Aujourd'hui, je me sens gentille, et plein de bonté et de repentir (parce que cela fait un petit moment que le chap 35 attends d'être rejoint par son frérot…) Alors, j'en profite pour faire quelques rars

Angelofthehell: Merci beaucoup, j'espère que tu aimeras ce chapitre tout autant que son prédécesseur…

Serleena: Dante plus puissante qu'Elsa. La question se pose. Et je commence à y répondre ici. Et, oui, je sais que c'est Julia dans l'anime, pour Sloth, mais comme Jealousy s'appelait déjà Julie, (ou Julia) je ne pouvais pas me permettre deux fois le même nom et rien ne m'inspirait pour J dans les autres noms avec un J. Enfin, tu comprends l'idée. Je suis contente que tu sois contente et j'espère que tu apprécieras ce chap même s'il n'y a pas de royai. Je me suis trop donné à fond dans le dernier.

Sabine02: Oui, il faut qu'il y ait une fin, surtout que la session prochaine, je serais incapable d'avoir internet, parce que je devrais normalement quitté le cégep pour l'université et malheureusement, j'ai réalisé qu'il me fallait des cours supplémentaires pour entamer un bac en psycho et comme je compte me rendre au doctorat, je suis dans la mouise… (Mais sinon, je suis contente de te faire plaisir avec un bon et long chapiter) Merci de me lire!

Kaisuky: c'est vrai que la situation que vit Hohenheim est étrange. Surtout qu'il s'en sort presque aussi vite. Mais enfin, je suis bien d'accord pour dire que les mecs sont tous pareilles. Mon Roy à moi est d'un paresseux… ( ne demandez pas qui c'est, il est pas au courant lui-même) Enfin, bon, contente de savoir que l'histoire t'a réveillé un peu. Si c'est comme ça, je vais mettre les bouchées doubles pour te tenir debout. Prépares-toi à ce qu'il y est de l'action.

Et vous voulez tous savoir qui est Black Stallion? La grande révélation est pour le chap 38. Il est pas écrit, mais je sais déjà ce qui s'y passe, alors, je me trouve bien préparée… Enfin, peut-être pas tant que ça. On en est au chap 36. Prochainement, le chap aura pour titre (celui qui était en allemand la dernière fois…) La guerre!

Et vous comprendrez pourquoi en lisant ce qui suit!

Vollständig Metall Liebhaberin

Full metal lovers – Alchimiste en mission

Alchimist auf Dienstreise

Kapitel Dreißig und Sechs

Chapitre 36

Edward arriva à Resembool avec le soleil. Malgré sa rencontre inquiétante avec son père dans la nuit, malgré le fait que son frère ne soit plus avec lui, l'adolescent se sentait étrangement confiant. Il avait l'impression qu'après toutes les épreuves qu'il avait traversé, rien ne pourrait plus l'arrêter. Et il était bien décidé à empêcher Elsa Sciez de commettre d'autres crimes contre l'humanité. Il ne voulait pas qu'une nouvelle guerre éclate indirectement à cause de lui. Il pensa aller voir Winry et mamie Rockbell dès son arrivée, mais quand il frappa à la porte de l'atelier d'automails, il ne reçut aucune réponse. Il insista un peu et finit par baisser les bras, se disant qu'il pourrait toujours bien tout de suite faire la raison qui l'avait amené dans son village natal.

-Tenez vous bien, les Ishbals, j'arrive.

Edward ne pensa même pas à se déguiser pour s'infiltrer dans le campement. Il ne voulait pas agir sournoisement comme le ferait Envy. Car plus il y réfléchissait, et plus les mots qu'avait lancé Bernard Stein dans le procès –« il y a même 2 membres de cette organisation dans cette salle au moment où je vous parle! »- plus ces paroles prenaient du sens. Nathan Vartek. Les initiales NV ressemblaient beaucoup au prénom de l'homoncule avec lequel Ed avait la plus grande rivalité qui soit. Quant à cette Julia, le J de Jealousy était là. Rien ne manquait. C'était les deux homonculi dont voulait parler Stein. Et cette Dante contre laquelle l'avait mis en garde Hohenheim.

L'alchimiste d'État avait ses doutes. Il se rappelait de l'odeur infect du parfum de la généralissime. Cette odeur était la même que celle du parfum de son père. Il avait pu faire la comparaison la veille, ayant quitté Sciez pour tombé sur Van. Et si Dante avait vécu aussi longtemps qu'Hohenheim et pourrissait sur place tout comme lui, bien qu'elle changea de corps à travers les siècles, elle pouvait très facilement se trouver dans le corps d'Elsa. Edward avait appris à sa grande surprise qu'il s'agissait de la mère du colonel Mustang et si, sur le coup, il s'était dit que cela semblait limpide en voyant combien Roy tapait sur les nerfs. Mais de là à ce que sa mère soit la maîtresse des homoncules. Quoique sinon, Ed ne voyait pas d'autres raisons pour qu'Envy soit là, dans ce procès.

-Tout concorde. Quant aux Ishbals, je ne comprends pas ce qu'elle leur veut, mais si je me fie aux études du docteur Marcoh, il peut y avoir un sens…

En causant un autre massacre aussi grand que celui d'Ishbal, Elsa pourrait s'arranger pour créer une autre pierre philosophale. Sauf que maintenant, Ed savait que pour récupérer le corps de son frère, il suffisait de sacrifier un homme et un homoncule. Il y en avait encore suffisamment à travers le monde pour qu'il puisse se permettre d'empêcher le génocide que préparait la généralissime.

Entre deux personnes et tout un peuple, l'adolescent savait où mettre ses priorités.

-J'espère seulement ne pas me tromper, souffla-t-il entre ses dents.

Le camp de réfugiés apparut alors devant lui, avec des enfants au teint mat courant d'un bord à l'autre, riant et sautillant, jouant tous ensemble, innocemment, pendant que les femmes portaient des plats pleins de victuailles dans leur bras, que d'autres recousaient des vêtements, et que la plupart cuisinaient tout en discutant tranquillement. Des oiseaux chantaient et c'était la première fois qu'Edward voyait des Ishbals marcher dans l'herbe tendre, avec des hommes cultivant de large champ de culture qu'ils avaient du acheter aux quelques propriétaires terriens de Resembool. Les adolescents étaient plus nombreux que les adultes et aidaient à la culture, à la récolte et à la pêche. On vérifiait la solidité des maisons, on se partageait de bonnes portions de nourriture. Et un grand cercle de personnes discutait au centre du camp de réfugiés, qui ressemblaient plutôt à une base qui pourrait bien devenir une charmante ville.

Edward n'était pas fâché de voir que les quelques gens de Resembol aidaient les Ishbals à récolter, montraient à certains d'entre eux les meilleurs méthodes et leur prêtaient même des outils tandis que des artisans de Xin fabriquaient d'autres outils semblables, pour que les Ishbaliens aient les leurs.

-Il y a donc vraiment des gens de Xin ici? S'étonna l'alchimiste d'État.

Les asiatiques et les Ishbaliens étaient drôles à voir côte à côte. Les uns avec leur teints foncés, leur cheveux soit pâles, soit bruns, les autres avec leur visage déjà un peu ridé, leur sourire facile, leur teint jaune et leur cheveux noirs. Des enfants de Xin jouaient avec les petits Ishbals maintenant qu'Ed regardait un peu mieux le campement. Trois peuples réunis sous ses yeux qui cohabitaient ensemble. C'était incroyable. Et dire que la généralissime voulait détruire ça. Dire qu'elle comptait lancer une attaque meurtrière sur ce campement, uniquement pour faire un coup d'éclat. Tout ce qui résulterait de ça, ce serait une haine terrible des Amestriens de la part des gens d'Ishbals et de Xin.

-C'est incroyable, tout ce monde, ici à Resembool. Je n'avais jamais vu autant d'activité ici avant, soupira le jeune homme. Dommage qu'Al ne puisse pas voir ça.

-Hé, regarder tout le monde, il est là!

-Oui, c'est bien lui, c'est l'alchimiste d'État dont elle a parlé!

-Il est plus grand que sur les photos.

Edward fut surpris par cet accueil, car des enfants venaient de crier en l'apercevant et accouraient pour l'encercler, tandis que les adultes tournaient la tête pour lui lancer un regard entre la méfiance et l'amusement.

-Mais qui… qui a bien pu vous parler de moi? Demanda l'adolescent, sans recevoir de réponse.

-Monsieur Elrick, vous voulez réparer ma poupée?

-Le toit de la tente coule, et grand-maman a trop de rhumatisme pour le recoudre. Moi, je suis trop petit et on ne peut pas défaire le toit à cause du vent…

-Votre bras est vraiment un automail?

-C'est vraiment mademoiselle Winry qui a fait votre jambe?

-Winry?!

Cette fois, les choses s'expliquaient davantage. Sa jeune amie devait être passé dans le camp et avoir parler de lui. Il aurait bien voulu la voir avant de devoir répondre aux questions de tous ces gamins, mais il ne put s'empêcher d'être attendri. Les enfants qui avaient l'air si insouciants demeuraient préoccupés par certaines choses essentiels dont lui-même ne s'était jamais occupé avant la mort de sa mère.

-Je peux m'occuper du toit, finit-il par dire. Et du reste, mais une chose à la fois, d'accord?

Autant en profiter pour faire le tour du campement. Le cercle d'enfants le conduisit à la tente d'un petit garçon, pour qu'il répare le toit, puis ils l'entraînèrent à leur suite dans tout le camp, pour qu'il répare tel outil, tel jouet ou tel objet. À la fin, ce fut un Edward épuisé qui se laissa tombé au milieu de la place, devant une cruche d'eau qu'il vida d'un trait sans même remercier la femme qui la lui avait tendu. Quant aux petits, ils étaient retournés jouer, encouragé par les adultes à laisser le jeune homme tranquille. Les gens qui regardaient l'alchimiste d'État de travers ne le suivait plus du regard et c'était des yeux bienveillants qui se posaient maintenant sur lui, le remerciant d'avoir autant aider leur peuple.

-Vous êtes un bien brave garçon, déclara l'Ishbalienne qui lui avait servi à boire.

-Merci, rougit l'adolescent. Il faut croire que cela fait vraiment longtemps que je ne suis pas venu ici, parce que j'ai été surpris de vous voir ici. Vous êtes plutôt bien installé.

-Vous trouvez? C'est gentil. Sans l'aide de Xin et des gens de Resembool, nous n'aurions jamais pu avoir tout ça. Même les champs, ils nous les ont presque donné. Quoique sans l'aide d'Ovila, nous n'aurions pas pu nous installer aussi bien.

-Ovila? Répéta Edward. Ovila Gewitter vous voulez dire?

-Vous le connaissez? Oui, c'est bien lui, il fournit les fonds dont nous avons besoin pour tout nos achats. C'est le seul Ishbalien que je connaisse qui a pu trouver du travail à Amestris. Et comme vous le savez sûrement, ce pays est le seul où un homme peut se faire payer suffisamment pour que cela en vaille la peine.

Ed acquiesça vaguement. Il était à peine surpris que cette femme lui parle aussi ouvertement. Si elle avait été habituée à converser paisiblement avec des Amestriens, elle ne devait plus ressentir la même haine que d'autres Ishbals éprouvaient pour leur peuple qui avait causé le plus grand massacre de tous les temps. Puis, comme il avait fourni une aide phénoménal en quelques heures, c'était normal qu'elle l'accueille à bras ouvert.

-Eh ben, je dois l'avouer, je suis impressionné. Le jeune homme embrassa du regard le paysage l'entourant, qui était rempli de plein de gens tous si différents et qui s'aidaient pourtant comme s'ils ne formaient qu'un seul peuple. Je ne pensais pas que les gens de Xin viendraient ici. C'est une contrée tellement lointaine.

-Oh, ils ont eu bien des problèmes eux aussi. Leur empereur a été tué par l'un de ses fils, il y a quelques années, qui voulaient prendre sa place. Leur peuple a été déchiré et l'armée d'Amestris a décidé de s'en mêler. Le massacre aurait été aussi grave que celui d'Ishbal à ce qu'ils nous ont raconté. C'est pourquoi les Xinois qui ont entendu parlé de nos malheurs ont pensé qu'ils pourraient se joindre à nous. Et ils ont eu raison de le faire. Mais je ne suis pas la mieux placée pour en parler.

-Au contraire, vous m'apprenez beaucoup de choses, l'encouragea Edward.

Cette femme à l'air paisible, dont les yeux s'étaient voilés de tristesse à la mention du massacre d'Ishbal et de Xin lui inspirait encore plus de sympathie que lorsqu'elle lui avait offert à boire. Elle avait des cheveux longs, bruns foncés, un corps arrondi par le temps et une physionomie accueillante. Elle n'était pas très grande et… Il remarqua un éclat d'argent dans la sandale de la femme. Il fronça les sourcils et comme elle vit la direction qu'avait prise son regard, elle souleva un peu sa jupe en souriant, révélant un automail.

-C'est la jeune demoiselle Rockbel qui m'a fait ce cadeau. Depuis des années que je marchais avec une jambe de bois, je peux maintenant me déplacer sans boiter. Je ne pourrais jamais assez la remercier.

-C'est Winry qui a fait ça? Elle est ici?

En prononçant ces quelques mots, il se releva, prêt à se précipiter à l'endroit où se trouvait son amie, la cherchant du regard.

-Elle parle beaucoup de vous. Je crois que vous lui avez manqué durant les derniers jours.

-Où est-elle?

-Elle s'occupe du fils d'Ovila, Yuan. Le petit est manchot depuis qu'il est né. Sa mère est morte il y a 2 ans et Winry s'en occupe comme d'un petit frère. C'est vraiment une bonne fille.

-Oui, d'accord, mais où est…

-Ce que je veux dire, mon garçon, c'est qu'il faudrait attendre qu'elle ait fini l'opération. Yuan est un enfant fragile et Pinacko a peur que tout rate si Winry ne se concentre pas suffisamment.

Ed ne répondit pas, il se rassit, comprenant que ces retrouvailles avec l'adolescente devraient attendre. Il était surpris de savoir qu'Ovila avait un enfant. Et il se demandait, à savoir tout ce qu'il savait maintenant sur lui, pourquoi son père l'avait encouragé à prendre garde à cet Ishbal.

Il décida d'en profiter pour en apprendre davantage sur l'alliance qui unissait les Xinois et les Ishbals. La femme qui lui avait parlé tout ce temps lui conseilla de s'adresser à Ovila lui-même, qui se trouvait dans le cercle d'Ishbaliens et des gens de Xin au centre du campement. Edward hésita un peu, jetant un œil vers l'homme en question, qui semblait dirigé l'assemblée et avait laissé son air niais à Rush Valley de toute évidence pour apparaître dans toute sa force et son intelligence. Il était drôlement charismatique pour un Ishbal. Ce n'était pas du racisme dont faisait preuve l'adolescent, mais seulement de l'étonnement pour une peuplade qu'il n'avait pas souvent fréquenté.

-Mes amis, déclara Gewitter, nous avons un invité très spécial aujourd'hui. C'est le fils de Van Hohenheim, Edward Elrick. C'est un alchimiste d'État sous les ordres directs de la généralissime Elsa Sciez, mais vous n'avez pas à vous en inquiétez. Avant tout, c'est un homme d'honneur et de parole. Il croit en la justice, tout comme nous.

-Alors, qu'il soit le bienvenu, déclara une jeune Xinoise.

Ed fut donc accueilli sans plus de préambule dans le cercle hétéroclite d'Ishbal et de Xinois. Il se mêla à leur discussion, qui portait principalement sur les projets qu'ils établissaient de fonder d'autres camps, où pourraient se réfugier les Ishbals vivants toujours dans le désert et encore d'autres membres des différentes tribus de Xin.

-Nous ne devons pas envahir la région, les gens de Resembool ont été assez bons pour nous accueillir, mais il ne peut pas y avoir de campement de ce genre uniquement ici. Nous pourrions en faire à Rush Valley, à Dublith, dans les villes minières.

-Ou dans n'importe quel terrain vague qui se prête à la culture. Le gouvernement de Central risque de nous repousser. Resembool étant plus tranquille, c'était plus simple pour nous de nous y installer. Et on pourrait agrandir le campement et se construire des maisons, mais il ne faut pas non plus voir trop grand.

-D'ailleurs, si un alchimiste d'État a été envoyé ici, il doit y avoir une raison. L'armée nous en veut-elle? Intervint un adulte aux cheveux grisonnants en se tournant vers Edward, qui suivait la discussion avec beaucoup d'intérêts.

-Eh bien, ce n'est pas tant moi que la généralissime qui semble…

Il se tut, hésitant à révéler les véritables raisons qui l'avait amené à ce campement. Il ne voulait pas se mettre à dos ces gens. Leur confiance semblait difficile à gagner et ils avaient tous travaillé dur pour se construire un monde un peu plus vivable que celui du désert où on les avait reclus. Ils étaient si préoccupés à survivre qu'il ne lui avait même pas défendu de se servir de son alchimie, alors que cela contrevenait à leur croyance religieuse. En fait, plus il les écoutait, et plus Ed commençait à se demander si ces gens, pour se joindre les uns aux autres et s'accepter malgré toutes leurs différences n'avait pas mis de côté leur religion…

-Tu peux parler librement mon garçon, l'encouragea la femme qui l'avait accueilli parmi eux.

-Les soldats de Central s'imaginent que Xin et les gens d'Ishbals sont en train de s'allier pour fomenter une rébellion. Je suis censé venir en éclaireur pour m'assurer que ce soit bien vrai. Mais vous ne faites rien de mal et je ne parlerais pas contre vous. Vous avez le droit de vous reconstruire une vie où bon il vous semble, surtout après tout ce qu'Amestris vous a fait subir.

Les Ishbaliens comme les Xinois gardèrent le silence un moment, contemplant Edward d'un regard nouveau. Le pauvre se demandait s'il avait bien fait de leur dire la vérité. N'allaient-ils pas lui en vouloir et tenter de le chasser? Iraient-ils jusqu'à menacer Winry, puisqu'ils savaient qu'il la connaissait? Est-ce que les préventions de son père trouveraient leur fondement à ce moment précis, alors qu'Ovila le fixait de ses yeux rouge sang, l'air insondable?

-Je ne pense pas que tu parleras contre nous, Elrick. Tu n'aimes pas voir les gens souffrir. Tu es du genre à culpabiliser facilement d'ailleurs, finit par décréter Ovila.

La remarque du chef de camp rasséréna tout le monde, Edward le premier. Tout le monde semblait se fier à Gewitter comme à un dieu. Cette force qu'il avait sur sa petite populace inquiéta quelque peu l'adolescent. Ed espérait que l'Ishbal n'aurait pas été capable de faire faire tout ce qu'il voulait à ces gens.

-Monsieur Gewitter, c'est fini! Yuan va s'en sortir, déclara une voix charmante et pleine de gaieté qui fit tourner la tête à Edward.

C'était Winry qui venait d'apparaître, rayonnante dans son costume de mécanicienne, un bandeau rouge sur les cheveux, du sang tâchant sa tenue beige, avec son habituel brassière qui lui dénudait le ventre et les épaules. Pinacko s'essuyait les mains dans une serviette tout aussi tâchée de sang, sa pipe entre les dents. Elle semblait encore plus petite et ridée qu'avant, mais un sourire apparu sur son vieux visage quand elle aperçut l'adolescent blond qui venait de se lever, après s'être presque brisé le cou pour regarder par-dessus son épaule et voir que Winry était belle et bien là.

-Edward! S'étonna-t-elle, ses yeux bleus s'illuminant, oubliant qu'elle s'était adressée à monsieur Gewitter.

Ils marchèrent l'un jusqu'à l'autre, s'efforçant de ne pas courir malgré la joie qu'ils éprouvaient à se retrouver. La jeune fille était si surprise qu'il semblait bientôt clair à son ami que Pinacko n'avait rien mentionné de son appel. Quand ils furent face à face, à quelques pas de distance, alors qu'Ed avait cessé d'avancer, Winry n'y tint plus et se jeta à son cou et il ne se fit pas prier longtemps pour la serrer dans ses bras en retour, oubliant qu'elle était couverte de sang frais et qu'il s'en tachait entier. De toute façon, sa veste était déjà rouge.

-Pourquoi tu ne m'as pas prévenu que vous viendriez?

-Je… Je n'ai pas eu le temps, avoua-t-il.

Voyant bien que les adolescents n'avaient pas besoin d'être interrompu, bien qu'ils ne soient pas engagés dans une discussion primordiale, Gewitter préféra demander à Pinacko s'il pouvait aller voir son fils. Elle lui donna la permission et l'homme au teint basané disparut, tandis qu'Ed et Winry s'oubliaient un peu devant le public pour s'embrasser avec une tendresse particulièrement émouvante.

-Tu m'as vraiment manqué.

-Ça fait seulement quelques jours, remarqua Edward avec justesse.

Elle n'en avait que faire…

-Et ton automail semble déjà avoir traversé des siècles de péril. T'es content de toi?! Il va encore falloir que je lui apporte des modifications!

-Mais…

-Avec ce qu'il a traversé, ce pauvre bout de métal n'a plus l'air de rien du tout. Tu as de la chance que j'ai pensé à préparer un automail de rechange depuis que je suis rentré.

-Mais non, ce n'est pas si mal, voulut-il protester.

Winry était imparable. Elle lui avait déjà frappé la tête trois fois de sa clé à mollet et entraînait ce qui restait d'Edward vers la maison des Rockbell, suivant Den, qui tirait une charrette pleine d'équipement pour les automails, guidé par Pinacko.

-La jeunesse d'aujourd'hui a des responsabilités impossibles, observa la femme qui avait donné à boire à l'alchimiste d'État.

Ovila, revenu de la tente où se reposait son fils, acquiesça vaguement.

-Je dois retourner travailler. Tu peux dire à Rose de s'occuper de tout le monde pour moi. Je reviendrais dans quelques jours.

-Tu ne veux pas rester avec Yuan? S'étonna l'Ishbalienne.

-Il s'en tirera. Si je n'y vais pas, tout ce campement y passera. Elsa Sciez veut nous tuer tous, jusqu'au dernier. Peu lui importe ce que dira Elrick. C'est un bon garçon, mais il ne peut rien face à la généralissime. Il me reste encore un tour dans ma manche. Et je compte bien arrêter cette folle avant qu'elle se rende jusqu'à vous et Yuan.

-Tu es bien le cousin de Scar. Tu n'abandonnes jamais. Ta vengeance n'est-elle pas complète?

-Ce n'est pas une question de vengeance. C'est une stratégie qui me dit de tuer avant d'être tuer. Prends bien soin de toi.

-C'est surtout toi qui devrait faire attention! Le prévint-elle tandis qu'il s'éloignait.

Il remit des lunettes rouges sur ses yeux, avant de tendre sa main dans les airs, en un signe d'au revoir. Ovila semblait certain qu'il reviendrait. Il avait pourtant dit adieu à son fils avant de le quitter, juste au cas…

À partir de là, le temps se mit à passer vite. Au QG de Central, on fixa la date de la mort de Bernard Stein, lui laissant 2 semaines de répit avant la fin de sa vie. C'était pour lui donner le temps de faire son testament et de se repentir… En fait, il s'agissait du temps réglementaire que devait attendre le gouvernement d'Amestris pour mettre à mort un criminel immigrant.

Roy et Riza travaillaient peut-être ensemble pour les derniers jours et ils s'évertuèrent à être aussi performants que possibles, tout en sortant en douce ensemble, par défi envers la généralissime.

Émilie ne reçut pas d'autres cours d'Elsa Sciez et améliora d'elle-même ces propres techniques alchimiques, sous la garde d'un Jean Havoc qui devenait de plus en plus possessif avec elle.

Hohenheim était toujours prisonniers de son mur de brique durant la première semaine qui suivit le retour d'Edward à Resembool. Mais, après une rencontre draconienne avec Envy, qui avait fini par découvrir que son vieux se trouvait là, Hohenheim disparut, cet évènement provoquant une crise sans commune mesure chez Elsa Sciez, qui était maintenant sous la possession de nulle autre que de Dante, et ce depuis un moment indéterminé.

Roy et Lloyd avaient des doutes sur la santé mentale de leur mère et commencèrent même à douter qu'il s'agisse vraiment de leur mère à force de la rencontrer et de sentir son parfum dégoûtant qu'elle portait de plus en plus abondamment.

Edward, après avoir subi les tortures de Winry pour recevoir un nouvel automail, ce qui était plutôt dut depuis son accident avec l'implantation d'un os dans son bras, dut faire son rapport à Central et déclara qu'il n'y avait aucune machination contre l'armée faite de la part d'Ishbaliens et de Xinois. Il oublia même de mentionner leur présence à la généralissime qui l'engueulait au téléphone, certainement distrait qu'il était par la colère de Pinacko, qui avait bien compris que quelque chose se passait entre sa petite-fille et lui.

Alphonse, pendant ce temps, en apprenait toujours davantage sur le massacre d'Ishbal, alors que Greed et Axia apprenaient à se redécouvrir dans leur rôle de père et de fille. L'homoncule fut rétabli de ses blessures au bout d'une semaine et dès lors, ne cessa d'encourager son enfant à s'alimenter autant que possible, pour qu'elle retrouve sa force. La jeune fille en profita pour montrer à son ami toujours fait d'acier comment utiliser une alchimie de soins et il apprit si vite qu'il put bientôt soigné l'adolescente et lui faire récupérer ses forces beaucoup plus vite qu'elle ne l'aurait fait normalement.

En apprenant la disparition de Dorchatte, Al n'osait pas parler de mort pour ne faire de peine ni à Axia, ni à Martel, Greed décida de partir à la recherche de ses autres chimères et chargea l'armure de continuer à protéger Martel et sa fille. Malgré les protestations de cette dernière, l'homoncule était décidé à partir seul. Il craignait d'attirer des dangers sur sa fille et avait peur de se détourner d'elle lors de leur périple s'il les accompagnait. En effet, il avait de la misère à penser normalement. Il promit à son enfant unique de la retrouver dès qu'il saurait ce qui était advenu de Roa et des autres. En fait, il souhaitait surtout retrouver Kimblee et vérifier si ce n'était pas lui qui l'avait vendu aux homoncules, car, il n'aurait eu aucune difficulté à le croire.

Bradley, lui, cherchait désespérément à retrouver la trace d'Envy et de Jealousy, qui parcourait le pays à toute vitesse, allant d'un bord à l'autre, changeant de forme autant que possible pour passer inaperçu et s'informant de milles et une choses pour mettre au point leur plan final. Ce qu'ils voulaient en fait, à la base, c'était retrouvé les ossements de Pride pour se débarrasser de lui avant tout. Ensuite, il retrouverait Lust et Glutonny et tenterait de les mettre de leur côté. Enfin, cette partir du plan demeurait encore dans l'esprit tordu d'Envy, qui ne voulait en aucun cas que J réalise qu'il pensait à se servir d'elle pour arriver à ses fins. Il ne voulait pas agir comme sa mère et sacrifier la jeune fille, bien qu'à la base, cela est été sa première idée. S'il avait pu la garder vivante, il l'aurait fait, mais en attendant, son plan ne s'enlignait pas dans cette direction.

Jealousy, elle, ne se doutait de rien et suivait l'homoncule dont elle était censé être la remplaçante comme un chien de poche. Il tâchait de toujours être gentil avec elle, bien qu'il s'énerva souvent et elle appréciait son tempérament tout feu tout flamme sans comprendre qu'elle commençait à lui taper sur le système à force de toujours être aussi dépendante de lui. Elle avait perdu tout le mordant qu'elle avait eu lors de leurs premières rencontres et qui lui avait donné tout son mystère et son attrait. Envy y songeait avec une pointe d'amertume bien que ce soit la stricte vérité. Maintenant, tout ce qui le rattachait à J n'était que de la pitié.

Le colonel Lloyd Sins se lassant de draguer toutes les femmes de l'armée, il s'assagit, devinant qu'il se passait quelque chose entre Mustang et Hawkeye. Il faillit les vendre deux ou trois fois, toujours arrêté par son lieutenant. Ce qui le poussa à porter plus d'attention à la jeune femme. Eagle et Riza avaient maintenant des discussions assez longues à se faire à propos de leurs supérieurs respectifs…

Armstrong continua de faire peur à tout le monde en leur montrant sa musculature trop développé et on retrouva le cadavre de Scar dans une ruelle, dévoré jusqu'à l'os, son visage demeurant la seule relique prouvant que ce criminel avait bien été arrêté une bonne fois pour toute.

Comme vous vous en doutiez, c'était le travail de Glutonny, qui, avec Lust, travaillait dur pour garder la côte auprès de leur maîtresse. Les désirs de cette dernière devenaient de plus en plus difficile à combler. D'ailleurs, la luxure éprouvait les mêmes problèmes qu'Envy avant elle, commençant à faiblir, maintenant qu'elle était privée à son tour de pierres rouges. Le gourmand qui la suivait comme son ombre était de plus en plus inquiet à son sujet, à sa façon d'imbécile lourdaud qui a peur de perdre son amie et son guide.

Axia, grâce à l'aide d'Alphonse, ne mit qu'un mois pour être remise sur pied. Avec l'armure, qui abritait Martel à chaque ville qu'ils traversaient, elle partit en quête d'un homoncule digne d'être sacrifié pour rendre son corps d'origine à Alphonse. Elle n'osa pas avouer à ses amis que si son père les avait quitté, c'était de crainte d'être le prochain à être sacrifié pour permettre à Al de retrouver son humanité. Elle avait été peiné de savoir ce que Greed pensait de ses compagnons de voyage, mais devait avouer y avoir penser plus d'une fois quand l'homoncule avait agi de façon inconsidéré devant elle.

Ovila Gewitter traversa Amestris pour rejoindre la ville de Central et se cacha dans les égouts, pendant quelques temps avec Scar, avant que Glutonny ne vienne tuer le meurtrier d'alchimiste. L'Ishbalien qui avait aidé Winry à cicatriser si vite malgré ses automails avait passé un marché avec les homoncules il y avait très longtemps, pour se faire de l'argent. Il avait rempli sa part du contrat et comprenait que Dante, la femme qui l'avait embauché comptait maintenant reprendre ce qu'elle avait donné en détruisant son peuple et celui de Xin sous un prétexte stupide de possible machination de leur part. Pour Ovila, il était hors de question de laisser les soldats s'approcher des siens. Il ne laisserait plus rien ni personne atteindre les Ishbals. Et s'il était l'ami d'Hohenheim, il avait aussi eu des contacts avec Bernard Stein.

C'est pourquoi, le jour même de l'exécution de ce dernier, Gewitter fit s'effondrer le lieu du peloton d'exécution et Stein, qui avait profité des quelques minutes qu'on lui avait donné pour accomplir ses dernières volontés pour s'arracher la peau et faire surgir de son sang des serpents de chair monstrueux, réussi à s'enfuir sous le nez d'Elsa Sciez et de Kirke Sins.

La colère d'Elsa fut telle qu'aucun des hommes choisis pour participer à l'exécution ne survécut. Tous les généraux rouges y passèrent, Sloth comprise. Heureusement, aucun colonel ou lieutenant ou adjudant important à nos yeux n'étaient inclus dans ces personnes. Kirke Sins fut tué lui aussi, mais on comprendra que des raisons personnelles avaient poussé la généralissime à l'assassiner lui aussi.

L'échappé de Bernard Stein mis tout le QG à l'envers et la mission qui avait été prévu pour arrêter la machination Ishbalienne fut oubliée. Personne ne sut jamais qu'Ovila Gewitter était intervenu dans l'évènement, mais il y en aurait eu plusieurs pour le remercier.

Les hommes seraient mobilisés pour rattraper Stein. Émilie demanda à être envoyé avec les soldats, désirant arrêter elle-même son grand-père et Jean, qui avait réussi à guérir entièrement avec le temps, fut choisi immédiatement pour accompagner la jeune fille qui reçut une micro formation pour l'occasion.

Riza profita des remous pour proposer une future mission de libération des autres prisonnières du centre de détention, qui suivrait de peu la récupération de Bernard Stein et son exécution finale. Envy apprenant bientôt qu'il y avait autant de remous dans tout Amestris décida d'apporter son grain de sel avec l'appui inconditionnel de Jealousy. King Bradley fut appelé en renfort à Central et rejoignit l'armée pour servir de général. Malheureusement pour Elsa, Pride n'avait pas apprécié d'être évincé de son poste de généralissime et avait déjà prévu de se retourner contre elle dès qu'il le pourrait. Le fait que Dante se mette dans la première ligne d'attaquants était une grave erreur de sa part. Tous les homoncules, Lust, Glutonny et Greed compris, apprenant que leur maîtresse pourrait possiblement devenir une victime, ils se dirigèrent tous vers Central.

Edward, malgré le fait qu'il ne puisse pas se priver de la présence de Winry, fut rapatrié à Central lui aussi, car tous les alchimistes d'État étaient rappelés pour participer à la terrible chasse à l'homme qui se préparait. Sa jeune amie, apprenant qu'il y aurait des combats et certainement des blessés, au lieu de protester à son départ, décida de l'accompagner pour reprendre son travail à la boutique de mécanique et surtout, pouvoir apporter son aide à tous les blessés qu'il pourrait y avoir. Pinacko resta à Resembool pour s'occuper des Ishbaliens et des Xinois.

Al et Axia furent bientôt rejoint par la rumeur des combats à venir et prirent à leur tour la direction de Central, pressentant, tout comme Martel, que c'était là que se cumulerait toute l'action des prochains jours. Et comme de fait, dans tous le pays d'Amestris, la rumeur courrait comme le feu aux poudres, que le pire criminel de tous les temps étaient libres, que ces acolytes rampaient de le noir pour se réunir autour de lui pour préparer un coup d'État et que l'armée s'apprêtait à répliquer aussi fort, sinon plus, avec les répercussions que subiraient le peuple. Les civils se barricadèrent donc à double tour chez eux, en prévision des temps difficiles…

Et qu'avait-il fallu pour qu'arrive cette période redoutable que craignait toute la population? Pas beaucoup plus qu'un mois. Maintenant, les hommes de Roy et le colonel lui-même ne passait que quelques heures au QG, tout au plus, étant mobilisé sur le terrain, pour participer activement aux recherches. On voulait mettre la main sur Stein. On voulait le retrouver coûte que coûte. Il y avait eu plusieurs rumeurs déjà de l'endroit où il se cachait et finalement, à chaque fois qu'on avait perquisitionné et attaqué les lieux, on était revenu bredouille, les épaules décorées baissées.

Hakuro avait été blessé dans une escarmouche qui avait mal tournée à cause de civils s'étant rebellé en voyant qu'on attaquait leur maison, qu'on détruisait les portes et les meubles. L'ancien général intentait une poursuite en justice contre Elsa Sciez, mais cette dernière n'en avait rien à faire. Avec ces généraux bleus, elle commençait à avoir beaucoup de pain sur la planche.

Le colonel Sins avait passé à deux doigts d'être rétrogradé quand une dispute avec des soldats de son contingent avait éclaté en pleine mission de reconnaissance. Un civil avait failli être tué et un autre avait été blessé gravement. Les Amestriens commençaient à se plaindre de l'incompétence de l'armée. Dans leur temps libre, Mustang et ses hommes avait des problèmes avec leurs voisins, qui leur tombaient dessus comme si c'était eux-mêmes qui avait à donner les ordres qu'ils recevaient.

Stein, lui, avait réussi à réunir des membres de son ancien groupe. Et les homoncules qui souhaitaient renverser Dante se regroupaient également autour de lui. Même Lust se rebellait et Envy avait pris les rennes des opérations, ayant quand même 400 ans de mauvais coups d'expérience dans le corps. Le renégat fournit des pierres rouges aux homoncules avec plaisir. Bientôt, J, Lust, Envy et Glutonny avait retrouvé leur forme d'antan. Alors, pour faire comprendre à leur maîtresse qu'elle n'avait plus aucune maîtrise sur eux, ils sortirent de l'ombre et tuèrent des soldats. Les rangs de l'armée rouge se mirent à diminuer graduellement et Breda reçut la visite d'une jeune fille terrifiante qui l'envoya à l'hôpital.

Bernard était en liberté depuis deux semaines et le chaos régnait dans le pays. Il ne lui avait pas fallu de temps pour retrouver ses pouvoirs d'antan. Il n'avait qu'à se gratter. Et de toute façon, les homoncules avaient l'habitude de travailler dans l'ombre. Elsa Sciez se referma sur elle-même, refusant de voir quelqu'un d'autre que ses 4 généraux bleus. Ils étaient les seuls généraux qui restaient et les seuls qui pouvaient approcher la généralissime sans courir le risque d'être foudroyé de sa colère. Car Dante voyait ses plans s'effondrer autour d'elle. Elle connaissait des problèmes de possession avec le corps de Sciez. Cette femme avait un tel caractère que la première amante d'Hohenheim éprouvait des difficultés à la maîtriser constamment. Cela l'empêchait d'agir entièrement comme elle le voulait. Sa tentative de mettre du sang neuf dans ses homoncules avaient échoués.

J et Envy formaient un duo de choc. Lust en était presque jalouse, se souvenant du trio qu'elle avait formé avec Glutonny et le plus vieux des homoncules. Bientôt, Greed rejoignit ses frères monstrueux, avec Kimblee, qu'il avait fini par retrouver. Il avait été surpris de le découvrir avec une jeune fille qui l'accompagnait partout comme son ombre. Il s'agissait de Roxy, l'amie d'Axia qui s'était échappé du centre de détention. Elle et l'Écarlate s'était trouvé des points communs. Ils s'amusèrent à faire exploser une bonne partie de la ville que l'armée cherchait à protéger. Bientôt, le verdict d'Amestris fut posé.

Du haut des montages, Van Hohenheim voyait les feux qui faisaient s'élever de la fumée de Central, de Dublith, de Rush Valley. Les trains étaient tous hors de service, les bateaux n'avançaient plus, les magasins fermaient, les Amestriens déménageaient, ils se tapissaient au fond de leur cave, armés de fusils. Six mois s'étaient écoulés depuis l'échappée de Bernard Stein. Hohenheim les voyait. Et maintenant, les soldats de l'armée rouge creusaient leur tombe sans le savoir. Dante avait compris qu'il lui restait une chose à faire pour faire retourner la situation à son avantage. Les meurtres que commettaient les homoncules sous les ordres de Stein, qui voulait prouver qu'il était le plus fort, les pertes humaines qui s'accumulaient, tout cela formaient les éléments idéaux de la création d'une nouvelle pierre philosophale. Et d'où il était, Hohenheim les voyait. Il avait été prévenir les Ishbals de Resembool et leur avait proposé de quitter leur nouveau campement.

Ovila avait refusé et avait élevé une barrière autour du village de naissance des jeunes enfants d'Hohenheim. Et du sommet des montagnes, à des kilomètres de Central, Van les voyait. Il savait ce qui se passait. Il pouvait entendre chaque cri de douleurs, chaque coup de feu, chaque explosion qui déchirait la nuit. Il savait ce que c'était. Il n'en revenait pas. Il n'avait fallu que six mois pour causer tout ce dégât. Six mois. Et c'était…

-…la guerre civile, déclara le vieil homme.

-Si tu peux faire quelque chose, à ta place, j'interviendrais, remarqua Pinacko, avant d'être prise d'une violente crise de toux.

-Ménages-toi ma vieille amie, lui recommanda Hohenheim en venant déposer un châle sur ses épaules. Je ne peux pas faire quoi que ce soit, ajouta-t-il. C'est à Edward et Alphonse d'agir maintenant. Je sais qu'ils y arriveront.

-Mais il y a trop de gens qui vont mourir. Les civils se retournent contre l'armée et les soldats se battent maintenant pour leur propre survie avant tout. Ils marchent sur les villes, alors que les hommes de Stein se tiennent dans l'ombre et fauchent tout le monde sans distinction.

-Non, ils n'agissent pas sans réfléchir. Ils savent ce qu'ils font. Ils tuent les gens riches, les propriétaires, ils mettent tous le pays en crise et défont ce que la généralissime a fait pour lui faire sentir son échec. Ils veulent l'affronter…

-Mais pourquoi?

-Parce que c'est leur mère. En tout cas, c'est celle d'Envy. Et elle a voulu les gardé pour ses enfants trop longtemps. Ils veulent renverser les rôles. Et je ne pense pas qu'ils comptent s'occuper d'elle durant sa vieillesse. Elle a fait trop de mal. Envy voudra la tuer de ses propres mains. Il connaît ses faiblesses. Elle n'aurait jamais du le rejeter…

-Et comment sais-tu tout cela Hohenheim?

-Parce qu'elle me l'a dit avant de m'enfermer dans un mur. Puis, il m'a libéré en détruisant le mur.

-Il?

-Envy. Mon fils aîné.

Pinacko n'était pas complètement surprise. Elle connaissait Hohenheim depuis qu'elle avait l'âge de Winry. Et il n'avait jamais prit une ride… Ce qui l'inquiétait, c'était qu'Edward et Al ne savaient pas ce qu'avait fait leur père. Et sa pauvre petite-fille qui était là bas. Dire qu'elle lui avait donné la permission d'y aller.

-Vieil incapable! Tu serais mieux d'aller les aider au lieu de rester ici à t'occuper de moi. J'ai déjà un pied dans la tombe, mais si je dois voir ma Winry revenir morte, je préfère encore aller me mêler à l'armée de Central pour me battre là-bas.

-Ne t'inquiète pas, j'irais, quand le moment sera venu…

Edward rejoignit les hommes de Mustang dans l'appartement de ce dernier, qui était devenu leur camp de base. Le QG était rempli des trous qui avaient creusés les explosions de Kimblee et de Roxy. La seule qui y était resté, c'était Elsa, qui se prenait pour une capitaine de navire. Ed revenait de sa tournée, portant les victuailles qu'il avait pu trouver au magasin du coin. Celui-là, qui se trouvait quand même à 5 km de distance, était encore ouvert.

-Qui va là? demanda la voix de Havoc à la porte, alors que le jeune homme repoussait ses mèches blondes qui lui tombaient devant les yeux.

Winry aurait voulu les lui couper, mais elle n'en avait pas eu le temps. Fuery avait été blessé dans une descente et elle essayait de le recoudre avec l'aide des soins d'Émilie. Le pauvre adjudant était planqué et communiquait avec le reste des hommes de Mustang, indiquant à Havoc où il devait aller quand un membre de l'organisation de Stein lui était tombé dessus. Black Hayate était avec l'adjudant et avait voulu le protéger. Cela lui avait coûté un morceau de queue et il avait failli perdre un œil. Mais Émilie avait réussi à le soigner.

-Qui va là? répéta Havoc.

-Le condor, répondit Edward, d'un ton fatigué et presque trop faible pour être entendu.

La porte s'entrouvrit pour laisser passer le fullmetal. Les murs des deux appartements voisins à celui de Mustang avaient été défoncés pour qu'ils aient plus de place. Ils vivaient donc avec la propriétaire du colonel, pour laquelle ils assuraient sa sécurité, en contrepartie d'avoir détruit les murs de ses logements. Ed entra, pour voir tout son petit monde, qui avait les yeux aussi hagards que lui.

-Tu n'as rien Edward! Tu as mis du temps à rentrer, se plaignit Winry, qui avait Hayate dans ses bras et berçait le petit chien, qui souffrait toujours de son bout de queue perdu.

-Je n'ai pas fait exprès. Le magasin était foule. Et d'habitude, c'est Havoc qui y va et il…

Ed se tut, refusant d'expliquer qu'il était plus lent qu'Havoc parce que ce dernier avait de plus longues jambes que lui. Hawkeye, elle, pensant toujours pratique, s'empara des courses du jeune homme pour les ranger. Breda lui sauta presque dessus pour lui demander une petite part, parce qu'ils devaient tous se rationner et que le pauvre rouquin avait de la difficulté à le supporter.

-Tu as ramené un plus gros chargement que la dernière fois. Merci Edward.

-De rien Riza.

Cela faisait déjà 4 mois qu'ils vivaient tous ensemble, Émilie, Havoc, Edward, Winry, Breda, Falman, Hawkeye, Fuery, Scieska, Mustang et Hayate. Sans oublier Suzy, la propriétaire du colonel. Il y avait aussi le patron de la boutique de mécanique de Winry, dont l'établissement servait maintenant de base au colonel Sins et à ses hommes. Depuis le temps, ils ne s'appelaient plus par leur nom de famille ou leur rang, à moins qu'un autre soldat se joigne temporairement à eux.

Falman scrutait le dehors, à travers les rideaux fermés, à l'affût. Breda, n'ayant pas pu obtenir de gâterie à manger retourna s'asseoir à la table de la cuisine d'un autre appartement, à partir duquel il captait toutes les informations qu'envoyaient les différents QG de l'armée. Il y avait encore des soldats qui se levaient à chaque matin pour aller au QG et envoyait les rapports de crise et le service de communication était fort bien orchestré par le lieutenant Bosch et le lieutenant Ross, qui s'assurait que tous les regroupements de soldats, peu importe où ils se trouvent dans la ville reçoivent les appels au secours des citoyens et les ordres de la généralissime.

Émilie s'occupait de Fuery, qui avait toujours Scieska à son chevet ou presque. Le jeune soldat était dans une chambre juste à côté des salles d'information et Havoc lui avait arrangé un système avec lequel il pouvait aider les soldats à trier les informations qu'il recevait pour faire ressortir les plus importantes. Jean, après avoir bien refermé la porte, retourna devant les fourneaux, où il essayait de cuisiner de quoi manger, avec l'aide de Suzy, celle qui se présentait comme la reine des lieux. Monsieur Paul, le patron de Winry, remontait une vieille presse à imprimer, qu'il passait son temps à démonter et remonter quand Mustang ne lui demandait pas de réparer un des objets de l'appartement ou l'arme d'un de ses hommes ou même de leur fondre de nouvelles balles. Dans ce dernier cas, il s'agissait toujours de recharger les magnums de Riza.

D'ailleurs, puisque nous avons fait un tour du monde dans l'appartement, voyons donc s'il ne manque pas quelqu'un?

-Où est le colonel? Demanda Edward.

-Il est sortit avec Sins, ils sont allés faire un tour d'inspection, répondit Émilie en sortant de la chambre de Fuery.

-Il y a une émeute dans la zone du deuxième laboratoire, ajouta Havoc. Avec Eagle, ils vont essayer d'endiguer les évènements.

-Rien qu'à eux trois? S'étonna l'adolescent.

-Armstrong est avec eux, déclara Winry, comme si cela voulait tout dire.

Hawkeye lui prit son chien des bras, pour se donner une raison d'éviter le regard d'Edward. De toute évidence, la question que se posait le fullmetal, c'était pourquoi Roy n'aurait pas emmenée Riza avec lui. Il ne compterait jamais que sur elle pour le couvrir.

-Il pensait qu'il y aurait peut-être une autre crise où je devrais intervenir, fit le premier lieutenant, répondant à la question silencieuse de l'adolescent.

Ed détourna pudiquement le regard, comprenant que la jeune femme souffrait déjà elle-même à l'idée de savoir son supérieur au loin, au milieu du danger, alors qu'elle ne pouvait pas le protéger. Le jeune homme s'assit à côté de Winry, dans le divan de Mustang, où ils étaient un peu serrés. Mais ils ne s'en plaignaient pas. La guerre les avait rapproché. Jusque-là, Edward n'avait encore tué personne. Mais il avait peur d'avoir à le faire. S'il se retrouvait seul en embuscade, il n'aurait pas le choix. Quant à Winry, elle s'inquiétait presque plus que lui pour Alphonse, duquel il n'avait plus eu de nouvelles depuis 3 mois, alors qu'ils s'étaient croisés au milieu de la ville, tous les 4, Winry, Ed, Al et Axia. L'armure gigantesque était couverte des marques des combats qui commençaient déjà à faire rage. Axia était toute sale, mais elle semblait en pleine forme et malgré son teint pâle et ses yeux rendues douloureux par la violence qui les entourait, elle semblait garder sa joie de vivre.

Elle avait retrouvé son corps depuis peu et elle ne laisserait personne l'en priver. Al et Ed étaient tombé dans les bras l'un de l'autre, content de se revoir après tout ce temps. Ils s'étaient dits ce qu'ils savaient et Alphonse avait encouragé son aîné. Il ne comptait pas encore rester avec lui, parce qu'Axia avait reconnu son amie Roxy et qu'ils avaient un compte à rendre à la petite fille. D'ailleurs, l'armure était décidée à arrêter Kimblee et il était certain de pouvoir le faire seul.

Ed avait accepté le choix de son frère. Lui-même commençait à s'habituer à leur séparation. Il aurait aimé savoir comment pouvoir rejoindre son cadet en tout temps pour au moins s'assurer qu'il était en sécurité, mais il devait s'adapter au changement. Ce serait pareil quand ils seraient adultes. Et de toute façon, ils étaient déjà adultes, même si Ed n'avait que 16 ans et bientôt 17, et le cadet 15, bientôt 16.

-Il y a une crise dans l'est de la ville. Le général Clamp a besoin de renfort. Ce sont les homoncules. Ils sont en train d'attaquer une école où s'étaient cachés plusieurs familles de civils, cria tout à coup Breda en surgissant du centre d'information.

C'était Fuery qui lui avait donné l'info, mais il était incapable de parler depuis l'attaque qu'il avait subie. Sa plaie courait sur sa gorge, son torse et avait menacé au début de lui sectionner le bras gauche, mais Winry et Émilie le lui avait réchappé…

-Nous devons intervenir, s'exclama Scieska.

Hawkeye était déjà en train de vérifier les chargeurs qui attendaient autour de sa taille. Ses fusils étaient prêts. Havoc passa sa veste bleue de soldat, qui équivalait à porter une cible dehors mais demeurait une fierté pour chacun des soldats. Edward en était rendu à porter du linge du colonel, qu'il reprisait à coup d'alchimie, parce qu'il avait grandi assez durant les derniers mois pour que sa camisole et son pantalon noir ne lui fassent plus. Il était donc vêtu d'un pantalon noir qui n'était pas si différent de ceux d'avant, il avait quand même gardé sa ceinture et une chemise noire.

Il avait refusé de porter le costume de l'armée que lui avait offert Riza au début des conflits, décidé à ne pas être un chien de l'armée à part entière.

Émilie portait un justaucorps et des bottes d'armée, faisant maintenant partie de la majorité des opérations auxquelles Jean prenait part. Elle attacha ses cheveux derrière sa tête, parée à user de ses pouvoirs alchimiques, qu'Edward l'avait aidé à maîtriser durant les premières semaines de leur cohabitation. Suzy donna vite à manger aux soldats, les nourrissant presque à la cuillère tandis qu'ils se préparaient à partir. Ils n'eurent droit qu'à quelques bouchées, puisqu'il ne fallait pas qu'ils soient malades pendant les combats. Le jeune fullmetal refit sa tresse, bien que sa frange blonde lui tomba toujours devant les yeux. L'atmosphère était terriblement lourde. Mais ils vivaient ainsi depuis des jours. La présence de tous ces visages connus était leur seule raison de ne pas craquer.

Tant qu'il resterait des gens à défendre, ils se battraient. Winry était frustrée de ne pas pouvoir les accompagner et avait prévenu Ed qu'elle trouverait bien un moyen de venir avec eux. L'adolescent se contentait de répondre qu'il ne voulait jamais la voir tenir une arme dans ses mains et encore moins tuer des gens.

-Faites bien attention à vous, leur demanda la jeune fille en refermant déjà la porte derrière eux.

Il n'y avait aucun autre locataire dans le logement, que ce soit en haut ou en bas. Mais cela ne voulait pas dire qu'un ennemi ne pouvait pas se cacher en embuscade.

-Tu sais, fullmetal, tu n'es pas obligé de venir avec nous à chaque fois, fit remarquer Jean.

-Sans moi, vous ne reviendriez jamais vivant de ces expéditions, répliqua l'adolescent.

Il ne regarda pas derrière, de peur de ne plus pouvoir avancer. Winry avait toujours l'air si inquiète quand il partait. Mais il y avait des gens à protéger. Et elle restait avec Falman et Breda pour la protéger. Ce n'était pas beaucoup, mais Ed savait que maintenant, avec ses jambes d'acier, son amie d'enfance pouvait se protéger contre la plupart des dangers. Il espérait seulement que jamais Envy n'oserait venir menacer sa douce. Il ne le supporterait pas.

Ils se glissèrent silencieusement dans un hangar de stockage, où les attendaient les 4 voitures de l'armée qu'ils avaient réquisitionnées au début du conflit.

-Bon, allez, la voiture est prête, on n'a plus beaucoup de temps, souffla Hawkeye en prenant place au volant.

Émilie s'assit à côté d'Edward sur le ban arrière. Havoc prenait toujours place à côté de Riza. Il avait sa mitraillette à la main, prête à faire feu si quelque chose ou quelqu'un tombait sur leur véhicule ou essayait de leur bloquer le chemin. Les roues se mirent à tourner et le moteur gronda sourdement tandis qu'ils traversaient les rues de Central, sans même s'arrêter pour aider les clochards qui gémissaient à chaque coin de rue.

Ils avaient un objectif précis. Arrêtez l'attaque sur l'école du secteur Est. Riza freina brutalement, et le moteur n'avait pas cessez de gronder qu'ils étaient déjà tous descendus. Edward avait transformé son bras en une lame d'acier tranchante et menaçante. Émilie captait déjà les cellules de l'air et était prête à les transmuter en aiguille de glace qu'elle envoierait dans ses ennemis. Les fusils étaient prêts à tirer. Les silhouettes des homoncules se précipitèrent sur eux, ayant attendu l'arrivée de l'armée. Les yeux d'or du fullmetal transperçaient du regard tous ses adversaires. Elsa ne leur avait pas demandé de venir ou d'intervenir. Elle ne donnait plus d'autres ordres que de faire des recherches et des investigations à propos de Stein. Elle désespérait. Elle était à bout. Ed savait qu'elle mijotait quelque chose. Et il était un alchimiste d'État. Avant tout, un alchimiste. L'alchimie devait servir pour le bien des gens. Et en arrêtant les homoncules de terroriser la populace, il comptait bien protéger les habitants de Central. C'était sa mission, et il l'accomplirait.

-Salut, minus, lança Envy en passant devant lui à toute vitesse.

-Aaaargghh!

À suivre…

Alors, avant de vous quittez sur cette finale éclair, je tiens à vous remercier tous pour me lire et à vous souhaitez une excellente journée, ou nuit ou whatever. Merci encore, à la prochaine et surtout, à la santé d'Edward Elrick!

Ps : Envy a subi une terrible humiliation dans les chap 79 et 80 de la manga. Allez sur si vous êtes intéressé et revenez moi là-dessus, parce qu'en tant que fan d'Envy, j'ai de la misère à m'en remettre…

Bon allez, hasta luego !