Voici maintenant, le chapitre, le plus long de toute mon histoire, avec un énorme 10932 mots. il a prit pas mal de temps à écrire à cause de sa longueur gigantesque. mais c'est normal qu'il soit long, on a entre autre des révélations sur l'origine de Zelda et aussi on comprend à quel point sa dépendance à son Esteban est forte (eh oui, ça va nécessiter pas mal de maturité à comprendre, surtout pour certaines choses) Aussi la fin est plus douce que le 2-13, mais on comprend assez vite la volonté de Zelda de changer et de se libérer de son passé...
oh et aussi, rencontrez donc Sephid, la version plus bad-ass et moins émo-gai de Ghirahim, vous aller voir, vous aller prendre plaisir à l'haïr
Chapitre 36 : apocalypse Sephid!
Pendant ce temps, à des kilomètres de là et à une autre époque, Esteban se réveillait dans d'un autre, plus précisément dans celui d'Arielle Siwan. Grâce à ce transfert d'âme, il allait enfin pouvoir faire ce qui désirait le plus durant ces deux années d'exil; fuir son passé. Il savait ce à quoi il était prédestiné, il connaissait le plan d'Ahriman pour assouvir sa domination mondiale. Ils lui avaient donné le poignard céleste de la force, en lui disant qu'il allait devenir le 3e cœur pur à la porter. Mais ce qu'il n'aimait pas de ce plan était sa suite. Link supposément transformé en div allait se présenter à lui avec son amie d'enfance; Zelda. Il était censé lui arracher le cœur pour le transformer en un parfait pantin qui allait lui obéir au doigt et à l'œil. Ensemble, ils allaient semer le chaos dans les communautés résistantes au seigneur après son ascension au pouvoir divin. Ils allaient être les représentants du seigneur, les trois nouvelles divinités, l'équivalent de Farore, Nayru et Din puisque ces dernières allaient redevenir les trois gardiens de l'enfer. Il s'extirpa alors difficilement de son lit, il n'était pas habitué de contrôler un si petit corps. Arielle était petite et frêle contrairement à lui, qui était bien baraqué. Il sortit en réfléchissant à son plan. Il était certes très improvisé, mais c'était le mieux qu'il pouvait faire en ces circonstances. Il prévoyait de se servir d'Arielle pour piéger Lucas Forester. Dans ses rêves, il l'avait vu, il avait lu en lui comme un livre ouvert. Il savait que Lucas, même s'il porte un peu le sang des héros d'Hyrule, était loin d'avoir le cœur pur. Il allait se cacher dans son corps et ainsi mettre un terme au plan des dævas et par la même occasion échapper à son passé. Il alla alors payer la note du motel et il se chargea de transporter son ancien corps pour la seconde phase de son plan. C'était pas mal plus dur qu'il n'y paraissait avec la force d'une petite fille de 15 ans de transporter un colosse comme lui.
-Allez Esteban, dit-il mine de rien pour faire croire à tout le monde un lendemain de veille, faut qu'on y aille!
Il l'installa alors sur la banquette arrière de sa voiture et il boucla tant bien que mal la ceinture de sécurité. Et lorsqu'il s'apprêtait à monter, une voix rauque l'interpella.
-Esteban, qu'est-c'est que tu crisse!
Il se retourna proprement et il reconnut aussitôt l'homme qui l'avait apostrophé, c'était son père Francesco
-P, p, vous êtes qui, bégaya-t-il pour sauver les apparences.
L'ours se craqua les jointures avant d'assener un violent coup de poing sur la tête de la petite fille. Esteban se réveilla à l'arrière lorsque son père mit le corps d'Arielle dans le coffre avant de prendre le volant. Il était maintenant coincé et le passé l'avait maintenant rattrapé.
Avant ce temps et à des kilomètres de là, la civilisation si avancée de Lanelle était tombée dans la plus grande brutalité. Les petits citoyens se battaient entre eux comme des macaques sauvages assoiffés de sang alors que les soldats de Sephid tournaient comme des toupies en tirant avec leur fusil ou ils faisaient des moulinets avec leur bras en hurlant des insanités. Les tireurs d'élite que Yicéo avait postés dans l'arène pour lui porter main forte se faisait mettre en pièce par les androïdes courroucés.
-pis si on crissait le camp d'icitte, suggéra alors Link.
-oui ça serait une très bonne idée, lui répondit Zelda en voyant que les droïdes courroucés avaient bien envie de leur faire la peau.
Ils coururent alors vers les grilles de l'arène et ils prirent le monte-charge dans lequel ils étaient venus. Ils descendirent au niveau des ponts et ils se retrouvèrent au milieu d'un hall gigantesque où d'autres robots courroucés s'agitaient. Il y avait des incendies partout et on entendait hurler une sirène et à intervalle régulier une voix mécanique disait : attention, attention, veillez évacuer le bâtiment et rejoindre le point de rendez-vous indiqué par les flèches sur le sol. Restez calme durant votre déplacement. L'attention de Zelda fut alors attirée vers un petit robot de Lanelle qui était en train de tabasser un plus gros. Il frappait violemment son visage, si bien qu'il faisait voler des pièces partout dans la pièce. Lorsqu'il ne restait plus qu'une coquille vide, le petit robot se mit à taper dessus comme s'il s'agissait d'un tambour. Puis un robot sentinelle l'abattit et il le secoua comme s'il s'agissait d'une poupée de chiffon avant de le lancer comme un ballon de football sur un des haut-parleurs de la citadelle qui implorait le calme durant l'évacuation. C'est comme ça que notre monde va périr, se dit-elle en voyant ce spectacle désolant de sauvagerie, on va tous mourir dans un atroce bain de sang. L'adolescent l'attrapa alors par son collet et il lui intima de la suivre. Au loin on voyait une porte de sûreté en acier trempé se fermait lentement. Les deux adolescents se ruèrent alors sur cette porte en évitant le plus de robots courroucés qui fonçaient sur eux ou qui avaient le malheur de se trouver dans leur chemin. Ils parvinrent à s'échapper juste avant la fermeture des portes et à accéder au pont. Mais ils n'étaient pas au bout de leur peine, puisqu'un transporteur fonçait maintenant sur eux. Il volait lentement et il semblait perdre rapidement de l'altitude. En voyant la menace qui arrivait, Link et Zelda se mirent à courir comme des déchaînés. Le transporteur transperça alors le pont dans un énorme fracas, le tout enveloppé d'une énorme boule de feu. Ses débris enflammés volèrent comme des chevrotines avant d'aller s'écraser dans les douves du palais. Le pont endommagé prit alors une inclinaison plus forte. On entendait le métal gémir et se tordre de l'autre côté. Le pont tombait maintenant. Ils entendirent ses liens avec le Palais céder dans un atroce grincement sourd. Ils étaient presque arrivés lorsque le pont lâcha. Les deux adolescents sautèrent pour agripper le rebord, mais ils étaient trop loin et Link s'accrocha à une armature qui dépassait du rebord. Zelda s'agrippait le plus solidement possible à ses bottes.
-Link, fais vite, je sais pas combien de temps j'vas tenir!
-Fay aide moi, dit-il sur un ton presque hargneux.
-donnez-moi la main, maître, cria l'esprit bleu la tête à l'envers et accrochée à rien.
Le chevalier lâcha alors prise pour saisir la main bleue que lui tendait Fay. Le terminator tira alors de toute ses forces vers le haut. Une fois sauvés de la situation, ils se dirigèrent vers la grande porte du palais qui était entre-ouverte.
-Zelda, aide-moi à ouvrir la porte, fit Link.
Elle hocha la tête et ils ouvrirent la porte. Une fois la porte ouverte, ils relâchèrent une bande de robots courroucés enflammés. Ils foncèrent sur eux en gloussant comme des pigeons. Ils semblaient vouloir vraiment se prendre pour des pigeons puisqu'ils se dirigeaient tous dans le vide. En le voyant, Zelda ne put s'empêcher de crier son horreur. On va finir comme eux, se dit-elle en se recroquevillant dans sa toge, on pourra rien faire pour empêcher Ahriman de mettre à exécution son plan! Une fois les robots passés, Link s'enfonça dans le Palais alors que Zelda restait en retrait dans sa toge.
-Enweille, viens-t'en, fit le chevalier avec force.
-Link, gémit-elle, regarde-les, regarde-les! On va finir comme eux! On pourra pas les en empêcher!
-pas si j'ai mon mot à dire, rugit-il en la saisissant au collet.
Ils pénétrèrent dans le hall d'entrée du palais. Ce hall était pompeux d'une richesse accumulée par le despote au fil des ans. Le dallage rouge cramoisi était composé de motifs uniques travaillés à la main qui faisaient penser à celui de l'abbaye de Saint-Marcus-de-l'alliance en Rostanie. Le toit de la voûte de trente mètres de haut était fait de vitraux qui projetaient une douce lumière multicolore sur les statues d'or géantes représentant l'autocrate dans une sorte de fausse sainteté quasi angélique. Puis le courant fut coupé dans toute la tour du palais. Maintenant les statues de Sephid révélaient leurs vraies natures, celle d'un démon. «Je vais tout vous prendre» semblaient-elles dire maintenant qu'elles étaient exposées à la lumière du crépuscule. Soudain, d'autres robots courroucés se prenant pour des oiseaux venaient dans leur direction. Au loin on voyait celui qui les enflammait, un petit robot de Lanelle qui se donnait des grands airs d'empereur en chevauchant une sentinelle.
-ghoum! Ghoum, kan-de-lach, hurlait-il à chaque fois qu'il «bénissait» un robot de sa main de métal.
-non, pleura Zelda devant cette scène de folie, je veux rentrer chez moi!
Il ne répondit pas et il sauta sur le petit empereur robotique et ses fidèles. Ces derniers protégèrent alors leur maître et ils sautèrent toute griffe dehors sur l'adolescent. D'autres alors foncèrent alors sur la none qui se mit à courir à toutes jambes pour leur échapper.
-laissez-moi, gémit-elle sous le coup de la peur, je vous ai rien fait!
Elle courut le plus vite possible, là où ses jambes pouvaient bien l'emmener. Elle vit une salle qui semblait être déserte. Elle y courut sans s'arrêter pour regarder si Link allait bien. Sauve-toi Zelda, sauve-toi, lui murmurait une voix dans sa tête. Elle passa devant une sorte de garde qui était assis sur un lance-roquette. En la voyant passer, il se mit à hurler à la mort. Il enfourcha son arme et il pressa sur la détente, le propulsant lui et son arme sur la voûte de la salle. La voûte s'effondra, la coinçant ainsi dans cette salle qui semblait être un couloir géant d'appartement pour la gent de Lanelle fortunée. Il faisait sombre, elle ne voyait plus rien. Puis elle entendit des bruits de pas. Elle sursauta et elle regarda derrière elle pour voir la sentinelle, ou ses restes faiblir dans la mort. Elle marcha dans le noir, sans trop savoir où elle allait. Elle entendait des robots crier leurs insanités, des fracas de métal et des bruits de pas.
-L, Link, c'est-tu toi, gémit-elle d'une voix étouffée.
-ghoum!
Les bruits de pas se rapprochèrent et ils s'arrêtèrent net.
-é, écoute je, je suis désolée de t'avoir lâché comme ça j'ai, j'ai peur!
-kan-de-lach!
Elle continua son chemin, lentement, elle n'osait pas regarder en arrière. Les bruits des pas s'intensifièrent. Ils allaient et venaient par petites salves, tout en se rapprochant. Elle les entendit alors retentir dans l'écho du chaos. Cette fois ils étaient tout près.
-Esteban, j'ai peur, pleurnicha-t-elle.
-ghoum, GHOUM!
Elle se mit la main sur la bouche pour réprimer un cri de terreur. Puis plus rien. Elle se décida alors à marcher. Maintenant le silence était tombé dans la pièce. Elle n'entendait que le bruit de ses pas et... de son cœur. C'était le silence de mort absolu dans la salle. Elle ouït alors un bruit qui ressemblait à un «pchuit» puis le silence retomba. Elle tremblait comme une feuille. Calme-toi Zelda, se répétait-elle sans cesse, calme toi, Esteban est avec toi... je pense... non arrête tu dois pas céder à la panique tu dois pas... les pas reprirent de plus belle. Maintenant ils étaient assurés et ils fonçaient dans sa direction.
-non, murmura-t-elle, Sephid épargne moi!
Ils s'arrêtèrent.
-allô?
Soudain, elle sentit une main lui agripper sa toge. Elle se mit à crier à plein poumon sous le coup de la terreur et comme si ce n'était pas assez, le mystérieux agresseur lui mit la main sur la bouche.
-Calme-toi, calme-toi, lui susurrait-il à l'oreille.
Elle reconnut aussitôt la voix, c'était celle de Link. Elle essaya de marmonner quelque chose au travers de sa main, mais ce dernier l'emmena ailleurs. Il relâcha son emprise et il l'entraîna alors vers l'endroit où elle avait entendu le son suspect. Elle constata alors que l'équipe de Yicéo était là et qu'ils étaient éclairés par une sorte d'orbe lumineux qui faisait office de fusée éclairante. Elle vit alors l'expression des robots rebelles. On voyait la consternation, la surprise, l'horreur, la peur et le dégoût dans leur œil unique. Ils n'osaient pas parler, ils se regardaient, la peur sous le capot, puis Link brisa alors la glace.
-ok la gang là on fait quoi, j'ai retrouvé Zelda!
-il, il faudrait faire le topo de la situation, répondit Yicéo.
-il reste que nous, renchérit un robot, les autres sont, sont tous mort durant l'attaque ou de ce, ce truc-là!
-vous avez-tu une idée ce c'est quoi, demanda Link.
En entendant la question, Zelda se sentit très mal à l'aise. Elle savait très bien de quoi il était question; le courroux d'Ahriman sous son vrai jour. Elle connaissait son existence depuis son arrivée dans l'Ordre à l'âge d'un an. La magie dans le village, elle avait quelque chose de plus que toutes les autres formes de magies pratiquées en Hyrule ou dans les pays voisins. C'était la magie des ténèbres premières. Ce pouvoir meurtrier et toxique habitait maintenant les petits robots de Lanelle ainsi que les sentinelles, bref tous ceux qui étaient sous la botte du div blanc. Puis elle remarqua que l'adolescent la dévisageait depuis un moment, il n'avait pas le regard amoureux cette fois, mais bien hargneux et à la fois déçu.
-sais-tu c'est quoi Zelda, demanda-t-il lentement pour être sûr qu'elle entende la question.
-Je, je sais pas, répondit-elle sur un ton hésitant.
Le chevalier ne répondit pas tout de suite, mais sa réplique fut cinglante pour la jeune sorcière.
-ah ouains? Toi qui as grandi dans un ordre de mongol qui vénèrent Ahriman, tu devrais pourtant savoir c'est quoi ça?
-c'est euh, dit-elle avec un ton plus hésitant, le courroux d'Ahriman, c't'un pouvoir tellement puissant qu'il rend fou, les autres qu'on a vus sont pas seulement des victimes, ils, ils sont un tout à c't'heure... ils font plus qu'un avec Ahriman, on peut pas les sauver!
-Quoi, firent les robots avec peur, on va faire parti de ça?
-Par Hylia, fit Fay consternée, c'est ce qui attend Hyrule, c'est ça qu'Ahriman veut nous faire. Déjà plus jeune j'avais peur de ce que l'Avatar du Néant pouvait faire à la terre d'Hylia s'il gagnait, mais là... ça dépasse l'entendement de l'horreur. Il, il est impératif de mener à bien notre mission!
Zelda hocha honteusement la tête pour acquiescer. Et les robots se mirent à protester, ils avaient peur. Ils avaient visiblement sous-estimé les pouvoirs du div. Personne ne voulait risquer inutilement sa vie pour aller se battre contre ça, ce tout puissant, mû par une folie sans précédent.
-capitaine, lança un robot, on veut plus continuer, on veut rentrer, on, on a assez fait de dégâts de la sorte.
-mais pensez donc à l'avenir bande de mauviettes, c'est ce truc qui les attend si on abandonne maintenant! Ils vont être pognés avec ça vous comprenez moussaillons! Alors, arrêtez de faire les poltrons et accomplissez votre devoir!
-Mais capitaine, vous oubliez que nous sommes en présence d'Hylia elle peut tout arranger non?
Link roula des yeux avant de dire :
-est morte! Ahriman l'a tué!
-Impossible, répondirent les robots, impossible, la lumière ne peut pas être tuée!
-ben ça d'l'air que oui! Bon on fait-tu quelque chose là.
-allez bande d'avortons on peut pas laisser nos terres et les leurs tomber entre leurs mains!
Les soldats rebelles se regardèrent alors nerveusement et ils firent non de la tête.
-désolé capitaine, ce sera sans nous!
-quoi? Vous nous abandonnez, bande de pleutres! vous n'êtes que des bons à rien!
Zelda vit alors qu'un des robots contactait maintenant le QG pour appeler un transport d'extraction, mais la voix qui grésillait maintenant dans l'oreillette semblait très paniquée.
-Lanelle, Lanelle Votre Grandeur, vous nous entendez?
-oui, je vous entends, dit-il la voix apeurée, que voulez-vous?
-on aurait besoin d'un transport pour sortir de la ville!
-Impossible, on est débordé, merde DL-306, tenez bon! Impossible de vous envoyer des transports!
-pourquoi, fit le droïde abattu, qu'est-c'est qui se passe!
-je ne sais pas, on dirait que nos prisonniers sont devenus fous, NON DL-306, NE LES LAISSEZ PAS S'APPROCHER!
-Votre grandeur...
-Je vous aime mes enfants, répondit le dragon sur un ton solennel, maintenant, rendez-moi fier, peut-être que vous ne pourrez pas sauver nos terres, mais aidez les à sauver les leurs... APPROCHEZ BANDE DE ROBOTS VERREUX, APPROCHEZ, GOÛTEZ À LA FOUDRE DE NAYRU!
Puis la communication fut coupée, le robot tenta tant bien que mal de rappeler, mais il comprit vite que c'était peine perdue.
-c'est la fin, fit Yicéo, la fin de notre monde... mais il n'est pas trop tard pour sauver le vôtre!
Link sourit avec l'arrogance d'un div.
-D'après les plans, il y a des cages d'ascenseur tout au centre de la tour, elles mènent tout en haut dans ce qu'on pourrait appeler l'antre du démon et aussi en bas au réacteur à chronolithe. Nous allons faire sauter le réacteur et vous... bien vous allez botter les fesses de Sephid!
-j'embarque, rétorqua Link.
-Mais, mais, fit la none, vous ne connaissez même pas l'étendu de ses pouvoirs à lui! On va mourir avant que vous ayez le temps de vous rendre au réacteur!
L'adolescent la dévisagea de nouveau, cette fois avec une grande colère.
-Allez, fit Yicéo, on fonce!
Le groupe avança plus loin dans la grande salle jusqu'à un étranglement. L'étranglement donnait sur une salle en forme de cheminée où il y avait un tube qui laissait paraître des ascenseurs. L'armada de dissidents se regarda l'air nerveux.
-c'est ainsi qu'on se sépare, fit Yicéo en regardant les ascenseurs.
Pis c'est de même qu'on va tous mourir, se dit Zelda en regardant les élévateurs, nous pis nos terres. Alors les deux équipes ainsi constituées s'appelèrent toutes un ascenseur qui allait les conduire là où ils avaient convenus de se rendre. Par chance, il y avait une alimentation de secours qui permettait aux élévateurs de fonctionner encore. Link commanda à l'élévateur de l'emmener le plus haut possible. Lorsque l'ascenseur arriva, il s'engouffra à l'intérieur, il avait toujours son sourire dément au visage. Un sourire qui respirait la haine, la hargne et un besoin insatiable de destruction, tel un div. Ta folie va tous nous faire tuer Link, pis tu pourras même pas venger ta Tetra pauvre dingue! Ils étaient dans l'ascenseur depuis un bon moment déjà, il montait plus lentement en raison de la faiblesse de l'alimentation. La jeune moniale jetait des coups d'œil discrets et inquiets au chevalier. Ce dernier la remarqua alors et il la dévisagea de son air hargneux.
-t'as intérêt cette fois à pas me décevoir ok, parce que dans l'arène t'étais vraiment poche là!
-mais, j'avais peur, gémit-elle, quand j'ai peur je...
-ah ouains, gronda-t-il en haussant le ton, mais pourquoi t'as pas eu peur devant trois mégascaphes armés jusqu'aux dents, hein dis moi pourquoi?
-mais, je...
-J'imagine que tu vas encore me jouer le coup de la peur pour me justifier le fait que tu pourras pas taper sur Sephid, pis j'vas encore toute me taper tu seul!
-j'veux juste rentrer chez moi, murmura-t-elle.
-ah ouains, tu veux rentrer, fit Link sur un ton méprisant, mais pourquoi tu l'a pas fait hein! Tu peux te téléporter, fais que vas-y, part, scramme!
Tu comprends pas Link, je peux pas, l'abbaye c'était chez moi, je peux plus y retourner, je peux plus!
-je peux pas faire ça, gémit-elle.
L'adolescent soupira.
-mais dis-moi, là, pourquoi c'est faire que t'as décidé de me suivre pourquoi! T'aurais pu rester chez toi dans ton village d'imbécile heureux à te faire dénigrer par les truies!
Elle sentit alors les larmes lui monter aux yeux, et ses lèvres trembloter sous le coup de l'émotion. Je suis juste une indésirable pour toi, c'est ça?
-POURQUOI T'ES VENU, POURQUOI TU M'AS SUIVIT! HEIN POURQUOI? lui hurla-t-il en la secouant.
Puis elle craqua.
-je, je suis venu parce que j'voulais revoir Esteban ok! Je voulais revoir mon amou-ou-our, beugla-t-elle en sanglot, je l'aime tellement!
À ces mots, Link se calma, il lâcha alors prise et se couvrit le visage avec ses mains.
-Pourquoi, gémit-il à son tour, pourquoi j'ai dit ça!
-T'es rien qu'un hypocrite, siffla la none sur son ton de colère mal assuré avant de s'asseoir dans l'ascenseur.
Pendant ce temps dans l'ascenseur qui descend, les robots étaient de plus en plus nerveux, les androïdes parlaient peu, ils avaient peur que leur plan échoue. Puis l'ascenseur déboucha au niveau de l'étage du réacteur à chronolithe, la caverne dans laquelle ce réacteur gisait était énorme. Le réacteur luisait d'un éclat bleu inquiétant, c'était un gros cylindre autour duquel des anneaux géants tournaient tout en étant maintenus en suspension par le champ magnétique intense de l'appareil. Les robots étaient ébahis par ce spectacle ahurissant si bien qu'ils furent détendus quelques instants. L'ascenseur arriva alors à destination. Les restes de l'équipe de choc descendirent alors dans la caverne. Ils marchèrent lentement, en restant à l'affût de toute menace. Puis un gros bruit de choc emporta un des robots de l'équipe. Ils se retournèrent tous et ils virent des lueurs orange percer les ténèbres de la grotte.
-surprise mes cochonnes!
Akvan était là, ou du moins ses équivalents robotiques, puisqu'il y en avait une bonne douzaine. De retour en hauteur, Zelda était très en colère, à la fois contre elle-même et Link. D'un côté elle était fâchée contre elle parce qu'elle se rendait compte que sa dépendance envers Esteban lui mettait des bâtons dans les roues, mais d'un autre côté elle venait de découvrir que Link n'était qu'un hypocrite, comme tous ceux qui disaient «l'aider». Puis l'élévateur arriva enfin à destination, ses portes s'ouvrirent sur un grand salon. On était rendu au sommet de la tour principale. Il y avait de grandes baies vitrées d'où l'on pouvait apercevoir la ville en flamme. Le soleil avait grandement baissé et avec la fumée qui avait enveloppé la ville, le ciel était d'un rouge sang apocalyptique. Les flammes en contre-bas donnaient l'impression de surplomber l'enfer.
-Zelda, attends, lui lança soudainement Link.
-laisse-moi tranquille, espèce d'hypocrite!
-Écoute, je le pensais pas ce que j'ai dit, c'est juste que.
-c'est c'qui disent toute!
-maître, rajouta Fay, je trouve votre attitude déplorable, je m'attendais à ce que vous lui donniez du soutient, mais à la place vous avez évacué vos frustrations sur elle! Elle ne le méritait pas!
-mais, je, dit-il avec un regard honteux, je voulais...
-Tenez-vous à l'écart maître, lui gronda alors Fay, moi je vais l'aider à trouver le second poignard!
Le chevalier se tut et il poussa un énorme soupir de douleur et de honte. Zelda regarda alors Fay d'un air incertain. Est-ce que j'dois lui faire confiance ou elle aussi est juste hypocrite comme Link, songea la sorcière, arrête de niaiser, un être de lumière ne peut pas être hypocrite.
-Dame Zelda, reprit alors Fay, je sens que nous approchons du but, le couteau est tout près, mais je ressens aussi la présence d'une forte aura ténébreuse.
-Sephid, murmura alors la jeune moniale, moi aussi je le sens.
Ils arrivèrent alors devant une porte de bois lourd entre-ouverte. Il y avait une subtile odeur de crotte qui s'en dégageait. Ils pénétrèrent alors dans cette salle qui ressemblait à une chambre parlementaire. Il y avait des pupitres cordés en rang faisant face à face avec un autre groupement de pupitres de politicien. C'était là le cœur de la dictature, de faux partis politiques, de faux débats, le tout pour donner l'impression de nager dans la démocratie (oh pardon robocratie) parfaite. En plus, il y avait une sorte de trône où le maître du débat (Sephid) devait s'asseoir pour calmer le jeu lorsque le tout devenait chaotique. La none décida alors de s'éclairer grâce à sa magie. Elle fit alors luire l'index de sa main droite et la lumière révéla toute l'horreur que le courroux avait fait subir aux politiciens robotisés. Il y en avait qui avaient été éventrés, d'autres semblaient se nourrir de leurs confrères même s'ils ne mangeaient que du métal. Il y avait d'autre qui semblaient faire l'amour, ou du moins baiser, tellement leurs ébats semblaient sauvage. En voyant ce carnage, Zelda s'effondra, les larmes lui montaient aux yeux. Nous marcherons main dans la main avec le seigneur noir, nous contemplerons les damnés et les courroucés, songea-t-elle contemplant la scène, nous ne ferons plus qu'un avec le seigneur et nous régnerons sur la fosse. Nous marcherons sur nos ennemis, nous délivrerons la bonne parole, la seule, l'unique, celle d'Ahriman. Ces paroles résonnèrent dans ses oreilles un bon moment, il s'agissait d'un des sermons d'Hosmund. Je suis une ratée, se dit-elle, pis je suis avec un hypocrite arrogant, on pourra pas sauver le monde des divs pis des ténèbres, on est perdu.
-Zelda, ça va, lui demanda alors Fay et Link (un peu en retrait)
elle ne répondit pas et elle se tourna vers l'adolescent et Fay et leur jeta un regard empreint de désespoir.
-Dame Zelda, fit alors l'esprit bleu, sachez qu'il y a toujours de l'espoir.
-hi, hi, hi, hi!
-qui c'est ça ? gronda alors Link en dégainant son épée.
-hi, hi, hi!
-heille le fif, montre toé donc!
-comme vous voudrez, répondit le mystérieux interlocuteur.
La réponse ne se fit pas attendre puisqu'il se mit à ouïr de cliquetis d'arme. Maintenant toute une armada de robot braquait de puissants fusils désintégrateur sur eux. Le despote surgit alors de l'ombre, éclairé par une aura de lumière bleue qui lui donnait un air de saint. Il était vêtu d'une armure blanche rutilante à larges épaulettes pour montrer son prestige. Il portait aussi une cape bleue sur laquelle il y avait le symbole de Nayru. Son casque comportait de grandes cornes voluptueuses comme des flammes et en plus une sorte de laurier pour couronner le tout. Le casque était pourvu d'une fente en Y qui servait de visière et deux petites lueurs blanches faisaient ses yeux.
-alors vous vous y êtes rendu mes petits singes adorés, fit-il agréablement surprit.
-en un seul morceau en plus, répondit Link orgueilleusement, on est crissement bon nous!
-Oh c'est formidable, répondit le démon sur son ton enjoué, mais j'aimerai bien me présenter à vous sous mon vrai jour voulez-vous
-on s'en sacre de voir ta face!
Sephid n'écouta pas et il retira son casque pour révéler un magnifique visage angélique digne d'un dieu. Son aura sacrée resplendissait maintenant dans toute la salle et une personne non avertie (comme les robots de Lanelle) pourrait très bien penser qu'il s'agit d'un ange envoyé sur terre par Hylia.
-Ah attendez, dit le despote, ce n'est encore qu'un masque ce que je porte, moi je veux qu'on se parle franchement, à visage découvert!
Il saisit alors son visage et il semblait vouloir se l'arracher. La peau de son faciès décolla alors comme un vulgaire masque de latex, montrant sa vraie nature. Son aura changea autour de lui, passant du bleu céleste au rouge sang ténébreux. Son visage était tout aussi laid que celui d'Ahriman. Il était gris et il ruisselait de poix. Il souriait maintenant de ses dents noires recouvertes de fange et ses yeux noirs comme le bitume luisaient d'une haine démente, d'une joie immense à être fourbe et mesquin. Il jeta son masque et son casque au sol avant de se téléporter au-devant des deux adolescents qui étaient sous son joug.
-maintenant, inclinez-vous devant moi, devant Sephid, le maître de tous les hypocrites!
Zelda baissa la tête et Link le dévisageait.
-suce-moi la cave!
L'adolescent reçut un coup de crosse dans les jambes et il tomba à genou.
-J'aime bien cette arrogance en toi Link, fit le démon en crachant une motte de poix, c'est le signe que notre sang noble coule dans tes veines! Mais c'est dommage que la lumière parvienne toujours à le pervertir. Vois-tu, un vrai div, un div noble dans toute sa grandeur embrasserait le pouvoir que le seigneur lui a donné, il s'en servirait pour semer douleur et destruction sur son passage et il serait puissant et il servirait ses intérêts avec ses égaux! N'est-ce pas noble? Mais toi tu préfères te vautrer dans la disgrâce avec les faibles! Hosmund avait bien raison là dessus! Les Löftwing sont des faibles et même si on leur donne d'immenses pouvoirs ils préféreront se mettre à genoux devant les faibles et les minables de ce monde au lieu d'embrasser leur puissance. Je crois que la seule erreur du seigneur noir ç'a été de faire de toi un des nôtres. Il disait que tu allais devenir le plus noble des divs, le plus féroce, le plus vil, bref que tu allais devenir à son image, mais non, c'est tout le contraire! Parce que voilà, tu te mets à genoux devant cette ignoble, ingrate, odieuse et abjecte petite bâtarde que voici!
Le démon se tourna alors vers Zelda et il lui caressa le visage, lui laissant une marque de fange sur son visage.
-oui, dit-il comme s'il parlait à un petit animal domestique, oui, c'est qui la petite bâtarde, c'est toi Zelda!
Elle se mit alors à pleurer en silence alors Link lança :
-non, mais c'est quoi votre trip de la traiter de bâtarde là, Zelda y'a pas plus innocent qu'elle!
Sephid se retourna avec un sourire dément collé sur les lèvres.
-ah j'attendais que tu me poses la question Link, dit-il plus que satisfait, eh bien laisse moi te compter une belle histoire! L'histoire de ses origines. Il était une fois, lors de l'été 1996, une jeune femme nommée Cynthia ou Sandra, je m'en rappelle plus, qu'importe! Cette douce et charmante femme de 19 ans, à la veille d'entrer à l'université, car en année sabbatique, rencontra alors le jeune et séduisant Azhek Gaebora, pompiste dans une station-service de Bourg-Clocher. Ils parlèrent de tout et de rien jusqu'au moment ou la jolie jeune fille décide de s'envoyer avec lui quelques petites lignes de cocaïne dans le corps... et là ils décident bien sûr de s'accoupler, bien sûr, sans quelques conséquences...
-c'est n'importe quoi, rugit Link, ça se peut juste pas!
-ah oui, fit le démon déçu, c'est vrai qu'un conte de fée n'est pas la chose la plus véridique qu'on puisse entendre. Mais tu ne t'es jamais posé la question, à savoir pourquoi elle était adoptée.
-non, je, j'me pose pas ce genre d'affaires là, ça regarde ses parents à elle!
-ah et bien je vais te donner la réponse à cette interrogation jeune chevalier! Eh bien le savais-tu, mais Zelda a été conçue à l'arrière d'un garage par deux parfaits étrangers, et qui ne s'aimaient même pas en plus! J'imagine qu'après cette chaude nuit d'été, ils avaient prévu de se laisser et de passer à autre chose, mais le destin en a décidé autrement! Azhek, eh bien, a laissé un petit souvenir dans le ventre de cette charmante Sandra (ou Cynthia?) et ce souvenir, eh bien c'est Zelda! Cela a causé bien du tort à cette douce jeune fille, elle a perdu l'approbation de ses parents, et ils l'ont renié de leur famille. Elle a tout perdu et elle en était même rendue à faire de la prostitution pour arrondir les fins de mois pour son loyer miteux. Elle n'avait envie que d'une chose, retrouver le salaud qui l'avait mis en cloque et finir de couver la charmante petite sorcière que se trouve à tes côtés! Une fois chose faite, elle retrouve donc Azhek, le père, et elle lui flanque Zelda dans les bras pour partir sans demander son reste. On entendit plus parler d'elle, mais la seule chose qu'on sait c'est que sa petite fille lui a brisé sa vie! Mais revenons à nos moutons veux-tu? Eh bien, le père de la petite Zelda n'en voulait pas plus que sa mère et il fait la seule chose sensée pour régler ce problème de paternité non désirée. Il donne Zelda en adoption et c'est ainsi qu'elle atterrit alors dans les bras de Ralph Gucci et d'Isabella Stiener. Par chance qu'ils ne voulaient que d'une petite fille parce que je crois que tu serais restée très longtemps dans les bras de l'État ma petite chérie!
Zelda regarda alors Link d'un air honteux. Mais qu'est-c'est qu'il va penser de moi, pensa-t-elle, il va tellement me trouver misérable!
-ah, mais le meilleur s'en vient mon ami, ricana alors le démon, lorsque Ralph et sa femme la font entrer dans le culte, on découvre alors que cette petite bâtarde est la dernière née de la noble lignée des Gaebora, et bien vous savez ceux qui portent le sang d'Hylia en eux... ah, peu importe! J'ai vu le seigneur jubiler, s'extasier devant la disgrâce d'Hylia! Cette lignée qui a servi de véhicule à Hylia et qui a engendré les rois et les reines les plus nobles d'Hyrule se retrouve maintenant à engendrer des bâtardes pathétiques sur des caisses d'huile dans un garage miteux. Oh et nous avons bien fait de lui pourrir la vie à Rostam comme nous l'avons fait! Regarde la Link, regarde la droit dans les yeux, fit le démon en lui orientant la tête vers Zelda qui regardait au sol l'air piteux, elle est devenue si pitoyable en vieillissant! Rejeté de tous elle est allée se jeter dans les bras de son Esteban chéri, c'est pas vrai, Zelda, tu l'aimes ton Esteban? Oh oui tu l'aimes tellement que tu irais jusqu'à manger des toiles d'araignées pour lui non? Ou même te couvrir de ridicule en portant sa vieille toge d'oblat n'est-ce pas?
Elle laissa échapper un gémissement de tristesse. Je suis une ratée, la pire ratée d'Hyrule personne peut me sauver
-oh et veux-tu savoir ce le clou de cette dépendance? Hein, Link, veux-tu le savoir?
-non pis arrête ok!
Le démon s'approcha alors de son oreille et il la tira un peu pour que le chevalier puisse bien entendre.
-tu sais que ta Zelda chérie s'est déjà masturbée en pensant à son petit Esteban Alighieri, oui, oui. Elle se masturbe comme toi! Elle aime bien y aller en profondeur, si tu vois ce que je veux dire! Ça lui rappelle à quel point elle NE pourra PAS profiter de la virilité de son prince charmant!
L'adolescent repoussa alors le démon.
-mais t'as pas honte de toi maudit pervers, de regarder une fille se, se...
-blâme Jeh, mon enfant, blâme-la! Elle aime bien regarder les trucs intimes des gents. Oh des fois les endroits variaient n'est-ce pas Zelda? Tu le faisais dans les douches de l'abbaye, en imaginant qu'il te prenne par derrière comme une petite chienne! ou encore dans ton lit en y allant bien profond comme s'il te baisait en missionnaire, et bien sûr sur la plage du lac à l'orignal en pensant bien sûr qu'il allait te fournir un puissant orgasme, intime et sucré non, fit Sephid en se rapprochant de Zelda.
Il la saisit alors par les joues.
-oh et j'oubliais la fois où croyant qu'il allait revenir à Rostam, tu t'es frotté avec tant de passion sur cette vieille loque que tu portes tous les jours! Tu as fait l'amour à sa toge d'oblat comme s'il s'agissait de ton prince charmant. Tu as tellement jouit fort que t'en a mouillé ton lit et la toge. Ensuite, tu ne caressais que pour seule ambition que d'élever la prochaine génération d'Alighieri! Oh que tu avais hâte qu'il revienne pour qu'il puisse te mettre enceinte non?
-il, il m'aimait, murmura la moniale entre deux pleurs
-oh, mais qu'ai-je entendu? Esteban, t'aimais? NON IL NE T'A JAMAIS AIMÉ, TU LE DÉGOÛTAIS, IL AVAIT ENVIE DE VOMIR À CHAQUE FOIS QU'IL TE LAISSAIT! Il te trouvait déplaisante, aussi déplaisante qu'une princesse trop gâtée!
Elle serra alors les poings. Non Esteban m'aimait, il m'aimait on s'est embrassé, il m'aime toujours!
-eh oui Esteban ne faisait que jouer un rôle depuis le début. Ahriman aime bien accorder des grâces une fois de temps en temps, il t'a même laissé une petite chandelle pour t'éclairer dans ton enfer!
Elle commença à gronder, un grondement de colère qui semblait pas mal plus assuré que toutes les autres démonstrations de colère qu'elle avait faites. Puis Sephid porta son doigt don son œil et il y prit une larme naissante avant de la porter à sa bouche.
-tes larmes sont succulentes ma petite princesse, dit-il sarcastiquement avant de changer drastiquement de ton, bon j'en ai assez vu, tuez-les!
Mais avant que sa garde personnelle puisse faire quoi que ce soit, Zelda concentra ses pouvoirs et elle explosa littéralement de colère, repoussant tous les assaillants et les détruisant du même coup. Elle se leva lentement en poussant un hurlement profond de colère et de hargne qui étaient beaucoup plus assurées que tout ce qu'elle avait démontré à Link jusqu'à présent. Elle commença alors à masser de l'énergie autour d'elle et elle se mit alors à léviter. Des éclairs d'énergie léchaient son corps et elle semblait vouloir déchaîner toute sa colère sur le démon blanc qui la regardait, totalement émerveillée par le spectacle.
-MEURS SEPHID, gronda-t-elle avec une voix caverneuse amplifiée par sa magie.
-je l'ai enfin réveillée, ria le démon, je l'ai réveillée!
Et puis sans prévenir, elle relâcha alors toute la puissance de la foudre sur Sephid le tout dans un bruit infernal de tonnerre. Elle déchaînait tout ce qu'elle connaissait en technique de magie sur le démon blanc. Flammes infernales, éclairs foudroyants, pierre écrasante, énergie sidérante, bref tout ce qu'elle connaissait en magie servait à faire du mal à Sephid et à se passer les nerfs. Le démon était ballotté partout comme une poupée de chiffon, mais il ne semblait pas souffrir pour autant. Link qui regardait la scène était ébahi et effrayé par toute la puissance que Zelda pouvait dégager. Il voulait l'aider, mais toute cette puissance était au-dessus de ses moyens.
-Hi, hi, hi, ça chatouille, petite princesse, gloussa le démon, maintenant c'est mon tour!
Il ses mains s'allongèrent alors et se transformèrent en une immonde masse de poix qui engloba Zelda pour lui aspirer son énergie.
-maintenant, dit-il en souriant, révèle-moi tes secrets, petite sorcière!
En voyant ce qu'il faisait à son amie, Link se rua alors sur le div et il lui décocha un puissant coup d'épée dans les côtes.
-Rhast! hurla alors Sephid en repoussant l'adolescent avec une vague de fange, comment oses-tu me déranger petite merde!
-Maître, geignit nerveusement Fay, je crois que nous allons avoir plus d'ennuis!
Puis un hurlement à glacer le sang se fit entendre par dessus le combat qui faisait rage dans la tour.
Pendant ce temps, dans l'arène, Akvan gisait au sol inconscient, son poignard empalé dans le cœur. Puis il sentit alors l'appel de son maître. Ses yeux se réanimèrent et il se releva. Il regarda autour de lui pour voir toute la désolation que le courroux de son seigneur, Ahriman avait causé. Les gradins de l'aréna étaient jonchés de carcasses de robots et de débris divers et le feu faisait rage, atteignant les miles degrés. La chaleur avait entraîné la fonte de certaines carcasses qui ressemblaient à des visages de damnés tordus par la douleur. Il jeta alors un regard fauve vers la tour de son maître et il montra les crocs. Il n'en revenait pas qu'il ait été battu encore une fois en utilisant sa propre faiblesse; sa désobéissance légendaire. Heureusement que Sephid avait pensé à tout cette fois en lui plaçant un sort qui l'empêchait de se tuer ou de tuer d'autre div au cas où sa faiblesse était découverte. Mais cette fois il allait avoir sa revanche, et pour l'avoir sans se faire rouler une seconde fois, fallait s'occuper de sa faiblesse. Il regarda autour de lui et il vit des tiges de métal. Il en arracha une et il se l'enfonça alors dans l'oreille. Il se creva alors les tympans pour ne pas entendre les autres lui dire de faire l'inverse de tout. Une fois chose faite, il jeta la tige et il fixa la tour de son maître, cette lance blanche qui lacérait le nuage de fumée. Il fit alors un bond de géant pour l'atteindre. Il s'accrocha alors à sa paroi et il l'escalada à un rythme infernal. De retour à la tour, Link commençait à entendre un grondement assourdissant au travers du bruit que Zelda et Sephid faisaient en se battant. Puis Akvan surgit d'une fenêtre. Il agrippa alors Link et il l'entraîna loin de la salle politique. Il le plaqua alors contre un mur avant de le dévisager
-comme on se retrouve, ma cochonne, gronda-t-il en plaquant un de ses brassards sur le cou du chevalier.
-Comment ça, gargouilla l'adolescent, tu t'étais suicidé!
Le démon bovin lança alors l'adolescent sur la porte de l'ascenseur qui se déforma à l'impact. Akvan s'approchait alors lentement et triomphalement, enfin, enfin il allait pouvoir tuer le champion d'Hylia de ses propres mains et ne pas se faire ridiculiser par son vilain défaut. Il voyait Link sourire comme un div.
-tu veux remettre ça hein l'cave, fit Link en se relevant difficilement, maintenant tu vas m'écouter, tu vas pas te rebeller contre Sephid, tu vas pas le tuer, pis ensuite, je veux pas que tu te suicides enfin!
Akvan sourit alors, il prit son coutelas et il fit mine d'aller se retourner contre son maître, mais au dernier moment...
-maître attention!
il se retourna et il lança son arme sur l'adolescent. De retour à la chambre politique, Zelda se déchaînait depuis maintenant une demi-heure contre Sephid. Le démon semblait parer tous ses coups et même pire, il l'imitait, mais en beaucoup mieux. La moniale se saisit alors d'une carcasse de robot endommagée et la fit chauffer jusqu'à tant qu'elle se liquéfie. Puis avec ses pouvoirs de préhension télékinétique, la jeta sur le démon qui fit mine de hurler de douleur.
-Ah, ah, fit Sephid ruisselant de métal, ça chatouille en fait, maintenant, je vais te montrer comment on fait ça!
Le démon fit alors la même chose que la moniale, mais au lieu de liquéfier le métal, il le changea en plasma brûlant, il en fit une boule aussi grosse qu'un ballon d'exercice.
-attrape ça!
Il projeta alors la boule sur Zelda qui frappa alors le sol de toutes ses forces levant ainsi un énorme bouclier de pierre et de métal pour bloquer le plasma. La boule réduit alors sa protection en cendre, mais sans vraiment pénétrer et lui faire de mal. Voyant qu'elle était sans défense, Sephid en profita alors pour imiter sa technique d'éclair. Il déchaîna la foudre sur elle qui se protégea grâce à un bouclier énergétique.
-Comme tu manques cruellement d'originalité, railla le div, tes techniques sont si facilement reproductibles, hi, hi, hi!
Elle hurla de colère avant de faire exploser son bouclier d'énergie sur le dæva. Ce dernier fut sonné et elle en profita pour charger. Elle fonça alors à toute vitesse sur son adversaire et, arrivées à sa hauteur, lui assena un violent coup de paume sur la poitrine. Sephid fut projeté à l'autre bout de la pièce, détruisant sur son passage moult pupitres pour finalement atterrir sur son trône. Il avait la tête penchée sur le côté, comme un roi déchu. Il regarda alors la none se rapprocher d'un pas pensant, les poings serrés. Il tourna lentement la tête vers elle, le sourire aux lèvres
-mais quand est-ce que tu vas comprendre, ricana-t-il d'un ton essoufflé, Esteban ne t'a jamais aimé, tu savais qu'il avait envie de vomir peu de temps après que tu l'aie embrassé?
-tu mens sale monstre, gronda-t-elle, il, il m'aimait!
-t'en aie sûre et certaine? Tu sais que sitôt après son départ, il est allé dans les bras d'une autre, une fille bien grasse comme Mathilda!
Elle vit soudain l'image d'Esteban dans les bras de sa grande rivale de Rostam. Elle le voyait l'embrasser aussi langoureusement qu'elle l'avait fait lors de son premier baiser à elle. Non impossible, se dit-elle, impossible, il, il m'aime, il, il me désire, il, il. Sephid souriait de son sourire atroce. Zelda le dévisagea alors et elle fit luire sa main. Elle voulait l'achever avec le dévoreur d'âme, personne ne l'avait testé sur un div, mais d'après ce qu'Hosmund lui avait dit, cette technique peut détruire l'âme de n'importe quoi. Elle s'avança et saisit le cou du démon qui commençait littéralement à frire. La poix sur son visage rissolait comme un œuf sur une poêle. Il se tordait de douleur et son visage commençait à fondre. Puis il s'échappa en une immonde masse de fange qui ruissela hors des mains frêles de Zelda. Voyant que Sephid était mort, elle s'assit alors sur le trône et elle se laissa aller à la plus grande tristesse. Pendant ce temps, au combat entre Link et Akvan, l'adolescent perdait de plus en plus de terrain, et Fay n'était pas vraiment d'une grande utilité. On dirait qu'elle ne voulait pas révéler les informations sur Akvan et elle répondait toujours qu'elle était mystifiée à chaque fois. Mais Link avait rapidement compris que son adversaire s'était crevé les tympans et qu'il ne pouvait pas non plus lire sur les lèvres. Il subissait les coups et il saignait abondamment du nez.
-hein ma cochonne, qu'est-c'est que tu dis de ça! J'me suis rendu sourd juste pour te tuer!
Il ne répondit pas, il tenta alors de s'approcher pour donner un coup, mais le démon bovin l'attrapa alors par le collet et il le plaqua au sol. L'adolescent cracha alors un épais caillot de sang avant de se relever. Akvan lui donna un coup de pied dans les côtes et il retomba à la renverse.
-tu penses-tu vraiment que tu peux nous tuer nous, cochonne? Tu penses tu vraiment que tu peux tuer Ahriman? T'aurais dût rester dans ton petit patelin dans le ciel pis t'apitoyer sur ton sort comme tu l'faisais si bien quand ton grand-père est mort au lieu de nous provoquer!
L'adolescent tenta de se relever, et il reçut un autre coup de pied dans les côtes
Pendant ce temps en profondeur, les rebelles robotisés se faisaient mettre en pièce par les robots Akvan. Yicéo essayait tant bien que mal de placer la bombe sur le réacteur au chronolithe, mais en vain. Impossible de faire quoi que ce soit avec les robots dans le coin. Il tenta alors une autre approche, alors que ses confrères se faisaient réduire en miette, il ramassait diverses pièces d'explosifs et il les mettait dans sa ceinture. Puis il se fit télescoper par un des droïdes bovins. Il le saisit par la couronne et il l'envoya valser contres les bords du réacteur.
-Alors, ma cochonne tu pensais faire quoi avec tes p'tits explosifs hein?
Yicéo le regarda droit dans les yeux, grenade en main.
-mettre fin à votre folie meurtrière, une bonne fois pour toutes!
Il arma sa grenade et il la garda contre lui et trente seconde plus tard, elle détonnait, faisant exploser sa ceinture d'explosifs. L'explosion déstabilisa le champ temporel anti-décrépitude qui maintenait la ville dans son état magnifique. Des alarmes se mirent alors à retentir; attention, déstabilisation du champ temporel, veillez évacuer la ville, fusion du réacteur imminente! En hauteur, dans la chambre politique, Zelda entendit l'alarme, mais elle ne broncha pas. Allez, viens me chercher douce mort! Je vaux plus rien, personne m'aime, ça me sert à rien de vivre! Elle regarda au loin l'air serein, et elle vit alors une masse de fange se former au sol et prendre la forme de Sephid. Il avait encore son armure et il était toujours affublé de son sourire de psychopathe.
-tu me croyais mort, petite conne, ria-t-il en clouant Zelda sur le trône avec ses pouvoirs télékinétiques
elle ne répondit que par un regard étonné et effrayé.
-merci de m'avoir enseigné cette technique de magie, dit-il l'air moqueur, le dévoreur d'âme, c'est tout ce qui me manquait pour pouvoir pleinement me mesurer aux Alighieri!
Elle remarqua qu'il avait le bras luisant comme elle l'avait tantôt peu avant de faire cette technique sur le démon. Il tenait aussi dans sa main luisante le poignard de la sagesse. Il la saisit alors au collet, prêt à dévorer son âme, puis un bourdonnement intense se fit entendre. Il vrilla les tympans des deux adversaires qui se tordaient de douleur à cause du bruit. Le noyau de chronolithe du réacteur était en train de fusionner et il se vidait de sa mémoire temporelle. Tout ce qui appartenait au passé était détruit et ce qui appartenait au futur était violemment projeté à son époque originelle. De son côté Link aussi goûtait aux effets de la fusion puisqu'il était pris dans ce carcan de douleur e de bourdonnement. Devant lui, il voyait Akvan en train de brûler dans un énorme feu de joie bleu et sa vision se troubler. Tout devenait de plus en plus lumineux et... douloureux. Ils avaient l'impression de traverser l'éternité. Puis tout s'arrêta, ils étaient enfin revenus en 2013.
Zelda se réveilla la première, elle avait l'impression d'avoir été dans la peau de 5 Zelda différente et à cause de ça, elle se sentait minable. Elles avaient scellé le mal, porté la déesse et aidé le héros à chaque fois, mais elle qu'avait-elle fait? Rien de comparable à eux, elle s'était seulement réfugiée dans les bras d'un type qui ne l'aimait pas et qui ne l'avait jamais aimé. Elle réalisa alors qu'elle avait frôlé la mort et que Nayru n'était même pas venu la voir en rêve comme pour Link. Elle regarda autour d'elle, elle vit la momie de Sephid, à moitié ensevelie dans les sables. Dans sa main séchée, il tenait le poignard de la sagesse, une belle lame triangulaire d'un bleu céleste. Je le mérite même pas ce couteau-là, pensa-t-elle, je mérite de mourir, personne m'aime! Elle vit que le balcon en face du trône était maintenant effondré. Elle se leva et elle se dirigea vers la pile de gravats sans prendre le couteau. Elle y trouva alors un trou à sa taille et s'y enfonça. Elle se roula alors en petite boule dansa toge qui sentait l'urine et elle se laissa encore aller à la tristesse. Je mérite pas de vivre, se dit-elle, personne m'aime, je vais mourir ici, pis personne va s'en rendre compte. Ses gémissements se mêlèrent alors avec ceux du vent qui fouettaient ce palais maintenant en ruine. De son côté Link se réveilla, il avait atrocement mal à la tête. Il avait la sensation d'avoir vécu 5 vies en même temps, 5 vies de total mensonge.
-Fay il s'est passé quoi, demanda-t-il d'un air hagard
-maître, il y a de fortes chances que le réacteur à chronolithe de la ville ait fusionnées et nous ai projeté en 2013 du même coup. Je ne ressens plus l'aura des divs et je crois qu'ils ont péri dans la fusion.
-genre tout ce qui appartient au passé reste dans le passé, dit-il distraitement en regardant les bancs de sables qui s'engouffraient maintenant dans la tour.
Il regarda alors plus attentivement autour de lui, le temps avait ravagé le si somptueux palais de Sephid. Le sable s'engouffrait par les baies vitrées. Les portes de l'ascenseur étaient maintenant rouillées et bombées par la pression du sable du désert. Sur le sol près de la cage d'ascenseur gisaient les restes d'Akvan. Il était momifié dans une expression de torpeur et de surprise. Link le regarda et il lui donna un violent coup de pied à la tête, détachant ainsi cette partie de son anatomie de son corps. Il entendait les gémissements du vent au travers de la structure et il crut entendre des pleurs. Zelda, je, je l'avais complètement oubliée! Il voulut alors retourner dans le salon politique, mais l'entrée était bouchée par un effondrement. Il rebroussa alors chemin pour trouver une autre entrée et il déboucha alors au niveau du trône.
-Maître, fit Fay, je ressens une grande tristesse dans cette salle, elle provient de dame Zelda.
-Elle est où, Fay, demanda l'adolescent presque en pleur, faut que, faut que j'm'excuse de ce que j'y ai dit tantôt.
L'esprit bleu acquiesça et elle pointa le balcon effondré. L'adolescent vit alors la momie de Sephid qui tenait le couteau. Il donna un solide coup de pied sur le bras qui dépassait pour dégager le poignard. Il broya alors le bras et il prit le couteau avant de cracher au visage du démon momifié. Il avait une expression de surprise et de colère gravées sur son cadavre. Tiens enfant de chienne, tu le mérites, se dit-il avant de se précipiter sur les débris du balcon. Il retira les planches, les décombres les moins lourds. Il entendait les pleurs de la jeune sorcière, il voulait la réconforter, maintenant c'était le temps, le temps de s'occuper d'elle, il avait peur qu'Il soit trop tard. Il avait peur de la perdre pour toujours, cette fille était tout aussi perturbée que lui, c'était son reflet dans le miroir. C'était sa nouvelle lumière et il ne voulait pas qu'elle parte. Il lui avait fait mal et il le regrettait amèrement, il ne voulait pas la perdre comme Tetra. Il vit alors une large planche qui bloquait le chemin. Il voulut la soulever, mais une force inconnue l'en empêcha.
-laisse-moi, geignit avec colère une petite voix, va-t'en maudit hypocrite, laisse-moi mourir icitte!
Il reconnut aussitôt cette voix, c'était celle de Zelda. Il chercha alors un autre moyen de l'atteindre. Il vit une autre point d'accès, cette fois il était bloqué par une sorte d'armature qui rappelait une grille. Il remarqua alors qu'elle avait été placée là comme si la jeune moniale volait s'enfermer dans une sorte de cage de solitude. Il regarda au travers et il vit Zelda qui était en position fœtale. Il tenta de retirer la grille, mais encore une fois l'adolescente la bloquait par sa magie.
-j'ai dit, laisse-moi! gronda-t-elle d'une voix fatiguée au travers de la grille, je suis juste une bâtarde irrécupérable, personne m'aime, même pas Nayru!
L'adolescent vit alors dans les yeux de Zelda quelque chose qui lui fendit le cœur, ses yeux ne reflétaient aucune colère, aucune rancœur, mais bien un besoin de se faire aider. Au plus profond d'elle, elle ne voulait pas qu'il parte, elle voulait qu'il reste. Il lui jeta alors un regard compatissant et il s'assit alors sur une pile de gravats qui ressemblait vaguement à un siège. Il regarda longuement au sol, jeta des coups d'œil honteux dans sa direction.
-voulez-vous que je vous aide maître? murmura alors Fay
il lui fit non de la tête avant de pousser un long soupir.
-dis pas ça Zelda, tes origines te définissent pas ok, t'es une bonne personne tsé. écoute, je, je suis désolé pour kessé j'ai dit dans l'ascenseur, j'aurais pas dû te crier après, c'est juste que, j'ai trop ambitionné sur toi, j'ai pas réalisé à quel point tu me ressemblais pis à quel point tu souffrais je, je voulais trop venger mon amie, pis je t'ai fait mal, dit-il en pleurant.
-arrête, soupira l'adolescente d'une voix tremblante dans son trou, t'es juste un hypocrite, tu prétends vouloir mon bien, mais t'es juste comme les autres, tu m'aimes pas, tu fais juste semblant! Personne m'aime, peu importe si je meurs icitte, tout le monde va s'en foutre!
-non c'est pas vrai, beugla Link, arrête de dire des niaiseries comme ça, y'a, y'a tellement de monde qui t'aime tsé! Pense à tes parents, ils t'aiment eux non?
-ils m'ont abandonné à la première occasion.
-non pas eux, je veux dire Ralph pis Isabella, eux ils t'aiment comme si t'étais leur, leur propre fille. Ça leur ferait beaucoup de peine de te perdre! J'ai jamais connu l'amour d'une famille moi, ils sont toute morts pis mes amis c'est genre ma seule famille, pis elle aussi je suis en train d'la perdre.
Elle ne répondit pas. Il regarda alors au sol en rougissant
-tu sais que, moi aussi... je t'aime!
En entendant ça, Zelda ravala sa salive. Elle trouvait qu'il était si sincère.
-pis je sais pas ce que je ferai sans toi, dit-il avec une voix tremblante et empreinte d'émotion, ça me ferais tellement de peine si tu partais là... j'ai personne d'autre sur qui compter. J'ai tellement fait d'erreur dans ma vie, j'ai rejeté celle que j'aimais avant; Tetra. À s't'heure est morte, pis c'est de ma faute. Mais si tu venais à partir, je sais pas ce que je ferais, je penses que je ferais le grand saut juste pour vous rejoindre! Je t'aime Zelda, je veux pas que tu parte!
Elle sorti alors la tête de son trou et elle regarda Link qui pleurait en silence.
-tu le penses pour de vrai?
-oui pour de vrai!
Elle se regarda alors, c'est la première fois qu'un autre garçon depuis Esteban me dit une chose pareille. Elle sortit alors complètement de son trou. Elle et Link se regardèrent longuement sans rien dire. Puis elle brisa alors le silence.
-tsé Link, j'ai toujours cru que Esteban m'aimait... mais...
l'adolescent vit son regard, il était empreint de honte et de regret.
-oublie-le-lui ok, gronda-t-il, c'est juste un maudit mange marde! Il te méritait pas pantoute! Tsé, moi aussi j'ai connu des gens qui valent juste pas la peine là. Y'avait Hergo, avant on s'entendait pas pire, mais après que j'ai fait une petite réaction durant un rite de chez nous ben, ah! Il m'a tellement fait chié là, j'en reviens toujours pas.
-j'ai toujours souhaité qui revienne, Esteban, je l'aimais, c'était mon seul ami, pis y'é parti en pèlerinage pis il est jamais revenu, ça fait deux ans à s't'heure. j'ai gardé sa toge en souvenir tsé.
-Quant à moi ce gars-là, là, s'il t'aimait vraiment là, il serait revenu de son pèlerinage, il serait revenu juste pour toi.
-ouains.
-moi je te trouve formidable tu sauras. Tsé y'a plein d'autres personnes qui attendent juste de te connaître pour voir à quel point t'es bonne pis talentueuse. T'as vraiment été bonne de te tenir devant trois mégascaphes pis des les exploser ou encore dans l'arène, je pense que si t'aurais pas été là, je serais sûrement pas icitte pour te parler. Je te connais pas tant que ça, mais juste assez pour dire que t'es une gentille fille, pis y'a plein d'autre monde qui t'aimerais j'en suis sûr.
-comme toi, dit-elle avec un mince sourire.
-oui, moi, répondit-il gêné, mais dis-moi il était comment ce gars là, pour que tu l'aimes?
Elle ne répondit pas immédiatement, elle regarda au sol, l'air gênée.
-euh j'ai tu été trop vite? bégaya Link gêné, t'es pas obligée de m'en parler si tu veux pas.
Elle ne répondit pas. Elle regardait Fay qui était en train de faire un feu de camp pour les réchauffer, le désert est un endroit impitoyable, chaleur suffocante le jour et froid glacial la nuit. Elle le regarda avec des yeux demandeurs comme s'ils disaient; est-ce que je peux? L'adolescent lui répondit par un sourire franc.
-vas-y Zel, parle-moi, je suis là pour ça.
-ben euh, dit-elle avec un regard fuyant, il me défendait contre les autres à Rostam, en fait c'était le seul qui faisait ça. Quand les autres me traitaient de... tu sais quoi, il me défendait, il les envoyait chier ou il disait à son père de faire quelque chose pour régler ça, même si le bonhomme m'aimait pas. Il me, me faisait sentir spéciale à ses yeux, il disait que lui pis moi on allait devenir les sorciers les plus puissant de Rostam, pis du monde. Il préférait venir me voir à l'abbaye pour me tenir compagnie plutôt que d'aller voir les autres au village. On jouait souvent aux jeux vidéo ensemble. On faisait toute ensemble. Je peux pas croire que pendant toute c'te temps là, il faisait juste semblant.
Elle l'agrippa soudain par les épaules et elle le regarda droit dans les yeux.
-j'me suis couverte de ridicule pour lui, pleurnicha-t-elle, j'ai porté sa vieille toge d'oblat pensant que je pourrais toujours l'avoir auprès de moi, j'ai mangé des toiles d'araignée pour lui, j'me suis roulée dans la boue avec les cochons pour lui, j'me suis... ben... en pensant à lui. Tout ça pour rien.
Elle lâcha alors prise pour se rouler en boule près de son trou.
-Je sais, fit Link sur un ton compatissant, ça fait mal de se séparer de quelqu'un qu'on a aimé presque toute sa vie, j'te comprends parfaitement.
Elle regarda alors au loin avant de briser le silence.
-J'm'en rappelle comme si c'était hier, chuchota-t-elle en se mettant les mains au visage, c'était un peu avant qui parte... on nous avait demandé de nettoyer la petite école pis son grenier. Mathilda était venue pis elle l'avait mis à l'écart. Elle avait ramassé toutes les toiles pis là... elle les avait mises dans un bol pis, pis elle m'a dit de les manger sans ça je ne revoyais plus jamais Esteban.
Elle vit alors la colère se dessiner au visage de Link, une colère empreinte d'empathie pour elle.
-elle m'a enfermé dans le grenier en me disant que je sortirais jamais de là! J'ai, j'ai fini par les manger, mais quand je l'ai dit à Esteban, il s'est moqué de moi, il m'a dit que j'étais trop naïve pis trop idiote pour réaliser que j'aurais juste pu les brûler ou les téléporter ailleurs. Il, il m'a fait sentir comme si j'étais la plus minable, pis la plus stupide, j'ai eu honte de moi ce jour-là. Tout ça parce que je me suis roulée dans la boue un jour, parce qu'on jouait aux cochons lui pis moi.
-ah le tabarnak, gronda Link, c'est vraiment pas fin c'qui a fait ché pas, y'aurait quand même pu faire de quoi au lieu de te forcer à faire ce genre d'affaires là!
-pis quelques mois après, on, on fuguait, pis je l'ai embrassé, je, je pensais qui m'aimait, mais... ah j'en ai assez de lui, j'en ai assez d'être dépendante de lui, j'en ai assez de porter sa vieille toge minable, j'veux changer Link, j'veux changer!
En entendant ça, l'adolescent sourit, je crois que j'ai réussi, je crois que je peux enfin la ramener sur le droit chemin.
-tu sais, dit-elle en le regardant, je crois que je te dois des excuses moi aussi quand je t'ai traité de désespéré, j'me suis pas rendu compte que, c'était moi la plus grosse désespérée d'Hyrule, j'attendais le retour d'un gars qui m'a jamais aimé. J'étais prête à rejeter tous ceux qui voulaient me tendre la main, tous ceux qui voulaient m'aider. J'ai tellement été égoïste. Je pensais juste à lui pis je t'ai juste suivit pour ça, le retrouver, je pensais que Fay aurait pu... peu importe.
-heille, fit le chevalier en souriant, tout le monde fait des erreurs Zelda. Moi j'ai commis l'erreur de renier Tetra, celle que j'aimais, pis d'évacuer ma frustration sur toi.
-tsé Link, fit Zelda, je viens de réaliser ça, les divs, ils nous ont pourri la vie à tout les deux. Ahriman m'a fait vivre un enfer, pis toi, il s'est permis de prendre ta meilleure amie pis ta famille. J'ai ben envie de leur faire payer ça! Ils nous ont volé nos vies!
L'adolescent acquiesça et ils se mirent à parler de tout et de rien. Ils parlèrent principalement de leur enfance. Zelda lui parlait des moments plaisants qu'elle avait passés avec son ami, et Link lui parlait de son grand-père à quel point il pouvait être génial et... gênant à la fois. Comme à son 15e anniversaire lorsqu'il lui avait donné des condoms en plein devant Tetra. Il lui disait à la blague que si le vin lui montait trop à la tête eh bien qu'il utilise les condoms pour éviter les accidents. Link en était devenu rouge cette journée-là et ça avait créé un grand malaise entre lui et Tetra. Zelda lui parla alors de la fois en 2011 après la grande canicule où elle et Esteban son allé courir sous la pluie pour se rafraîchir et qu'ils avaient eu la frousse de leur vie en voyant la foudre tomber sur un des grands pins près de l'abbaye. Ils avaient alors décidé d'attendre que ça se calme dans l'écurie. Elle se rappelle à quel point ils avaient fait les fous dans le grenier à foin après. Elle lui parla ensuite de ses parents. Notamment des projets de son père, comme la fois où il avait découvert un produit pharmaceutique qui permettait de faire régénérer les cellules à un rythme effarant. Il avait alors dit à la blague qu'il avait synthétisé le cancer. Elle lui parla aussi de sa mère qui avait réussi à créer des roses bleues. Ces fleurs étaient soi-disant plus attirantes pour les abeilles des ruches avoisinantes, mais ça s'est avéré être le contraire. Toutes ces anecdotes lui firent alors réaliser qu'elle avait lâchement abandonné ses parents qui la réprimandaient.
-Link, je viens de me rendre compte, j'ai même pas dit à mes parents où c'est qu'on allait nous autres là!
-ben oui, c'est vrai, acquiesça le chevalier.
-faut qu'on rentre, ils doivent être morts d'inquiétude!
Elle prit alors le couteau des mains de Link et elle se concentra alors et ils furent téléportés dans l'appartement des Gucci, dans le salon plus précisément. Elle fut alors consternée en voyant le désordre, puisqu'elle comprit immédiatement ce qui s'était passé en leur absence. Ses parents avaient été enlevés par le culte puisqu'ils avaient pu retrouver leur trace grâce à sa téléportation. Elle s'effondra alors sur le plancher, totalement abattue.
-tout est de ma faute, geignit-elle
et voilà, le plus long chapitre de ma carrière, peut être qu'il sera détrôné par un autre on le sait pas, mais là vous voyez, y'était pas mal chargé. on se revoit dans deux semaines pour le 2-17, qui espérons le sera moins long.
