, mis à part le fait qu'ils ont tenté de te…

Je secouai la tête.

-Non, ils ne sont pas violents inutilement.

-Pourquoi Elliot ne se téléporte pas pour rentrer à la maison maintenant ? demanda Sarah d'une petite voix.

-Il croit que je suis toujours là-bas et qu'ils me feront du mal s'il s'échappe. Ecoutez, je veux bien répondre à vos questions, mais avant, où est Matthew ?

-Il doit être en train de revenir de sa patrouille, répondit Papa avant d'admettre en grimaçant : Il est possible que j'ais été un peu dur avec lui et ton frère quand ils ont laissé Elliot s'en aller.

Ils avaient eu la mauvaise idée du siècle, mais étant donné que c'était grâce à ça que je m'étais échappée, je ne pouvais pas me plaindre.

-Je reviens tout de suite, promis-je en commençant à m'éloigner d'eux.

-Tu as intérêt, grogna Papa, et sous la plaisanterie je sentis que lui et Maman étaient à bout et n'en pouvaient plus de s'inquiéter sans cesse pour leurs enfants.

Je détalai en direction de la frontière nord en prenant le chemin le plus direct pour y parvenir. Comme Matthew avait forcément entendu l'appel de Will, j'étais sûre que ma route croiserait la sienne à un moment donné.

Quelques kilomètres plus loin, alors que je m'approchai de la frontière avec les terres Quileute, j'entendis des grosses pattes marteler le sol et je vis un énorme loup noir se ruer vers moi.

Il freina des quatre fers en m'apercevant, produisant un impressionnant nuage de poussière autour de lui.

Moi, je ne m'arrêtai pas, me contentant de me ruer vers lui et de m'accrocher à son poitrail velu alors qu'il poussait un hululement de joie qui dût s'entendre à des kilomètres à la ronde. Je nouai mes bras autour de son cou, plongeant mes mains dans son pelage soyeux.

Matthew léchait mon visage comme s'il ne m'avait pas vue depuis des années. Je fermai les yeux tout en traçant des cercles sur sa tête du bout des doigts, ce qui le fit gronder de plaisir.

Il n'y avait pas besoin de mots entre nous. Nous avions beaucoup de choses à nous dire et à expliquer, mais pour le moment nous étions juste heureux d'être ensemble, rien que tous les deux.

De toutes les personnes que je venais juste de retrouver, il était celle qui avait le plus l'odeur de la sécurité, des arbres de la forêt, du feu dans la cheminée. De la maison.

Ca ne me donnait plus envie de partir.

OooO

Le lendemain matin, je retournai à la villa pour retrouver les Cullen, mes parents, le conseil des Anciens et quelques chefs d'autres clans de vampires. Compte tenu de la gravité de la situation, partager la même pièce avec différentes espèces ne parut gêner personne.

-Si nous t'avons demandé de venir, m'annonça Carlisle, c'est parce que les Enfants de la Lune viennent de nous recontacter. Ils nous ont dit qu'ils t'avaient détruite et que ton frère subira le même sort si nous ne remplissons pas leurs conditions. Nous devons rencontrer demain une de leurs délégations pour parlementer –ils ont précisé que ce serait la première et la dernière fois.

-Leurs conditions ? relevai-je.

-Ils veulent que les Cullen se rendent chez eux, déclara Papa. En gros, ils comptent les faire abdiquer, puis les juger.

Il mima des guillemets avec ses doigts tout en prononçant le dernier mot d'un air ironique. Edward enchaîna en me scrutant de ses prunelles d'or :

-Y-a-t-il une chance que nous nous en sortions vivants si nous acceptons ?

-Non, répondis-je honnêtement.

Même si les Cullen n'étaient pas les Volturi, les Enfants de la Lune n'avaient pas assez de discernement pour s'en rendre compte. Tout ce qu'ils voyaient, c'était le clan des vampires rois. Et même si ce n'était pas le cas, ils seraient incapables de retenir leur instinct et de les laisser en vie.

Les vampires présents dans la pièce échangèrent des regards sombres et Maman lança :

-De toute évidence, ils comptent sur le fait que la… perte d'Allie (elle grimaça) va nous faire paniquer pour l'avenir d'Elliot. Et ça marche. Cela ne signifie pas pour autant que nous devons nous rendre, mais nous devons le sortir de là-bas de toute urgence.

Jasper enchaîna en me regardant droit dans les yeux :

-Donc si tu as des informations importantes –comme leurs points faibles- à nous faire partager sur les Enfants de la Lune, c'est le moment.

Me lancer dans un cours du style « comment détruire un Enfant de la Lune en trois étapes » me répugnait. J'aurais eu l'impression d'être une traîtresse. De toute façon, ce n'était pas comme si j'étais passée maîtresse dans l'art de les tuer.

Je me contentai donc de mentionner leur aversion pour le feu, leurs dons hypothétiques, le fait qu'ils partaient dans la forêt à chaque pleine lune, et leur difficulté à se contrôler en présence de quelqu'un ayant du sang de vampire dans les veines –qui expliquait sans doute qu'ils préféraient attendre qu'on se rende plutôt que nous attaquer.

J'expliquai brièvement que les Enfants de la Lune avaient plusieurs meutes, et que bien qu'un jeu de pouvoir complexe se soit mis en place entre elles, elles resteraient soudées tant que leur objectif serait de tuer les vampires.

Je tentai de faire comprendre à ma famille qu'ils ne faisaient pas de mal aux humains et n'avaient assassiné personne à Seattle, se contentant de simuler des massacres et des disparitions avec leurs contacts à Seattle. Evidemment, tout le monde resta sceptique à cause de la mort de Charlie et de l'attaque de La Push, malgré mes tentatives pour souligner que c'était à cause du suicide d'Eryn et de l'enlèvement de Hannah.

En tout cas, les fausses attaques à Seattle avaient atteint leur but : les vampires non-végétariens avaient de plus en plus de mal à se nourrir car le plus petit meurtre était aussitôt assimilé à notre espèce et répandu par les journaux. Pas étonnant que les Cullen aient pu réunir autant d'alliés en si peu de temps.

Lorsque j'estimai avoir dit tout ce qui devait l'être, je ne pus pas me retenir de poser la question qui n'arrêtait pas de me hanter :

- Combien d'entre vous ont participé à l'éradication des Enfants de la Lune orchestrée par les Volturi ?

-Pardon ? sourcilla grand-mère Bella, dont l'expression faciale me fit comprendre qu'elle n'avait jamais entendu parler de ça.

Jasper, Alice, Rosalie, Emmett, Esmée et tous ceux qui n'étaient pas des vampires avaient également l'air perdu. Edward coula vers moi un regard ennuyé que je soutins sans flancher. Carlisle se tourna vers sa famille et les Quileute :

-Quand Allie a disparu, j'ai mentionné l'une des raisons pour lesquelles les Enfants de la Lune pourraient nous en vouloir, vous vous rappelez ?

-Tu as dit que les Volturi les avaient presque exterminés, murmura Esmée en scrutant son mari d'un air abasourdi. Mais… tu y étais ?

-Oui, il y était, répondis-je, et vu que ça s'est passé il y a seulement deux cent ans, j'aimerais bien savoir qui d'autre a participé au massacre. Histoire de savoir qui va se retrouver sur la liste rouge des Enfants de la Lune.

Je m'attendais à ce que beaucoup de vampires se désignent… mais je ne m'attendais pas à ce que cela s'étende à la moitié d'entre eux, c'est-à-dire pratiquement tous ceux qui avaient plus de deux siècles. Carlisle. Les Denali. Les Egyptiens. Les Irlandais. Seuls quelque uns d'entre eux semblaient être passés à travers les mailles du filet des Volturi, comme les Amazones.

-Les Volturi ont réquisitionné la quasi-totalité des vampires à cette époque, me dit Carlisle d'un air vaguement désolé. Les Enfants de la Lune étaient une menace pour le monde entier.

Le clan de Nate était différent des autres, et les Volturi le savaient forcément, mais je n'avais pas envie d'accabler de reproches ces vampires qui étaient persuadés d'avoir fait une bonne action alors que j'étais déjà à la limite de les critiquer.

-Est-ce que vous vous êtes rendus compte que la nuit où ils ont presque détruit ce même clan qui nous attaque, ils ont tué les enfants humains aussi ? demandai-je d'une voix contrôlée.

Les regards parfois embarrassés, parfois simplement sceptiques –comme si la question n'avait aucun intérêt- que s'échangèrent les chefs des différents clans de vampires fut une réponse suffisante.

-En ce qui me concerne, je ne l'ai su que quand j'ais senti l'odeur de la chair brûlée et que j'ai vu le village brûler, murmura Carlisle. Quand je suis allé demander des comptes à Caius et Aro, ils m'ont répliqué que nous ne pouvions laisser vivre des humains au courant de l'existence d'êtres surnaturels. Je leur ais dit que j'étais contre leurs méthodes et, quelques mois plus tard, je quittais leur clan à tout jamais et partais pour l'Amérique.

La phrase qui me brûlait les lèvres sortit toute seule, sans que je ne puisse l'en empêcher :

-Ecoutez, je ne veux pas les défendre, leur petite guéguerre est stupide et a déjà fait trop de victimes… mais ne vous étonnez pas que les Enfants de la Lune vous en veuillent autant.

Promis, un jour j'apprendrais à me taire.

06h 39, 08 janvier

PDV de Will

A l'aube, Papa prit une dizaine de membres de la meute avec lui pour aller rencontrer les représentants des Enfants de la Lune une cinquantaine de kilomètres au nord. Personne n'était super ravi que ces monstres s'approchent aussi près de nous, mais de toute façon certains d'entre eux s'étaient baladés pendant des mois dans Forks sans qu'on ne s'en rendre compte…

Je suivis la meute en faisant attention à rester face au vent. Papa m'avait dit qu'il ne me faisait pas assez confiance pour me laisser assister à cette rencontre, mais il était hors de question que je rate ça, rien que pour voir la tête d'Allie quand elle le saurait –elle non plus n'avait pas le droit de venir puisque les Enfants de la Lune la croyaient morte. Sans compter Ethan et Harry, qui allaient en crever de jalousie. Bon, Madison et Maman piqueraient probablement une crise mais le jeu en valait la chandelle.

Quand je sentis que les loups devant moi s'étaient arrêtés, je me retransformai en humain pour être moins facilement repérable. Après avoir enfilé un short en jean, je me faufilai à travers les arbres de la forêt pour me rapprocher de la meute. Heureusement que ma mère m'avait légué quelques gènes de vampire, parce que j'aurais galéré à les retrouver sans ma forme de loup.

Quand j'aperçus le pelage roux de Papa à travers les arbres, je me couchai à plat ventre sur le sol et avançai en rampant pour pouvoir m'approcher au maximum. Petit à petit, je finis par obtenir une vue d'ensemble plutôt pas mal de la clairière où se tenait la meute.

Tante Leah était sous forme humaine. Elle était flanquée d'Oncle Seth et de Papa, qui l'avait sûrement choisie comme porte-parole parce qu'étant sa Bêta, elle savait exactement quelles étaient les bonnes paroles à dire. Et surtout, elle risquait moins que lui de sauter à la gorge des Enfants de la Lune en hurlant des insultes. Sept autres loups, parmi les plus âgés, se tenaient un peu en retrait derrière eux.

Face à Leah, il y avait un homme blond à qui je n'aurais pas donné plus de vingt ans. Si ces gens fonctionnaient comme nous, j'étais prêt à parier que ce n'était pas un alpha. Quelques mètres derrière lui, dans la même position que l'étaient les loups de ma meute, il y avait neuf Enfants de la Lune sous forme animale.

Les deux groupes étaient comme le reflet l'un de l'autre, à la différence qu'on aurait dit que les pelages de nos ennemis étaient passés à la machine et avaient décoloré. Oh, et ils étaient peut-être légèrement plus grands que nous aussi.

Leah était en train de parler d'une voix acerbe et je me concentrai sur ses paroles.

-… vous affirmez que vous êtes en position de force, mais votre seul avantage pour le moment, c'est votre prisonnier. Parce que ça fait des mois que vous nous espionnez, harcelez et j'en passe mais vous ne nous avez toujours pas attaqués de front !

L'homme en face d'elle serra les lèvres.

Et paf, prends ça dans les dents…

-Parce que ce n'est pas vous que nous voulons, contra-t-il. Nous vous laisserions en paix si vous ne souteniez pas des vampires. (Il haussa un sourcil : ) N'êtes-vous pas nés pour les détruire et pour protéger les humains ?

A l'évidence, ils avaient fouiné dans nos légendes. Je crevai d'envie de sauter à la gorge de cet abruti, ce qui me fit me trémousser nerveusement, au risque de me faire repérer. Leah se contenta de répliquer froidement :

-Ce n'est pas à vous de nous dire ce que nous devons faire.

-Vous seriez prêts à sacrifier le fils de votre alpha pour des vampires ?

Papa gronda, mais Leah ne rentra pas dans son jeu et cingla en retour :

-Pour des gens qui prétendent ne vouloir du mal qu'aux vampires, je trouve que le fait d'avoir fait du mal à deux de nos humains et à Allie vous décrédibilise pas mal.

Je me tendis en repensant à la fois où ces monstres avaient mis fin à la vie humaine de Madison. Sans compter qu'ils avaient tué Charlie et croyaient avoir fait la même chose à ma sœur. Leah avait raison, les Enfants de la Lune n'étaient pas clairs et on ne pouvait pas passer de marché avec eux.

L'Enfant de la Lune devant Leah coula un regard étrange aux bêtes qui se tenaient derrière lui. Il avait l'air vaguement ennuyé.

-Et si nous en venions au fait ? Je sens le vampire caché derrière vous.

Pendant genre une seconde, je crus qu'il parlait de moi. Pourtant, depuis qu'Elliot et moi étions transformés, l'odeur de vampire de notre sang était complètement masquée par le loup-garou en nous.

Mes muscles se crispèrent. Je ne savais pas trop ce que j'allais faire : me transformer, insulter ces imbéciles, leur sauter à la gorge, les trois à la fois…

Puis la silhouette d'un homme aux cheveux blonds s'avança au milieu de ma meute. Carlisle.

Tandis que je m'aplatissais de nouveau sur le sol, les Enfants de la Lune grondèrent d'une façon qui me fit penser à un orage en approche. Le seul d'entre eux qui était sous forme humaine ordonna sèchement, ses prunelles suivant nerveusement les gestes du grand-père de ma mère :

-N'avancez plus.

Carlisle obéit tout en levant les mains comme pour montrer qu'il n'était pas armé alors que Brady et Colin l'entouraient pour le protéger.

-Je viens me rendre, dit-il d'un ton ridiculement placide compte tenu de la situation dans laquelle il était en train de s'embourber. Libérez Elliot et je viens avec vous.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Qui a eu cette idée merdique ?

Mais pourquoi est-ce que personne ne m'avait mis au courant ? On ne me disait jamais rien. Bon sang, pourquoi avoir quinze ans était aussi nul ? J'avais l'impression d'être traité comme si j'avais l'âge des jumelles. J'étais certain qu'Allie savait, elle. Parfois, ça craignait vraiment d'être celui du milieu.

Une lueur passa dans les prunelles de l'Enfant de la Lune. Il jeta un coup d'œil aux loups derrière lui et répliqua :

-Nous avions demandé tous les Cullen…

Pourtant il était évident pour tout le monde qu'il n'en attendait pas tant et que le tour que prenaient les évènements lui faisait très plaisir. Je me trémoussai, hors de moi. Je lui aurais bien refait le portrait, à celui-là.

-… mais nous nous contenterons de celui-ci.

Il tendit une main vers Carlisle pour l'inviter à s'approcher. Le vampire échangea un long regard avec Papa, dont les yeux jaune orangé semblaient lui dire qu'il pouvait encore changer d'avis s'il le voulait.

N'y va pas n'y va pas n'y va pas n'y va pas n'y va pas.

Mon arrière-grand père secoua presque imperceptiblement la tête et s'avança lentement vers nos ennemis.

Et voilà. Quand je dis qu'on ne m'écoute jamais.

Papa plia l'échine, l'air soudainement très abattu. Si Maman n'était pas au courant, elle ne le lui pardonnerait pas de sitôt. Je serrai les dents de toutes mes forces tandis que les Enfants de la Lune formaient un large cercle autour de Carlisle en grondant et s'agitant pour se retenir de l'attaquer.

L'homme blond se retourna vers Papa et s'adressa ouvertement à lui au lieu de parler à Tante Leah, ce qui souligna implicitement le fait qu'il connaissait déjà la hiérarchie de notre meute :

-Votre fils sera libéré dès que nous arriverons chez nous. Nous ne lui avons pas fait de mal. (Il sourit à Carlisle d'un air narquois : ) Je suppose qu'on ne pourra pas en dire autant de vous prochainement.

Papa rugit si bruyamment que mes oreilles sifflèrent. Il avait l'air autant en colère que moi. Mais il ne bougea pas. Il ne fit pas un seul geste.

C'est à ce moment-là que je me rendis compte que je n'étais pas mon père. Peut-être qu'il voulait tellement qu'Elliot rentre à la maison qu'il était prêt à accepter la mort de Carlisle. Moi aussi, je voulais que mon frère revienne.

Mais j'étais incapable de laisser quelqu'un de ma famille se sacrifier comme ça. Pas seulement pour Carlisle, mais pour ceux qui avaient déjà perdu la vie à cause de ces monstres. Charlie. Maddie.

Alors, je me transformai, réduisant en bouillis mes vêtements et les branchages autour de moi. Ma mutation fut saluée par le fracas des végétaux brisés par mon poids.

Papa fut le premier à tourner son museau dans ma direction.

« William Black Cullen ! » éructa-t-il en m'apercevant.

Les Enfants de la Lune pivotèrent vers moi et adoptèrent automatiquement des postures défensives. Pelages hérissés, tous crocs dehors, ils étaient vraiment flippants. Enfin, le fait qu'ils soient effrayants ne suffit pas à m'effrayer, mais cela m'énerva.

Loin derrière moi, une voix de fille hurla :

-WILL, NE FAIS PAS…

Je n'entendis pas le reste de sa tirade.

J'étais trop occupé à me lancer à l'assaut du groupe d'Enfants de la Lune.


Je pars demain en vacances pour 3 semaines, pendant ce laps de temps je posterai au minimum un chapitre mais je ne serais pas très présente, donc on se retrouve fin août !