Merci à tous pour vos super reviews!! Avec ma toujours aussi fidèle mémoire, je ne me souviens pas si j'ai fait mes reply ou pas... milles excuses si ce n'est pas fait, donc:-S

J'espère que cette suite presque entièrement réécrite vous plaira!

Bonne lecture!


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Chapitre 37 : La vallée des géants

C'était une nuit très noire, il faisait froid. Une semaine s'était écoulée depuis qu'ils avaient quitté le confort douillet de la maison d'Adorabelle.

-C'est infect, grimaça Harry.

-C'est tout ce que j'ai pu trouver! se défendit Lyra.

-Non seulement je hais les pois chiches, mais en plus, ils ne sont pas assez cuits! râla Harry en repoussant sa portion.

-C'est facile de se plaindre quand on ne fait rien! dit Lyra en haussant le ton.

-Qu'est-ce que tu insinues? demanda Harry en plissant les yeux.

-Oh mais rien du tout! Après tout, c'est moi qui me suis débrouillée pour voler une tente dans le garage d'une famille de Moldus, c'est moi qui ai failli me faire empaler par le couteau de boucherie d'une vieille grand-mère lorsque je suis entrée chez elle par effraction pour piquer des couvertures et comme si ce n'était pas suffisant, c'est moi qui dois à nouveau jouer les voleuses tous les jours pour nourrir Monsieur la Fine Bouche! Sans compter que je dois me farcir la cuisine et supporter des commentaires désobligeants! Je n'ai donc aucune raison d'insinuer quoi que ce soit!

Harry resta un moment bouche bée devant ces remontrances. Puis il sentit le besoin de se défendre un peu.

-Moi je conduis un balai toutes les nuits et souvent une bonne partie du jour lorsque le ciel est couvert! dit-il. C'est normal que je sois fatigué après avoir volé durant des heures dans des conditions difficiles!

-Oh, pardon! ironisa Lyra. C'est vrai qu'il n'y a que toi qui ressens le froid et la fatigue sur ce balai!

Et toc. Harry reprit sa portion de pois chiches et se remit à manger sans faire d'histoire.

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Il faisait très noir. Le quart de lune qui aurait pu illuminer cette nuit fantomatique était entièrement masqué par de gros nuages gris annonçant l'orage. Sur une île isolée au beau milieu d'un océan déchaîné, il y avait un phare en ruine où la porte avait été remplacée par un mur de brique, condamnant ainsi l'accès à quiconque aurait été assez fou pour s'y aventurer. Et au pied de ce phare, il y avait une silhouette encapuchonnée qui fixait d'un air tranquille la lucarne, quelques mètres plus haut, qui constituait la seule ouverture du lieu. Cette silhouette semblait tout à son aise, ça va très bien, oui, je suis là sur une île au milieu de nulle part, d'accord, et devant un phare en état de délabrement total, super, on ne peut plus cool comme soirée. Il y eut un éclair argenté puis la silhouette fit place à une chauve-souris, qui s'envola vers la lucarne et disparut à l'intérieur du phare.

Quelqu'un avait fait apparaître une cheminée dans un coin, rendant moins humide l'immense salle aux murs de pierre. Une foule de silhouettes en robes noires était déjà là, les uns installés sur des fauteuils de velours rouges, les autres debout dans un coin, mais tous en silence. Sitôt entrée dans la pièce, la chauve-souris émergea d'un nouvel éclair argenté et rabattit sa capuche derrière elle. De longs cheveux noirs et bouclés en jaillirent, encadrant un visage pâle où brillaient de sombres yeux verts. Cette apparition chassa le lourd silence qui régnait sur l'endroit.

-Vous voilà enfin!

-Est-ce qu'on va enfin savoir ce que cela signifie?

-Une réunion à cette heure-ci!

-Et tout ce mystère!

-Content de te voir saine et sauve, Dorade.

-Merci, Severus. C'est un honneur de te voir manifester de la sollicitude à mon égard. Les autres, reprenez votre calme, s'il vous plaît. Je ne sais rien de plus que vous.

D'un coup de baguette, Dorade Sinistra sécha sa cape trempée de pluie.

-Alors pourquoi nous avoir convoqués à cet endroit à pareille heure? s'exclama un jeune homme au teint crayeux.

-Ce sont les ordres que j'ai reçues du Seigneur des Ténèbres, répondit Sinistra. C'est la seule information que je détiens. Lui seul connaît les motifs ayant influencé son choix de l'heure et de l'emplacement.

Plus un mot ne se fit entendre. Sinistra s'approcha du feu pour se réchauffer. Près d'elle, une vieille sorcière grignotait son index gauche, indifférente au filet de sang qui coulait sur son menton.

-Que fais-tu, Elfride? demanda Sinistra.

-Une petite fringale, répondit la vampire.

Au même moment, une bourrasque glacée s'engouffra par la lucarne, éteignant le feu et le murmure des conversations. Les vampires se placèrent aussitôt en rangs bien droits et Sinistra s'approcha du visiteur. Elle salua d'un signe de tête Voldemort, dont le visage était dissimulé dans l'ombre de sa cape.

-Fidèle au poste, dit Voldemort d'une voix grave.

-Les vampires n'ont qu'une parole et l'on peut s'y fier, répondit Sinistra.

Voldemort pointa sa baguette sur la cheminée et un énorme feu se mit à ronfler dans l'âtre.

-J'irai droit au but, dit-il alors. Je suis venu pour m'assurer que vous ayez réfléchi à ma petite… proposition.

-Je croyais pourtant avoir manifesté notre désir de rester neutre dans cette guerre, dit posément Sinistra.

-Vous avez clos l'entretien en disant que vous réfléchiriez et vous avez intérêt à l'avoir fait!

Voldemort rejeta sa cape derrière lui. Une lueur sauvage s'anima dans ses yeux rouges.

-Vous êtes avec ou contre moi! dit-il fortement.

-Je suis avec vous, moi! dit le sorcier au teint crayeux en s'avançant d'un pas décidé.

-Stanislas! s'écria Sinistra. Reprenez votre rang!

-Non! dit le sorcier. J'en ai marre de me faire diriger par une sorcière guillerette qui se fiche des intérêts de ses condisciples! Nous savons tous que vous éprouvez une incompréhensible affection pour la gentille bande de Dumbledore, mais, dites-moi, où cet attachement nous a-t-il menés? Nous sommes encore considérés comme des moins que rien et nous devons toujours nous cacher pour survivre, sans quoi nous serions capturés! Sans compter les nombreux cas de discrimination quotidienne que nous devons subir…

-Je suis d'accord, approuva un jeune vampire. Être neutres ou gentils ne nous offre aucun avantage!

Il rejoignit Stanislas et fut bientôt suivi d'une dizaine d'autres vampires. Ceux qui étaient toujours en rang derrière Sinistra semblaient hésiter.

-Ne faites pas ça! dit Sinistra. Croyez-vous que devenir des meurtriers améliorera votre condition?

-C'est tuer ou être tué, dit sombrement une vampiresse. Pour ma part, mon choix est fait.

Cette déclaration fut suivie de nombreux cris d'approbation. Il n'y avait plus que huit vampires derrière Sinistra, les autres ayant tous rejoint Voldemort.

-Très bon choix, commenta celui-ci aux vampires. Vous ne le regretterez pas. J'ai organisé un… petit voyage en Suède, où, si vous suivez mes ordres, vous connaîtrez votre heure de gloire.

Il se tourna vers Sinistra.

-C'est votre dernière chance pour changer d'avis, dit-il.

-Jamais! répondit farouchement Sinistra.

-Très bien, dit froidement Voldemort.

Puis, faisant apparaître des masques au visage de ses nouveaux alliés, pour les protéger, il brandit sa baguette et cria : « SOLARISSIMA ! »

Mais Sinistra et ses huit acolytes s'étaient déjà échappés de l'immense soleil dévastateur. Une minuscule volée de chauve-souris disparut par la lucarne, sous le hurlement de rage de Voldemort.

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Harry fit rétrécir la tente d'un coup de baguette et la fourra dans son sac, qu'il mit en bandoulière.

-Je suis prêt, dit-il.

-On est obligés de repartir ce soir? geignit Lyra.

-Tu sais bien que c'est la nuit qu'on peut parcourir le plus de distance possible.

Lyra soupira. Elle fit disparaître les traces de leur passage sur ce terrain désert, puis enfourcha l'Éclair de Feu derrière Harry.

-Merci pour ce repas gastronomique, dit Harry.

-Ha. Ha.

-Je suis sérieux. Qu'est-ce que je ferais sans toi?

-C'est ça, essaie toujours de te rattraper! Hypocrite.

Harry rigola. Il voyait bien que Lyra luttait, par orgueil, contre l'envie d'en faire autant.

-Aller, accroche-toi! dit-il.

En un coup de pied, le balai s'éleva dans les airs.

Ils volèrent durant des heures et des heures. Seul le vent glacé qui leur fouettait le visage empêcha Lyra de s'endormir. Elle crut tout de même s'être plongée dans un état près de la somnolence, car quand elle reprit ses esprits, le ciel s'éclaircissait et le balai perdait de l'altitude.

-Ça fait un moment qu'il n'y a plus de civilisation, l'informa Harry. Je crois que nous ne sommes pas très loin du but!

-Combien de temps, à ton avis? demanda Lyra.

-Pas plus de quelques jours, probablement!

Harry s'immobilisa au pied d'une montagne, quitta son balai et étira son corps engourdi.

-Il y a une cavité, juste là! dit alors Lyra. On pourrait s'y installer pour dormir.

-Je te rejoins, dit Harry. Je vais aller inspecter les alentours.

Marcher acheva de dégourdir ses muscles ankylosés. Harry fit une rapide inspection des lieux : il n'y avait vraiment pas grand-chose dans les environs. Quelques maigres végétations semblaient avoir poussé là par hasard, entre les parois rocheuses. Au bout de plusieurs mètres, Harry perçut un craquement et découvrit un petit tas d'ossements sous ses chaussures. Il n'aurait su dire à quelle espèce ces os appartenaient, mais au moins, il ne s'agissait pas d'une carcasse humaine. Harry s'apprêtait à reprendre sa marche, mais un cri perçant l'interrompit.

Lyra.

Son sang ne fit qu'un tour. Merlin! S'il fallait qu'il soit arrivé quelque chose à Lyra…

Serrant sa baguette dans son poing, il s'élança vers l'endroit où il était atterri, se maudissant d'avoir emmenée Lyra avec lui, de l'avoir laissée seule dans un endroit désolé…

Il enjamba des rochers, trébucha, jura tout haut et arriva finalement devant la cavité où Lyra avait proposé de s'installer.

-Des créatures magiques? Des Mangemorts? demanda-t-il, essoufflé, à Lyra qui se tenait heureusement toujours devant la grotte.

-Non! dit Lyra, le visage saisi d'effroi. Ça!

Elle fit un geste vague de la main et un énorme, gigantesque, titanesque crâne s'éleva à leur hauteur.

-Je pensais que c'était un rocher! J'ai failli m'asseoir dessus! dit Lyra d'une voix aiguë.

-Ça alors…

Harry eut du mal à en revenir. Ce n'était pas un crâne d'animal. Il avait une dentition, une bouche et un nez communs aux êtres humains. Si ce n'était de cette taille démesurée… Harry sentit l'excitation le gagner. Il n'y avait pas de doute possible.

-C'est un géant, dit-il. Nous sommes tout près!

Contrairement à lui, Lyra ne parut pas du tout excitée à cette idée.

-Ils…ils sont s-si gros? dit-elle faiblement.

-Mais oui! fit Harry avec évidence. Ce sont des géants

-Et on veut rencontrer ces bêtes? fit Lyra, incrédule.

-On n'a pas fait tout ce chemin pour rien! Aller, viens!

-M-maintenant?

-Pourquoi on perdrait notre temps?

Harry avait déjà enfourché l'Éclair de Feu.

-Alors? fit-il d'un ton impatient.

-Et si je t'attendais ici? suggéra Lyra avec espoir.

-Hors de question que je te laisse seule à nouveau! répondit Harry, catégorique.

Lyra ne se sentit pas de taille pour répliquer. Avec un soupir résigné, elle se traîna lamentablement jusqu'à son masochiste de petit ami et son stupide balai volant, en se disant que si elle survivait à cela, elle ne pourrait pas affronter quelque chose de pire par la suite.

Évidemment, elle se trompait.

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-Ouah! fit Harry.

-…

-C'est vraiment impressionnant! murmura-t-il.

-…

-Leur mode de vie est au bas mot rudimentaire…mais ils ont tout de même un vrai système d'organisation, t'as vu ça? Vraiment impressionnant…

-Harry…, dit Lyra d'une voix faible.

-Quoi? dit Harry sans se retourner.

-Je crois que je vais m'évanouir.

Il y eut un « plop! », et Lyra tomba effectivement par terre. Harry relâcha les hautes herbes qu'il avait écartées pour observer la vallée qui s'étendait des kilomètres plus bas et se précipita vers elle pour voir si elle ne s'était pas blessée dans sa chute. Lorsqu'il fut assuré qu'elle n'avait rien, il se permit de rouler les yeux et d'attendre qu'elle revienne à elle.

Quand Lyra ouvrit les yeux, elle était étendue par terre, la tête appuyée sur les genoux d'Harry et le visage de celui-ci était penché sur le sien. Un sourire moqueur étirait ses lèvres.

-Chocs émotionnels, hypothermie et évanouissements, dit-il sans cesser de sourire. Tu es vraiment de faible constitution!

-Permets-moi de te rappeler que tout ça, c'était à cause de toi! dit Lyra d'un ton accusateur. Tu n'as vraiment aucune considération!

Harry eut l'air aussitôt si coupable que Lyra ne put lui en vouloir plus longtemps. Elle se redressa lentement et passa ses bras autour de son cou.

-Oui, tu m'as percée à jour, je suis une personne faible! admit-elle alors, en souriant. Mais tu dois promettre de ne le dire à personne…

Harry ne sourit pas.

-Je ne m'étais jamais vraiment attardé à tout ce que tu avais enduré à cause de moi…, commença-t-il.

-Harry…

-Non, c'est vrai! l'interrompit-il. Depuis notre départ, je n'ai pensé qu'à moi. C'était ma fuite, ma quête, je voulais voir ma marraine, accomplir ma mission… sans jamais te demander ton avis…

-Tu sais bien que c'est faux…

-Sans jamais tenir compte de ton avis, rectifia Harry. Sans jamais accorder d'importance à ce que tu en pensais, à ce que tu ressentais…j'ai agi en égoïste…

-Harry, ça n'a aucune importance…

-Si, ça en a! C'est important. Tu es importante. Peut-être que tu aurais préféré aller chez les Fox. Peut-être que tu aurais préféré rester chez Adorabelle et te rendre…ce n'est pas normal que je n'en sache rien!

-S'il te plait, arrête ça! le pria Lyra. Tu n'as pas à te sentir coupable. Tu ne m'as jamais forcée…tu m'as toujours laissé le choix de te suivre ou non!

-Mais j'ai toujours pris mes décisions sans te consulter et sans prendre tes opinions en considération!

-Harry…il est hors de question que tu t'empêches de faire quoi que ce soit à cause de moi! Et puis, je crois que c'est ce qui me plaît tant chez toi…

-Quoi?

-Ton obstination… Ta détermination. Tu as tes convictions et tu te bats pour elles, tu vas toujours jusqu'au bout de tes idées, peu importe ce que tout le monde en pense… Je ne veux pas être un obstacle à ça. Ne t'oblige pas à faire de moi un boulet à traîner!

-Mais…, commença Harry, à moitié convaincu.

-Cesse de t'en faire! l'interrompit Lyra. Je ne demande rien de plus. Je suis très bien comme ça. Et puis moi, tu sais, je te suivrais jusqu'au bout du monde s'il le fallait…

Vaincu, Harry se laissa tomber sur le dos, entraînant Lyra dans sa chute.

-Es-tu bien sûre de savoir dans quoi tu t'embarques? demanda-t-il tout de même.

-Je commence à m'en faire une petite idée, grimaça Lyra. Une fosse pleine de géants sanguinaires…

-Tu vas adorer, dit Harry.

Lyra lui tira la langue et Harry ricana. L'instant d'après, ils s'embrassaient à pleine bouche, avant d'être interrompu par le grognement le plus sourd et le plus sinistre qu'ils aient jamais entendu, et qui leur rappelèrent illico où ils étaient et ce qu'ils étaient venus y faire.

-Oh là là, fit Lyra en blêmissant.

-Il faut songer à un plan d'attaque! dit Harry avec enthousiasme, avant de se remettre rapidement sur ses pieds. D'abord repérer le Gurg – leur chef, puis trouver un moyen de l'aborder et…

-Pourquoi je suis tombée amoureuse de ce cinglé, soupira Lyra.

-NON! Pas possible! s'écria Harry, qui venait d'écarter à nouveau les hautes herbes qui les cachaient de la vallée.

-Quoi? dit faiblement Lyra, s'attendant au pire.

-Le…le géant, assis sur cet espèce de…trône…

-Quoi? répéta Lyra.

-C'est…leur chef? fit Harry, incrédule.

-Il y a de fortes chances, grimaça Lyra. Et alors? Il a des sabres à la place des doigts, c'est ça?

-Non, dit Harry. Il…je le connais.

Il se tourna vers Lyra. Son visage était vide de toute expression.

-C'est Graup, dit-il enfin. Le petit frère de Hagrid.

-Petit!?!

Lyra s'était levée pour rejoindre Harry. Plus bas, dans la vallée, assis sur ce qui devait être un trône et qui était en fait – Lyra hoqueta d'horreur – un ramassis de squelettes et de pierres, un géant d'au moins sept mètres finissait d'engloutir un grizzli entier et poussa un rot retentissant.

Le petit frère d'Hagrid.

Sept mètres.

-Je crois que je vais m'évanouir, dit Lyra.


Héhé! A suivre!...