Hello tutti. Je suis de retour, et pas pour vous jouer un mauvais. Enfin je crois pas vu que je vous livre le prochain chapitre ^^
_ Et voilà ! Clama Giny, fière de son travail.
Hermione, qui émergeait à peine de sa nuit légère resta interdite face à cette effusion d'enthousiasme.
_ Ben dis donc, tu en fais une tête ?
_ Avant que je ne te remercie de ton dévouement annonce les modifs, répliqua Hermione soupçonneuse.
_ Tu as si peu confiance en moi, fit mine de s'insurger la rousse.
_ Disons que j'ai en tête certaines retouches que tu avais apporté à la première version de ma robe de bal en 4ème année.
_ Oh, je l'avais juste un peu améliorée …
_ Améliorée ? Il manquait carrément le bas, oui.
_ Bon d'accord je l'avais un chouia trop raccourci.
_ Quel sens de la relativité, railla Hermione.
_ Allez Hermy, on a plus 14 ans, on est bien plus matures. Pour tout te dire je l'ai même rallongée.
_ Étonnant …
_ J'ai aussi un peu remanié les bandes de fourrure pour que le résultat fasse moins guindé : vous n'allez tout de même pas à une soirée mondaine ?
_ Euh … non pas que je sache …
_ Bref, ça ferait d'un mauvais goût ... Ah j'ai aussi réduit le nombre de plis en bas, pour qu'elle tombe presque droite. Si tu veux mon avis le bouffant ne te va pas trop : il te grossit.
_ Merci pour la délicatesse, Gin' … en gros tu as fait une création exclusive.
_ J'ai aussi rajouté quelques perles et modifié le décolleté. Du U large tu passes au V discret. C'est de saison certes et en plus, si tu veux mon avis, le déballage de viande c'est bien pour attirer des types comme mon frère mais le tien, vu ses réactions, je pense qu'il aura plus tendance à mordre à l'hameçon si on pique sa curiosité juste ce qu'il faut.
Hermione piqua un fard monumental.
_ Giny, je ne compte absolument pas jouer les aguicheuses et je n'ai jamais aimé la pêche dans tous les sens du terme ! C'est une simple sortie entre amis !
_ Aguicheuse ? C'est tout le contraire ! Soft, discret mais classe, je ne vois pas ce qui te dérange.
_ Vu comme ça …
_ Bon, on est d'accord. Habille toi, trancha Giny avec une autorité toute naturelle héritée du côté maternel sans aucun doute possible.
_ Ok … acquiesça Hermione sans grandes convictions.
La gryffondor n'aimait pas trop l'idée de se faire manipuler, même si c'était par une bonne amie. Qui plus est, Giny avait une conception radicalement différente de la sienne de tout ce qui touchait aux garçons. D'ailleurs combien de petits amis avait-elle collectionné en tout ? Michaël, Dean et finalement Harry. Comparé à elle qui n'avait fait que tourner autour de Ron, et encore. D'un autre côté son expérience dans l'art de la rupture lui avait été très utile pour se remettre de sa débâcle amoureuse. Mais de là à aller forcer les choses avec Niréus c'était une autre paire de manches. Primo il avait horreur justement qu'on lui force la main et secondo sa psychologie pouvait s'avérer très sinueuse quand il ne se contrôlait pas. Bien que c'était ce qui faisait son charme aux yeux d'Hermione, le comprendre n'était pas aisé pour une personne non avertie. Charme … Elle avait plutôt l'impression que c'était elle qui mordait à un hameçon invisible, oui. Depuis quand se mettait-elle à utiliser un champs lexical si connoté ! L'aimait-elle vraiment ? Comment savoir … Après tout sa seule romance se limitait à Ronald, une romance plus construite sur les crises de jalousie non avouées que sur le coup de foudre …
_ Je viendrais te revoir pour tes cheveux, fit Giny en s'éloignant.
_ Je sais encore m'occuper de moi, railla Hermione.
_ Je n'en doute pas, mais je préfère finir ce que j'ai commencé.
Hermione lui tira une langue moqueuse que la rousse accueilli d'un sourire entendu. Une fois seule, elle souffla, plus pour relâcher la pression que de soulagement. Elle se sentait étrangement nerveuse. Toutes ces histoires abracadabrantes commençaient sérieusement à lui monter à la tête. Et les événements controversés de la veille n'étaient pas là pour arranger les choses.
Décidant de prendre l'hippogriffe par les plumes, elle se rendit à la salle de bain d'un pas décidé. Une bonne douche plus tard, elle se saisit de la dite robe et la tâtonna dans tous les sens. Non pas qu'elle n'avait pas confiance mais bon sait-on jamais. Elle ne releva rien d'anormal, tout était comme Giny le lui avait décrit, même pour la longueur. Se culpabilisant d'avoir douté de son amie, elle enfila la robe : elle lui allait comme un gant malgré les retouches. Décidément, avoir des connaissances ménagères s'avérait véritablement utile. Elle s'attendrit en pensant à sa propre mère, plus habituée à arracher les dents qu'à repasser les chemises.
Se retournant pour chercher une brosse, un léger courant d'air lui caressa la cuisse, un peu trop haut à son goût. La voilà l'arnaque ! Cachée par un repli, une fente, qui n'existait pas auparavant, fendait la robe depuis mi cuisse jusqu'en bas. Giny était décidément impossible. Bon d'un autre côté, elle s'était plutôt bien débrouillée : ça ne se verrait qu'assis. Cacher la fente dans le pli était plutôt astucieux. Mais ça ne change rien au fait qu'elle s'était fait rouler !
Hermione se mit à se brosser les cheveux, la tête ailleurs (ce qui malgré les apparences n'est pas si difficile). Elle appréhendait un peu cette sortir. Son infirmité risquait de tout faire rater : faire du lèche vitrine sans même voir ce qu'il y a dedans menaçait d'être ennuyeux pour eux deux. D'un autre côté, c'est en connaissance de cause qu'il avait eu cette initiative.
Initiative … cette simple pensée troublait la Gryffondor. Depuis leur rencontre, il est irréfutable qu'elle avait toujours été celle qui avait requis sa compagnie et en règles générales par suppliques. Niréus au contraire avait toujours été très sûr de lui, presqu'arrogant parfois : s'il avait décider de faire cavalier seul ou bien de la traîner de force avec lui, aucune contestation possible.
Pourtant cette fois ci il s'était montré très hésitant, presque fuyant … Non, pas fuyant … gêné … et s'il ne s'agissait pas de lui, elle serait tentée de dire intimidé … Ça ne lui ressemblait vraiment pas … on aurait dit une première demande de rendez vous galant. C'en avait été touchant, presque mignon d'entendre le talentueux, rude et revêche potionniste bafouiller comment un adolescent. Hermione aurait mit sa main au feu qu'il avait rougi …
Mais … dans ce cas là … était-elle vraiment prête à retenter l'aventure … Elle s'était toujours promise de ne s'intéresser à ces choses là qu'une fois ses études achevées. Seulement, les promesses comme les vieux papiers on les chiffonne et on les jette vite à la poubelle. Résultat des courses, elle avait succombé au charmes de Ron et s'était faite jetée à son tour … Elle n'avait toujours pas terminer ses études. Ne serait-il donc pas mieux cette fois qu'elle s'en tienne à ses résolutions qui après tout étaient l'unique raison de sa rupture avec le rouquin … Oui sauf que, pour le moment, étudier rimait avec Niréus … Autant être honnête, elle aimait son caractère complexe, son esprit brillant, sa gentillesse rustaude, et tout un tas d'autres choses : elle envisageait mal de se passer de sa présence. Pour autant l'aimait-elle lui ? Pourrait-elle répondre à ses sentiments, s'il s'avérait qu'il en eut pour elle ?
Sans dout …
KYYAAA !
Hermione sursauta, perdant instantanément le cour de ses pensées, suite à ce cri hystérique qui ne pouvait appartenir qu'à Giny. Que s'était-il passé pour qu'elle en vienne à hurler comme une folle ?
Hermione n'eut pas à descendre chercher sa réponse, car celle ci monta la voir comme une furie.
_ Hermione ! Tu ne devineras jamais !
_ Si tu le dis. Mais vu ton excitation j'aurait pensé qu'on avait trouver le moyen de cloner Harry, répondit Hermione avec sarcasme tout en songeant que c'était bien là une remarque de type « made in Niréus ».
_ Ç'aurait pu mais non. Les Harpies de Hollyhead m'ont contacté pour un poste d'attrapeur titulaire dans l'équipe réserve !
_ Oh, c'est génial ! Enfin je crois.
_ Tu plaisantes ? C'est topissime ! S'exclama la rousse en laissant Hermione lire sa lettre.
_ Euh, je ne voudrais pas paraître rabat joie mais il est d'abord question de sélections, tempéra Hermione.
_ Et alors ? Ce sera les doigts dans le nez ! J'ai remporté plusieurs coupes de quidditch à Poudlard avec Gryffondor que ce soit comme attrapeur ou poursuiveur.
_ C'est sûr mais c'est tout de même une équipe de bonne renommée, elle va attirer de grands talents, et pas que dans notre pays. Imagine que Krum postule.
_ Hermione, tes lacunes en quidditch sont réellement désespérantes, soupira Giny. Les harpies est une équipe exclusivement féminine !
_ C'était un exemple, se défendit Hermione.
_ Ouais c'est ça, taquina Giny.
_ Tu devrais t'y préparer sérieusement.
_ Mais c'est bien mon intention ma chère Hermione. Et en parlant de préparer, ne crois pas que je vais t'oublier si facilement. Il ne faut en aucun cas que Niréus soit déçu de sa Mimine adorée.
_ Giny ! S'insurgea Hermione à ce sobriquet ridicule.
La rouquine ne mit pas longtemps à coiffer Hermione. Au fil des ans ses cheveux en broussaille s'étaient tout de même bien assagis et un sortilège de base suffisait dorénavant à les lisser plus ou moins, bien qu'il resta encore quelques mèches rebelles. Mais qu'à cela ne tienne, ce qu'elle avait en tête était plutôt simple. Les mèches des côtés rassemblées à l'arrière du crâne par un chouchou et le tout libre. Quelques pinces par ci par là, pour qu'aucun cheveux ne vienne la gêner devant. Et le tour est joué.
_ J'aurais très bien pu le faire moi même, grommela Hermione.
_ Ah la la, y'a pas à dire, vous êtes fait l'un pour l'autre jamais contents, commenta Giny.
_ Giny !
_ Allez, ne fais pas un géant d'un gnome, on prince charmant doit déjà t'attendre.
_ Giny !
Et effectivement, le serpentard l'attendait en bas depuis une bonne demi heure déjà. Il avait dépassé le stade de résignation, et commençait à pianoter, agacé, sur l'accoudoir de son fauteuil.
Lorsqu'enfin il entendit les marches grincer il ne put s'empêcher de lâcher :
_ C'est pas trop tôt !
_ Quelle bande de rabat joie vous pouvez être tous les deux, râla Giny en réponse sans laisser Hermione s'excuser du retard.
_ Humpf, fut la seule réponse qu'obtint la rousse.
_ Bon je vous laisse les tourtereaux, moi je dois aller travailler mon balai, annonça-t-elle.
_ Giny !
Et la plus jeune des Weasley s'en vint dans un haussement d'épaule, plutôt satisfaite d'elle même. Un silence lourd s'installa pour quelques secondes dans la pièce. Le serpentard n'appréciait guère les élucubrations de Giny, fussent elles ou non avérées.
_ Excuse-la, elle ne cherche qu'à m'asticoter depuis ce matin.
_ Si nous y allions, coupa-t-il, daignant enfin lever son postérieur du fauteuil qu'il squattait depuis un bon moment.
Hermione acquiesça et se dirigea vers l'entré sans se rendre compte que son compagnon, qui la regardait pour la première fois de la journée, s'était arrêté net. Il n'était plus si certain d'avoir le courage de passer la journée en sa compagnie, et se sentait presqu'intimidé à l'idée de s'afficher avec elle. Il n'avait plus l'assurance d'un Severus intransigeant, ni le profond détachement d'un Niréus blasé. Tout se brouillait, s'entremêlait. Il ne savait même plus quelle part de lui même s'exprimait.
Cette gamine qu'il avait connu casse pied et négligée s'était muée devant lui en une jeune femme très agréable à regarder pour ne pas dire autre chose … Dire qu'il avait la ferme intention de se démontrer par a plus b égal c que tous ses récents doutes sur ses rapports avec la Gryffondor étaient infondés. Et voilà qu'il se retrouvait déjà à déglutir de mal aise alors qu'ils n'avaient pas encore passé la porte. Quelle guigne …
« Niréus ? » appela Hermione, étonnée de se retrouver seule à l'entrée du Terrier.
Se ressaisissant tant bien que mal, il la rejoignit rapidement et enfila en hâte sa cape. Qu'était-il sensé faire à présent ? Lui dire bonjour ? Un peu tard, vu qu'il l'avait déjà envoyé baladé. Surement devrait-il la complimenter sur sa mise … Oh, le cœur y était indubitablement mais les mots semblaient coincés dans sa gorge … quelle histoire de fous !
« Quelque chose ne va pas ? » s'inquiéta Hermione, redoutant, sans raisons valables, d'avoir fait une balourde.
Il ne répondit toujours pas et entama sans mot dire, le chemin qui les menait à l'ère de transplanage.
Hermione se rongeait les sangs face à ce mutisme inapproprié qu'elle mettait sur le compte de son retard, si bien qu'elle craqua à mi parcours :
_ Ecoute, Niréus, je suis vraiment désolée pour tout à l'heure. Je ne cherchais pas à te froisser … Si malheureusement c'est le cas, il est inutile d'aller plus loin.
Après moult hésitations sur la réponse à donner, le serpentard se décida enfin à ouvrir la bouche :
_ Froisser ? Humpf, c'est fou ce que les bonnefemmes peuvent se monter le bourrichon pour rien. Si je ne dis rien c'est que je n'ai aucune conversation valable à proposer pour le moment, si ce n'est parler de la pluie et du beau temps, un sujet ô combien exaltant. Inutile de chercher midi à quatorze heure, esquiva-t-il.
_ Ahh … Euh … c'est vrai que ça se tient …
Et elle se tut. Niréus était satisfait de la tournure des événements. Il vaut toujours mieux un bon mensonge qu'une mauvaise vérité, n'est-il pas ?
Sentant néanmoins qu'ils ne pourraient pas continuer ainsi, il tenta de trouver quelque chose à dire. Par merlin il faisait vraiment pitié …
Par trois fois il ouvrit la bouche pour entamer un brin de conversation, puis la referma aussi sec.
Il l'observa en coin. Attitude totalement ridicule compte tenu du fait qu'il aurait très bien pu se planter devant et la regarder jusqu'à plus soif, sans même qu'elle ne s'en aperçoive.
Après une intense torture mentale, il trouva enfin une ouverture.
_ À ce que je peux voir vous avez renié les couleurs de votre maison pour passer à l'ennemi.
_ Hein ? Et bien non, au contraire, ma robe est on ne peut plus Gryffondor, avec son rouge sang caractéristique.
_ Euh, vous êtes sûre qu'on parle de la même chose ?
_ La robe ?
_ Elle est verte.
_ Mais non !
_ Je sais tout de même ce que je vois !
_ Mais …
_ Écoutez, à moins que je ne sois subitement devenu daltonien et que les bananes soient bleues, cette robe est vert bouteille avec des fourrures gris argent.
_ Impossible … Giny !
_ Que vient faire Mme Potter là dedans ?
_ La robe, c'est elle qui l'a bidouillé … elle aurait pu me dire qu'elle avait changé la couleur ! Vert en plus ! Je dois ressembler à une serpentard maintenant ! En plus je porte très mal le vert.
« Au contraire je trouve que ça vous va à merveille » lâcha-t-il sans vraiment s'en rendre compte. La spontanéité de son intervention l'étonna, et plus encore les mots utilisés … était ce donc cela se laisser aller ? Il semblerait …
Hermione se calma instantanément et rougit du compliment. Elle aussi était surprise de la remarque du jeune homme, mais elle n'allait pas s'en plaindre. Cette nouvelle facette de l'apprenti maître en potion était décidément bien agréable.
Fort heureusement ils avaient enfin atteint ce fichu point de transplanage, ce qui octroya un petit répit au Serpentard. Il regretta sur le moment de ne pas avoir choisi un moyen de transport plus lent, car une poignée de secondes plus tard l'histoire se répétait. Arrivés dans une minuscule ruelle, excentrée, perpendiculaire à Charing Cross Road. De nouveau, sur la petite partie qui les séparait du Chaudron Baveur et qu'ils firent à pied, ils ne pipèrent mot. Niréus bénit le fait que la jeune femme soit si peu attachée aux futilités matérielles féminines. Oh, il ne doutait pas qu'elle aurait été déçu s'il n'avait pas remarqué ses efforts, mais cela s'arrêtait là, elle n'allait pas lui rabattre les oreilles toute la journée sur ce point. S'il s'était s'agit d'un bouquin quelconque, elle lui aurait assurément tenu la grappe beaucoup plus longtemps.
Sitôt passé la porte du Chaudron Baveur, il se dirigea résolument vers l'entrée cachée du Chemin de Traverse, déclinant sèchement, comme à son habitude, les regards incitateurs de Tom qui clamaient quelque chose comme : venez, venez chers clients que je vous dépouille de quelques uns de vos précieux galions … Un bruit fracassant le ramena à la raison.
Lorsqu'il se retourna, deux détails (plus ou moins) lui signifièrent que son attitude avait encore une fois été déplacée.
Il buta contre la moue farouche et suspicieuse du tenancier miteux du pub tout aussi miteux. Et dire qu'on lui reprochait à lui de ne pas s'améliorer, alors que cet endroit était déjà dans le même état quand il est venu acheter son tout premier chaudron. Quoiqu'il en soit, le serpentard comprit bien vite ce qui clochait. Il est évident qu'emporté par la banalité, il n'avait absolument pas fait attention à son comportement typiquement roguien. Un comportement déplacé aux vues de l'enveloppe charnelle qu'il arborait. Il s'éclipsa dans un sourire on ne peut plus faux jeton pour rejoindre le 2nd détail : une Hermione à demi vautrée sur un enchevêtrement de table et de chaises, entourée par deux sorciers l'aidant à se remettre sur pieds.
Plusieurs points de ce tableau déplaisaient fortement à Niréus. Tout d'abord il se maudit de n'avoir pas fait plus attention. Son attitude était inexcusable. Le jeune femme avait beau avoir très bien domptée son handicap, elle n'en restait pas moins aveugle. Il aurait dû, dans un lieu surchargé comme celui là, l'aider si ce n'est la mener. Qui plus est, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet : s'était-elle blessée ? Enfin, dernier point, et non des moindres, il n'aimait pas du tout les deux vautours qui rodaient autour de son Hermione. Âge médian, allure patibulaire et crasseuse, manière plus que douteuses : ces types ne lui inspiraient aucune confiance. D'apparence, on aurait très bien dit des acolytes de Mondingus Fletcher. Comment diable osaient-ils la toucher avec leurs sales mains grasses ! Et l'autre là qu'osait-il lui murmurer à l'oreille ! Vu la tête de la concernée rien de bien plaisant. Bien que furieux, il avalait déjà les quelques mètres qui le séparaient du petit groupe, un élément presqu'imperceptible le frappa. Ou plutôt une petite tâche de gras par terre et un amas de fourmis autour d'un grain de riz. Ce n'était peut être pas le meilleur moment pour déplorer le manque d'hygiène de cet établissement, pourtant ça avait de l'importance. Et pour cause. Il était passé il n'y a pas si longtemps sur dans ce coin si peu propre et il pouvait certifier qu'il n'y avait ni table ni chaises à cet endroit. Or c'est précisément là qu'avait eu lieu l'incident.
Les enflures !
Son pas déjà vif s'accéléra et il fut devant eux baguette tendu avant d'avoir eu le temps de dire sort … bon d'accord plutôt hippogriffe … mais bon, il n'avait pas trainé.
_ Écartez vous d'elle. Immédiatement ! Ordonna-t-il menaçant.
_ Qu'est ce tu veux blaireau ? Tu vois pas qu'on aide la dame ?
_ Ouais dégage l'blaireau, on aide la dame com'y dit !
Leur patois rustre, leurs vapeurs de vieux pinard à 2 noises, et leurs regards salaces finirent de convaincre le serpentard. Une intervention du tavernier n'était a priori pas envisageable . Le serpentard aurait donné sa main au feudeymon qu'il s'agissait là d'un vengeance de Tom pour s'être fait rabrouer tantôt.
Il ne réfléchit pas bien longtemps et agit. Au diable la casse et les scandales il a toujours eut horreur qu'on touche à ce qui lui appartient.
D'un fouet de baguette il envoya valser violemment le type le plus proche et il semblerait, instigateur de la manigance. Avait-il visé ou non, toujours est-il qu'il alla percuter la réserve de vaisselle et s'écrasa sans grâce sur le sol sous une pluie de bris de verre et de porcelaine.
Le deuxième agresseur, plus simplet, et paradoxalement plus intelligent, pris ses jambes à son coup.
Ignorant les velléités encore existantes de l'homme à terre, Niréus rejoignit Hermione qu'il devina perdue et au bord de la crise de nerfs. Cette journée commençait décidément bien mal. Peut être devraient-ils rentrer au Terrier … Il oublia vite l'idée en la sentant se caler contre lui, surement à la recherche de repères. Emporté par l'excitation du moment, il se dit que ce malheureux incident servait fort bien ses affaires et qu'il convenait d'en profiter au maximum. Aussi, un peu trop théâtralement, il prit les épaules de la jeune femme dans son bras et les serra en signe de réconfort. Puis, un regard méprisant plus tard, il la mena à l'arrière boutique pour enfin rejoindre le chemin de Traverse : il était inutile de trainer plus longtemps dans le pub.
Du coin de l'oeil il aperçut Tom chasser l'agitateur à grands coups de balais. Ce vieux débris aurait pu le faire plus tôt. D'ordinaire son établissement était mieux fréquenté que cela … Bon peut être aussi qu'il n'aurait pas dû le vexer, mais ce n'est tout de même pas une raison.
Lorsque l'air frais de l'hiver confirma qu'ils étaient bien sortis, Hermione se détendit, ce que ne manqua pas de remarquer le serpentard. Elle ne montra aucun signe d'inconfort ou de rejet, aussi la garda-t-il dans ses bras. Néanmoins, maintenant que le calme était revenu, c'était lui qui se sentait gêné de la situation. Ayant repris ses esprits, il passa en revue les événements fourmillant de détails troublant. Il y avait certes leur position actuelle assez compromettante mais pas uniquement. Comment avait-il pu se réjouir de la sentir chercher protection contre lui. Ne l'avait-il pas appelé « son Hermione ». Son … quelle idée grotesque, comme si elle pouvait lui appartenir … et pourtant il se souvenait être partit au quart de tour pour cette raison … Bon sang, il était sensé savoir si oui non il s'était de nouveau enamouré comme un idiot, pas autre chose !
La colère qu'il éprouvait envers lui même fut très communicative vis à vis de son caractère général. Aussi, plutôt que faire comme si rien ne s'était passé, il joua la carte du reproche :
_ Qu'est ce qui ne va pas chez vous ? Pourquoi ne pas avoir réagi ! Pourquoi ne pas avoir envoyer n'importe quel sortilège pour vous débarrasser de ces deux types ? Ah elle était bien parti tient la meilleure sorcière de sa génération !
C'était cruel, très Rogue, il en convenait. Pourtant d'un autre côté il n'avait pas tort. Cette fille là n'avait besoin d'aucun chevalier en armure pour la sauver, et elle l'avait maintes et maintes fois démontré. Alors pourquoi avoir jouer la faiblarde ?
Tout dans sa mine indiqua à Niréus qu'elle aussi n'approuvait pas son absence de réaction. Elle paraissait courroucée, peut être un peu triste mais plus que déstabilisée.
_ Je ne sais pas … tout est arrivé si vite … je pensais suivre le chemin que tu venais d'ouvrir mais finalement j'ai percuté quelque chose de dur et sans pouvoir me rattraper je me suis sentie partir … la douleur des pieds de chaise n'était rien face à l'angoisse de ma désorientation … je ne reconnaissait aucun bruit, aucune odeur et avant même que je n'ai eu le temps de chercher ton empreinte magique ils étaient déjà sur moi à me relever. Le mélange d'alcool et de sueur me prenait la gorge pourtant ils avaient été cordiaux … toujours pressant mais jamais vraiment déplacés … je ne savais vraiment pas comment les juger … ce n'est que quand tu es intervenu que j'ai véritablement compris … j'imagines que de vue, il n'y avais aucune équivoque à leur comportement …
_ Non, effectivement …
_ Je suis vraiment pitoyable, fit-elle avec amertume.
_ Pitoyable ? Non … juste naïve.
_ On va dire que j'ai voulu tester les réactions de mon garde du corps pour aujourd'hui, fit-elle enjouée avec la claire volonté d'oublier cet incident.
_ On va dire … et alors, verdict ?
_ Optimal pour la manière mais simplement Acceptable pour le temps de réaction !
Niréus fut sur le coup dubitatif concernant les capacités pédagogiques de la gryffondor. Lui se serait directement attribué un T. Et une retenue par la même occasion. Jamais ceci ne serait arrivé s'il avait été plus attentif. Trop d'indulgence ramollit ! Pourtant, il était … heureux, oui, heureux qu'elle ne lui en tienne pas rigueur. Il ne voulut pas en chercher la raison. C'était inutile, il ne la trouverait pas. C'était un pur fait et il comptait bien en profiter, pour une fois.
_ Bien madame, j'essaierai de mieux la prochaine fois, répliqua-t-il d'une petite voix d'écolier modèle.
Était-ce le ton employé, le côté inattendu ou la bêtise qui lui fit cet effet ? Il ne saurait le dire. Toujours est-il qu'elle éclata d'un rire franc et sincère. Et c'est ainsi qu'il pénétrèrent allègrement un chemin de Traverse noir de monde et frétillant d'activités. Cette mésaventure avait eu au moins un avantage, détendre l'atmosphère.
_ Wouah ! Quel brouhaha ! S'exclama-t-elle.
_ C'est le bruit normal de cette rue surpeuplée.
_ Possible. Mais je ne me souvenais pas que ce fut à ce point.
_ J'imagine que la cécité aura exacerbé vos autres sens.
_ Hun
_ Voire même en créer un autre. Je n'avais jamais entendu parler de quelqu'un capable de sentir l'empreinte magique des sorciers.
_ Pour tout dire, moi non plus. Pourtant ce n'est pas une invention de ma part. Je ne prétend pas pouvoir identifier tout le monde, mais ceux que je côtoient souvent comme les Weasley, Harry ou toi … C'est grâce à cela d'ailleurs que je t'ai retrouvé la dernière fois dans le cimetière.
_ Je me doutais qu'il y avait quelque chose comme ça. Bien que j'ai encore du mal à conceptualiser ce que peut être une empreinte magique.
_ Honnêtement j'aurais du mal à expliquer ce que j'entends par là … C'est comme une sorte de présence, d'aura magique, de halo coloré de sentiments …
_ Coloré de sentiments ?
_ En quelque sorte … comment dire … la tienne est sombre en apparence, on croit y voir de la tristesse, du désœuvrement, de la douleur mais quand on y regarde de plus près elle est éclatante d'amour et d'espoir, de bonté et d'humour. C'est à la fois rassurant, puissant et protecteur …
Humour ? Bonté ? Espoir ? Amour ? Parle-t-on vraiment de la même personne se dit-il. Était-il même encore capable de tels sentiments … Il en doutait.
Rassurant et protecteur, c'était ainsi qu'elle le voyait. En un sens, il était effectivement protecteur envers elle depuis qu'il avait changé d'apparence. Bon nombre de fois il l'avait sorti de multiples pétrins. Mais rassurant … cela n'avait plus rien d'objectif. Aucun fait ne pouvait attester qu'il était quelqu'un de rassurant. C'était un pur ressenti personnel. Au pub, elle s'était rapprochée de lui parce qu'il est son élément protecteur. Ici, elle ne s'écartait pas parce qu'elle se sentait rassurée … Il y avait un tel écart de considération entre ces deux simples mots. Jamais encore quelqu'un ne l'avait perçu avec un tel besoin … Jamais encore on ne lui avait dit de telles choses … Il avait été un ami de passage pour Lily, un souffre douleur pour les maraudeurs, un esclave pour le seigneur des ténèbres, une arme pour Dumbledore, un ennemi pour plusieurs générations de sorciers … Personne n'avait encore jamais eu besoin de lui pour ce qu'il est vraiment, pour autre chose que l'intérêt, que ce qu'il peut produire. Personne sauf, elle …
Hermione, de son côté, stoppa ses explications. Elle sentait qu'elle se livrait beaucoup trop. Ils étaient ici pour passer une bonne journée. Il était hors de question qu'elle la gâche.
_ Comment est le chemin de traverse maintenant ? Racontes moi.
_ Il fourmille d'activités. La route fraîchement repavée est inondée d'une foule bigarrée de sorciers. Presque tous les bâtiments ont été restaurés. De nouvelles échoppes ont remplacées les anciennes. Le tout sent le neuf et le renouveau. Pourtant par ci par là, on retrouve certaines boutiques inchangées, épargnées par la guerre, comme Fleury et Bott ou l'animalerie magique. Ollivanders a juste remis un coup de peinture à sa baraque mais l'intérieur est toujours le même. De ci de là on trouve quelques vendeurs ambulants de bricoles magiques sans intérêts. Deux bâtisses se démarquent : la majestueuse Gringotts dont une aile est toujours en reconstruction et le magasin de farces et attrapes aux couleurs criardes.
Et ils continuèrent ainsi pendant un bon bout de chemin. Contrairement à ce qu'il aurait pu croire, cela ne le dérangeait absolument pas de décrire chaque vitrines, chaque coin de rue. Il s'amusait même à essayer d'en donner le plus grand luxe de détails possibles.
_ Ce doit être beau à voir, dit-elle avec une pointe de regret qu'elle ne parvint pas à dissimuler.
Il aurait aimé lui offrir plus mais il n'y avait qu'une seule solution pour qu'elle puisse voir d'elle même ce spectacle pourtant si banal pour lui.
_ Savez vous utiliser la légilimancie ?
_ Non. J'ai réussi à développer mon occlumancie en autodidacte, à partir de ce que me rapportait Harry de ses leçons. Mais la légilimancie est bien plus complexe, même dans les livres. Qui plus est sa pratique nécessite un sujet humain pour s'entraîner. Et personne n'est vraiment partant pour exposer ainsi ses secrets les plus chers.
_ C'est dommage, j'aurais pu vous montrer notre descente du chemin de traverse.
_ C'est dommage en effet.
Il y avait bien une autre solution qu'il avait découverte pendant ses cours désastreux avec Potter mais c'était bien trop dangereux. Il aurait fallu qu'il envoie un legilimens et qu'elle le contre avec un protego. Elle retournerait le sort contre lui certes, mais jamais il n'aurait le temps et la concentrations nécessaire d'élever des barrières mentales autour de tout ce qu'elle ne devait pas savoir. C'était physiquement impossible.
_ Nous sommes arrivés chez l'apothicaire, annonça-t-il.
Tandis qu'il ouvrait galamment la porte, baguette à l'affut sous sa cape, il jeta un rapide coup d'oeil à l'intérieur pour repérer le responsable. Fort heureusement, comme à son habitude, celui ci roupillait sur un vieux rocking chair miteux. Juste au cas où, il envoya discrètement un sortilège de confusion au vieil homme ce qui eut pour effet immédiat de changer la mélodie de ses ronflements. Étape une : réalisée avec succès.
Ils passèrent une bonne demi heure à passer en revue les produits, sans réveiller l'apothicaire. Niréus traquait les mauvaises pièces pour aiguiser les aptitudes de la jeune femme à reconnaître les bons produits.
_ Alors si je récapitule. Les ailes de chauve souris trop nerveuses sont à bannir. Tout comme les yeux de crapaud fripés, le sang de dragon trop liquide, les poudres à gros grains, et les queues de rat abimées.
_ Exact. Sinon la qualité de la potion en pâtira.
_ En tout cas le nouveau propriétaire semble avoir conservé de bons fournisseurs.
_ En effet (et pour cause, rien a changé, ajouta-t-il pour lui même).
Ils flânèrent encore un bon bout de temps, croisant de temps en temps des têtes connues comme Lee Jordan, Cho Chang ou Katie Bell. Le serpentard se mit considérablement en retrait (traduction : fit mine d'aller voir la vitrine à l'opposé) quand ils tombèrent sur Luna Lovegood. Malheureusement pour lui, la conversation s'éternisa et il resta planté là, devant une boutique dont il ignorait même l'objet. Occupé comme il était à observer du coin de l'oeil l'avancée de la discussion, il fut surpris au plus haut point quand le vendeur lui tomba dessus.
_ Monsieur ! Bonjour ! Alors comme ça on a trouvé la perle rare et on cherche à l'honorer ! Dites moi tout, comment est-elle ? Sage ? Sauvage ? Excentrique ? Beauté ravageuse ?
_ Hein ?
_ Oh ! Je vois. C'est la charmante demoiselle là bas (il nous espionne depuis combien de temps, se demanda Niréus). Un bijou pareil mérite ce qu'il y a de mieux n'est-il pas ?
_ Ne …
_ N'allez pas plus loin, nous avons ici tout ce qu'il faut pour vous satisfaire ! Rubis, saphir, émeraude, diamant, tout ce qu'un cœur de femme peut rêver !
_ Mais …
_ Taratata ! Nous sommes des professionnels ! Avant tout, de quelle occasion s'agit-il ? Fiançailles ? Mariage ?
_ LA FERME ! explosa le serpentard.
Après avoir vidé son sac (très certainement agrandi par sortilège) sur le vendeur trop enthousiaste, il s'en retourna vers les deux bonnefemmes encore en train de discuter. Une bague non mais quelle idée ! Ah il l'aurait volontiers étranglé ce vendeur à la noix !
D'un autre côté, peut être que cela lui aurait fait plaisir à Hermione. Comment savoir ? Il ne savait pas faire plaisir, lui. Il pourrait peut être s'excuser de tout à l'heure avec un petit cadeau. Ça lui couterait quelques galions mais c'est tout. Son premier réflexe avait été d'incendier le vendeur. Or il n'avait jamais fait plaisir à quelqu'un. Donc pour faire plaisir à la jeune femme il devrait suivre les conseils du taré en costume. CQFD. Mais pas une bague … trop chargé de sens.
Faisant demi tour sur place il rejoignit la joaillerie. Une mine effrayée apparue sur le visage du dit vendeur quand celui ci reconnu le client qui venait d'entrer, à la plus grande satisfaction de ce dernier.
_ Bon ! Je veux un bracelet pour la demoiselle là bas. Intelligente, posée, coquette mais pas extravagante. Pour les couleurs, le choix entre rouge, or, argent ou vert. Vu ?
Le bijoutier acquiesça d'un hochement de tête expéditif. Il prit une minute pour observer Hermione puis, sans un mot fit une sélection de bracelets qu'il présenta au serpentard sur un coussin de velours noir.
Ce dernier jeta un rapide coup d'oeil dédaigneux à la sélection. Le premier, hum, non, trop voyant. Le second, bof, banal. Le troisième … Quoi ! Des gros cœurs ! Non mais ça va pas ! Le quatrième, mouais pourrait convenir. Le dernier, hum, aussi.
N'ayant aucune idée du meilleur choix entre les deux options, il regarda les prix. Il étaient relativement identiques, à quelques mornilles prêt. Évidemment ! Il décida finalement de prendre le plus cher des deux, postulant que sa qualité devait en être meilleure. Au moins si elle décide de le revendre, elle en tirera un meilleur prix, s'inventa-t-il comme excuse.
Paquet en poche, il se rapprocha en catimini des jeunes femmes toujours en train de papoter.
_ Ah ! Ça y est le voilà, dit Luna à Hermione en le prenant sur le fait.
_ Oh Niréus, que s'est-il passé ? Je ne te trouvais plus. Luna m'a tenu compagnie le temps que tu reviennes.
_ Comme c'est gentille à elle, fit-il hypocrite en se disant qu'il pouvait toujours attendre tout à l'heure pour que madame maboule décroche.
_ Ce n'est rien ne t'en fais pas, répondit Luna de son éternelle voix dans la lune.
Niréus répondit par un sourire tendu et forcé, ne s'attendant vraiment pas à ce qui allait suivre.
_ Ce n'est pas de ta faute. Je sais que le joaillier aime prendre son temps pour choisir les meilleurs bijoux, continua Luna.
_ Joaillier ? S'étonna Hermione.
Que quelqu'un le retienne avant qu'il n'y ait un meurtre !
_ Zut ! Je m'excuse. J'ai dû dire une bêtise …
_ Ah parce qu'elle sait dire autre chose ? Pensa le serpentard.
_ … vu comme ils te regardaient , ce devait être un cadeau pour toi Hermione. Je suis vraiment désolée, poursuivie Luna l'air vraiment ennuyé.
_ Joaillier, regarder, cadeau ? Mais de quoi tu parles, demanda Hermione qui n'y comprenait vraiment rien.
Avant même que Luna ne puisse ouvrir la bouche, Niréus fourra le paquet tout juste acheté dans les mains de la gryffondor, fusilla la serdaigle du regard et enfouit ses mains au plus profond de ses poches en marmonnant l'air buté : « Un petit quelque chose pour me faire pardonner de tout à l'heure ».
Hermione rougit. Elle aussi aurait bien aimé que ce genre de petites attentions se déroulent en dehors de tout public.
Elle ouvrit le paquet et avec Luna, Niréus aurait ajouté « comme deux poules », elle s'émerveillèrent du petit bracelet.
Préférant ne pas voir le spectacle, Niréus leur tourna le dos, attendant qu'elles aient fini leur cirque.
_ Il magnifique Hermione. Je t'assure. Des pierres rouges sang sur une base d'argent.
_ Wahou … Merci Niréus ! Fit Hermione, un peu gênée, réfrénant son envie de le remercier plus chaudement.
_ Pô d'quoi, baragouina-t-il.
_ En tout cas c'est un beau symbole. Rouge et argent, Gryffondor et Serpentard réunis, commenta Luna.
Niréus se dit que cette fille là, avec son imagination débordante et sa perspicacité déplacée, était décidément bien dangereuse.
_ M Londubat n'est pas avec vous cette fois ci ? Demanda-t-il l'air de rien.
_ Si. Il m'attend devant Gringotts. Il doit commencer à s'inquiéter d'ailleurs.
Et ça ne l'embête pas plus que ça ! Pensa-t-il.
_ Tu ferais mieux d'aller le retrouver Luna. C'est ma faute, je suis vraiment désolée.
_ Ne t'en fais pas, il comprendra.
Quelle belle poire, critiqua-t-il en pensées.
_ Tu devrais le mettre Hermione, dit Luna en faisant référence au bijou.
_ Oui, enfin, je vais avoir un peu de mal à trouver la fermeture.
_ Niréus va t'aider ! Fit joyeusement la blonde.
Non mais de quoi elle se mêle ! S'insurgea le serpentard en se trainant pour s'exécuter. Maladroitement il lutta avec le fermoir pour tenter d'accrocher le bout de ferraille au bras de la jeune femme. Cette dernière se laissait faire, mal à l'aise, en proie à d'agréables frissons procurés par la caresse involontaire des mains du jeune homme sur son poignet.
La magie du moment se brisa subitement quand Luna lâcha émue.
_ Offrir un bijou à une femme est un beau geste de possession. C'est comme passer un collier à un chat.
Le bracelet réticent se ferma immédiatement et les deux amis s'écartèrent sensiblement. Ensemble, ils auraient pu aisément représenter les couleurs de l'équipe d'Angleterre, tant l'une était rouge et l'autre blanc.
Une image d'un pattenrond aux traits féminin, un bracelet au cou, dans les bras du serpentard, s'imposa dans leurs esprits.
_ Bon je vous dis à un de ces jours ! Leur lança Luna en s'éloignant.
Et dire que l'atmosphère s'était détendue … elle avait tout gâché.
Avant qu'un vide ne s'installe de nouveau entre eux, Hermione déclara :
_ Il ne fallait pas … pour le bracelet. Je ne t'en voulais pas pour tout à l'heure.
_ Attitude typique des femmes ! On se casse la tête pour leur faire plaisir, et le mieux qu'elles trouvent à nous dire c'est : il ne fallait pas, fit-il faussement fâché
_ Ben …
_ Et si nous allions manger ?
_ D'accord.
_ J'ai repéré un nouveau café en face de Madame Guipure. Il avait l'air pas mal. Cela vous convient-il ?
_ Ce sera parfait !
Il se rendirent donc au dit café : A la baguette rieuse. Un drôle de nom selon l'avis de Niréus. En entrant, ils furent agréablement surpris. Une bonne et enivrante odeur de pin flottait dans la pièce, portée par une brise d'hiver athermique. Hermione ne pouvait pas voir le pourquoi de la chose mais Niréus le lui expliqua bien vite. Le café était grand, bien plus grand que ce que son emplacement cadastrale lui permettait : un sortilège sans doute. D'ambiance trappeur, la décoration était assez surprenante. Sur la partie droite un large bar en bois noué et une scène confortable permettant d'accueillir des groupes des musiciens assez fournis. Et sur la gauche des tables en bois disposée dans ce qui était la reproduction d'une forêt de conifères enneigés, une neige sans froid qui parsemait arbres et sols. C'était certes spécial mais très original et surtout bien pensé : une véritables forêt nordique sans les inconvénients. Niréus jurerait même avoir vu l'ombre d'un loup se balader.
Le service fut agréable, et la nourriture excellente. On leur expliqua même que le thème du café était une sorte d'hommage à l'ancien commerçant, Florian Fortarome, un des disparus de la guerre.
_ C'est agréable de rencontrer des sorciers avenants, commenta Hermione.
_ Hum
_ J'avais un peu l'impression depuis quelques temps que beaucoup de sorciers avaient perdu la bonne mentalité d'antan. Un peu comme les types de ce matin.
_ Hun … Il est vrai que cette sortie de guerre est assez difficile, et cela se fait sentir au niveau de la population sorcière. La crise a été profonde et violente cette fois ci. Le ministère même était à l'ennemi . Beaucoup de sorcier ont tout perdu. D'autre ont subi des humiliations sans nom. Et puis il y a eu aussi un grand nombre de morts … D'un côté ça s'explique.
_ Oui, j'imagine qu'on ne peut pas demander aux gens d'oublier du jour au lendemain les épreuves qu'ils ont subi.
Ils continuèrent ainsi un petit moment à discuter de tout et de rien, jusqu'à ce que leur conversation tombe de nouveau dans des eaux dangereuses.
_ C'est drôle mais revoir Luna m'a fait penser à une chose …
Quand il s'agit de la foldingue, ce n'est jamais bon, se dit-il.
_ … je crois qu'elle aussi peut sentir les empreintes magiques.
_ Ha, fit-il interdit.
_ Oui, tu te souviens le jour du mariage, elle avait dit que le professeur Rogue et toi ne faisiez qu'un …
_ Hun
_ Dans un sens elle a raison, vous avez exactement la même empreinte magique.
_ Et ?
_ C'est absurde bien sûr, mais vous êtes tous les deux à ce point semblables, qu'on dirait que vous ne faites vraiment qu'un.
Le panneau danger brillait de tous ses feux dans l'esprit du dit Severus.
_ D'ailleurs maintenant que j'y réfléchi, je ne vous jamais vu ensemble dans la même pièce. Enfin, façon de parler.
Danger ! Danger ! Danger !
_ Super, je ne pouvais pas ressembler à quelqu'un d'autre, fit-il l'air désespéré. Je suis condamné à une image de vieux sorcier aigri, sans charme et totalement asocial. Monde cruel ! Fit-il mélodramatique.
_ Ce n'est pas ce que je voulais dire !
_ C'est tout comme.
_ Je …
_ Ne vous en faites pas, j'assisterai à un de vos cours avec le professeur Rogue. Comme ça vous verrez que je ne suis pas cette vieille chauve souris.
Comment allait-il faire ! Merlin ! Comment allait-il faire ?
Une musique emplit le café. Elle était guai et entrainante, très agréable à l'oreille. Le serpentard remarqua que la jeune femme appréciait tout particulièrement écouter cette musique.
_ La musique vous plait ?
_ Oui, ça me rappelle de bons souvenirs.
_ Des souvenirs ?
_ Quand j'était petite je jouais de la musique. Du piano principalement. Mais aussi un peu de flute et de guitare. C'est d'ailleurs devant un piano que ma toute première magie s'est manifestée. C'est une activité qui me plaisait énormément.
_ Ah bon ?
_ Elle me faisait oublier ma solitude, le lot des têtes de classe en gros, toujours rejetés. Maintenant je comprend aussi que c'était en parti de ma faute : trop d'arrogance repousse. Je n'était pas assez douée pour faire un sport donc je me suis embarqué dans la musique. Je n'ai arrêté qu'à mon entrée à Poudlard.
_ C'est dommage.
_ Surement. Mais j'ai découvert un monde merveilleux et je me suis enfin fait des amis. Je n'avais plus de raison de me cacher dans la musique. Ce que j'adorais par dessus tout c'était décortiquer les morceaux, et dénicher tous les instruments qu'ils contenaient.
_ Étrange lubie, se moqua-t-il.
_ Là par exemple, j'entends un piano … et ici un hautbois, là c'est un ensemble de cordes qui font leur entrée … des flutes et des fagots …
_ Navré de vous décevoir mais il n'y a qu'un musicien.
_ Vraiment ?
_ Oui, une sorte d'homme orchestre à la sorcière.
_ Surprenant !
_ N'en aviez vous jamais entendu parler ?
_ Non. En tout cas c'est un très beau morceau.
Niréus n'ajouta rien et regarda la performance du musicien. Il s'imaginait très bien la jeune femme derrière un piano. En revanche, il n'aimait pas les regards insistants de l'instrumentiste. Ni ces petits signes de tête d'ailleurs. Il attendait quoi ? Qu'ils viennent danser ? Hors de question !
Le musicien lui désigna Hermione de la tête. C'est vrai qu'elle prenait du plaisir à écouter la musique. Il savait aussi qu'elle avait aimé dansé la dernière fois. Peut être devrait-il … Après tout ils étaient les seuls clients, il n'y aurait pas de badauds cette fois ci. Peut être …
Sur un coup de tête il se leva ce qui sembla enchanter le musicien. Il prit Hermione par la main et la conduisit dans la zone réservée. Bien que l'initiative vienne de lui, il ne sut trop quoi faire. Il se remémora difficilement le jour du mariage pour essayer de suivre tous les conseils qu'elle lui avait donné. Quand la jeune femme eut comprit ce qu'il avait en tête, elle en devint rouge de confusion. Les débuts furent maladroits et quelques orteils eurent la vie dure. Mais très vite, tous les deux furent emportés par la musique.
Un monde qui n'appartenait qu'à eux. Loin de toutes les convenances, de toutes les règles et de tous les dangers de la vie réelle … Ils se sentaient si bien … La distance au départ très bienséante se réduisait toujours un peu plus …. Le serpentard se rendit compte qu'il appréciait ce moment. Il aimait l'avoir ainsi dans ses bras sans retenue. C'était doux et apaisant. Et pourtant si excitant que son cœur s'emballait comme un fou, en phase avec la musique … Son parfum, son sourire, sa chaude présence … Weasley était un fou d'avoir renoncé à cela …. si près, pour lui …
Et la musique de ralentir, s'adoucir … un moment de repos, de tendresse … de tension … Il n'en pouvait plus mais il ne pouvait pas … pourtant il le fit … un baiser léger sur le front, fruit d'un effort surhumain. Un effort pour le faire, et un pour se retenir. Il n'était rien qu'un homme, faible, sanguin, passionné et sa nouvelle passion il la tenait dans ses bras. Il était fou. Il était bête. Mais il se sentait bien.
Le piano reprit un mouvement joyeux et sautillant, plein de vie. Il ne savait absolument pas comment danser là dessus … mais qui s'en souciait. De toutes façons, elle serait là pour réparer ses bêtises … pour lui.
Quand les cordes apportèrent de nouveaux le calme dans la mélodie, Hermione s'abandonna à une félicité sans nom, la tête sur l'épaule de son compagnon. Elle ne voulait pas forcer les choses. Elle ne voulait pas se précipiter. Et puis surtout elle ne pensait pas que lui aussi … quelle surprise, quelle agréable surprise … elle ne grimaça même pas sur le coup de la douleur provoqué par un énième écrasage d'orteil, elle se sentait bien … si près.
Instinctivement, il resserra son étreinte, le menton presque posé sur sa tête. Quelle blague, dire qu'il s'était toujours moqué avec verve de tous ces adolescents transis après une valse. Ça faisait tellement cliché, un vrai tableau à l'eau de rose, mais Merlin qu'il aimait les roses en ce moment précis.
Combien de temps dura le morceau ? Aucun des deux n'aurait pu le dire mais une chose est sûre, il était bien trop court à leur goût.
Lorsque la dernière note eut retenti, elle laissa à chacun d'eux un goût d'inachevé, mortel de frustration. Tous les deux en voulait plus, bien plus … mais lui n'oserait jamais. Ce petit bonheur, si obsédant, si tentant, n'était pas pour lui … Quelle ironie, lui le serpentard sentait son sang de serpent bouillir en lui, de passion. Elle s'avérait être le soleil qui réchauffait ses entrailles de reptile. Quelle sensation unique, si douce, si douloureuse.
Comme un pantin, il la regarda se mettre sur la pointe des pieds et se rapprocher encore un peu plus. Sa respiration lui chatouillait maintenant agréablement le menton. Diable que la chaleur montait, insoutenable et délicieuse. Quelle drôle d'euphorie quand il sentit plus qu'il ne vit, ses lèvres si envoutantes rencontrer le coin de sa bouche asséchée.
La situation échappait totalement à son légendaire contrôle. Petit à petit toutes les barrières qui avaient cimenté son esprit s'effondraient comme des châteaux de cartes explosives. Vieux sorcier, il ne se sentait pas. Aucun sentiment de culpabilité attenant à leurs positions respectives, lui le professeur et elle l'élève, lui le vieux elle la jeune. Son passé ? Qui s'en souciait. Il n'était plus lui même. Ou peut être justement était-il enfin lui même. Et puis tout le monde le considérait comme un héros, autant en profiter. En ce moment précis, oui, il se sentait l'âme d'un héros, et elle en était sa récompense. Et quelle récompense.
Jamais encore il n'avait ressenti cela. Pas même en compagnie de Lily. Était-il trop jeune à l'époque ou bien n'éprouvait-il finalement qu'une forme d'admiration associée à une profonde amitié. Il passait des heures à la regarder mais jamais son contact ne lui avait donné de tels frissons. Son cœur n'avait jamais battu si fort. Il pensait à lui après et à elle d'abord. Quelle folie, quelqu'un dans sa vie semblait amoureux de lui. Ces émotions, ces frissons, sensations, non, décidément il n'avait jamais ressenti ça.
Se sentant idiot, il leur fit reprendre mouvement sur le nouvel air qui emplissait la salle. Il y avait des paroles cette fois ci remarqua Niréus, qui décida de se concentrer dessus pour s'accorder un répit et se détourner de son émoi.
Née dans l'ombre
L'émotion te serre
Inutile de préciser que ces dites paroles n'eurent pas l'effet escompté.
Dans le noir,
Se jouent nos vrais chimères
Cède à la jouissance
Si belle et sans défense…
C'est vrai qu'elle était belle. Pour la première fois il s'autorisait à le reconnaître. Le temps avait bien fait son œuvre. Belle et fragile, car oui elle était sans défense. C'était pour cela d'ailleurs qu'il avait dû s'acoquiner avec au début une bénédiction. Mais il la protègerait, il en faisait le serment. Il ne la laissera pas périr comme il avait pu le faire par le passé. Cette fois ci il serait là.
Sans bruit, la nuit
Vient de te surprendre
La nuit l'instruit
Trépidante et tendre
Quitte la lumière
Fais ton deuil du jour vulgaire
Oublie tout de son éclat cruel et froid
La nuit, vois-tu, ne chante que pour toi
La nuit, une référence à l'éclairage de plus en plus tamisé du restaurant ou bien un renvoi à sa propre noirceur … Cruel et froid, une bonne définition de lui même. Sauf avec elle. La tendresse il la sentait suinter de tous les pores de sa peau, de leurs peaux. Oui, trépidant était le mot.
Grâce à moi, tu sauras
Ce que ton âme exprime
Au contraire, il aurait bien aimé que ce musicien se la boucle tant il était au bord de l'implosion. Laisser parler son âme après l'avoir bâillonné si longtemps, le mettait décidément à rude épreuve.
Par moi seul, ouvre-toi à la parole
Que ma voix te transporte loin du sol
Et qu'au loin ton esprit s'élève puis vole…
Piano, piano
Ma chanson va naître
Cède-lui, fais-lui succomber ton être
Ah ça ! Pour céder, il était en train de céder et sur tous les plans. Merlin qu'il était doux de succomber ainsi.
Ose ouvrir ton coeur
Laisse au loin tes moindres peurs
Peurs ? Quelles peurs ? Ce qui lui faisait le plus peur était abandonné dans ses bras. La plus belle des frayeurs.
Ces ténèbres, on sait que nul
Ne les combat
Ténèbres qui ne chantent que pour toi
Laisse-moi te confier la clé d'un autre monde
Ce monde était ici. Il était excitant, inconnu et prometteur. Il faudra penser à faire un double de cette clé, car il refusait de s'y installer seul. Elle devait rester là. Si seulement.
Laisse au loin ce qui fait ta vie là-haut
Il était déjà revenu d'entre les morts. Tout lui paraissait si loin. Avait-il vraiment servi le lord noir de son propre chef ?
Livre-toi aux puissances de la nuit
Promets-moi que tu paieras ce prix
Tous les prix, depuis les soldes jusqu'à l'inflation.
Flotte et flâne au fil de mes caresses
Touche-moi, donne-moi
Jusqu'à ton ivresse
Ça commence vraiment à devenir dangereux se dit-il alors qu'il percevait le mouvement incontrôlable de ses mains dans le dos de la jeune femme. Elle lui répondit en resserrant son étreinte, totalement détendue. Quelle imbécile a décrété que l'état d'ivresse était répréhensible ? Comme il aimerait se saouler tous les jours de ces sensations.
Que la nuit culmine
Que ton être obscur s'incline
Face aux notes que ma muse impose à moi
Ces notes qui ne chantent que pour toi…
Enfin la musique s'acheva. Ils retournèrent à leur table terminer leur desert. Le corps en feu, il croisa le regard du musicien : un regard très Dumbledore, plein de malice. Un regard qui criait : « je t'aurais mon gars ! Tu finiras par craquer. ».
Il chercha désespérément à briser la brûlante glace qui les figeait tous les deux. Il ne put rien trouver de mieux que : « Cette tarte est excellente ». Quel idiot, la gryffondor avait choisi de la crème renversée. Elle répondit néanmoins un « hun » absent, preuve qu'elle non plus n'avait plus les idées en place.
Le silence, ce fut de nouveau le pianiste qui le brisa.
Passe le point de non-retour,
Nos mains se cherchent,
Le grand moment arrive :
Enfin l'étreinte !
Passe les liens du cœur, du sang.
Pourquoi te battre ?
Abandonne aux excès l'ultime enceinte…
Les yeux du serpentard s'arrondirent face à l'audace de la dite chanson. Il déglutit difficilement. C'est qu'il n'y allait pas de main morte l'artiste. Tous ces sous entendu lui remuaient les boyaux dans un excitation extrême.
Vers quel enfer affluerons-nous ?
Parviendrons-nous jusqu'à sa porte ?
Quel grand brasier est là pour nous seuls ?
Passe le point de non-retour.
Plus rien à craindre,
les sens triomphent et le cœur reste sourd.
Au bord du point de non-retour…
_ Et si nous y allions, proposa-t-il empressé, soucieux de s'échapper le plus vite possible de cet endroit.
_ Comme tu voudras, dit-elle.
Il passa en vitesse son manteau et aida la jeune femme à en faire de même, fermant au maximum ses oreilles. Les dernières bribes de chanson qu'il entendit néanmoins malgré lui, alors qu'il conduisait Hermione au dehors, faillirent bien avoir raison de lui.
Quand donc la fleur s'offrira-t-elle ?
Le sang va-t-il bientôt rugir ?
Déjà je sens les flammes sur moi
Ça y est ! Enfin dehors ! Les joues en feu battu par l'air froid de janvier. Ce répit, quel soulagement …
Les premiers mots qui venaient à l'esprit de Niréus sur le coup furent « Qu'est ce qu'on fait ? Où on va ? ». Étant celui qui invite, il se douta que ce n'était pas là, la bonne chose à dire. Il lui sa main sur son propre bras, en prenant bien soin de ne toucher que des parties protégées par des vêtements, puis la mena à travers le chemin de traverse, se tenant à une certaine distance de sécurité. Il devait avoir l'air foncièrement ridicule à se tenir ainsi, comme s'il trimballait une bombe instable. Malheureusement pour lui ou presque, la foule se chargea de les rapprocher. Il n'avait aucune idée de leur prochaine activité … l'animalerie ? Inutile. Le quidditch ? Encore plus inutile. Un café ? Non, ils sortaient tout juste de table. Bingo ! La librairie. C'est un truc qui marcherait à coup sûr.
Et effectivement,, il avait vu juste. Amener la jeune femme dans ce genre d'endroit c'est comme tendre une carotte à un âne. Non pas qu'il la comparait à un âne ! Surtout pas ! M'enfin c'était tout de même prévisible.
Ils passèrent un temps considérable chez Fleury et Bott à farfouiller les rayonnages. Finalement elle acheta un livre sur les femmes et le Quidditch qu'elle comptait offrir à Giny. Le serpentard trouvait ça légèrement ridicule. Déjà parce qu'il parierait volontiers qu'elle ne le lierait pas ensuite parce ce dont la rouquine aurait vraiment besoin pour réussir ses tests, c'est un livre de technique, pas d'histoire. Mais bon, il avait tout de même réussi à l'empêcher d'acheter les 2/3 de la libraire.
Ils firent une escale presqu'obligée à la boutique de farce et attrapes où ils rencontrèrent Georges. Une rude épreuve pour Niréus qui se vit proposer toutes sortes de produits plus ou moins douteux qu'il refusa les uns après les autres.
« Chewing gum sourire tombeur ? »
« Non merci »
« Rêve éveillé ? »
« Non merci »
« Philtre Coeur Boum Boum ? »
« Non »
« Oreilles à rallonge »
« Non !»
« Gr ... »
« NON ! »
Le serpentard fit très attention à écarter la jeune femme des pastilles à vocalise afin de ne pas éveiller ses soupçons plus qu'ils ne l'étaient déjà.
Leur après midi se déroula tranquillement. Aucun enquiquineur ne vint gâcher leurs bons moments. Une boutade par ci, une critique par là, les discussions allaient bon train, bien qu'une petite gène se fasse encore ressentir. L'homme était tellement distrait qu'il faillit même se retrouver sur le derrière après avoir glissé sur une plaque de glace. Hermione rit de bon cœur tout le temps qu'il injuria le sombre abruti qui avait jeté de l'eau par ce froid.
Sur le coup des 16h ils s'arrêtèrent à une sorte de bouig-bouig près de l'entrée de l'allée des Embrumes qui vendait marrons et vin chaud, histoire de se requinquer.
Il avait toujours trouvé les vapeurs de ce genre de bicoques trop entêtantes pour qu'il ne s'y arrête. Mais Hermione lui avait maintenu que cette boisson, d'origine moldue, était toujours la bienvenue en période de froid. Lui était dubitatif. Il avait toujours préféré le Whisky pur feu au vin. Primo ça sentait meilleur et deuzio c'était bien moins traître. Quand au goût, ben c'est une question de goût justement. Et lui le raisin pourri, ça ne l'avait jamais vraiment emballé. Une gorgée du breuvage finit par le convaincre.
_ Alors ? Demanda-t-elle.
_ C'est infect, répondit-il avec franchise et sans détours. Inutile de jouer l'hypocrite à dire le contraire.
_ On peut toujours aller ailleurs.
_ C'est bon. Je vais me venger sur les marrons.
Une dernière péripétie les attendait. Elle prenait la forme d'une femme (ou ce qui s'y apparentait plus ou moins), d'âge mûr et d'aspect vulgaire. De la tenue excessivement échancrée au maquillage outrancier, de la voix grasse aux vapeurs de mauvais tabac, inutile de chercher la provenance de ce phénomène : une des harpies à sorcier de l'allée des embrumes. Que fait donc la sécurité du chemin de Traverse ? Bon sang il attirait vraiment les ennuis.
_ Alorrrs, beau brrrun. On est de sorrrtie ?, l'accrocha-t-elle en roulant exagérément les r.
Merlin au secours …
_ Allez mon mignon. Fais pas semblant d'm'ignorrrer. J'le sens que les belles carrrrosserrries te brrranchent.
Non mais quel culot ! Pensa-t-il excédé.
Hermione qui ne pouvait voir le drame (parce que c'en était un), était encore occupé à décortiqué son marron chaud. Oh elle entendait bien ce qui se passait, mais elle était loin de se douter que ça les concernait, du moins jusqu'à ce qu'elle entende Niréus intervenir :
_ Dégagez de la avant que je ne sorte ma baguette !
_ Laquelle ? Répliqua la créature de mauvaise vie.
Sans même répondre, le sorcier s'exécuta.
_ Oh, celle là … fit la créature visiblement déçue.
Menaçant la harpie de sa fidèle baguette d'ébène, le serpentard gronda d'une voix sourde et glaciale :
_ Vous nous importunez. Dégagez. Je ne le répéterai plus.
Hermione n'y comprenait définitivement rien et ça se voyait. Quoiqu'elle commençait à se faire une vague idée de la situation.
L'importun n'en fut pas pour autant impressionné. Elle dévisagea la Gryffondor de pied en cap avant de lâcher lascivement d'un ton moqueur :
_ Nous ? A parrrce qu'elle est avec toi l'autrrre. Rhô je pensais qu'elle s'était mis là, parrrce qu'y avait pas d'autrrre place librrre. Frrranchement mon chou, tu mérrrites mieux.
Avant qu'il ne puisse lancer le moindre sort, la harpie s'éloigna.
En s'engouffrant dans la sombre allée des embrumes, elle lâcha à Niréus : « Tu sais où me trrrouver ». comme s'il était acquis qu'il courrait après ses services.
Quand le serpentard se reconcentra sur Hermione, il put constater qu'elle voyait rouge. Sur un ring, contre la harpie, il y aurait très certainement eut KO en moins d'une minute vu comme elle était remonté.
_ Non mais pour qui elle se prend l'autre ç%& # !
_ Calmez vous.
_ Pas de place libre ! Mérites mieux ! Elle s'est pas regardé cette espèce de %& #$ !
ô misère.
_ C'était une harpie, alors on se calme !
_ C'est pas une excuse !
Par Merlin, quel manque de bol soupira-t-il en écoutant résigné, la Gryffondor tempêter contre la créature.
Voilà voilà. Ça commence mal ça fini mal quoi de plus normal ^^ mais bon faut pas oublier le milieu non plus ;o)
j'espère franchement que ça vous a plut, que ça vous a surpris parce que vous vous attendiez pas du tout à ce que ça se passe comme ça. On peut lâcher le ENFIN vu que le sacré Sev semble s'être décidé cette fois. Bon ok, ce n'est pas encore les grands élans de passion mais bon ça reste Sev aussi XD
je voulais que ce chapitre ne rompe pas avec le ton un peu décalé de l'histoire, et que le rendu ne sois pas trop cucul la praline. Résultat : à mon avis c'est raté. Le passage du restaurant, malgré les touches comiques que j'ai rajouté par ci par là, fait tout de même un peu eau de rose et violons. Tant pis, on fera avec …. parce qu'au final ça me plait bien (I am the chef XD)
Plaisanteries mises à part, dites moi ce que vous en pensez.
Petites indications : pour la musique de la 1è danse je me suis basée sur le thème du château ambulant (Howl's moving castle theme ou quelque chose comme ça). Bien sûr libre à vous d'y voir une autre musique ^^
enfin, pour rendre à césar ce qui est à César, les paroles des deux chansons suivantes ne sont pas de moi bien sûr mais ce sont celles de Musique de la Nuit et de Passe le point de non retour (pour une petite partie), du film Le Fantôme de l'Opéra.
Bon je pense que je vous ai tout dit …
après 38 chapitres d'attente, voilà enfin que les choses bougent entre les 2 larrons.
Ciao Ciao !
Mode « supporter de foot hystérique sur des gradins en ferraille » ON :
Review ! Review ! Review ! Pam ! Pam ! Reviews ! Reviews ! Pam ! Pam ! Pam ! Revieeeeeee ….
ce qui devait arrivé arriva :
PIN PON PIN PON !
Les gradins se sont effondrés
XD (faites pas attention au délire. Je suis littéralement noyée par le boulot à la fac ^^)
A plus !
