J'avais pas réalisé, mais maintenant que tu le dis, c'est vrai Rose-Eliade.

Elle cherche aussi un peu les ennuies Aydou. Elle devrait pourtant savoir que désobéir à sa mère n'est jamais une bonne idée !

Pour le Tournois, il est prévu que je change au moins une épreuve, peut -être les trois, je ne sais pas encore. Après, laquelle, il va falloir attendre pour savoir X)

Merci pour vos reviews mimi70 et Mathilde.

Bonne lecture !


Les Stigmates de la Guerre

N'y tenant plus, Mary sortit de sa chambre dès que les premiers rayons de soleil jaillirent à l'horizon. Si le soleil se levait, c'était bien que l'heure du petit-déjeuner avait sonné et donc elle ne désobéissait pas à sa mère, non ?

Elle ouvrit prudemment la porte de sa chambre comme si elle allait trouver quelqu'un derrière qui lui ordonnerait d'y rester encore. Mais il n'y avait personne. En fait, le Phare était vide : le canapé où dormait sa mère depuis la mort de son père n'était pas occupé. La rousse crut un moment que l'adulte était partie en l'abandonnant ici, mais en jetant un coup d'œil par la baie vitrée, elle crut voir un mouvement.

Elle sortit sur le pas de la porte d'entrée et pu voir sa mère… en train de courir ? C'était tellement étrange qu'elle resta figée sur place en regardant la sorcière approcher, en sueur et avec un short et un débardeur moldu un peu rapiécés. Il ne fit bientôt plus aucun doute qu'elle était repérée car l'adulte ralentit l'allure et termina de marcher jusqu'à elle. Mais contrairement à son habitude, elle ne se couvrit pas immédiatement. Elle laissa à Mary tout le temps de contempler ses jambes et ses bras nus d'ordinaire toujours cachés derrières des robes à manches longues, des pantalons ou des pulls. Même en plein été. La Serdaigle pouvait soudainement comprendre pourquoi. Sa mère était sacrément amochée pour une sorcière : la magie permettait d'éviter les cicatrices normalement.

Outre celle qu'elle avait au visage, sa jambe gauche était recouverte de cicatrices boursouflées comme si quelqu'un avait essayé de la dilacérer et de la découper en morceau jusqu'à ce qu'il n'en reste que de la bouillie. Elle avait sur le bras gauche quelque chose qui ressemblait de façon inquiétante à une trace de morsure humaine. On voyait le creux laissés par les dents et le tour était noirâtre et enflé. Elle avait aussi des cicatrices rondes assez étranges disposées de chaque côté de son cou.

Le tableau inquiéta assez la Potter. S'il y avait de telles cicatrices, les blessures initiales avaient dû être très graves. Celles que la sorcière avait reçue la nuit dernière face aux Mangemorts étaient en voie de guérison : il ne restait qu'une trace rosâtre de sa brûlure au bras et la croûte qui s'étalait sur sa tempe laisserait place à de la peau neuve d'ici quelques heures. C'était là les miracles de la Médicomagie : un sorcier mettait à peine quelques heures à se remettre de blessures que les moldus devaient soigner pendant des mois.

Alors voir de telles cicatrices avait vraiment quelque chose d'effrayant... Est-ce que sa mère aurait pu mourir à cause de ça ? Détournant le regard, Mary fixa ses mains jointes sans savoir quoi dire, se demandant juste pourquoi sa mère l'autorisait soudainement à voir tout ça alors qu'elle avait été très prudente à ce sujet depuis toujours. C'était à cause de ce qu'il s'était passé à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch ? L'idée la mit très mal à l'aise.

- Je ne m'attendais pas à ce que tu sois debout aussi tôt, dit finalement la Maître des Potions. Entrons.

Mary s'exécuta et s'assit à la table de la cuisine comme elle en avait l'habitude tandis que sa mère sortait sa baguette pour envoyer le petit-déjeuner se préparer avant de la rejoindre. L'adulte l'examina un long moment et elle soutint son regard.

- Tu dois avoir des questions, dit –elle finalement.

- D'où… Comment as – tu eu toutes ces cicatrices ? osa chuchoter la Potter. La magie soigne tout…

Elle avait bien entendu d'autres questions, mais c'était celle-ci qui primait pour le moment. Sa mère fixa un moment ses mains jointes avant de lever les yeux et de répondre :

- La magie ne peut pas tout soigner Mary, la contredit –elle. J'ai eu ces cicatrices pendant la guerre et j'ai toujours eu beaucoup de chance. : à part les séquelles esthétiques j'ai récupéré toutes mes capacités.

- Que s'est –il passé ?

- Pour ma joue, c'était un sort de magie noir quand j'avais 17 ans. Les Mangemorts ont attaqué Prés-au-Lard et ont tué des dizaines de personnes. Gregory est mort à ma place ce jour là.

Gregory était le meilleur ami de sa mère lorsque celle-ci était encore à Poudlard et aussi le grand-frère de Jonathan. Mary pouvait deviner à quel point sa mère tenait à cette personne rien qu'au regard qu'elle avait en parlant de lui alors qu'il était mort plus quinze ans plus tôt.

En disant cela l'adulte fit pivoter sa main gauche pour révéler l'intérieur de son avant bras, dévoilant un tatouage que la rousse n'avait pas vu jusque là obnubilée qu'elle était par les cicatrices.

N'oublie jamais

18 mars 1978

- Ça a changé ma vie, murmura la Maître des Potions en passant son pouce sur la date avant de préciser : Les Mangemorts portent leur Marque des Ténèbres sur l'avant-bras gauche. Moi, j'ai ça. A l'époque, ça marquait ma détermination à m'opposer à eux.

- Et maintenant ?

- Maintenant ça m'aide à me souvenir. C'est grâce à ce tatouage que j'ai rencontré Dante, ton père.

Les deux sorcières regardèrent encore un instant les lettres et chiffres encrées avant que la plus âgée ne fasse pivoter sa main pour cacher le tout. Elle fit ensuite courir ses doigts sur le même bras pour remonter jusqu'à la cicatrice qui se trouvait près de son épaule.

- Ça ressemble à une morsure humaine, fit remarquer Mary un peu plus en confiance.

- Parce que s'en est une. Sais – tu ce que sont les inféri ?

- Non.

- Par un processus de magie noire, il est possible de ramener… Pas à la vie… Mais disons plutôt de ranimer les cadavres. Ils obéissent telle une armée d'une loyauté sans égale à leur créateur.

L'idée fit frisonner Mary. Elle s'imagina les cadavres des moldus qu'elle avait vu mourir la veille -Mr Robert, sa femme et ses enfants- se redresser, le regard vide et attendant des ordres. Terrifiant. C'était terrifiant.

- Voldemort a tué beaucoup de monde, notamment des moldus et des né-moldus au cours de la dernière guerre. Il les tuait et il faisait d'eux des soldats obéissants. Il se servait d'eux pour terrifier les gens. Retiens bien deux choses Mary : rien n'arrête un inferius. Rien. Ils ne sont pas sensibles à la magie et ne réagissent ni aux attaques physiques ni au bon sens. La seule défense contre eux est le feu : c'est la seule chose qui peut les tuer et qui les effraye.

- Tu en as affronté toi ?

- Oui, une fois. L'un d'eux m'a mordue et j'ai failli en mourir : leur morsure est imprégnée de magie noire qui agit comme un poison lent. Il t'engourdit jusqu'à ce que tu oublies de respirer.

La Potter avait toujours été curieuse. Mais là, elle commençait à regretter d'avoir tellement voulu en savoir plus sur le passé de sa mère. Elle ne voulait pas apprendre qu'elle avait failli mourir. C'était une chose de savoir qu'il y avait eu une guerre et que ça avait tué ses parents biologiques. Mais elle ne se souvenait pas d'eux et ce qu'il s'était passé pendant la guerre, elle l'avait appris dans les livres pour la plupart. Là, c'était sa mère qui était en face d'elle qui évoquait cette époque et parlait si calmement du fait qu'elle avait failli mourir en affrontant des genres de zombies visiblement mangeurs de chaire humaine puisqu'elle avait été mordue.

- Pour ma jambe, j'ai reçu un sortilège de déchiquetage, sans doute de la magie noire. J'ai pu l'arrêter avant qu'il ne gagne le reste de mon corps. Je suis passée à deux doigts de l'amputation. J'ai eu de la chance, je connais quelqu'un qu'on a réellement dû amputer parce que ça jambe n'était plus que de la bouillie pour dragonneaux... Les Guérisseurs ont dû utiliser tellement de sorts et de potions sur ma jambe qu'on ne pouvait pas en ajouter une pour empêcher les cicatrices.

Mary se sentit pâlir et déglutit péniblement imaginant sa mère dans une flaque de sang avec sa jambe en lambeau. Mauvaise idée. Et par Merlin ne pouvait –elle pas sembler un peu plus affectée par ce qui lui était arrivé ! Elle parlait de choses graves pas de la météo !

- Et j'ai encore une cicatrice ici, termina l'adulte en posant une main sur son flanc. Voldemort comptait lâcher des Manticores sur Londres et on l'a arrêté avant.

Par contre, Mary voyait parfaitement ce qu'étaient des Manticores. Des Créatures de la même carrure qu'un loup-garou mais avec une queue de scorpion et un corps mi-humain, mi-lion qui ne se nourrissaient que de viande humaine. Pas le genre de chose qu'on aimerait croiser. Elles étaient encore plus surveillées que les dragons, c'était dire leur dangerosité. Sa mère se leva et avant que la Serdaigle n'ait pu la supplier de ne surtout pas lui montrer la cicatrice elle avait relevé le côté droit de son T-shirt pour laisser apparaître les traces de son combat contre les manticores.

La cicatrice était circulaire et plus grande que la main de la sorcière, située juste en dessous de ses côtes. La peau semblait rugueuse et de léger cercles concentriques étaient visibles, la peau se fonçant de plus en plus depuis le bord jusqu'au centre ou un point noir semblait indiquer l'endroit où l'impact avait eu lieu. Quand sa mère respirait et que son ventre bougeait la peau épaisse de la cicatrice restait figée alors que le reste de son épiderme suivait le mouvement. Ça devait la gêner au quotidien pour bouger.

- Respire Mary. Calmement.

Ah, il semblerait que sa mère ait enfin compris qu'elle commençait à paniquer vu l'ampleur des cicatrices et leur origine. La rousse se redressa et obéit en prenant de profondes inspirations un peu tremblantes.

- Je vais bien Mary, ne t'inquiète pas. Je te l'ai dit : je n'ai gardé aucune séquelles. C'est impressionnant à voir mais ça se limite à ça.

- Pourquoi…Pourquoi tu m'as montré tout cela ?

- Pour que tu comprennes pourquoi j'ai été aussi dure avec toi et pourquoi je suis furieuse contre Sirius et Remus. J'ai eu toutes ces cicatrices, et bien d'autres blessures, alors que j'étais une sorcière majeure et entraînée pour combattre les Mangemorts. Je savais me défendre et j'ai quand même été bien amochée. Est-ce que tu comprends ma réaction après que je t'ai retrouvée au milieu des Mangemorts la nuit dernière ?

- Oui.

Oui, elle comprenait beaucoup mieux. Sa mère était une paranoïaque de première quand il s'agissait d'assurer la sécurité de ses enfants, Mary en avait déjà eu la preuve. Il suffisait de penser que toute la famille vivait sur une île qu'on ne pouvait atteindre que par des moyens magiques et que sa mère contrôlait les moindres allés et venus. Alors elle pouvait commencer à comprendre ce que l'adulte avait ressenti en la voyant piégée au milieu des Mangemorts. Et sa mère en savait sans doute très long sur ce que les partisans de Voldemort réservaient à leur prisonniers. En parlant de ça…

- Les Mangemorts… Ils ont utilisé un sort sur la famille de moldue qui vivait là-bas. Ça les a tué instantanément. AbaAvaba quelque chose.

- Avada Kedavra, la corrigea sa mère et les mots tombèrent comme un couperet.

- Oui, c'est ça… Je ne savais pas qu'il existait un sort capable de faire ça : on utilise la magie blanche pourtant.

- C'est exact, mais la magie blanche a aussi été poussée dans ses tréfonds les plus sombres par des adeptes de la magie noire contraints de laisser tomber certaines de leurs pratiques. Le Ministère recense trois Sortilèges dit Impardonnables, l'Avada étant le pire. Il offre une mort instantanée à quiconque est touché mais il agit aussi par ricochet.

- C'est à dire ?

- C'est-à-dire que si tu touches quelqu'un qui est atteint par ce sort il y a toutes les chances qu'il se transmette à toi.

Ah oui, quand même. Mary frissonna. Un seul et unique sort et on pouvait tuer quelqu'un. Deux ridicules mots. La magie était effrayante. Avec deux mots on détenait le droit de vie ou de mort sur n'importe qui pourvu qu'on soit prêt à tuer.

- Et les deux autres sorts ? demanda t –elle tout de même.

- Le seconde du classement s'appelle le Doloris. Il est utilisé pour torturer les gens. Le dernier est l'Imperium. Avec celui là tu peux prendre le contrôle de n'importe qui et l'obliger à faire ce que tu veux peu importe la distance à laquelle il s'éloigne de toi.

Mary nota soigneusement cette information dans un coin de sa tête. D'ordinaire, les sortilèges devenaient de moins en moins puissants à mesure que le sorcier qui en était à l'origine s'éloignait. Bien entendu avec de la pratique ce phénomène pouvait être retardé voir carrément évité et divers stratagèmes existaient pour l'éviter mais peu de sorciers en étaient capables d'emblée.

- N'importe qui peut-être sous l'emprise de ce sort sans qu'on le sache alors, raisonna la rousse.

- C'est exact. Il faut que tu saches que les Mangemorts que tu as vu la nuit dernière ont pour la plupart échappé à Azkaban en prétendant avoir agit sous l'influence de ce sort. Vu ce qu'il s'est passé, je pense que tu as compris qu'ils ont menti.

La Serdaigle se demanda une seconde si elle voulait interroger sa mère sur les noms qu'elle avait donné à ce moment là. Malefoy, Nott, Crabb, Goyle… Voulait –elle vraiment entendre la vérité à ce sujet ? Elle décida que non. Pas tout de suite. Elle devait d'abord commencer à assimiler l'information. Peut –être parler avec les enfants des concernés ? A voir. Elle prit une grande inspiration :

- Je suis désolée. Je n'aurais pas dû aller à la finale sans que tu ne sois prévenue. Je n'aurais pas dû m'éloigner de Sirius et Remus et je n'aurais pas dû me laisser piéger par les Mangemorts.

- C'est bien que tu le reconnaisses, concéda l'adulte. Mais je ne lèverais pas ta punition que tu as largement méritée.

- Je resterais sans ma chambre jusqu'à la rentrée.

- Pas seulement: je vais te donner des livres à étudier et je veux que tu les lises attentivement.

- A propos de quoi ?

- Des Forces du Mal.

Une pointe d'excitation s'alluma dans le cerveau de la Serdaigle. Voilà un sujet particulièrement intéressant ! L'obliger à étudier ce genre de chose représentait plutôt une opportunité géniale qu'une punition pour elle. Sauf que sa mère s'y était refusée jusque là pour essayer de la tenir le plus à l'écart possible du "Mal". Qu'est ce qui avait changé ?

- Pourquoi ? demanda la Potter, soudainement méfiante.

- Tu as entendu la même chose que moi, n'est ce pas Mary ?

- De ?

- Quand les Mangemorts ont dit que Voldemort allait revenir prochainement.

La jeune fille eut l'impression qu'on venait de lui déverser au seau d'eau sur la tête. Oui, elle avait entendu la même chose et après avoir vu les dégâts que la guerre avait laissé sur le corps de sa mère elle avait encore moi envie que ce psychopathe revienne. Elle était beaucoup trop jeune pour affronter ce genre de chose ! La rousse hocha lentement la tête.

- Je pense que ça arrivera inévitablement, asséna l'adulte. Même si je compte faire en sorte que ce soit le plus tard possible… Et quand ça arrivera, tu seras une cible de choix. Je veux que tu sois préparée et si tu es encore jeune pour la plupart des sorts que j'aimerais te faire étudier, question de magie, je crois que tu peux en comprendre la théorie et assimiler la meilleure manière de te tirer de situations délicates.

Expliqué de cette manière, c'était soudainement beaucoup moins attrayant… Mary observa un moment la table de la cuisine avant de demander :

- Ça va de nouveau être la guerre ?

- Pas tant que je pourrais l'empêcher et surtout pas pour toi tant que tu ne seras pas apte à te défendre seule.

- Tu vas m'apprendre ?

- En temps voulu oui. Mais pour le moment Voldemort est encore porté disparu et ton principale problème est que je suis toujours fâchée contre toi. Alors tu es bien entendu privée de Quidditch et de sortie pour le reste de l'été et je compte sur toi pour avoir fini tous tes devoirs pour l'école avant la fin de la semaine afin que je puisse t'en donner d'autres.

Mary grimaça. Mais elle préférait penser à sa punition plutôt qu'à l'éventualité du retour de Voldemort et de la guerre qui suivrait inévitablement.

oOoOo

Le mois d'août commença donc d'une bien mauvaise manière. Et le retour de Cameron de chez ses grands-parents n'arrangea rien. Il semblait encore plus insupportable que d'ordinaire et passait son temps à désobéir et tenir tête à sa mère qui en était irritée au possible. Le garçon nargua beaucoup Mary aussi : pour une fois que c'était elle qui était punie à long terme et pas lui ! Il batailla pour aller chez un de ses amis, un dénommé Logan, Né-moldu de son état qui était devenu son meilleur ami, et obtient gain de cause sans doute en ayant sa mère à l'usure sur le sujet.

Cameron disparut donc bien vite de la circulation laissant le Phare calme mais également morose. Mary passait, comme annoncé, ses journées dans sa chambre tandis que sa mère restait enfermée dans son laboratoire de potion, n'en sortant que pour les repas où vérifier que la Serdaigle avait suffisamment de travail. Bien entendu, la Potter avait essayé de profiter d'un moment d'absence de l'adulte pour aller voler quelques minutes. Mais les sorts qui fermaient la remise où étaient stockés les balais avaient été changés et elle fut incapable d'en ouvrir la porte. Pire : sa mère fut mise au courant et en profita pour sa sermonner.

- Je n'en peux plus, dit –elle pour la énième fois à Ladon.

Certes, elle était une Serdaigle qui adorait se plonger dans les livres et apprendre de nouvelle choses, mais son petit côté Gryffondorien la poussait toujours à vouloir faire autre chose. Voir ses amis, faire du Quidditch, discuter, jouer…

Elle entrevit une occasion en or pour se sortir de sa chambre : sa lettre de Poudlard arriva avec la liste des fournitures . Le Chemin de Traverse semblait déjà lui tendre les bras mais sa mère coupa court à sa joie :

- J'ai dit que tu ne sortirais pas du Phare jusqu'à la rentrée Mary, à part pour réviser sur la terrasse, bien sûr.

- Mais…

- Mais rien du tout ! Je n'ai pas besoin de toi pour acheter deux livres, des ingrédients de potions et des robes neuves. Tu resteras ici avec Yoki qui veillera à ce que tu ne profites pas de mon absence.

- S'il te plaîîît.

- Non.

- On a besoin d'une robe de soirée cette année, je veux la choisir.

- Je m'en occuperais.

- Et si elle me plaît pas ?

- Alors tu n'iras pas au bal que veux – tu que je te dises !

Marre ! Elle en avait vraiment marre ! Sa punition commençait vraiment à en avoir l'allure maintenant. Remontant rageusement les escaliers, elle claqua sa porte avec violence avant de donner un coup de pied dans son armoire… Et de se faire hyper mal au pied. Sautillant jusqu'à sa chaise de bureau, elle massa ses orteils.

- Ma mère sait vraiment comment me pourrir la vie ! Je n'ai jamais été aussi contente que la rentrée approche !

- Elle t'a puni, c'est normal que ce soit désagréable, glissa Ladon.

- Je sais que tu l'approuves pas la peine de me le rappeler tout le temps.

- Tu aurais pu mourir face aux Mangemorts.

Elle s'était quelque peu disputé avec le reptile à ce sujet là. Il lui reprochait d'être revenue pour le chercher et elle s'énervait quand il disait qu'elle aurait dû le laisser mourir. Comme si elle pouvait faire ça ! Elle n'osait déjà pas imaginer l'état dans lequel elle serait quand il mourrait de mort naturelle alors le laisser disparaître n'en parlons même pas ! A chaque fois qu'elle songeait à cela, ça lui laissait une boule au ventre… qui ne la quitta plus jusqu'au soir où elle fut soulagée de se recroqueviller dans son lit en allant dormir.

Malheureusement, la sensation était toujours là le lendemain et elle se massa le ventre en grognant avant de se lever. Et de se trouver face à face avec une tâche de sang s'étalant sur son matelas. Vaguement choquée elle s'examina et constata que son pyjama était aussi imprégné de sang mais qu'elle n'était pas blessée. Ce ne fut qu'après un passage aux toilettes qu'elle comprit d'où venait exactement le sang et ça acheva de l'inquiéter.

- Maman ? appela t –elle en descendant dans la cuisine espérant qu'elle y serait comme midi approchait.

Son déjeuner l'attendait mais nulle trace de la sorcière ce qui signifiait qu'elle comptait rester enfermée dans son laboratoire de potion jusqu'au soir. Mary essaya de manger mais son estomac était noué. Elle espéra que le saignement cesse mais ça continuait et c'était même de pire en pire ! Et si elle saignait jusqu'à en mourir ? N'y tenant plus elle alla toquer à la porte du laboratoire de potion de sa mère en milieu d'après-midi. Il lui sembla attendre un temps infini avant que le battant s'ouvre sur le visage étonné de l'adulte.

- Qu'y a t –il ?

- Je saigne, annonça la rousse sachant qu'elle ferait bien d'aller droit au but si elle voulait arracher sa mère à son laboratoire.

- Tu t'es blessée ? s'enquit immédiatement la sorcière.

- Non… Enfin, je ne crois pas, mais je saigne… d'en bas. Il y avait du sang dans mon lit et sur mon pyjama quand je me suis réveillée. Et j'ai mal au ventre …

- Oh ! s'exclama sa mère comme si elle venait subitement d'avoir une illumination. J'arrive, laisse moi cinq minutes.

La plus jeune hocha la tête et attendit dans le couloir que sa mère appose un sort de conservation sur le chaudron qu'elle était en train de préparer. Trépignant sur place, elle demanda dès que l'adulte l'eu rejointe :

- C'est grave ce que j'ai ? Est-ce que tu peux me soigner ?

- Tout d'abord Mary, sache que tu n'es pas malade. Ce que tu as n'es pas grave et je dirais même que c'est normal que cela arrive à ton âge. J'aurais dû anticiper et t'en parler.

- Comment ça "normal" ? C'est normal que je saigne alors je ne suis pas blessée ?

- Oui : ça arrive à toutes les femmes quand elles commencent à devenir adulte. Et ça se reproduit tous les mois jusqu'à un certain âge.

D'accord. Ce que racontait sa mère n'avait absolument aucun sens. Pourquoi un corps en bonne santé sans blessures saignerait volontairement ? Où était le piège ? C'était une blague ? Et Merlin ! Si c'était vrai ça devait être sacrément emmerdant ! Et comment pouvait -elle ne pas être au courant d'une telle chose !?

- Pourquoi ? s'enquit –elle en plissant le nez.

- C'est physiologique.

- Mais en quoi ?

- Ça indique que tu peux concevoir un enfant. Et tu le pourras jusqu'à ce que tu ne saignes plus quand tu seras trop vieille pour cela.

Mary cligna des yeux. Comment ça concevoir un enfant ? Cette fois, c'était sûr, sa mère se payait de sa tête !

- J'ai quatorze ans ! Je ne veux pas d'un enfant ! J'ai même jamais embrassé un garçon !

- Continue sur cette voie là, lui conseilla l'adulte avec un sourire.

- Tu plaisantes, hein ? gémit la plus jeune.

- J'aimerais bien. Tu commences à être une femme ma chérie : il y a un prix à payer en grandissant.

Ouais, ben là elle n'avait soudainement plus aucune envie de grandir.

- Ça va durer combien de temps ? Je vais saigner tout le temps ?

- Non : trois ou quatre jours par mois.

- Et je fais comment pendant ce temps ?

- Il existe un sort pour ça. Je crois que c'est le seul qui sort du cadre de la loi interdisant aux sorciers de premier cycle de faire de la magie hors de Poudlard. Tu peux donc le lancer sans crainte que le Ministère ne te tombe dessus. Il faut le renouveler tous les jours en temps normal, mais pour tes premières fois je pense qu'il serait prudent que tu le lances plusieurs fois par jour.

- Tu veux dire que je vais devoir m'entraîner sur moi ?

- Oui : je ne serais pas là pour le faire à ta place à Poudlard. Vas –y, pointe la baguette sur ton ventre.

Pinçant les lèvres Mary écouta la formule et s'exécuta sans être tout à fait à l'aise. Connaissant la difficulté qu'on pouvait avoir à exécuter parfaitement un sort pour la première fois elle n'aimait pas du tout l'idée d'être cobaye. Fort heureusement rien n'arriva si ce n'est un bref pincement désagréable, normal d'après sa mère.

- Tu es sûre que ça va s'arrêter d'ici quelques jours ? insista néanmoins la rousse alors que sa mère se levait.

- Certaine Mary, ne t'inquiète pas.

- Ce qui m'inquiète surtout c'est le fait que ça recommence.

- Tu t'y habitueras.

- Il n'y a rien pour l'empêcher ?

- Il existe une potion qui met en stase ce procédé, lui avoua sa mère avant de préciser : elle n'est pas adaptée aux jeunes filles et on préfère ne pas la donner aux femmes n'ayant pas d'enfant et prévoyant d'en avoir.

- Pourquoi ?

- Sur une longue durée elle rend stérile. Ne compte donc pas dessus.

Déçue Mary regarda sa mère passer en retournant les informations qu'elle venait d'entendre dans sa tête. Elle en parla à Ladon mais il ne fut pas très ému par le sujet. C'était la nature et cette explication lui suffisait ce qui était loin d'être le cas pour Mary qui ne comprenait visiblement pas la moitié de ce qui se passait dans son corps et qui en était profondément agacée. Sa mère n'avait sans doute pas l'intention de s'étendre plus sur le sujet, mais elle, elle allait chercher à en savoir plus. Il devait bien y avoir un livre à ce sujet à Poudlard, non ?

La fin de l'été fut assez morose pour elle. Elle avait espéré que la punition de sa mère s'adoucirait avec le temps. Espoir vain s'il en était. Elle eut tout juste le droit d'envoyer une lettre à Emeli, William et les jumeaux Weasley qui s'inquiétaient de son silence pour leur donner rendez-vous sur le quai 9 ¾ le premier septembre.

Cameron revînt de chez son ami avec une bonne humeur qui mit le Phare à l'abri de ses bêtises pendant quelques jours. Il offrit un peu de distraction à Mary puisqu'il accepta de jouer avec elle quand leur mère avait le dos tourné. Elle constata avec dépit qu'il était presque devenu un expert en bataille explosive et eut bien du mal à masquer ses sourcils quelque peu carbonisés après une défaite cuisante. Mais il refusa de l'affronter aux échecs, jugeant cela beaucoup trop ennuyeux. Ils regardèrent ensemble la finale de la Coupe du Monde Quidditch que Mary avait enregistré grâce à ses multiplettes et il regretta de ne pas y avoir été.

Fin août approchait et le Phare eut la visite surprise d'Aileen, la petite sœur de la Maître des Potions. Mary fut ravie de voir sa tante qui leur raconta comment elle avait (de nouveau) emporté le titre de champion international d'hippo-ball. Son mariage se passait à merveille. La jeune femme voulut les emmener voir son hippogriffe mais elle ne put emmener que Cameron avec elle puisque la Serdaigle était toujours consignée. Qu'à cela ne tienne, se fut l'hippogriffe qui vînt à elle et débarqua un matin sur l'île en serre, en poil et en plume.

Thorondor n'avait rien perdu de sa prestance depuis l'an passé et avant de partir il lui offrit même une des magnifiques plumes de ses ailes.

- Il est très rare que les hippogriffes fassent cela, lui apprit Aileen en grattouillant la Créature sous le bec. Ils sont beaucoup trop attachés à leur apparence pour s'arracher volontairement une plume. Incline toi bien bas pour le remercier.

- Merci, dit la rousse en s'inclinant si bas qu'elle manqua de basculer en avant.

L'hippogriffe lui rendit son salut avant de repartir avec sa maîtresse et Mary passa un long moment à observer la plume blanche irisée qu'elle avait reçu avant de se replonger, revigorée, dans l'étude d'un livre sur des sorts de soin basiques. Elle recopia soigneusement ceux qui lui paraissaient indispensables et à sa portée afin de s'y exercer à Poudlard. Elle avait fait cela tout l'été. La liste était longue et en tête elle avait inscrit le sort du Patronus : elle n'avait pas renoncé à en obtenir un corporel.

Le premier septembre se profila finalement et Mary vérifia soigneusement la veille au soir que toutes ses affaires étaient bien prêtes. En tendant l'oreille, elle pouvait entendre sa mère faire de même avec son frère qui ne se privait pas pour protester. Elle était tellement impatiente de retourner à Poudlard et de mettre fin à sa punition qu'elle eut beaucoup de mal à s'endormir.

Comme chaque année, ils utilisèrent le réseau de Cheminette pour se rendre à la gare et Mary atterrit directement surle quai 9 ¾ où l'attendait une surprise :

- Sirius !

Sautillant de joie, elle se précipita dans les bras de son parrain. Il lui avait manqué depuis leur séparation brutale à la fin juillet.

- Je suis aussi content de te voir Mary, rit –il.

- Sirius, salua froidement la mère de la concernée.

- J'ai le droit de venir voir ma filleule partir pour Poudlard, contra l'animagus.

- Je n'ai jamais dit le contraire. Viens Cameron.

Pour une fois, le garçon obéit docilement à sa mère, non sans tirer la langue au sorcier qui l'ignora superbement.

- Comment vas – tu ? lui demanda son parrain. Ta mère n'a pas été trop dure ?

- Ça peut aller… Et toi ?

- Être avec Remus m'a bien aidé. J'ai un cadeau de rentrée pour toi.

Il fit apparaître une pochette en cuir et la lui donna. Curieuse, elle l'ouvrit et n'y vit pas grand-chose au cause du puissant sortilège d'extension à l'intérieur. Mais l'odeur qui s'en dégagea était si caractéristique que la Potter devina immédiatement ce qui s'y trouvait : des ingrédients de potion.

- C'est pour la suite de tu-sais-quoi, lui souffla son parrain. Je t'ai acheté tout ce dont tu as besoin pour fabriquer les potions de cette année. Ainsi, ta mère n'en saura rien.

Mary s'empressa de ranger le cadeau dans sa valise. Il ne manquerait plus que sa mère devine qu'elle était en train d'essayer de devenir un animagus pour que la situation devienne réellement invivable.

- Sois prudente cette année, lui dit sa mère en la serrant contre elle avec force.

- Comme d'habitude maman.

- C'est bien ce qui m'inquiète. N'oublie pas de garder un œil sur ton frère.

Hochant distraitement la tête, c'était une tâche impossible que de surveiller Cameron, la Serdaigle monta enfin dans le train. Elle salua de la main Sirius avant de disparaître dans le wagon et de se mettre en quête d'un compartiment en espérant croiser ses amis. Elle tomba sur Luna, assise seule, et la rejoignit.

- Comment étaient tes vacances ? s'enquit la rousse.

- Bien. Papa m'a emmenée à la finale de la Coupe du Monde mais nous ne l'avons pas vue finalement.

- Pourquoi ?

- Nous avons trouvé des traces d'un groupe de Globulus à ventre mou et on a essayé de trouver leur lieu de résidence.

- Et ? Vous avez trouvé ?

- Malheureusement non. Mais ce n'est que partie remise.

Apparemment, il y avait des choses qui ne changeaient pas : les Lovegood étaient des excentriques affirmés. Qui d'autre aurait été capable d'acheter deux places de Quidditch les yeux de la tête puis de ne pas y aller pour poursuivre des Créatures qu'il ne trouvait jamais ? Mary tapota la tête de Luna avec affection tandis que la blonde attrapait son journal qu'elle se mit à lire à l'envers comme à son habitude. Ginny les salua en passant et prit des nouvelles de Mary : ses frères lui avaient parlé de sa punition. Une fois rassurée, la Weasley alla rejoindre ses amis et ceux de Mary finirent par arriver. Ça faisait beaucoup de bien de revoir Emeli et William après deux longs mois !

- Tu t'es coupé les cheveux ? s'étonna la Potter en voyant Emeli.

- Elle ressemble à un lutin malveillant comme ça, hein ? demanda William avec un sourire.

Les boucles blondes de leur amie avaient disparu au profit d'une coupe courte et les cheveux soudainement soulagés de tout ce poids rebiquaient de tous les côtés. Mais d'une manière plutôt élégante qui fit naître une pointe de jalousie chez Mary : si elle-même s'amusait à se couper les cheveux courts ils rebiqueraient aussi mais lui donneraient juste l'air négligé de quelqu'un ne s'étant pas coiffés en se levant. William n'avait pas tord : avec sa fine silhouette et son visage pointu ça lui donnait un petit air de lutin, mais un lutin plus malicieux que malveillant.

- Oh ça suffit ! s'exclama la concernée en poussant le garçon pour entrer et s'installer.

- Pourquoi tu as coupé tes cheveux ? J'imagine mal ta vieille tante conservatrice être d'accord avec ça.

- J'ai pas eu le choix : la bave de cerbère ça colle et j'en avais partout.

- De cerbère ? releva Mary. Ces chiens immenses à trois têtes ?

- Oh, je ne vous l'avais pas dit ? Ma tante a récupéré Touffu.

- Qui ça ?

- Le cerbère de Hagrid qui se trouvait dans le couloir du deuxième étage quand on était en première année !

- Le truc qui a essayé de nous bouffer ?

- Toto est très gentil en vrai : il faisait juste son travail de gardien. Il était un peu mal éduqué, mais maintenant ça va.

- Mais vous l'avez depuis combien de temps ?

- Depuis que Hagrid a été envoyé à Azkaban en fait. C'était ça où la Commission de Régulation des Créatures Magiques le faisait tuer. Ma tante a toujours affectionné ces Créatures : on ne trouve pas meilleur gardien dans le monde magique.

- Et tu n'as jamais jugé bon de nous le dire ? demanda finalement William.

- Pourquoi faire ?

- J'sais pas, comme ça.

Mary aussi était étonnée de la nouvelle et trouvait dommage de ne pas l'avoir su avant, même s'il fallait dire qu'elle ne s'était pas non plus beaucoup préoccupée du sort des animaux de Hagrid après que celui-ci ait été envoyé à Azkaban… Sauf des sombrals. Mais eux, c'était particulier : presque personne ne pouvait les voir. Elle avait d'ailleurs hâte d'aller leur rendre une petite visite.

Pansy Parkinson s'arrêta un instant dans leur compartiment pour demander à Mary comment elle allait. Il y avait quelque chose de changé dans son regard mais la rousse ne réussit pas à deviner quoi avant que la Serpentard ne reparte avec un sourire désagréable. Ils eurent aussi la visite des jumeaux Weasley accompagné de Lee et de Jonathan lui-même suivit par Jaymie. William fit l'erreur d'accepter un de leur bonbons et sa langue se mit à grossir jusqu'à toucher le sol avant que Fred ne consente à lui donner l'antidote.

- Commencez à vous préparer, leur dit Jonathan avant de s'en aller. Poudlard n'est plus très loin.

Et comme si les nuages avaient compris que les occupants du train allaient devoir quitter leur abris, ils éclatèrent et une pluie diluvienne tomba. Mary soupira : ils allaient être trempés en arrivant au château. De quoi bien démarrer l'année.


A suivre...