2 mai 1998 : Bataille de Poudlard

2 mai 1999 : Naissance de Victoire Weasley

19 Août 1999 : premier match de Ginny chez les Harpies

Période couverte par le chapitre : du 19 août 1999 au 27 août 1999


Un quart d'heure après être rentrés, Ginny et Harry étaient déjà repartis. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, James et Lily étaient installés sur la balancelle du parc et regardaient les étoiles. Harry fit un peu de bruit pour signaler leur présence et son père se retourna pour voir qui arrivait.

- Vous fuyez ta mère ma petite Ginny ?

- Vous êtes très perspicace, sourit la jeune fille.

- Parfois les mères ont tendance à oublier que leurs enfants ont bien grandi et ont pris leur envol, ajouta Lily en regardant tendrement son fils.

- Il y a une différence entre ce que vous décrivez et la possessivité, renchérit Ginny. Vous jugez qu'Harry est assez grand pour prendre soin de lui tout seul. Vous n'êtes pas toujours sur son dos à trouver que tout ce qu'il fait est trop dangereux et à exiger qu'il rentre à la maison.

- Ce serait sans doute déplacés, sourit James en faisant un clin d'œil à son fils

- Je l'aime mais je voudrais qu'elle nous lâche un peu le balai.

- Elle finira par s'y faire, la rassura Lily

- Ou pas, plaisanta James ce qui lui valut une petite tape derrière la tête de la part de sa femme.

- Lily a raison, ta mère finira bien par se faire une raison. Après tout, elle a beaucoup d'enfants à harceler.

Quelques minutes plus tard, de retour dans la chambre qu'Harry avait occupé que durant quelques semaines, le couple se coucha enfin.

- Ton père est vraiment réconfortant. Notre seule chance, enfin ma seule chance, d'échapper à ma mère est qu'elle décide d'harceler mes frères. Pourquoi elle ne peut pas être comme ta mère à toi et me faire un peu confiance.

- Ma mère aurait été très heureuse de me couver encore quelques années, rit Harry. Elle est juste bien plus raisonnable.

- Si un jour je suis comme çà avec mes enfants, je t'en prie, achève moi.

- Je ne crois pas non. Que deviendrais-je sans toi ?

- Je préfère ne pas y penser, se moqua gentiment Ginny en glissant sous la couette.

- Aller, tout le monde au lit, conclut Harry en agitant sa baguette pour éteindre la lumière.

- J'espère que ma mère ne va pas débarquer ici demain matin

- Nous pouvons toujours espérer…

Harry et Ginny purent profiter d'un peu de calme avant que la tempête Molly ne débarque dans la matinée, furieuse de ne pas avoir trouvé sa fille chez elle. Avec un peu de chance, ils auraient peut être même le temps de prendre leur petit déjeuner. Il laissa Ginny dormir encore un peu et descendit dans la cuisine.

James et Lily avaient décidé de profiter du beau temps et avaient installé la table dehors. Harry sourit à ses parents puis ses yeux descendirent vers la Gazette, posée négligemment à côté de sa mère.

- Ce n'est pas aussi terrible que tu le crois, le rassura Lily.

- Quelle page, se contenta de demander Harry en s'asseyant à côté de son père

- Vous faîtes la une puis forcément un article en page 6

- Youpi, grogna un Harry pas tout à fait réveillé en tendant la main vers le journal en face de lui.

Pour l'amour du Quidditch

Les rumeurs allaient bon train des dernières semaines sur une possible rupture entre Harry Potter et sa petite amie, la joueuse de Quidditch, Ginny Weasley. Le couple n'avait en effet fait aucune apparition publique depuis plusieurs mois, de quoi alimenter les rumeurs de séparation. Mais c'est un couple visiblement très amoureux qui a assisté à la demi-finale de la Coupe de la Ligue hier soir.

Alertés par notre correspondant sportif sur place par hibou express, nous avons pu nous rendre sur place pour constater les faits.

C'est en effet main dans la main que Ginny et Harry ont assisté à toute la rencontre depuis les tribunes des Harpies. On a pu les voir s'échanger des regards, de petits mots et applaudirent ensemble les actions spectaculaires de la célèbre Gwenog Jones. On put même assister à un baiser entre les deux tourtereaux à leur sortie de la tribune.

Interpellés à leur sortie du stade, le jeune couple a accepté de répondre à nos questions :

GS : Ginny, comment vous sentez-vous après votre chute en Bulgarie il y a quelques jours ?

GW : J'ai encore quelques douleurs mais je me sens plutôt bien. J'ai hâte de reprendre l'entraînement.

GS : Vous devez être très heureuses pour vos coéquipières ce soir, elles ont été exemplaires.

GW : Elles ont extrêmement bien joués. Ce sont toutes des joueuses extraordinaires qui font des choses extraordinaires. Je suis très heureuse que nous ayons gagné !

GS : Nous avons été très surpris de vous voir ensemble ce soir. Plusieurs rumeurs courraient depuis quelques semaines sur votre possible séparation.

HP (un sourire aux lèvres) : Aucune rupture n'est à l'ordre du jour, bien au contraire.

GS : Pouvez-vous être plus précis ?

GW : Harry et moi sommes très heureux ensemble. Nous avons attendu tellement longtemps pour enfin vivre librement que nous avons bien l'intention d'en profiter.

GS : Harry, vous étiez présent lors de la chute de Ginny en Bulgarie, qu'avez-vous ressenti à cet instant.

HP : Mon cœur a loupé trois ou quatre battements. J'ai enfin compris ce que je lui avais fait vivre toutes ces années avec tous les passages que j'ai pu faire à l'infirmerie.

GS : Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

HP : Vivre une longue vie ennuyeuse avec ma famille et Ginny

Ce dernier commentaire d'Harry nous laisse dans l'expectative la plus totale d'autant plus que la jeune fille portait une magnifique bague à son annulaire droit. Un mariage serait-il dans l'air ? Un tel évènement créerait sans aucun doute une liesse populaire sans précédent dans la communauté. Espérons que Ginny et Harry nous annoncent bientôt une bonne nouvelle.

- Alors, Harry Potter, y a-t-il du mariage dans l'air, demanda James

- Très drôle Papa, vraiment, sourit Harry. Tu as sans aucun doute du décrocher un Hibou de l'Humour pour toute ta carrière de comique.

- Je pense qu'ils vont me nominer pour un second

- Heureusement que cet enfant a hérité d'une partie de mon caractère, ajouta Lily en prenant la main de son mari.

- Je vous informe donc que je compte me marier avec Ginny.

- Je suis heureuse de le savoir, lâcha gaiement une voix derrière lui. Lecture de la presse, demanda-t-elle en prenant place à table.

Harry hocha alors la tête en lui donnant le journal. Elle lut l'article les concernant, puis consulta la rubrique sport et lut attentivement l'article sur la victoire de son équipe.

- Je crois que c'est toi qui a gagné le pari, dit-elle finalement.

- Ils ont parlé de nous mais ont aussi profité de l'article sur le match pour parler de Gwenog sur presque 50%. Ce qui veut dire qu'elle a à moitié perdu et que je ne serais pas obligée de faire le rangement de sa chambre.

- Je n'ose même pas imaginer, sourit Lily. Quand on voit déjà l'état des dortoirs de filles à Poudlard, je n'ose imaginer l'état de vos chambres au centre.

- Je ne ferai aucun commentaire, rit Harry en avalant ensuite son jus d'orange.

Molly Weasley débarqua finalement chez les Potter vers 11heures pour avoir des explications. Elle n'y trouva cependant que James et Lily, les deux amoureux, ayant senti le vent tourné, avaient décidé qu'une petite promenade au bord de la mer serait la bienvenue.

- Je n'ai pas envie de rentrer, dit Ginny, enroulée dans une épaisse serviette, le vent faisant virevolter ses cheveux. C'est si calme ici, si reposant, si vivifiant.

- Je suis venu ici avec mes parents lorsque j'étais enfant. Je ne m'en souviens pas, ajouta-t-il aussitôt, mais nous avions tous l'air tellement heureux sur les photos.

- Tu es toujours certain de vouloir te marier avec moi, demanda-t-elle enfin tout bas après plusieurs minutes de silence.

- Ce n'était pas une demande irréfléchie Ginny. Mais si tu doutes, si tu veux attendre ou revenir sur ta réponse, je…

- Je t'aime Harry, souffla la jeune fille. J'ai toujours été follement amoureuse de toi mais tu es toi. Tu pourrais sortir avec n'importe quelle sorcière avec ce que tu as accompli.

Finissant de dérouter la jeune fille, Harry esquissa un sourire tout en continuant à fixer la mer et les vagues qui venaient s'écraser devant eux.

- Tu es la seule femme avec laquelle je compte faire ma vie. Je n'en avais pas encore conscience mais mon corps savait que je t'aimais. J'étais trop idiot pour m'en rendre compte.

- Hermione me disait souvent que tu étais un idiot, sourit alors Ginny

- Et nous savons tous deux combien Hermione peut avoir raison sur bon nombre de choses.

- J'ai tellement espéré tout çà dans mes rêves les plus fous, que j'ai énormément de mal à réaliser que cela est sur le point de se produire. Et puis nous sommes sur cette plage, tout est si calme et reposant. Nous sommes juste tous les deux, juste toi et moi.

- Je t'aime Ginny, toi et juste toi.

- Embrasse moi Harry Potter

- Vos désirs sont des ordres Milady, sourit Harry avant de s'exécuter durant de longues minutes.

Ils rentrèrent à la nuit tombée après avoir dîner au Chaudron Baveur. Par précaution, ils avaient décidé de rester chez James et Lily pour une ou deux nuits supplémentaires. Ils avaient confiance dans James pour stopper le caractère trop possessif de la mère de la jeune fille. En tout état de cause, s'il était en difficulté, Sirius serait une aide inestimable.

- C'est Ron et Hermione qui vont pouvoir profiter de la maison, lâcha Ginny en entrant dans le parc.

- Ca va leur faire du bien à eux aussi, répondit Harry

- Les choses semblent aller mieux entre Hermione et ses parents.

- J'ai discuté un peu avec eux lorsque nous avons déménagé Hermione, je leur est expliqué ce qui s'était vraiment passé. Je leur ai dit qu'Hermione n'avait pas eu le choix qu'elle avait fait ce qu'il fallait pour les garder en vie et qu'elle en avait beaucoup souffert parce qu'elle savait qu'au fond s'était aussi un peu mal.

- La culpabilité

- La culpabilité, répéta Harry en souriant tristement

- Rien de ce qui est arrivé n'était ta faute, l'arrêta Ginny. Sans toi, il aurait sans doute eu bien plus de morts encore. Nous nous sommes tous battus pour la justice et la liberté.

- Merci mais je crois que j'aurais toujours une part de doute en moi. Avec le temps, peut être que je finirai par accepter tout çà.

Les deux amoureux avaient cependant surévalués les capacités de James Potter en gestion de mère hystérique. Sachant très bien que sa fille et son idiot de petit ami étaient venus se réfugier ici, elle avait décrété qu'elle ne partirait pas sans sa fille. Arthur avait bien essayé de la raisonner, tout comme les Potter, mais rien n'y avait fait. Les deux amoureux avaient à peine franchi le seuil de la porte, que Molly Weasley se mit à hurler :

- GINNY WEASLEY !

- Par Merlin, souffla cette dernière en lâchant la main d'Harry

- TU ES UNE IRRESPONSABLE ! UNE IMMATURE ! UNE ENFANT QUI VA RETOURNER ILLICO A LA MAISON !

- Maman…

- J'AI DIT A LA MAISON

- NON, répondit alors brusquement la jeune fille

- JEUNE FILLE JE NE SUIS PAS VENUE POUR NEGOCIER !

- Molly enfin, essaya de tempérer Arthur

- A LA MAISON !

- NON, répéta Ginny en tenant le regard de sa mère

- Ta petite aventure est TERMINEE ! TU VAS RENTRER A LA MAISON

- Maman, je suis majeure, je suis adulte, j'ai un travail ! Je ne rentre pas au Terrier, je rentre chez moi à Godric's Hollow avec Harry.

- ALLER A UN MATCH DE QUIDDITCH AVEC MA FILLE BLESSEE, hurla alors Molly à l'adresse d'Harry. TU AURAIS PU LA TUER ! FRED N'A PAS SUFFIT.

Ce fut comme une gifle. Harry recula de plusieurs mètres, s'appuya sur la commode, vit Molly s'approcher de lui l'air embarassé par ce qu'elle venait de dire. Il la vit ouvrir la bouche mais Harry n'entendait plus rien, seule rester la phrase dans laquelle il était responsable de la mort de Fred. C'était trop lourd, trop dur, une torture. Il se détourna de la mère de famille qui n'était plus qu'a cinquante centimètre de lui puis partit en courant dans le parc, sans but, sans aucune idée de l'endroit où il allait. Il voulait seulement s'éloigner le plus possible de la maison, s'éloigner le plus possible de Molly. Il voulait courir jusqu'à ce que son corps soit épuisé, jusqu'à ce que cette douleur dans le cœur se taise. Il entendit qu'on le suivait, certainement son père, il força le train et finit par transplaner.

Il se retrouva sur le rocher qui avait abrité autrefois la cabane dans laquelle il avait appris de la bouche d'Hagrid qu'il était un sorcier. Il n'avait alors absolument aucune idée de qui il était. Aujourd'hui il le savait, il était le responsable de dizaines de morts, responsable de la mort de Tonks, de Répus, de Fred., responsable du fait qu'un bébé de quelques jours ne connaissent jamais ses parents. Il laissa les larmes couler librement sur ses joues et resta assis le dos appuyé sur les restes de la cabane pendant des heures et des heures.

Lorsque l'aube pointa enfin à l'horizon, Harry n'avait pas bougé d'un centimètre. Il regardait toujours fixement devant lui et se repassait en boucle les images les plus terribles de sa vie, toutes des choses qu'il avait causé. Ils revoyaient sans cesse Tonks et Rémus allongés l'un à côté de l'autre, morts. C'était insoutenable.

- Rien de tout ce qui est arrivé n'était ta faute, dit enfin une voix bourrue derrière lui.

- Tout ce qui est arrivé c'est à cause de moi, vous le savez bien Hagrid.

- Tu nous as offert notre liberté Harry, ton courage nous a offert notre liberté.

- J'ai tué Tonks, Rémus, Fred et tant d'autres. Combien sont morts à cause de moi, cria-t-il soudain ? J'ai causé la mort de mes propres parents Hagrid !

- Voldemort avait commencé à tuer des gens bien avant que tu ne viennes au monde. Sans toi, ils auraient bien plus de morts encore. Tu t'es battu pour la justice Harry, pour que des gens comme Hermione, comme Rémus ou comme moi puissions apprendre la magie et vivre. Nous nous sommes tous battus pour çà, mais c'est toi qui nous a redonné espoir. Toi et Dumbledore !

Devant le silence du garçon, Hagrid continua :

- C'était une guerre Harry, il était inévitable qu'il y ait des morts. Tu as tout donné à la communauté sorcière, jusqu'à ta propre vie. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour protéger les Weasley et les autres membres de l'Ordre. Tu te serais jeté entre Bellatrix et Ginny pour faire barrage de ton corps si tu l'avais pu. Rien de tout ce qui est arrivé n'est de ta faute. Ce sont les Mangemorts et Voldemort qui sont responsables de tout çà. Molly et Arthur le savent.

- Comment m'avez-vous retrouvé ?

- Une intuition comme une autre. Tu devrais rentrer avec moi maintenant.

- Hagrid…

- Je ne sais pas mentir Harry, tu es bien placé pour le savoir. Et puis tes parents sont très inquiets et Ginny a fait un malaise.

- QUOI ?

- Rien de grave mais tout çà l'a un peu chamboulée.

- Je me sens tellement coupable Hagrid.

- Je comprends mais tu dois rentrer maintenant, s'il te plaît. Ta mère et ton père vont mourir d'angoisse et Molly a tellement pleuré que le salon en est presque inondé. Quant à Sirius, il fait les cent pas dans le parc sous sa forme de chien enragé ce qui va finir par foutre la trousse à Célesta. Ils sont inquiets.

- D'accord, souffla finalement Harry en relevant la tête vers Hagrid.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, Harry vit que toute la famille s'était rassemblée pour chercher le garçon. Sirius marchait en effet comme un lion en cage en lançant des coups d'œil rageurs vers la femme rousse assise dans le canapé, un mouchoir à la main.

- Tout çà c'est de ma faute, se lamenta-t-elle

- Il est un peu tard pour s'en rendre compte, lâche Sirius, acerbe

- Sirius, râla Célesta, assise sur une chaise près de la porte fenêtre, son ventre prenant des proportions de plus en plus arrondies. Molly s'en veut assez comme cela, tu n'as pas besoin d'en rajouter. Il va revenir, il avait seulement besoin d'un peu d'air.

Les seuls qui semblaient ne faire aucunement attention à ce qui était en train de se passer dans la pièce, étaient James et Lily Potter. Ils étaient face à face et se regardaient fixement, cherchant un peu de réconfort dans le regard de l'autre qui n'arrivait malheureusement pas.

- Il va revenir, lâcha finalement Ron. Il ne fuit pas, il affronte les choses, c'est Harry !

- Fred me manque, lâcha Georges. Il n'y a pas une journée sans que je pense à lui, sans que j'espère le voir pousser la porte du magasin et sortir une plaisanterie. Je sais que çà n'arrivera jamais, qu'il est … mort, s'étrangla-t-il. Mais ce n'est pas la faute d'Harry, rien de tout çà n'est de la faute d'Harry. Ce n'est pas Harry qui m'a volé mon frère.

- Nous ne le reverrons jamais et tout çà c'est ma faute, pleura Molly Weasley

- Tout va bien Molly, dit finalement Hagrid en entrant dans la pièce, je l'ai retrouvé.

- Oh mon chéri, lâcha alors Lily en accourant vers son fils pour l'étouffer dans une étreinte maternelle. Ne fais plus jamais çà, tu m'entends Harry James Potter, ne fais plus jamais çà ! Nous avons cru mourir d'angoisse.

- Tout va bien maman, répondit simplement Harry en serrant la main de sa mère dans la sienne.

- Oh Harry, je suis tellement désolée, lâcha alors une Molly en larmes. Rien de tout ce qui est arrivé n'était ta faute, j'ai été injuste. J'étais tellement en colère contre Ginny, qu'elle me tienne tête comme çà m'a mise hors de moi. Qu'elle se fiche comme çà des consignes du médicomage alors que son frère est mort.

Le jeune homme se contenta de hocher la tête. C'était une mère qui souffrait, une mère qui ne voulait plus jamais revivre un cauchemar pareil.

- Je suis sincèrement désolée.

- Tout va bien Mme Weasley, la rassura Harry. Je vais aller me changer si vous voulez bien, je suis trempé.

- Ou étais-tu, s'interposa Sirius.

- Sur un rocher au milieu de nulle part, répondit Hagrid.

- Ok, dit alors Sirius en laissant passer son filleul avant d'ajouter quelques secondes plus tard : « je voulais être garant de sa moralité, c'est un fils de maraudeur ».

- Sirius, souffla alors Célesta.

Il entra dans sa chambre sans faire de bruit, pour ne pas réveiller Ginny au cas où elle dormait mais ce n'était pas le cas. Elle était debout face à la fenêtre et regardait le parc. Elle savait donc depuis quelques minutes qu'il était revenu.

- Ginny, dit doucement Harry en s'approchant d'elle.

Elle se retourna alors vers lui, s'approcha doucement, et lui infligea une claque magistrale.

- Ne disparaît plus jamais comme çà, tu m'entends !

- Ca fait mal, dit Harry en se massant la joue

- J'ai cru mourir d'angoisse en ne te voyant pas revenir, cria-t-elle. Tu as disparu toute la nuit ! Tu serais encore sur ton rocher pourri si Hagrid n'était pas venu te chercher !

- Je suis désolée, dit alors Harry

Elle se jeta alors dans ses bras et l'embrassa comme si sa vie en dépendait, comme si c'était la dernière fois qu'elle pouvait l'embrasser. Ils restèrent enlacés un long moment puis Ginny releva la tête.

- Va te laver, tu sens la vase et le bois pourri à deux miles à la ronde. C'est juste horrible !

- Moi aussi je t'aime ma chérie…

Une fois lavé et habillé, Harry redescendit dans le salon. A part Molly et Arthur, tout le monde était parti. Ginny lança un regard assassin à sa mère et partit vers la cuisine d'un pas décidé. Harry attrapa délicatement son bras et la tira vers lui.

- Tu devrais lui pardonner, elle est excessive et possessive mais c'est ta mère. Elle souffre

- Tu la défends maintenant, grogna Ginny

- Elle a des circonstances et puis, elle s'est si bien occupée de moi pendant toutes ces années que je serai bien cruel de lui en vouloir. Laisse passer, s'il te plaît.

- Très bien, mais dans cinq minutes si tu veux bien.

- Ok

Il laissa partir Ginny et rejoignit les trois adultes. Son père et M. Weasley avaient commencé une discussion passionnante sur les Moldus, et Mme Weasley semblait perdue dans ses pensées sur le canapé. Lorsqu'elle vit Harry, elle s'excusa une nouvelle fois pour ce qu'elle avait dit, qu'elle était injuste.

- C'est oublié Mme Weasley, répéta Harry pour la vingtième ou trentième fois. J'ai eu une réaction très exagérée. Je sais très bien que vous ne vouliez pas dire çà, c'est juste que, comme Hermione, j'ai encore un peu de mal à accepter tout ce qui s'est passé.

- Je comprends mon chéri, je comprends, dit alors Molly la mère de substitution qui couve son fils du regard.

- Tu as vu que la Gazette parle de votre mariage ?

- Nous n'avons pas encore officialisé publiquement, lui rappela Harry.

- Vous avez déjà une idée de la date ?

- Nous avons déjà l'endroit mais pas la date, lui répondit Harry

- Poudlard ? Le Terrier ? Ici

- Une plage au nord de l'Angleterre, là où nous étions aujourd'hui en fait.

- Il faudrait faire le mariage en été alors, répondit aussitôt Molly, la reine de l'organisation.

- Nous allons peut être définir la date avant, dit Harry. Ce serait peut être plus simple. Il va falloir que nous en discutions avec Ginny calmement.

- Je suis tellement heureuse que vous vous mariez ! C'est formidable ! Nous qui nous moquions tous de Ginny quand elle disait qu'elle allait se marier à Harry Potter. Voilà que cela se produit réellement.

- Et qu'en est-il de son retour au Terrier, demanda Harry en souriant

- Quel retour au Terrier, s'étonna Molly. Vous vivez ensemble, vous avez pris votre indépendance tous les deux, nous n'allons quand même pas nous montrer réactionnaires !

- Elle est aussi fiable qu'un sort de Lockart, se moqua Ginny qui commençait à pardonner à sa mère.

- Nous avons d'ailleurs réaménagé la chambre de Ginny en chambres d'enfants. Nous avons souvent Victoire et Teddy au Terrier, alors c'est plus pratique d'avoir un endroit pour eux.

- Evidemment, confirma Harry.

- Pourquoi c'est ma chambre qu'on a sacrifiée et non pas celle de Ron ?

- Elle est plus pratique, coupa simplement Molly.

- Bah voyons, et Voldemort est un clown aussi

Le reste des vacances se passa plutôt dans une bonne ambiance. Harry et Ginny avaient pu passer deux semaines ensemble et en avaient profité pour se promener sur les côtes d'Angleterre presque tous les jours. Ginny adorait la mer, le vent qui plaquait ses cheveux mouillés sur son visage, la manière dont Harry la tenait étroitement serré contre lui. Ils parlaient de leur futur mariage, de la manière de l'annoncer, des gens qu'ils pensaient inviter, de ceux qu'ils ne voulaient absolument pas voir. Ils faisaient des projets d'avenir. Ils étaient deux amoureux optimistes et fascinés par la vie qui s'offrait à eux.

- Tu crois qu'on pourrait se marier en secret et tout leur dire après, demanda Ginny. Ce serait tellement plus simple.

- Ta mère nous tuerait nous faisions çà.

- Ta mère est quand même beaucoup moins conservatrice.

- Ma maman est la meilleure du monde, dit Harry en imitant un enfant de 5 ans. Puis ma maman, elle est directrice de Poudlard, et na !

- Pas trop stressée ?

- Elle est à la fois anxieuse mais aussi impatiente. Je pense qu'elle a hâte de commencer.

- Elle a prévu des choses nouvelles ? Un tournoi des trois sorciers ?

- Un tournoi de Quidditch inter-générationnel dont les fonds seront reversés à l'association pour les orphelins de guerre.

- Tu vas y participer ?

- Je peux difficilement faire autrement. Toi aussi d'ailleurs. Tu ne pourras quand même pas dire non à ta future belle-mère.

- J'en serai très honorée.

- Ma mère a également une seconde mission pour toi. Elle aimerait bien que Gwenog soit présente pour ce tournoi. Elle compte te nommer comme émissaire en lieu et place d'Hagrid pour cette mission au combien périlleuse.

- Gwenog est très sympa quand on sait comment elle fonctionne. Je l'adore, elle est géniale.

- Elle est très sympa, confirma Harry. Mais avoue quand même qu'au premier abord, elle peut paraître terrifiante.

- Je pensais la présenter à mon frère.

- Georges, demanda Harry un peu perplexe

- Bien sûr que non, je pensais plutôt à Charlie.

- Je ne suis pas certain que ce soit la meilleure des idées. Ils sont tout de même assez différents au premier abord.

- Je suis sûre que ça pourrait coller.

- Si tu le dits.

- J'ai un sixième sens pour cela mon chéri. Le troisième œil ne m'a jamais trahi.

- Tu te sens prête pour avoir 12 enfants alors, la taquina Harry

- Euh pas ce troisième œil là, rit-elle.

La semaine précédant la finale de la Coupe de la Ligue, tout le monde sorcier d'Angleterre fut en ébullition. Harry vivait ceci pour la première fois et était lui aussi très excité à l'idée d'assister à la rencontre. Ginny avait réussi à lui obtenir des places dans les tribunes des Harpies à ses côtés, et le spectacle s'annonçait grandiose. Les filles seraient finalement opposées au club de Flaquemare qui s'était qualifié in extremis lors de la demi finale face aux Magpies.

- M. Potter, je suppose que vous allez soutenir les Harpies, demanda un homme au chaudron baveur tandis qu'il déjeunait avec Neville et Ron.

- Je ne suis pas le plus objectif, plaisanta Harry en souriant. J'ai un faible pour l'une de leurs poursuiveuses.

- Olivier est tout de suite bien moins sexy, enchaîna Ron

- Constance a l'air de le trouver plutôt à son goût

- Qui est Constance, demanda Neville un peu perdu

- La petite amie d'Olivier, répondit Harry sur le ton de la confidence.

- Dommage, il va sortir de la liste des 25 sorciers célibataires les plus craquants élus par Sorcière Hebdo, rigola Neville.

- Tu n'en sors que lorsque tu es marié, expliqua Ron. C'est Lavande qui me l'a expliqué lorsque nous sortions ensemble, ajouta-t-il en guise d'explications

- Tu veux dire lorsque vous passiez vous temps à vous échanger vos Checogrenouilles par la salive, se moqua Harry.

- Oh toi, le futur beau frère sauveur du monde et accessoirement meilleur ami, ça suffit. Parce que pour ton information, tu es le célibataire n°1 sur la fameuse liste.

- Comme si çà changeait fondamentalement quelque chose pour lui, commenta Neville. Ca fait des lustres que c'est comme çà.

- Je vais me marier d'ici quelques mois, rit doucement Harry. Je pourrais enfin sortir des ces stupides listes.

- Si seulement il n'y avait que celle-là, se moqua Ron. Tu es aussi sur la liste des sorciers les plus influants, sur celle des sorciers les plus susceptibles de devenir un jour ministre de la Magie ou Directeur de Poudlard. Tu fais parti de la liste des 10 plus grands sorciers contemporains et j'en passe.

- Toutes les filles sont raides dingue de toi, ajouta Neville

- Tant que Ginny est folle de moi, çà me va, sourit l'intéressé

- Elle est raide dingue de toi depuis qu'elle a 5 ans.

- Au fait, comment ça se passe avec Luna, demanda Harry pour dévier la conversation

- C'est Luna, répondit l'intéressé en haussant simplement les épaules.

- Il n'y a rien entre vous, demanda moins délicatement Ron.

- C'est une amie, il n'y a rien de plus entre nous.

- Et, insista Ron. Personne en vue ? Pas de petite amie cachée ?

- Je vis chez ma grand-mère Ron, comment veux-tu que je puisse inviter une fille à sortir ?

- Quitte ta grand-mère mon grand, par pitié quitte ta grand-mère. C'est un repoussoir à filles.

- Et c'est toi qui me dit çà, ria ouvertement Neville.

Le pauvre Neville essayait désespérément de quitter sa grand-mère mais la vieille femme s'attelait à retarder ce départ le plus loin possible. Elle avait réussi à faire échouer toutes les tentatives de Neville en la matière et celui-ci s'était presque résigné à son sort.

- On pourrait lui proposer de vivre ici pendant quelques temps, lança Ginny alors qu'ils étaient tous réunis pour dîner.

- Nous pourrions lui laisser la chambre d'ami du second, proposa Hermione

- Allons-y pour Neville alors, conclurent Ron et Harry d'une même voix.

Neville vint s'installer à Godric's Hollow la veille de la finale de la Coupe de la Ligue, ce qui permit de se sortir un peu le match de la tête. Etonnamment la grand-mère de Neville n'avait pas opposé trop de résistance à ce que son petit fils quitte la maison familiale pour emménager avec ses amis. Lorsqu'elle avait su qu'il vivrait en collocation avec Harry, son approbation était déjà à moitié obtenue. Elle insista pour voir où Neville serait logé puis finit par accepter :

- Je n'aurais pas laisser mon Neville aller habiter n'importe où, expliqua la vieille femme à Hermione qui lui sourit d'un air poli. Il y a tout de même des sorciers qui ne sont que peu recommandables.

- Vous avez entièrement raison.

- Mais vous et M. Potter, vous êtes des gens très bien.

- C'est très gentil à vous de nous faire confiance Mme Longdubat. Neville sera bien permis nous, vous verrez.

Elles discutèrent encore un moment puis la vieille femme finit par quitter les lieux après avoir embrassé une dernière fois son petit fils qui prenait enfin son envol et quittait définitivement la maison familiale pour découvrir le monde et voler sur son propre balai. Neville Longdubat devenait un homme et quittait le monde de l'adolescence. D'ailleurs, il avait très envie d'inviter Hannah Abbott à dîner un de ces soirs.


Et voilà mon nouveau chapitre. Ecrit depuis deux semaines mais malheureusement mon PC a planté et comme je suis quelqu'un d'une rare prévoyance, je n'avais rien sauvegardé donc j'ai dû tout réécrire à nouveau.

Préférant poster de suite, je me permets de répondre à vos nombreuses reviews de manière groupée. Merci à mes fidèles lecteurs pour ces encouragements si nombreux et vos marques de confiances quotidiennes dans l'écriture de cette fiction. Vous êtes le moteur de mon imagination et je vous adore pour la manière dont vous me soutenez. Vous êtes géniaux !