Disclaimer : Ch chapitre 1
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Mistycal est toujours ma super bêta !
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Procès Et Révélations 2/2
Acte 3 : Accusations
Narcissa
A la demande de Madame Bones, Perceval Weasley effectue la lecture de l'acte d'accusations…
Et un long frisson glacé remonte de ma colonne vertébrale quand il est décrit tout ce que Draco et Théodore ont souffert et qu'ils ont été dénudés, touchés, comparés comme de la marchandise à l'étal….
A part la famille Weasley et moi-même, les Membres de l'Ordre, les Aurors et, bien sûr, la famille Parkinson, ils sont à peine une trentaine de curieux, à avoir fait le déplacement, dont quelques journalistes… C'est vraiment peu, en comparaison de ce à quoi nous pouvions nous attendre, mais c'est déjà bien trop à mon goût…
« Avez-vous quelque chose à dire à propos de tout cela, Mademoiselle Parkinson ? » demande Amélia Bones, en fixant l'accusée du regard.
« Non ! Je n'ai rien à dire ! » claironne la prévenue, d'une voix presque joyeuse.
Cette fille est vraiment folle, me dis-je, pour être aussi décontractée alors qu'elle se trouve sur le siège des accusés, entravée par de lourdes chaînes.
« En êtes-vous certaine, Mademoiselle ? » insiste la Présidente du tribunal, en raffermissant sa voix et son regard.
« Oui ! Pourquoi voudriez-vous que je dise quelque chose ? Je ne dois rien dire, n'est-ce pas Edmond ! Je dois seulement répondre aux questions si c'est toi qui me les poses, c'est ça ? » s'enquiert à son tour l'accusée, en se tournant brusquement vers son frère..
Aussitôt, les chaînes se resserrent autour d'elle et elle grimace et gigote, avant de regarder Edmond Parkinson.
« Fais quelque chose ! Ça fait mal ! » s'écrie-t-elle, presque larmoyante.
« C'est scandaleux ! Vous torturez ma sœur ! Enlevez-lui ses chaînes ! » ordonne aussitôt ce dernier, en direction de la Cour
« C'est la procédure, Monsieur Parkinson, quand de dangereux prévenus sont jugés ! Votre sœur a été informée de cette procédure et qu'elle ne doit pas bouger ! Si elle cesse de gigoter, les chaînes se desserreront d'elles-mêmes ! » répond Amelia Bones, qui ne se laisse pas impressionner par le ton impérieux de son vis-à-vis.
« Ma sœur n'a rien de dangereux ! C'est elle la victime ! Tout ceci est un complot honteux ! » s'exclame encore Edmond Parkinson en se tournant vers le public.
Un public qui ne réagit cependant pas comme il l'attendait… Un public qui se tait… Les seuls remous proviennent du côté de sa famille : sa mère, un cousin, son amie
Et visiblement, cela le contrarie fortement…
Il devait compter sur quelques-unes de ses connaissances, pour appuyer ses déclarations. Mais apparemment, aucune n'a fait le déplacement ou n'ose se manifester… Un effet des articles dans les journaux, sans doute…
« Cela suffit, Monsieur Parkinson ! Vous prendrez la parole lorsque ce sera votre tour ! Pour l'heure, ce n'est le cas ! C'est votre sœur que nous interrogeons ! » assène Amelia Bones, d'un ton ferme et définitif, avant de se tourner de nouveau vers la fille Parkinson, qui a cessé de se débattre.
« Mademoiselle Parkinson, nous venons de faire lecture de l'acte des accusations portées contre vous. Êtes-vous d'accord avec ce qui a été dit ? Maintenez-vous les aveux que vous avez effectués lors de votre interrogatoire ou souhaitez-vous vous rétracter ? » demande la Présidente, d'un ton insistant.
« Je ne sais pas ! Que faut-il que je dise, Edmond ? J'ai oublié ! » répond la fille, en regardant de nouveau vers son frère.
« Ces aveux t'ont été extorqués, Pansy ! On t'a jeté un Sortilège de Confusion pour te faire dire n'importe quoi ! Cela se voit, non ! Ma sœur est totalement confuse et dit n'importe quoi depuis qu'elle est arrivée ici ! » aboie Parkinson, avec un regard mauvais.
« Cela suffit, Monsieur Parkinson ! Je vous le dis pour la dernière fois, vous n'avez pas à intervenir aussi longtemps que je ne vous donne pas la parole ! Qu'il soit noté que vous êtes prévenu que vous serez expulsé purement et simplement de la Salle d'Audience si vous vous manifestez encore sans y avoir été invité ! » ordonne Amelia Bones, avant de poursuivre, en direction de sa sœur : « Quant à vous, Mademoiselle Parkinson, pour la dernière fois, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ! Êtes-vous ou non d'accord avec l'acte d'accusations ! »
« Ah ! Oui ! Je me souviens maintenant ce que je dois répondre ! C'est comme dit mon frère ! Je n'ai rien fait de mal ! D'abord, c'est Mon Draco qui a été vilain ! Il a dit que j'étais laide et qu'il ne voulait pas m'épouser ! Lui et Théodore Nott préfèrent baiser la Traîtresse Weasley et la Sang de Bourbe ! » répond l'accusée, d'un air parfaitement convaincu, avant d'adresser un grand sourire aux membres du Magenmagot…
Merlin ! Cette fille est complètement folle ! Et il est clair que son frère lui a donné des instructions pour qu'elle se rétracte dans ses aveux…
« Vous vous rétractez donc, Mademoiselle Parkinson ! Vous ne reconnaissez plus avoir torturé Draco Malfoy et Théodore Nott, ni avoir tenté de les tuer, ainsi que Mademoiselle Weasley ! C'est bien cela ? » s'enquiert Madame Bones, quelque peu agacée.
« C'est ça ! Comme dit Edmond c'est moi, la victime ! La Weasley m'a blessée avec un couteau ! C'est une vilaine fille qui fricote avec tous les garçons ! » répond la prévenue, en s'assurant d'un coup d'œil vers son frère, qu'elle a répondu comme il fallait.
Edmond Parkinson lui adresse un bref signe de tête positif, tandis que je ne puis empêcher mon regard de couler vers sa mère, assise à ses côtés…
Et je reçois un choc dans la poitrine. Car elle-même me darde d'un regard si mauvais, si enragé, qu'il me tuerait net si ses yeux étaient des poignards…
Severus avait raison. Les Parkinson représentent un sérieux danger… Et pas seulement la jeune fille, assise en ce moment même sur le fauteuil des accusés, pas seulement son frère, qui se fait son défenseur, ni seulement le père qui se trouve actuellement à Azkaban, mais aussi la mère…
Je remercie Merlin d'avoir commencé un entraînement sérieux avec l'Ordre du Phénix, car si un jour je me trouve face à face avec cette femme, il ne fait nul doute que j'aurais besoin de défendre ma vie…
« Bien ! Puisqu'il en est ainsi, nous allons faire appel aux témoins de l'affaire ! Nous commencerons par Mademoiselle Weasley ! Qu'un Auror aille la chercher, je vous prie ! » annonce Madame Bones, d'une voix forte et claire qui me fait sursauter.
Et à mes côtés, je sens Molly se raidir. Je la comprends tout à fait…
Ce sera une telle épreuve encore, pour nos enfants, d'avoir à croiser le regard de leur tortionnaire et de répondre aux questions et accusations de son frère…
OoOoOoO
Ginny
Un peu plus d'une heure, maintenant, que nous attendons dans cette pièce.
Je commence à me sentir nerveuse… Je vais devoir mentir si on me demande ce que je fabriquais avec un couteau sur moi … Et je ne me fais pas d'illusion. Cette question, on va me la poser, c'est sûr…
Je n'aime pas ça…
« Dawlish, Imperium. Je ne comprends pas qu'il s'en soit pas défait. Ginny, c'est le moment, t'es appelée à témoigner… » annonce rapidement Maugrey, en ouvrant brusquement la porte.
« Mmmm… Le Sort de Confusion. J'y suis allée un peu fort au printemps dernier, dans le bureau de Dumbledore. Il en subit encore parfois les effets. C'est sans doute pour cela que l'Imperium a marché. L'intention était sans doute de déstabiliser les témoins, avant même qu'ils soient appelés… On reverra ça plus tard. Allez bichette, tout va bien se passer, ne t'inquiète pas. Je t'accompagne. Fol Œil, dit à Edna de me relayer ici et que Dawlish reparte à la base, si ce n'est pas déjà fait ! » répond Kingsley, en m'offrant son bras pour que je m'y appuie.
Je déteste quand il m'appelle « bichette » !
Mais cela me rassure, qu'il m'accompagne. Je suis encore vacillante sur mes jambes parfois. Ce n'est pas facile, de garder l'équilibre, quand on ne sent pas le sol sous ses pieds…
Mon cœur bat à cent à l'heure…
Draco me fait un signe de tête, pour m'encourager. Et, quand je me tourne vers lui, Théo lève les yeux vers moi et ça me chamboule le cœur davantage encore… Il pince les lèvres puis il me fait un signe de tête, lui aussi… Et je me sens plus forte.
Il est avec moi…
Alors je me redresse bien droite, la tête haute et j'avance, au bras de King…
Il n'y a pas grand monde, quand nous pénétrons dans la Salle d'Audience et cela achève de me soulager. Papa, Maman, Bill, Fred, Georges et Charly sont là et ils m'adressent des petits signes d'encouragement. Fleur aussi. Et ça me touche, qu'elle soit là, pour me soutenir…
C'est que je lui ai dit quelques vacheries, la dernière fois que je l'ai vue…
Il faudra que je m'en excuse auprès d'elle…
Parkinson est là, sur le siège en bois, entortillée dans les chaînes. Elle me regarde d'un œil mauvais que je lui retourne…
Si elle croit m'impressionner la garce, elle se goure ! Après tout, je lui ai flanqué une sacré rouste une fois et je suis bien prête à le refaire s'il le faut !
Et elle peut bien penser ce qu'elle veut, ce n'est pas elle qui a gagné, l'autre jour, même si j'ai failli mourir. C'est moi ! Oh ! Oui ! C'est moi ! Je l'ai empêchée de mener son projet à bien ! Draco et Théo sont en vie ! Grâce à moi !
Kingsley me laisse devant la barre des témoins et je m'y agrippe, pour être sûre de ne pas flancher et vaciller si je m'énerve.
« Mademoiselle Weasley, vous savez pourquoi nous sommes ici, n'est-ce pas ? » me demande la tante de Susan.
Elle est impressionnante ! Jamais je n'aurais cru que Susan avait une tante avec un tel tempérament ! Mais c'est aussi une bonne copine de Papa… Ou tout au moins, je sais qu'ils s'apprécient mutuellement. Alors je ne me laisse pas impressionner.
« Oui, Madame ! » réponds-je, clairement et fermement.
« Bien. Dans ce cas, racontez-nous votre version des faits, je vous prie ! Et les conséquences qui en résultent pour vous ! » m'ordonne-t-elle, tandis que Percy me fait un petit clin d'œil avant de se pencher à nouveau vers son pupitre, pour prendre note sur ses parchemins.
Et je raconte tout ce qui est arrivé, depuis le moment où Harry, Ron et Blaise sont venus chercher le professeur Snape dans la salle de classe. Omettant, bien sûr, la raison réelle pour laquelle mon prof m'a retenue…
« Tout me semble très clair ! D'autant que les professeurs Flitwick et Snape ont confirmé que vous étiez bien en cours cet après-midi là. Ce que certifie également le Registre Magique des présences de Poudlard ! Tout comme celui-ci atteste par ailleurs, que Draco Malfoy et Théodore Nott étaient absents des cours du professeur Babbling. Nous avons aussi le témoignage de Messieurs Crabbe et Goyle, ainsi que de Mademoiselle Bulstrode, qui affirment que Messieurs Nott et Malfoy ont quitté leur salle commune aux environs de 13H25. Il était 16H05 à peu près, quand vous avez quitté la salle de classe du professeur Snape. Vous déclarez, et c'est en concordance avec les résultats de l'enquête, qu'il vous a fallu 7 ou 8 minutes pour trouver vos camarades. Vous avez été découverte mourante, dans les Cachots à environ 17H20. Vous n'auriez pas eu le temps matériel de blesser Mademoiselle Parkinson, de torturer l'un ou l'autre de vos camarades, comme ils l'ont été, puis de vous lancer à vous-même un Maléfice de Magie Noire qui agit très progressivement, contrairement à ce que la défense insinue dans ses déclarations aux journalistes. En revanche, Mademoiselle Parkinson disposait, elle, de tout le temps nécessaire ! Quant à moi, mon opinion est faite ! Cependant, la défense étant en droit de vous interroger, Monsieur Parkinson, la parole est à vous. Vous pouvez interroger le témoin ! » déclare Madame Bones, en se tournant vers le frère de Parkinson d'un air pincé.
Et moi, je me prépare à devoir répondre à des questions ineptes et avoir à me défendre d'accusations plus ineptes encore… Et je bous intérieurement… Mais il ne faut pas que je me fâche. Cela ferait mauvais effet. Alors je respire un grand coup, je prends mon air le plus angélique et je lève des yeux innocents vers la défense…
Et le public par la même occasion.
Les curieux ne sont pas nombreux, mais autant leur offrir le meilleur de moi-même. Après tout, il y a sans doute des journalistes, parmi eux, qui vont tout rapporter dans les journaux demain…
Et puis, je suis l'innocente victime, que diable !
« Le temps. Parlons de cela justement ! Le temps ! Toute l'accusation est fondée sur cette affirmation ! Mademoiselle Weasley n'aurait pas eu le temps de perpétrer son forfait, mais ma sœur, oui ! Mais le temps est parfois quelque chose de relatif, Mesdames et Messieurs du Magenmagot ! Mademoiselle Weasley, savez-vous ce qu'est un Retourneur de Temps ? » s'exclame Parkinson avec grandiloquence et en faisant des effets de manches.
Celle-là, je ne m'y attendais pas… Zut alors ! Ce connard va essayer de m'avoir sur cette question, c'est sûr… Mais je ne peux pas mentir sur ce point… S'il le sort, c'est qu'il a un As dans sa manche…
Rester sobre dans ses réponses… C'est la leçon que Papa m'a faite ce matin avant de partir… Et il a toujours été de bon conseil, Papa…
« Oui, je sais ce que c'est. » réponds-je, avec netteté.
« Est-il vrai, Mademoiselle Weasley, que vous avez déjà vu, un Retourneur de Temps ? » demande Parkinson, en souriant dans ses moustaches…
Oh ! Ça sent l'entourloupe, là ! Il a vraiment un As dans sa manche… Un As bidon et foireux sûrement mais un As quand même… De quoi semer le doute dans les esprits…
« C'est exact. » réponds-je, en songeant à celui qu'Hermione m'a montré en toute confidentialité à la fin de ma deuxième année…
« Oui, vous en avez vu. Et c'était au Ministère, en juin dernier, n'est-ce pas ! Quand vous avez pénétré en toute illégalité dans le Département des Mystères avec Monsieur Potter, votre frère Ronald Weasley, Mademoiselle Granger, Mademoiselle Lovegood et Monsieur Longdubat ! Vous en avez même vu plusieurs et quelques-uns d'entre eux ont été détruits ! Tellement réduits en miette, qu'il a été impossible de certifier s'il y en avait trois ou quatre… » déclare-t-il, avec un air très satisfait.
Oh ! Je le vois venir ! Il va m'accuser d'en avoir voler un ! Moi qui ne songeais même pas à ces Retourneurs de Temps là !
« C'est exact ! » réponds-je néanmoins, en sentant la moutarde me monter sérieusement au nez.
« Et voilà ! Mademoiselle Weasley vient d'avouer un acte illégal et par-là même, qu'elle n'est pas aussi blanche et sans tâche qu'elle voudrait le faire croire ! Et j'affirme qu'elle a très bien pu subtiliser un Retourneur de Temps lors de cette escapade illégale ! Et s'en servir pour couvrir son forfait dans les Cachots de Poudlard ! » s'exclame Parkinson, l'air triomphant, tandis que sa sœur glousse.
Je la hais, celle-là ! Et je vais lui faire ravaler ses gloussements ! Et la morgue de son frère par la même occasion ! Foi de Ginny Weasley !
Et je monte aussi sec sur mes ergots !
« Et vous croyez que j'aurais été assez sotte, si j'avais eu un Retourneur de Temps à ma disposition, pour ne pas m'en servir de façon plus efficace ? Comme par exemple, de retourner en arrière pour neutraliser votre sœur avant que, soi-disant, elle ne vienne me déranger dans des activités douteuses, selon vos propos ? Par ailleurs, me serais-je mise en danger, au point d'être mourante quand on m'a retrouvée, en me lançant à moi-même un Maléfice qui est une spécialité de votre famille, selon les rapports officiels qui ont été publiés dans les journaux la semaine dernière, à la suite du procès de votre père ! » m'exclame-je, maîtrisant à grand peine ma colère, pour garder un ton ferme, mais convenable…
Le frère de Parkinson commence par pâlir, puis il rougit de colère et s'avance vers moi, d'un air terriblement menaçant. Mais je suis tellement en colère moi aussi, que je ne bouge pas d'un poil.
Qu'il y vienne, le sale porc, je vais le recevoir !
En tout cas, je pourrais remercier Hermione pour avoir commenté tous les articles qu'elle a lus pendant son tour de garde auprès de nous… Moi qui trouvais ça un peu barbant, je reconnais maintenant que ses petites remarques au sujet de ces fameux rapports officiels viennent de bien me servir…
« Espèce de… » commence Parkinson, en faisant mine de sortir sa baguette…
Aussitôt, je vois du coin de l'œil les Aurors et mes frères sortir la leur et la pointer sur lui. Y compris Percy.
« Monsieur Parkinson ! Que croyez-vous faire ! « l'interrompt Madame Bones, en se levant de son siège.
Parkinson remise sa main hors de sa manche et recule d'un pas.
« Mais rien ! Je comptais juste poser la question suivante, Madame la Présidente. » se défend-il, mentant effrontément, en levant ses mains désarmées
« Soit ! Je vous accorde le bénéfice du doute ! Mais ne cherchez plus à intimider le témoin en vous avançant ainsi vers lui de façon menaçante ! » s'exclame Madame Bones, avec un fort air de doute sur le visage, avant de se rasseoir.
Intimider le témoin ? Je ne me suis guère sentie intimidée… Mais je ne vais certainement pas démentir.
Et puis, leur tête, à sa sœur et lui valent le coup d'œil… Je leur en ai fichu un coup, avec ma réponse… D'ailleurs, là-bas derrière, Papa me fait un petit signe de tête. Il a l'air satisfait. Les jumeaux, eux, lèvent carrément leurs pouces en l'air, pour me signifier que j'ai très bien répondu…
Et je me sens en confiance… Ce salopard ne m'aura sur aucune de ses questions !
« Il est de notoriété publique, que Mademoiselle Weasley nourrissaient des sentiments haineux à l'encontre de ma sœur et rêvait, je cite, « de lui refaire le portrait » … Des témoins dignes de foi, de ma connaissance, sont prêts à venir en attester devant la Cour. Je vous donnerai les noms si cela s'avère utile, Madame la Présidente. » déclare Parkinson qui a vite retrouvé son calme et essaye d'amadouer Madame Bones avec des effets de séducteur.
Des témoins dignes de foi ! Et d'où il les sortirait, je vous le demande un peu ! Parce que s'il parle de Brandburgy et sa clique d'Ânes Bâtés, on ne peut pas dire qu'ils soient dignes de foi ceux là ! Un ramassis de menteurs, oui !
Même si, en l'occurrence, il ne s'agit pas d'un mensonge et que je rêvais effectivement de lui casser la figure, à Pansy Parkinson !
« Nous verrons cela plus tard, Monsieur Parkinson ! Où voulez-vous en venir ? » répond Madame Bones, visiblement agacée par les manières du défenseur…
« Je veux en venir, Madame la Présidente, aux questions qui concernent le couteau de Mademoiselle Weasley… En effet, pourquoi Mademoiselle Weasley avait-elle un couteau comme celui-ci ? » dit-il, en prenant mon couteau sur la table des pièces à conviction, pour le brandir aux yeux de tous, avant de poursuivre avec son manège : « Pour venir dans les Cachots, qui plus est ? N'avait-elle pas l'intention de s'en servir pour agresser Pansy à la faveur de l'ombre des Cachots, justement ? Elle qui rêvait de lui faire du mal ! N'est-ce pas cela, Mademoiselle Weasley ? C'était bien là votre projet, quand vous vous êtes armée de votre couteau ! Un couteau de chasse ! »
Et voilà ! La question embarrassante ! Heureusement que nous avons eu le temps d'y réfléchir !
« Je me sers de ce couteau, pendant les cours du professeur Hagrid ! On a besoin de matériel solide, quand on est en classe avec lui. Or, c'était le cas, ce matin là. J'ai seulement oublié de le remiser dans ma malle à l'heure du déjeuner. Quand je m'en suis aperçu, il était trop tard. J'aurais été en retard pour la classe de Potions… Et je ne le voulais surtout pas ! Personne ne veut être en retard pour la classe du professeur Snape ! » réponds-je avec aplomb, sachant que la réputation du professeur Snape est telle, que tout le monde croira volontiers que la crainte d'être en retard pour son cours, m'a fait renoncer à retourner dans mon dortoir qui se trouve à l'opposé des Cachots
« Vous avez réponse à tout, n'est-ce pas, Mademoiselle Weasley ? » fait remarquer Parkinson, d'une voix doucereuse et dangereuse.
« Toujours, quand il s'agit de la vérité ! » réponds-je avec fermeté, sans ciller sous son regard perçant.
Et sans mentir… Car après tout, la réponse à sa question précédente, n'était pas de mon fait. C'est le professeur Snape qui me l'a soufflée lui-même…
« Eh bien voyons dans ce cas, ce que vous avez à répondre à ma question suivante… Est-il exacte, Mademoiselle Weasley, que vous avez déjà été possédée par le S… Vous-Savez-Qui ? » poursuit-il avec une lueur de triomphe dans le regard…
Oh ! La vache ! Il va se servir de cette vieille histoire contre moi ! Mais je l'aurais encore une fois, ce fils de… Mangemort et sans doute Mangemort lui-même !
« Non. Je n'ai pas été possédée par Voldemort ! » réponds-je, en notant avec satisfaction son tressaillement et sa pâleur soudaine quand je prononce le nom de son Maître. « J'ai été possédée par un souvenir que Voldemort avait laissé de lui dans un journal intime, vierge de toute écriture. Je ne savais pas qu'il s'agissait de son journal ! Mais c'est une chose qui ne se reproduira jamais. Parce qu'on ne me la fait pas deux fois à moi ! Et que j'ai appris à me défendre de ce genre de chose depuis ! Alors si vous voulez insinuer que j'ai fomenté tout un complot contre votre sœur, parce que j'étais possédée, volontairement ou non, par Voldemort, c'est raté ! D'ailleurs, si tel avait été le cas, les Aurors qui m'ont interrogée s'en seraient rendu compte. Parce qu'il y aurait eu des blancs dans mon emploi du temps que je n'aurais pas pu expliquer ! Or, ce n'est pas le cas ! Alors, à moins, naturellement que vous ne vouliez insinuer que les Aurors du Ministère sont complices aussi dans le soi-disant complot qui viserait votre sœur, il vous faudra trouver autre chose pour mettre en doute ma probité ! »
Et voilà ! J'ai remis deux fois le couvert avec « Voldemort » ! Et Parkinson en place par la même occasion !
Car, à moins, comme je le lui ai signifié, de mettre en doute l'honnêteté des Aurors, ce qui serait fort mal vu, il ne peut plus se servir de son idée foireuse !
Je l'avais dit, que je l'aurais !
« Tout cela n'a pas de sens ! Monsieur Parkinson, aucune de vos questions n'a pu fissurer le témoignage de Mademoiselle Weasley ! Et sa probité ne peut effectivement pas être mise en doute ! Toutes ses réponses sont parfaitement cohérentes ! Alors, ou vous avez vraiment une question qui vaille la peine d'être posée ou je vous recommande vivement de laisser partir le témoin ! » le somme Madame Bones, l'air assez mécontente.
Parkinson me fusille des yeux.
« Oui. C'est ça. Qu'elle s'en aille, j'en ai fini avec elle » grogne-t-il, avant d'ajouter tout bas, comme pour lui-même : « Pour l'instant… »
Et il y a tant de menaces dans son ton, que je me sens réellement menacée…
J'ai intérêt à surveiller mes arrières…
OoOoOoO
Severus
La fin de ma première classe vient de sonner. Et Marian Higgs n'est toujours pas revenu.
Pendant que ses camarades rangent leurs affaires, après avoir déposé leurs fioles sur le coin de leur table pour que je la ramasse en même temps que leur devoir, et transféré le reste de leurs Potions dans les flacons destinés à l'infirmerie, j'entrebâille la porte de mon bureau pour jeter un œil sur ce qu'il s'y passe.
Marian et Terry sont penchés sur un épais volume, lisant de concert. Ils sont tellement concentrés, qu'ils ne me voient même pas… Alors je referme la porte, pour préserver leur tranquillité…
Tout se passe bien. Je suis rassuré…
Je griffonne hâtivement un mot sur un morceau de parchemin.
« Monsieur Stanley, veuillez donner ceci au professeur Flitwick, s'il vous plait. C'est un mot d'excuse. Monsieur Higgs ne se présentera pas à son cours. » dis-je, en tendant mon billet au Préfet de Septième année.
Celui-ci le prend et fait quelques pas vers la porte, avant d'hésiter et de revenir vers moi.
« Tout va bien, Monsieur ? » demande-t-il, en faisant un signe de tête pour désigner la porte de mon bureau.
« Oui, tout va bien. » réponds-je, avant d'ajouter, avec douceur : « Et vous, Benjamin ? Comment allez-vous ? »
Benjamin détourne son regard et souffle :
« Ça va… Ça ira…»
Il est pâle et défait… Et, même s'il s'applique avec sérieux dans tout ce qu'il fait, je sais qu'il est très préoccupé… Qu'il se sent coupable…
« Benjamin… » amorce-je, mais il lève une main pour m'interrompre et se tourne de nouveau vers moi.
« Je sais… Je ne dois pas me sentir responsable de ce qui est arrivé à Philip. Tout le monde me le dit. Même mon père et ma mère… Selon eux, il attendait que ma belle-sœur ait accouché pour s'engager dans la lutte, lui aussi. Il ne l'a pas fait avant parce qu'il ne voulait pas qu'elle s'inquiète alors qu'elle était enceinte… Elle a mis au monde un petit garçon hier… Je l'ai su, au courrier de ce matin… Ça ne va pas remplacer mon frère, mais au moins, cela va mettre un peu de vie dans la maison et distraire tout le monde. » explique-t-il, la voix un peu tremblante.
Que répondre à cela ?
Rien, il n'y a rien à répondre. Alors je me contente de lui presser l'épaule, en un geste de réconfort et d'amitié…
« Si je peux faire quelque chose pour vous, Benjamin, n'hésitez pas à venir me voir. » lui propose-je, en toute sincérité.
« Vous pouvez faire quelque chose. » me répond-il aussitôt, en plantant son regard dans le mien, avant d'ajouter : « Vous pouvez continuer à m'entraîner, m'apprendre à me battre, pour que je puisse défendre les miens. Même seul, contre plusieurs adversaires. »
Et il a l'air tellement convaincu, tellement déterminé, que j'en suis bouleversé.
« Je vais le faire, Benjamin ! Dès ce soir… Rendez-vous en Salle d'Entraînement, à 23H00. » réponds-je, me faisant une note mentale, pour annoncer à Nally que j'aurais besoin de ses services…
Car j'ai bien l'intention qu'elle nous emmène dans le Temps Ralenti pour mettre ce projet à exécution.
Nally ne sera pas enchantée, c'était notre seul soir de repos de toute la semaine et nous avions des projets pour en profiter un peu…
« Merci, Monsieur. J'y serais ! » affirme Benjamin, avant de sortir de la classe cette fois.
Et aussitôt son départ, les élèves suivants entrent. Les Sixième année, dont j'ai changé l'heure de cours, pour être totalement libre cet après-midi et aller au QG où, en raison du procès, il manque du monde pour surveiller les écrans de contrôle du Manoir…
Harry entre le premier et me glisse discrètement le journal que je n'ai pu lire ce matin, puisque je suis parti immédiatement après avoir accompagné les gamins jusqu'au pied de l'escalier tournant du bureau d'Albus.
Et au petit sourire satisfait qu'il affiche, je sais que les nouvelles sont bonnes…
Tant mieux.
Car cela signifie que l'épreuve du procès de Parkinson sera moins rude pour Draco, Ginevra et Théodore…
Du moins, je l'espère… Parce qu'avec un type vicieux comme Parkinson en position de défenseur de sa sœur, il faut s'attendre à toutes les bassesses…
OoOoOoO
Théodore
C'est long… Je me demande ce qui peut prendre autant de temps.
Le témoignage de Ma Ginny ne devrait pas être aussi long… A moins qu'elle ne se fasse sérieusement asticoter par le salopard de frère de La Folle…
Si c'est le cas, je jure qu'il ne l'emportera pas au Paradis !
« Théodore ! C'est à toi mon gars ! » aboie Maugrey Fol Œil en ouvrant la porte.
J'étais tellement centré sur mes pensées, que je ne l'ai pas entendu venir.
Je me lève et, après avoir serré la main que me tend Draco, je suis le vieil Auror dans le couloir.
« Parkinson, c'est une sale pourriture. Vicieux et teigneux. Il va essayer de te mouiller jusqu'au cou et de jeter le doute sur toi, avec des remarques mauvaises et des questions tordues. Il va essayer de t'intimider aussi. Alors te laisse pas désarçonner p'tit gars. Le laisse pas t'impressionner et réponds-lui du tac au tac ! Et tout ira bien. » m'explique vivement Fol Œil, en claudiquant vers la Salle d'Audience.
« Ginny… » commence-je, avant d'être interrompu.
« Elle s'est débrouillée comme un Chef et lui a claqué son clapet à chaque question ! Elle l'a foutu en rogne et il s'est avancé sur elle pour la menacer, mais elle a pas cillé ni bougé d'un poil ! Une vraie Reine ! Ouais ! Courageuse comme tout ! » explique le vieil Auror, avant d'ouvrir la porte de la Salle d'Audience et de me désigner la barre des témoins.
J'ai les jambes tremblantes…
Ne pas regarder du côté de La Folle, ni du côté du public.
Rester fixé sur Madame Bones, la Présidente du Magenmagot…
J'arrive à la barre et je prends appui sur elle. C'est la première fois que je marche autant depuis que je suis à l'infirmerie et je suis épuisé.
« Voulez-vous un siège, jeune homme ? » me demande la Présidente, avec une sollicitude sincère.
« Cela ira, Madame, Je vous remercie. » réponds-je, en redressant le dos et la tête.
Je ne veux pas paraître diminué, même si je le suis.
« Très bien. Mais si vous aviez besoin de vous asseoir ultérieurement, n'hésitez pas à en faire la demande. » insiste-t-elle avec amabilité.
« Oui, Madame. » réponds-je simplement.
« Monsieur Nott, je sais que cela va être un moment très pénible pour vous, mais nous avons besoin d'entendre votre témoignage. Pouvez-vous nous rapporter, avec précisions, les évènements qui se sont produits le mardi 5 novembre après-midi, dans les Cachots de Poudlard et les conséquences qui en résultent pour vous.. » me demande Madame Bones, avec un air compatissant.
Je déglutis difficilement.
Le moment tant redouté est arrivé !
Mais je pense à Ma Ginny, à ce que m'a dit Maugrey Fol Œil en venant ici et je trouve en moi le courage de parler, de tout raconter. Gardant une voix assez ferme et claire, même si, à certains moments, je me sens complètement trembler et vaciller sur mes jambes… et un peu dans le brouillard aussi…
Mais plus rien n'existe autour de moi, rien n'a plus d'importance. Je ne vois rien, je n'entends rien de ce qu'il se passe dans la salle, je me raccroche à la barre et je poursuis, dévoilant tout, absolument tout, des tortures, des propos et gestes de La Folle…
Et des séquelles permanentes qui vont pourrir le reste de la vie…
« Merci, Monsieur Nott ! Mesdames et Messieurs du Magenmagot, ce témoignage me semble tout à fait édifiant encore une fois ! Il corrobore en tout point les résultats de l'enquête et le témoignage de Mademoiselle Weasley ! Et les aveux qu'avait effectués Mademoiselle Parkinson avant de se rétracter ! Cependant, comme précédemment, la défense a droit à la parole et au contre interrogatoire ! Monsieur Parkinson, le témoin est à vous ! » déclare Madame Bones dès la fin de mon récit.
Je suis épuisé. Je me sens malade, vidé de toute force. Mais encore une fois, je puise mon courage dans l'image de Ma Ginny et je me tourne vers le frère de La Folle.
C'est un choc ! Il lui ressemble tellement !
« Madame la Présidente parlait des aveux de ma sœur il y a un instant, je soutiens quant à moi, que ces aveux ont été extorqués à ma sœur sur son lit d'hôpital, le mercredi 6 matin, alors même qu'elle n'était pas remise de ses blessures et donc en état de faiblesse ! » s'exclame le frère de La Folle
Et je sens mon sang refluer de mon visage, puis y affluer à nouveau, avec une force incroyable, sous l'effet d'une bouffée de colère pure !
Ses blessures ! Elle a été à peine égratignée, en comparaison de ce que nous avons subit, Draco, Ginny et moi ! Elle n'a aucune séquelle, elle !
« Nous aussi, nous avons été interrogés le lendemain de ce qu'elle nous a fait ! Et nous étions loin, très loin d'être remis ! Nous ne le sommes pas encore ! Il faudra des semaines, pour que Ginny soit complètement rétablie ! Et encore, ce n'est pas prouvé qu'elle le soit un jour ! Draco non plus, qui a perdu de sa vision et ne retrouvera peut-être jamais toute la mobilité de son côté gauche ! Quant à moi, j'en ai pour la vie, avec les séquelles ! Et ça, c'est un fait établi ! Alors n'essayez pas d'attendrir tout le monde en parlant de la petite blessure de votre sœur ! Elle nous a fait cent mille fois pire ! » m'exclame-je, hors de moi…
Toute la colère, toute la rancœur, tout le chagrin que j'éprouve depuis ce fameux jour explosent dans ma tête… Je me sens comme le jour où j'ai cassé la gueule de Randy Bletchley…
Ce salopard ne me déstabilisera pas ! Il n'en est pas question ! Me dis-je, en jetant un coup d'œil vers Maugrey Fol Œil qui me fait un signe de tête approbateur…
Parkinson me regarde d'un œil noir, chargé de mépris et de colère. Mais je m'en fous ! Je n'ai pas peur… J'ai plongé mon regard dans celui de sa sœur alors qu'elle s'apprêtait à me tuer… Je ne vais certainement pas baisser les yeux devant lui !
« Ce que ma sœur vous a soi-disant fait. Moi j'affirme… » dit-il, grognant presque.
Mais je ne le laisse pas finir…
« Arrêtez vos conneries ! Vous croyez vraiment que vous allez faire gober à tout le monde que je soutiendrais Draco et Ginny si l'un d'entre eux m'avait fait ce que j'ai subi ! Toutes ces tortures ! Je ne suis pas masochiste ! Je n'apprécie pas que l'on me fasse du mal ! » explose-je encore, droit comme un i et ne le quittant pas des yeux.
Son regard est sombre, flamboyant de rage.
Il ne s'attendait pas à ce que je lui résiste… Je m'en doutais… Mon père a toujours claironné à ses connaissances que j'étais un être faible et lâche… Et les Parkinson en faisaient partie…
Nous nous regardons, en chien de faïence. L'un défiant l'autre… Je ne saurais combien de temps cela dure…
« Cela suffit ! Monsieur Parkinson, avez-vous des questions à poser au témoin, oui ou non ! » explose à son tour la Présidente, qui darde le frère de La Folle d'un regard aussi noir que le sien…
« Oui, Madame la Présidente ! Monsieur Nott, où se trouve actuellement votre père ? » demande-t-il, en levant un sourcil interrogatif.
Merde ! Où veut-il en venir ?
« Et le vôtre ? » rétorque-je cependant aussi sec.
« Madame la Présidente ! Puis-je dire un mot, s'il vous plait ? » intervient au même moment la mère de Draco.
Ma mère adoptive…
« Et en quelle qualité, je vous prie ? » demande aussitôt Parkinson, en lieu et place de Madame Bones qui le remet immédiatement en place :
« Monsieur Parkinson ! Ce n'est pas à vous de poser cette question ! Substituez-vous encore une fois à moi et je vous fais inculper pour outrage à la Cour ! » tonne-t-elle, d'un ton et d'un air si impératif, que je la pense tout à fait capable de mettre sa menace à exécution…
Parkinson prend un air faussement contrit et présente ses excuses.
« En quelle qualité voulez vous intervenir, Madame ? » interroge la Présidente, considérablement radoucie.
« En qualité de mère adoptive de Théodore ! J'ai fourni tous les documents nécessaires ce matin pour prouver cette qualité au Mangenmagot. » répond Madame Black, en relevant le menton.
« Je les ai ici, effectivement ! De quoi désirez-vous nous faire part, Madame ? » demande encore Madame Bones, sur un ton aimable.
« Justement que je suis la mère adoptive de Théodore et que son père n'a plus aucun droit sur lui ! Et Théodore n'a plus de contact avec le Sieur Nott actuellement condamné à une peine d'emprisonnement à Azkaban. En conséquence, je ne vois pas en quoi il est utile de poser la question que Monsieur Parkinson vient de poser. Il n'y a aucun rapport entre ce fait et la présente affaire ! » répond Madame Black, d'une voix ferme
Elle vient de le dire devant tout le monde ! Et cela me fait chaud au cœur !
Ce sera dans les journaux demain et mon père l'apprendra… Il saura que je ne suis plus son fils…
Et puis, sa façon de présenter les choses est sacrément Serpentard... "Actuellement condamné à une peine d'emprisonnement"... Qu'elle réponse intelligente ! Personne ne pourra dire qu'elle a menti sur ce point, même si on découvre un jour qu'elle savait mon père évadé à ce jour...
« Vous avez parfaitement raison de souligner ce point, Madame. J'allais justement demander à Monsieur Parkinson de nous préciser où il voulait en venir avec cette question ! » fait remarquer Madame Bones, en se tournant vers le frère de La Folle.
« Le S… Vous-Savez-Qui, voilà où je veux en venir ! Je veux… » commence-t-il à répondre, avant d'être encore une fois interrompu…
« Voldemort ! » tonne-je, de concert avec Madame Black, qui m'adresse aussitôt un sourire chaleureux et complice…
Et je poursuis, en me redressant avec fierté :
« Voldemort, c'est ainsi qu'il se fait appeler ! Tom Elvis Jedusor, de son vrai nom ! Et contrairement à vous, j'ose prononcer son nom ! »
Parkinson fulmine… Il a perdu la partie contre moi et il le sait.
Il me pose cependant encore quelques questions insipides et sans grande importance, avant de reconnaître qu'il n'a plus rien à me demander…
Et sans attendre, je me dirige vers Madame Black, qui me fait signe de la rejoindre.
En passant, pour la première fois depuis que je suis entré dans la Salle d'Audience, je regarde La Folle… Pansy Parkinson…
J'ose dire le nom de Voldemort, alors je peux bien oser dire son nom, à elle aussi…
Je me sens plus fort… Même si je tremble sur mes jambes, épuisé par ma longue station debout…
Et je rejoins Madame Black qui me serre contre son cœur puis me fait une place entre elle et Ma Ginny…
Ma Ginny qui me prend spontanément la main et m'embrasse sur la joue, me soufflant à l'oreille que j'ai été formidable…
Je serre sa main dans la mienne, fermant les yeux et savourant ce contact pendant deux secondes, avant de la lâcher sous prétexte de me passer la main dans les cheveux…
Je me sens plus fort… Mais pas encore assez pour la regarder dans les yeux…
Mais cela viendra, je pense…
Oui, cela viendra…
J'ai juste besoin de digérer tout cela encore un peu…
OoOoOoO
Draco
Cette fois c'est mon tour…
J'avance péniblement vers la barre des témoins, prenant appui sur ma canne et sur le bras de Richard qui a devancé ma cousine pour m'offrir son aide, au moment où j'ai été appelé.
C'est dur et je note les regards compatissants des membres du Magenmagot et la lueur de joie mauvaise dans celui de Parkinson… Frère et sœur…
Je m'installe à la table, pour pouvoir écrire. Et Percy vient auprès de moi, pour faire lecture de mes réponses aux questions.
« Monsieur Malfoy, étant donné votre aphasie actuelle et donc votre incapacité à vous exprimer verbalement, le greffier du tribunal va faire lecture du témoignage écrit que vous avez remis aux Aurors. Il effectuera également la lecture des séquelles qui résultent des évènements survenus dans les Cachots de Poudlard, le mardi 5 novembre dernier. Êtes-vous d'accord avec cette procédure ? » déclare Madame Bones, sur un ton qui me semble tout à fait chaleureux, malgré toute l'autorité qui y transparaît.
« Je suis tout à fait d'accord, Madame la Présidente » écris-je en réponse sur le parchemin des minutes du procès, sur lequel Percy a noté la question.
Percy transmet ma réponse et Madame Bones se tourne vers le frère de Parkinson.
« La défense ? » demande-t-elle, l'air un peu plus pincé.
« Je n'y vois pas d'inconvénient, Madame. » répond Parkinson, en se levant à demi de son siège.
Et Percy lit…
Et je reste les yeux fixés sur un point que je ne vois pas, les images dansant dans ma tête en une ronde douloureuse…
« Confirmez-vous ce témoignage, Monsieur Malfoy ? » s'enquiert ensuite Madame Bones, croisant ses mains sur son pupitre.
« Oui, Madame » écris-je, après avoir acquiescé de la tête.
Merlin, qu'il est pénible de ne pouvoir parler !
« Encore une fois, Mesdames et Messieurs les membres du Magenmagot, ce témoignage correspond tout à fait aux résultats de l'enquête et aux déclarations des précédents témoins ! Tout est limpide et quant à moi, j'estime qu'il n'y a pas lieu de poser d'autres questions à Monsieur Malfoy. Monsieur Parkinson, c'est à vous ! » déclare Madame Bones, avec un regard qui contient un avertissement muet.
Je me demande ce que ce salopard a pu faire subir à Ginny et Théo, pour qu'elle ait ce regard envers lui !
« Bien sûr que ce témoignage correspond à celui de ses complices ! Ils l'ont minutieusement mis au point tous les trois ! Et je vais m'attacher à le prouver maintenant ! Je rappelle que la baguette de ma sœur a été brisée, par Mademoiselle Weasley, selon son propre aveu, et qu'elle n'a donc pu faire l'objet d'un examen qui aurait pu prouver qu'elle n'avait pas jeté les Sorts dont on l'accuse d'avoir usé ! En conséquence, voici ma question : Monsieur Malfoy, où sont les preuves matérielles que ma sœur est bien coupable de ce dont vous l'accusez ? » s'exclame Parkinson, avec une lueur mauvaise dans le regard.
Il n'y a aucune preuve matérielle de cela et il le sait bien. Nous ne pouvons pas prouver matériellement que Pansy est la coupable, bien qu'elle ait été présente sur les lieux quand nous avons été découverts...
« Il n'y a pas de preuve matérielle. Il n'y a que notre parole, la concordance de nos témoignages et les résultats de l'enquête menée par les Aurors. Et les cauchemars que nous faisons chaque nuit et dont peuvent témoigner toutes les personnes qui ont veillé sur nous depuis que nous sommes à l'infirmerie… Les séquelles également. Quoique vous puissiez en dire, nous n'aurions pas été assez bêtes, pour nous infliger de telles blessures, avec des conséquences aussi difficiles à vivre… » écris-je, me sentant de plus en plus frustré de ne pouvoir lui répondre à voix haute.
Parkinson se lève et fait le tour de la Salle d'Audience, parlant en prenant le maigre public à témoin :
« Pas de preuve matérielle ! Juste votre parole… Et tout le monde sait que la parole d'un Malfoy vaut de l'or, n'est-ce pas ! Les résultats de l'enquête, fondée sur les témoignages uniquement ! Or, les témoins peuvent être achetés et votre fortune personnelle le permettrait aisément… Il reste donc les cauchemars… Qui peuvent tout aussi bien exprimer vos remords… Que peut-il y avoir d'autre, à part cela ? Vos souvenirs, monsieur Malfoy ? » dit-il, en venant planter son regard dans le mien…
Les mêmes yeux que sa sœur… La même lueur enfiévrée de folie…
Je vois où il veut en venir et un frisson glacé me remonte tout au long de l'échine… Ce salopard va essayer de me forcer à lui livrer mes souvenirs ! A tout montrer de ce que nous avons subi !
Qu'il aille se faire foutre !
« Oui, nos souvenirs… » écris-je néanmoins, la main tremblante de la fureur qui me gagne…
Cette fois, une lueur de triomphe s'allume dans son regard et il se dirige à grands pas vers un homme, trapus et patibulaire, auquel il a fait signe et qui s'avance vers lui avec un gros paquet dans les bras…
« Par coïncidence, j'ai justement acheté une Pensine ce matin, juste avant de venir ici, pour en faire cadeau à ma fiancée pour son anniversaire demain… Cependant, celle-ci ne me tiendra certainement pas rigueur, si nous en usons pour prouver l'innocence de ma sœur ! » s'exclame-t-il, d'une voix forte dans laquelle transparaît toute sa jubilation.
Cet enfoiré est venu avec une Pensine, comme je le soupçonnais !
J'ai la tête qui tourne. Mais j'entends nettement un remous de protestation dans le public et la voix de ma mère s'élever dans la Salle d'Audience. Elle résonne, claire et nette. Ferme et décidée.
« Je m'insurge ! Mon fils n'est pas majeur et je suis en droit de refuser qu'on lui inflige cela ! A mon fils adoptif et Ginevra Weasley également ! » dit-elle en se levant pour venir prendre place à mes côtés.
« Vous refusez ! Si votre fils dit la vérité, il n'y a pas de crainte à avoir ! Au contraire, vous devriez lui donner là l'occasion de prouver ses dires et ceux de ses amis ! Eux qui se targuent d'être innocents, d'être des victimes, d'être honnêtes et blancs ! Alors même que deux d'entre eux sont des fils de Mangemorts notoires ! La seule chance d'ôter tout doute à leur propos, c'est bien de livrer leurs souvenirs concernant cette affaire ! Quant à moi, s'ils ne le font pas, ce sera la preuve qu'ils mentent tous les trois ! » explose Parkinson, en postillonnant sous son excitation fébrile.
Comment ce putain d'enfoiré ose-t-il mettre en doute notre probité sous le prétexte que Théo et moi sommes fils de Mangemorts, quand il est tout aussi de notoriété publique que son prore père en est un!
Ma mère est furieuse. Elle se redresse de toute sa taille.
« C'est scandaleux ! Comment pouvez-vous imposer une telle épreuve à ces enfants ! Vous êtes un monstre sans cœur ! N'est-il pas suffisant qu'ils aient eu à vivre toutes ces horreurs ? A en subir les conséquences effroyables ? » dit-elle en faisant rempart de son corps, entre Parkinson et moi
« Je veux mettre fin à l'ignominie de leurs accusations ! » gronde Parkinson frère, tandis que sa sœur jubile en regardant la scène.
« L'ignominie de leurs accusations ! Mais c'est votre sœur qui a commis des ignominies ! Et tout ce procès est un pur scandale ! » explose encore ma mère, tandis que je note que les Weasley et tous les membres de l'Ordre, les Aurors aussi, se tiennent prêts à intervenir…
« Il n'est pas scandaleux de se défendre des accusations dont on fait l'objet ! Je veux la preuve, que ce que ces garçons et cette fille disent est vrai et je veux voir ces souvenirs s'ils existent ! Et vous n'avez pas le droit de refuser à ma sœur la chance d'être lavée de toutes ces accusations honteuses dont elle fait l'objet ! Je demande à la Cour d'exiger que les souvenirs de votre fils soient livrés à notre regard ! Ou ceux de Théodore Nott ! Et ceux de Mademoiselle Weasley ! » gronde encore Parkinson, les narines frémissantes de rage.
Et le regard fou et menaçant… Et je sens la rage me gagner peu à peu, moi aussi… Ce putain de salopard menace ma mère !
Et je me lève, prêt à lui foncer dessus et lui casser la gueule proprement s'il touche à un seul de ses cheveux…
Même si je risque d'avoir bien du mal à le faire, je me sens porté par cette rage et cette montée de haine qui me soulève…
« Madame Bones, je vous en conjure, n'accédez pas à cette demande ! Ménagez ces enfants qui n'ont que trop souffert déjà ! » s'exclame Maman, en tournant un regard suppliant vers la Présidente du Magenmagot.
« Madame Bones, vous devez au contraire accéder à ma requête, si vous ne voulez pas que l'on vous accuse de partialité dans ce procès ! Les plaignants ont accepté de témoigner, qu'ils le fassent jusqu'au bout ! Et que Draco Malfoy montre au moins l'un de ses souvenirs ! Celui où ma sœur les aurait soi-disant dénudés tous les deux, lui et Théodore Nott ! De toutes leurs accusations, c'est la plus ignoble ! La plus honteuse ! C'est salir sa réputation, alors même que ma sœur est une « Sang Pur » qui respecte scrupuleusement les traditions ! Elle est vierge et pudique ! Jamais elle ne toucherait un garçon avant son mariage ! Vous devez accéder à ma requête ! » exige Parkinson, en ne quittant pas Maman du regard…
« Je l'ai pourtant fait ! Et c'était très amusant ! » glousse soudainement Pansy Parkinson depuis son siège d'accusée.
Et tous les regards se tournent vers elle…
« Que dites-vous, Melle Parkinson ? » s'enquiert Madame Bones, en regardant par-dessus nos têtes
Pansy ouvre de grands yeux brillants de joie.
« Je l'ai fait ! Je les ai mis tout nu ! Et j'ai touché leur kiki ! A tous les deux ! Ils étaient tout mous ! Ils ne sont pas fait pareils, vous savez ! C'est normal ça ? Et puis, je voulais voir comment c'est, un kiki qui bande ! Mais Draco n'a pas voulu que je le suce ! Il m'a dit une chose très méchante ! Il m'a dit que je pourrais le sucer jusqu'à la fin des temps qu'il ne banderait pas pour moi ! Alors je l'ai puni ! Je les ai punis tous les deux ! Je les ai tout cassés ! Et la Traîtresse aussi, je l'ai punie quand elle m'a empêché de les tuer ! » claironne-t-elle avant de rire comme à une bonne blague.
« Eh, bien ! Vous vouliez des preuves, Monsieur Parkinson, vous avez mieux : les aveux de votre sœur ! Et vous ne pourrez pas affirmer qu'ils lui ont été extorqués cette fois ! Et sachez, qu'il aurait été hors de question que la Cour accède à votre requête ! Vous allez beaucoup trop loin Monsieur Parkinson ! » déclare fermement Madame Bones, en direction de Parkinson frère….
Celui-ci fulmine. Ses narines palpitent et je le sens prêt à tirer sa baguette…
« Les aveux de ma sœur ! Les aveux de ma sœur ! Mais vous voyez bien que son cerveau a été manipulé ! Ils lui ont jeté un Sort de Magie Noire ! Ma sœur ne parle pas ainsi ! Jamais des propos d'une telle vulgarité n'ont franchi ses lèvres ! C'est une jeune fille de bonne famille, bien éduquée ! Je suis sûr que l'un d'entre eux la possède, en ce moment même, pour lui faire dire n'importe quoi ! Peut-être même, que c'est elle, la femme de Lucius Malfoy, qui tire les ficelles ! » hurle-t-il cette fois, en désignant Maman…
Cette fois c'est trop !
Je ne laisserais pas ce salopard salir ma mère !
Et il va voir ce que je vais en faire de la réputation de sa sœur !
Ah ! Il veut des preuves ! Eh, bien, il va en avoir !
J'empoigne ma canne et je m'avance d'un pas décidé, dépassant Maman et le bousculant lui pour qu'il dégage le passage… Et je m'arrête devant la petite table, sur laquelle il a disposé la Pensine tout à l'heure…
Puis je lève les yeux vers Théo…
Théo, qui a le visage exsangue et les yeux mangés par des grands cernes noirs et débordant d'angoisse…
Théo qui déglutit difficilement, des larmes roulant sur ses joues mais qui me fait un signe positif de la tête…
Et je sors mon souvenir de ma tête…
Mon souvenir complet de ce que Pansy Parkinson nous a fait…
Il s'enroule autour de ma baguette et je le dépose dans la Pensine et d'un coup de baguette, sans trop savoir ce que je fais mais avec une détermination inébranlable, je jette un Sort sur la bassine de pierre…
Et le souvenir s'élève…
Et je vacille, reculant d'un pas plus qu'incertain avant de heurter Maman qui s'est précipitée vers moi et m'entoure la poitrine de ses bras pour me soutenir et pose sa joue sur la mienne…
Nous glissons tous les deux au sol…
Mon regard est rivé sur mon souvenir qui défile et cela me fait terriblement mal… Pendant près d'une heure trente, sans que personne ne puisse l'arrêter… Nous voyons tout, nous entendons tout, depuis le moment où je reprends connaissance, ligoté sur le sol de pierres du Cachot, jusqu'au moment où je ferme les yeux sur Ginny qui me dit qu'elle va chercher du secours…
C'est horrible… C'est abominable… C'est monstrueux de revivre tout cela, d'entendre nos hurlements de douleurs, d'entendre les discours et le rire fous de Pansy…
Et Maman me serre contre elle à m'étouffer, ses larmes silencieuses se mêlant aux miennes…
Et quand le souvenir s'évanouit enfin, je me dégage doucement de ses bras, je me relève péniblement, avec l'aide de Percy qui se précipite à mon secours, et m'approche en tremblant de la Pensine où je le récupère…
Je ne le laisserai pas là-dedans pour tout l'or du monde !…
Je ne veux pas que Parkinson l'emmène et s'en délecte à l'envie…
Le silence est terrible, à peine troublé par les sanglots discrets de Madame Weasley qui serre Ginny dans ses bras… Hormis ceux des membres de la famille Parkinson et leurs quelques proches qui se trouvent dans les gradins, tous les visages sont horrifiés, bouleversés…
Du côté des Aurors, Maugrey crache par terre en regardant Pansy, visiblement écœuré et en colère. Les autres ne laissent rien transparaître, mais à leur pâleur, je sais qu'ils ne sont pas indifférents…
Et ils serrent tous leur baguette dans leur main crispée, regardant fixement quelque chose derrière moi…
Je me tourne dans la direction qu'ils fixent sans ciller… Le frère de Parkinson…
Il est hors de lui, les poings crispés… Violet de fureur et le regard tellement flamboyant que j'ai l'impression que je vais prendre feu d'une seconde à l'autre…
Il voulait nous avoir au bluff… Obtenir le doute… Je le comprends maintenant…
Il voulait pouvoir claironner partout que personne ne pouvait attester de la culpabilité de sa sœur et que le doute était permis, puisque nous avions refusé de donner la seule preuve dont nous disposions : nos souvenirs…
Ce putain de salopard a perdu !…Il a poussé les choses trop loin… Il s'en est pris à Maman… Et il a perdu…
« Monsieur Malfoy, je loue votre courage ! Et celui de votre ami Théodore Nott ! Vous avez tous les deux vécu un véritable enfer et vous avez pourtant fait front avec dignité et bravoure ! Je salue également Mademoiselle Weasley, qui n'a pas hésité à se porter à votre secours et a défendu vos vies avec tout autant de vaillance ! Vous êtes tous les trois de très courageux jeunes gens et je me fais fort de le faire savoir ! » déclare Madame Bones, d'une voix voilée d'émotion.
Et je note qu'elle n'est pas la seule à être émue… Les hommes sont pâles et il y a des yeux rougis parmi les membres féminins du Magenmagot…
Puis Madame Bones se tourne vers Parkinson qui ouvre la bouche, comme pour parler.
« Monsieur Parkinson ! Nous venons d'avoir la preuve irréfutable de la culpabilité de votre sœur ! Essayez seulement d'ouvrir la bouche pour proférer encore des accusations diffamatoires envers ces jeunes gens ou un quelconque membre de leur famille et je vous fais arrêter séance tenante ! Je ne tolèrerai plus vos accusations, ni vos insinuations honteuses concernant leur honnêteté, ni que vous mettiez en doute les compétences des Aurors qui ont mené l'enquête dans cette affaire ! Vous ne poserez plus aucune question au témoin, que j'autorise à se retirer ! Retournez vous asseoir, Monsieur Parkinson, pour que nous puissions passer au vote ! » déclare Madame Bones, en retrouvant toute son autorité.
Parkinson tourne les talons, me dardant au passage d'un regard chargé de haine et de menaces…. Mais il peut aller se faire foutre ce sale connard ! Il ne m'impressionnera pas !
Maman et Percy m'aident à aller vers les gradins. Maintenant que les tensions sont retombées, j'ai bien du mal à rester sur mes jambes et cette marche m'est vraiment très pénible. A mon passage auprès d'elle, Pansy Parkinson glousse, face à mes difficultés…
Je m'arrête et je la foudroie du regard… Et elle cesse de ricaner et se ratatine sur son siège, vaincue, elle aussi…
Et je reprends ma pénible progression. Bill et Richard viennent prendre le relais de Maman et Percy, dans l'escalier. Me portant presque. Et j'arrive enfin auprès de Théo…
Théo, toujours debout. Théo dont les joues sont baignées d'un flot de larmes qui ne tarit pas. Théo qui me prend dans ses bras et me chuchote à l'oreille :
« On va s'en sortir, Draco ! Je te jure qu'on va s'en sortir ! Tu as bien fait de leur montrer… C'est ce qu'il fallait faire… »
Et je m'effondre contre lui, mes jambes ne voulant plus me porter…
Je suis complètement vidé…
OoOoOoO
Acte 4 : Verdict
Arthur
Je ne suis pas un pleutre… Je ne suis pas non plus une petite nature. La précédente guerre m'a donné à voir bien des horreurs déjà et la bataille d'Halloween aussi…
Mais cette fois, c'était plus atroce que tout… Et je tremble…
Ces enfants, ces jeunes hommes, ont vraiment eu à vivre l'enfer…
Et ma petite Ginny s'est battue contre leur tortionnaire avec un rare courage… Je suis vraiment très fier d'elle.
« Mesdames et Messieurs les membres du Magenmagot, nous passons au vote ! Qui est pour déclarer l'accusée ici présente, coupable des faits qui lui sont reprochés ? » s'enquiert Amélia Bones, en levant aussitôt elle-même la main…
La main de tous les membres de la Cour se lève.
Mais Amélia se doit de respecter la procédure et de poser la question suivante :
« Qui est pour déclarer l'accusée innocente ? » demande-t-elle donc encore, en regardant à la ronde, avant d'ajouter : « Greffier, veuillez noter que l'accusée, Mademoiselle Pansy Parkinson, est déclarée coupable à l'unanimité ! Il n'y a eu ni contre, ni abstention ! »
Et tandis que sa sœur pousse un long hurlement de douleur, Parkinson se lève pour déclarer :
« Nous faisons appel ! »
« Monsieur Parkinson ! Vous êtes prié de respecter la procédure ! Votre demande d'appel n'est pas recevable ! Vous la déposerez comme il se doit, dans les huit jours, par écrit, en prenant soin de l'argumenter sérieusement ! Et veuillez vous asseoir si vous ne voulez pas que je vous fasse expulser séance tenante de la Salle d'Audience ! » répond Amélia, qui ne cache pas sa haute contrariété.
Parkinson s'assoit, se retenant visiblement d'exploser…
Toutes les personnes impliquées dans ce procès auront à prendre garde à sa vengeance, assurément…
« C'est pas moi ! C'est pas moi ! C'est Draco qui a été vilain ! Je l'ai juste puni un peu ! Edmond ! Fais quelque chose ! Ne les laisse pas me mettre en prison ! » hurle Pansy Parkinson, en gigotant sur le siège dont les chaînes raffermissent sa prise sur elle, lui arrachant un nouveau hurlement…
Et un frisson glacé me parcourt l'échine…
Cette fille est dangereuse, certes, mais elle est avant tout complètement folle… Elle ne fait pas la différence entre le mal et le bien, qui sont des notions qui lui échappent complètement, j'en suis intimement convaincu…
Et, dans le fond, elle me fait pitié plus qu'autre chose…
Kingsley et Tonks se précipitent, pour l'empêcher de bouger davantage et de se faire écraser par les chaînes… Et le silence revient dans la salle…
A mes côtés, je note que Ginny et ses amis sont blêmes…
Je suis sûr qu'ils ont pitié d'elle, eux aussi, malgré toute la légitime rancœur qu'ils nourrissent à son égard… Parce que son sort n'est pas enviable…
Non, il ne l'est pas…
« Mesdames et Messieurs, la Cour a attentivement examiné tous les rapports des examens médicaux effectués par des Experts désignés par le Département de la Justice Magique. Ces Experts s'entendent pour déclarer la prévenue, Pansy Parkinson, atteinte de folie furieuse et affirment que son état de santé nécessiterait un enfermement à vie dans un service spécialisé et hautement sécurisé. Par ailleurs, la Cour a également examiné les rapports effectués par les Aurors et les Tireurs de Baguette, concernant la sécurité des services spécialisés de Ste Mangouste et qui attestent que notre hôpital ne pourrait garantir ni la sécurité de Mademoiselle Parkinson elle-même, ni celles des autres malades, ni celles des citoyens de notre Communauté. La sécurité des malades et de nos citoyens étant prioritaire, la Cour se voit en conséquences, bien qu'elle en soit vivement navrée, dans l'obligation d'incarcérer la prévenue, Pansy Parkinson, dans le seul établissement du monde Sorcier, qui pourra remplir cet office : la prison d'Azkaban ! La prévenue y bénéficiera d'une cellule dans les quartiers de Haute Sécurité ! Il sera effectué une demande pour que les Détraqueurs n'imposent pas leur présence à la prisonnière, en dehors des rondes de vérification des présences ! La sentence prend acte dès à présent ! Messieurs les Aurors, emmenez la prévenue ! » déclare maintenant Amélia, l'un sincèrement navrée d'avoir à prononcer un tel verdict…
Pansy Parkinson éclate en sanglot, tandis que les Aurors la détachent pour l'emmener et elle appelle son frère d'une voix désespérée…
« Bande de pourriture ! Ma sœur ne restera pas en prison ! Je vous jure qu'elle n'y restera pas ! » hurle Parkinson, en levant son poing dans un geste menaçant, avant de se tourner vers nous pour ajouter, en direction de Ginny, Théo et Draco : « Vous aurez à le regretter ! »
Mes fils, mon épouse, Narcissa, Richard et moi-même, faisons corps autour d'eux, avec les quelques membres de l'Ordre qui ont pu venir pour assurer la sécurité des enfants…
Et je note, du coin de l'œil, que King, Tonks, Maugrey et Edna se précipitent vers nous également…
Au même moment, c'est un autre appel qui se fait entendre :
« Draco ! Mon Draco ! Viens me délivrer ! Viens me délivrer mon Draco ! S'il te plait ! S'il te plait ! Ne les laisse pas me faire du mal mon Draco ! » hurle en effet Pansy Parkinson, que les Aurors ont bien du mal à faire sortir de la Salle d'Audience…
Et le jeune Draco blêmit et se met à trembler…
Et nous nous hâtons de les emmener, Ginny, Théo et lui, loin de cet endroit où ils ont eu encore une fois à souffrir…
Et j'ai mal pour eux…
Même si je sens, qu'ils vont finalement sortir plus forts d'ici, qu'ils n'y sont entrés…
OoOoOoO
...Votre avis m'intéresse vivement...
OoOoOoO
...
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