Bonsoiiiir !

Voici un nouveau chapitre !

Merci à toute pour les reviews !

Merci à Lily pour le chapitre.

bonne lecture !


Je me réveillai avec le sentiment que quelque chose me manquait. Je tendis le bras derrière moi à la recherche d'Edward. Le lit était vide et froid. Je m'allongeai alors sur le dos en fixant le plafond. J'avais mal au crâne, pas assez dormi et ma tension n'avait pas disparu, aucune problème n'était réglé. Je soupirai en regardant l'heure. Il fallait que je me lève, mes parents n'allaient pas tarder et rien n'était prêt. Je sortis du lit, enfilai un des t-shirts d'Edward et partis à sa recherche.

-... Bien entendu, oui... C'est tout à fait normal.

J'ouvris timidement la porte du bureau. Il jeta un œil dans ma direction et tendit sa main. J'entrai donc dans la pièce et allai m'installer en travers de ses genoux. D'un bras, il m'entoura et je nichai ma tête dans son cou. Il était au téléphone, sa voix était douce et charmeuse, il négociait en usant de son charme, se montrant gentil et bienveillant. C'était la phase 1 de sa méthode pour appâter le client.

- Notre but n'est nullement de dénaturer l'esprit de votre établissement, non au contraire. Nous voulons vous aider à le rénover au sens strict du terme... oui bien sûr, c'est une garantie. Je m'engage ainsi que toute mon équipe à respecter les lieux...

Il laissa parler son interlocuteur puis se mit à rire. Si je ne le connaissais pas, je pourrais jurer que son rire était sincère. Hors ce n'était pas le cas, c'était juste du cinéma. Je souris et embrassai son cou tandis qu'il reprenait la parole.

- Nous sommes réputés pour nos travaux de décorations, de construction mais aussi pour tout ce qui concerne la rénovation d'anciens ou nouveaux bâtiments... C'est évident et nous mettons un point d'honneur à tenir notre parole et nos engagements... Oui tout à fait, mais peut-être pourrions-nous en discuter à mon bureau ? Ou durant un déjeuner, même un dîner...

Un dîner ? Edward ne dînait jamais avec ses clients ! Ça doit être important et récent, je ne voyais pas qui ça pouvait être. Afin de l'assister comme mon contrat le spécifiait, je pris son agenda papier et regardai les jours de la semaine prochaine. Hum... lundi le déjeuner ne pourrait pas être déplacé, mardi et mercredi c'était libre et jeudi ainsi que vendredi, je pouvais m'arranger.

- Mercredi soir ? Je suis libre, oui...

Mercredi soir ? Sérieusement ? Edward !

- Je le note. Je demanderai à mon assistante de réserver une table au Fairmont Olympic. Disons 20h ? Parfait, c'est entendu. À mercredi alors. Au revoir mademoiselle Gallagher !

Mademoiselle Gallagher ? C'est qui celle-la ? Il raccrocha et je le regardai les yeux étrécis.

- Qui est Mademoiselle Gallagher ?

- Sarah Gallagher. Une cliente qu'il nous faut absolument.

- Elle a quel âge la demoiselle ?

- Tu es jalouse ?

- Réponds.

- Je ne sais pas. Dans les 30 ans.

Je me levai pour me rapprocher de l'ordinateur. Je tapai en vitesse le nom de cette fille avec qui mon compagnon allait dîner en tête à tête dans l'un des restaurants les plus chics de la ville. Quand les photos de la fille arrivèrent sur l'écran, je vis rouge et toutes mes alarmes se déclenchèrent. Blonde, les yeux vert clair, un sourire éclatant, mince mais avec de jolies formes bien proportionnées, des jambes interminables. Je regardai rapidement sa biographie. Riche héritière, célibataire mais avec un tableau de chasse bien fourni à seulement 27 ans ! Dans les 30 ans, mon œil !

- Bébé, elle ne m'intéresse pas. Pas physiquement. Tout ce que je veux c'est sa signature en bas d'un contrat pour la rénovation de son hôtel particulier dans le centre ainsi que pour sa maison qui donne sur la baie. C'est un très, très gros contrat. Elle a un véritable empire financier et peut même devenir actionnaire ou investir pour New York. Je ne lui porte qu'un intérêt professionnel.

- Oui, mais elle ?

- Elle quoi ?

- Elle ne te voit peut-être pas comme un simple futur collaborateur. Tu es beau, riche...

- Et amoureux de toi. Je te jure que j'y vais pour les affaires. Tu ne me fais pas confiance ?

- Si mais... un dîner c'est... intime.

- Bella.

- Ok, ok. Je te fais confiance et je ne serai pas jalouse. Ok. Mercredi au Fairmont à 20h, je vais appeler pour réserver.

J'allais prendre le téléphone pour appeler l'hôtel restaurant de luxe mais Edward attrapa ma taille pour me faire asseoir sur lui. Il m'obligea à le regarder dans les yeux. Il souriait. Ça lui plaisait que je sois jalouse. Il finit par caresser ma joue et m'embrassa tendrement.

- Je t'aime Isabella. Fais-moi confiance. Et nous avons fini notre journée. On verra lundi. Allons nous préparer pour tes parents et il faut appeler le traiteur, on a rien de prêt.

- C'est vrai... Mais on reste cool. Et rassure maman, s'il te plaît, elle stresse pour demain.

- Pour demain ?

- Le dîner chez tes parents. Elle a peur de ne pas être assez bien socialement pour ta famille.

- Comme sa fille ! Ne t'inquiète pas. D'ailleurs, j'ai eu ma mère, je viendrai vous chercher à 18h demain.

- D'accord.

Je l'embrassai avant de me lever et d'aller dans le dressing pour m'habiller. Je choisis un simple jean et un débardeur. Edward s'habilla aussi simplement, jean et chemise. Il appela ensuite le traiteur pour commander les plats que nous avions choisis. Quand les plats arrivèrent, vingt minutes après la commande, j'allai m'occuper de réchauffer ce qui devait l'être et mis la table. Je n'avais pas terminé quand mes parents se présentèrent dans le hall de l'immeuble. Quand Edward leur autorisa l'accès, ils entrèrent dans l'appartement quelques minutes plus tard.

C'est Edward qui les accueillit, je les rejoignis au moment où ils arrivèrent dans le salon. Maman sembla soulagée de me voir et me tendit les bras. J'allai me blottir contre elle avec plaisir. J'embrassai ensuite papa qui d'un regard me rappela qu'il n'avait pas oublié que nous devions avoir une conversation. Je lui souris pour lui dire que j'avais compris son message.

À mon plus grand bonheur, Brad Pitt était de retour. Après un bref câlin, il monta sur l'arbre à chat qu'Edward avait acheté pour lui. Edward me proposa ensuite de faire visiter l'appartement à mes parents, je fis donc le guide dans l'immense appartement de mon compagnon sous les acclamations de maman. De retour dans le salon, Edward nous servit à tous un verre de vin et prit la parole.

- Alors ? Seattle vous plaît ?

- Oui... il y a plein de choses à voir mais je n'arriverai pas à me faire au temps. Même s'il fait beau, ça manque de chaleur.

Je m'assis sur le canapé, Edward s'installa près de moi, un bras posé sur le dossier derrière mon dos, il replia aussi sa jambe, posant sa cheville gauche sur son genou droit. Il avait l'air totalement décontracté. Mes parents aussi s'installèrent, dans le canapé face à nous, beaucoup moins dans leur milieu qu'Edward, mais maman ne se laissa pas impressionner et poursuivit la conversation.

- J'ai rencontré votre maman ce matin, Edward. Elle vous ressemble beaucoup.

- Vous trouvez ? En général, on me dit plus que je tiens de mon père. C'est Laurel qui tient de maman, sauf les cheveux, là c'est mon père. Ma sœur est blonde.

- Je suis ravie et impatiente de faire sa connaissance demain.

- D'après ce que j'ai compris, elle est très excitée par la sortie de demain.

- Je dois avouer que moi aussi je le suis. Vous êtes sûr de ne pas vouloir venir ?

- Absolument certain, oui. J'ai des rendez-vous que je ne peux reporter.

Je souris et tapotai sa jambe d'un geste affectueux tout en parlant avec amusement.

- Il est aussi très malade en bateau. Mais sa fierté l'empêche de le reconnaître.

- Fierté que tu viens de blesser, mon ange.

Il soupira et prit une gorgée de vin. Maman parla.

- Ce n'est pas grave, nous avons tous nos faiblesses. Bella a peur des clowns et des araignées.

- Elle m'en a parlé, oui. J'ai compris sa raison pour les clowns et les araignées c'est une phobie typiquement féminine. Mais concernant le bateau, je n'ai pas peur... c'est juste que je suis malade. Je suis pas compatible avec la mer. Je n'aurais jamais pris le Titanic à l'époque, aucun iceberg n'aura ma peau !

Je rougis violemment suite à cette déclaration que moi seule pouvait comprendre. Juste avant notre premier baiser à New York, après qu'il m'ait comparée à un iceberg, j'avais déclaré que celui qui avait causé le naufrage du Titanic avait été quelqu'un de ma famille. Nous avions ri et je l'avais embrassé.

Fier de son effet sur moi, Edward reprit une conversation sans sous-entendu avec mes parents qui n'avaient, bien sûr, rien compris. Je restai perdue dans mes pensées. J'avais vu cette déclaration comme une piqûre de rappel mais je pense qu'il souhaitait me faire passer un message. Peut-être voulait-il me dire qu'il s'accrocherait malgré toutes les épreuves que notre couple subirait. Je sortis de ma rêverie quand Edward se leva. D'un geste précipité et paniqué, je lui attrapai le bras pour le retenir, le regard suppliant, où partait-il ? Reste...

- Bella ? L'infirmière est là... je vais juste me faire enlever les pansements.

- Oh... je n'avais pas entendu, pardon.

- Je reviens. Excusez-moi.

Il s'était adressé à mes parents mais avant de quitter le salon, il me lança un regard inquiet. Je ne sais pas ce que j'avais cru au juste. Gênée, je regardai mes parents, mon père avait les sourcils froncés et fut le premier à attaquer.

- J'espère que tu n'es pas trop dépendante de lui, Isabella.

- Non. Pourquoi ?

- Tu viens de réagir comme s'il allait partir pour toujours.

- La journée a été difficile et riche en émotions.

- Pourquoi ?

- J'avais rendez-vous avec le notaire.

- Oh chérie, c'est vrai... Alors ?

Maman se leva pour venir à mes côtés et prit mes mains dans les siennes. Mon père s'était penché en avant, les avant-bras sur les cuisses, les mains jointes, prêt à écouter.

- Jacob me lègue 100 mille dollars et Billy m'accuse d'avoir assassiné son fils pour l'argent.

- 100 mille dollars ?

Ma mère parla d'une voix étranglée, complètement surprise par cette annonce. J'avais encore du mal à y croire moi-même.

- Ouais... il avait des économies et contracté une assurance vie. D'après le notaire, tout est en ordre, Jacob n'avait aucune dette nulle part. J'ignorais l'existence d'une telle somme.

- C'est beaucoup d'argent, Bella...

- Je le sais, maman... il a dit, dans son testament, que c'était pour rembourser mes dettes. Il savait que j'en avais pour quelques années encore.

- Jacob a toujours été du genre prévoyant.

- Oui.

Cette réflexion m'arracha un sourire. Oui, Jacob prévoyait toujours, il disait tout le temps « Au cas où ». Ça me rendait folle mais maintenant je comprenais. Mon père me tira de ma rêverie.

- Billy t'a menacée ?

- Oui. Il a dit qu'il ne me laisserai pas toucher l'argent de son fils et qu'il me ferai un nouveau procès. J'ai voulu refuser l'argent mais d'après le notaire, c'est impossible. Je pense que dès que la sommes me sera versée, je la rendrai à Billy. Comme ça, plus de problème.

- Ce n'est pas ce que Jacob voulait.

- Et moi, je ne veux pas d'un nouveau procès et de nouveaux ennuis. J'essaye de passer à autre chose, j'essaye de refaire ma vie avec Edward mais mon passé ne cesse de me revenir en pleine figure. Je veux juste être heureuse... Combien de temps Edward supportera-t-il encore tout ça, hein ? J'ai assez donné. Donc si le problème c'est cet argent, alors Billy aura son argent et il me laissera peut-être enfin tranquille !

Maman me serra contre elle en embrassant ma joue tandis que mon père baissait les yeux comme pour réfléchir. Au moment où il allait parler, Edward revint dans le salon, il ne pouvait pas ignorer la tension qui régnait dans la pièce. Je lui souris comme je pus.

- Fini ?

- Oui. Il faut juste faire attention que ça ne s'infecte pas.

- C'est moche ?

- Non, on voit à peine les points. Je demanderai à mon père de m'enlever les fils en milieu de semaine.

- Je te trouverai une place dans ton emploi du temps.

- Merci.

- On passe à table ?

Tout le monde acquiesça et Edward ouvrit la marche jusqu'à la salle à manger où j'avais mis la table. Maman s'extasia devant le bouquet de roses et de lys qu'Edward m'avait offert. Même si les fleurs commençaient un peu à se fatiguer, la composition florale était encore magnifique, tout comme mes roses dans la cuisine et mes pivoines dans la chambre. Pendant que j'allai chercher l'entrée, Edward servit le vin.

La conversation partit ensuite sur la soirée d'hier soir. Je n'avais même pas parlé à mon compagnon de ma sortie avec mes parents sur les quais et le tour de grande roue. Maman parla de notre soirée avec engouement et passion. C'est vrai que j'avais passé une très bonne soirée, ça m'avait fait du bien. Comme à son habitude, maman amplifiait les événements de la soirée, mon père rectifiait les informations et Edward, amusé, me lançait quelques coups d'œil. Quand à moi, habituée à ce genre de scène, je laissais dire et faire, sauf quand mon avis était requis.

Pendant le plat, Edward dirigea avec intelligence et subtilité la conversation sur sa famille. Il avait pour objectif de rassurer ma mère sur ce qu'elle devait porter demain. Comme prévu, maman tomba en plein dans le piège.

- Je ne veux pas faire honte à Bella en étant habillée comme un sac à patates. Je lui ai dit qu'il aurait fallu que je fasse les magasins pour acheter une robe de soirée mais elle a refusé.

- Elle a eu raison. Ça sera un dîner tout ce qu'il y a de plus simple. Nous n'avons pas l'habitude de sortir les habits du dimanche pour un repas en famille. Les robes de soirée sont consacrées aux sorties officielles.

- Je ne veux pas qu'on trouve qu'Isabella n'est pas digne d'entrer dans votre famille à cause de ses parents moyens.

- Ne dites pas ça. Vous allez me vexer. Mes parents ne m'ont pas élevé avec l'idée que nous étions supérieurs aux autres parce que nous avions plus de moyens que certains. Ils ont déjà accepté Bella. L'attention de ma mère est juste de faire connaissance avec vous et de passer une bonne soirée. Il n'y a aucune différence sociale.

- Très bien. Je tiens juste à faire honneur à ma fille.

Je levai les yeux au ciel. C'était ridicule.

- Maman, je n'ai pas honte de toi ou papa. Vous êtes mes parents, je vous aime. Arrête de t'imaginer des trucs aussi stupide. Puis nous n'avons jamais été dans le besoin. C'est Edward et sa famille que tu vas mettre mal à l'aise avec des réflexions de ce genre. Je sais bien que tu veux bien faire mais ne t'en fais pas trop. Esmée et Carlisle sont des gens charmants. Tu aurais plus à craindre d'Emmett mais il n'est pas là.

- Emmett ?

- Mon frère. Il est en vacances en Grèce avec sa femme. Bella a raison, ne vous prenez pas la tête, Renée.

- D'accord. Je suis désolée.

- Il n'y a aucun problème.

Il lui lança un sourire éblouissant qui provoqua quelques rougeurs sur les pommettes de maman. C'est mon père qui relança la conversation.

- Bella, je ne t'ai pas dit mais James va se marier.

- James ? Oh, le fils de ton ancien coéquipier ? Hum... Rayan ?

- Oui.

- Ah, bah c'est bien. Vous êtes invités ?

- Oui et toi aussi.

- Je n'irai pas. Ce gars est un crétin.

- Tu es dure. Il a grandi.

- Je ne pardonne pas à un idiot comme lui d'avoir toujours essayé de soulever ma jupe et quand je lui disais de me laisser tranquille, il me poussait et m'insultait.

- Vous aviez 8 ans...

- Bah même. C'est qui la grande chanceuse ?

- Je ne la connais pas, apparemment ça fait un peu plus d'un an qu'ils se fréquentent. Le mariage n'est que pour le printemps prochain.

- C'est bien. Mais je serai sûrement occupée à autre chose le printemps prochain, quelque chose de probablement bien plus intéressant.

Je n'aurais pas dû dire ça puisque maman s'exprima avec enthousiasme, les yeux brillants d'excitation.

- Peut-être ton propre mariage avec Edward ?

- Non !

J'en avais le souffle coupé et ma réponse avait été dite d'un ton un peu brutal. Comment maman pouvait-elle m'imaginer de nouveau mariée dans un an ? C'était un peu précipité, sachant que je n'étais pas encore remise de mon divorce et de mes 8 ans de mariage. Je ne me voyais pas me remarier de sitôt.

Edward se tourna vers moi, les sourcils froncés, étonné par mon « non » catégorique. Maman se renfrogna, visiblement déçue que je n'envisage pas de me remarier si vite. Mon père n'avait pas d'expression particulière, peut-être un minuscule sourire aux coins des lèvres. Il ne se mouillerait pas à donner son avis.

- Si je te demande de m'épouser, là maintenant, tu dirais non ?

- Edward...

- Ta réponse ?

- Je dirais non. Mais ça ne veut pas dire que je ne le voudrai pas un jour. J'ai trop... ce n'est pas le moment. Et puis nous deux, ça fait à peine un mois. Je t'aime, ça ne change rien mais...

- J'aimerais me marier un jour. Avec toi.

Je lançai un regard noir à ma mère, c'était à cause d'elle que j'étais dans l'embarras le plus total maintenant. Je reportai ensuite mon attention sur Edward tout en me saisissant de sa main.

- Edward, moi aussi un jour. Mais pas dans l'année à venir. Je sors de 8 ans de mariage, je suis divorcée depuis 7 mois tout juste. Je ne suis pas prête pour recommencer si tôt. Je t'aime quand même, ça n'empêche rien.

- Tu seras prête quand ?

- Tu voulais vraiment me le demander dans les temps à venir ?

- Non, je veux juste que le jour où je te le demanderai, tu ne me dises pas non. Histoire que je réussisse ma demande.

- Oh. Eh bien... quand mon passé sera du passé et que je dormirai sans me réveiller à 3h du matin.

- D'accord.

- Ne m'en veux pas.

- Non. Je comprends. Tu as raison, il vaut mieux clore définitivement un chapitre avant d'en commencer un autre.

Il me sourit en serrant ma main dans la sienne. Je n'étais pas rassurée sur la véracité de ses paroles et j'en voulais à ma mère d'avoir mis le sujet sur le tapis. J'aimais Edward de tout mon cœur mais pour le moment, j'étais bien comme ça. Nous n'avions pas besoin de précipiter les choses.

- Vraiment ?

- Vraiment chérie. Ne panique pas.

- Ok... je... je vais aller chercher le dessert.

- Tu veux de l'aide ?

- Non, ne bouge pas, ça va.

Il embrassa ma main et je me levai. Après avoir ramassé les assiettes du plat, j'allai dans la cuisine pour prendre le gâteau, un fraisier. Ma mère me rejoignit dans la cuisine au moment où j'allais partir.

- Bella, je suis désolée, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.

- J'espère juste ne pas avoir fait peur à Edward.

- Je pense qu'il comprend vraiment.

- Il comprend beaucoup de choses jusqu'à ce qu'il ne puisse plus et qu'il me quitte. Si on pouvait éviter les trucs du genre, ça serait chouette. Je n'ai pas envie de le voir partir.

- Oui...

- Tiens, prends les assiettes à dessert, s'il te plaît.

Je savais très bien que maman n'avait absolument pas eu l'intention de jouer au trouble fête mais elle y était tout de même parvenue. Elle était comme ça. De retour dans la salle à manger, nous trouvâmes Edward et mon père en pleine messes basses dans une conversation très animée. Ils étaient penchés l'un vers l'autre et leurs visages étaient très sérieux. Dès que maman et moi arrivâmes à leur hauteur, les deux hommes se redressèrent et leur conversation fut terminée. Curieux.

Je m'occupai de couper le gâteau et de distribuer les assiettes à tout le monde. Bien entendu, je donnai une plus grosse part à Edward qui me remercia avec un immense sourire et les yeux brillants. On aurait dit un enfant qui recevait le plus beau cadeau du monde. C'était si simple de lui faire plaisir. A peine ma première bouchée avalée, mon père prit la parole.

- Bella, j'aimerais qu'on parle de la nuit dernière.

- Nous sommes obligés ?

- Des cauchemars toutes les nuits depuis fin décembre ? Oui, nous sommes obligés d'en parler, Isabella.

- Ok.

- De quoi parlent-ils ?

- Mon agression, toutes les nuis à la même heure. Sauf depuis un mois environ. Ils changent. Mais ça reste violent.

- En quoi changent-ils ?

- Edward fait partie du rêve. Soit c'est lui qu'on agresse et Jacob s'en amuse. Soit c'est moi et Edward remplace Jacob.

J'omis volontairement celui de la nuit dernière. Je ne pensais pas que dire à mes parents que dans mon dernier rêve, Edward me laissait me faire violer, soit une bonne idée.

- Isabella, ce n'est pas normal, tu aurais dû nous en parler. Edward m'a dit que tu te réveillais plus ou moins violemment.

- Vous parliez de ça avant que j'arrive... oui, ça dépend des nuits. Parfois c'est juste un réveil en sursaut et d'autre fois, c'est comme hier. Je sais très bien que ce n'est pas normal, papa.

- Pourquoi tu n'as rien fait ?

- J'ai des somnifères. Les médecins que j'ai vus me les ont prescrits. Mais je ne les prends pas, je ne suis pas idiote, je sais que ces trucs peuvent rendre dépendant.

- C'est plutôt une bonne décision, oui. Mais il existe d'autres moyens.

- J'ai rendez-vous avec un psy mercredi.

- Edward me l'a dit, oui.

- Parfait alors, pourquoi on en parle. Je vais me soigner, c'est bon !

Ma réponse sembla énerver mon père, ma mère, prévenante et habituée aux réactions de mon père, posa sa main sur son avant-bras et parla.

- Bella, ce que ton père veut te dire c'est que nous nous faisons du soucis pour toi.

- C'est pour ça que je n'ai rien dit, maman. Parce que je ne voulais pas que vous vous inquiétiez.

- Mais tu n'avais pas à traverser ça toute seule. Je ne peux m'imaginer ce que tu ressentais chaque nuit en te réveillant en hurlant comme je l'ai vu. Tu as dû te sentir si seule si perdue. J'aurais voulu que tu m'appelles, j'aurais voulu te réconforter et être là pour toi. Nous avons subi un véritable choc la nuit dernière, Bella.

- J'en suis désolée mais...

- Et Edward ? Crois-tu qu'il ne souffre pas de te voir comme ça chaque fois que vous passez une nuit ensemble ?

Je lançai un regard à Edward, il me regardait et je vis son amour pour moi dans son regard.

- Je le sais tout ça. Nous en avons parlé.

- Pourquoi avoir attendu si longtemps, Bella ? Comment as-tu pu supporter tout ça ?

- Je ne sais pas.

- Nous vivons désormais à des kilomètres de toi. Comment pouvons-nous être certains que tu vas bien si tu nous caches ce genre de choses ?

- Qu'est-ce que ça aurait changé si je vous l'avais dit ?

- Nous t'aurions soutenue et écoutée. Nous aurions fait notre devoir de parents ! Nous t'aurions guidée pour que tu consultes ou autre. Pourquoi t'être renfermée à ce point ?

- Parce que j'avais honte. Je vous ai causé tant de soucis déjà !

- De quoi parles-tu ? Chérie, nous sommes là, profites-en pour nous parler.

- Je me suis mariée trop tôt. Je suis divorcée, on m'a agressée et mon ex mari est mort pour m'avoir sauvée. Et maintenant, Billy va dire à tout Jacksonville que j'ai monté un plan d'assassinat contre Jacob pour toucher son argent. Maman, je sais qu'on parle de moi dans le quartier ! J'ai entendu ce qu'on a dit...

- Ces ragots de vieilles connes seraient ce qui cause nos soucis par ta faute ? Voyons Bella !

Cette fois, c'est mon père qui calma maman. Il lui prit la main et la caressa pour l'apaiser et il reprit la parole.

- Ce qu'on peut dire sur notre famille nous importe peu. Tout ce que nous voulons c'est que tu ailles bien. Nous connaissons la vérité, pas les voisins. Et si Billy dit quelque chose, nous attaquerons pour diffamation. Nous avons la possibilité de nous défendre.

- Je veux juste en finir papa. Je ne veux pas replonger dans les avocats, les procès... c'est trop dur.

- Nous trouverons une solution, Bella. De plus, ton mariage et ton divorce ne sont pas des déceptions pour nous. J'ai vraiment cru que Jacob serait l'homme qui te rendrait heureuse jusqu'à la fin. Je sais que vous avez divorcé parce que vous ne vous aimiez plus d'amour. Vous avez peut-être loupé votre mariage mais vous avez réussi votre divorce en réglant tout très vite et en vous entendant bien jusqu'à la fin.

- Nous étions amis. C'était tout sauf un mari pour moi.

- Et tu étais tout sauf sa femme pour lui. Vous avez été assez intelligents pour le comprendre et vous arrêter à temps.

Maman me sourit et enchaîna.

- Ne fais jamais attention à ce qu'on dit sur toi en sachant que ces gens-là ne te connaissent pas. Ils ne savent rien de ce que tu as vécu. Nous, nous le savons.

Je souris à mon tour en essayant de ravaler les larmes qui menaçaient de couler. J'en avais assez de pleurer. Je n'avais jamais autant pleuré en quelques jours qu'en l'espace de sept mois depuis le drame. Maman reprit.

- Promet-nous de nous tenir au courant, hein ? Je ne veux plus que tu nous caches quelque chose d'aussi pesant. Tu n'avais pas à vivre ça seule.

- Je vous tiendrai informés. De toute façon, si je ne le fait pas, je suis sûre qu'Edward le fera. Je me trompe ?

Le principal intéressé ne chercha même pas à fuir. Il acquiesça simplement avant d'ajouter.

- Maintenant qu'ils ont vu ce que tu vis, je ne vois pas pourquoi il faudrait maintenir l'illusion. Je ne veux pas en arriver là, mon ange. Mais tu as des parents qui t'aiment et qui sont là pour toi. Tu m'as dit un jour que tu étais seule face à tout ça. Ce n'est pas vrai, du moins ça ne l'est plus. Tu dois accepter notre aide. Fais-le pour toi... pour notre couple.

- Je n'ai jamais voulu blesser qui que ce soit. Au contraire, je voulais vous protégez de mes problèmes.

- Ce n'est plus la peine désormais. Ok ?

- Oui. Je suis désolée.

- Ne le sois pas ma chérie !

Maman venait de reprendre sa voix enjouée. La conversation était terminée. Elle poursuivit sur sa lancée.

- Nous allons dès à présent nous concentrer sur les jours qu'il nous reste ici. Nous allons passer une fin de séjour aussi bien que le début. N'est-ce pas, Charlie ? Nous allons profiter de ces vacances ensemble et de notre fille !

- Oui. Bella ?

- Je suis d'accord aussi. Est-ce que vous voulez un dernier verre ? Un thé, maman ?

- Avec joie, oui !

Mon père, quand à lui, s'adressa à Edward.

- Je prendrais bien une bière jeune homme.

- Je m'en occupe.

- Ne bouge pas, Bella, je vais avec Edward faire le thé.

Je haussai les épaules avant qu'ils ne quittent la table. J'avais sûrement plus de raisons d'être jalouse de Mademoiselle Callaghan qui allait dîner avec mon Edward que de ma mère qui allait préparer le thé pendant que lui prennait deux bières. Peut-être que j'aurais dû opter pour une bière moi aussi tiens...

- Bella ? Tu m'écoutes ?

Je regardai mon père. Non je ne l'écoutais pas.

- Excuse-moi.

- Ce n'est rien. Je disais que j'ai discuté avec Edward. Il m'a dit que tu avais une certaine phobie ou plutôt une réticence à ce que quelqu'un t'approche de trop près, même par accident.

- Je n'ai jamais été des plus tactiles.

- Bella !

- Oui. Ok, c'est vrai. Mais avec Edward, tout roule de ce côté-là.

- Il n'y a pas qu'Edward dans la vie.

- Papa, j'ai décidé de me prendre en main et d'aller mieux. Je vais changer tout ça pour redevenir presque comme avant.

- Pourquoi presque ?

- Parce que, que tu le veuilles ou non, cette histoire m'a changée. Edward n'aurait pas dû tout te déballer.

- Il a eu raison. Je ne dirai pas ce dernier détail à ta mère, elle se fait déjà assez de soucis...

- N'essaye pas de me culpabiliser plus que je ne le suis.

- Juste... tiens-moi au courant.

- Oui.

- Et n'oublie pas que nous sommes là.

- Je sais oui. Mais j'ai Edward.

Je me levai et entrepris de débarrasser ce qui restait sur la table.

- Oui mais Edward n'est pas tout, Bella. Ne lui donne pas tous les rôles ou le pauvre garçon ne tiendra pas le coup.

- Parce que je suis un si gros poids, c'est ça ?

- Non mais... Il t'aime c'est certain mais il veut une femme avec qui il peut partager des choses et pas être seulement ta béquille. Il n'a pas à te materner, à être ton amant, ton ami, ton patron, ton psy ou je ne sais quoi d'autre. Où tu vas ?

- Je débarrasse !

Il commençait à m'énerver. Je savais très bien qu'Edward était mon compagnon et pas mon psy ! En plus, il était déjà mon patron et mon amant. Je gérais ma relation comme je l'entendais ! Zut ! En allant vers la cuisine, je croisai ma mère qui me sourit tout en restant concentrée sur le plateau qu'elle transportait. En arrivant à destination, je trouvai Edward au téléphone. En me voyant froncer les sourcils, il posa sa main sur son téléphone pour répondre à ma question muette.

- C'est Laurel.

- Ah !

Je posai ce que j'avais dans les mains pour m'approcher de lui afin d'atteindre le téléphone.

- Salut Laurel !

Edward mit le haut parleur.

- Coucou Bella ! Tu es prête pour demain ?

- Oui ! Et toi ? Il faut bien dormir et prendre des forces, la journée va être longue.

- Oui, mais ça va être trop bien. J'ai trop hâte ! Je suis trop heureuse !

- Moi aussi j'ai hâte. Ça va être chouette. Je te laisse avec Edward, on papotera demain toutes les deux.

- J'ai plein de trucs à te dire !

- Je suis curieuse d'entendre tout ça. À demain !

- Oui. À demain Bella. Bisous !

- Je t'embrasse aussi.

Edward coupa le haut-parleur mais demanda à sa sœur d'attendre deux minutes avant de se tourner vers moi.

- Tu peux apporter les bières ? J'arrive.

- Comment on dit ?

- S'il te plaît, amour de ma vie que j'aime plus que tout !

- Oulà... c'est un peu excessif mais je prends.

- Merci chérie. Je vais dans mon bureau.

- Je finis de débarrasser.

- Tu es parfaite.

- Occupe-toi de ta sœur au lieu de dire des bêtises.

Je l'embrassai rapidement mais pris tout de même le temps de lui mordre la lèvre et de lui mettre la main aux fesses. C'était assez pour faire briller son regard de désir. Je lui souris avant de m'éloigner avec les deux bouteilles de bière à la mai,s tout en roulant des hanches, sachant parfaitement que son regard était vrillé sur moi. Quand je fus hors de sa vue, je l'entendis reprendre sa conversation avec Laurel puis je compris qu'il quittait la cuisine pour son bureau en entendant les portes s'ouvrir. Je croisai de nouveau ma mère avec le reste de la vaisselle sale dans les mains.

- Laisse maman, je vais le faire.

- Oh, ne t'en fais pas, en plus j'ai oublié le sucre. Autant que mon déplacement ne soit pas pour rien.

- D'accord.

Elle poursuivit son chemin tout comme moi. Je donnai alors une des deux bières à mon père, posant l'autre à la place d'Edward.

- Merci Bella.

- De rien.

Il restait trois verres sur la table, mon père qui comprit que j'allais m'en servir comme excuse pour fuir de nouveau se leva pour en prendre deux. Vaincue, je pris le dernier et repartis pour un tour en cuisine tandis que lui parlait.

- Je ne voulais pas de mettre en colère, Bella.

- Je sais papa. J'ai compris. Tu ne veux pas que j'oublie que je suis en couple avec Edward et que je dois répondre à ses besoins. Tu as voulu me rappeler que nous devons prendre soin l'un de l'autre et que ça ne se fasse pas que dans un sens.

- Oui. Vous avez l'air si bien ensemble. Ça serait bête de tout gâcher, non ?

- C'est vrai. Je l'aime trop pour prendre le risque de le perdre. Mais je sais qu'il sera le premier à être là pour moi.

- Ne nous mets pas de côté, même si nous sommes loin de toi.

- Vous êtes mes parents, je vous aimerai toujours.

- Nous aussi nous t'aimerons, quoi qu'il arrive. Tu es notre unique fille, tu es mon bébé, ma fierté.

- Oh papa...

J'aurais voulu le prendre dans mes bras mais ce que je vis et entendis en entrant dans la cuisine me laissa si choquée que mes yeux s'écarquillèrent, ma bouche s'ouvrit et ma main lâcha le verre qu'elle portait pour qu'il se brise avec fracas sur le sol.

- Edward ! Oh mon Dieu...!


Et voilà...

Vous allez me dire que je suis sadique ?

Je le suis.

Bise tout le monde et à la semaine prochaine !

Lexi