Moy prima assoluta
Auteur : Angelscythe
Genre : Romance, tranche de vie, noir (on dirait que je peux pas m'en empêcher)
Couple : WinterWidow bien sûr et d'autres à venir.
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Stan Lee, Jack Kirby, Joe Simon, Don Heck puis J.M DeMatteis, Ron Frenz et puis Mark Gruenwald et Kieron Dwyer (ah !). Sans doute d'autres je suppose (hormis la famille de Dolly qui sont à moi, en quelques sortes)
PARTIE 3
Sujet
Chapitre 8 : Après le temps
Toledo, Ohio – 5 Avril 1988
Le talkie-walkie de Natasha se fracassa sur le sol lorsque la rage la saisit. Bien sûr, l'engin vola en éclats. Il n'était pas tout à fait résistant.
Connerie.
HYDRA lui avait encore échappé.
Le pire était que les effectifs du KGB diminuaient vraiment si elle en croyait les informations qu'elle volait. Et ce même si, en fait, elle ne risquait plus rien, qu'elle n'avait plus été contactée, que ses enfants n'avaient plus été menacés, Natasha était loin d'être rassurée. Elle se demandait si ce n'était pas préférable de partir. De tout abandonner… À vrai dire, elle y songeait de plus en plus.
Le comportement de son fils et de sa fille y jouait beaucoup…
Washington, D.C.
Une explosion retentit dans un quartier presqu'entièrement désaffecté. Il y avait toutefois des bouts de chairs et de membres qui explosèrent et Sin poussa un petit cri de joie. Ses yeux s'écarquillèrent et elle sourit avant de regarder, au loin, le bâtiment du S.H.I.E.L.D.
Elle aurait dû être à l'école à cette heure-ci et elle n'était pas sûre que sa mère laisserait passer ça même si elle savait qu'elle avait manqué le travail, elle aussi. Elle savait parfaitement ce qui arriverait si elle osait lancer à Natasha qu'elle ne faisait que l'imiter.
Ce serait une catastrophe.
µµµ
Installée dans son fauteuil, Peggy travaillait, tout en déléguant ce qu'elle pouvait déléguer. Ce qu'elle devait déléguer.
Si ça ne tenait qu'à elle, elle se serait arrangée pour n'avoir jamais à transmettre les rênes mais elle savait qu'elle devait le faire. En particulier parce qu'elle était souvent préoccupée par une chose ou l'autre. Surtout par les recherches de Bucky. Et elle ne trouvait rien.
Peut-être que si Natasha lui faisait un peu plus confiance, ce serait différent mais ce n'était pas le cas…
La confiance que lui donnait l'espionne était tout ce qu'elle pouvait donner à quelqu'un qui n'était pas unique comme avec son époux et ses enfants. Il était vrai qu'elles s'appréciaient mais ça n'allait pas plus loin.
Des coups à la porte firent lever les yeux de Peggy.
- Oui ?
La porte s'ouvrit et Sin apparut en souriant.
- Tu ne devrais pas être à l'école ?
- Si, je pense.
La jeune fille sourit en s'avançant.
- On va te reporter des explosions prochainement. C'est moi. J'ai fait sauter des entrepôts qui appartenaient à des terroristes.
Peggy fronça les sourcils et attrapa les dossiers.
- La mission était à maman. Je l'ai vue, j'ai décidé que je l'aiderais.
- Tu devrais être à l'école au lieu de t'occuper de tout ça.
- J'avais pas envie. L'école c'est naze et je suis plus intelligente que la plupart de ces cons.
- Merci le super-sérum, pas vrai ? Dit Peggy.
- Yup. J'ai été créée comme une arme, je tiens à être utile.
- De ce que j'ai compris, ton père s'est vendu pour que tu aies une vie meilleure.
La dirigeante du S.H.I.E.L.D. ignorait que c'était à HYDRA que Bucky s'était vendu. Elle pensait naturellement que c'était au KGB, ce qui avait augmenté la haine de l'organisation dans le cœur de Black Widow.
C'était juste qu'elle ne savait pas plus comment trouver HYDRA… Elle ne cesserait de le faire tant qu'elle existait. Tant qu'on ne lui aurait pas rendu Bucky.
Et Sin… Elle savait pertinemment que Peggy pourrait l'aider mais elle était l'arme d'HYDRA et elle aimait le poison qu'ils étaient.
Un jour.
Peut-être.
- Mon père, lâcha-t-elle enfin, voulait que j'aie une vie heureuse. Heureuse ne veut pas dire que je dois aller à l'école. Que je dois faire toutes les conneries que vont les autres. Heureuse, ça veut juste dire que je dois être heureuse. Et quoi de mieux que pouvoir m'amuser simplement en faisant des choses qui me plaisent, et dont vous avez besoin ?
- Sin…
- On ne sait pas. Dit-elle directement. On ne sait pas ce qui adviendra de moi. J'ai quatorze ans et j'ai même pas traversé la puberté, quoique j'aie de super nibard que les mecs reluquent tout le temps. Je finirais peut-être comme ma mère…
Peggy se leva, contourna le bonheur et posa ses mains sur les épaules de la fillette.
- Alors tu veux perdre ta chance ? Si tu es lassée d'être une tueuse et que tu veux faire autre chose ?
- Si je reste une gamine à vie et que je ne quitte jamais ce système ?
La Directrice resserra doucement ses mains sur ses épaules.
- Voilà ce qu'on va faire…
La demoiselle leva les yeux vers elle. Elle avait envie de lui crier qu'elle n'était pas sa mère et qu'elle ne lui devait rien. Mais elle pouvait au moins l'écouter.
- Tu retournes à l'école et je te donne des missions, qui ne seront pas trop dangereuses, après les cours. Et si ta mère est d'accord.
- Alors je te donnerais ma réponse lorsque je saurais si maman est d'accord.
- Cela va sans dire.
- On pourrait avoir un marché, alors. Lui répondit la jeune fille en souriant.
Manhattan, New York
- J'avais pas envie. L'école c'est naze et je suis plus intelligent que la plupart de ces cons.
- Stephie va être triste quand il apprendra ça. Se moqua Brock.
Il tendit une bouteille de bière à Tony qui s'en saisit immédiatement et porta le goulot à ses lèvres.
- Je sais… Mais j'avais vraiment pas envie.
Il pinça les lèvres avec tristesse et désarroi. Le vide laissé par l'absence de son père s'étendait de plus en plus. Ajouté à cela les cauchemars, le fait qu'il ne dansait plus… Tout ce qui lui restait c'était la mécanique. Chose qu'il faisait actuellement. Il travaillait sur un robot miniature portant des armes effroyables.
Ça le détendait.
- C'est pour ça que tu me fais sécher aussi ?
- Comme si ça te dérangerait. Se moqua Tony.
Il attrapa un tournevis pour ajuster un canon. C'était un travail minutieux et il avait des lunettes de protection.
- Je peux faire autre chose pour te remonter le moral ? Questionna Brock en portant la boisson alcoolisée à ses lèvres.
Tony ne répondit pas.
- Tu ne vas pas continuer à te morfondre comme ça.
Rumlow étendit les bras.
- Viens faire un câlin.
Le jeune Stark soupira mais vint près de lui, acceptant l'étreinte. Il ferma un œil quand il se fit tapoter la tête. Se passant la langue sur les dents, le plus jeune réfléchit à toute vitesse.
Il se sentait presque ridicule dans ses bras. Il l'acceptait de bien peu de personnes. Sa mère, sa sœur… Stephen et Steven puis Peggy bien sûr. Marvin ne pouvait pas le toucher, Dolly… Comme pour Adrian, ça dépendait de son humeur.
Et aujourd'hui, il était d'une terrible humeur parce qu'il craignait pour sa mère.
Mais il avait besoin de lui. Il appuya son front contre son épaule en écoutant distraitement l'album Blow up your video qui passait en boucle. Ça ne lui remontait pas vraiment le moral.
Il savait qu'il sombrait.
Il devait se reprendre.
Tony leva le regard vers Brock qui lui frottait le dos et il se redressa pour l'embrasser.
Son aîné écarquilla les yeux.
- Mais qu'est-ce que tu fiches ? Tu t'es pris un coup sur la tête ou quoi ?
- Non…
Tony s'éloigna et revint sur son robot qu'il poussa du bout de son tournevis.
- Je voulais juste battre le feu par le feu.
- Qu'est-ce que tu me chantes ? Ou me danses, comme tu préfères.
- Je te danse que si je veux baiser avec quelqu'un de confiance, j'ai pas beaucoup de choix et que, de toute façon, je suis sûr que tu te fais les deux.
- Les deux ? Homme et femme ? Sourit Brock.
Il fit couler une longue rasade de liquides entre ses lèvres alors que son ami acquiesçait.
- Jamais couché avec un mec.
- Ce serait l'occasion.
- Comme ça je saurais si je suis vraiment pas gay ? Railla Rumlow.
Tony haussa les épaules.
- Je te demanderais bien si tu as déjà essayé de baiser une fille mais je sais parfaitement que oui. Alors bon…
Brock s'étira et se leva.
- Ton lit ?
Tony le regardait sans croire ce qu'il venait d'entendre. Le baiser lui avait échappé mais ça…
- Ce n'est pas une blague de mauvais goût j'espère ?
- Et toi ? Questionna l'aîné.
Le danseur secoua la tête et regarda la main que lui tendait son meilleur ami. Il étendit la sienne pour l'attraper. Sa tête était soudainement… lourde comme du plomb.
Il jeta ses lunettes sur la table basse où il laissa son prototype et suivit Brock dans sa chambre. Dans son lit.
Même ça, ça n'aurait pas dû se passer comme ça…
µµµ
- Je t'aime.
Les trois mots étaient sortis dans un gémissement presqu'étouffé alors que Tony se rendait contre le corps de son ami. Ses bras l'enserraient chaudement, l'un autour de son dos, l'autre sur sa cuisse.
Lui-même le serrait contre lui, ses ongles plantés en lui. Il ne se souvenait plus quand il avait commencé à se calmer, à ne plus avoir peur et à juste se libérer.
- Hein ?
Tony regarda son meilleur ami dans les yeux.
- Je… t'aime… Dit-il d'une petite voix.
- Oh…
Le jeune Stark se sentit extrêmement stupide tout à coup.
- Je… Je voulais vraiment faire ça avec toi.
- C'est chou, Tony…
- Mais… Lâcha l'autre, avec âpreté.
- Je n'ai fait ça que parce que tu en avais besoin. Tu pourras passer à autre chose. … Et j'aime ta sœur.
Tony manqua de s'étrangler. Il repoussa son meilleur ami pour l'éloigner en hurlant :
- Quoi ?!
- J'aime ta sœur ? Répéta l'autre, perturbé en amorçant le mouvement de recul.
- Sin ?
- Tu as une autre sœur ?
Brock sortit enfin de son corps. Stark se sentait mal. C'était comme s'il était encore plus souillé qu'avant. Il avait envie de vomir. Ça n'aurait pas dû se finir comme ça.
Il attrapa ses habits et les enfila.
- Tu aurais dû me le dire directement !
- Et tu aurais demandé à Stephie de te baiser ?
- J'aurais pas fait le con ! Bordel !
- Comment tu voulais que je sache que tu m'aimais ?
- Je t'ai embrassé ! Répliqua Tony.
- Et tu m'as dit que tu voulais te faire prendre. Bien sûr qu'il y a des embrassades avant !
- Idiot ! Siffla Stark.
Il termina d'enfiler sa chemise et se dirigea vers la porte.
- Tony ?
- Je vais chez ma mère, ma vraie mère. J'ai besoin de prendre du recul.
Tony se dirigea vers la table de la cuisine pour laisser un mot à sa mère et Sin. Ça lui arrivait souvent d'en parler. Il franchissait le cap.
Cette humiliation lui tordait les boyaux.
- Tony !
Brock sortit de la chambre en enfilant un jeans.
- Je crois que tu es un connard.
- Sans blague.
- Comment tu oses me baiser alors que tu aimes ma sœur ?
- De la même façon que j'ose baiser d'autres filles. Tu voudrais que je me tape ta sœur de quatorze ans ?
Tony s'approcha de la table basse pour attraper son prototype et le jeter de toutes ses forces sur son ami.
- N'essaie pas de faire croire que tu as agis en gentleman ! Lui cria-t-il.
- Ne me fais pas ta crise…
- Je te fais ma crise parce que j'ai toutes les raisons de la faire ! S'écria le jeune Stark. Tu es con ! Vous êtes tous des connards égoïstes !
- Et t…
- Je suis le plus grand, ouais. Répliqua Tony.
Avant même que la situation ne termine de s'envenimer, il sortit de la maison en clapant la porte.
Il n'avait même pas pris ses clés…
