Note : Vous le sentez venir, la bataille approche ...
Chapitre 37 : les horcruxes
Le groupe tout entier se rendit dans une plaine, isolée de tout. Ils avaient l'impression d'être au bout du monde. Peut-être l'étaient-ils ? Harry leur expliqua tranquillement ce qu'il allait faire. Il allait détruire un premier horcruxe et attendre ... puis un second et attendre ... et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus ou jusqu'à ce que Voldemort tente d'intervenir. S'ils le voulaient bien, ils pouvaient l'aider. Harry n'avait tellement pas envie de tuer ces morceaux d'âmes. Elles avaient beaux être déformées, en souffrances, et même être contre-nature, elles étaient une petite représentation de la vie. Eteindre cela, ce n'était pas rien. Il ne le leur cacha pas.
Edgar s'avança, il voulait bien débuter mais avant tout, il proposa de placer l'ensemble du groupe stratégiquement pour se préparer à l'arrivée potentielle du seigneur des ténèbres. Peut-être ne viendrait-il pas ? S'il ne venait pas Harry vérifierait les autres adresses de sa liste puis, il continuerait à le traquer à travers le monde entier si nécessaire. Mais si jamais il venait, autant s'assurer qu'ils soient prêt.
Ils formèrent quelques équipes d'une façon étrangement naturelle, vaguement séparées, pouvant se protéger les uns les autres. Lucius et Severus formaient un duo qui serait sans doute meurtrier. Sibylle et Pandora avait été rejointe par Edgar. Les Maraudeurs étaient restés ensemble.
- Que dois-je faire ?, demanda Edgar.
Harry le lui expliqua tout en le mettant en garde contre la lame qu'il allait employer. Edgar prit l'épée avec toute la gravité nécessaire à ce moment. Harry sortit l'horcruxe, et Edgar n'hésita pas une seconde. L'horcruxe eut à peine le temps de montrer sa puissance que c'était déjà terminé. Enfin, du point de vue de Harry. Parce que les fortes rafales de vents qui ébranlèrent tout autour d'eux surprirent clairement les autres. Ce n'était pas normal. C'était une réaction défensive claire. Peut-être n'avaient-ils pas compris que ces objets, simples objets, allaient se battre. Ce serait un combat. La coupe était détruite. Brisée en deux. Elle puait toujours la magie noire, mais c'était très différent à présent.
Lucius se mit rapidement en mouvement, il prit l'épée des mains d'Edgar et le félicita. En se tournant vers Harry, il proposa de s'occuper du journal. Quelque part, il avait l'impression que ce serait une bonne façon de terminer les choses.
Harry hésita. Il n'avait pas envie que Lucius subisse ça. En même temps, il ne pouvait pas le protéger contre tout et clairement pas contre la guerre, sinon, il aurait fallu l'envoyer loin de lui et pas le garder aussi proche. Harry était comme une sorte d'épicentre à toute cette horreur et il le savait un peu trop bien.
- Le journal alors.
- Tu peux continuer de le contenir ?
- Pas au moment ... fatidique.
Le blond hocha gravement de la tête et se mit simplement en position. Il laissa Harry déposer le journal devant lui, tranquillement, puis ils échangèrent un dernier regard et l'apparition du jeune Tom Jedusor revient. Ça ne dura pas longtemps. A peine le temps qu'il se mette à hurler pour arrêter Lucius et déjà, la couverture était tranchée en deux. Un coup. Droit. Sans la moindre hésitation.
Quelque part, peut-être de l'autre côté du pays ou peut-être dans un abri souterrain ou peut-être n'importe où ailleurs, Voldemort avait dû hurler. Il avait dû sentir son premier horcruxe détruit. Peut-être s'était-il senti mal ? Nauséeux ? Inquiet ? Mais il y avait tous les autres, finement caché, difficile à localiser. Après tout, ça fait un bon moment maintenant que ce Harry Potter était apparu et ses horcruxes n'avaient jamais été attaqué. Harry Potter s'en était pris à ses hommes. Il avait fait en sorte qu'ils le trahissent, lui, comme si on pouvait lui tourner le dos si facilement ! Harry Potter avait joué des ressorts politiques, commerciaux et finalement médiatiques. Mais pendant tout ce temps, il n'avait jamais réussi à se tenir face à lui. Le peuple sorcier pouvait bien le voir comme un héros, ce n'était qu'un ridicule petit sorcier qui ne parvenait qu'à le ralentir. Enfin ça, c'était avant la déchirure. Un horcruxe de moins. Le second était tellement de mauvais augure, puis vint le troisième et il comprit qu'il devait se dépêcher. Il devait les protéger. Il ne pourrait pas recommencer cette manipulation éternellement. Les horcruxes, ses horcruxes, ils étaient précieux !
Quand le troisième fut détruit, il comprit que Harry Potter les avait peut-être déjà tous réunis. Il était en train de massacrer son âme et surtout ses portes de sorties ! Voldemort ne savait pas que c'était une petite voyante disgracieuse qu'il aurait trouvé tellement ridicule qui l'avait ainsi amputé. Un instant il hésita à transplaner là-bas, au plus près de sa douleur. Harry Potter devait l'y attendre. C'était sans doute un piège. Mais craignait-il vraiment ce voyageur ? C'était ridicule ! Il n'était pas l'un de ses enfants inquiets de retrouver le célèbre Harry Potter dans son salon, installé sur son canapé ! Non, ça, ça pouvait faire frémir les idiots et les imbéciles. Lui, il n'était ni idiot, ni imbécile, ni peureux et surement pas faible. Il était néanmoins toujours en train de tergiverser lorsque Harry déposa au sol le médaillon. C'était l'un des horcruxes qui avait été des plus violents. Il pensait l'anéantir lui-même mais Sirius s'avança.
- Tu n'es pas forcé de faire ça., lui assura Harry.
Sirius haussa des épaules et saisit l'épée. Il la soupesa un instant, réflexe d'épéiste, puis se tourna vers le médaillon. Il fallait l'ouvrir et en l'ouvrant, l'horreur se déchaînerait. Harry le savait. Il lui glissa que le médaillon allait essayer de le rendre fou et haineux. Sirius haussa de nouveau des épaules puis, un sifflement s'éleva et l'enfer se déchaîna.
L'horcruxe se dévoila par une fumée sombre qui entoura presque entièrement le jeune Sirius et aussitôt, les murmures débutèrent. Lents murmures. Terribles murmures qui n'en finissaient pas.
- Tu crois que ce sont tes amis ? Tu n'es qu'un sang-pur d'une famille de mages noirs. Tu es l'ennemi à abattre. Ils se méfient de toi. Ils se méfieront toujours de toi. Parce qu'ils savent au fond que tu n'es qu'un tueur. Ils connaissent ton âme, Sirius. Sirius Black.
Les illusions s'enchainèrent, ses amis lui tournaient le dos les uns après les autres. James se dressa au milieu d'elle. Est-il vraiment là ?
- Tu nous trahiras tous.
- Non ! Non, James ! Je ne suis pas comme ça ! Tu le sais bien !
- Tu n'en vaut pas la peine.
James se détourna, Sirius tenta de se raccrocher à une voix, lointaine lui hurlant que ce n'était que des illusions, mais déjà un autre visage apparaissait dans la fumée.
- Tu crois vraiment que je pourrais m'intéresser à toi ? Oh c'est vraiment que tu es très mignon mais ... moi ... Je vois le futur Sirius. Je te vois, la marque au bras, le sang de tes amis sur les mains, sur la peau, de partout ... Couverts de leurs sangs et riant de leurs cris ! La folie des Black Sirius ! La folie des Black, je la vois de partout ! Retire la ! Retire la ! Arrête tout ça ! Sirius ! Si tu crois que tu n'es pas ce monstre là, il faut que tu arrêtes tout ! Arrêtes toi. Arrêtes. Retournes l'épée sur toi avant qu'il ne soit trop tard. Tu vas les tuer !
Elle semblait comme en transe. Vaporeuse apparition, vite chassée par une autre.
- Tu crois vraiment qu'elle pourrait t'aimer ? Ha. Petit Sirius. Comme si elle pouvait être intéressé par toi. T'es pas le plus intelligent qui soit. Ni le plus stable, je suis désolé. Et puis, tu ne sais que blesser les gens.
Le cri, loin, là au dehors se fit plus fort. C'était Harry. Mais Harry était là aussi.
- Pas de futur pour toi. Tu passeras énormément d'années à Azkaban pour un crime que tu n'avais pas commis. Tu seras un fugitif. Triste héros de guerre qui se fera tuer sans jamais rien accomplir. Tu ne veux pas changer ça ? Tu crois que c'est très bien comme ça ? Ils te trahiront tous. Ils t'enverront dans les bras des détraqueurs. Ils te tortureront. Mais tu peux changer ça ... Si tu ne veux pas tourner la lame contre toi, au moins, défends toi ! Sirius, tu es mon parrain et je tiens à toi ! Défends toi ! Tues-les !
Sirius frissonna, puis il ferma les yeux et se mit à murmurer.
- Je suis Patmol. Je suis Patmol.
- Chien fidèle., lui glissa une voix.
Il rouvrit les yeux et eut un sourire tendre. Il fit deux pas, abattit l'épée sur le médaillon, le brisant net avec une force surprenante. Un cri déchira les airs. Celui de l'horcruxe. Un cri totalement irréel. Puis il répondit simplement "Oui." avant de s'effondrer en tremblant.
Immédiatement ses amis se rassemblèrent autour de lui. James l'aida à se redresser sachant à quel point il détestait être vu en position de faiblesse et Remus lui retira l'épée. Peter l'aurait bien fait, mais Harry s'était glissé, l'air de rien sur son passage. Le message était discret mais limpide. Il n'approcherait ni de la lame, ni des horcruxes. Alors il était allé soutenir Sirius et lui dire à quel point il avait été admirable.
Quand Sibylle voulut y aller à son tour, Sirius lui attrapa le poignet.
- On est nombreux. T'es pas forcée.
Elle le regarda durement et lui demanda si vraiment il croyait qu'elle était en sucre. Le jeune homme se troubla mais la lâcha. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle lui offrit un sourire avant de le remercier de s'inquiéter pour elle. Elle vola littéralement l'épée des mains de Remus, qui la laissa faire sans inquiétude. Elle avait ce petit air décidé qui peut vous emmener loin.
Harry posa l'objet suivant et avant d'avoir le temps de dire "ouf", c'était fini. Loin, dans une demeure bien dissimulé, le terrible mage noir hurlait. Il se déchaînait sur le mobilier incapable de prendre une décision cohérente. Il était en train de se faire tuer. S'il y allait peut-être pourrait-il sauver ses horcruxes, peut-être y perdrait-il la vie. Devait-il en faire d'autres ? Il pouvait en faire d'autres. Tuer, ce n'est pas difficile et son âme était devenue de plus en plus habituée au processus, le moindre choc permettait à présent de créer un horcruxe. Ça devenait presque une évidence mais il détestait qu'on lui force la main.
Il était encore là, le cœur battant à tout rompre et les bras ballants lorsque ce fut finit. La totalité de ses horcruxes venaient de se débattre une dernière fois avant la destruction. Aucun n'avait réussi. Tous ces petits bouts de lui-même étaient définitivement mort. Contemplant l'immensité de la destruction de son empire du haut d'un trône devant lequel plus personne ne se tenait ... il se mit à rire. Ainsi Harry Potter voulait le tuer ? Bien.
Voldemort se redressa, lissa ses vêtements et appliqua un sourire poli sur son visage. Il attrapa sa baguette et la caressa tendrement. Il avait de la magie à faire. Beaucoup de magie.
Dans la clairière, le groupe attendit un moment avant que Pandora n'ose le dire à voix haute. Il n'était pas venu finalement. Harry soupira. Ça aurait été trop simple.
