Chapitre 38 :

Serena constata avec soulagement qu'enfin, son taxi arrivait en bas de l'immeuble de BI. Elle avait pris un retard considérable à cause des bouchons, du moins c'était ce qu'elle comptait dire à son frère. La réalité était qu'elle était partie de son bureau avec 20 min de retard, car elle avait totalement oublié leur déjeuner …. Elle avait donc saisi son Birkin et fourré la plupart des choses qui se trouvaient sur son bureau à l'intérieur – y compris, elle s'en rendit compte un peu tard, un pot à crayon … - et jailli hors de son bureau, passant devant une Rose hilare. Elle devait vraiment écouter Nate la prochaine fois qu'il lui montrerait la méthode pour programmer des alertes sur son Iphone.

Elle ignora la brutalité du freinage – c'était NY après tout – et jeta sur le siège avant de quoi régler sa course, avant de sortir précipitamment de la voiture et de s'engager dans la porte à tambour. Elle commença à faire la liste mentale des points qu'elle devait valider avec Chuck ce midi-là.

Le gala de leur fondation était dans moins d'un mois, et tant de points restaient à régler. Serena préférait largement voir Chuck en amont, plutôt de de subir ses remarques pendant une soirée entière si l'évènement devait ne pas être à son gout. Tapant du pied avec impatience, elle regardait alternativement sa montre et l'écran sur lequel défilait beaucoup trop lentement à son goût le numéro des étages. Enfin, après ce qui lui paru une éternité, la sonnette retenti, et les portes s'ouvrir sur le luxueux hall d'accueil de BI. La grande puèce dallée de marbre était déserte, à l'exception d'une jeune standardiste qui semblait perdue derrière la large banque. NY connaissait depuis la première fois du printemps une vraie belle journée, et Serena devina que la majorité des employés avaient choisis d'en profiter et devait se trouver en ce moment même sur un banc dans le Park ou sur les marches du Met, en train de profiter des premiers rayons.

Elle salua d'un signe de main rapide la jeune femme, qui lui fit signe de poursuivre sa route, et elle traversa rapidement l'open space désert. Elle passa devant le bureau de l'assistant de son frère, désert lui aussi, et comme elle le faisait toujours, ouvrit directement la porte du bureau de celui-ci.

A plusieurs reprise, elle avait interrompu de manière un peu trop familière et spontanée des réunion ou vidéo conférence, mais malgré les injonctions de Chuck, elle ne se résolvait pas à frapper. Elle poussa donc la porte, et passa sa tête dans l'entrebâillement, pour constater que le vaste bureau était totalement vide. Elle pensait que son frère aurait profité de son retard pour s'avancer sur ses dossiers, mais il avait dû s'absenter pour quelque raison, ne la voyant par arriver.

Elle entra donc dans la pièce et s'installa sur le canapé, non sans avoir vérifié que l'assistant de Chuck avait bien disposé dans son mini frigo leur déjeuner. Ouvrant son vaste sac, elle entreprit d'y retrouver son portable, afin d'envoyer un message à son frère. Rapidement, elle tapa quelques mots, et envoya le message.

Elle fut surprise, quelques secondes plus tard, d'entendre sonner le portable de Chuck, pour réaliser que celui-ci était toujours sur son bureau. Connaissant celui-ci, qui d'habitude n'était jamais loin de son téléphone, elle se dit qu'il était sans doute à l'étage, et sortit de nouveau pour le guetter. Elle ouvrit la porte, et tendit l'oreille, trouvant confirmation que l'open-space était totalement désert. Intriguée, elle revint dans le bureau pour prendre son portable et appeler Rose, afin de voir si celle-ci savait où il était.

A moment où elle se penchait au-dessus du canapé, elle entendit un bruit, qui sans nul doute venait de la salle de bain privée de son frère, à quelques mètres d'elle.

Etait-ce sa grande perspicacité, ce qu'elle avait cru surprendre quelques jours avant au Met ou juste l'habitude, mais elle sut instinctivement ce à quoi elle allait être confrontée en ouvrant la porte.