Chapitre 35 : Secouer, craquer mais résister.

Après la mise à l'écart de Charlie, Jasper et Bella resserrèrent les liens plus qu'avant. Cette dernière se sentait responsable des insultes de son père envers Alice.

Tony et Gab étaient dans la dernière longueur de leur examens finals avec, au bout : médecine pour l'un et le conservatoire pour l'autre. Lili finissait sa première année de primaire, Bella poursuivait sa grossesse, dessinant, cuisinant et faisant de la musique : piano et violon comme à son habitude. Jasper la rejoignait souvent avec sa guitare. Halley et Hope allaient vers leur première bougie. Avec les jumelles, il était inséparable. Edward s'était fait un nom dans la publicité et du coup, Bella pouvait se reposer complètement. Emmett avait repris son travail au centre, Seth avait presque deux ans et grâce à Lili et parlait très bien, mieux que certains de son âge. Il était moins dégourdi, impossible pour lui de faire du tricycle, trop compliqué. Alors il dessinait et parlait, parlait et posait beaucoup de questions. Du coup, Lili avait réussi à lui raconter son histoire, grâce à la couverture de Leah. Comment son papa avait trouvé Leah? Et surtout… Où lui était pendant ce temps-là? Et la réponse rituelle : dans le bidou de Leah!

-Nini, comment papa il a mis moi dans le bidou de maman s'il avait jamais vu maman?

-Ecoute Seth, tu devrais demander à Emmett… Parce que moi, ben je sais pas tout, soupira Lili embêtée.

-D'accord, mais Zane, c'est la maman de 'Tiste et papa il connait pas Zane. Il a pas mis 'Tiste dans le bidou de Zane. Zane elle est toujours là! Ma maman n'est au ciel…

-Oui…

-Mais papa a pas de z'amoureuse? Z'ai vu une photo dans un vieux livre de l'école de papa, mais ze la connais pas. Dis, Nini, il a aimé ma maman, papa?

-Oh oui, beaucoup, au début, il vous a sauvé, aidé et puis après ils se sont beaucoup aimés.

-Mais n'alors c'est qui?

-C'est Rosalie, l'amoureuse de ton papa à l'école.

-Ben pourquoi c'est pas ma maman, alors?

-Parce qu'elle a pas été gentille avec Emmett et surtout avec Tonton Edward et Tatie Bella.

-Elle est messante alors?

-Non… moi je dirais malheureuse.

-Mais t'as pas groid de n'être méchant si t'es criste! C'est papa qui dit! C'est à cause de n'elle!

-Je pense, mais tu devrais demander à ton papa.

-Mais, maman elle n'a la connaissait?

-Oui, elle savait que ton papa l'aimait, mais ça n'était pas grave pour elle et pis ton papa ne parlait plus à Rosalie depuis longtemps.

-Mais… mais… rhaaaa… C'est crop compliqué! Alors mon papa, il n'aime Rosalie, pis elle est messante, il n'aime encore mais il la n'aime plus, pis il crouve ma maman et moi dans son bidou. C'est son zami pis son zamoureux. Pis maman part n'au ciel, papa n'est criste, y'a Zane qui veut pas 'Tiste et pis papa, ben il décide que z'aurai un 'tit frère, et Zane elle repart mais pas n'au ciel, et pis papa il est toujours criste. Il n'aime Maman qui n'est au ciel et Rozlalie qui n'est méchante, c'est zuste?

-Oui

-Ben tu sais quoi Nini? Moi veux pas grandir, veux rester tout titit…Pake moi ze te n'aime et ze veux pas que tu deviennes messante n'avec moi et que ze t'aime pu et que ze te renaime!

-Seth, je te promets de ne jamais être méchante.

-C'est vrai? Pake que la vie des grands, ça fait peur à moi et pis c'est compliqué! Dis Nine, peut te dire un secret?

-Oui, bien sûr?

-Tu sais la zolie dame de la photo, ze la vois quand on va zouer au parc nensemble. Même que Zack et Zasper ils lui sourient des fois…

Lorsque le langage de Seth évolua un peu plus, il se lança à l'eau:

-Dis papa, peux te poser une question? dit Seth en grimpant sur sa chaise à la table de la cuisine.

-Toujours tu le sais bien, dit Emmett en souriant devant la volonté de son fils.

-Ok, voilà si z'étais déjà dans le bidou de maman, c'est qui qui m'a mis dedans?

-Euh?

-Attends z'ai pas fini! Z'ai crouvé une photo de ta première namoureuse et Nini, elle me n'a expliqué que tu la n'aimes plus, même si tu la n'aimes encore! Mais ze sais qu'elle est pas au ciel parce qu'elle nous regarde au parc quand ze zoue. Et pis tu n'as aimé maman? Et si Rosalie, tu la n'aimes encore un fois, je vais partir où avec Ba'ti'te?

-Ok, Ok mon grand, ça fait beaucoup de questions alors je vais répondre à une à la fois. Ton papa, celui t'as mis dans le ventre de ta maman, je ne le connais pas, je sais qu'il a été méchant avec maman, et elle est partie de sa maison pour te protéger.

-C'est là que tu nous as crouvés?

-Oui et au départ, ta maman et moi on était amis, puis je l'ai aimée, beaucoup aimée, elle était merveilleuse!

-Comme une fée?

-Oui pareil! Ensuite Rosalie… Je suis désolé, elle te fait peur?

-Nan… mais elle a les yeux cristes quand elle nous regarde, mais Nini, elle dit qu'elle n'a été messante avec toi, tonton, tatie et Za'per! Et que tu la n'aimes encore!

-Euh… Ca je ne sais pas! Mais ce que je sais c'est que toi et Baptiste, vous êtes mes garçons et que mon amoureuse devra vous aimer autant que moi! Ne pas être méchante! Je vous garde avec moi tant que vous aurez besoin de moi et même plus longtemps! Mais la photo de Leah est avec moi et dans ta chambre car on t'a aimé à deux. La photo de Jane est avec Baptiste et moi car on a décidé, Jane et moi, de ce qui allait se passer. Et la photo de Rosalie et moi est cachée car ça n'existe plus.

-C'est criste…

-La vie n'est pas toujours drôle et jolie mais c'est à moi de faire de la vôtre, quelque chose de beau sans tristesse.

-Sais quoi? T'es le papa le meilleur du monde et mon monde et ben il est 'rand comme ça, dit Seth en se mettant debout sur les genoux de Em et en tendant les bras de chaque côté de lui.

-Merci Seth, dit son papa, ému.

De mémoire d'Emmett, ce fut la discussion la plus difficile et la plus agréable qu'il ait eu depuis celle avec Jasper. Mais cela lui avait permis de mettre les choses au clair avec Seth et surtout dans sa tête. Quoiqu'il arriverait, Seth et Baptiste passeraient avant toute autre relation. Il serait toujours là. Si les choses avaient été différentes… mais ça n'avait pas été le cas, maintenant, même si Rosalie restait quelqu'un d'important, il ne la situait plus comme indispensable. Il avait vécu sans elle, et avait survécu. Cela avait été beaucoup plus compliqué avec la disparition de Leah. Il se posait, malgré tout, des questions, pourquoi venait-elle au parc? Jasper l'avait-elle remarquée? Et les autres? Sûrement, mais comme elle ne représentait pas une menace, un danger, ils n'avaient rien dit. Maintenant, il aurait bien voulu savoir pourquoi elle faisait ça… Il n'aurait pas de réponse sans elle, alors autant ne pas chercher. Et puis, il ne voulait pas flancher, une nouvelle fois : Jasper avait besoin de lui, Bella aussi, de même que son frère et sa soeur. Il souffla un grand coup, regarda la photo de Rosalie et sortit jouer avec Cookie, les garçons dormaient dans leurs poussettes.

Carlisle et Esmée avaient accepté de revoir Charlie mais il résidait beaucoup de tension. Carlisle avait du mal à pardonner les paroles de son « ami » sur Alice. Quant à cet « ami », grâce à Lili et aux questions qu'elle posait, il avait compris tout le mal qu'il avait fait et surtout les raisons pour lesquelles Bella ne le voulait plus autour de sa famille. Et elle en avait tous les droits. Mais le fait qu'elle le renvoie vers Rosalie lui avait donné l'électrochoc qui lui avait permis d'entendre tout le reste! Elle avait raison sur toute la ligne. Quand il était dépassé, il essayait de tout faire rentrer dans son monde sans réfléchir, c'était plus fort que lui. Il avait eu une seconde chance avec Bella et l'avait grillé comme un imbécile et il savait qu'elle ne lirait pas un message s'il lui en laissait un. Il avait envoyé un petit cadeau quand il avait su pour les jumeaux. Il avait aussi acheté deux robes pour ses petites filles avec l'aide de Lili, qui avait été par Alice. Il avait reçu des photos par Lili, prise par Alice et autorisées par Bella. Elle ne voulait pas le couper de ses petites filles, elle ne le voulait simplement pas autour. Lili lui avait appris que sa photo était dans la chambre des petites et que sa fille et son gendre parlait souvent de Papy C. Du côté de Jasper, il ignorait clairement son père. Connaissant son fils, Charlie pouvait affirmer qu'il devait être malheureux comme les pierres. Seule Alice lui avait pardonné ses paroles non sans mal et sans menace à peine voilée. Mais il le s méritait, il le savait. Il ne savait comment aborder son fils, et contrairement à son habitude, Carlisle n'était d'aucune aide. Il le laissait ramer. Plusieurs fois, il avait même pris sur lui pour aller au centre voir Jasper, mais à chaque fois qu'il l'interpelait, la réponse était toujours la même.

-Jasper, je voudrais te parler, s'il te plaît?

-Non.

Et Jasper poursuivait sa route, Alice ne faisait aucune remarque. Elle refusait de négocier avec son époux sur le sujet, elle était la Suisse, elle avait trop à perdre en cas d'échec. C'était une histoire à régler à deux et les intermédiaires n'étaient pas les bienvenus. Mais c'était sans compter sur Lili qui avait la ténacité de son père, la tête de mule de son grand-père et l'innocence d'une enfant .

Elle finit par attraper son père par la main un jour et le tira à elle :

-Lili, que veux-tu?

-Que tu arrêtes de faire ta tête de pioche et que tu me suives!

-Lili?!

-Oui papa! Tu me gronderas après, dit-elle en continuant à le tirant par la main.

-Ici! Dit-elle en arrivant devant Charlie. Voilà maintenant vous parlez, discutez, vous vous frappez, vous faites ce que vous voulez mais vous trouvez une solution! J'en peux plus de vos têtes de « C'est-la-fin-du-monde », de « il-est-vilain-il-m'a-piqué-mon-goûter »! Vous êtes grands! Alors comportez vous comma ça! Et moi j'en peux plus! Papa, tu me déçois parce que c'est pas ça que tu m'apprends! Papy, tu tiens ta promesse! Tu as beaucoup de choses à te faire pardonner! Voilà je vous laisse, je vais préparer les glaces avant maman. Je vais aussi préparer du café, on sait jamais, comme dit Mémett « des fois les grands c'est intelligent et civilisé »! Vous laisse, bye, cria-t-elle en prenant ses jambes à son cou.

-Alice, Lili! Râla Jasper.

-Suis pu là, hurla-t-elle de loin.

-C'est une sacrée nénette ta fille, Jasper, dit Charlie.

-Elle va avoir une super punition, ce soir et Alice va m'entendre aussi, gronda son fils.

-N'y va pas trop fort avec elle, proposa son père, ta fille est merveilleuse!

-Elle se mêle de choses qui ne la regardent pas. Mais là dessus, c'est pas ta petite fille pour rien!

-Tu es injuste avec elle! S'indigna Charlie.

-Tu as sûrement raison, reconnut Jasper, mais avec elle, je vais pouvoir parler, m'expliquer et on se pardonnera.

-Ce qui n'est pas possible avec moi, soupira son père.

-Ne te pose pas en victime! Gronda son fils. Tu es responsable de tes mots et de tes actes!

-C'est vrai, tu as raison et je ne suis pas fier de moi…

-Encore heureux, ironisa le jeune homme. Tu as réduit en poussière l'image de père que j'avais.

-Mais tu tiens debout et ce n'est pas grâce à moi, c'est clair…

-Non, c'est clair! Et je vois ta jalousie arrivée, déchaînée contre ton ami Carlisle. Mais lui, contrairement à toi, ne me juge pas… Il est là, écoute, écope tes conneries, récupère les morceaux sans attendre ou sans poser de question!

-Il semble tellement à la hauteur et merveilleux…

-Pourtant ce n'est pas le cas, mais plus que tout, il se permet de se tromper, de faire des erreurs et de ne pas être parfait, il est humble, il accepte d'être dépassé et cherche à comprendre quand ce n'est pas le cas. Il ne cherche pas à maîtriser ce qui le dépasse, il se laisse dépasser. Il tolère ce qui l'énerve et se met à la place de Bella, Edward, Emmett ou moi. En tout cas, il ne cherche pas de solution, il est là!

-Il me semble si parfait…

-Il ne l'est pas! Punaise! Tu vas te rentrer ça dans ton crâne de flic borné?! Tu… MAIS RIEN N'EST EN RAPPORT AVEC TOI! C'EST BELLA! C'EST MOI! PAS TOI!

-Je suis désolé, Jasper, je suis dépassé.

-Ouais pas besoin de le dire, balança Jasper en faisant les cent pas devant son père.

-Je ne sais pas quand c'est arrivé.

-Tu regrettes… parfois…?

-Quoi? De faire autant de boulettes?

-Non de nous avoir adoptés? Parce qu'à partir de ce moment là, tout est parti en quenouille dans ta famille, ta femme, ta fille,… à cause de nous.

-Non, je ne regrette rien! Les erreurs je les aurais faites sans vous, je les ai peut être simplement faites plus rapidement… Mais jamais je ne regretterai de vous avoir adoptés, toi et Rose.

-Alors pourquoi?

-Pourquoi quoi?

-Pourquoi tout ça? Pourquoi Carlisle est le père attentif que tu n'es pas ? Pourquoi Alice t'aide à acheter des cadeaux aux enfants de Bella? Pourquoi ma fille est obligée de jouer les entremetteuses pour qu'on se parle? Pourquoi as-tu insulté Alice? Pourquoi ne comprends-tu pas que Bella est mariée, adulte et qu'elle fait des choix que tu n'approuves pas, que tu ne comprends pas, mais que tu ne peux pas accepter et encore moins la soutenir. Pourtant c'est ton rôle de père, le reste tu oublies. Tu trembles, tu as peur, tu espères, mais tu ne décides pas à sa place. Et me demander d'adopter ses enfants… Tu renies mon droit d'avoir mes propres enfants avec Alice parce que tu as décidé… C'est… c'est… Je n'ai même pas de mots… Tu pensais à quoi, nom d'un chien?

-C'était déplacé et irrespectueux. Je suis… désolé, mais je sais que ça ne suffit pas Je suis pathétique… Je n'avais aucun droit de faire ou de dire ça. J'ai compris ça maintenant, mais c'est un peu tard. Je t'ai fait du mal et surtout j'ai trahi Bella, à nouveau. Et je sais que c'est la fois de trop. Elle n'a pas de Lili, elle… J'espère qu'un jour avec Alice, tu seras papa, à nouveau. C'est merveilleux, tu sais.

-Je voudrais bien te croire, mais comment dire que l'exemple que tu me donnes n'est pas très encourageant. Mais ça ne m'arrêtera pas! Après tout, il y a peu de chance que je fasse pire ou aussi pire ou plus pire que toi, comme dirait Lili. En clair, je ne peux faire que mieux.

-Oui tu feras mieux. Tu sais d'où tu viens, tu sais ce que tu as traversé. Tu feras mieux.

-Je vais prendre quel exemple? Celui de ceux qui m'ont abandonné, le tien ou celui de Carlisle? Parce qu'avec vous tous, ça doit couvrir tout ce qui se fait, alors dis-moi?!

-Fais ton chemin! Tu sais ce que tu ne veux pas, ce que tu veux éviter… alors avec ça, tu devrais arriver à faire tes choix.

Tu n'aides pas, tu le sais ça? Hein!

-Jasper! Je ne veux pas faire tes choix! Ca fait plus de deux ans que je le fais et je pense que vu les portes que je viens de me prendre, je peux t'accompagner mais c'est tout!

-Mouais, soupira Jasper en s'asseyant enfin.

-Je ne sais pas quoi dire ou quoi faire pour arranger les choses…

-J'en sais rien… Je ne peux pas te dire… Tu as fait bien plus que dépasser les bornes… Alors je ne sais pas…

-Je comprends… Je peux quand même venir voir Lili?

-Oui tu peux continuer. Je ne vais pas te priver de Lili… Tu es important pour elle… Pour ce qui est de revenir chez nous… Je dois voir avec Alice, si elle est d'accord avec ça, de remanger chez nous aussi.

-J'ai déjà mangé plusieurs fois avec ton épouse… Elle voulait savoir ce qu'elle avait fait pour mériter ça et j'ai été incapable de trouver une bonne excuse.

-Normal, tu as dit de la m… Ca ne se justifie pas… Alors comme ça… Alice, hein?

-Oui, elle ne voulait pas que tu te sentes obligé ou trahi…

-C'est comme ça que tu as eu son aide?

-Oui, et…

-Et?

-Et que j'ai rencontré ta soeur.

-Tu as parlé à Rose?!

-Oui

-Je rêve! Tu nous sors des horreurs et tu… tu…

-Tu…? Je me suis fait engueuler par ta soeur! Comme jamais! Elle vous a défendus bec et ongles, elle m'a hurlé dessus parce que j'ai osé penser, réfléchir à votre place! Je me suis immiscé dans votre vie. Je n'aurai jamais pensé qu'elle avait ça en elle!

-Oui, c'est comme ça que Rose agissait avant! Elle défendait ceux qu'elle aimait. Elle t'a dit quoi, exactement?

-Ca a commencé par…

/ Flash-back

J'étais assis dans le parc, j'avais une heure d'avance avant de manger avec Alice. Elle allait me donner des photos des filles et de Bella et des nouvelles des garçons. Je m'étais mis en indisponibilité pour la semaine. Je faisais pas mal de bourdes au bureau, alors c'était plus sage pour mes collègues. Je pense même que je pleurais depuis un bout de temps puisque c'est une voix qui m'appelait qui me fit lever la tête :

-Papa?!

-Oh… Rosalie… Bonjour ma fille…

-Tu… tu vas bien?

-Oui! Oui… Oui…

Il est arrivé quelque chose à Emmett?

-Non, il va bien!

-Jasper, alors…?

-Euh, nan…

-Papa?! Bella, alors?

-Nan, écoute c'est compliqué… c'est…

-C'est quoi, punaise, tu me fais peur!

-C'est moi! C'est moi qui aie tout gâché!

-Qu'est ce que tu racontes? Qu'est ce que tu as fait?

-Ton frère c'est marié, avec Alice il y a peu… et Lili… leur fille a fait une remarque à ta soeur… qui nous a avoué être de nouveau enceinte alors que ses filles ont tout juste un an, même pas!

-Bon ce n'est pas grave ça!

-Si! J'ai réagi comme ta mère! J'ai insulté Alice, Bella, Edward et Jasper. J'ai proposé à Jasper d'adopter les enfants de ta soeur sans en parler à quelconque…

-TU AS QUOI? MAIS CA VA PAS DANS TA TETE? TU N'AS PAS ASSEZ PERDU DE TEMPS, TU CONTINUES?

-Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, Jasper ne me parle plus….

-Ton hématome, c'est lui?

-Oui, il a protégé…

-Ceux qu'il aime!

-Esmée et Carlisle sont distants, Emmett m'évite, Tony et Gab sont chez Edward et Bella, tout le temps, et Bella ne veut plus me voir, elle m'a dit qu'elle n'avait plus de père, mais qu'il me restait toujours toi, toujours prête à juger les autres sans chercher à comprendre et qu'on se ressemblait.

-Faut lui laisser ça à Bella, elle a raison! On juge sans savoir et sans chercher. Elle est capable de voir le meilleur en chacun mais aussi le pire. Elle est douée. Je la détestais pour ça, je n'arriverai jamais à la duper, elle. Maintenant je l'admire. Et toi, tu es un con!

-Je sais… Je ne sais pas ce qui m'a pris…

-Moi je sais! Tu étais vert de peur à l'idée que tout t'échappe, que tu perdes tout, alors tu as fait on pire. MAIS COMMENT TU AS PU FAIRE CA A BELLA? MERDE C'EST LA CHAIR DE TA CHAIR! MOI JE DONNERAI TOUT POUR ETRE LA MERE DES ENFANTS D'EMMETT, MAIS JE NE SERAI QUE LA BELLE-MERE, AU MIEUX! PUNAISE MAIS TU PENSAIS A QUOI? JE SAIS PAS, BELLA A TOUT FAIT TOUTE SEULE, ELLE A GRANDI SEULE, ELLE S'EST FIANCEE, MARIEE QUASI SEULE ET LA, ELLE VA ÊTRE MAMAN A NOUVEAU, ET PLUTOT QUE DE LA SOUTENIR, TU L'ABANDONNES. ELLE A BESOIN DE TOI. ELLE DOIT DOUTER, AVOIR PEUR, ÊTRE EPUISEE ENTRE LES FILLES, SON TRAVAIL, TOI, MOI, CARLIE, car je sais qu'elle lui a dit des horreurs. ALORS CHOISIS-LA, ELLE! PAS TA TETE! PAS DES SOUCIS! TA CONVENANCE? ELLE N'EN A RIEN A FOUTRE DE TOUT CA! C'EST ELLE, JUSTE ELLE! PUNAISE! C'EST PAS DIFFICILE A COMPRENDRE! RIEN NE DOIT PASSER AVANT! C'EST PAS UNE CAPRICIEUSE, ELLE ABUSE DE RIEN, AU CONTRAIRE, ELLE N'OSE PAS! PAPA… Comment peux-tu lui faire ça, après tout ce qu'on lui a fait, finit Rosalie, les yeux plein de larmes. Bella ce n'est pas moi… Elle est merveilleuse. Elle a mis la barre tellement haute, comment est-ce que je peux rivaliser?

-Tu n'as pas à le faire… Tu y arrives sans soucis, tout de suite.

-Quand c'est moi, tu vois le meilleur, mais quand il s'agit Bella, tu penses au pire, t'es pas croyable…

-Au fait comment tu sais pour Carlie?

-Une jeune au centre qui est partie du garage de Jake quand elle a entendu ce qu'elle disait sur Bella, Tony et Gabriel. Elle travaille dans mon garage maintenant, elle est douée et après sa formation je vais la garder. J'étais bête de refuser… J'apprends…

-Et ton chien? Tu as craqué?

-Non c'est un cadeau de mon frère… Je devais le remercier. Il s'appelle Fangio, et grâce à lui j'ai compris plein de choses. Je crois qu'après t'avoir comme papa, avoir eu Em, ce chien est ce qui pouvait m'arriver de mieux!

-Tu ne lui en veux pas alors?

-Pour le chien, ça dépend des jours… De ne pas avoir été invitée au mariage, non je comprends. J'ai beaucoup pensé à eux. J'espère qu'ils seront heureux. Et puis c'est mieux, je n'aurai pas réussi à regarder Emmett avec ses garçons sans partir en courant. Il me manque, papa. C'est la plus grosse bêtise de ma vie et je ne peux pas revenir en arrière… Mais je me dis qu'il a deux beaux garçons, je suis heureuse pour lui, il est courageux, tu sais…

-Tu es courageuse aussi, tu sais?

-Non, sinon j'irais voir mon frère pour le remercier, j'irais voir Emmett pour lui demander pardon et j'irai voir Bella pour m'excuser et parler avec elle.

-Il n'est pas trop tard, tu le sais?

-Je sais, mais contrairement à ce que tu penses, je suis une trouillarde. Regarde, Alice arrive. File manger avec elle, prends soin de toi et surtout réagis!

-Merci Rose.

/ Fin Flashback

-Et elle est partie comme ça…, conclut Charlie en regardant le sol.

Un raclement de gorge les ramenèrent sur terre.

-Lili et Alice m'envoient avec les poches de glace, dit Emmett, mais vous n'en avez pas besoin.

-Non, mais merci, répondit Charlie.

-Comme ça, vous avez pu parler à R…, enfin à votre fille.

-Oui. Qu'est-ce que tu as entendu, Emmett?

-Tout, je crois, grimaça le jeune homme.

-Alors, tu sais.

-J'aimerai juste qu'elle ait le courage… J'y retourne, je vais rassurer les filles.

-Em?

-C'est bon, Jasper, pour le chien, je m'en doutais et c'est bien, enfin je pense, et je m'en doutais. Pour le reste, je dois digérer.

Emmett s'éloigna les mains dans les poches. Jasper regarda son père :

-Elle t'a vraiment hurlé dessus, alors?

-Oh oui, et elle avait raison. Je suis un abruti. Vous avez tous les trois des faiblesses, mais celles de Bella…

-Ce sont celles qui font le plus mal?

-Oui, elle doute… de tout.. De l'amour qu'on lui porte, de sa place, de sa capacité à être quelqu'un de bien. Et si je ne fais rien, elle finira par douter de l'amour qu'Edward lui porte et de sa capacité à être une bonne maman. Et j'y ai largement contribué et voudrais changer les choses, mais je verrais plus tard, là je suis avec toi et je voudrais vraiment me faire pardonner. Tout ne redeviendra pas comme avant mais…

-C'est un bon début! Reconnaître que ce que tu vis n'a pas sa place ici, car tu n'as pas réglé ce qui nous sépare, c'est bien.

-Mais c'est quoi la suite? Après tout c'est ton métier… Et je suis sérieux!

-Te pardonner, accepter tes erreurs. Ce qui est fait est fait, tu ne peux pas le défaire ou le dédire, tu dois assumer les conséquences et permettre aux autres de faire leur chemin. Ca ne dépend pas que de toi, maintenant. Je suis désolé.

-Ne le sois pas, je me suis mis dans cette galère tout seul.

-C'est vrai!

-Je dois attendre, alors? Mais je peux continuer à envoyer des choses pour les garçons et pour les filles. Je n'étais pas là pour leur première bougie, tu sais. Tout le monde y était mais pas moi, et je m'en veux…

-Je comprends.

-Je te demande pardon, Jasper, sincèrement.

-D'accord…

-Allez, va les rassurer, je vais me promener avec Doc.

Charlie se leva, tapota l'épaule de son fils et mit en marche, mais Jasper l'interpela :

-Hey papa! Je te pardonne. Pour le reste, laisse-moi un peu de temps et tu pourras revenir à la maison.

-Merci mon fils, je n'en attendais pas autant!

-Ne me remercie pas, la pression c'est toi qui l'a, sourit le jeune homme.

-Et il paraît que tu es un bon psy… mais pour mettre la pression tu t'y connais, répondit Charlie. Je n'oublie pas. La photo de mes petites filles soufflant leur bougie sans moi me le rappelle tous les jours.

Et Charlie reprit son chemin. Jasper resta un moment, le dos appuyé contre un arbre à regarder le ciel, perdu dans ses pensées. Une présence à côté de lui le sortit de sa rêverie.

-Désolé, je ne te pensais pas aussi loin.

-Pas grave, tu ne pouvais pas savoir.

-Non.

-Tu n'as pas de glace cette fois?

-Han han, casque bleu… Lili pense se faire punir et Alice se dit que tu lui en veux parce qu'elle a mangé plusieurs fois dans ton dos avec ton père.

-Nan, Carlie lui a toujours tendu la main lorsque tout le monde lui avait fermé la porte. Et je ne peux pas en vouloir à Lili, elle souffre et elle a décidé d'agir. Encore une fois elle s'est montré la plus adulte de tous et a agi comme telle contrairement à nous!

-Oui c'et vrai, elle est bluffante.

-Ouais, des fois j'ai peur qu'elle passe à côté de sa vie d'enfant.

-Et pour Charlie, tu vas faire quoi?

-Je lui ai pardonné. Il faut me laisser du temps maintenant, déférer, parler avec Alice et Lili aussi, et peut-être faire un pique-nique à quatre…

-D'accord.

-Et toi avec Rose?

-Rien… Malgré ce que ton père a dit, je ne vais rien faire. Je lui ai assez couru après. J'ai entendu,… Tout ce que Charlie a dit, mais c'est à elle de faire le reste. Mais merci pour Fangio.

-Tu ne m'en veux pas?

-De lui avoir acheté un chien qui lui a permis de bouger? NON! J'aurai dû y penser bien plus tôt, en fait.

-On s'est engueulé quand je lui ai offert, je lui ai quasiment collé dans les bras, avant de me casser en claquant la porte. Elle a dû en baver avec…

-Quelque part, tant mieux…

-Je sais pas…

-Tu crois que je dois faire le premier pas avec elle?

-Non, je pense qu'elle doit le faire.

-D'accord.

-Comment vont Seth et Baptiste?

-Collés à Lili et Hope! On dirait qu'ils gravitent autour des filles SWAN-CULLEN, rit Emmett.

-Le charme à l'état pur, hein?

-Ouaip…

Ils poursuivirent leur discussion jusqu'à ce qu'il fut temps pour Emmett de récupérer ses fils et que Jasper aille taquiner Alice et Lili. Elles furent condamnées à lui payer le resto, une nouvelle chemise et surtout à lui apporter le petit déj au lit pendant une semaine, le tout ponctué de beaucoup de fou rire.

Grâce à Lili, la tension était redescendue et Charlie avait de nouveau part à la vie de son fils et de sa petite fille.

Pour Bella, c'était plus compliqué. Tony la surprenait souvent allongée sur un transat dans le jardin, les mains sur le ventre, à murmurer au ciel. Tony savait qu'elle souffrait de l'absence de son père, de son absence lors de l'anniversaire de Hope et Haley, mais il lui avait été impossible à passer outre. il avait tellement outrepassé ses droits. Mais Tony savait ce que vivait Charlie, il en avait parlé avec Jasper et Carlisle. Il était convaincu que Bella devait le laisser s'expliquer, voire s'excuser, mais pour ça, il devait parler avec Bella.

Il finit par se décider à la rejoindre, mais elle le surprit, encore une fois :

-Alors Tony, je ne te fais plus peur?

-Non pourquoi?

-Vu le nombre de jours que tu as passé à me regarder du salon…

-Tu me voyais?

-En quelque sorte, oui.

-Et tu n'as rien dit?

-Pourquoi? Tu n'étais pas prêt. Et puis j'espérais que tu viendrais quand tu le serais.

-D'accord…

-Et je pense que c'est le cas vu que tu m'as rejointe, non?

-Tu as raison, sourit Tony, comme souvent.

-Alors tu veux me parler de Charlie?

-Comment tu sais?

-Tony!

-D'accord, tu as raison!

-Alors dis-moi? Que veux-tu savoir?

-Il ne te manque pas ton père?

-Non je l'ai perdu lorsque Rosalie et Jasper ont été adoptés.

-Mais, et depuis ton mariage?

-Je lui ai donné une nouvelle chance, mais à tort vraisemblablement…

-Je ne crois pas… Et ne le prend pas mal, mais Charlie est flic, il est pas délicat, tu le sais. Je sais que tu le voudrais attentif, délicat mais en final, il l'est avec les petits. Avec Gab et moi, c'est quasi fini, à croire qu'il y a une date de péremption ou quelque chose comme ça… Je suis désolé Bella mais tu as encore ton père, il peut être le dernier des imbéciles, mais au moins tu peux lui dire. Moi ce n'est pas le cas. Je donnerai beaucoup pour pouvoir dire ce que tu refuses à ton père. Tu reproches beaucoup de choses à ton père, mais au final, tu ne fais pas différemment de lui. Tu fais des choses pour lui, pour tes filles, tes garçons… Edward fait ses choix, toi aussi, mais tes enfants? On est d'accord que tu les fais pour eux. Et la question est : veux-tu te placer en juge entre ton père et eux? Je ne suis pas sûr que tu pourras te regarder dans une glace et accepter que tes enfants te regardent et te demandent : « Dis maman, pourquoi Papy on le voit plus? Pourquoi tu lui parles plus et pourquoi on n'a plus le droit de lui parler? Pourquoi on doit être malheureux à cause des grands et de vos problèmes? ». Tu leur diras quoi à tes jumelles et à tes jumeaux? Je te connais un peu et je sais que tu vas vivre un enfer! Alors je ne sais pas… C'est peut être idiot après tout, je ne suis pas majeur et je ne connais pas grand chose à la vie, mais…

-Nan!

-Si si… Oublie ce que je viens de te dire! Tu veux un thé ou autre chose?

-Oui un thé ce serait bien.

-Ok je te le fais et après je vais réviser, j'ai les épreuves du bac avant la fac de médecine, ce serait dommage de rater ça!

-Tony ?

-Hmm?

-Merci!

-Pas la peine! J'ai dépassé les bornes, ne me remercie pas pour ça!

-Personne ne me dit ce genre de chose, parce qu'on pense qu'avec ce que j'ai vécu j'ai le droit! Mais pas toi! Alors tu as peut-être tort mais tu peux avoir raison. Et c'est bien que tu me l'aies dit. Alors merci.

-Ok… Ben de rien alors…

Tony rentra et Bella resta pensive sur son transat. Elle tournait et retournait ce qui venait de se dire ou plutôt ce qui venait de lui être dit, ce qui s'était joué depuis le mariage de Jasper et Tony avait raison, elle ne faisait pas mieux que son père. Cette réalisation la percuta, elle prit son téléphone et envoya un message

-ON PEUT SE VOIR? -BELLA

-OUI QUAND?

-MAINTENANT?

-EUH JE QUITTE LE CENTRE DANS 1H?

-OK

-OU?

-DANS LE PARC OU J'AIMAIS JOUER ENFANT

-OK A DANS 1H -CHARLIE

Bella posa son téléphone pour découvrir sa tasse de thé à côté d'elle, elle n'avait pas remarqué que Tony était venu, tellement elle était concentrée. Elle souffla, le but rapidement et partit se préparer. Elle avertit Edward, qui promit de rentrer gérer les filles afin que les deux grands puissent réviser. Elle décida de se mettre en tenue décontractée et sortit pour avoir le maximum de temps pour se rendre au parc avant Charlie. Elle voulait du temps pour se souvenir de cet endroit qui avait toujours été l'espace qui lui apportait le plus de réconfort, elle y allait souvent avant l'arrivée de Rosalie et Jasper, elle en avait de vagues souvenirs, des flashs où son père passait un temps infini à la balancer. Ces souvenirs étaient chéris, elle s'en rappelait souvent, pour ne pas oublier que son père avait été quelqu'un de fabuleux. Elle arriva au parc, se dirigea vers les balançoires, elle y prit place et doucement, elle prit une impulsion et laissa la balançoire défier les lois de la gravité. Les garçons bougeaient, mais ils étaient plus calmes que les filles, mais elle redoutait un peu leurs activités d'après naissance. Elle sourit en y pensant, lâcha ses mains et les posa sur son ventre. Elle se pencha en arrière et trouva son équilibre doucement, elle profita de ces instants, oubliant tout le reste. La tête commença à lui tourner, alors elle reprit pied sur la terre, la tête à l'endroit, elle s'arrêta doucement. Quand elle leva les yeux, elle remarqua Charlie, appuyé sur un arbre, la regardant avec les yeux humides.

-Il y a un truc avec les arbres et les hommes SWAN-CULLEN? Sourit Bella.

-Et toi et les balançoires. Je constate que même avec les garçons, tu as un sens d'équilibre poussé.

-Oui, j'ai toujours eu une relation particulière avec les balançoires et les vélos, pour le reste, c'est plus aléatoire.

-Oui je m'en rappelle. J'ai souvent eu peur mais j'arrivais la plus part du temps à maîtriser mon angoisse.

-Et en grandissant, t'échapper au poste t'as permis de le gérer, puis quand je suis partie, tu as pu gérer. Mais depuis que je suis mariée, c'est ingérable n'est-ce pas? Tout ce qui me concerne prend des proportions extravagantes!

-Tu peux dire ça comme ça, souffla Charlie.

-Je ne dis rien. Je ne fais que constater les faits, tu sais. Il n'y a pas de côté négatif, hein?

-Oui, j'ai compris et tu as raison, en plus. Quand ça te concerne c'est toujours plus compliqué. Déjà enfant… tu étais si petite et si triste quelques temps après leurs arrivées et puis pareil à l'adolescence. Tu as beaucoup échappé à l'hôpital grâce à Carlisle et j'ai compris qu'on te faisait des misères mais tu n'en a jamais rien dit. Tu es douée pour avancer malgré tout, tu fais le dos rond ou tu gardes la tête haute, au choix. Mais j'ai réalisé qu'en final, tu ne fais que ce que tu es capable d'assumer, ton mariage, ta maladie, tes filles… Alors oui tu es fatiguée, tu as été malade et tu vas encore être maman… C'est une super nouvelle, je suis ravi sauf que j'ai été incapable de te le montrer.

-Tu peux dire ça comme ça…

-Ce ne sont que les faits, Bella et tu sais que j'ai raison.

-Euh… Ca je ne vais pas pouvoir le renier, c'est clair. Qu'est ce que tu veux Charlie?

-Je voudrais m'excuser.

-D'accord, et?

-Ca ne suffit pas, n'est ce pas?

-Tu as raison, ça ne suffit pas! Ca ne suffira jamais!

-Que dois-je faire?

-Tu as de l'imagination quand il s'agit de m'humilier, de trouver des excuses minables pour que je n'élève pas mes enfants. Alors tu crois vraiment que de simples excuses vont suffire? Tu m'as tellement blessée que j'ai refusé que tu sois présent aux un an de Hope et Haley. Alors je sais que je suis responsable de cette éviction mais je t'en ai voulu de m'avoir poussée à faire ça. Tu sais que je doute de beaucoup de choses et surtout je doute d'être à la hauteur dans mon rôle de mère et là tout ce que ça a fait, c'est renforcer cette angoisse, ce sentiment d'être inutile car tu décides à ma place. Comme quand j'étais petite à l'arrivée de Jasper et Rosalie. Avant j'étais grande et capable de plein de choses. Mais après, vous avez décidé que ce n'était plus le cas. Je me marie, j'ai des enfants, tout va bien! Mais Jasper se marie et d'un coup d'un seul, je redeviens ce bébé immature et incapable! Tu peux me dire en quoi de simples excuses ou un « Désolé » suffirait?

-Rien ne suffira, ni ne sera assez grand, énorme, pour excuser un comportement qui n'était même pas conscient ou volontaire? Je ne sais pas.

-Il y a tant de choses que tu ne sais pas et c'est bien le souci, ton souci!

-Je sais c'est que je veux être là, vivre ces choses avec toi, ta famille, tes enfants. Je veux revenir et ne plus jamais recommencer.

-C'est bien de vouloir des choses dans la vie! Mais moi je veux une mère présente, un père respectueux. Est-ce que je les ai? Non! Ca ne sert à rien de vouloir! Je dois me contenter de ce que j'ai! Alors…

-Je voudrais récupérer ta confiance, Bella. Avoir le droit que tu m'appelles papa, aussi.

-Ouais. C'est bien d'avoir des rêves, mais pour papa, tu vas attendre. Pour la confiance, tu vas devoir la mérité et prouver que tu en es digne surtout, parce que…

-Je n'ai rien fait pour la mériter.

-Si, tu as fait plein de choses, mais tes actes, tes mots…

-Je suis vraiment désolé, Bella.

-Je sais… Je sais… Crois-moi, je le sais! Moi aussi je suis désolée, désolée d'être capable de me dire ces choses-là, désolée d'être incapable de te faire taire. Mais c'est fini, Charlie! Tu ne m'humilieras plus, tu ne me négligeras plus! Tu peux me faire confiance!

-Je te fais confiance.

-Tu peux.

-Tu vas bien?

-Je suis fatiguée mais ils sont plus calmes que les filles.

-Tu arrives quand même à travailler chez toi?

-Ch..

-Je sais que c'est important pour toi!

-Oui… et après les examens de Tony et Gabriel, ils prépareront la chambre avec Edward.

-Je veux bien si vous avez besoin…

-Je sais! Mais non. Ce sont les parrains et comme ça ils ont l'impression de ne rien devoir. Même s'ils ne nous doivent rien.

-N'oublie pas que je suis là.

-Je n'oublie pas!

-Je peux être un ami, Bella.

-NON! Et c'est bien le souci! Tu es mon père et tu devrais avoir l'autorité mais tu t'es plus comporté en copain avec moi. Ce que tu n'es absolument pas! Du coup c'est bancal, foireux… Ca marche pas! Mais j'arrive à me reposer. Les filles grandissent bien, viens les voir à l'occasion, tu le verras par toi-même, elles seront ravies de te voir.

-Et moi aussi. Et je suis responsable de ne pas les avoir vues.

-Non ça c'est moi. Tu serais venu si je te l'avais autorisé. Les photos de ce jour me rappellent à chaque instant que mes actes ont des répercutions et peut-être que je ne veux pas te voir… Mais mes enfants n'ont pas à en souffrir et je ne dois pas les mettre au milieu de mes soucis de famille. Je dois grandir aussi. Je dois tirer des leçons de tout ça et arrêter de te faire porter le chapeau! Je dois régler et assumer mon passé afin que ma famille n'en souffre plus! Ce sont mes choix, mes blessures, et mes enfants n'ont pas à les porter pour moi!

-Je peux en prendre de la graine car j'ai fait pareil avec toi, souffla Charlie.

-Tu dois faire ton chemin. Je n'attends pas de toi que tu suives le même que moi. Tu dois prendre le tien, pour ton bien, celui de tes enfants et de tes petits-enfants, dit Bella souriante en le regardant.

-Tu es toujours la plus posée, la plus réfléchie de nous…

-Non, la preuve… Je t'ai fermé ma porte. Mais je dois assumer. Alors viens manger un morceau de gâteau demain ou plus tard.

-D'accord… Merci, Bella.

-Ne me remercie pas! Tu as la pression… Moi je dois juste être une super maman!

-Oui moi je dois regagner la confiance de mes enfants.

-Et Charlie?

-Oui?

-Appelle Rose et parle-lui!

-Euh… C'est déjà fait…

-Quoi? Quand?

-Il y a quelques jours… Et je me suis pris un savon sévère! Rose t'a défendu, m'a expliqué ce que tu pouvais vivre. J'avoue qu'elle te connait aussi bien que Jasper, tes doutes, tes angoisses et elle a une jeune du centre en formation.

-Tu oublies qu'elle a vécu quelques horreurs aussi, ce foyer, elle a appris avec Jasper aussi.

-C'est vrai. Parfois j'oublie d'où elle vient avec son frère, que leur vie n'a pas commencé au moment où ils sont arrivés chez nous. J'ai cette capacité à nier ce que je ne sais pas gérer.

-Mais c'est moins pire, comme dirait Lili, que de faire l'autruche. Heureusement que dans ton travail, ce n'est pas le cas.

-Non, sourit Charlie, heureusement.

-Allez, je dois rentrer. Je fatigue et je ne veux pas prendre de risque et inquiéter Edward.

-D'accord, je te raccompagne?

-Ecoute, non ça va. Je vais bien, je veux juste éviter de faire des bêtises.

-D'accord, j'espère que ça ira.

-Merci de t'inquiéter mais aussi de me laisser faire à ma façon, même si ce n'est pas simple pour toi.

-Je prends sur moi… Je peux te prendre dans mes bras, Bella? Demanda son père plein d'espoir.

-Je suis désolée, c'est trop tôt, mais je vais y penser pour la prochaine fois et tu pourras sentir les garçons…

-D'accord…

-Je suis désolée, Charlie.

-Ne le sois pas, surtout pas, Je suis responsable.

-On ne va pas revenir sur le sujet, s'il te plaît. Allez, je rentre.

-Tu as raison!

-A bientôt Charlie!

-Bonne fin de journée, Bella.

Charlie s'assit sur la balançoire et s'initia à la joie du défi de la gravité pendant que Bella rentrait avec son ventre de femme enceinte de quatre mois. Edward fut ravi de la voir arriver mais s'inquiéta lorsqu'elle demanda à s'allonger avec lui.

-J'ai besoin de me reposer et j'ai besoin de toi. Je vais bien. J'ai besoin de toi, c'est tout. Je te raconterai promis.

-Viens t'allonger.

C'est ainsi que cette journée épuisante prit fin pour tous, enfin presque, les filles eurent faim, il y eut donc le bain, le repas, les discussions, beaucoup de réflexion et un mot raisonna dans la bouche de Bella avant d'aller dormir :

-Rosalie. Je dois la voir et je dois lui parler! Je ne m'attends pas à ce que vous compreniez mais il le faut!

-Moi je comprends, dit Tony.

-Charlie m'a dit que Rosalie avait une jeune du centre en formation à son garage, mais je ne sais pas trop quoi faire…

-Moi je dis que ce centre a quelque chose de magique, soumit Gabriel, depuis qu'on y a mis les pieds, tout est particulier. J'étais un gamin qui chapardait et me retrouve au conservatoire… Je vais avoir mon Baccalauréat aussi et je vais aller à la fac… Il y a quatre ans, je ne l'aurais jamais pensé! Je suis sûr que c'est vous! dit-il en montrant Edward et Bella. C'est vous qui faites ça!

-Je suis d'accord avec toi, confirma Tony. J'étais comme toi et je vais rentrer en médecine. J'ai une famille fabuleuse, quelqu'un de spécial avec moi! Je suis d'accord, on fait le plus gros parce qu'on bosse mais vous nous avez tendu la main. Alors je suis d'accord, tu dois tendre la main à ta soeur!

-Je me demande si je ne saisis pas la main qu'elle m'a tendue en me défendant devant Charlie, ce qu'il va se passer…

-Tu n'y aurais pas pensé?

-Nan mais…

-Bella, cette jeune femme…

-Tony, rit Bella, quand tu parles comme ça je ne te reconnais plus!

-Je fais des efforts, bouda le jeune homme.

-Désolée, ça m'a perturbée! Vas-y continue!

-Mouais… Je disais donc que j'ai déjà vu ta soeur au parc quand on y va. Je crois qu'on l'a tous vu… sauf toi et Emmett d'ailleurs.

-Pourquoi vous n'avez rien dit?

-Elle ne reste pas trop longtemps. Elle nous regarde, observe, vit à distance et repart.

-Mais je sais que Jake lui envoyait des SMS mais comme il ne vient plus… enfin t'as compris? Mais il va revenir, dit Gab, j'ai vu Carlie il y a une semaine, elle était malade.

-Rien de grave, demanda Edward inquiet.

-Autant que l'état d'Angela, sourit Tony.

-Qu'est ce qu'elle a Angela? Se moqua Bella.

-Ce que le type qui crâne à côté de moi essaie de vous dire, c'est qu'il a inventé un nouveau test de grossesse!

-Attendez vous êtes en train de nous dire c'est qu'Angie attend un bébé? Mais c'est génial, je vais lui tirer les oreilles de ne pas me l'avoir dit. Mais Carlie et Jake?

-Ouais et à mon avis, c'était pas prévu vu comment la discussion était houleuse… Jake voulait venir vous voir, mais elle ne voulait pas. En final, il n'a encore rien dit, donc je ne sais pas…

-Ce que je sais c'est que Carlie ne voulait pas avoir ses enfants ici, informa Tony, et que Jake voulait la demander en mariage.

-Tu es en train de nous dire qu'ils vont partir? demanda Edward.

-Disons que… c'est l'intuition que j'ai et trouver ou chercher un mécano auto maintenant, ce serait bien.

-Une intuition? Tu fais dans l'intuition toi maintenant? Sourit Gab.

-Oh ta bouche, toi, sourit son ami, tu sais très bien!

-Oui je sais mais te charrier est tellement plus drôle.

-Vous savez quelque chose qu'on ignore? demanda Bella.

-Je sais juste que Carlie veut partir et que Jake ira avec forcément, surtout avec le bébé et le futur mariage. Tu viens de dire que ta soeur a une apprentie du centre et…

-Ne fais pas de projet Gab, autant ça me plairait qu'elle nous rejoigne, je ne lui demanderai pas. Enfin pas de suite. Je sais qu'elle tient aux siens et qu'elle a une clientèle fidèle. Donc… on verra… Elle a son appart là-bas, il est grand, alors qu'ici l'appartement est assez petit.

-Seulement parce que Jake n'a pas tout retapé, Bella, dit Edward.

-Tu as raison, même si l'idée est intéressante, elle est à l'heure actuelle inimaginable, conclut Bella. Mais je n'en reviens toujours pas pour Angela et Ben…

Elle prit son téléphone et écrivit :

-QQCH A ME CACHER ET QUE JE DEVRAIS SAVOIR -BELLA

-CMT TU SAIS ET PAR QUI? -ANGELA

-FUTUR DOC ;) ALORS C VRAI?

-JE VOULAIS T'EN PARLER!

-PAS GRAVE. SUIS HEUREUSE POUR VOUS!

-JE PASSE DEMAIN…

-AVEC JOIE.

-Alors? demanda Edward, conscient de la réponse de son épouse.

-C'est vrai, mais c'est récent…

-Comment tu sais? demanda Tony curieux.

-Intuition féminine? Sourit Bella.

-Là forcément… rit Gab.

-Sinon… Je l'ai vu récemment… la manière dont elle l'écrit…

-Juste comme ça, quelques mots, sans même la voir, s'étonna Gab.

-Le pouvoir de Bella : comprendre à travers ce qui ne se dit pas, ce qui ne se montre pas ou à demi mot, juste parce qu'elle fait attention aux personnes et à ce qui ce cache derrière les masques, dit Edward en regardant Bella, ému.

-Etre amie avec Angela ça aide aussi. Je sais que depuis leur mariage, ils espèrent, essaient. Alors tu peux dire que j'y mets aussi mes sentiments. Tu vois rien de bien objectif, cher Docteur Tony.

-Mais tes intuitions t'ont rarement trompées…

-C'est juste mais ça reste des intuitions que je partage peu. Car tant qu'elles sont justes, tout va bien, mais imagine le jour où je vais me tromper? Ce n'est pas de la divination, c'est juste ce « feeling » particulier que j'ai parfois sur certaines choses, certaines personnes…

-Mais…

-Il faut aussi te faire confiance. J'avoue être plus douée quand il s'agit des autres que moi.

-C'est bizarre mais je comprends, je crois, ce que tu ressens, et pourquoi tu le protèges autant. Je suis sûr que ça t'a permis t'aider beaucoup de personnes.

-Bella s'en sert pour aborder certains enfants, expliqua Edward.

-Tu es la première personne que j'ai cernée comme ça.

-Mais tu avais tout juste 2 ans!?

-Je te sentais perdu, apeuré, isolé, timide… mais qui avait peur d'aller vers d'autres personnes mais j'ai vu autre chose derrière tout ça. Et je t'ai laissé le temps de t'habituer à cette brunette…

-Aussi timide, isolée et terrorisée par certaines brutes de l'école.

-Et bien, on va fuir par en apprendre beaucoup, ricana gentiment Tony.

-Nous avions deux et demi, vingt ans plus tard, nous filtrons encore, rit franchement Bella. Le reste nous regarde.

-Pfff… Pas de détail croustillant, alors? fit Gabriel taquin.

-Nope, rien! Un café, une tisane ou au lit!

-Ah ben voilà… ça redevient drôle!

Atterrés mais riant, les jeunes parents firent un café et purent enfin se reposer.

Dans les jours qui suivirent, Bella se renferma un peu. Elle prévint Edward, de son besoin de réfléchir. Parler avec Charlie l'avait perturbée. Savoir que Rosalie la comprenait, l'avait défendue, à son souvenir, c'était une première. Elle savait que son frère était au courant de cette entrevue, il n'avait pas mal réagi, ça avait plutôt été le contraire. Mais ce qui lui posait un souci, beaucoup plus même, c'était l'absence de réaction de son beau-frère. Elle décida de lui rendre visite et l'appela. Carlisle et Esmée acceptèrent de venir s'occuper des garçons afin qu'ils puissent se retrouver dans un des prés près de la maison. Il arriva les épaules voutées, les yeux un peu éteints. Mais il tentait de faire face, Bella le remarqua de suite et elle ne se laissa pas démonter. Elle n'allait pas bien non plus, mais ses enfants avaient besoin d'elle avant tout.

-Salut Em, dit Bella en le prenant dans ses bras.

-Salut Belli-Belle.

-Ca te dit de te poser un peu plus loin? Je suis assez fatiguée en ce moment et j'ai posé une couverture.

-Tu es aussi secouée que moi, nan? En fait non, tu l'es plus que moi. J'ai juste entendu parler de Rose de façon positive et j'ai peur! Peur d'y croire à tort, à raison, de rater notre chance à cause de cette peur, de tenter le coup et de me faire avoir et surtout de ne plus être capable de me relever cette fois, parce que je ne suis plus seul. Tu me comprends, toi?

-Oui je comprends ton dilemme. Mais Emmett, tu n'es pas obligé de l'épouser de suite, de vivre avec… Tu peux la revoir seul, puis progressivement la faire entrer dans ta vie… lui faire découvrir tes deux trésors… Enfin je pense…

-Tu as raison. Mais je vois de suite le point d'orgue la confusion et pas tout ce qu'il y a avant…

-Et tu as peur de ne pas savoir voir, de ne pas savoir reconnaître le danger, les signes ou les bonnes choses.

-Tu as tout compris. C'est pour ça que j'aime parler avec toi. Pas besoin de développer, d'expliquer. Avec toi, c'est tellement évident, sourit tristement Emmett.

-Alors profite!

-Et toi, tu vas comment? Différemment de moi, mais pas mieux, hein?

-Pas vraiment. La grossesse n'arrange rien. Je suis maman ourse qui protège ceux à qui elle tient, je montre des dents à ceux qui me menacent et je ne sais pas trop où situer ceux qui m'ont blessée.

-Ca crois-moi, je te comprends… Mais ce que tu vis est horrible. A chaque fois que je pense à toi, je me dis que j'ai de la chance : mes parents me soutiennent, sont présents, à l'écoute, mon frère est de tous mes combats, bataille, ma soeur est à nouveau là aussi. Elle… je ne sais pas trop comment dire… elle est différente, mais c'est tellement elle aussi… Sauf qu'elle écoute plus, ce que j'ai à dire. Après il y a ton frère qui, lui, a toujours été là, ton père que j'ai envie de frapper en ce moment, enfin plus maintenant… La cocotte lui a explosé au nez et… enfin bref. Il y a Jacob et Carlie, ceux-là, j'ai juste envie de les rayer de ma vie mais ce n'est pas possible. Carlie est la marraine de Baptiste et tu sais quoi, je regrette. J'ai envie de la secouer, de dire à Jacob de l'aider à grandir mais il semble en adoration! On dirait moi quand j'étais avec ta soeur : pas un soupçon de critique, de la béatitude idiote. L'essentiel c'est qu'on soit pas seul ou avec celle qu'on aime! Que du ridicule. Il réfléchit avec ce qu'il a entre les jambes et pas avec ce qu'il est vraiment! Ca me dégoûte car je ne peux l'aider. Il ne m'entend pas. Seule Rosalie pourrait le faire bouger. Mais je crois qu'il vaut mieux éviter et surtout ne pas envisager cette rencontre pour le bien de tous.

-Charlie m'a dit qu'il a parlé à Jasper de sa rencontre avec Rosalie. Il m'a dit aussi que tu avais tout entendu mais que tu étais parti avant d'en parler.

-Ce n'était pas une discussion pour moi, mais quand j'ai commencé à comprendre, je n'ai pas réussi à ne pas écouter et à partir. D'un côté, je suis ravi mais d'un autre côté… C'est compliqué! Ca a fait bouger et raviver tellement de choses. Ca m'a donné de l'espoir et je ne sais rien si j'ai le droit de l'avoir!

-Tu veux bien me dire pourquoi? Parce que ça m'échappe un peu.

-Et bien… Ben…

-Mmm!?

-Enfin… tu sais…

-Non, rit Bella, mais ton développement est intéressant. Non, sérieusement, réfléchis juste! Pourquoi tu n'as pas le droit d'avoir cet espoir?

-Parce qu'il pourrait ne pas être fondé. Je pourrais me tromper! Je ne dis pas que je n'ai pas le droit à cet espoir. Je pense que j'ai le droit d'avoir quelqu'un qui m'aime pour ce que je suis et avec mes garçons. Tu sais très bien que j'ai toujours considéré Rose comme la femme de ma vie, mais j'ai eu Leah. Elle m'a fait découvrir que j'avais droit à du merveilleux. Et sans désarmer Rosalie, j'ai aimé Leah comme elle m'a aimé et je peux dire que si elle était toujours là, nous serions toujours mariés et Baptiste serait notre fils biologique. Rose serait toujours ce qu'elle est mais… Sauf que ce n'est pas le cas, et Rose a changé. Même si elle avait ça en elle, jamais elle ne t'a défendue, jamais elle ne t'a fait passer avant ton père. Alors pour moi, ça veut dire beaucoup, elle a bougé, envers toi, en tout cas!

-Tu vois c'est le genre de choses que je ne vois pas. J'en rêve, ne te méprends pas. Cette relation de grande/petite soeur, j'en rêve depuis vingt ans. Mais j'ai fini d'espérer… De la même façon que j'ai tiré un trait sur la relation à mon père. Mais j'ai ouvert une porte qu'il a explosé encore une fois. Charlie ne pouvait pas me trahir plus, Emmett! Alors laisser Rosalie rentrer? La première fois j'ai eu l'impression qu'elle me volait ma famille, mais ce n'était pas le cas, elle n'a pris que ce qu'on lui a permis de prendre… Elle n'est responsable de rien. Et encore je ne lui en veux pas. J'en veux à Charlie, de ne rien avoir vu. Mais là… comment dire… pour moi… J'ai peut-être besoin de l'entendre par moi-même et pour toi c'est sûrement pareil. Et j'ai besoin de voir dans le temps ce que ça peut donner! Je voudrais aussi qu'elle ait le courage, comme toi, qu'elle nous contacte, qu'elle s'explique, qu'elle s'excuse. Je sais que ça doit lui faire peur! Elle va passer à l'essoreuse, à la centrifugeuse et elle va en ressortir éreintée mais elle sera apaisée… Enfin je crois que je le suis, rit Bella.

-Tu crois que je dois attendre qu'elle me contacte? demanda Em plein d'espoir.

-Oui je crois. Autant j'ai envie et besoin de lui parler, autant elle doit faire sa part du chemin. Je veux parler avec Jasper et quelque part, je sais qu'il saura lui dire.

-Je ne veux pas…

-Il ne te laissera pas le choix! C'est sa soeur mais tu es aussi son meilleur ami. Sur ce sujet, tu passes avant elle. Mais tu dois la laisser faire, sinon elle ne fera pas le dernier pas qui doit être fait pour « guérir »!

-Oui, je comprends. Si je la contacte, je l'empêche d'aller à son rythme, et du coup, elle pourrait recommencer?

-En quelque sorte oui, c'est ça!

-Ok… Merci d'être honnête avec moi, Bella.

-Je n'ai aucun intérêt à te dire ce que tu veux entendre, tu seras blessé, tu vas souffrir et tu m'en voudras de ne pas t'avoir averti!

-C'est vrai, tu as raison. Même si ce n'est pas évident à accepter, c'est moins douloureux que si elle repart en refaisant comme pour ton mariage.

-Je suis désolée, Emmett, vraiment.

-Oh non, surtout pas! Tu es honnête, tu oses dire ce que personne n'ose, même mes parents. Jasper ose aussi, mais ça fait un moment qu'on ne s'est pas retrouvé.

-Je pense que le fait qu'il ait retrouvé Alice et toi pas Rosalie, ça lui a posé quelques soucis.

-Je comprends et je n'en doute pas aussi. Et je ne lui en veux pas. C'est dommage qu'on en ait pas parlé ensemble, mais je ne lui en veux pas. C'était délicat de sa part..

-Il n'a pas voulu t'étaler son bonheur au visage et il a eu aussi peur que son couple ne tienne pas, donc il ne voulait pas te donner de faux espoirs et après je pense qu'il ne voulait pas t'afficher son bonheur, ne voulait pas te narguer.

-Ce n'est pas le genre de Jasper… il est toujours à vivre discrètement et à avancer dans son coin.

-Mais il n'oublie pas ce que tu vis et a vécu.

-Bella, je n'aurai jamais un autre ami comme lui. C'est vraiment ton frère, il est aussi intuitif que toi, sauf que lui, c'est devenu son métier, et toi, tu vis avec et tu le distribues autour de toi pour nous rendre heureux.

-Bon ça suffit, j'ai assez rougi pour un bon bout de temps!

-Bella, accepte juste que parfois tu aides à des miracles! Regarde avec Edward, tu as permis que mon frère accepte Leah.

-Je l'ai juste aidé à garder les yeux ouverts.

-Ouais, tu as raison, mais je n'ai pas perdu mon frère, sourit Emmett. Dis je peux te faire un câlin?

-Parce que tu dois demander, maintenant?

-On sait jamais, tes deux crapules ne seront peut-être pas d'accord?

-Emmett, parfois tes raisonnements me font peur!

-Moque-toi de ton pauvre beauf….

-Tu ne vas pas te faire plus malheureux que tu n'es quand même? Faut pas que j'ai pitié?

-Bellaaaaa, tu es vilaine!

-Oui mais tu m'aimes!

-Je t'adore même, rétorqua son beau-frère en la prenant dans ses bras. Merci… Merci tu ne peux pas savoir combien ça m'a fait du bien de te parler.

-Si je sais et j'en suis ravie, Em.

-Tu veux y aller?

-Oui je voudrais aller voir Jasper car je ne suis pas très loin de chez lui.

-Attends, je vais lui dire de venir, comme ça tu peux te reposer.

-D'accord, merci mon beauf!

-D'accord, je vais l'entendre encore longtemps!

-Comme moi Belli-Belle!

-Mais tu as un belli avec les garçons, rit Emmett.

-Rho! Espèce de chameau!

-Ben quoi, c'est vrai!

-Tu aggraves ton cas, rit Bella, dégage avant que je ne demande à Jazz de venir te démonter ta tête…

-Je dois casser la tête à qui? demanda ce dernier qui arrivait en courant avec Baïka.

-Hey… mais tu joues au sportif depuis que tu es marié!

-Et toi, t'es abruti, rit Jasper essoufflé.

-D'accord! D'accord je vais vous laisser entre frangin-frangine.

-Alors c'est à lui que je devrais casser la tête?

-Ben il m'a dit que j'avais du ventre!

-Bella tu es enceinte de quatre mois et de jumeaux, fit remarquer Em, alors…

-… tu te tais, répliqua Jasper. Je suis sûr que Carlisle a déjà du café! File avant d'aggraver ton cas, rit son ami.

-Ouais, dit le jeune papa dépité.

-Hey, Em?

-Mmmm…

-Viens manger demain, ton frère sera ravi de te voir et on pourra profiter des enfants…

-C'est vrai? Cool, merci!

-11h00, d'accord?

-Ca roule! Chouette, Baptiste sera ravi de voir son amie.

Et il partit sur un bisou de Bella. Jasper se tourna vers cette dernière.

-Toi et Emmett, alors? Sourit son frère.

-Oui! Moi et Emmett!

-Il a l'air d'aller bien!

-Tu peux dire ça comme ça!

-Donc il ne va pas bien…

-Tu sais, Jasper, tout n'est pas noir ou blanc dans la vie : il y a beaucoup de dégradés de gris aussi.

-Et c'est le cas d'Em.

-Oui, c'est son cas : tu dois le savoir, après tout c'est toi le psy ou le pro, non? Sourit Bella assise.

-Oui mais moi j'ai dû faire des études pour connaître tout ça!

-Et avoir un bon salaire… Et faire ce qui te plait!

-N'exagère pas trop pour le salaire. Mais tu as raison!-Merci de le reconnaître!

-Devant une femme enceinte, il faut toujours je crois?

-Rappelle-moi le pourquoi de cette discussion?

-On parlait d'Emmett et de comment il allait.

-Il a du mal à absorber ce qu'il a entendu de Charlie.

-Je suis désolé pour ça. J'étais tellement dans l'écoute que je n'a pas pensé que quelqu'un et surtout Emmett entendrait.

-Tu crois qu'elle est sincère?

-Dans quoi?

-Dans sa prise de position pour me défendre, pour ses regrets vis-à-vis d'Emmett, vis-à-vis de Charlie, de toi?

-De moi : il n'y a rien, elle n'a aucune raison de venir vers moi tant qu'elle n'est pas sincère. Pour Charlie, oui, elle est sincère, on ne touche pas à ceux que Rose aime.

-N'emploie pas de trop grands mots, s'il te plaît! Pour toi c'est ta soeur biologique et c'est normal mais mon vécu avec elle est différent et le mot amour n'est certainement pas celui que j'utiliserais en premier pour qualifier notre lien ou relation.

-C'est vrai… Je te l'accorde. Pour ma défense, c'est ce côté-là d'elle que je connaissais et pas ce côté « garce prête à tout, y compris marcher sur des cadavres.

-Je ne vais pas t'envier, car toi tu as beaucoup perdu avec son départ, alors que moi, j'ai gagné en baisse de pression. A côté de ça, j'ai récupéré mon frère et mon beau-frère dans un état pitoyable et pour lesquelles je n'avais pas aucun mot pour les consoler ou leur apporter un peu de réconfort. Maintenant, pour moi, Rosalie n'a jamais été ma soeur, seulement quelqu'un qui a vécu avec moi.

-Je te comprends, tu sais. J'aimerai tant te faire découvrir qui elle est vraiment.

-Mais ce serait aussi me mettre sous le nez tout ce à quoi je n'ai pas eu droit.

-C'est vrai aussi.

-Mais tu n'as personne avec qui en parler, n'est-ce pas? Tu ne peux pas en parler avec Em, qui souffre de son absence, pas avec Alice car elle a perdu sa meilleure amie, pas avec Charlie, car je doute que tu lui parles beaucoup?

-Ouais, je ne peux pas parler de Rose à personne. En agissant comme elle l'a fait, elle…

-Elle t'a privé de ta soeur!

-Oui. Parce que par choix ou par gentillesse, tout le monde a arrêté de parler de Rosalie et Alice après notre mariage et je n'avais personne avec qui partager. Mais…

-Elle était comment?

-Comment ça?

-Ton premier souvenir de Rosalie!

-Bellaaaa!

-Réponds! exigea Bella.

-Une fille blonde avec deux nattes, une robe trop grande pour elle, une paire de chaussure en cuir noir, des socquettes et un air sauvage et farouche, les points fermés et mon nounous sous le bras, Peluche, elle venait de le récupérer à coup de poing chez des plus grands qui s'étaient amusés à me le prendre.

-Un autre?

-Une nuit de tempête, elle m'a rejoint dans ma chambre car j'avais peur du vent depuis un ouragan. Elle n'a pas dormi cette nuit-là, elle m'a raconté une histoire toute la nuit.

-Un autre?

-Nous deux courant à travers champs, nos sacs sur le dos, on venait de manger dans les cerisiers d'un fermier qui avait détachés ses chiens. Rose avait coupé ses cheveux tout court. Elle avait volé un jeans sur une corde à linge, une paire de converse trouée et un Tshirt avec le drapeau anglais qu'elle avait trouvé devant sa porte, un matin. Je suis sûr que c'était un amoureux qu'elle gardait pour profiter un peu.

-Un autre?

-Son regard quand elle a vu Emmett. Pour la première fois, elle n'avait pas de défi dans le regard, juste de l'espoir, que peut-être, elle n'aurait plus besoin d'avoir peur, ou de courir ou de se servir de ces poings. Il le ferait à sa place. Il la défendrait, pour ce qu'elle était et non parce que moi j'étais son frère, par exemple.

-Un dernier?

-Non, après c'est plus compliqué et en final, si je réfléchis, elle a changé après… Alors le suivant j'espère le faire avec toi, sourit Jasper en la regardant plein d'espoir.

-N'en demande pas trop… Je peux… Je sais qu'Em voudrait lui parler mais il ne le fera pas en premier en tout cas. il m'a demandé conseil et je lui ai déconseillé. Pour lui donner, à elle, le temps de faire son chemin et peut être même le temps de faire cette démarche seule. J'espère ne pas avoir fait d'erreur, en le lui conseillant.

-A ton avis? Au plus profond de toi?

-Que je ne me suis pas trompée car quelque soit le chemin qu'emprunte Rosalie, elle doit en faire un grande partie. Le faire à sa place risquerait de tout gâcher! Mais il n'est pas question de moi, mais d'Emmett et de son possible futur heureux.

-Mais si c'était pour toi?

-Je n'irais pas vers elle, j'attendrais quitte à attendre pour rien ou quitte à rater le coche. C'est un risque que je prends volontiers, mais dans ce cas-là je n'en prends aucun, contrairement à mon beau-frère et ami.

-J'ai compris Bella, ne t'inquiète pas… Tu veux que je parle à Rosalie?

-Non Jasper! Je sais que tu vas aller voir Rose pour parler! Pour toi! Ne me mêle pas à ça. Elle fait ce qu'elle veut. Je veux juste protéger Em, elle ne doit pas jouer avec lui, comme elle l'a fait avant.

-Ok je vais essayer…. Mais comment tu sais que je vais aller la voir?

-Jasper! C'est ta soeur et tu es mon frère! Je ne te connais pas mieux que personne mais je sais qu'elle t'a donné à réfléchir avec ce que Charlie t'a raconté et que tu as besoin de réponses. C'est comma ça que tu fonctionnes et ça me va : tu vas chercher tes réponses, tu assumes, tu cherches et tu ne laisses rien tomber.

-C'est vrai…

-Je t'ai déjà dit que j'étais fière de toi, de t'avoir comme grand frère? Pouvoir dire que Jasper Swan est mon frère c'est juste trop bon!

-Viens là, dit Jasper en la prenant dans ses bras, moi aussi je suis fier de ma petite soeur! Tu as une force et je ne sais pas où tu vas la chercher. Tu puises ça si loin, à croire que tu as un ange gardien comme Edward. Tu as traversé tant de choses… seule ou avec Edward. Tu n'es pas tombée ou rarement, tu as été à mes côtés, sans condition, quand moi, je suis tombé…

-Mais tu es mon frère, Jasper!

-Mais je n'en ai pas fait la moitié pour toi!

-Et alors? Ca veut dire que je ne devrais jamais tendre la main à quelqu'un? Moi je tends la main quand je pense que c'est nécessaire, utile. Je n'attends rien des autres! En tout pas la pareille!

-C'est ça qui est fabuleux chez toi : tu n'attends rien de personne, tu offres sans compter.

-Oui, enfin, il ne faut pas abuser non plus, hein!

-Et ça c'est nouveau. Et j'aime. Tu as des limites…

-Enfin! Rit Bella. Et seulement pour certains… Je les ai pour me protéger. Ellles sont toujours là, cachées, prêtes à sortir, si besoin est. Mais pour toi, Em, cette limite n'est pas nécessaire. On fait tous de mauvais choix, et moi, la première et voilà.

-Ma petite soeur est juste fabuleuse… sourit Jasper en la prenant, à nouveau dans ses bras.

-Pas tant que ça, murmura-t-elle.

-Tais-toi et pour une fois, crois-moi et laisse-moi dire ça à ton sujet.

-Soit!

-Bella!

-J'ai dit « Soit! » c'est déjà beaucoup, d'accord?

-Hey, ce n'est pas grave, dit Jasper, inquiet, je ne pensais pas te peiner.

-C'est vrai, Jasper, je suis émotionnelle, sous le coup de la grossesse, des hormones… se força sa soeur.

-Je ne pense pas!

-Mais si, rappelle-toi comment j'étais pour Hope et Haley?

-Non Bella, tu n'as jamais été cinglante comme ça, tu étais fatiguée mais là, tu sembles sur le fil rasoir, à la limite de craquer! Tes paroles claquent dès que tu parles à quelqu'un. Alors envers Charlie, ça ne me choque pas car il a vraiment poussé les choses loin, mais tu fais pas la même chose avec Edward, avec moi et je ne comprends pas. C'est comme si tu ne supportais rien et surtout toi, en fait! Et je m'inquiète pour toi! Tu n'es pas comme ça, ce n'est pas toi!

-Pourquoi? Parce que je ne suis plus la gentille Bella qui sourit tout le tels et qui pardonne tout? Parce que je ressemble enfin à ma mère? Parce que, de nous trois, il n'y a bien que moi qui peut lui ressembler! Peut-être que ce n'est plus moi, la gentille Bella, peut-être que tu découvres la nouvelle Bella et qu'elle te dégoûte? Ben tant pis, faut faire avec! Je deviens une vilaine affreuse méchante! Au moins je retrouve mes racines!

Bella se leva et partit rapidement pour rentrer chez elle mais Jasper l'appela :

-Bella, attends, ce n'est pas….

-Fous-moi la paix! Tu sais quoi? J'en ai marre! Fais ce que tu veux avec ta soeur mais qu'elle ne vienne pas détruite Em parce que je ne te le pardonnerai jamais!

-Bella?!

Bella tourna les talons et partit quasi en courant. Inquiet, son frère appela Edward qui était en vadrouille. Bella put rentrer seule, prit rapidement une douche et se coucha dans son bureau. Elle savait qu'elle repoussait Edward mais après ce qui son frère lui avait dit, se sentant trop coupable, elle refusait de lui faire de la place. Elle finit par laisser couler les larmes qu'elle retenait depuis la dernière discussion. Même si son frère avait raison, ses paroles la blessaient plus qu'elle voulait se le dire. Elle entendit la voiture rentrer et se força à se calmer et à faire semblant de dormir. Edward finit par la trouver, elle l'entendit souffler quand il remarqua ses yeux gonflés, il râla contre son beau-frère, mais il l'embrassa sur le front, remonta la couverture sur ses épaules et sortit d'un pas las. La tendresse de son mari bouleversa Bella, qui pleura à nouveau à grosses larmes silencieuse. La soirée passa, Edward passa plusieurs fois vérifier qu'elle allait bien. Durant cette même soirée, des éclats de voix réveillèrent Bella que Tony calma en lui parlant calmement. Les jumelles dormaient contre le ventre de Bella et les larmes coulèrent doucement. Elle reconnaît les voix de son frère, d'Emmett et d'Edward, furieux. Elle savait que tant qu'elle ne parlerait pas, rien ne serait clair, mais elle était incapable d'y parvenir : c'était au-delà ses capacités. Edward se fâchait contre Jasper qui n'avait pas réalisé combien sa soeur était fragile. Edward lui en voulait et Em tentait de calmer les choses. C'est Gab qui finit par les calmer en leur signalant la crise de panique de Bella. Edward voulut venir mais Gab le rassura en lui disant que Tony s'en occupait déjà pendant qu'ils « parlaient » entre hommes. Edward avait l'impression que tout partait en quenouille : son épouse ne lui parlait plus, elle cachait sa fatigue, elle minimisait l'impact de Charlie et pour couronner le tout, Jasper, le psy, le pro n'avait rien vu du craquage de Bella. Elle avait réussi à le manipuler au point qu'il ne s'inquiète pas. Au final, il ne savait plus à qui il en voulait le plus, Bella, Jasper, Charlie, Renée, Rosalie, Alice ou lui-même. Emmett en avait profité pour l'approcher et le prendre dans ses bras pour le calmer, le rassurer.

-Chuuuttt, p'tit frère, chuutt, on va vous aider, tu n'es pas seul avec Bella et tes filles. Je te promets de ne pas te laisser tomber, même si deux jeunes garçons et Jasper c'est pareil!

-C'est clair, je serai là…. Je vais reparler avec Bella et on va régler le souci et je te promets d'être vigilant et de ne plus me faire avoir!

-Je veux juste retrouver ma Bella, celle qui est présente! Pas celle qui s'enferme dans son bureau pour ne pas me parler ou ne pas dormir avec moi ou pour ne pas avoir à me toucher!

-Ed, elle va revenir, je te le promets. Elle est juste épuisée!

Le retour de notre soeur l'a perturbée plus qu'elle ne veut le montrer et je suis désolé… Je vais aller parler à Rose demain et je te tiens au courant.

Ils poursuivirent leur discussion plus calmement et Bella se rendormit. Dans la nuit, elle se leva manger un fruit et un yaourt, elle dessina aussi avant de se rendormir pour le reste de la journée. Ainsi elle fuyait le monde assumant et réglant ces soucis à sa façon… Elle le dessinait, l'aquarellait : une famille souriante, heureux avec une toute petite enfant spectatrice de ce bonheur, les yeux tristes et les joues mouillées. Heure après heure, Bella purgeait sa tristesse et en sortait épuisée, dormant le jour.

Le quatrième jour, elle se leva quand la maison était vide, se lava, nettoya, rangea, mangea aussi. Elle ferma la porte de son bureau et sortit dans le jardin avec Twi et Moon. Elle attaquait son déjeuner quand la sonnette retentit. Elle alla ouvrir la porte et se tendit :

-Rosalie!

-Bonjour Bella, je te dérange?

-C'est l'heure du repas.

-Je peux repasser si tu veux?

-Ou tu peux me regarder, si tu veux?

-Aussi! Je peux te parler?

-Suis-moi!

Bella débarrassa la table, ne gardant que les tomates et s'assit :

-Je t'écoute.

-Je voulais te parler.

-Je sais! Jasper a dû te dire qu'il fallait absolument que tu viennes sinon j'allais ne pas remonter la pente!

-Euh… aussi…. Mais pas seulement!

-Alors quoi Rosalie, tu n'es pas venue t'excuser? Tu n'es pas venue t'absoudre des horreurs que tu m'as dites ou faites? Tu n'es pas venue voir à quoi ressemblait ta soeur adoptive qui pète un câble? Tu dois être ravie, après toutes ces années, non?

-Si!… Enfin…Non!

-Il faudrait savoir, ricana Bella. La nouvelle Bella cynique, perfide et méchante est moins sympa que l'ancienne? Tu veux savoir quoi, Rosalie Swan? Tu as eu ma mère, mon père, ma famille, mes jouets, mes activités, tu as détesté mon ami, mon petit-ami aussi, mon époux, mon mariage, ton mec, ton frère! Tu veux quoi? Ma famille? T'aimes pas les chiens, t'en a déjà un, tu veux quoi? Mes enfants? Les jumelles, les jumeaux? Charlie t'a convaincu de les prendre pour toi, parce que tu es tellement plus fabuleuse que moi? Alors… J'écoute!

-Bella… Je suis désolée, vraiment!

-Crois-moi… Pas autant que moi!

-J'ai été horrible avec toi, et…

-Tu parles de quand? Quand tu as détruit mes jouets, quand tu me tapais à l'école, quand tu m'insultais, quand tu faisais tout pour que personne ne joue avec moi? Quand tu as aidé Renée à me mettre à me mettre à la porte? Quand tu as regretté que je ne sois pas morte, à mon mariage? Dis-moi, de quoi parles-tu? Peut-être du moment où tu t'es tapé tout ce qui avait un truc entre les jambes pour punir Emmett de ne pas avoir cédé à ton caprice, entraînant Alice et détruisant ton frère au passage? Dis-moi, je suis confuse! Dit Bella en finissant ses tomates avec un air angélique.

-D'accord, je te l'accorde, je le mérite!

-Oh non! Tu mérites bien pire, crois-moi!

-…

-Ne t'inquiète pas, moi aussi je resterai muette devant une telle vérité… A moins que ce soit moi qui te rende muette?

-Et bien…

-D'accord, c'est moi! Je te fais une fleur, je me tais, et tu me racontes pourquoi tu es là alors que je voulais manger. Ou c'est Jasper qui t'a demandé de passer?

-NAN!

-Tant mieux, sinon je t'aurai mise à la porte, ça aurait été dommage pour ta démarche et visite! Allez, je t'écoute…

-J'avoue que j'ai un peu de mal…Pas à parler, juste que j'ai l'habitude de ce que tu étais quand je suis partie. Tu supportais tout ce qu'on te disait sans rien dire et quand tu as trouvé Edward, j'ai eu l'impression que plus rien ne te touchais. Maintenant je me rends compte que ce n'était pas tout à fait ça. Tu avais juste cette capacité à regarder ou à ne t'occuper que des choses positives. Tu mettais de côté ce qui était douloureux et tu avançais pour Edward. Il n'y a pas longtemps que j'ai compris… Je suis désolée de ce que papa t'a dit…

-Oh tu sais, ce que Charlie dit…. J'essaie de ne pas être touchée.

-Tu l'appelles Charlie?

-Euh oui, tu veux que je l'appelle comment? M. Swan?

-Nan! Papa, par exemple!

-Désolée, mais ça fait longtemps que je ne l'appelle plus comme ça et qu'il a perdu le droit d'être appelé comma ça.

-Mais et maman?

-Depuis ton arrivée, ce n'est plus la mienne. Et depuis longtemps, elle n'est rien pour moi.

-Alors avec mon arrivée, tu as tout perdu?

-J'ai rencontré, Edward.

-Mais tu ne dis plus « Maman » ou « Papa »?

-Si à mes filles quand je parle de moi et d'Edward.

-Je suis désolée, Bella.

-Tu l'as déjà dit plusieurs fois…

-Oui tu as raison.

-Alors la suite?

-Oui, je continue…. Tu sais quand tes parents….

-Non, je ne sais mais ça ne devrait pas tarder!

-Euh oui, désolée, c'est une expression stupide. Quand tes parents nous ont adoptés, j'étais folle de joie : j'allais enfin avoir un papa, une maman, et une petite soeur. J'avais peur aussi… de ne pas avoir de place. Mais quand je t'ai vue… Mon dieu, tu étais si jolie, avec deux nattes, les joues roses, une belle robe et tu m'as donnée ta plus jolie poupée et à Jasper, tu as donné ton nounous. Je t'ai trouvé folle de faire ça…Mais tu ne parlais pas beaucoup et c'était ta façon à toi de nous souhaiter la bienvenue Tu étais douce, gentille et je ne savais pas faire alors j'ai été celle que je savais être : cruelle et méchante. Et plutôt que de te défendre, tu as battu en retraite , tu as laissé faire…

-J'avais deux ans bordel de merde! Deux ans! J'avais tout l'amour dont j'avais besoin, je pouvais partager. Je n'étais pas Godzilla! Et je ne pensais pas… me faire piller!

-J'ai appris à manipuler en foyer. Papa ne voyait que ce qu'il voulait… Maman… Je n'ai pas compris pourquoi elle préférait me croire moi, plutôt que toi, sa fille. Alors j'ai poussé jusqu'au bout. Jasper n'était pas toujours d'accord, au contraire… Il t'entendait pleurer dans ta cabane, la seule chose que tu n'as jamais partagée, en fait…

-Parce que Charlie vous avait fait une en forêt pour que vous puissiez jouer avec Emmett et Alice.

-C'est vrai… Après c'était l'école mais tu faisais bloc avec Edward. Il était aussi bizarre que toi. Il ne parlait, il ne jouait pas, il restait tout seul, sauf quand il jouait du piano avec Esmée. Bref, je ne sais pas pourquoi ça a été aussi loin mais je sais que je suis désolée et que je regrette!

-Dis-moi ce que tu regrettes au juste?

-Tout!

-Ha Ha! Et le « loin », tu le définis comment?

-Euh…

-Ben oui, je ne parle peut être pas beaucoup mais je réfléchis un peu. Alors dis-moi!, tu parles de quoi? Du fait que tu m'as fait virer de chez moi? Que tu m'as détestée parce que je suis mariée, que tu m'en as voulu de ne pas être morte ce jour-là? Ou que tu as planté Em parce qu'il a soutenu son frère et que tu t'es empressé de te taper tout ce qui bougeait? Pourquoi tu as exclu de ta vie? Vas-y, dis-moi!

-Tout ça en fait! Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu te voir partir…. Je sais que tu étais heureuse avec Edward et j'avais l'impression que tout le monde ne s'occupait que de vous, mais non… Maman ne te regardait plus depuis longtemps et Charlie, il a sa façon particulière de le faire. Votre accident, ça a été un électrochoc pour tous mais je devais partir, on devait partir. Mais tout s'est arrêté. Je crois que je m'en voulais de ne pas être capable de rester et d'être aussi minable. Emmett, c'est l'homme de ma vie, il n'y aura que lui… J'ai tout fait pour me rendre minable, puis comme ça ne marchait pas, je me suis mise à fond dans mes études. Alice m'en voulait de l'avoir poussé à tromper Jasper, elle m'a peu reparlé après, elle avait besoin de sa famille, de tous en fait. Moi j'avais l'habitude au fond de moi d'être seule mais c'était dur, très dur…. de savoir qu'Emmett a refait sa vie, qu'il soit papa mais qu'il soit seul. il mérite d'être heureux, pas seul avec deux petits. Ca doit être terrible. Pour Jasper, il est enfin heureux, même s'il gardera longtemps l'angoisse de se retrouver seul. Et je vois très bien que tu ne vas pas bien et je suis désolée… Ne me fais pas croire que ce n'est pas moi, parce que je m'en doute. Ce qui m'énerve c'est d'être incapable de m'exprimer correctement devant toi. Je voudrais m'excuser pour tout ce que j'ai fait ou as, pour tout ce que j'ai abîmé. Y'a tellement de choses…

-Tu n'attends pas à ce que je t'aide quand même?

-Non, j'espérais peut-être que ce serait plus simple, soupira Rosalie.

-Comme avec Charlie et Jasper?

-Oui, un peu.

-Mais tu n'as pas cherché à détruire leur vie, à eux, si?

-Non c'est vrai…

-Alors pourquoi ça serait facile? Parce que je suis Bella et que je ne réagis pas?

-Non! Enfin peut-être un peu, quand même, dit Rose penaude.

-Ben voilà.

-Le plus simple aurait de ne pas avoir à le faire!

-Alors je te conseille de commencer à croire au Père Noël, au Lapin de Pâques… Tu as plus de chance d'y arriver.

-Je suppose… Ecoute…

-Tu veux un verre d'eau fraîche? demanda soudain Bella.

-Euh oui, bien sûr avec plaisir, accepta Rose, surprise.

-Je reviens, je vais t'en chercher.

La jeune femme, surprise, resta sans bouger quelques secondes avant de se lever et de faire le tour du jardin. Il était paisible, vert, fleuri, plein de senteurs, de rose, un acacia, un magnolia aussi, des arbres fruitiers, une balancelle, une ou deux petites balançoires dans les arbres, une petite cabane en bois, des papillons en bois peints par des mains enfantines, des tulipes, des tournesols. Elle se surprit à sourire en pensant que si des elfes lui arrivaient droit dessus, elle ne serait même pas tellement étonnée. Elle trouva une grosse pierre et s'y assit dessus. Elle retrouvait l'atmosphère des musiques d'Edward mais aussi l'univers des livres de sa soeur. Car c'est comme ça qu'elle la voyait depuis de longs mois : une soeur, SA soeur, celle qui avait tout fait pour que Jasper tienne, retrouve la femme de sa vie et l'épouse, celle qui avait soutenu Em quand il sombrait, celle qui puisait au delà de tout, au péril de sa santé, pour être là, et surtout celle qui n'en pouvait plus et à qui elle devait dire les choses avant de ne plus pouvoir. Sous une feuille de rhubarbe, elle découvrit un elfe blond qui la suivait. Elle eut un hoquet de stupeur : elle se rappelait…. Elle retrouva un vélo comme celui d'Edward, des tissus d'Alice, la voiture d'Emmett et une autre, une petite souris en blouse de médecin et stéthoscope et une autre avec plein de souriceaux. Elle y reconnut sans mal Carlisle et Esmée. Elle aurait aimé les toucher, peut être même les seuls qui avaient été capables de la remettre en place avant qu'Emmett ne le fasse, puis Charlie, Jasper, Alice, Lili aussi, et Bella. Jamais elle n'aurait pensé que ça lui manquerait autant de ne plus avoir l'avis de ces personnes si généreuses, elles étaient son pilier et se faire remettre en place par Bella, c'était surprenant mais quelque part, c'était bien, très bien Rien n'était gagné. Ca faisait un moment qu'elle était là et elle n'avait rien dit de ce qu'elle voulait dire, Bella ne se laissait pas faire, la poussant dans ces retranchements pour que ne reste que l'essentiel. Elle voyait très bien que sa soeur allait mal, les cernes, les joues creuses, le teint blanc, loin de la jeune femme qui était maman de jumelles. Sa nouvelle grossesse et le flot de discorde qui en agit découlé… Enfin plutôt tout se qui était remonté à la surface et n'aurait pas dû si elle avait été cadré…

Ses réflexions furent interrompues par le bruit de Bella revenant, elle se leva et revint vers elle. Le regard de Bella était perçant, mais hésitant et plein de doutes.

-Votre jardin est juste magnifique. Il…

-Il?

-Il est comme je vous imaginais tous les deux, Edward et toi : généreux, surprenant, espiègle mais surtout magnifique.

-Euh… Merci?

-Je t'en prie.

-Tiens, ton verre d'eau fraîche.

-Merci, Bella et ne t'en veux pas d'être dure. C'est largement mérité. Peu de personne ont eu le courage de me confronter, seuls Esmée et Carlisle le faisaient et je n'aimais pas ça, puis Emmett quand il m'a dit qu'il restait, Charlie à mon retour, Jasper ensuite, Alice aussi et Lili. C'est une enfant si droite, si belle, puis encore Jasper et maintenant, toi. Je dirais presque : enfin toi. Tu n'as plus peur de moi!

-Je n'ai jamais eu peur de toi, je trouvais juste moche ce que tu étais et je ne voulais surtout pas être comme toi, c'est tout.

-Oh… d'accord. Je comprends mieux pourquoi tu partais sans baisser le regard mais en m'ignorant. Donc ta réaction depuis tout à l'heure, c'est bien, tu dis les choses et j'en ai besoin. Je ne veux plus qu'on m'épargne. Je veux que tu me dises ce que j'ai fait et qui t'a blessée.

-Rosalie, ce n'est juste pas possible. Dans ma tête d'enfant, je t'ai partagé l'amour de mes parents et tu me l'as volé. Maintenant, en grandissant, je réalise qu'eux, étaient responsables de ta réussite car ils auraient dû mettre un terme à ce que tu faisais. Mais non, ils ont laissé faire et Renée a même encouragé tes agissements. Alors après ce n'est qu'une suite de tout ça!

-Je suis désolée de t'avoir privée de tes parents et d'avoir fait de ta vie un enfer, chez toi…

-Chez nous! Et à la fin chez toi!

-Oui chez nous, mais aussi chez Esmée et Carlisle, à l'école… En fait, heureusement que j'avais peur de me casser un ongle à l'époque, ou peur de me décoiffer ou que je ne portais que des jupes comme ça vos balades à vélo étaient tranquilles. Dans ma tête, je crois que je ne suis pas sortie du foyer, j'ai juste trouvé des personnes avec qui je me suis alliée et j'en suis désolée. Je te demande pardon.

Devant la tête de Bella, elle soupira :

-Je passe mon temps à m'excuser de choses inexcusables et je suis désolée que tu ailles aussi mal, Bella.

-Alors je vais mettre les choses au point : personne n'est responsable de mon état, à part moi. J'ai laissé les choses m'atteindre, me toucher et en partie me détruire, j'ai arrêté de voir le côté positif des choses qui m'entouraient. J'ai accepté de garder autour de moi des personnes qui ne me faisaient pas du bien et surtout j'ai fait entrer dans ma vie des personnes qui m'ont fait du mal. Mais de tout ça, tu n'es responsable en rien! Je suis responsable de la prise que ça a eu sur moi et puis j'en ai marre de me laisser malmener comme ça… Et non, tu ne fais pas partie des personnes qui me font mal, mais tu en as fait partie, tu fais souffrir Emmett aussi qui est le grand frère d'Edward et tu fais souffrir Jasper et ça je n'accepte pas. Maintenant tu as aussi Carlie, et surtout Charlie.

-Et Maman?

-Je n'en ai plus depuis que j'ai trois ou quatre ans, je pense… Renée n'a été ma mère que le temps que tu arrives et après elle a eu mieux!

-Mais Esmée?

-Esmée, sourit Bella, c'est une fabuleuse maman par procuration mais c'est la mère d'Edward, pas la mienne, et puis ils n'ont découvert toute l'histoire, avec Carlisle, qu'au retour d'Alice, donc il y a peu…

-Pourquoi tu n'as jamais rien dit?

-Ca vous aurait arrêté?

-Euh nan!

-Voilà, ça aurait pu faire empirer les choses même et puis, il aurait fallu expliquer et cela vous aurait donné de l'importance, vous vous seriez cachés pour faire pire, alors que là, il fallait juste supporter.

-Dis comme ça c'est juste horrible.

-Je sais…

-Ca l'était?

Bella sourit doucement sans répondre.

-D'accord, ça l'était… Je ne sais même plus quoi dire, tant j'ai honte. Plus je réalise et plus je me dis que je n'ai passe droit d'être là!

-Ne fais pas le choix à ma place! Enfant, tu as décidé de me détester! Adulte laisse-moi le choix de t'accepter ou pas! Je mérite au moins ça!,

-Oui, tu le mérites, voir même plus.

-Alors laisse-moi décider!

-D'accord!

-Merci, tu veux reboire quelque chose?

-Un verre d'eau, oui…

Bella lui versa et lui tendit. Rosalie la remercia. Sa soeur la voyait se trémousser sur son siège et lui demanda:

-Rosalie, tu veux quelque chose ou me dire quelque chose?

-En fait, j'ai plutôt quelque chose à te donner. Enfin ce n'est pas pour toi, mais…

-J'avoue ne pas trop comprendre…

-Désolée je suis loin d'être claire.

-C'est le moins que tu puisses dire!

-D'accord, tu te rappelle de Maimée?

-Aimée, ma poupée, celle que je t'ai donnée lorsque tu es arrivée?

-Oui.

-Je m'en rappelle oui, forcément c'était ma préférée.

-Je… Je l'ai toujours en fait.

-Ouah, elle dit être dans un sale état.

-Euh non! Parce qu'elle n'a pas quitté ma chambre et mon étagère ou alors son carton.

-D'accord…

-J'ai contacté un artisan et je lui ai demandé d'en faire deux copies mais pas complètement identiques.

-Pourquoi?

-Pour en faire un cadeau à tes filles. Un peu comme un lien avec ton passé, le mien et l'avenir. Tiens, les voilà, dit Rosalie en les sortant de son grand sac. Je sais que tes filles sont différentes alors je te laisse les offrir au mieux.

-Merci, mais tu n'aurais pas dû!

-Je sais, je ne me suis pas senti obligée.

-Merci.

-De rien, mais j'ai un dernier « truc ».

-Encore? Non c'est…

-Attends et tu me diras… Jasper est d'accord avec cette idée.

-Tu lui en as parlé?

-J'ai été obligée.

-Je ne comprends pas.

-Tu te rappelles de Bibou?

-Mon ours? Celui que j'ai donné à Jasper? Oui bien sûr! J'ai eu du mal à dormir sans, pendant longtemps.

-Jasper l'a beaucoup utilisé, il dormait tout le temps avec mais j'ai pu faire comme pour Aimée. J'en ai deux exemplaires pour tes garçons.

-Rosalie, je ne sais pas quoi te dire, sauf merci.

-Ca me suffit.

-Alors merci pour mes enfants! Tu veux voir des photos de Haley et Hope?

-Je ne veux pas te forcer, Papa m'en a montré quelques-unes.

-Leur un an?

-Volontiers!

Impensable en début de journée, les deux soeurs passèrent du temps à parler du présent, des filles et aussi des garçons à venir. Rosalie finit par partir avant le retour d'Edward. Les Bibous allèrent dans les berceaux de chacun et les poupées allèrent dans la chambre des filles.

Quand elles furent découvertes, cela déclencha des cris et une arrivée en courant, portant chacune leur poupée. La brune fut baptisée Laleah, comme la maman de Seth et l'autre, celle qui ressemblait le plus à Edward de part sa couleur de cheveux, fut appelée Tine.

Elles découvrirent aussi les deux Bibous. Edward sourit mais ne dit rien. Il se contenta d'embrasser Bella, se réjouissant de voir sa femme souriante, certain qu'elle saurait lui parler lorsqu'elle sera prête. Et avec Bella ça ne durait jamais très longtemps.

Ce chapitre c'était un peu l'Arlésienne, vous en avez beaucoup entendu parlé sans jamais le voir… Il me reste un chapitre à remettre au propre et après je n'ai plus d'avance. Il faudra que je me mette à plancher sur les derniers chapitres, sachant que l'épilogue est écrit.

Je n'ai pas beaucoup d'excuses pour mon retard, sauf des explications. Je vous souhaite compréhensive et j'espère que vous allez bien. Merci à Plume et Claire, merci à vous de me lire et surtout d'être compréhensives.

Nane.

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