Victime : Rob
Demandeur : Juliette
Auteur : Clouded
Une
pièce à New York
J'adorai
ce Starbucks. J'étais en stage à New York depuis 6 mois et cet
endroit était un vrai havre de paix. Mes colloc' étaient extra
mais cela faisait du bien de s'isoler un peu. Mon ordinateur
portable sous le bras, je m'installais confortablement dans un des
fauteuils moelleux face à la fenêtre et me laissais détendre par
le flot incessant des passants. Avec le décalage horaire, c'était
un des seuls moments où je pouvais retrouver mes amis sur internet.
Heureusement que j'avais au moins ça pour pouvoir délirer avec
elles sur msn et garder le contact… Elles étaient d'ailleurs en
train de m'envoyer des montages particulièrement chauds bouillants
quand mes yeux virent passer une paire de fesses…mmmm…comment
dire… à croquer ! Je me retins d'éclater de rire. Entre les
images qui apparaissaient sur mon écran et ce que je venais
d'imaginer, j'étais vraiment au taquet ! Le jeune homme en
question se plaça sur la table à côté de la mienne, de façon à
être en face de moi. Coté pile, c'était pas mal non plus… Des
cheveux savamment désordonnés, de magnifiques yeux verts et une
petite moue adorable. Il était vraiment charmant… Mes yeux
croisèrent les siens et il esquissa un sourire. Rouge pivoine je me
concentrais sur mon ordinateur, pour devenir encore plus rouge en
voyant apparaître un pompier dans le plus simple appareil !
- Les filles… Vous abusez ! En plus, il y a un charmant jeune homme en face moi ! Faudrait pas que je me mette à baver…
De toute façon, il était temps d'y aller. Je jetais un dernier coup d'œil au fameux beau gosse, avant de m'en aller.
Le
lendemain, je revins à mon poste de contrôle favori. Mon café et
un muffin, je me détendais au son de la voix de Nina Simone.
Branchée sur msn, je reprenais mes délires habituels. Lorsqu'il
refit son entrée pour s'installer à la même table. Je croisais
une nouvelle fois ses magnifiques yeux verts.
-
Les filles… Le beau mec d'hier vient de faire son apparition…
-
Vas lui demander son numéro de téléphone
- Ca va pas ! je viens
ici tous les jours… J'ai pas envie de me taper l'affiche !
-
Allez, t'es pas cap' !
C'était
vraiment puéril mais elle savait très bien que je ne reculais
jamais devant une provocation pareil…
- Ok, donnez moi 5 minutes et je reviens avec !
Bon…
Comment est-ce que j'allais procéder pour ne pas avoir l'air
trop ridicule…Je me levais donc et m'approchais d'un pas
décidé.
A ma grande surprise, il me rendit mon sourire et
farfouilla dans ses affaires à la recherche… à la recherche d'un
stylo ?... Il m'avait entendu ou quoi ?
Il me tendit une
serviette avec… un autographe ?...
Je regardais la serviette, puis son visage, de nouveau la serviette…
- Euh merci… mais en fait j'aurai préféré avoir votre numéro de téléphone.
Il éclata de rire dans son café.
- Et
bien au moins vous êtes directe !
- Je crois que nous sommes
partis sur un malentendu.
- Je crois oui !
- Enchantée moi
c'est Juliette.
- Robert, enchanté, répondit-il e me serrant
la main
Je lui racontai mon pari sur internet et lui m'apprit
qu'il était acteur et qu'il arrivait parfois qu'on lui demande
des autographes. Le feeling était tout de suite passé entre nous et
nous nous revîmes plusieurs fois au café, passant de plus en plus
de temps ensemble.
Un soir, comme cela arrivait de plus en plus
souvent, la serveuse vint nous voir pour nous dire d'un air gêné
qu'ils allaient fermer.
- Tu veux qu'on aille dîner ?
-
Ecoute ce soir, je ne peux pas trop, je vais à une représentation
théâtrale…
- Ah oui ? Je n'ai pas eu l'occasion de sortir
depuis que je suis ici. Je ne connais pas très bien les endroits
sympas.
- Ecoute, je veux bien que tu viennes mais je ne suis pas
sûre que cela te plaise… Il s'agit d'une mise en scène
contemporaine, c'est une lecture de Marguerite Duras…
- Ca me
tente bien et puis ce sera l'occasion de se voir en dehors !
-
Ok… Bon, on se retrouve dans une petite heure à la station de
métro qui est juste là ?
- Ok, à tout à l'heure !
J'avais
enfilé une petite robe très sexy. Il faisait très chaud et c'était
le moment où jamais de porter cette petite merveille dégotée dans
une petite boutique du Village.
Il arriva presque aussitôt,
décontracté mais diablement séduisant. Lorsqu'il s'approcha,
son eau de toilette m'enveloppa pour mon plus grand bonheur : Py de
Givenchy, j'adorai ce parfum.
- Bon, c'est par là…
J'avais du mal à rester concentrée d'autant que
sa main avait frôlé le bas de mon dos.
L'endroit où nous nous
rendions était un peu particulier. Il s'agissait d'une ancienne
usine, dissimulée derrière une façade des plus classiques. Les
lieux avaient été investis par une troupe très branchée qui
proposait des manifestations culturelles mêlant performances
théâtrales et expositions. L'ensemble était toujours très
conceptuel mais passionnant.
Je ne savais pas exactement ce qu'ils
avaient prévu et je tentai de préparer psychologiquement ce cher
Robert. D'un sourire il m'affirma qu'il serait très ouvert
d'esprit.
Je poussai donc la porte pour découvrir au premier
étage une atmosphère coloniale reprenant l'esprit de L'Amant.
Des modèles disposés ça et là se faisaient tatouer des
magnifiques esquisses sur le corps, rappelant les paysages de
l'Indochine. Le tout était brumeux, dans une moiteur exotique. Des
fragments du roman étaient projetés sur les murs tatouant à leur
tour les visages des visiteurs. Je m'arrêtai devant une
réalisation magnifique d'un tatouage inspiré d'une peinture
d'Hokusaï. Le corps ainsi utilisé devenait lui aussi une œuvre
d'art. Je jetais un coup d'œil furtif vers Robert, il avait
l'air tout aussi fasciné que moi. L'étage suivant était plus
froid, il s'agissait du décor du film India
song
mêlé au dialogue de Hiroshima
mon amour.
Dans un bloc de plexis, des corps recouverts d'une pellicule de
poussière blanche revivaient l'apocalypse nucléaire. C'était
un spectacle saisissant, terriblement poignant. Robert me prit
doucement la main. Le dernier étage était beaucoup plus explicite.
Les deux autres avaient été une lente initiation visuelle pour le
troisième il y avait plusieurs pièces, avec des rideaux noirs qui
menaient à une salle principale. C'est ici qu'aurait lieu la
lecture. Il n'y avait pas de chaises, mais nous pouvions nous
installer comme bon nous semblait. Nous installâmes dans un coin :
Robert contre le mur m'attira dans ses bras. Je sentais son souffle
sur mes cheveux. La lumière s'éteignit brusquement. Une voix
chaude et grave commençait à lire. Je sentis le rouge me monter aux
joues. Il n'avait pas précisé le titre qui allait être lu…Une
jeune femme s'avança sur la scène et commençait à se dévêtir
lentement avant de se mouvoir sensuellement au son d'une lente
musique. L'homme
assis dans le couloir
est un texte érotique dans lequel un homme regarde la femme avec
laquelle il vient de faire l'amour. Ce regard sur le corps féminin
entrait en résonance avec la danse de la jeune femme ondulant sous
les inflexions de la voix grave. J'étais affreusement gênée
d'être là avec Robert… Pour un premier rendez-vous officiel,
cela avait l'air un peu trop explicite. Ses mains posées sur mon
ventre, entrelacées dans les miennes traçaient de petits cercles
absolument délicieux avec ses pouces.
- J'avais bien dit que je serai ouvert d'esprit, murmura-t-il d'une voix légèrement rauque au creux de mon oreille.
Je n'osais pas le regarder,
ni dire un mot.
Je restais tendue lorsqu'il commença à
m'embrasser le cou pour descendre vers mon épaule.
- Tu ferais mieux d'arrêter si tu ne veux pas que je te saute dessus.
Il étouffa un rire contre mon épaule, continuant par
la même sa lente torture.
Il remontait doucement vers mon cou,
traçant un sillon humide avec sa langue.
J'avais l'impression
de perdre pied. J'avais chaud, très chaud… Je sentais son désir
grandir contre moi. J'ouvris discrètement la porte de secours qui
se trouvait juste à côté de lui, et l'empoignant par la chemise,
je le plaquai au mur avant de l'embrasser fougueusement.
- A mon tour maintenant…
J'arrachais quasiment sa chemise parcourant avec délectation ce torse que j'avais deviné. Mes mains et mes lèvres glissaient sur cette peau parfumée qui me rendait folle. Au moment de défaire sa ceinture, il me plaqua à son tour contre le mur, remontant ma robe.
- J'ai eu envie de faire ça au moment où je t'ai vu dans cet indécent bout de tissu…
Je l'aidai à défaire son pantalon et l'accueillis en moi avec une jouissance infinie.
- J'espère qu'on n'a
pas fait trop de bruit…murmurai-je au creux de son oreille
- Je
ne pense pas qu'on soit les premiers à avoir eu ce genre de
réaction en écoutant un texte pareil, me dit-il en souriant.
Nous réajustâmes tant bien que mal nos vêtements, prêts à revenir dans la salle. Une lueur malicieuse dansait dans les yeux de Robert.
- Bon, si j'ai bien compris, on en a fini avec l'expo pour ce soir…
Il acquiesça avec un petit
sourire.
- Tu sais, je n'ai pas l'habitude de… Enfin, le
premier rendez-vous…
- J'ai trouvé ça très excitant, me
dit-il en m'embrassant tendrement. Tu veux bien m'accompagner
chez moi, chuchota-t-il avec cette voix rauque qui me faisait
fondre
Je réussis à peine à hocher la tête avant de le suivre.
Il habitait dans un magnifique appartement au dernier étage d'un immeuble ancien.
- Wouah, c'est vraiment très
class chez toi…
- Merci, mais tu sais, je ne suis pas très
souvent ici alors…
Il avait une immense terrasse tout en teck qui dominait New York. Je fis coulisser avec émerveillement la porte vitrée et admirait la vue.
- C'est juste splendide…
-
Je vois autre chose de splendide ici.
Ses yeux étaient rivés aux miens. Il avança lentement vers moi. Je sentis à nouveau le désir monter en moi. Son baiser était cette fois-ci plus doux et sensuel. Il n'y avait plus d'urgence. Nos corps se redécouvrirent cette nuit-là explorant avec plaisir notre désir commun.
Nous
nous étions endormis sur l'une des banquettes de la terrasse et
les premières lueurs du soleil nous tirèrent de notre
sommeil.
J'étais blottie au creux de son épaule. Il me
réveilla doucement en m'embrassant sur le front.
- J'ai
un rendez-vous dans quelques heures, je suis désolé de te
réveiller…
- Ya pire comme réveil, crois-moi…
- Tu veux
prendre une douche ?
- Ca dépend… Tu la prends avec moi
?...
Quelques heures plus tars, j'étais à poste devant
mon ordinateur, toujours dans mon fameux Starbucks. J'avais un
sourire éblouissant. Robert devait m'appeler dans la soirée.
Je
me re-connectais sur msn, après plusieurs jours de silence.
-
Alors tu as eu son téléphone ?? On n'a pas eu de nouvelles ?
-
Heu…comment dire, j'ai eu un peu plus que son numéro…
-
C'est pas vrai… Raconte…
Je
vis alors passer ces fesses qui étaient à se damner et Robert avec
un sourire ravageur s'assit en face de moi.
- Ce siège est libre ?
