Chapitre Trente Huit

La dépression d'Hiashi

Les nerfs d'Hiashi avaient été suffisamment mis à mal à l'idée de devoir héberger un cheval pour le restant de ses jours, mais son animosité envers Zeera n'était rien comparé à ce qui les attentait à leur retour au domaine (Gaara les avait accompagnés, sentant qu'il ne serait pas de trop pour tenter d'arranger la situation). Pas besoin d'ajouter qu'il n'était pas au bout de ses peines.

Jhimey, qui avait appris par un membre de la tribu ce que leur dresseuse de chevaux avait fait avec l'héritière des Hyuga, les attendait aux portes de la propriété. Il avait alors passé son temps à faire les cent pas devant l'entrée en bougonnant. Ce qui avait rendu les gardes, tous deux membres de la Bunke, particulièrement nerveux.

Lorsqu'il les vit enfin arriver, il posa les yeux sur Zeera et Hinata et sembla réaliser quelque chose. Il se tourna vers sa femme, qui lui adressa un bref hochement de tête, la mâchoire serrée. Les yeux de Jhimey sortirent de leurs orbites et il marmonna quelque chose.

« Oh non. Je sens qu'il va exploser. Excusez-moi, il faut que je calme mon mari. N'intervenez pas. » Katsu donna un coup de talon sur les flancs de son cheval qui galopa jusqu'à Jhimey.

Sa façon de l'accueillir fut… Inattendue.

« Qu'est-ce que tu as fait ! Qu'est-ce que cette fille fait avec l'un de nos chevaux ! Tu as perdu la tête ! » Hurla Jhimey.

Katsu se pencha vers lui et lui flanqua une gifle. « La ferme ! Ce n'est pas moi qui décide à qui ils vont s'attacher ! Arrête de me crier dessus! »

« Et tu vas me dire que tu n'as pas su détecter les signes! Tu es la dresseuse de chevaux ! A moins que tu sois devenue aveugle ! »

« Je viens de te dire d'arrêter de me parler sur ce ton ! » Cria Katsu.

« Je te parle sur le ton qu'il me plaît ! Je suis le Huur ! »

« Et je suis ta femme ! Ne me parle pas comme ça ! »

« Je vais me gêner ! »

« Tu n'as pas intérêt ! »

Tous les ninjas présents les observaient.

« Ils sont vraiment bruyants. » Commenta calmement Gaara.

« Extrêmement. » Répondit Hiashi sur le même ton.

Ils aperçurent un peu plus loin quelques Aigles Chasseurs s'éloigner, pas au pas de course, mais clairement pressés de quitter la zone à risque.

C'est à ce moment que les pierres commencèrent à voler.

Soufflant des naseaux, Zeera donna à Hinata un petit coup de tête, jeta un dernier regard menaçant à Hiashi, puis trottina jusqu'à un groupe de chevaux à qui on avait donné une botte de foin. Hinata était intérieurement soulagée de voir que Zeera semblait plus indépendante qu'Akamaru ne l'était de Kiba.

Hiashi regardait sa fille, sincèrement troublé, bien qu'il n'en laissa rien paraître. Cette foutue femme avait-elle raison ? Sa fille le craignait-elle à ce point ? Bien sûr, il était un peu distant avec elle. Il se devait de l'être. Il était un ninja, et elle aussi. Même pour les gens de Konoha, la vie de shinobi n'était pas faite pour les faibles. Il se montrait froid car il avait conscience que sa fille devait être forte pour pouvoir survivre. Pendant un bon bout de temps, Hinata avait présenté une timidité et une réserve que Hiashi savait être incompatible avec leur mode de vie. C'était inacceptable pour un ninja, encore moins pour le futur chef d'un clan influent. Il avait alors tenté de la provoquer, mais cela n'avait fait qu'empirer les choses. Il s'était montré parfois cruel, mais que se passerait-il si quelqu'un devait de nouveau s'en prendre à elle, comme l'avait fait le shinobi de Kumo ? Et si cette personne réussissait, cette fois ? Oui, il avait dit un jour à Kurenai qu'il se fichait de savoir qu'elle puisse mourir pendant un entraînement, mais qu'était un petit mensonge si cela pouvait permettre à Hinata de se réveiller ? Mais, à présent, cette cinglée de parente tribale lui disait qu'il terrifiait sa propre fille ? N'avait-il fait qu'aggraver la situation ?

Ca ne pouvait être vrai.

Si ?

Une horrible pensée lui vint à l'esprit. Si ce cheval avait, peu importe comment, la faculté de ressentir les émotions d'Hinata, et s'il se montrait si agressif envers lui, cela signifiait-il qu'Hinata le haïssait ?

Hiashi n'était pas sûr de pouvoir supporter une telle éventualité.

Sans faire le moindre signe à Gaara et à Hinata, Hiashi se détourna de sa maison et s'éloigna. Il n'était même pas sûr de pouvoir regarder sa propre demeure. Il ne savait pourquoi, cette simple idée le rendait malade.

Où s'était-il trompé ? Etait-ce le jour où il avait décidé d'accorder plus d'intérêt à Hanabi qu'à Hinata ? Aurait-il dû continuer de se concentrer sur son aînée ? Ou cela aurait-il fait empirer les choses ? Ou encore peut-être était-ce quelque chose de plus vieux ? Peut-être aurait-il dû insister davantage pour prendre la place d'Hizashi ? Aurait-il dû sceller son propre Byakugan et partir à la place de son frère ? Oui, il aurait dû ! Hizashi aurait très certainement fait un meilleur chef que lui ! Il avait toujours été le plus puissant des deux frères, même sans la technique du poing souple ! Plus fort, plus rapide, plus doué, Hizashi battait Hiashi sur tous les plans !

Les pensées d'Hiashi continuèrent à tourbillonner sur cette voie autodestructrice pendant des heures, tandis qu'il errait sans but dans les rues de Konoha, recevant divers regards et murmures à son passage. Il ne cherchait même pas à écouter. Il était trop perdu dans ses sinistres réflexions.

La nuit commençait à tomber, et Hiashi avait marché pendant longtemps. Il s'était à présent bien éloigné de chez lui. C'est là qu'un modeste bâtiment attira son regard.

Hiashi connaissait cet endroit. Il y avait bien longtemps, avant que tous les gens qu'il connaissait ne s'étaient mis à le haïr, il venait souvent ici avec son équipe de Genin. Lui, son frère (qui ne le détestait pas en ce temps là, à vrai dire, lorsqu'ils étaient encore aspirants ninjas, Hizashi et Hiashi s'entendaient plutôt bien), et Tsume. Leur professeur était un homme imposant et intimidant, surnommé 'Ogre', Maito Ogre, le père de Gai. Les trois coéquipiers étaient bons amis, jusqu'à ce que Hiashi soit obligé d'endosser sa charge de chef de clan. Alors qu'il passait de plus en plus de temps à apprendre les responsabilités de sa fonction avec sa mère, les membres de son équipe s'étaient montrés de plus en plus distants, jusqu'à ce qu'il finisse par ne presque plus les voir. Hizashi, il n'avait jamais vraiment comprit pourquoi, s'était mit à le détester, et Tsume refusait de lui adresser la parole, pour une raison qui lui échappait tout autant. Seul Ogre continuait à le traiter comme avant, mais Ogre ressemblait bien à son fils de ce côté-là (la plus grande différence entre les deux hommes étant le fait qu'Ogre n'était pas aussi jovial que Gai et avait la fâcheuse manie de traiter tout le monde de « crevette », son propre fils inclus). Avant d'avoir eut à subir les enseignements de sa mère afin de devenir un bon chef de clan, Hiashi avait été un garçon plutôt aventureux. En partie à cause de Tsume. Celle-ci était ce que sa mère qualifiait de mauvaise influence. C'était elle qui lui avait montré cet endroit lorsqu'ils eurent enfin l'âge requis.

Il s'agissait d'un bar.

« L'âge requis » selon les ninjas n'était pas le même que celui des gens ordinaires, puisqu'on considérait qu'un enfant capable de malaxer son chakra, manipuler des armes voir de tuer était alors suffisamment mature pour savoir gérer sa consommation d'alcool tant que leur professeur les accompagnait. Et cela n'avait jamais posé le moindre problème à Ogre. Il les encourageait, même. Il était un peu étrange, à ce niveau là.

Cela faisait maintenant des années qu'il n'y avait pas remit les pieds.

Peut-être était-ce là l'occasion d'y refaire un tour. Il n'aurait de toute façon aucun moyen d'avoir la paix chez lui !

Alors autant rester ici.


Alors que quatre heures sonnaient déjà, Hinata commençait à sérieusement s'inquiéter pour son père. Les hurlements provenant de la zone réservée à la tribu avaient fait place à des sons étranges qu'Hinata ne savait trop comment interpréter. Et à dire vrai, elle n'avait pas envie de chercher à comprendre. Elle avait finalement décidé que les Iifernatis savaient parfaitement s'occuper d'eux-mêmes. Elle, de son côté, avait bien l'intention de retrouver son père. Il avait eut une réaction particulièrement inhabituelle en partant ainsi sans rien dire, mais à ce moment là elle avait été tellement alarmée par les hurlements du couple et les pierres qui avaient volé, sans compter la vaisselle et les casseroles qui avaient suivit, que l'étrange attitude de Hiashi s'était simplement installé dans un coin reculé de son esprit.

Mais à présent, elle était devenue vraiment inquiète à son sujet. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, elle aimait sincèrement son père, même s'il l'effrayait. Elle l'avait toujours plus ou moins considéré comme une statue ou une montagne inébranlable. Elle ne l'avait encore jamais vu réagir d'une telle manière. Mais après tout, à situation inhabituelle, réaction inhabituelle. Malgré le grand nombre de servants que comptait la propriété, le clan était plutôt isolé du reste de Konoha et le site était généralement très calme, les servants étant habitués à se montrer aussi discrets que possible. Les seules moments ou la demeure semblait s'animer un peu était pendant les heures d'entraînement ou les occasionnelles réunions politiques. A la mémoire d'Hinata, c'était la première fois que leur domaine se trouvait envahit par, admettons-le, une tribu peu habituée à la civilisation. Les hommes avaient mit le terrain sans dessus dessous. Si on ajoutait à cela l'épisode du cheval et le fait que les Iifernatis ne semblaient pas accorder la moindre once de respect aux Hyuga, il n'était peut-être pas si étonnant qu'Hiashi ait pu se sentir dépassé par les événements.

Il ne restait plus qu'une chose à faire.

Hinata devait le retrouver.

Hinata se dirigea vers la porte principale et salua les deux gardes, qui fixaient le mur d'un air suspicieux.

« Qu'est-ce que vous regardez ? » Hinata leva les yeux. « Oh. » C'était Maro. Pour une obscure raison, il avait escaladé le rempart et se tenait perché là-haut. Bizarre.

« Il est là depuis des heures. » Marmonna l'un des gardes entre ses dents.

« Je ne vais pas retourner dans la tente tant que ces deux là continueront à se balancer des objets à la figure. » Expliqua calmement Maro. « Ou même s'ils arrêtent, ils peuvent être vraiment écœurants lorsqu'ils se grimpent dessus pour se réconcilier. »

Hinata hocha la tête, préférant éviter d'imaginer ce que Maro entendait par « se grimper dessus ». Elle se tourna vers les gardes. « Je vais chercher mon père. » Les deux gardent lui firent un signe de tête.

Maro fixa Hinata un court instant, puis sauta du mur. « Je viens avec toi. »

Les gardes grognèrent à l'unisson.

Hinata l'observa. « Tu détestes ma famille. » Affirma-t-elle.

Maro haussa les épaules. « C'est vrai. Mais si tu dois garder l'un de nos chevaux, je veux apprendre à connaître la personne avec qui elle va rester. Il est hors de question que je laisse un bon cheval entre les mains d'un étranger. La meilleure façon de remédier à ça est de faire en sorte que cette personne ne soit plus un étranger. »

Hinata haussa les épaules à son tour. « Très bien. » Elle ne voyait rien à redire à ça. Après tout, Kiba réagirait probablement de la même façon si un étranger devait emmener un chien Inuzuka.

« L'un de nous devrait vous accompagner. » Grogna l'un des gardes en jetant un regard mauvais à Maro, qui en fit de même.

« Non, ça va aller. » Dit Hinata. Si elle n'essayait même pas de laisser sa chance à Maro... Ca valait la peine de tenter le coup.

Maro lui lança un regard surpris, avant de la suivre.

Pendant les heures qui suivirent, Hinata rechercha les endroits où son père serait susceptible de se trouver, à savoir les bâtiments de classes supérieures usités par les Hyuga. Les recherches étaient facilitées par le Byakugan, mais Hinata, dont la portée de vision était plus restreinte que celle de son cousin, devait tout de même se déplacer. Maro, incapable d'activer son Byakugan, paraissait se contenter d'observer Hinata sans même prendre la peine de faire mine de participer, mais celle-ci ne s'en soucia pas.

Deux heures plus tard, Hinata n'avait toujours pas réussi à repérer son père, et commençait à paniquer. Elle décida de fouiller Konoha dans ses moindres recoins, dans le cas ou Hiashi aurait rencontré un quelconque problème. Elle ne n'imaginait pas vraiment de quel problème il pourrait s'agir, étant donné qu'elle avait toujours considéré son père comme invulnérable, mais…

Où pouvait-il bien être ?

« Dites-moi, demoiselle Hinata, que faites-vous donc ici à cette heure ? »

Hinata se retourna. Elle avait vu Gai approcher, sans pour autant y prêter attention. Gai n'était pas son père, et ce n'était certainement pas lui qu'elle cherchait.

« B… Bonjour, Gai-sensei. » Bafouilla-t-elle. Bien sûr, Gai n'était pas son maître, mais il était celui de son cousin. Elle ne le connaissait pas aussi bien que Kurenai, mais le shinobi avait une fâcheuse tendance à atterrir chez les Hyuga à n'importe quelle heure pour voir Neji. Elle n'avait jamais vraiment comprit ses motivations, mais de fait, elle le connaissait plus ou moins. La première fois où elle avait eut l'occasion de lui parler était lorsqu'il était venu lui rendre visite à l'hôpital après l'examen Chunin pour s'excuser à grands flots de larmes de « l'inacceptable comportement indigne de la splendeur de la jeunesse » de Neji (manquant accidentellement de finir le travail de son élève en lui causant une attaque cardiaque). Les deux autres fois, elle s'était retrouvée temporairement à faire équipe avec certains membres de son équipe. Elle se rappela ce jour où, alors que Naruto, Neji et Tenten étaient allés au Pays des Oiseaux, elle et Shino avaient dû rejoindre Gai et Rock Lee pour une mission. Hinata en était revenue secouée de tremblement nerveux, et Shino avait boudé pendant une bonne semaine. Aucun des deux ne supportait la présence des deux fauves de jade de Konoha. La mission suivante incluant Gai s'était un peu mieux passée, mais pas de beaucoup, étant donné que Rock Lee n'était pas là, remplacé par Neji et Kiba. Bien que Gai ne s'était pas montré aussi démonstratif que lorsque Lee était à ses côtés pour jouer les supporters, elle avait passé tout le temps de la mission à surveiller son cousin, s'attendant à tout moment à recevoir un kunai dans le dos. Kiba s'était montré presque aussi tendu qu'elle, jetant des regards assassins à Neji et se mettant à grogner dès qu'il s'approchait un peu trop à son goût, et Akamaru avait fait savoir son mécontentement en mâchouillant les chaussures du jeune Hyuga et en marquant son territoire à des endroits inappropriés. Hinata était certaine de n'avoir jamais vu Akamaru ricaner autant que dans cette mission, et, oui, Hinata était convaincue qu'Akamaru pouvait ricaner.

« Au… au… auriez-vous vu mon père ? I... Il a d... disparu. » Gai et Rock Lee avaient le don de la faire bredouiller presqu'autant que Naruto, non pas par attirance, mais parce qu'ils étaient tellement… tellement… eux. « Je… J'ai regardé tous les sites qu'il c… côtoie d'habitude m… mais je ne le trouve pas. » Elle sentit Maro s'approcher d'elle, la contemplant avec curiosité. Ils n'avaient pas vraiment eut l'occasion de beaucoup parler tous les deux, et la vitesse à laquelle elle était passé d'un comportement normal à des bégayements nerveux le surprenait. Heureusement pour lui, Gai ne lui adressa pas le moindre regard. Ce qui lui allait très bien. Gai n'avait de toutes manières pas l'air du genre de type avec qui il aimerait causer.

Gai parut un peu étonné en apprenant la récente disparition de Hiashi. « Humm, vraiment. » Il prit un air songeur, ce qui était peu habituel venant de lui, toujours si pressé et excité. « Etrange. »

« J… Je… Je l'ai entendu jurer aussi. Tout à l'heure. » Cela, plus que tout, dérangeait Hinata au plus haut point. Jamais elle n'avait entendu son père jurer auparavant et, juste après ça, son expression était devenue vraiment étrange. Et à présent, il y avait le visage absent de Gai, comme s'il réfléchissait à quelque chose.

« Vous êtes au courant de quelque chose ? » Soudainement, l'air pensif de Gai avait suffisamment piqué la curiosité d'Hinata pour lui faire oublier sa timidité.

Gai parut surprit, comme si l'absence des bredouillements l'avait sortit de sa torpeur. « Eh bien, c'était il y a bien longtemps, mais, qui sait ! Oui ! N'ai crainte, mon petit ! Je pense bien avoir une idée! » Il lui adressa un sourire éclatant. « Rentre chez toi tranquillement, tout ira pour le mieux! »

Voilà qui était bien trop facile. Hinata ne pu s'empêcher d'avoir quelques soupçons. Alors que Gai disparaissait en virevoltant dans la direction opposée, Hinata sentit comme une vague de courage la submerger. Il s'agissait de son père, après tout !

« Attendez ! » Son courage retrouvé avait balayé ses tics nerveux sans efforts. « Comment pourriez-vous savoir où il se trouve! Vous le connaissez à peine! »

Gai ralentit et poussa un soupir. « A vrai dire, si, je le connais. Tu savais que les ninjas entraînaient souvent les enfants de ceux qui avaient été leur professeur ou leurs coéquipiers ? »

« Oui, c'est pour ça que Kurenai est devenu mon maître. Elle a été entraînée par mon père avant qu'il ne devienne le Seigneur des Hyuga. »

« En effet. Eh bien, Hizashi, ton oncle, a été mon maître de son vivant. Et quelques années plus tard j'ai été pris en charge par ton père. C'est pour cela que j'ai entraîné Neji. Et, avant ça, mon propre père, Ogre, a entraîné ton père et ton oncle. Il m'a raconté deux ou trois histoires. Si j'ai bien compris, Hiashi était énervé aujourd'hui ? Il n'a pas l'esprit de la jeunesse, et les Iifernatis m'ont tout l'air d'être du genre à avoir le sang chaud ! Il s'est certainement senti un peu dépassé. J'ai ma petite idée sur l'endroit où il peut être, si j'en crois les histoires que m'a raconté mon père. »

« Oh… Je vois… »

« Rentre chez toi, Hinata. » Il la gratifia d'un autre sourire éblouissant, le pouce levé. « Je vais le retrouver. »

Hinata n'avait aucune intention de rentrer chez elle. Mais après tout, elle était une kunoichi. Elle acquiesça, et, une fois que Gai reprit sa course, elle et Maro le suivirent à distance.


Gaara s'était trouvé un endroit propice à la contemplation des étoiles dans la demeure des Hyuga. C'était une chose qu'il faisait tous les soirs, même une fois débarrassé de Shukaku. Il aimait les observer, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être était-ce parce qu'elles étaient toujours là, à leur place. Même de Konoha, il pouvait apercevoir ses constellations favorites. Bien sûr, la vue était quelque peu obstruée par les arbres, mais restaient visibles.

Gaara regarda à sa gauche en entendant un bruit. Seuls ses yeux remuèrent. Il réprima un grognement en voyant son oncle apparaître. Il n'était pas vraiment d'humeur à le supporter ce soir, mais, à la réflexion, il n'était jamais d'humeur à le supporter tout court, en fait. Ses oncles avaient une fâcheuse tendance à exploser quand ils s'approchaient de lui.

Alors que Jhimey montait sur le toit, Gaara l'ignora. Qui sait, peut-être qu'il finirait par s'en aller ?

« Salut Gaara. » Dit Jhimey. Gaara soupira discrètement. C'aurait été trop beau!

Il ne lui répondit pas.

A sa grande contrariété, Jhimey ne s'en offusqua pas et s'assit à côté de lui. Pas trop près, mais suffisamment pour discuter. Gaara était déterminé à ne pas lâcher un mot à son oncle. Pas un seul.

Pendant une bonne demi-heure, aucun des deux n'ouvrit la bouche.

« Pourrais-je savoir pourquoi tu m'évites comme un pestiféré ? » Demanda enfin Jhimey.

Gaara ne dit rien.

« C'est drôle, neveu. Tu t'imagines que je suis comme Yashamaru, n'est-ce pas ? »

Pas de réponse.

« Il est étrange qu'un jeune homme qui devrait pourtant avoir plus que quiconque appris à ne pas juger les gens au premier abord réagisse de cette manière. Après tout, tu es celui que Yashamaru qualifiait de monstre. Il le disait tout le temps, tu sais ? Il disait que quand tu étais petit, tu passais ton temps à traquer les autres enfants avec ton sable pour leur faire du mal. Il disait que tu aimais voir la souffrance dans les yeux des gens. » Jhimey haussa les épaules. « Je ne l'ai jamais cru. Tu m'as toujours eu l'air d'un petit garçon comme les autres. Tu étais plus sage que ton frère et ta sœur. Kankuro était un gamin surexcité. Il faisait tourner ta mère en bourrique. Et Temari est devenue intenable dès l'instant où elle a commencé à ramper. Vos parents en ont bavé pour les surveiller. Toi, cependant, tu étais toujours calme. Je reconnais que je n'étais pas toujours là pour l'affirmer, j'avais déjà une tribu à diriger. Tu sais ce que c'est d'être responsable de tout un peuple, n'est-ce pas ? De ce fait, Hajeem avait plus tendance à croire en la parole de Yashamaru. J'étais son frère, mais les aînés écoutent rarement leurs cadets, hein ? Intéressant, ça, d'ailleurs, nous sommes tous les deux les cadets. Les membres de notre lignée avaient presque toujours trois enfants. Paraitrait-il que c'est un chiffre sacré, comme le fait que le Arrl de la tribu de L'Ombre de la Chouettene puisse être que le septième fils d'un septième fils. Les gens aiment les chiffres, pour une raison qui m'échappe. En tout cas, j'avais également une grande sœur, comme Temari. Elle était l'enfant du milieu, ceci dit, et Hajeem était l'aîné. Ce n'était pas un mauvais frère, tu sais. Mais il est devenu de plus en plus paranoïaque après ta naissance. Il y a bien une explication à cela, mais j'imagine que tu n'es pas curieux de la connaître, n'est-ce pas ? » La voix de Jhimey se crispait de plus en plus. « C'est vraiment trop drôle ! De voir que toi, considéré comme un monstre alors que tu n'étais qu'un simple enfant sans ami, blessé par ceux que tu aimais, tu refuses de m'accorder le moindre crédit. Et tu ne m'écoutes même pas ! Je pourrais rester ici toute la nuit à te raconter comment ton père s'est transformé en cinglé paranoïaque que tu resterais planté ici comme un rocher ! Bordel ! »

Jhimey se leva et sauta du toit. « Pourquoi je m'entête ? » Grommela-t-il avant de descendre.

Gaara fixa l'endroit que Jhimey avait abandonné, et se sentit terriblement mal. Il n'avait pas voulu blesser son oncle. Il ne lui était absolument pas venu à l'esprit qu'il lui faisait subir exactement le même traitement qu'on lui avait administré pendant des années. Il avait jugé son oncle avant même de chercher à le connaitre.

Peut-être devait-il faire quelque chose à ce sujet.