Forever Bound
Chaptitre trente-six
Bonjour à toutes. Qui a dit que l'attente participait au plaisir ?
Trève de plaisanterie, je suis désolée pour le temps que j'ai mis à traduire ce chapitre, je me suis laissé envahir par le travail (monumentale erreur) et par ma famille (ça, c'est mieux !).
Je conseille encore les chocolats et les mouchoirs…
Je ne suis que la traductrice, même si certaines tournures sont de moi…
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Esmé s'inquiétait terriblement pour Bella.
Cela faisait maintenant une semaine que la lettre maudite était arrivée, et pourtant Bella continuait à vivre le plus normalement du monde. Elle se levait le matin, réveillait Alicia, s'en occupait et jouait avec elle jusqu'au début de l'après-midi. Emmett venait alors chercher la fillette pour donner un peu de tranquillité à la jeune femme afin qu'elle digérât la nouvelle, mais elle faisait simplement une sieste, car selon elle, sa grossesse l'épuisait. Elle souriait et parlait normalement des petits événements de la journée. Cela troublait énormément sa belle-mère.
N'aurait-elle pas dû être dans un état de désespoir et d'abattement tellement grand qui l'aurait paralysée, et qui l'empêcherait de quitter sa chambre ? N'aurait-elle pas dû s'affairer aux derniers préparatifs pour le service funèbre d'Edward qui devait avoir d'un jour à l'autre ? C'était déjà tellement difficile de n'avoir aucun corps à enterrer, la moindre des choses était de lui rendre hommage à l'église. Et Bella ignorait tout ça. Elle agissait exactement comme si elle n'avait jamais reçu cette lettre.
Esmé, elle, avait été détruite pas la nouvelle de la mort de son unique enfant. Elle avait été incapable quitter le lit pendant trois jours pleins, et elle passa ces trois jours à sangloter . Si Carlisle n'avait pas été là, elle y serait encore.
Il avait été là et l'avait aidée à se remettre du choc de cette annonce en lui affirmant qu'Edward n'aurait pas supporté la voir dans cet état. Il lui rappela aussi les derniers mots de son fils avant son départ. Il lui avait demandé de veiller sur Bella et Alicia. C'était maintenant ce qu'elle allait faire.
Carlisle lui aussi était brisé par la mort d'Edward, mais il voulait faire honneur à la mémoire de son fils, et ne voulait pas que ses souvenirs de lui fussent empreints de tristesse.
Alors Esmé s'était levée le quatrième matin et était partie chez Bella, puisque la maison n'était désormais plus celle de son fils. Elle s'était préparée mentalement à trouver une Bella complètement abattue, et cherchait le meilleur moyen de soutenir sa belle-fille et sa petite fille dans cette période de deuil.
Elle fut stupéfaite de trouver Bella, qui fredonnait tranquillement dans la bibliothèque où elle veillait sur Alicia qui coloriait assise sur le sol. Esmé aurait pensé que Bella exprimerait son désespoir, mais elle était là, agissant comme si rien n'était arrivé. Elle pensa qu'elle ne voulait pas inquiéter Alicia et qu'elle cachait pour cela la douleur d'avoir perdu son mari, mais lorsqu' Alicia fut couchée, que ce fût pour la sieste ou pour la nuit, son comportement ne changea pas. Elle continua d'agir comme si tout était normal.
Elle mit trois jours à comprendre ce qui arrivait à sa belle-fille. Bella était dans le déni.
C'était flagrant, par sa façon de se comporter en premier lieu, mais surtout par sa façon de parler avec Alicia de toutes les choses qu'elles allaient faire lorsque le bébé arriverait et que Papa serait à la maison. Bien sûr, Alicia était trop jeune pour comprendre la mort de son père, mais Esmé trouvait que c'était injuste de parler à la fillette de choses qu'elle ne ferait plus jamais avec son père.
Esmé pensait que jamais Bella ne mentirait à sa fille, même en raison de son très jeune âge, sauf qu'à ce moment précis, la jeune maman pensait que ce qu'elle racontait était la vérité.
Pour rien au monde Esmé ne voulait faire de peine à sa fille et à la fillette, mais elle se devait de faire affronter la vérité à Bella. Elle devait accepter le fait qu'Edward ne reviendrait jamais à la maison.
Le septième jour, elle trouva enfin le courage de faire éclater la bulle d'inconscience de Bella. « Bella, puis-je te parler un moment s'il te plait ? »
Bella sourit à sa belle-mère de l'endroit où elle était assise sur le sol de la salle de jeux, où elle s'amusait avec Alicia, avec les difficultés qu'on imagine du fait de son gros ventre. « Bien sûr Esmé. » Elle attendit, curieuse.
« Ce serait mieux, je pense, si nous pouvions discuter seule à seule dans ta chambre, sans Alicia. » suggéra Esmé avec prudence. Elle ne voulait pas qu'Alicia assistât au désespoir de sa mère lorsqu'elles auraient parlé.
« Comme tu veux, » répondit Bella en haussant les épaules. Elle mit Alicia dans son berceau avec quelques difficultés. Esmé pensa que si Edward avait été là, il aurait violemment protesté en voyant sa femme soulever la fillette dans son état, mais elle n'eut pas le cœur de réprimander la jeune femme.
Bella embrassa sa fille sur le front et caressa ses cheveux : « Maman doit parler à Mamie pendant une minute mon ange. C'est l'heure de faire un petit somme de toutes façons ma chérie. » Alicia rit, chose qu'elle faisait le plus souvent quand sa mère était près d'elle. Elle se tourna sur le côté, prit son pouce et ferma ses petits yeux. Un petit sourire involontaire apparut sur le visage de sa grand-mère. Sa petite fille était vraiment un gentil bébé, tellement facile à vivre.
Bella resta près du petit lit et caressa la tête la fillette pour l'endormir. Esmé contempla cette scène touchante le cœur brisé. Elle n'avait pas envie de troubler la paix que ces deux-là avaient trouvée, mais elle devait le faire. Bella ne pouvait plus tourner le dos à la vérité plus longtemps.
La belle-fille passa devant sa belle-mère, la démarche alourdie par sa grossesse. Esmé la suivit jusqu'à sa chambre. En s'installant sur le lit et en s'étirant avec bonheur sur le couvre-lit, Bella caressa son ventre avec amour et sourit.
Esmé ferma doucement la porte pour ne pas réveiller Alicia, et alla s'asseoir au pied du lit, en se tordant les mains, ne sachant pas comment aborder le sujet.
« De quoi voulais-tu me parler Esmé ? » demanda Bella en fixant sa belle-mère.
« Bella, je suis très inquiète pour toi, » répondit-elle lentement, inquiète de la réaction de Bella.
Celle-ci la dévisagea, perplexe : « Pourquoi donc ? Je vais très bien, Alicia se porte très bien, et ce petit bébé va bien aussi, d'après tous les coups de pieds qu'il me donne ! » Elle sourit à Esmé, mais cette dernière n'avait pas le cœur à lui rendre ce sourire.
« Non, Bella, tu ne vas pas bien, la contredit gentiment Esmé. Tu refuses d'affronter la vérité. »
Bella parut surprise, et son sourire s'effaça lentement. « La vérité ? Quelle vérité ? »
« Edward, » murmura Esmé.
« Pourquoi refuserai-je d'affronter la vérité sur Edward ? »
Ce fut au tour d'Esmé d'être surprise. « Tu es dans le déni. De sa mort Bella, » dit lentement Esmé.
Le sourire de Bella disparut complètement cette fois : « Mais de quoi parles-tu ? Edward n'est pas mort. »
Esmé se rapprocha doucement de sa belle-fille et lui prit la main : « Si Bella. Il est mort. Tu ne te souviens pas de la lettre que tu as reçue la semaine dernière ? »
Bella retira brusquement sa main : « Mais comment peux-tu dire une chose pareille sur ton propre fils ? Edward n'est pas mort. Cette lettre était une erreur, » répondit-elle d'un air de défi.
« Il n'y a pas d'erreur Bella, murmura Esmé en larmes, ils ne font pas d'erreurs avec ces lettres. Edward est mort. Il ne reviendra pas. »
« Ne dis pas ça ! hurla Bella en sautant du lit aussi vite que sa grossesse le lui permettait, Ne redis jamais ça ! »
« Je sais que c'est terrible à entendre_ »
« Arrête, arrête, je t'en supplie, tais-toi ! »
« _et c'est terrible pour moi aussi, j'ai perdu mon fils, mon fils unique, mais nous devons l'accepter. Edward ne reviendra jamais. » Esmé était maintenant en larmes.
« Il reviendra ! Il reviendra ! » cria Bella alors que les larmes coulaient le long de ses joues. Son visage était maintenant écarlate et Esmé commença à s'inquiéter pour le petit bébé. Mais Bella devait accepter la situation.
« Pourquoi ne me crois-tu pas ? Je ne t'ai jamais menti, » demanda doucement Esmé en espérant que Bella allait se calmer.
« Parce qu'il a promis ! Il m'a promis ! » pleurait Bella, en tapant du pied. Sa belle mère était de plus en plus inquiète pour sa santé. Elle n'avait jamais vu la jeune femme se comporter de cette façon. Elle était toujours calme et discrète, mais là elle était tellement hors d'elle qu'elle craignait pour la vie du bébé.
« Qui a promis quoi ? » demanda-t-elle gentiment.
« Edward, Edward a promis. Il a promis qu'il reviendrait, qu'il serait là pour le Jour de l'An. Il a promis de revenir avant la naissance du bébé, et il a promis que nous allions élever nos deux enfants tous les deux. Il a promis qu'une fois qu'il sera revenu, nous ne serons plus jamais séparés. Même pas pour une journée. Et il a promis que nous vieillirons ensemble. Il a promis. » Elle acheva son explication dans un souffle, sa voix se brisa et elle fondit en larmes.
Esmé prit sa belle fille dans ses bras et la serra contre son corps. Elle passa les doigts dans la chevelure de Bella. « Je sais qu'il a promis ma chérie, je sais mais_ »
« Il m'a promis que je le sentirais, »murmura Bella contre l'épaule d'Esmé. Confuse, elle allait répondre, mais Bella poursuivit : « Il m'a promis que je saurais, que je le sentirais s'il mourrait. » Elle releva la tête et regarda la maman d'Edward dans les yeux.
La vue de la fragile jeune femme éplorée, aux yeux gonflés et aux joues trop rouges brisa le cœur d'Esmé. « Quelle sorte d'épouse suis-je si je ne suis même pas capable de sentir l'instant où mon mari quitte ce monde ? » sanglota Bella, implorant du regard sa belle-mère.
« Bella, tu es une épouse parfaite, tu as été la meilleure des femmes pour Edward. N'en doute jamais parce que tu n'as pas senti son départ, ce détail ne fait pas de toi une mauvaise femme affirma Esmé, » mais elle savait que Bella commençait à douter d'elle-même. Elle commençait à croire qu'elle avait failli et trahi son époux.
« Edward t'a fait toutes ces promesses en pensant qu'il pourrait les tenir. Tu sais comme moi qu'il n'aurait jamais, jamais manqué à sa parole. Surtout envers toi. Il ne pensait pas qu'il serait vraiment en danger il ne pouvait pas prévoir ce qui s'est passé. Je lui avais dit que s'il se trouvait en danger, il devait se sauver, courir. Il était médecin, pas soldat. Alors je suis certaine qu'il a tenu parole. Seulement l'ennemi a été trop rapide. Edward n'a pas tenu ses promesses, mais ce n'est pas de sa faute. Il n'aurait rien voulu de plus au monde que de tenir les promesses qu'il t'a faites. »
« Pourquoi lui ? Pourquoi lui ? Il était parfait, il était innocent. Il avait une fille et un autre enfant à venir. Pourquoi Dieu a-t-il voulu le reprendre ? » sanglota Bella.
« Je ne sais pas ma chérie, je ne sais pas. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de nous consoler en sachant qu'il est maintenant dans un monde meilleur. » répondit tout bas Esmé.
Aucune des deux femmes n'y croyaient vraiment. Le meilleur des mondes pour Edward était auprès de sa femme, de sa fille et de son enfant à venir. C'était sa place, et il n'y serait jamais plus.
OOOOO
Cela faisait quatre jours et demi que Bella n'avait pas quitté la chambre. Elle ne prenait même pas la peine de se nourrir et de se désaltérer suffisamment pour se maintenir en vie. Elle avait vaguement conscience de l'inquiétude profonde de Carlisle et d'Esmé, sans parler de celle de son frère et de sa belle-sœur, mais elle ne faisait rien pour les apaiser. Elle était anéantie.
Ce que la lettre n'avait pas pu lui faire réaliser, Esmé avait fini par lui en faire prendre conscience. Depuis, Bella ne pouvait surmonter l'immense douleur qui l'avait envahie.
Elle ne savait pas ce que voulait dire avoir le cœur brisé jusqu'à aujourd'hui, et si cela correspondait au déchirement et au désespoir qu'elle éprouvait, alors c'était un état qu'elle ne souhaitait à aucun être humain, fusse-t-il son pire ennemi. Elle avait tout tenté pour anesthésier sa peine, même pour un tout petit moment. Elle avait tenté de dormir, mais le sort ne fut pas assez bienveillant pour le lui permettre. Elle s'était roulée en boule pour se protéger de la douleur, rien à faire. Elle avait hurlé, mais cela avait simplement juste irrité sa gorge jusqu'à la brûlure. Enfin, elle avait pleuré jusqu'à ce que son corps n'eût plus assez de liquide en lui pour produire la moindre larme.
Le troisième jour, l'épuisement eut raison d'elle et son corps s'engourdit de lui-même, la forçant à dormir, mais même endormie, elle ne se reposa pas. Des images d'Edward se bousculaient derrière ses paupières, mais ce n'étaient pas celles des souvenirs heureux. Elle voyait ce qu'elle imaginait être la mort de son aimé, elle imaginait la peur qu'il avait dû éprouver, la douleur qui l'avait transpercé, le sang qui s'échappait de ses blessures, la vie qui s'échappait de lui alors qu'il gisait dans la boue. Une façon de mourir que personne ne méritait.
Elle ne se rendit pas compte qu'elle s'était réveillée en hurlant. Elle n'entendit pas les cris qu'elle poussait. Elle ne vit pas Esmé entrer dans sa chambre, qui portait une Alicia en larmes sur sa hanche. Elle ne ressentit pas une seule chose, jusqu'au moment où sa belle-mère lui secoua l'épaule en lui criant de se calmer avant de faire du mal à son bébé. Cela fit cesser ses cris, mais pas ses sanglots.
Elle se blottit contre Esmé, en sanglotant et hoquetant tellement fort qu'elle n'arrivait pas à reprendre son souffle.
Ce fut Alicia qui parvint à calmer les pleurs de sa maman. Bella n'avait même pas remarqué que sa fillette était dans la pièce. Soudain, elle sentit une petite main contre sa main glacée. Elle regarda alors sa fille et vit qu'elle aussi avait les yeux rouges et qu'elle pleurait.
Elle prit alors Alicia contre elle et se mit à la consoler. Son enfant était bien trop petite pour comprendre qu'elle ne reverrait jamais son papa. En caressant ses bouclettes, Bella chuchota des mots d'amour à l'oreille de la fillette, mais cela ne sembla pas apaiser son inquiétude.
« Maman triste ? » demanda-t-elle de sa petite voix.
« Je n'étais pas bien mon petit cœur, murmura Bella. » Elle ne voulait pas mentir à sa fille, mais elle ne voulait pas lui prendre son bonheur innocent. « Je vais mieux maintenant que tu es là, je suis désolée de t'avoir inquiétée. »
« ça va alors. » furent les seules paroles d'Ali , avant qu'on entendît un énorme bâillement. Elle se blottit contre sa mère et ferma ses petits yeux. Et elle entra tranquillement dans le bonheur tranquille du pays des rêves.
Alicia semblait être endormie depuis assez longtemps, et Esmé s'approcha pour la reprendre en sachant que rien ne pourrait la réveiller maintenant. Alors qu'elle posait la main sur sa petite fille, Bella posa une main fatiguée sur son bras.
« Non, laisse-la rester un peu. » murmura-t-elle en l'implorant des yeux.
« Je pense que ce serait mieux si_ » commença Esmé avant d'être interrompue.
« S'il te plait Esmé. Je ne veux pas rester toute seule. Je ferai attention qu'elle ne tombe pas du lit. Je te promets. J'ai besoin de sentir encore un peu Edward avec moi, et elle est tout ce qui me reste de lui. » Esmé ne dit pas non. Alicia était sa fille après tout, et si elle pouvait lui apporter le réconfort dont elle avait besoin, elle ne pouvait qu'être d'accord.
Deux jours après, Bella n'avait pas encore réapparu. Alicia restait près d'elle pratiquement toute la journée. Elle dessinait, elle chantonnait ou elle parlait sans discontinuer et faisait tout pour faire sourire sa mère. Du haut de ses presque vingt mois, elle voyait bien que quelque chose n'allait pas.
Bella sentait évidemment que ce qu'elle faisait n'était pas bien, mais si elle sortait de sa chambre, et qu'elle tombait sur la moindre réminiscence de son mari, elle perdrait la dernière trace de santé mentale qui lui restait. Elle ne voulait pas infliger cela à sa famille, et encore moins à Alicia.
Esmé avait finalement abandonné l'idée de persuader Bella de sortir un peu de sa chambre, et la forçait seulement à manger un peu. Elle lui dit que si sa propre santé lui était indifférente, le bébé qu'elle portait était la seule part qui lui restait d'Edward et qu'elle serait damnée si par sa faute quelque chose lui arrivait. Ce fut cela qui fit réagir la jeune maman, et elle accepta de manger un peu, juste assez pour se maintenir en bonne santé. C'était tout ce qu'Esmé désirait.
Bien sûr, cette dernière souffrait toujours terriblement, et jamais son cœur ne se remettrait de la perte de son fils unique. Mais elle avait fait une promesse. Elle avait juré à Edward qu'elle veillerait sur sa femme, et elle allait tenir cette promesse jusqu'à son dernier souffle. Jamais elle ne manquerait à la parole donnée.
Emmett avait aussi tenté de faire sortir Bella de sa chambre et de la faire revivre un peu. Il avait tout essayé : lui parler, gentiment ou brutalement il l'avait supplié et avait même pleuré avec elle, mais il n'y avait rien eu à faire. Elle avait simplement refusé de bouger. Alors, avec l'autorisation de sa sœur, il avait emmené Alicia chez lui pour une semaine, pour lui permettre de vivre de nouveau la vie heureuse et insouciante d'une toute petite enfant. Alicia était enchantée, car elle pourrait veiller sur son bébé-cousin, un travail très sérieux clamait-elle, en attendant d'être un grande sœur, d'ici quelques semaines.
Bella avait été contrariée d'être séparée de sa fille, mais la séparation n'était pas ce qui occupait son esprit. Elle revivait jour après jour sa dernière nuit avec Edward.
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La chemise d'Edward avait été jetée sans ménagement sur le sol, et Bella sentit le bord du lit derrière ses genoux, ce qui la fit chanceler. Elle et Edward se retrouvèrent allongés sur le couvre-lit, lui sur elle.
« Oh, Bella, »gémit le jeune homme, en se soulevant juste assez pour pouvoir ôter son pantalon. « Je t'aime si fort ! » Et leurs lèvres se joignirent passionnément, comme si leur vie en dépendait.
Il souleva un peu les hanches de sa femme et les remonta, de façon à ce qu'elle reposât confortablement sur le lit. Il se rallongea doucement sur elle, ne voulant pas faire de mal au bébé.
Il fit courir ses doigts sur le visage de Bella, tout en dévorant des yeux le corps de sa femme. « Tu es belle à en mourir mon amour. » murmura-t-il. Les joues de la jeune femme s'empourprèrent à ses mots. Edward se pencha pour les embrasser. « J'adore te voir rougir, cela me montre ce que tu ressens, même quand tu ne dis rien. »
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Bella passa alors sa main sur sa joue pour ressentir la chaleur qu'elle éprouverait normalement en entendant ces mots, mais tout ce qu'elle trouva sous ses doigts, ce fut les larmes qui coulaient abondamment sur son visage.
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Il fit alors courir sa bouche un peu plus bas sur son cou. Bella gémit et bougea un peu sa tête pour donner un meilleur accès aux lèvres qui la faisaient chavirer.
Toute à son plaisir, Bella avait perdu la notion du temps lorsqu' Edward dirigea ses baisers vers sa poitrine et ses deux seins durcis.
« Je crois que tu sais déjà à quel point je les aime, dit-il d'une voix rauque, en relevant la tête pour la regarder dans les yeux, il vont me manquer quand je serai au loin. » Et avant que Bella pût répondre, il avait déjà attaqué de ses lèvres son sein gauche, annihilant toute pensée consciente chez sa femme.
La seule chose qu'elle fut capable de faire fut d'enfouir ses mains dans les cheveux de son époux, l'encourageant de ses gémissements, alors qu'elle sentait monter en elle une sensation familière.
Les mains d'Edward se déplacèrent jusqu'à ce point qu'il voulait atteindre. Ce mouvement fit frissonner Bella qui se souleva du lit pour aller au devant du plaisir intense causé par ce simple contact. De deux doigts, il caressa la féminité de Bella, doucement, d'avant en arrière, tout en reportant maintenant son attention à son sein droit.
Bella se sentait envahie par la sensation intense d'une explosion de plaisir imminente, mais elle voulait donner quelque chose à Edward en retour. « Arrête je t'en pr- Oh mon dieu ! Je t'en prie, stop ! » haleta-t-elle en tirant un peu ses cheveux pour attirer son attention.
Les lèvres d'Edward quittèrent la pointe sensible de son sein et elle dut se mordre la lèvre pour ne pas protester. « Qu'est-ce qui ne va pas mon amour ? » demanda-t-il, confus.
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Les larmes s'échappaient à flots de ses yeux maintenant. Pourquoi, mais pourquoi l'avait-elle arrêté ? Si elle avait su que c'était la dernière fois qu'il la caressait ainsi, elle ne lui aurait jamais demandé de cesser. Elle lui aurait dit de lui faire tout ce qu'il désirait. Parce que la seule chose importante était le fait qu'Edward était en train de faire ce qu'il aimait. Ça aurait pu durer toute la nuit…
OOOOO
« Je t-te veux en m-moi, » soupira-t-elle en tentant de contrôler son souffle.
« Nous avons toute la nuit mon amour, » murmura-t-il gentiment, comme s'il voulait lui faire croire qu'ils avaient l'éternité devant eux.
« Oui Edward, tout ce que nous avons c'est cette unique nuit, et je veux passer chaque seconde liée à toi. » répondit-elle dans un souffle, refusant de penser à l'aube qui viendrait bien trop vite.
Edward lui sourit tristement : « Comme tu veux ma chérie. » Il se pencha sur elle et embrassa sa bouche d'abord, puis couvrit son visage de baisers, alors qu'il prenait place entre ses jambes.
Les deux époux gémirent de concert lorsqu' Edward pénétra lentement sa femme. Il s'immobilisa un moment pour lui permettre de s'habituer à lui encore une fois. Mais Bella ne l'entendait pas de cette oreille : ils avaient tellement peu de temps à être encore ensemble. « Fais-moi l'amour Edward, maintenant ! »
Ses désirs étaient des ordres pour le jeune homme. Il la prit lentement, très lentement et les entrailles de Bella frémirent.
« Plus vite Edward, plus vite ! » supplia-t-elle. Il lui en fallait plus, plus vite, plus fort.
Edward lui sourit d'un air taquin : « Oh mais non, nous n'allons sûrement pas nous précipiter mon amour. » Et il continua à son rythme d'une lenteur à en mourir.
Bella enroula ses jambes autour de sa taille et voulut forcer Edward à aller plus vite. Ce mouvement le fit la pénétrer encore plus profondément. La tension dans le ventre de Bella atteint son paroxysme et sa jouissance explosa dans tout son corps, tel un incendie dont les flammes étaient autant d'ondes de plaisir infini.
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C'étaient maintenant des sanglots qui secouaient le corps de Bella. Jamais plus elle n'éprouverait une sensation aussi puissante. Jamais plus elle ne sentirait son mari en elle. Jamais plus elle ne soupirerait sous les baisers d'Edward partout sur son visage.
Pourquoi Dieu l'avait-il rappelé à lui ? Elle n'avait que dix-huit ans, et lui seulement vingt ! Ils avaient toute la vie devant eux, mais le Seigneur avait décidé d'abréger celle d'Edward. Quel péché avaient-ils commis dans cette vie ou une autre pour mériter un tel châtiment ?
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Bella reprenait doucement ses esprits et les mouvements d'Edward se firent de plus en plus rapides, son plaisir imminent devenant de plus en plus pressant. Ce changement abrupt de rythme fit renaître le plaisir de Bella qui haletait maintenant.
« Encore un peu, murmura Edward, encore… presque… oui… Oh mon dieu, Bella ! »
Les deux époux se perdirent ensemble dans un tourbillon de plaisir. La sensation la plus intense jamais éprouvée par Bella. Elle voulait passer toute sa vie dans ce bonheur absolu.
Edward se rallongea contre sa femme, hors d'haleine. Il reprit lentement son souffle.
« Bella, c'était merveilleux. » Et il reprit son visage entre ses mains et l'embrassa passionnément. Bella lui rendit ce baiser avec passion. Ils n'avaient plus beaucoup de temps. Bientôt, leurs lèvres devraient se séparer pour plusieurs mois.
En se séparant des lèvres de son amour, Edward la prit dans ses bras et la serra contre lui. Bella se blottit contre lui, comme si elle voulait se fondre en lui. Elle se laissa envahir par son odeur, épice et musc. Son parfum préféré.
« C'est difficile de croire que tout ce que nous avons à faire pour donner la vie est de nous perdre dans un plaisir aussi intense… » dit Edward dans un petit rire, tout en caressant amoureusement le ventre de sa femme.
Bella se mit à rire avec lui, mais très vite, son rire ne parvint plus à cacher ses sanglots.
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« Si seulement Papa pouvait te voir maintenant » dit doucement la jeune femme à son ventre arrondi. Elle le caressait comme Edward l'avait caressé cette nuit-là. « Il serait tellement émerveillé de voir comme tu as poussé mon tout petit. » Les larmes tombaient maintenant sur sa chemise de nuit trempée. Il y en avait bien trop.
« Il t'aurait aimé bien plus qu'aucun autre petit garçon n'aurait pu l'être, c'est certain. Il t'aurait gâté- pourri, mais il t'aurait fait comprendre à quel point tu es privilégié. Il t'aurait fait tant d'amour et de fierté que tu n'aurais jamais arrêté de sourire.» Le petit enfant en elle lui donna un petit coup de pied, comme pour la rassurer et lui dire qu'il voulait en savoir plus sur son papa.
« Il n'aurait fait aucune différence entre toi et Alicia, il t'aurait appris à faire du cheval, à jouer du piano, à chasser, à jouer aux échecs. Il t'aurait montré l'exemple, pour que tu deviennes un homme merveilleux, juste comme lui. »
« Je suis tellement triste que tu n'aies plus qu'Ali et moi maintenant. Je sais que nous ne serons jamais une famille complète, ma is je te promets mon fils, je ferai tout mon possible pour te donner tout ce que tu mérites, tout ce que tu peux désirer. Je te le jure. »
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« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Edward, inquiet des sanglots de sa femme. Il se releva et s'appuya sur le coude, puis il essuya tout doucement ses larmes. « Tu ne dois pas pleurer Bella, rien ne pourrait me rendre plus heureux que ce petit bébé. Je l'aime déjà. » Et pour appuyer ses dires, il parsema le ventre de sa douce de baisers légers.
Mais comme les larmes de Bella ne cessaient pas, il se redressa, troublé, une légère angoisse au fond des yeux : « Bella, tu me fais peur, » souffla-t-il. Bella s'en sentit immédiatement coupable.
« Je suis désolée. Je voulais que cette nuit soit un moment heureux, mais je ne peux pas m'empêcher de pleurer, » hoqueta-t-elle, en tentant de faire disparaître ses larmes.
« Qu'est-ce qui te rend si malheureuse ? » demanda Edward, la voix emplie de son amour pour elle..
« C'est parce que tu ne seras pas là pour profiter de cette grossesse. Comment je vais faire sans toi ? » répondit-elle, la voix brisée.
« Bella, je serai là pour ta grossesse. Peut-être pas tout le temps, mais je serai revenu à la fin. Je serai là quand tu mettras notre enfant au monde. Et je t'aiderai comme pour Alicia. Et quand notre bébé sera là, nous serons une famille parfaite, toi, moi, Alicia et Bébé. Et nous les élèverons ensemble. Et nous n'aurons besoin de rien d'autre puisque nous serons ensemble. Même quand nous serons très vieux, que nos cheveux seront gris et que tu en auras assez de moi. »
Bella rit à travers ses larmes : « Je n'en aurais jamais assez de toi. »
« Même avec des cheveux blancs et des rides ? »
« Même avec des cheveux blancs et des rides, » affirma-t-elle.
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Edward n'aurait jamais ni cheveux blancs, ni rides. Il resterait jeune pour toujours.
Bella ne voulait pas imaginer les terribles blessures infligées au corps de son amour. Elle voulait s'en souvenir tel qu'il était cette nuit-là. Jeune, beau et heureux.
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Ils étaient étendus côte à côte, en silence.
Bella ne disait rien, mais son esprit fonctionnait à la vitesse de la lumière et les questions fusaient dans sa tête. Une particulièrement, qu'elle ne pouvait plus retenir.
« Edward ? » appela-t-elle dans l'obscurité, se demandant s'il était réveillé.
« Mmm ? »
« Que devrai-je faire si tu es tué ? » Le choc sur le visage d'Edward lui fit faire machine arrière. «Je sais que tu es médecin et que tu n'iras pas sur les champs de bataille, mais il y a un quand même un petit risque non ? Je veux juste savoir ce que veux que je fasse si ça arrive. »
Edward se tourna lentement sur le côté : « Bella, je ne vais pas mourir là-bas. Je ne mourrai pas sans toi à mes côtés, sans que nous soyons vieux, ridés et tout blancs tous les deux. » Bella ouvrit la bouche pour protester, mais il savait déjà ce qu'elle allait dire. « Et si quelque chose devait m'arriver un jour, je voudrais que tu refasses ta vie et que tu sois heureuse. »
« Edward, il n'y a aucune chance pour que je vive heureuse sans toi et que je refasse ma vie. Tu es ma vie, mon âme- sœur. »
« Je sais que ça serait difficile, mais que ferais-tu à ma place ? Je te connais Bella, tu me dirais exactement la même chose. Je ne te demande pas de m'oublier, au contraire même, Je te demande seulement d'être heureuse. Tu auras deux enfants à élever, ils ne voudront pas d'une maman triste qui s'occuperait d'eux tout en pleurant chaque jour son mari. Je te demande de te souvenir de moi, mais de vivre. »
Bella acquiesça lentement de la tête. Elle détestait la pensée de ne pas avoir Edward à ses côtés et celle d'élever seule ses enfants la terrorisait plus que tout, mais elle savait qu'elle ferait tout ce qu'Edward attendait d'elle. Il n'y avait aucune chance pour qu'elle ne réalisât pas ses souhaits, elle l'aimait bien trop profondément.
« Comment saurai-je si tu n'es plus là ? » demanda-t-elle tout doucement.
Edward ne répondit pas tout de suite, et quand il le fit, il parla très lentement, Comme s'il choisissait et pesait chaque mot.
« Tu le sentiras. » Il leva sa main gauche du matelas et la plaça contre son propre cœur, alors que sa main droite se posait contre le cœur de Bella. « Tu sens ça ? » demanda-t-il tendrement.
Bella hocha la tête, elle ne comprenait pas ce qu'elle devait sentir.
« Nos cœurs battent en même temps. Nous sommes deux âmes- sœurs et nos cœurs battent ensemble. Si un des deux cessait de battre, l'autre le sentirait dans la même seconde. Nous sommes liés, comme ça, profondément. Si je dois mourir en Belgique, tu seras la première à le savoir. Je te le promets. Mais Bella, tu ne sentiras rien, simplement parce qu'il ne m'arrivera rien de mal. »
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Edward avait raison, elle n'avait rien senti.
Mais il avait eu tort. Il était mort et elle n'avait rien senti. Elle n'avait pas senti le moment où son cœur s'était arrêté. Et rien de ce que pourrait dire Esmé ne pourrait la tranquilliser. Elle se sentirait une mauvaise épouse jusqu'à la fin de ses jours.
Mais elle avait pris à cœur les voeux de son mari.
Elle voulait continuer de vivre. Elle voulait être une bonne mère et un bon exemple pour ses enfants, et c'est ce qu'elle allait être.
Ça faisait deux semaines qu'elle avait reçu la nouvelle de la mort de son amour, et son cœur resterait déchiré à jamais. Mais elle allait faire en sorte de s'habituer à son absence et elle allait travailler dur à tenir les promesses qu'elle avait faites à son époux.
Elle se sentit très mal lorsqu'elle réalisa qu'elle avait négligé Alicia et qu'elle avait pris des risques pour son bébé en ne s'alimentant pas. La première chose qu'elle allait faire était de se rattraper auprès de sa fillette. Et elle allait le faire tout de suite.
Elle sortit lentement une jambe de sous les couvertures, puis l'autre, et s'assit sur le bord du lit.
Elle posa les pieds par terre, et inspira profondément. Elle se leva et se retrouva debout pour la première fois depuis trop longtemps.
C'est au moment exact où elle allait faire un pas que l'eau commença à couler abondamment le long de ses jambes et que son ventre se contracta douloureusement.
OOOOO
Allez, faites-moi confiance…
Je vous souhaite une heureuse année 2011. Faites que votre vie soit aussi belle que vos rêves.
