Bonjour à tous,
aujourd'hui, un petit chapitre mais qui n'est pas sans intérêt... si vous savez lire entre les lignes...
Bonne lecture et à la semaine prochaine.
Voyage de retour
Je ne sais pas si tu recevras ce courrier, mais je ne peux m'empêcher de t'écrire, encore une fois, même si tu n'as répondu à aucune de mes missives jusqu'à présent. Peut-être es-tu fâché que j'aie quitté la Grande Bretagne sans savoir ce que tu étais devenu, mais, à l'époque, j'étais très déprimée et ce départ avec Fleur était pour moi un moyen de reprendre pied, loin du désespoir du Terrier, des larmes de maman, du fantôme de Fred. Je ne sais pas trop ce que j'espérais trouver, dans cette fuite, mais je n'en pouvais plus de tout ce chagrin, personne ne voulait me donner de tes nouvelles, j'ai cru t'avoir perdu à jamais !
Bien sûr, pendant un moment, cela a été très excitant de commencer une nouvelle vie, dans une nouvelle famille. Les parents de Fleur, bien que très impressionnants tous les deux, sont extraordinaires de gentillesse. Ils m'ont tout de suite acceptée comme une de leurs filles. Et Gabrielle me considère comme sa grande sœur. Il faut dire que l'ambiance et le mode de vie dans le sud de la France sont tellement différents de chez nous. Ici, les sorciers vivent beaucoup plus naturellement au milieu des moldus et ils utilisent volontiers certaines de leurs technologies. M. Delacour, en particulier, a la folie des automobiles. Papa serait si enthousiasmé de venir passer un séjour parmi eux et découvrir des objets si fantaisistes. Et maman, cela lui ferait le plus grand bien de changer d'air. Il faudra que je leur en parle en rentrant. Les Delacour seraient heureux de leur offrir l'hospitalité.
L'école de Beauxbâtons est complètement différente de Poudlard. Le château ressemble à un palais des Mille et une nuits, avec de grandes baies vitrées par lesquelles le soleil entre à flots. Le temps est si clément que de nombreux cours ont lieu dans les jardins. Les professeurs aussi sont surprenants. Il y a souvent de grands débats entre les élèves et leurs maîtres, débats qui s'écartent très régulièrement du cours initialement prévu. Et tout cela dans un climat de grande détente. Tous ont l'air heureux d'être en cours, heureux de faire des devoirs et de longues recherches à la bibliothèque. Il faut dire que la plupart des travaux se font en groupe et cela se termine fréquemment par une franche rigolade. C'est comme une éternelle récréation ! Là-bas, pas de professeur Rogue méprisant, pas de professeur Binns soporifique, pas de Rusard pour vous harceler dans les couloirs… Tu dois penser que je te décris une école paradisiaque, mais paradoxalement, je n'ai pas l'impression d'avoir appris grand-chose. Sans doute avais-je trop la nostalgie de Poudlard, mes amis me manquaient. Du peu de nouvelles que j'ai eu de Grande Bretagne, j'ai cru comprendre que la guerre n'est pas terminée. Je tremble de penser que tu vas à nouveau combattre, peut-être es-tu déjà en danger ! Je ne pouvais plus rester loin de vous. Si combats il doit y avoir, je veux être à tes côtés.
Bien sûr, Fleur n'était pas d'accord pour que je parte. Elle m'a suppliée d'attendre au moins le retour de Bill. Mais si mon frère reste en Angleterre, c'est que la situation est grave, je ne peux plus continuer à me cacher. Je lui avais promis de rester jusqu'à son accouchement, maintenant que je sais que tout va bien, je n'avais plus aucune raison de repousser mon retour. C'est vrai que Teddy surtout va me manquer. Il est si attachant ! Toujours à faire le pitre, à tenter des transformations plus ou moins réussies, nous avons tant joué tous les deux, et il est si câlin ! Quand il a compris que je partais, son petit visage s'est comme fripé et de gros sanglots l'ont secoué. Son chagrin faisait peine à voir et pour un peu, je me serais laissée attendrir. Mais non, maintenant, je ne dévierai plus de mon objectif. Bientôt, mon amour, nous nous retrouverons. Mais je ne sais combien de temps va me prendre ce voyage. Je me refuse à utiliser la magie. Je ne veux pas risquer que Bill me retrouve et me ramène chez les Delacour. Une fois arrivée à Poudlard, il ne pourra plus rien faire. En attendant, je vais devoir travailler chez les Moldus pour financer mes déplacements. J'espère que je ne vais pas trop détonner ! Au moins, maintenant, je parle leur langue. Au pire, ils me prendront pour une étrangère en séjour linguistique.
J'aimerais tant avoir enfin de tes nouvelles, savoir que tu vas bien, que tu n'as pas oublié notre intimité du printemps passé, savoir que tu m'aimes encore ! Tu pourrais demander à Ron d'envoyer Coquecigrue, je suis sûre qu'il me retrouvera. Je prie pour que cette missive m'apporte enfin les nouvelles que j'espère.
Tout mon amour est pour toi, pour toujours.
